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L’arbre généalogique.

Mt 1.2-16.

Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères ;

Abraham genuit Isaac. Isaac autem genuit Jacob. Jacob autem genuit Judam, et fratres ejus.

Άβραὰμ έγέννησεν τὸν 'Iσαάκ· 'Iσαὰκ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iακώβ· 'Iακὼβ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iούδαν καὶ τοὺς άδελφοὺς αύτου̃

1.2.Autem. Cet adverbe qui accompagne régulièrement le nom des ancêtres du Christ à partir d’Isaac est la traduction un peu servile de la particule δέ du texte grec. — Judam. Juda est nommé entre tous les fils de Jacob, parce que c’est sur sa tête et sur celle de ses descendants que passèrent, en des termes à jamais célèbres[176], les promesses messianiques. On mentionne toutefois ses frères d’une manière générale, parce qu’ils furent avec lui les chefs du peuple de Dieu, les fondateurs de ces douze tribus qui devaient former la partie primordiale du royaume du Christ. Juda n’était pas l’aîné de la famille, son père non plus, et de même d’autres personnages de notre liste : le privilège d’être l’ancêtre du Messie ne fut donc pas toujours attaché au droit d’aînesse ; mais alors Dieu faisait connaître ses volontés par des révélations spéciales.

Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar ; Pharès engendra Esron ; Esron engendra Aram ;

Judas autem genuit Phares, et Zaram de Thamar. Phares autem genuit Esron. Esron autem genuit Aram.

'Iούδας δὲ έγέννησεν τὸν Φάρες καὶ τὸν Ζάρα έκ τη̃ς Θαμάρ· Φάρες δὲ έγέννησεν τὸν ʻEσρώμ· ʻEσρὼμ δὲ έγέννησεν τὸν Άράμ

1.3.Phares et Zaram : c’étaient deux jumeaux, comme Jacob et Esaü. On s’est demandé pourquoi il est fait mention de Zara, puisqu’il ne compte point parmi les aïeux du Christ. Maldonat répond, avec plusieurs interprètes, par une réflexion empruntée aux circonstances qui accompagnèrent la naissance des deux frères (cf. Gn 38.29) : « Contendere jam in utero gemelli infantes videbantur uter primogenitus et Christi parens futurus esset, ut dubium fuisse videatur uter primogenitus habendus esset. Itaque voluit Evangelista honorem illis quodam modo partiri ». — De Thamar. L’apparition de Thamar surprend doublement le lecteur, d’abord parce que les Juifs n’avaient pas coutume de mentionner les femmes dans leurs listes généalogiques, en second lieu parce que, si l’une des aïeules du Messie devait être tenue dans l’oubli, c’était assurément Thamar, cf. Gn 38. Du reste, on a remarqué depuis bien longtemps que, parmi, les cinq noms de femmes signalés dans la généalogie de saint Matthieu, un seul est immaculé, celui de la Vierge Marie ; tous les autres sont entachés de quelque façon. Après l’incestueuse Thamar, il y a Rahab, ℣. 5, « Rahab meretrix », comme l’appelle la Bible, Js 2.1 ; He 11.31 ; il y a Ruth, la Moabite, ℣. 5, d’origine païenne par conséquent ; il y a la femme d’Urie, ou Bethsabé, ℣. 6. Pourquoi n’avoir pas cité de préférence Sara, Rébecca ou Lia ? D’après plusieurs Pères, ce serait un fait providentiel destiné à relever les humiliations volontaires de Jésus-Christ dans son Incarnation. « Notandum, dit saint Jérôme (Comment. in hoc loco), in genealogia Salvatoris nullam sanctarum mulierum assumi, sed eas tantum quas Scriptura reprehendit, ut qui propter peccatores venerat, de peccatricibus nascens, omnium peccata deleret ». On admet généralement aujourd’hui que ces personnes ont obtenu une mention particulière, parce qu’elles sont devenues les parentes du Messie par des voies extraordinaires et tout-à-fait remarquables. Suivant quelques auteurs, saint Matthieu aurait tout simplement admis leurs noms dans sa table généalogique, parce qu’il les aurait trouvés déjà dans les documents écrits qui lui servirent de source pour cet endroit de son Évangile. En outre, il ne faut pas exagérer la culpabilité de ces femmes, ou du moins il est bon de se rappeler les éloges que leur confèrent les Saintes Écritures et les Pères. Juda trouvait Thamar plus juste que lui, Gn 38.26, et les saints Pères affirment que sa démarche aussi étrange que coupable auprès de son beau-père eut pour cause un élan de foi enthousiaste : elle voulait à tout prix, disent-ils, devenir la mère de la famille choisie par Dieu. Rahab est louée à deux reprises et par deux apôtres dans le Nouveau-Testament, He 11.31 et Jc 2.25 ; Ruth nous est présentée comme un type admirable de piété filiale, et l’un des livres les plus gracieux de la Bible porte son nom ; enfin Bethsabé partagea la pénitence de David et mérita, comme lui, de rentrer complètement en grâce avec Dieu.

Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon ;

Aram autem genuit Aminadab. Aminadab autem genuit Naasson. Naasson autem genuit Salmon.

Άρὰμ δὲ έγέννησεν τὸν Άμιναδάβ· Άμιναδὰβ δὲ έγέννησεν τὸν Ναασσών· Ναασσὼν δὲ έγέννησεν τὸν Σαλμών

1.4. — D’Aram, d’Aminadab, de Salmon nous ne connaissons pas autre chose que les noms. — D’après Nb 1.7, Naasson était le chef de la tribu de Juda au moment de la sortie d’Égypte : s’il s’agit ici du même personnage, comme tout porte à le croire, if paraît évident que le généalogiste aura omis quelques anneaux intermédiaires, car le séjour en Égypte avant duré 430 ans, cf. Ex 12.40 ; Ga 3.17, ce serait bien peu de quatre générations pour une aussi longue durée. Nous ne trouvons, il est vrai, que ces quatre noms dans le tableau analogue du premier livre des Paralipomènes, ii, 9-11 ; nous n’en trouvons que quatre aussi, durant la même période, dans la famille de Lévi (Lévi, Caath, Amram et Aaron). Mais cette omission peut s’expliquer très aisément. Dieu avait prédit à Abraham, Gn 15.13-16, que sa postérité serait exilée et même esclave sur la terre étrangère durant 400 ans, et qu’ensuite la « quatrième génération » reviendrait en Palestine. Les Juifs prirent ces dernières paroles à la lettre, et ils ne se crurent pas permis de compter plus de quatre générations pour la durée de la servitude égyptienne. Cependant le Seigneur ne voulait parler que d’une manière générale et approximative. Voir Schegg., Comment. in hoc loco.

Salmon engendra Booz, de Rahab ; Booz engendra Obed, de Ruth ; Obed engendra Jessé ; Jessé engendra David, qui fut roi.

Salmon autem genuit Booz de Rahab. Booz autem genuit Obed ex Ruth. Obed autem genuit Jesse. Jesse autem genuit David regem.

Σαλμὼν δὲ έγέννησεν τὸν Βοὸζ έκ τη̃ς ʻPαχάβ· Βοὸζ δὲ έγέννησεν τὸν Ὠβὴδ έκ τη̃ς ʻPούθ· Ὠβὴδ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iεσσαί

