50Et voici qu’il y avait un homme nommé Joseph, membre du conseil, homme bon et juste, 51qui n’avait pas consenti au dessein et aux actes des autres ; il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait aussi le royaume de Dieu. 52Cet homme alla trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. 53Et l’ayant détaché de la croix, il l’enveloppa d’un linceul, et le plaça dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. 54Or c’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. 55Les femmes qui étaient venues de Galilée avec Jésus, ayant suivi Joseph, considérèrent le sépulcre, et comment le corps de Jésus y avait été mis. 56Et s’en retournant, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles se tinrent en repos, selon la loi.
Luc chap. 23 versets 50 et 51. - Et voici qu’il y avait un homme nommé Joseph, membre du conseil, homme bon et juste, 51qui n’avait pas consenti au dessein et aux actes des autres ; il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait aussi le royaume de Dieu. - Les quatre évangélistes sont d'accord pour faire jouer à Joseph d'Arimathie le rôle prépondérant dans la sépulture du Sauveur. Sur le titre de membre du conseil, c'est-à-dire, selon toute probabilité, de Sanhédriste, voyez l'Evang. selon S. Marc, p. 220. S. Luc seul relève le caractère moral de Joseph par les mots homme bon et juste. Seul aussi il prend soin de dire, en termes emphatiques, que le noble sénateur n'avait pas pris la moindre part à la mort de Notre-Seigneur. Par « dessein » il faut entendre la sentence capitale ; les « actes » étaient les différentes mesures prises en vue d'exécuter cette sentence. - Sur Arimathie voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 557 et s. - Il attendait aussi… (Cfr. 2, 25 et le commentaire). De même S. Marc. S. Matthieu dit formellement que Joseph était un disciple de Jésus.
Luc chap. 23 verset 52. - Cet homme alla trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. - La hardiesse de l'acte (Cfr. Marc. 15, 43) a pour ainsi dire passé dans le style serré, rapide, des quatre narrateurs. L'histoire signale plusieurs suppliants de ce genre qui payèrent de leur vie leur démarche généreuse. Cfr. Euseb. Mart. p. 11. D'après les Actes apocryphes de Pilate (B, c. 11), les Juifs auraient emprisonné de ce chef Joseph d'Arimathie.
Luc chap. 23 verset 53. - Et l’ayant détaché de la croix, il l’enveloppa d’un linceul, et le plaça dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. - S. Luc, comme S. Marc, emploie le terme technique détacher de la croix (Cfr. Tertull. Apol. 21, S. Just. c. Typh. 108, Senec. Vit. Beat. 19). - Il l'enveloppa d'un linceul. Il s'agit ici du linceul principal : l'évangéliste parlera plus bas, 24, 12, d'autres linges secondaires. Cfr. Joan. 20, 6 et 7. - Un sépulcre taillé dans le roc. Le verbe grec n'apparaît qu'en cet endroit du Nouveau Testament ; sa signification littérale est : taillé dans le roc. - Où personne n'avait été mis. Cette circonstance, que S. Luc et S. Jean ont seuls notée, est exprimée plus fortement encore dans le grec. Elle a pour but providentiel de montrer que c'est bien Jésus et pas un autre qui sortit ressuscité de ce tombeau.
Luc chap. 23 verset 54. - Or c’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. - Le jour de la préparation. S. Marc, 15, 42, explique cette expression grecque par un substantif à demi hébreu, qui désignait le vendredi. On « préparait » ce jour-là chez les Juifs tout ce qui était nécessaire pour le sabbat, dont le repos était inviolable : de là le nom de Parascève ou préparation. - Le sabbat allait commencer. Littéralement : le sabbat se mettait à briller. Et pourtant c'était le soir ! Aussi, d'après divers auteurs, devrait-il s'entendre ici ou de la lueur des étoiles, ou même (Kuinoel) de celle des lampes à sept branches qu'on allume le vendredi soir dans toutes les maisons israélites pour fêter l'arrivée du sabbat. Mais il est beaucoup plus juste de voir dans cette locution une simple métaphore, par laquelle on applique au début d'un jour artificiel (par exemple, du sabbat, qui commençait le soir) ce qui ne convient directement qu'à celui du jour naturel. Ligthfoot a d'ailleurs prouvé que les Juifs employaient précisément des expressions analogues pour désigner l'ouverture de leur jour sacré. Cfr. Hor. hebr. h. l.
Luc chap. 23 verset 55. - Les femmes qui étaient venues de Galilée avec Jésus, ayant suivi Joseph, considérèrent le sépulcre, et comment le corps de Jésus y avait été mis. - Les femmes ayant suivi Joseph : elles avaient « suivi de près » Joseph et le convoi funèbre. - Voyez le v. 49. S. Matthieu et S. Marc mentionnent nommément Marie Madeleine et l'autre Marie, mère de S. Jacques le Mineur. - Considérèrent le sépulcre… Détails graphiques, propres à S. Luc sous cette forme. Comp. S. Marc : « observaient l’endroit où on l’avait mis ».
Luc chap. 23 verset 56. - Et s’en retournant, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles se tinrent en repos, selon la loi. - Ce verset explique la fin du précédent. Nous y voyons pourquoi les saintes femmes avaient regardé avec tant d'attention en quel endroit du sépulcre on plaçait le corps sacré de Jésus (les tombeaux juifs contenaient habituellement plusieurs niches ou fours dans lesquels on plaçait les cadavres) : c'est qu'elles se proposaient de revenir bientôt compléter sa sépulture dès que le repos du sabbat aurait cessé. - Rentrées en ville et chez elles, elles préparèrent des aromates et des parfums . Le second de ces substantifs indiquant des parfums à l'état liquide, le premier, qui est plus général, soit s'entendre de substances sèches et solides. D'après S. Marc, 16, 1, l'emplette des aromates n'aurait eu lieu que le samedi soir. En unissant les deux récits nous dirons que les pieuses Galiléennes, n'ayant pas eu le temps de se procurer dès le vendredi tout ce qu'elles désiraient, complétèrent leurs provisions de parfums quand le sabbat fut écoulé. La conciliation s'opère ainsi sans la moindre violence. - « Elles se tinrent en repos, selon la loi » : c'est-à-dire, conformément aux prescriptions de la loi mosaïque, auxquelles les premiers chrétiens continuèrent d'obéir pendant un certain temps.