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ÉVANGILE SELON SAINT LUC - CHAPITRE 15

 

Les Pharisiens et les Scribes se scandalisent de ce que Jésus laisse venir à lui les pécheurs (vv. 1-2). - Il leur répond par trois paraboles : 1° par la parabole de la brebis égarée (vv. 3-7) ; - 2° par la parabole de la drachme perdue (vv. 8-10) ; - 3° par la parabole de l'enfant prodigue (vv. 11-32).

17. La miséricorde de Dieu à l'égard des pécheurs. 15, 1-2.

Telle est bien l'idée générale qui domine le chap. 15 tout entier. Elle est présentée sous la forme de trois magnifiques paraboles, vv. 4-32, après une rapide introduction historique, vv. 1-3.

1° Occasion du discours. 15, 1-3

1Or les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’écouter. 2Et les pharisiens et les scribes murmuraient, en disant : Cet homme accueille les pécheurs, et mange avec eux. 3Alors il leur dit cette parabole

Luc chap. 15 verset 1. - Or les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’écouter. - Ils s'approchaient de Jésus. Cette forme verbale semble indiquer une habitude, un fait qui se reproduisait fréquemment ; et en réalité, divers passages des saints Évangiles nous montrent Jésus entouré de pécheurs qui lui étaient conduits par une attraction mystérieuse (voyez en particulier Marc. 2, 15 ; Luc. 4, 31 ; 7, 37, etc.). Mais elle désigne en même temps ici une actualité du moment. A l'heure même dont parle S. Luc, des publicains et des pécheurs se pressaient en grand nombre autour de Notre-Seigneur. Par pécheurs il faut entendre tous ceux qui transgressaient ouvertement la loi juive. Les publicains sont mentionnés à part et en premier lieu, comme les plus criminels d'entre les pécheurs, surtout au point de vue de la théocratie. Un proverbe grec va jusqu'à dire que « le diable, s'il devenait pauvre, se ferait publicain ». - Pour l'écouter. C'était donc un excellent motif qui conduisait à Jésus tous ces malheureux ; et il les recevait avec bonté, il leur parlait du royaume de Dieu, il les convertissait par ses discours célestes.

Luc chap. 15 verset 2. - Et les pharisiens et les scribes murmuraient, en disant : Cet homme accueille les pécheurs, et mange avec eux. - Ces prétendus saints, ces orgueilleux « séparés », car telle est la signification du nom de Pharisien, ne pouvaient supporter la conduite du médecin charitable, et ils s'en plaignaient ouvertement, murmurant : cet homme (expression de dédain) accueille les pécheurs et mange avec eux. Cfr. Rom. 16, 2 ; Phil. 2, 29. Recevoir les pécheurs était déjà une grande faute aux yeux des Pharisiens ; mais, manger avec eux, c'est-à-dire, d'après l'idée orientale, s'associer à eux de la manière la plus intime, c'était le comble de l'immoralité. Hommes au cœur desséché, s'écrie S. Grégoire (Hom. 34 in Evang.), qui osaient blâmer la source des miséricordes ! Ce que les Pharisiens et les Scribes reprochaient à Jésus fait au contraire sa gloire et nous excite le plus à l'aimer. Jamais il n'était mieux dans son rôle que lorsqu'il accueillait doucement les pécheurs.

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