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Troisième avis, relatif à l'efficacité de la foi. vv. 5-6

5Alors les apôtres dirent au Seigneur : Augmentez-nous la foi. 6Et le Seigneur leur dit : Si vous avez la foi comme un grain de sénevé, vous direz à ce mûrier : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéira.

Luc chap. 17 verset 5. - Alors les apôtres dirent au Seigneur : Augmentez-nous la foi. - C'est avec une emphase évidente que S. Luc applique à Jésus le titre de Seigneur. Cfr. 7, 31 ; 22, 61 etc. A celui qu'ils envisageaient comme le Maître souverain, comme le Christ, Fils de Dieu, les douze apôtres adressent de concert une sublime prière. En aucun autre endroit des récits évangéliques nous ne les voyons implorer ainsi d'une seule voix quelque faveur de Jésus. Vraisemblablement ils avaient entendu, mêlés aux rangs des disciples, l'instruction précédente, dont ils comprenaient toute la difficulté. Ce n'est pas sans faire violence à la chair et au sang qu'on parvient à pardonner toujours. De là cette supplication si belle : Seigneur, rendez-nous facile par un accroissement de foi ce qui est impossible à la nature. Tel semble bien être le véritable enchaînement des pensées (Olshausen, Meyer, Bisping, etc;). Littéralement : ajoute-nous de la foi. Nous en avons, mais pas assez, et nous en voudrions encore.

Luc chap. 17 verset 6. - Et le Seigneur leur dit : Si vous avez la foi comme un grain de sénevé, vous direz à ce mûrier : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéira. - Jésus répond à cette demande, digne du collège apostolique, en décrivant par un trait pittoresque les effets admirables de la foi. - Comme un grain de sénevé. Manière proverbiale d'indiquer la quantité la plus modique, puisque, parlant ailleurs (Matth. 13, 32) du sénevé, le Sauveur dit qu'elle est la plus petite de toutes les graines. - Vous direz à ce mûrier. D'après quelques interprètes le mot grec désignerait plutôt un sycomore qu'un mûrier ; mais la traduction de la Vulgate est justifiée 1° par l'emploi d'un autre mot un peu plus bas (19, 4) quand S. Luc voudra parler du sycomore ; 2° par l’idiome grec moderne, qui désigne le mûrier noir. Cfr. Tristram, Natural History of the Bible, p. 396. Ce est un pronom graphique, duquel il résulte que Jésus avait alors sous les yeux un mûrier qu'il montrait de la main aux Douze ; il est malencontreusement omis par les manuscrits Sinait, D, L, X. Déracine-toi… Ordre bien étrange ! S'arracher péniblement du sol sans le secours de bras humains et aller se planter ailleurs, serait, de la part d'un arbre aux fortes dimensions, semblables à celles qu'atteint le mûrier en Palestine, un phénomène des plus merveilleux. Toutefois, après s'être arraché, prendre de nouveau racine, non pas au milieu des sables du rivage, mais dans les eaux mêmes de la mer, sur les vagues constamment agitées, c'est le nec plus ultra du prodige dans le cercle des faits naturels, parce que c'est une impossibilité absolue. Quelle manière expressive de démontrer la puissance sans borne de la foi ! Dans le passage analogue de S. Matthieu (18, 19 ; voyez le commentaire), c'est à une montagne qu'est faite l'injonction.

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