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2° Les insultes et le bon larron. vv. 35-43.

35Et le peuple se tenait là, regardant ; et, avec lui, les chefs se moquaient de Jésus, en disant : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu. 36Les soldats aussi l’insultaient, s’approchant de lui, et lui présentant du vinaigre, 37et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi. 38Il y avait aussi au-dessus de lui une inscription, écrite en grec, en latin et en hébreu : Celui-ci est le roi des Juifs. 39Or l’un des voleurs suspendus en croix le blasphémait, en disant : Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous avec toi. 40Mais l’autre le reprenait, en disant : Toi non plus, tu ne crains donc pas Dieu, toi qui es condamné au même supplice ? 41Encore, pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos œuvres ; mais celui-ci n’a fait aucun mal. 42Et il disait à Jésus : Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez arrivé dans votre royaume. 43Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, tu seras aujourd’hui avec moi dans le paradis.

Pendant une partie des longues et cruelles heures d'agonie que Jésus passa sur la croix, répandant son sang et sa vie goutte à goutte, il fut abreuvé de grossières insultes, selon la barbare coutume de ces temps. Voyez l'explication détaillée dans les passages parallèles de S. Matthieu et de S. Marc.

Luc chap. 23 verset 35. - Et le peuple se tenait là, regardant ; et, avec lui, les chefs se moquaient de Jésus, en disant : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu. - Et le peuple se tenait là, regardant. Trait pittoresque, propre à S. Luc, et qui rappelle la prophétie de Zacharie, 12, 10 : « Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé ». Cfr. Ps. 21, 17. - Les chefs se moquaient. Les Sanhédristes, et non simplement les princes des prêtres. Le verbe grec est d'une grande énergie. Cfr. 16, 14 et Ps. 21, 8, dans la traduction des Septante. Les mots avec lui, omis par les meilleurs manuscrits (B, C, D, L, Q, X, Sinait.) et par plusieurs versions (copt., syr.), pourraient bien n'être qu'un glossème. La masse du peuple semble donc, d'après S. Luc, être demeurée silencieuse au pied de la croix. En dehors des Sanhédristes, ceux des Juifs qui insultaient Notre-Seigneur étaient surtout des passants, selon les deux premiers synoptiques. - Il a sauvé les autres… Il existe de légères variantes entre les trois narrations, fait bien naturel, car les insulteurs ne tenaient pas tous absolument le même langage. - S’il est le Christ, l’élu de Dieu. L'addition de l'épithète élu (Cfr. Is. 42, 2), l'emploi d'un pronom péjoratif, sont des particularités de S. Luc. Aujourd'hui encore les Juifs outragent grossièrement Notre-Seigneur, qu'ils désignent par le surnom de thalouï (pendu), non sans ajouter la plupart du temps quelque imprécation vulgaire. Quant aux chrétiens, ils les appellent les serviteurs du pendu.

Luc chap. 23 versets 36 et 37. - Les soldats aussi l’insultaient, s’approchant de lui, et lui présentant du vinaigre, 37et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi. - Ce détail n'a été conservé que par S. Luc. A l'exemple des Juifs, les soldats romains qui montaient la garde autour des trois croix se mettent à insulter Jésus. - L'insultaient (se jouaient de lui) est une expression plus douce que se moquaient du v. 35. - S'approchant de lui fait tableau. - Lui présentant du vinaigre. « Ceci est fort différent de la potion du vin avec de la myrrhe qu'on offrit à Jésus avant qu'il fût mis à la croix (Matth. 27, 34 ; Marc. 15, 23), et du vinaigre qu'on lui présenta après qu'il eût crié : J'ai soif (Joan. 19, 28 et s., Matth. 27, 48 ; Marc. 15, 36) » D. Calmet, h. l. Par « vinaigre », il faut entendre la « posca », mélange d'eau et de vinaigre, qui était alors la boisson ordinaire des soldats romains. Voyez Keim, Gesch. Jesu, t. 3, th. 2, p. 430. -  Si tu es le roi des Juifs. L'insulte des rudes prétoriens n'est que l'écho de celle des prêtres ; elle présente toutefois une nuance caractéristique : « Roi des Juifs » au lieu de « Christ ». - A toutes ces injures l'auguste et patiente victime n'oppose toujours que son royal silence. « Elle aurait pu parler ! Les tortures du crucifiement ne troublaient pas l'intelligence, ne paralysaient pas les organes du langage. L'histoire signale des crucifiés qui, durant des heures entières, donnaient un libre cours à leur douleur, à leur rage ou à leur désespoir, tantôt en maudissant leurs ennemis sur lesquels ils crachaient (Senec. de Vit. beat. 19), tantôt en protestant jusqu'au bout contre l'iniquité de leur sentence, tantôt en implorant avec une humilité abjecte la pitié des spectateurs (Jos. Bell. Jud. 4, 6, 1), tantôt en haranguant la multitude du haut de la croix, comme d'un tribunal, et lui reprochant ses vices et ses faiblesses (Justin. 22, 7). » Farrar, Life of Christ, t. 2, p. 409. Cfr. Keim, l.c. p. 431. Mais Jésus ne parla que pour encourager, pour bénir, ou pour se consoler en confiant ses angoisses et son âme à son Père. Sa noblesse ne se démentit pas un instant.

