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a. Leçon d'humilité. vv. 7-11

7Il dit aussi aux invités cette parabole, considérant comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit : 8Quand tu seras invité à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, 9et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne te dire : Cède la place à celui-ci, et qu’alors tu n’ailles, en rougissant, occuper la dernière place. 10Mais, quand tu auras été invité, va, mets-toi à la dernière place, afin que, lorsque celui qui t’a invité sera venu, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Et alors ce sera une gloire pour toi devant ceux qui seront à table avec toi. 11Car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé.

Luc chap. 14 verset 7. - Il dit aussi aux invités cette parabole, considérant comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit... - Plus haut, Notre-Seigneur avait parlé à toute l'assemblée : actuellement il se propose de donner une instruction spéciale aux invités, à l'occasion d'un abus qu'il signalera encore plus tard, 20, 46, et que l'évangéliste retrace ici en termes pittoresques. Le tableau de ces misérables petites manœuvres se dresse de lui-même sous les yeux du lecteur. Elles devaient se renouveler fréquemment, comme on pourra en juger par ce fait étrange emprunté au Talmud (voyez Lightfoot, Hor. Hebr. h. l.), où l'on voit peintes au vif les prétentions superbes du parti rabbinique. Un jour que le roi Alexandre Jannée donnait à dîner à plusieurs satrapes persans, Siméon ben Schétach se trouvait au nombre des convives. A peine entré dans la salle du festin, le Rabbi alla tout droit s'asseoir entre le roi et la reine, à la place d'honneur. Et, comme on lui reprochait cette arrogante intrusion : N'est-il pas écrit dans le livre de Jésus fils de Sirach (Eccli. 15, 5), répondit-il sans hésiter : « Exalte la sagesse, et elle t'exaltera et te fera asseoir parmi les princes ? » Voilà jusqu'où allait l'infatuation des théologiens juifs à cette époque : les leçons du Sauveur venaient donc fort à propos pour guérir cette autre forme d'hydropisie, l'hydropisie du cœur. Aujourd'hui encore, même parmi les chrétiens, le placement des convives occasionne bien des animosités secrètes, plus d'une amère déception, quoique l'orgueil soit moins apparent. Remarquez le mot « considérant ». Jésus est observé par ses adversaires (cfr. v. 1) ; mais lui aussi il observe : seulement, il le fait par esprit de charité, tandis que leur but manifeste était la malice. - Nous prenons le mot parabole dans un sens large. Cfr. l'Évangile selon S. Matth., p. 257. Maldonat suppose sans raison que Notre-Seigneur aurait placé ici une vraie parabole, omise par S. Luc, et dont la morale seule serait restée.

Luc chap. 14 versets 8 et 9. - Quand tu seras invité à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, 9et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne te dire : Cède la place à celui-ci, et qu’alors tu n’ailles, en rougissant, occuper la dernière place. - L'emploi de la seconde personne au singulier, dans les vv. 8-10, communique à l'apostrophe beaucoup de vie et de chaleur. - A des noces, c'est-à-dire à un repas de noces. Avec quelle délicatesse le bon Maître donne sa leçon ! Il semble ne faire aucune allusion directe à ce qui se passait sous ses yeux. - Ne te mets pas à la première place. La place du milieu sur chaque lit de table à trois places était regardée comme la plus honorable, et le lit central recevait les principaux convives. Voyez A. Rich, Dictionn. des antiquités rom. et grecq. s. v. Lectus. - Celui qui vous a conviés : ellipse selon la mode hébraïque. - La scène est admirablement décrite : nous voyons les personnages se mouvoir, nous entendons leurs paroles ; je crois apercevoir l'orgueilleux invité qui, la rougeur au front et tout décontenancé, s'en va de la première à la dernière place, au bout du lit le plus éloigné.

Luc chap. 14 verset 10. - Mais, quand tu auras été invité, va, mets-toi à la dernière place, afin que, lorsque celui qui t’a invité sera venu, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Et alors ce sera une gloire pour toi devant ceux qui seront à table avec toi. - Nouveaux détails pittoresques, mais pour recommander une conduite toute contraire à celle du v. 8, et pour signaler les avantages de la modestie. Voyez des conseils analogues au livre des Proverbes, 25, 6 et 7, et dans le Talmud, Vajikra Rabba, f. 164, 4 (ap. Lightfoot, l. c.). La conjonction afin que indique moins le but qu'un résultat, car Notre-Seigneur Jésus-Christ ne voulait évidemment pas enseigner ici une pratique de simple politesse mondaine, basée sur des motifs égoïstes, c'est-à-dire mettre un orgueil plus raffiné à la place de la grossière vanité. Sa pensée va plus loin que ses paroles, et, sous cette forme aimable, il cache une leçon de profonde humilité, comme le prouve la sentence générale du v. 11.

Luc chap. 14 verset 11. - Car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé. - Car quiconque s’élève… Nous retrouvons ailleurs (18, 14 ; Matth. 23, 12) ce même adage solennel. Il correspond à un décret providentiel dont l'expérience prouve la fidèle exécution. Même le paganisme en avait entrevu la vérité ; témoin ce mot si juste échappé à Ésope, un jour qu'on lui avait demandé quelle était l'occupation des dieux : « Abaisser les superbes, relever les humbles ». Les Rabbins disent aussi : « Saint Benoît exalte celui qui s’abaisse lui-même, et il rabaisse celui qui s’exalte ». Et les hommes, précisément parce qu'ils sont tous orgueilleux, aiment comme Dieu à élever les humbles et à rabaisser les superbes.

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