Matthieu chap. 23 verset 33. - Serpents, race de vipères, comment échapperez-vous au jugement de la géhenne ? - Cette partie débute par une terrible menace dont Jésus emprunte, dirait-on, et l’idée et les termes à la prédication du Précurseur. Aux Pharisiens venus sur les bords du Jourdain pour l’entendre, Jean-Baptiste n’avait-il pas adressé, trois ans auparavant, cette question à laquelle ils s’étaient trouvés incapables de répondre : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? », Matthieu, 3, 7. Depuis lors, ils se sont enfoncés de plus en plus dans le mal ; aussi sont-ils désormais tout à fait mûrs pour le châtiment. Ils n’ont profité ni des lumières que leur apportait le Baptiste, ni de celles plus vives encore que Jésus leur avait fournies : comment pourraient-ils échapper à l’enfer ? - L’expression jugement de la géhenne est toute rabbinique, Cf. Wetstein, in h. l. ; elle désigne une sentence qui condamne au feu éternel de la géhenne.
Matthieu chap. 23 verset 34. - C’est pourquoi, voici que je vous envoie des prophètes, et des sages, et des scribes ; et vous tuerez et crucifierez les uns, et vous flagellerez les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville. - C'est pourquoi rattache ce verset à la pensée précédente : Jésus veut expliquer pourquoi les Pharisiens et les Scribes n’échapperont point aux jugements divins. - Je vous envoie. Mot magistral qui énonce l’autorité suprême du Messie : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie », dira-t-il ailleurs (Joan. 20, 21) à ses Apôtres. - Des prophètes, et des sages, et des scribes. Ce sont les messagers évangéliques qui sont désignés par ces locutions juives : les docteurs chrétiens lancés dans le monde, et tout d’abord en Palestine, par Notre Seigneur Jésus-Christ, rempliront en effet d’une manière équivalente les rôles de ces divers personnages de l’Ancien Testament. - Et vous tuerez... On trouvera au livre des Actes et dans l’histoire du premier siècle de l’Église la réalisation parfaite de cette sombre prophétie : S. Étienne lapidé, S. Siméon crucifié, Cf. Eusèbe, Hist. Eccl. 3, 32, les Apôtres flagellés, S. Paul poursuivi de ville en ville, sont des témoins irrécusables de la vérité des paroles du Sauveur. - Voilà donc en quoi consiste le culte des Pharisiens pour les Prophètes : ils ornent de fleurs les tombeaux de ceux qui ne sont plus, et massacrent ceux que Dieu leur envoie à eux-mêmes. Ils pouvaient bien gémir sur la barbarie de leurs aïeux !
Matthieu chap. 23 verset 35. - Afin que retombe sur vous tout le sang innocent qui a été répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste, jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. - Afin que retombe. Les exégètes n’ont jamais été d’accord sur la signification de la conjonction afin que en cet endroit. Plusieurs la traduisent par « ita ut », sous prétexte que le langage biblique exprime habituellement sous une forme causative ce qui n’est en réalité qu’une simple conséquence. D’autres en plus grand nombre lui conservent son acception ordinaire, « afin que », dont nous ne voyons aucune raison de nous écarter ici. Puisque Dieu est déterminé à châtier les Pharisiens coupables déjà de tant de fautes, pourquoi ne leur fournirait-il pas l’occasion de commettre un dernier crime qui accélérera l’heure de ses vengeances, dès là qu’ils seront complètement libres de résister au mal ? - Tout le sang innocent. Le sang innocent, (Cf. 4 Reg. 21, 16 ; 24, 4 ; Jerem. 26, 15 ; Thren. 