Luc chap. 23 verset 38. - Il y avait aussi au-dessus de lui une inscription, écrite en grec, en latin et en hébreu : Celui-ci est le roi des Juifs. - Le titre de Roi des Juifs, donné d'une manière dérisoire à Notre-Seigneur par les soldats, rappelle à S. Luc un fait qu'il n'avait pas encore mentionné, et qu'il se hâte d'insérer ici. Sur cette tablette, voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 549. -  En grec, en latin et en hébreu. L'authenticité de ces mots est assez bien garantie malgré leur omission dans B, L, Sinait. et quelques versions. Ils contiennent un précieux renseignement, dont nous sommes redevables à S. Luc et à S. Jean (19, 29). Les trois langues dans lesquelles fut écrite l'inscription étaient celles des trois nations les plus civilisées d'alors : le latin, langue de la force, le grec, langue de l'éloquence et de la sagesse, l'hébreu, langue de la vraie religion, rendirent ainsi témoignage à la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Cela fut un signe que les plus puissants parmi les Gentils comme les Romains,  les plus sages comme les Grecs, et les plus religieux comme les Hébreux devaient être subjugués par le Christ Roi », Théophylacte, h. l. (Comp. ce passage du Talmud : « Il  y a trois langues, la latine pour la guerre, la grecque pour l’éloquence,  et l’hébraïque pour la religion », Midr. Tillin, 31, 20). L'inscription avait été écrite en latin parce que c'était la langue officielle du juge qui avait prononcé la sentence ; puis on l'avait traduite en grec et en hébreu (plus exactement, en syro-chaldéen) parce que c'étaient les idiomes usités en Palestine. -  Celui-ci est le roi des Juifs. Les paroles du titre varient légèrement dans chaque évangéliste, quoique l'essentiel soit partout identiquement conservé :

Matthieu 27, 37 : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs »

Marc 15, 26 : « Le roi des Juifs »

Jean 19, 19 : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »

Il est assez probable, comme on l'a souvent conjecturé, que ces nuances reproduisent les formes diverses qu'avait l'inscription dans chacune des trois langues. S. Marc aurait conservé le titre latin, car la brièveté de sa rédaction rappelle tout à fait le genre des écriteaux romains ; S. Jean le titre hébreu, parce qu'il mentionne, conformément aux usages juifs, le pays du crucifié à côté de son nom ; S. Luc enfin (ou S. Matthieu) le titre grec. Voir Langen, die letzten Lebenstage Jesu, p. 324 (selon d'autres, c'est S. Luc qui donnerait l'inscription latine. Cfr. Westcott, Introd. to the study of the Gospels, p. 307). Nous renvoyons le lecteur aux intéressantes monographies de Reyherus, De crucifixi Jesu titulis, 1694, et de M. Drach, L'inscription hébraïque du titre de la sainte Croix, Rome 1831. Comparez aussi Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la Passion, p. 183 et ss. - Pilate l'affirmait donc d'une manière toute providentielle : « Dieu  a régné par le bois ». Cfr. Ps. 46, 10, d'après la version des Septante ; Tertull. adv. Marc. 3, 19, etc.

Luc chap. 23 verset 39. - Or l’un des voleurs suspendus en croix le blasphémait, en disant : Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous avec toi. - L'un des voleurs… blasphémait. L'imparfait dénote des blasphèmes réitérés. S. Matthieu et S. Marc racontent d'une manière sommaire que Jésus fut aussi outragé par les malfaiteurs crucifiés à ses côtés : S. Luc expose tout au long cette scène émouvante, qui est une des perles de son Évangile. Sur l'antilogie apparente des récits, voyez l'Evang. selon S. Matth. p. 551. - Si tu es le Christ. Quelques manuscrits anciens (B, C, L, Sinait.) donnent un sens interrogatif à la phrase : n'es-tu pas le Christ ? C'est pour la troisième fois la même insulte (Cfr. vv. 35 et 37) ; mais elle retrouve ici son cachet juif, car les deux larrons étaient Israélites. Notez aussi l'addition significative et nous.