1.5.Rahab. On a parfois prétendu, mais sans raison suffisante, qu’il est question en cet endroit d’une Rahab inconnue, distincte de celle dont nous avons parlé plus haut. D’après le traité Megilla, F. 44, 2, Rahab aurait épousé Josué lui-même ; toutefois, c’est là évidemment une tradition légendaire qui perd toute autorité devant l’affirmation certaine de l’Évangéliste. Peut-être Salmon était-il l’un des deux espions sauvés par Rahab à Jéricho ; son mariage avec elle serait alors un acte de reconnaissance. — Obed. Il est probable qu’ici encore, entre les noms d’Obed et de Jessé, il existe une lacune dans la liste de saint Matthieu. En effet, il s’écoula environ trois-cent-soixante ans entre Salmon et Jessé, ce qui serait un intervalle bien long pour trois générations seulement. Le livre juif lucharin dit en propres termes que Jessé n’était que le descendant médiat d’Obed, et non son fils. Le nom de Jessé nous rappelle le beau texte d’Isaïe, Es 11.1. « Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice ejus ascendet ». — David Regem. C’est à partir de David que la race de Jésus devint race royale, de la l’épithète de roi, répétée deux fois de suite avec emphase. Au livre de Ruth, Rt 4.18-22, nous trouvons, et dans les mêmes termes, les noms des ancêtres de David depuis Pharès ; là aussi, les générations sont réduites au nombre de trois entre Salmon et le grand roi.

Le roi David engendra Salomon, de celle qui avait été femme d'Urie ;

David autem rex genuit Salomonem ex ea quæ fuit Uriæ.

'Iεσσαὶ δὲ έγέννησεν τὸν Δαβὶδ τὸν βασιλέα· Δαβὶδ δὲ ό βασιλεὺς έγέννησεν τὸν Σολομω̃ντα έκ τη̃ς του̃ Ούρίου

1.6.Ex ea quæ fuit Uriœ. Il est étonnant, malgré ce que nous avons dit tout-à-l’heure, qu’au lieu de la désigner par son nom propre, on ait choisi un titre qui rappelle plus vivement sa faute.

Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abias ; Abias engendra Asa ;

Salomon autem genuit Roboam. Roboam autem genuit Abiam. Abias autem genuit Asa.

Σολομὼν δὲ έγέννησεν τὸν ʻPοβοάμ· ʻPοβοὰμ δὲ έγέννησεν τὸν Άβιά· Άβιὰ δὲ έγέννησεν τὸν Άσά

Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ;

Asa autem genuit Josophat. Josophat autem genuit Joram. Joram autem genuit Oziam.

Άσὰ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iωσαφάτ· 'Iωσαφὰτ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iωράμ· 'Iωρὰμ δὲ έγέννησεν τὸν 'Οζίαν

1.8.JoramOziam. Entre ces deux princes, nouvelle lacune qui embrasse trois générations. Nous parlons cette fois, non pas d’après de simples vraisemblances, mais avec la certitude la plus complète ; car, suivant les données de l’histoire juive, cf. 2R 8.24 ; 11.2 ; 12.1 ; 2Ch 26.4, l’arbre généalogique, pour être exact, devrait être ainsi conçu : « Joram autem genuit Ochoziam, Ochozias autem genuit Joam, Joas autem genuit Amasiam, Amasias autem genuit Oziam ». On voit par là que le mot « genuit », dans les énumérations de ce genre, doit se prendre en un sens assez large ; il ne désigne pas toujours une génération directe. Les Orientaux se permettent facilement sous ce rapport des licences, même considérables, quand la descendance est certaine ; leur principe en pareil cas est que « les petits-fils sont comme des fils » (Proverbe rabbinique). Il y a plusieurs manières d’expliquer l’omission particulière que nous venons de rencontrer au ℣ 8. 1° Ce serait une faute de copiste occasionnée très naturellement, dit-on, par la ressemblance qui existe entre les noms d’Ochosias et d’Ozias. 2° Saint Matthieu, pour des motifs que nous déterminerons plus loin, voulait avoir, dans la généalogie du Sauveur, trois séries de quatorze générations ; pour obtenir exactement ce chiffre, il aurait exclu de lui-même les noms d’Ochosias, de Joas et d’Amasias. Tel était déjà l’avis de saint Jérôme, que de nombreux exégètes ont depuis adopté. 3° Cette exclusion aurait eu pour fondement une raison toute mystique. Comme on le sait, Joram avait épouse Athalie, la fille impie d’Achab et de Jézabel. Irrité contre Achab à cause de son indigne conduite, le Seigneur avait juré, par ses prophètes, cf. 1R 21.21-22, d’exterminer toute sa race ; or, d’après le langage des Écritures, la race, en pareil cas, s’étend jusqu’à la quatrième génération (cf. Maldonat). Par conséquent, le fils, le petit-fils et l’arrière petit-fils d’Athalie étaient devant Dieu comme s’ils n’eussent jamais existé, et c’est pour cela que leurs noms auraient été supprimés dans notre document. Il est certain du moins que ces trois rois manquent, jusqu’à un certain point, de légalité au point de vue théocratique. Ochosias fut un roi purement nominal sous la tutelle d’Athalie, sa mère ; Joas, excellent prince tant qu’il eut à ses côtés le prêtre Joïada, ne tarda pas à devenir le jouet de courtisans dépravés ; Amasias, enfin, s’attira par ses infamies la malédiction spéciale de Jéhovah.

Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz ; Achaz engendra Ézéchias ;

Ozias autem genuit Joatham. Joatham autem genuit Achaz. Achaz autem genuit Ezechiam.

'Οζίας δὲ έγέννησεν τὸν 'Iωαθάμ· 'Iωαθὰμ δὲ έγέννησεν τὸν Άχάζ· Άχὰζ δὲ έγέννησεν τὸν ʻEζεκίαν

Ézéchias engendra Manassès ; Manassès engendra Amon ; Amon engendra Josias ;

Ezechias autem genuit Manassen. Manasses autem genuit Amon. Amon autem genuit Josiam.

ʻEζεκίας δὲ έγέννησεν τὸν Μανασση̃· Μανασση̃ς δὲ έγέννησεν τὸν Άμών· Άμὼν δὲ έγέννησεν τὸν 'Iωσίαν

Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.

Josias autem genuit Jechoniam, et fratres ejus in transmigratione Babylonis.

'Iωσίας δὲ έγέννησεν τὸν 'Iεχονίαν καὶ τοὺς άδελφοὺς αύτου̃ έπὶ τη̃ς μετοικεσίας Βαβυλω̃νος

1.11.Jéchoniam. Le nom de Jéchonias devient à son tour une vraie « crux interpretum ». En effet, Josias ne fut pas le père, mais l’aïeul de ce prince, cf. 1Ch 3.15,16 ; entre eux, nous devrions trouver Joakim. En outre, saint Matthieu attribue ici plusieurs frères à Jéchonias, fratres ejus, tandis qu’il n’en eut qu’un seul d’après 1Ch 3.16 : « De Joakim natus est Jechonias et Sedecias ». Enfin, l’auteur de la généalogie fait vivre à l’époque de la captivité de Babylone le roi Josias, qui était mort depuis vingt années environ quand elle commença. Ce sont donc trois points à élucider. Il est vrai qu’il suffira, pour éclaircir le premier, d’une explication grammaticale relative, à l’expression in transmigratione Babylonis. Le grec porte έπὶ τη̃ς μετοικεσίας βαϐυλω̃νος, ce qui est plus élastique, la préposition έπὶ pouvant signifier « sub, circa ». On veut donc simplement rappeler que, vers l’époque de la captivité babylonienne, Josias engendra Jéchonias, fait complètement exact, surtout si l’on réfléchit que la « transmigration » n’ent pas lieu en une seule fois, mais qu’elle eut pour ainsi dire, trois actes principaux, et qu’elle se prolongea durant une période assez considérable (606-586 avant Jésus-Christ) ; cf. Jr 52.28 et ss. ; 2R 22.12 et suiv. — Relativement aux deux autres points, nous nous trouvons de nouveau en face de solutions diverses. 1° Ici encore, un anneaau aurait été volontairemeut omis dans la liste généalogique. Cette hypothèse est favorisée par plusieurs manuscrits ou versions qui rétablissent le nom supprimé : « Josias engendra Joakim, Joakim engepdra Jéchonias et ses frères ». Mais, cette leçon fût-elle authentique, reste encore la difficulté tirée des frères de Jéchonias. 2° Pour obvier à cela, plusieurs auteurs ont recours à un « mendum amanuensis » et ils prennent la liberté de reconstituer comme il suit le texte soi-disant primitif : « Josias genuit Joakim et fratres ejus, Joakim autem genuit Jechoniam in transmigratione Babylonis ». Nous voudrions pouvoir admettre cette ingénieuse conjecture d’Ewald, qui résout immédiatement le problème, et sous toutes ses faces ; malheureusement c’est un coup d’autorité que rien ne peut justifier. 3° D’autres essaient de dénouer plus patiemment ce nœud gordien. Suivant eux, le nom de Jéchonias, au ℣. 