Ressources Catholiques Missel Romain
c. Seconde annonce officielle de la Passion.
Mt 17.21-22. Parall. Mc 9.29-31 ; Lc 9.44-45.

Pendant qu'il se trouvait en Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes,
et ils Le feront mourir, et le troisième jour Il ressuscitera. Et ils furent vivement attristés.

Conversantibus autem eis in Galilæa, dixit illis Jesus : Filius hominis tradendus est in manus hominum :
et occident eum, et tertia die resurget. Et contristati sunt vehementer.

του̃το δὲ τὸ γένος ούκ έκπορεύεται εί μὴ έν προσευχη̣̃ καὶ νηστεία̣
άναστρεφομένων δὲ αύτω̃ν έν τη̣̃ Γαλιλαία̣ εί̃πεν αύτοι̃ς ό 'Iησου̃ς Μέλλει ό υίὸς του̃ άνθρώπου παραδίδοσθαι είς χει̃ρας άνθρώπων

17.21,22. — Conversantibus autem eis. Le grec dit άναστρεφομένων δὲ αύτω̃ν, tandis qu’ils retournaient en Galilée. Jésus et les siens avaient quitté cette province pour aller dans la Gaulanite, cf. xvi, 4, 5, 13 ; ils y rentrent maintenant après une absence qui parait avoir duré quelques semaines. Ils franchirent probablement le Jourdain en face de Césarée et traversèrent toute la Haute-Galilée pour descendre à Capharnaüm, ℣. 23. Ce voyage fut mystérieux et secret, comme nous rapprend saint Marc, Marc. ix, 29 : « Prætergrediebantur Galilæam, nec volebat quemquam scire ». — Dixit illis Jesus. Chemin faisant, le Sauveur réitère à ses disciples la triste nouvelle qu’il leur avait déjà communiquée peu de jours avant sa Transfiguration : Filius hominis tradendus est… Plus l’heure de la Passion approche, plus il faut que les Apôtres s’habituent au cri terrible « Crucifige eum » qu’ils entendront bientôt retentir. Or, nous l’avons vu, l’ère de la Passion a été en quelque sorte inaugurée sur la montagne de la Transfiguration : voilà pourquoi Jésus insiste avec force sur la nécessité de ses souffrances, afin de préparer ses disciples et de les fortifier contre l’épreuve. — Tradendus est, μέλλει παραδίδοσθαί : c’est une nécessité ; le décrit divin a été lancé et il faut qu’il s’exécute. — In manus hominum. Les mains des hommes sont de méchantes mains, David le savait par expérience, cf. I Par. xxii, 13 ; aussi, le Fils de l’homme recevra-t-il d’elles les plus mauvais traitements, qu’il résume ici dans le mot occident. La première fois que Jésus avait prédit ses souffrances et sa mort, il l’avait fait en termes plus explicites, cf. xvi, 21, mais il est vraisemblable que l’évangéliste ne nous livre ici que le thème de la conversation du Sauveur, sans entrer dans tous les détails. — Et tertia die resurget. Notre-Seigneur unit de nouveau l’annonce de sa Résurrection à celle de sa Passion ; il ne veut pas que le moindre doute existe sur ce point dans l’âme des Apôtres. S’il doit souffrir et mourir, le triomphe le plus complet ne tardera pas à suivre ses humiliations. Cependant les disciples, en entendant ce discours, furent surtout frappés des idées sombres qu’il contenait ; aussi, contristati sunt vehementer. Précédemment, ils s’étaient indignés dans un premier mouvement de surprise ; aujourd’hui, ils comprennent qu’il y a quelque chose de réel dans la nouvelle funeste que leur transmet leur Maître, puisqu’il y revient ainsi pour la seconde fois. Et comme sa mort devait être le renversement de tous leurs préjugés, la ruine de leurs beaux rêves messianiques, ils s’attristent vivement lorsqu’ils pressentent qu’elle aura lieu. Leur tristesse eût été beaucoup plus vive encore, s’ils avaient pu prévoir que Jésus devait être livré par l’un d’entre eux aux mains de ses bourreaux.

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