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4° La tempête miraculeusement apaisée. 8, 22-25. Parall. Matth. 8, 23-27 ; Marc. 4, 35-40.

22Or il arriva qu’un de ces jours, il monta sur une barque avec ses disciples ; et il leur dit : Passons de l’autre côté du lac. Et ils partirent. 23Pendant qu’ils naviguaient, il s’endormit ; et un tourbillon de vent fondit sur le lac, et la barque se remplissait d’eau, et ils étaient en péril. 24S’approchant donc, ils l’éveillèrent, en disant : Maître, nous périssons. Mais lui, s’étant levé, menaça le vent et les flots agités ; et ils s’apaisèrent, et le calme se fit. 25Alors il leur dit : Où est votre foi ? Mais eux, remplis de crainte et d’admiration, se disaient l’un à l’autre : Quel est donc celui-ci, qui commande aux vents et à la mer, et ils lui obéissent ?

Les synoptiques s'accordent pour raconter à la suite l'un de l'autre trois miracles de puissance opérés à cette époque par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le premier prodige dompta les forces de la nature ; le second (8, 26-39) consista en une grande victoire remportée sur les puissances infernales ; le troisième (8, 40-56) ravit à la mort une de ses victimes.

Luc chap. 8 verset 22. - Or il arriva qu’un de ces jours, il monta sur une barque avec ses disciples ; et il leur dit : Passons de l’autre côté du lac. Et ils partirent. - La date donnée par S. Luc, un de ces jours, est bien vague. S. Marc la précise en disant que l'apaisement miraculeux de la tempête eut lieu le soir du jour où avaient été prononcées les paraboles du royaume des cieux. Ce verset contient des expressions nautiques (ils monta sur une barque, ils partirent, ils naviguaient). Cfr. Schegg, das Evang. nach Lukas, t. 1, p. 547. Du reste, au chap. 27 des Actes, S. Luc nous apparaît comme un écrivain très versé dans le langage nautique.

Luc chap. 8 verset 23. - Pendant qu’ils naviguaient, il s’endormit ; et un tourbillon de vent fondit sur le lac, et la barque se remplissait d’eau, et ils étaient en péril. - Le verbe grec correspondant à s'endormit est d'une grande énergie et signifie : s'endormir de fatigue. - Un tourbillon de vent. D'anciens voyageurs, qui avaient déjà remarqué la fréquence des ouragans de ce genre dans le bassin du lac de Gennésareth, en déduisent naïvement l'origine de ce nom. Cfr. Jac. De Vitriaco, in Gesta Dei 1, c. 53, p. 1075. - Fondit sur le lac : du ciel, ou mieux encore, des montagnes environnantes. Se remplissait … ils étaient… : Deux imparfaits, pour mieux faire ressortir la gravité de la situation. Peu à peu la barque s'emplissait d'eau, et bientôt on courut un danger réel de couler à fond. Remarquez la manière toute nautique dont la narration applique aux passagers ce qui arrivait au bateau.

Luc chap. 8 verset 24. - S’approchant donc, ils l’éveillèrent, en disant : Maître, nous périssons. Mais lui, s’étant levé, menaça le vent et les flots agités ; et ils s’apaisèrent, et le calme se fit. - Dans le grec, la répétition du mot Maître (trait spécial à S. Luc) dépeint bien l'angoisse des disciples. A propos des paroles légèrement différentes que les trois évangélistes placent ici sur les lèvres de Notre-Seigneur, S. Augustin fait cette réflexion judicieuse : « Dans le langage de qui que ce soit, il faut considérer seulement l'intention, que les mots sont destinés à exprimer, et qu'on n'est pas menteur pour rendre en d'autres termes ce qu'a voulu dire quelqu'un dont on n'emploie pas les expressions. Il est certain que, non-seulement dans les paroles, mais dans tous les autres signes des pensées, on ne doit chercher que la pensée elle-même; et c'est être misérable que de tendre pour ainsi dire aux mots et de se représenter la vérité comme enchaînée à des accents ». De cons. Evangel. 2, 28. - S'étant levé. Les trois synoptiques mentionnent de concert cette pose majestueuse du divin Maître ; tous aussi ils distinguent deux commandements de Jésus, adressés l'un au vent, l'autre aux eaux du lac. - L'expression les flots agités est propre à notre évangéliste.

Luc chap. 8 verset 25. - Alors il leur dit : Où est votre foi ? Mais eux, remplis de crainte et d’admiration, se disaient l’un à l’autre : Quel est donc celui-ci, qui commande aux vents et à la mer, et ils lui obéissent ? - Les Apôtres auraient dû se souvenir qu'ils étaient avec Jésus, et qu'ils ne couraient aucun risque auprès de lui. - L'étonnement des spectateurs est exprimé à peu près dans les mêmes termes par les divers écrivains sacrés. L'idée d'un ordre énergique intimé aux forces de la nature (il commande aux vents) ne se trouve toutefois que dans le troisième Évangile.

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