Luc chap. 23 verset 40. - Mais l’autre le reprenait, en disant : Toi non plus, tu ne crains donc pas Dieu, toi qui es condamné au même supplice ? - Jésus continue de se taire ; mais voici qu'il trouve tout à coup un chaud défenseur. Ses meilleurs amis l'ont abandonné : si quelques-uns d'entre eux commencent à s'approcher timidement du Golgotha, ils n'osent élever la voix en sa faveur ; le bon larron proteste contre la raillerie prononcée en dernier lieu, et fait une belle apologie du Christ souffrant. Son allocution se compose de deux parties, dont la première s'adresse à son compagnon, la seconde (v. 42) à Notre-Seigneur. - Toi non plus… avec emphase. N'es-tu pas dans une situation particulière qui devrait te rendre plus réservé que les autres ? - Condamné au même supplice (au même supplice que Jésus). Comme lui tu vas bientôt mourir ; il faut donc penser aux jugements divins.

Luc chap. 23 verset 41. - Encore, pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos œuvres ; mais celui-ci n’a fait aucun mal. - Après cette parole de réprimande, nous en trouvons une autre qui est tout ensemble une humble confession, et un magnifique éloge de Jésus. - Pour nous, c'est justice. Les rationalistes eux-mêmes admirent ce beau trait. Il est si rare de voir un condamné accepter généreusement sa sentence en esprit d'expiation ! Voyez Schegg, Evang. nach Luk, p. 333. - Mais celui-ci n’a fait aucun mal. Dans le grec, littéralement, rien de déplacé, « rien qui ne convienne à un homme bon », selon la juste paraphrase de Maldonat. Cfr. 2 Thess. 3, 2. C'est une manière très délicate et très énergique d'affirmer que Jésus était tout à fait innocent. S'il n'avait rien fait qui fût simplement inconvenant, à plus forte raison rien qui méritât la mort. Ce verdict d'acquittement, rapproché de ceux de Pilate de d'Hérode, est significatif. Sur quoi le bon larron appuyait-il ce remarquable témoignage ? Peut-être sur la connaissance antérieure qu'il avait de Notre-Seigneur Jésus-Christ (sans qu'il soit pourtant nécessaire d'admettre, comme l'ont fait arbitrairement Grotius, Michaelis, etc., qu'il était un disciple momentanément dévoyé du Sauveur) ; mais la conduite de Jésus depuis le début du chemin de croix avait pu suffire pour démontrer sa complète innocence à l’œil exercé d'un criminel.

Luc chap. 23 verset 42. - Et il disait à Jésus : Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez arrivé dans votre royaume. - Le bon larron se tourne maintenant du côté de Notre-Seigneur, et lui adresse une humble et sublime prière : Ne m'oubliez pas : voilà tout ce qu'il demande, certain du reste que si Jésus daigne se souvenir de lui, ce sera avec un sentiment de bonté, comme aussi, d'après les paroles suivantes (quand vous serez arrivé dans votre royaume), avec une parfaite efficacité. Le suppliant ne pouvait proclamer en termes plus formels sa croyance au caractère messianique de Jésus : le royaume auquel il fait allusion n'est autre en effet que celui du Christ, mentionné si fréquemment dans les SS. Évangiles et dans les Talmuds. Acte de foi vraiment admirable, vu les circonstances où se trouvait alors Notre-Seigneur. « Le voleur ne méprisa pas celui qui pendait avec lui sur une croix », S. August. Serm. 23, 2. Mais ce grand coupable avait reçu de Jésus en peu de temps les enseignements les plus précieux. « La croix fut pour lui une école ; il y reçut l’enseignement du Maître; et le gibet où le Sauveur était suspendu devint la chaire où il donnait ses instructions. » Id. Serm. 234, 2. Dans le texte grec, nous lisons avec une nuance : quand, après votre résurrection, vous ferez votre avènement glorieux. Comparez les paroles analogues du Sauveur, Matth. 25, 31 : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire ». « Règne » ne désigne donc pas directement et immédiatement le ciel.