4, 13), que d’autres passages de l’Écriture, Gen. 4, 10 ; Hebr. 12, 24 ; Apoc. 6, 10, représentent comme criant vengeance vers le ciel, est supposé tomber à la façon d’un poids écrasant sur la tête de ceux qui l’ont injustement versé ; Cf. 28, 55. Sans figure, Jésus veut dire que la responsabilité, en même temps que le châtiment de tant d’homicides infâmes, retombera sur les Scribes et sur toute la nation juive. - Le sang d'Abel. Le meurtre d’Abel, qui ouvre d’une manière si lamentable l’histoire de l’homme déchu, Cf. Gen. 4, 8 et ss., avait fait couler sur la terre les premières gouttes de sang innocent. Depuis, quelle longue chaîne de crimes analogues dans la race choisie, jusqu’à l’époque fixée par Jésus ! Le Sauveur en rend les Pharisiens en particulier et tous les Juifs en général responsables, à cause de la solidarité qui unit les membres d’une même famille. Or, ceux auxquels il tenait ce langage ne remontaient-ils pas en droite ligne jusqu’à Adam par Abraham et par Noé ? « En vertu de l’unité de l’espèce, dit M. Schegg, personne n’existe à part et seulement pour soi ; il vit dans l’ensemble auquel il appartient, et dont il partage les destinées comme le rameau partage celles de l’arbre. D’après cette loi, chaque génération ne commence pas à pécher en son propre nom, mais elle continue les crimes de la génération qui l’a précédée, et la dette est accumulée, additionnée, bien que cette addition ait lieu d’après un calcul soustrait à notre appréciation ; puis, quand vient le moment de régler des comptes, quand arrivent les châtiment divins, alors les descendants expient vraiment et littéralement les fautes de leurs ancêtres. Mais il est évident que nous ne voulons parler ici que du châtiment temporel et terrestre, de ce châtiment qui ne manque jamais d’être infligé, Dieu l’eût-il différé pendant des siècles ». C’est en ce sens que les Juifs contemporains du Sauveur devaient être punis pour le crime de Caïn et pour d’autre meurtres commis longtemps avant leur naissance. - Zacharie, fils de Barachie. Du premier de tous les meurtres, qui était d’autant plus coupable que c’était un fratricide, le Sauveur passe à un autre assassinat d’un genre atroce, commis dans le lieu saint et raconté dans le dernier livre de la Bible hébraïque, 2 Par. 24, 20 et ss. Il est en effet très probable que ce Zacharie auquel Notre Seigneur fait allusion ne diffère pas de celui dont il est question au second livre des Paralipomènes : telle est l’opinion commune des exégètes modernes et de la plupart des anciens. Du reste, voici d'après S. Jérôme le résumé de la discussion qui existait dès le temps de ce Père sur ce passage difficile, et qui est restée depuis à peu près au même point. « Quel est ce Zacharie, fils de Barachie, car nous trouvons dans l'Écriture un grand nombre de personnes nommées Zacharie ? Pour nous prémunir contre toute erreur, Notre Seigneur ajoute : "que vous avez tué entre le temple et l'autel". Les uns pensent que ce Zacharie est le onzième des douze petits prophètes, et le nom de son père est favorable à cette opinion ; mais l'Écriture ne nous dit pas dans quelle circonstance il a été tué entre le temple et l'autel, d'autant plus que de son temps il restait à peine quelques ruines du temple. D'autres veulent que ce soit Zacharie, père de Jean-Baptiste. Cette explication n'étant pas appuyée sur l'autorité de l'Écriture, peut être rejetée aussi facilement qu'on l'admet. D'autres prétendent qu'il s'agit de Zacharie qui fut tué par Joas, roi de Juda, entre le temple et l'autel, c'est-à-dire sur le parvis; mais il faut remarquer que ce Zacharie ne fut pas fils de Barachias, mais du grand-prêtre Joiadas. Barachias, dans la langue hébraïque, veut dire le béni du Seigneur, tandis que le nom de Joiadas signifie, en hébreu, la justice. On lit cependant dans l'Évangile dont se servent les Nazaréens, fils de Joiadas, au lieu de fils de Barachias », Comm. in Matth. Lib. 4 ch. 3 A ces trois sentiments, on en a ajouté un quatrième, qui a trouvé son point d'appui dans les lignes suivantes de l'historien Josèphe, Bell. Jud. 4, 6, 4 : « Les Zélotes, irrités