11, représenterait non pas Jéchonias lui-même, mais précisément ce Joakim dont nous regrettons l’omission ; soit, disent-ils, que ces deux appellations fussent identiques chez les Hébreux, soit qu’une erreur des copistes ait substitué l’une à l’autre. Cela posé, la généalogie est intégrale en cet endroit ; elle est, de plus, parfaitement correcte, puisque Joakim eut trois frères, Johanan, Sédécias et Sellum. Toutefois, ajoutent-ils, Joakim ayant été mis à mort par le roi de Babylone et n’élant jamais allé en captivité, le Jéchonias du ℣. 12 ne doit pas être le même que celui du verset 11 ; c’est donc le Jéchonias proprement dit, fils de Joakim, petit-fils de Josias. De quel droit, répondrons-nous, peut-on supposer, contre toute vraisemblance, que la généalogie cite deux personnes sous un même nom, alors qu’elle en avait de très distincts à sa disposition pour les désigner ? C’est le point faible de ce système. 4° Il nous reste à prendre purement et simplement la note du ℣. 11 telle qu’elle nous a été transmise, sans y faire aucun changement. Le nom de Joakim aura été passé sous silence, comme ceux de plusieurs autres ancêtres du Christ. Quant à Jechonias, puisque c’est bien de Jéchonias et de lui seul qu’il est question, il est vrai que la Bible ne lui donne qu’un frère ; mais nous aurons, plus tard, l’occasion de démontrer que ce nom de frère a, dans la langue hébraïque, une signification beaucoup plus étendue que dans la nôtre, et qu’il pouvait s’appliquer aussi à des cousins, à de proches parents. — In transmigratione : l’Évangéliste mentionne expressément cet événement douloureux à cause de sa gravité exceptionnelle pour la famille de David et du Christ ; au retour d’exil elle n’aura plus la dignité royale.

Et après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorobabel ;

Et post transmigrationem Babylonis : Jechonias genuit Salathiel. Salathiel autem genuit Zorobabel.

Μετὰ δὲ τὴν μετοικεσίαν Βαβυλω̃νος 'Iεχονίας έγέννησεν τὸν Σαλαθιήλ· Σαλαθιὴλ δὲ έγέννησεν τὸν Ζοροβαβέλ

1.12.Post transmigrationem ; c’est-à-dire, non point après qu’elle eût cessé, mais quand elle fut complète, quand tous les captifs eurent été conduits en Chaldée. Nous dirions plus clairement en français : pendant l’exil. — Zorobabel. Tandis qu’Esdras, Esd 1.2, et Aggée, son contemporain, Ag 1.1,12,14 ; 2.3, le nomment fils de Salathiel comme saint Matthieu, les tables généalogiques des Paralipomènes le font naître de Phadara, cf. 1Ch 3.17 ; Salathiel serait donc seulement son grand-père.

Zorobabel engendra Abiud ; Abiud engendra Éliacim ; Éliacim engendra Azor ;
Azor engendra Sadoc ; Sadoc engendra Achim ; Achim engendra Éliud ;
Éliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Mathan ; Mathan engendra Jacob ;

Zorobabel autem genuit Abiud. Abiud autem genuit Eliacim. Eliacim autem genuit Azor.
Azor autem genuit Sadoc. Sadoc autem genuit Achim. Achim autem genuit Eliud.
Eliud autem genuit Eleazar. Eleazar autem genuit Mathan. Mathan autem genuit Jacob.

