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3° Deux béatitudes. vv. 27 et 28.

27Or il arriva, tandis qu’il disait ces choses, qu’une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont allaité. 28Mais il dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.

Le Portable Commentary dit à bon droit que nous avons dans ces deux versets un « petit incident délicieux et profondément instructif ». Quelle vie en effet, quel naturel, quelle fraîcheur ! Mais aussi quelle grave et belle leçon ! C'est une des plus intéressantes particularités de S. Luc.

Luc chap. 11 verset 27. - Or il arriva, tandis qu’il disait ces choses, qu’une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont allaité. - Jésus fut donc tout à coup interrompu dans son discours ; ou du moins l'héroïne de cet épisode profita, pour donner un libre cours à l'enthousiasme qui la pressait, d'une courte pause que le divin orateur fit sans doute avant de passer au second point qu'il avait à traiter. - Élevant la voix. « Les paroles ont beaucoup d’emphase. Elle manifeste, cette emphase,  une grande émotion et une grande foi dans la proclamation.  Elle  parle aux sens intérieurs de l’âme  en criant, pour ainsi dire, à tue-tête », Maldonat. Cfr. Euthymius, h. l. Par leur atroce calomnie, les Pharisiens n'avaient pas réussi à tromper cette âme candide. Mais ne dirait-on pas qu'ils ont transmis leurs sentiments de haine à ces exégètes protestants, malheureusement trop nombreux, qui ne voient, dans l'exclamation naïve et touchante de l'humble femme, qu'une « admiration inintelligente du merveilleux Thaumaturge et prédicateur », que « le premier exemple de cet esprit de Mariolatrie (qu'on nous pardonne de copier ces lignes!) qui a plus tard pénétré dans l'Église pour la corrompre, et qui aujourd'hui, dans la ville de Rome comme en de nombreuses contrées catholiques, place la Vierge Marie au-dessus du Fils qu'elle a porté dans son sein ! ». - Une femme au milieu de la foule. C'était probablement une mère, comme il ressort de son langage. - Ses paroles, dépouillées de leur vêtement figuré, reviennent à dire : Oh ! Que votre mère est heureuse ! Le Talmud et les ouvrages classiques abondent en félicitations semblables. « O femme heureuse, ta mère qui t'a engendré », Pétrone, 94. Cfr. Ovide, Métam. 4, 231.

Luc chap. 11 verset 28. - Mais il dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. - C'est ici la réponse de Jésus. Le Sauveur ne conteste pas la vérité de l'éloge adressé à sa sainte Mère. Marie elle-même, divinement inspirée, s'était écriée dans son cantique, 1, 48 : « désormais tous les âges me diront bienheureuse », et tous les jours les prières liturgiques nous font redire : Heureux le sein qui vous a porté ! Heureuses les mamelles qui vous ont allaité ! Mais Notre-Seigneur aimait à élever toujours ceux qui l'écoutaient vers des sphères supérieures. C'est ainsi que, déjà à propos de sa Mère, 8, 20 et 21, il avait prononcé ce mot sublime : «  Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent ». De même actuellement, opposant un fait à un autre fait, il affirme que mieux vaut lui être uni intimement par l'obéissance que par des relations purement extérieures. C'était dire en termes indirects que Marie était deux fois bienheureuse. « La mère de Dieu qui a été  bienheureuse,  parce qu’elle a été faite ministre temporelle du Verbe incarné,  est encore plus heureuse parce qu’elle demeure  la gardienne éternelle de celui qui doit être toujours aimé », Vén. Bède, h. l. Ou, comme s'exprime S. Augustin, « La proximité maternelle ne lui fut  pas d’autre profit que d’avoir engendré plus fructueusement le Christ dans son cœur que dans son corps. Marie est plus heureuse pour avoir accepté la foi du Christ que pour l’avoir conçu dans sa chair.  ».

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