contre Zacharie, fils de Baruch, résolurent de lui donner la mort. Ils étaient vexés de le voir ennemi du mal, ami du bien : il possédait en outre de grandes richesses. Deux des plus hardis le saisirent et l’assassinèrent au milieu du temple ». Les noms et les circonstances cadrent fort bien avec le fait raconté par Jésus ; seulement, le divin Maître parle d’un événement qui devait s’être accompli depuis un certain nombre d’années (que vous avez tué), tandis que le meurtre mentionné dans les annales de Josèphe n’eut lieu qu’environ quarante ans après la Passion. Il faut donc revenir à l’opinion de S. Jérôme qui ne présente, après tout, qu’une difficulté dont la solution n’est nullement embarrassante. Il est possible en effet que les mots « fils de Barachie » soient une faute de copiste, comme l’admettent Paulus, Fritzsche, etc., d’autant mieux qu’ils manquent totalement dans le passage parallèle de S. Luc, 11, 51. Il se peut aussi que le père de Zacharie ait porté simultanément les noms de Joïada et de Barachie (Grotius, Bengel, Kuinœl), car il n’était pas rare chez les Juifs d’avoir en même temps deux appellations distinctes. - Entre le temple et l'autel, par conséquent entre le Naos, ou le temple proprement dit, qui se composait du Saint et du Saint des Saints, et l’autel des holocaustes situé en avant du vestibule. Cf. l’Atlas d’archéologie biblique de M. Ancessi, pl. 10. Cette circonstance aggravait singulièrement le crime. Un pareil attentat, commis en pareil lieu sur la personne d’un saint prêtre, était devenu tristement célèbre dans l’histoire juive. « Ils ont commis sept crimes ce jour-là. Ils ont tué le prêtre, prophète et juge ; ils ont versé le sang innocent, et pollué la cour. Et cela arriva le jour du Sabbat, et le jour de l'Expiation », Talmud, Sanhed. f. 96, 2. C’étaient, d’après les Rabbins, sept sacrilèges ajoutés à l’homicide. Et encore : « R. Judan interrogea R. Acham : En quel lieu ont-ils tué Zacharie ? Dans la cour des femmes ? Dans la cour des Israélites ? Il lui répondit : Ni dans la cour des Israélites, ni dans la cour des femmes, mais dans cour du Grand Prêtre », ibid. Aussi bien, le récit devenant légendaire cite d’étranges détails destinés à montrer jusqu’où serait allée la rigueur de la vengeance divine après cet attentat. Le sang de Zacharie, demeuré sur les dalles du vestibule dans un état d’ébullition permanente sans qu’il fût possible de l’enlever ou de le calmer, aurait été aperçu 250 ans plus tard par Nabuzardan, général en chef des troupes de Nabuchodonosor. « Qu'est-ce que cela signifie ? », demanda-t-il aux Juifs ? - C'est le sang, lui répondent-ils, des veaux, des agneaux et des boucs, que nous avons offert sur l'autel. Apportez donc, dit-il, des veaux, des agneaux et des boucs, pour vérifier que ce sang provient d'eux. Ils amenèrent des veaux, des agneaux et des boucs et ils les tuèrent, et ce sang continua à bouillonner ; mais le sang des animaux tués ne bouillonnait pas. Dévoilez-moi ce secret, dit-il, ou je ferai déchirer la chair de vos poitrines. Ils lui dirent : C'est un Prêtre, un Prophète et un Juif, qui a prédit à Israel ces maux dont tu nous fais souffrir, et nous nous sommes rebellés contre lui, et nous l'avons tué. Et moi, dit-il, je calmerai ce sang. Il fit venir des Rabbins, les tua et cependant le sang ne se calma pas. Il fit venir des enfants de l'école rabbinique, les tua, et le sang ne se calma pas. Il fit ainsi immoler 94000 personnes, et cependant le sang ne se calma pas. Il s'approcha alors et dit : « O Zacharie, pour t'apaiser j'ai fait périr les meilleurs des tiens, veux tu que je les fasse tous périr? » Et le sang de Zacharie cessa alors de bouillonner », ibid. Il est bien difficile que l’allusion de Jésus ne se soit pas rapportée à un fait devenu si populaire à Jérusalem.