Luc chap. 23 verset 43. - Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, tu seras aujourd’hui avec moi dans le paradis. - Jésus s'est tu en face des blasphèmes vomis de tous côtés contre sa personne divine ; mais il fait la plus douce réponse à la prière du larron pénitent. Nous le voyons apparaître comme roi céleste, promettant une place du paradis, de même qu'il s'était manifesté plus haut comme prêtre, quand il intercédait pour ses bourreaux (v. 34), et antérieurement encore comme prophète, lorsqu'il exhortait les femmes de Jérusalem (vv. 28-31). - Les mots En vérité, je te le dis accentuent à la façon ordinaire la certitude de la promesse. L'adverbe aujourd'hui ne dépend pas de « je te le dis », mais commence une proposition nouvelle. Quoique les « exégètes catholiques romains » aient à peu près unanimement protesté, depuis l’époque de Théophylacte jusqu'à nous, contre cette liaison qui rendrait la pensée « insipide et faible » (Maldonat), M. van Oosterzee leur reproche injustement de la soutenir. Sa partialité devient révoltante quand il ajoute qu'ils agissent ainsi « pour affaiblir autant que possible la preuve constamment tirée de ce texte contre le dogme du purgatoire » (Evangel. Lucae, 3è éd., p. 387). - A la date plus ou moins lointaine que le bon larron avait fixée (lorsque vous serez arrivé…), Jésus oppose cet « aujourd'hui » qu'il met en avant d'une manière emphatique. Non, pas seulement au jour de mon avènement, mais aujourd'hui même, avant peu d'heures. Il y a une nouvelle emphase dans le pronom avec moi, duquel les théologiens concluent d'ailleurs à bon droit que l'âme de Notre-Seigneur descendit aux limbes aussitôt après sa mort. Cfr. 1 Petr. 3, 18 et s. - Tu seras avec moi dans le paradis. Pour avoir une juste idée de la promesse faite par Notre-Seigneur au bon larron, nous avons à rechercher quel était alors le sens du mot Paradis. Ce substantif, introduit dans la langue hébraïque sous la forme de Pardès (Cant. 4, 13 ; Eccl. 2, 5 ; Neh. 2, 8), et, environ 400 ans avant Jésus-Christ, dans la langue grecque, d'où découlent les équivalents latin, français et autre du mot paradis, n'est certainement pas d'origine sémitique. Les anciens et les modernes sont à peu près unanimes pour le rattacher directement à la langue persane. Voyez Xénophon, Anabas. 1, 2, 7 ; 4, 9, etc. ; E. Renan, Langues sémitiques, p. 153. Il signifie jardin parc, comme les mots congénères pardès en arménien et paradèça en sanscrit. Cfr. Gesenius, Thesaurus, p. 1124. Aussi les Septante l'ont-ils employé Gen. 2, 8, 15 ; 3, 23, pour traduite la première partie de la locution gân Edên, jardin d'Eden, dont ils ont fait « jardin de délices ». Partant de là, les Juifs en vinrent peu à peu, par un rapprochement très naturel, à donner le même nom de paradis au lieu où les âmes des justes résident en attendant la résurrection. En ce sens, dans la théologie judaïque, le paradis ne diffère pas du « sein d'Abraham » que nous avons décrit plus haut (16, 22), et il est pareillement opposé à la Géhenne. Telle est ici, de l'avis de la plupart des Pères et des meilleurs interprètes (Maldonat, Cornel. a Lapide, etc.), l'application qu'en fait Notre-Seigneur : c'est donc l'entrée prochaine dans le « limbe des patriarches » qui est promise au bon larron. Ce nom évoqua devant lui, pour le consoler parmi ses horribles souffrances, les douces images de la paix et du repos en Dieu. Dans la littérature chrétienne des premiers temps, 2 Cor. 12, 4 ; Apoc. 2, 7, le mot paradis apparaît pour désigner le ciel proprement dit, et c'est dans cette acception relevée que nos idiomes européens se le sont incorporés. Voyez Smith, Diction. of the Bible, s.v. Paradise. La strophe suivante, gravée sur la tombe de Copernic, contient une belle allusion au passage que nous venons d'expliquer :

« Je ne demande pas un pardon semblable à celui de Paul, ni une grâce semblable à celle de Pierre, mais je prie avec ferveur pour que tu m’accordes la grâce que tu as donnée au larron sur le bois de la croix ».

L'enseignement qui ressort de cette scène est infiniment précieux : il n'y a pas de repentir trop tardif. Mais, ajoutent les maîtres de la vie spirituelle, qu'on y prenne garde ; la Bible ne nous présente que ce seul exemple d'un homme qui se soit converti sur le point de mourir. - Le bon larron est honoré comme un Saint dans l'Église latine. Nous lisons au Martyrologe romain, 25 mars : « Du saint larron de Jérusalem qui mérita, après avoir confessé le Christ,  de l’entendre dire : Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Les Évangiles apocryphes n'imitent pas cette sage sobriété. Remontant trente années en arrière, ils nous racontent qu'au moment où la Sainte Famille fuyait en Égypte, elle fut assaillie par deux voleurs nommés Dismas et Gestats (ou bien Titus et Dumachus) : celui-ci voulait la traiter brutalement, celui-là au contraire la protégea. L'Enfant-Dieu leur aurait alors prédit le drame du Calvaire tel qu'il vient de se réaliser sous nos yeux. Cfr. Hofmann, Leben Jesu nach den Apokryphen ; Brunet, les Evang. Apocryphes, 2è édit. pp. 77, 78, 102, 243 ; Tischendorf, Evang. Apocrypha, p. 339 et 341. L'Évangile de Nicodème, ch. 27, relate en termes exprès l'entrée du bon larron dans les limbes. Voyez aussi les Acta Sanctorum, au 25 mars.

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