Ressources Catholiques Missel Romain

9. Guérison d'une main desséchée 6, 6-11. Parall. Matth. 12, 9-14 ; Marc. 3, 1-6

6Il arriva, un autre jour de sabbat, qu’il entra dans la synagogue et qu’il enseignait ; et il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. 7Or les scribes et les pharisiens l’observaient, pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi l’accuser. 8Mais lui, il connaissait leurs pensées, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Et se levant, il se tint debout. 9Alors Jésus leur dit : Je vous demande s’il est permis, les jours de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de l’ôter ? 10Et ayant promené ses regards sur eux tous, il dit à l’homme : Étends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie. 11Mais eux, remplis de démence, s’entretenaient ensemble de ce qu’ils feraient à Jésus.

Voyez l'explication détaillée dans l'Evang. selon S. Matth. p. 239 et ss.

Luc chap. 6 verset 6. - Il arriva, un autre jour de sabbat, qu’il entra dans la synagogue et qu’il enseignait ; et il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. - Un autre jour de sabbat. S. Luc a seul mentionné cette date. La prédication de Jésus dans la synagogue et l'épithète droite, digne du médecin bien-aimé, sont également des traits qui lui appartiennent en propre. Les Saints Pères, s'appuyant sur la tradition qui fait de l'homme à la main aride un ancien maçon, aiment à voir dans ce pauvre infirme un type du Judaïsme qui, à l'époque de Notre-Seigneur, était tout à fait incapable de bâtir un temple à la gloire de Dieu.

Luc chap. 6 verset 7. - Or les scribes et les pharisiens l’observaient, pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi l’accuser. - Ici comme en plusieurs autres passages, la mention des Scribes est spéciale à S. Luc. Notre évangéliste met très fortement en relief les intentions hostiles de ceux qui observaient ainsi Notre-Seigneur. D'après ces Pharisiens sans cœur, guérir un malade en un jour de sabbat était donc un crime énorme, à moins de circonstances extraordinaires. Quelques Rabbins n'allaient-ils pas jusqu'à regarder comme une violation du repos sabbatique l'action de consoler les personnes malades ! Cfr. Schabbat, 12, 1 ; Schoettgen, Hor. Hebr. 4, p. 123.

Luc chap. 6 verset 8. - Mais lui, il connaissait leurs pensées, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Et se levant, il se tint debout. - Il connaissait leurs pensées : nouveau trait propre à notre évangéliste, comme aussi, dans la scène vraiment dramatique qui termine le verset, les mots tiens-toi debout au milieu, puis l'exécution de l'ordre du Sauveur. Jésus voulut donner un grand éclat à la guérison.

Luc chap. 6 verset 9. - Alors Jésus leur dit : Je vous demande s’il est permis, les jours de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de l’ôter ? - Je vous demande est une expression emphatique, spéciale à S. Luc. La question , ainsi posée, était toute résolue : le Sauveur avait montré par son dilemme irréfutable que le bien omis équivaut souvent à un mal commis.

Luc chap. 6 verset 10. - Et ayant promené ses regards sur eux tous, il dit à l’homme : Etends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie. - Jésus a beau regarder tout autour de lui : il ne voit personne qui ose lui répondre. « Ils gardèrent le silence » (Marc. 3, 4). Il opère alors victorieusement la guérison.

Luc chap. 6 verset 11. - Mais eux, remplis de démence, s’entretenaient ensemble de ce qu’ils feraient à Jésus. - Trait propre à S. Luc. Le triomphe public de leur adversaire et leur propre humiliation redoublèrent, on le conçoit, l'exaspération des Pharisiens ; mais leur fureur même, ainsi qu'il arrive souvent, les remplit d'aveuglement et de folie. Les mots ce qu'ils feraient à Jésus caractérisent moins nettement que l'expression parallèle de S. Matthieu et de S. Marc (« ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr ») les noirs projets des Pharisiens et des Scribes. S. Luc a voulu indiquer par cette nuance qu'il régnait encore une certaine indécision dans l'esprit des ennemis du Sauveur.

...suite