Matthieu chap. 23 verset 36. - En vérité, je vous le dis, toutes ces choses retomberont sur cette génération. - En vérité (amen) je vous le dis. « Il insiste en employant le mot amen, et en répétant le jugement qu'il prononce, pour que personne ne puisse prendre la menace à la légère », Maldonat in h.l. - Retomberont ; ce verbe mis en avant corrobore également la pensée et rend la menace plus terrible. - Toutes ces choses. Tous les meurtres, tous les crimes que Jésus vient de reprocher aux Juifs retomberont sur eux sous la forme d’effroyables châtiments, et c’est dans un avenir rapproché que la punition sera infligée, comme l’indiquent les derniers mots du verset, sur cette génération. La génération actuellement existante, qui sera la dernière de la théocratie juive, en verra la pleine réalisation. Mais c’est justice, car n’a-t-elle pas traité Notre Seigneur Jésus-Christ plus cruellement que Caïn n’avait traité Abel ? Cent fois plus coupable que les générations auxquelles elle succède, elle sera aussi plus sévèrement punie. - Ce n’est pas la seule fois dans l’histoire que les abominations des siècles antérieurs se sont accumulées pour écraser ensuite sous leur poids une seule génération : la fin du siècle dernier a présenté en France sous ce rapport plus d’une analogie avec ce qui s’était passé au moment de la destruction de l’état juif.
Matthieu chap. 23 verset 37. - Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu. - Après les terribles paroles que nous venons d’entendre, en voici d’autres qui respirent une tendresse toute maternelle. Jésus voudrait épargner à son peuple les affreux malheurs qu’il lui a prédits depuis le v. 33 : il essaie donc de le toucher par une apostrophe pleine d’un brûlant amour, mais en même temps pleine de tristesse, parce qu’il prévoit l’inutilité de ce dernier effort. On sent en quelque sorte son divin cœur palpiter à travers ces lignes. - Jérusalem... Il ne s’agit plus des Pharisiens ni des Scribes ; c’est à Jérusalem, nommée deux fois par compassion et par amour, Cf. S. Jean Chrys. Hom. 74 in Matth., que le Sauveur s’adresse comme au centre de la théocratie. (Le nom de la capitale juive est Ierouschalaïm.) - Qui tues… qui lapides. Les verbes sont au présent parce que Jérusalem était dans l’habitude d’égorger, de lapider les prophètes et les autres ministres sacrés que Dieu daignait lui envoyer pour la convertir. - Combien de fois ai-je voulu... Et pourtant, d’après S. Matthieu et les autres synoptiques, Jésus-Christ ne semble avoir exercé aucun ministère à Jérusalem avant la circonstance présente. Mais ces paroles mêmes démontrent qu’il y était venu fréquemment, et qu’il y avait rempli à diverses reprises un rôle très actif en vue de sauver la malheureuse cité. L’évangéliste S. Jean nous donnera un commentaire complet de ce « combien de fois ». Origène et d’autres anciens auteurs pensent du reste qu’en le prononçant Jésus tenait compte non seulement de son activité personnelle, mais encore de celles des prophètes qui l’avaient précédé ; Cf. S. Jérôme, Comm. in h. l. - Tes enfants. Les fils de Jérusalem, ce sont ses habitants : c’est, par extension, tout le peuple juif dont elle était la capitale. - Comme une poule... Belle et forte image qui peint au vif l’amour de Jésus pour ses compatriotes, et la protection toute maternelle dont il aurait voulu les environner ; Cf. Ps. 16, 6 ; 36, 7 ; Is. 31, 5 ; etc. « La poule aperçoit l’oiseau de proie dans les airs et aussitôt elle groupe avec anxiété ses poussins autour d’elle. Jésus voyait avec angoisse les aigles romaines s’approcher des enfants de Jérusalem pour les dévorer, et il s’efforçait par les plus doux moyens de les sauver », J. P. Lange, in h. l. - Mais hélas ! ses tentatives devaient échouer contre l’insensibilité, l’ingratitude et l’aveuglement de ces malheureux Juifs, et tu ne l'as pas voulu ! Jésus s’en plaint avec un sentiment de profonde tristesse, en même temps qu’il dégage sa responsabilité. Malheur donc à ceux qui n’auront pas voulu se laisser sauver ! Car l’amour méprisé amènera les catastrophes prophétisées plus haut.
