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c. Jésus bénit les petits enfants, 19, 13-15. Parall. Marc. 10, 13-16 ; Luc. 18, 15-17.

13On lui présenta alors de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et priât pour eux. Et les disciples les repoussaient. 14Mais Jésus leur dit : Laissez ces petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. 15Et leur ayant imposé les mains, il partit de là.

Scène gracieuse et touchante, vraiment digne de Jésus, que les trois synoptiques ont racontée de concert. Après le mariage sanctifié par le Christianisme, nous trouvons les enfants qui en sont le fruit : Jésus les bénit, de même qu’il avait béni l’institution qui leur donne la vie.

 

Matthieu chap. 19 verset 13. - On lui présenta alors de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et priât pour eux. Et les disciples les repoussaient. - Alors : sans doute immédiatement après le double entretien qui précède, ou du moins peu de temps après. - On lui présenta... Pour désigner ces enfants privilégiés, les deux premiers évangélistes emploient l’expression générale de « petits enfants » ; S. Luc nous dit avec plus de précision que c’étaient des nourrissons, de petits enfants encore à la mamelle. Cette action des mères provenait d’une foi vive en la puissance et en la sainteté de Jésus. Lui ayant vu faire quelques-uns des miracles mentionnés au v. 2, ou bien les connaissant par ouï-dire, elles veulent que ce grand personnage attire les faveurs du ciel sur leurs enfants, et c’est dans ce but qu’elles les lui apportent. - Afin qu'il leur impose les mains. Cette cérémonie nous apparaît dès l’Ancien Testament comme un symbole de la bénédiction ; Cf. Gen. 41, 14 ; Ex. 29, 10 ; 4 Reg. 4, 34. De la synagogue elle passa promptement dans la liturgie chrétienne ; Cf. Act. 6, 6 ; 8, 17, etc. Il paraît que c'était une coutume ancienne de conduire les enfants auprès des Rabbins pour les faire bénir ; Cf. Buxtorf, Synag. Jud. cap. 7. - Et priât pour eux : la parole devait ainsi produire directement ce que le geste signifiait. - Les disciples les repoussaient. S. Marc est plus exact : « les disciples les écartèrent vivement », 10, 13. Les disciples avaient en ce moment le cœur bien dur. Tout ce qu’on peut dire pour les excuser, c’est qu’ils pensaient agir dans l’intérêt de leur Maître, voulant lui éviter ce qui était à leurs yeux ou une requête importune, ou une occupation peu digne de lui. Ils avaient bien mal compris ou bien vite oublié la leçon qu’il leur avait autrefois donnée à Capharnaüm ; Cf. 18, 1 et ss.

 

Matthieu chap. 19 verset 14. - Mais Jésus leur dit : Laissez ces petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. - Mais Jésus leur dit. Les pensées du Sauveur diffèrent totalement des leurs. Il s’indigne d’abord contre leur zèle mal entendu, Cf. Marc. 10, 14, puis il prononce en faveur de ces aimables et innocents petits êtres qu’on lui amenait l’une de ses paroles les plus belles, les plus divines. En effet, dit admirablement S. Irénée, « Il est passé par chaque âge, il a été un enfant pour les enfants, sanctifiant les enfants, parmi les petits un petit, sanctifiant ceux de cet âge, et en même temps il a été pour eux un modèle de piété, de justice et d'obéissance », Lib. 2, c. 22, §4. - Laissez ces petits enfants... douce invitation qui rappelle celle que Jésus adressait un jour « aux brisés de cœur et aux écrasés d’esprit », Cf. Ps. 33, 19 : « Venez à moi vous tous qui peinez ! ». - Le royaume des cieux est pour ceux... L’enfant et le royaume des cieux sont faits l’un pour l’autre. Mais de quels enfants Jésus parle-t-il dans cette sentence finale ? Il l’indique clairement par les expressions dont il se sert. « Il n'a pas dit le Royaume des cieux est à eux, mais à ceux qui leur ressemblent, pour indiquer non seulement les enfants jeunes, mais tous les hommes qui se rendent semblables à eux », dit fort bien Maldonat d'après Euthymius. Les Apôtres se figuraient sans doute que pour mériter l’attention du Maître, il fallait que ces enfants devinssent semblables à eux ; Jésus leur apprend pour la seconde fois que, s’ils veulent eux-mêmes sa bienveillance, ils doivent se transformer en enfants. Cf. Marc et Luc. l. c.

 

Matthieu chap. 19 verset 15. - Et leur ayant imposé les mains, il partit de là.  - Leur ayant imposé les mains. Il satisfait donc pleinement le pieux désir des humbles femmes qui lui avaient apporté leurs enfants. Bien plus, à sa bénédiction il ajoute de tendres caresses. Cf. Marc, 10, 16. Que Notre Seigneur Jésus-Christ est grand et divin dans ce passage ! - Deux peintres français, Bourdon et Hipp. Flandrin, inspirés par cet acte de son ineffable bonté, y ont puisé la matière de deux œuvres capitales. Les pasteurs des âmes trouveront à leur tour dans la conduite du souverain Prêtre de la nouvelle Alliance un modèle parfait qu’ils imiteront en se montrant pleins de zèle à l’égard des enfants. - Il partit de là, c’est-à-dire de la localité inconnue de la Pérée où s’était passée cette scène ravissante.

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