15On lui amenait aussi de petits enfants, afin qu’il les touchât ; mais les disciples, voyant cela, les repoussaient. 16Mais Jésus, les appelant, dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. 17 En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un enfant, n’y entrera pas.
Nous retrouvons les trois synoptiques à l'occasion de ce trait délicat, profondément instructif, « qui a charmé l'imagination des poètes et des peintres de tous les temps » (Farrar). S. Luc quitte ici les sources particulières qui l'avaient guidé depuis 9, 54, et revient aux matériaux communs. Il omet toutefois les graves instructions sur l'indissolubilité du mariage et sur l'excellence de la virginité qui, dans S. Matthieu et dans S. Marc, précèdent la bénédiction des petits enfants.
Luc chap. 18 verset 15. - On lui amenait aussi de petits enfants, afin qu’il les touchât ; mais les disciples, voyant cela, les repoussaient. - De petits enfants : Dans le grec, des « nourrissons » (cfr. 2, 16), expression propre à S. Luc, et moins générale que « enfants » des deux autres évangélistes. C'étaient donc de tout petits enfants que de pieuses mères avaient apportés à Jésus pour qu'il les bénît. - Les disciples les repoussaient. Les disciples ne voyaient en cela qu'une démarche importune, dont ils voulurent délivrer leur Maître. L'imparfait dénote la continuité de l'acte. Aux efforts répétés des mères pour s'approcher du Sauveur, on opposait des menaces répétées.
Luc chap. 18 versets 16 et 17. - Mais Jésus, les appelant, dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. 17 En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un enfant, n’y entrera pas. - Jésus, les appelant, dit... Ce beau trait est propre à S. Luc. - A l'action le divin ami des petits enfants joint la parole : Laissez venir à moi… Il indique ensuite pourquoi il lui est si agréable de se voir entouré de cette troupe innocente. Puis, profitant de cette occasion pour donner un grave enseignement aux disciples, il prend à témoin la divine vérité (je vous le dis) que non-seulement le royaume des cieux appartient aux enfants, mais qu'ils n'appartient qu'à eux seuls et à leurs semblables. Sur ces paroles, pour lesquelles il y a une coïncidence verbale entre S. Luc et S. Marc, voyez notre explication du second Évangile, p. 148. S. Luc n'achève pas la scène : « Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » Marc 10, 16.