Matthieu chap. 23 verset 38. - Voici que votre maison vous sera laissée déserte. - L’aile protectrice sous laquelle on a refusé de s’abriter s’étant retirée complètement, les coups les plus redoutables viendront frapper les Juifs. Le temps présent, employé dans le texte grec indique mieux encore la proximité de la ruine. - Votre maison. Jésus appelle ainsi le temple dans l’enceinte duquel il prononçait ce discours, ou bien Jérusalem, ou encore l’ensemble de la théocratie. Notons le pronom « votre ». Rien de tout cela n’est désormais la maison de Jéhova : il n’en veut plus ! C’est simplement la demeure d’un peuple coupable qu’il se dispose à châtier. - Déserte. Une maison est vide quand son maître a cessé de l’habiter ; Jérusalem, abandonnée par le Messie, ressemblera à une habitation délaissée, qui tombe en ruines. Il y a longtemps que Jérémie, parlant au nom de Dieu, avait prédit cette calamité : « J’ai abandonné ma maison, délaissé mon héritage, livré ma bien-aimée à la poigne de ses ennemis », Jerem. 12, 7 ; et David, maudissant ses ennemis, n’avait rien trouvé de plus terrible contre eux que l’imprécation suivante : « que leur camp devienne un désert, que nul n'habite sous leurs tentes ! » Ps. 68, 26.
Matthieu chap. 23 verset 39. - Car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. - Notre Seigneur, expliquant le verset qui précède, fait voir la manière dont se réalisera la menace qu’il contient. - Vous ne me verrez plus. Dans quelques jours, il sera séparé d’eux par la mort et, à partir de ce moment, ils cesseront de le contempler jusqu’à l’époque de la résurrection générale et de son second avènement. Car ce sont ces grands événements de la fin du monde qui sont désignés par les mots : Jusqu'à ce que vous disiez : Béni. - Naguère, des amis nombreux poussaient en son honneur cette glorieuse acclamation pour lui souhaiter la bienvenue dans les murs de Jérusalem comme au Messie promis, Cf. 21, 9. Quand il reviendra en qualité de Juge suprême, la nation juive convertie en masse, Cf. Rom. chap. 11, le saluera joyeusement par ces mêmes paroles. La fin du grave réquisitoire dont nous achevons l’explication ouvre donc un horizon consolant auquel on n’aurait pas osé s’attendre. « Les Juifs ont donc un temps marqué pour le repentir; qu'ils confessent que celui qui vient au nom du Seigneur est béni, et ils seront admis à contempler le visage du Christ », S. Jérôme in h. l. On aime à voir se terminer par un rayon d’espoir le dernier discours de Notre Seigneur Jésus-Christ à la foule des Juifs. - Quelques commentateurs ont singulièrement rapetissé la pensée du Sauveur en lui faisant dire qu’il ne se montrerait pas à la foule pendant les deux jours suivants, c’est-à-dire jusqu’à la fête de Pâque, à l’occasion de laquelle, nous assure-t-on sans la moindre preuve, les Juifs se saluaient par les mots « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Le P. Patrizzi, Lib. 1. de Evang. Quæst. 4, §1, n’est guère plus heureux lorsqu’il accuse S. Matthieu d’avoir troublé en cet endroit l’ordre chronologique : d’après lui, le chap. 23 raconterait un fait antérieur à ceux qui sont contenus dans le chap. 21, de sorte que, par la prophétie du v. 39, Jésus annoncerait simplement son entrée triomphale à Jérusalem !