50Puis il les conduisit dehors, vers Béthanie ; et ayant levé les mains, il les bénit. 51Et il arriva, tandis qu’il les bénissait, qu’il se sépara d’eux, et il était enlevé au ciel. 52Et eux, l’ayant adoré, revinrent à Jérusalem avec une grande joie ; 53et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu. Amen.
S. Luc ne fait que toucher ici à ce mystère, car il se réservait de le raconter avec plus de détails dans son second ouvrage. Son résumé est néanmoins beaucoup plus complet que celui de S. Marc ; il est exposé d'une manière toute dramatique.
Luc chap. 24 verset 50. - Puis il les conduisit dehors, vers Béthanie ; et ayant levé les mains, il les bénit. - Sur la date de l'Ascension, voyez Act. 1, 3. - Il les conduisit dehors : c'est-à-dire hors de Jérusalem, où le Maître et les disciples s'étaient retrouvés après leurs rencontres en Galilée. - Vers Béthanie. D'après le récit des Actes, 1, 12, l'Ascension de Jésus aurait lieu sur le mont des Oliviers, à un quart d'heure environ de Béthanie ; et c'est en effet au somme principal de cette montagne célèbre, près du village musulman El-Tour, que les chrétiens ont toujours vénéré l'emplacement de ce grand mystère. Voyez R. Riess, Atlas de la Bible, pl. 6 ; Gratz, Théâtre des événements racontés dans les Saintes Écritures, t. 1, p. 256 et ss. ; Mgr. Mislin, les saints Lieux, t. 3, p. 233 et ss. de la seconde édit. Mais, que la leçon des manuscrits B, C, D, L, Sinait. etc. (« jusque vers ») soit authentique ou non, il n'est pas nécessaire d'interpréter les mots « vers Béthanie » avec une rigueur mathématique ; ils peuvent fort bien s'appliquer au district qui avoisinait la bourgade ainsi nommée. - Ayant levé les mains. L'élévation des mains était déjà, dans la liturgie mosaïque, le geste de la bénédiction. Cfr. Lev. 9, 22. Ce rite subsiste encore chez les Juifs. Voyez D. Stauben, Scènes de la Vie juive en Alsace, p. 168. Il est touchant de voir que le dernier acte du Seigneur Jésus sur la terre fut une bénédiction.
Luc chap. 24 verset 51. - Et il arriva, tandis qu’il les bénissait, qu’il se sépara d’eux, et il était enlevé au ciel. - Tandis qu'il les bénissait… Trait graphique : au moment même où il les bénissait. - Il y a deux manières d'expliquer les mots il se sépara d'eux. Peut-être signifient-ils qu'avant de s’élever au ciel, Jésus s’écarta légèrement de ses disciples, auquel cas il y aurait eu deux mouvements distincts. Mais cette interprétation nous paraît un peu forcée. Nous préférons voir dans le verbe « s'éloigna » une première désignation du fait qui est ensuite indiqué plus explicitement par « était enlevé au ciel ». L'imparfait est à noter : outre qu'il est très pittoresque, il prouve que Jésus ne disparut pas subitement, mais qu'il s'éleva vers le ciel avec une majestueuse lenteur, sous les regards ravis de la sainte assemblée. Scène sublime, que les poètes et les peintres ont souvent commentée, entre autres le V. Bède, Louis de Léon, Lavater, Raphaël, le Titien, Véronèse, frà Angelico, Overbeck, le Pérugin (« joyau le plus précieux du musée de Lyon », Grimouard de saint Laurent).
Luc chap. 24 verset 52. - Et eux, l’ayant adoré, revinrent à Jérusalem avec une grande joie - Prosternés à terre, ils adorent Jésus comme le vrai Fils de Dieu. « Ce n’est qu’en cet endroit que nous lisons que les disciples ont adoré le Christ », Maldonat. Mais jamais sa divinité n'avait brillé d'un plus vif éclat aux yeux de tout le cercle des disciples. - Ils revinrent à Jérusalem avec une grande joie. Et pourtant ils étaient maintenant privés de sa douce présence, qui avait été la source de leurs joies les plus vives. Mais, selon la recommandation qu'il leur adressait naguère, Joan. 14, 28, ils étaient heureux, sachant qu'il s'en allait auprès de son Père bien-aimé.
Luc chap. 24 verset 53. - Et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu. Amen. - Nous apprenons, dans ce court récit, la manière dont les apôtres et les disciples de Jésus passèrent les dix jours qui s'écoulèrent entre l'Ascension et la descente de l'Esprit-Saint. Le premier chapitre des Actes, vv. 12-16, nous fournit là-dessus des détails plus complets. - Ils étaient sans cesse dans le temple. Il ne faut pas exagérer le sens de sans cesse, qui est ici une hyperbole populaire. « Toujours désirer dans la même foi, la même espérance, la même charité, c'est toujours prier. Mais à certains intervalles d'heures et de temps, nous prions Dieu avec des paroles » S. Augustin, Epist. 130. Comp. Act. 1, 13, où l'écrivain sacré rapporte expressément que le cénacle était la résidence habituelle des disciples. - Dans le temple : dans les parvis, ouverts aux fidèles à certaines heures. - Louant et bénissant Dieu. S. Luc termine son Évangile par cette belle formule, qui est, nous l'avons vu, une de ses locutions favorites. - Le mot Amen est probablement une addition liturgique ; il manque du moins dans plusieurs manuscrits qui font autorité (Sinait., C, D, L, etc).