Ζοροβαβὲλ δὲ έγέννησεν τὸν Άβιούδ· Άβιοὺδ δὲ έγέννησεν τὸν 'Eλιακείμ· 'Eλιακεὶμ δὲ έγέννησεν τὸν Άζώρ
Άζὼρ δὲ έγέννησεν τὸν Σαδώκ· Σαδὼκ δὲ έγέννησεν τὸν Άχείμ· Άχεὶμ δὲ έγέννησεν τὸν 'Eλιούδ
'Eλιοὺδ δὲ έγέννησεν τὸν 'Eλεάζαρ· 'Eλεάζαρ δὲ έγέννησεν τὸν Ματθάν· Ματθὰν δὲ έγέννησεν τὸν 'Iακώβ

1.13-15. — À partir d’Abiud jusqu’à saint Joseph, les documents parallèles à celui de saint Matthieu nous font complètement défaut dans les écrits de l’Ancien Testament ; aucun de ces dix personnages n’y est mentionné. Aussi nous est-il tout à fait impossible de contrôler ici le catalogue de l’Évangéliste. Abiud lui-même, on ignore pour quel motif, n’est point nommé parmi les enfants de Zorobabel, 2Ch 3.17,18. Mais chaque famille, à plus forte raison la famille royale, tenait soigneusement en ordre ses registres de généalogie, et il était facile d’y recourir pour obtenir tous les renseignements désirables.

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

Jacob autem genuit Joseph virum Mariæ, de qua natus est Jesus, qui vocatur Christus.

'Iακὼβ δὲ έγέννησεν τὸν 'Iωσὴφ τὸν άνδρα Μαρίας έξ ή̃ς έγεννήθη 'Iησου̃ς ό λεγόμενος Χριστός

1.16.Virum, l’époux et non le fiancé, άνήρ ne signifiant jamais « sponsus ». Entre Jacob et Joseph le verbe « genuit » est employé pour la dernière fois : l’ordre naturel des naissances cesse en effet avec saint Joseph, l’ordre surnaturel et divin commence. Ce n’est qu’en sa qualité d’époux virginal de Marie que Joseph est entré dans la généalogie du Christ ; de là ce changement remarquable dans la formule : « Virum Mariæ de qua natus est… » Quoiqu’il doive entrer bientôt dans de plus longs détails sur cette génération prodigieuse, saint Matthieu ne veut pas qu’il y ait l’ombre d’un doute à ce sujet ; de là son affirmation anticipée ; Joseph n’est que le père putatif de Jésus. — Mariæ. Ce nom béni, dont la forme hébraïque était « Miriam », מרים, existait depuis longtemps chez les Juifs, car la sœur de Moïse et d’Aaron s’appelait déjà Marie. Il était fréquemment porté à l’époque de Notre-Seigneur, comme le prouve le nombre relativement considérable des Marie qui apparaissent dans l’Évangile. Son étymologie est douteuse : il dérive suivant les uns de מרת, être fort, dominer ; suivant les autres, d’une racine semblable signifiant « être rébelle ». Les interprétations que les Pères ont donné de ce beau nom sont en général aussi fausses au point de vue philologique, qu’elles sont gracieuses quant à l’idée. — Qui dicitur, λεγόμενος. Sans avoir toute la force de καλου̃μενος, « qui vocatur », cf. Lc 1.32,35, ce mot fait plus que rappeler un simple souvenir historique ; il indique non-seulement un surnom donné à Jésus, mais une fonction remplie légitimement par le Sauveur. — Christus nous vient, comme l’on sait, directement du grec Χριστός et Χριστός, de χρίω, oindre, est à son tour la traduction littérale de l’hébreu משיח, maschiach, « unctus » : Christ et Messie sont donc des appellations absolument identiques. Approprié d’abord tantôt aux prêtres et aux rois, qui étaient consacrés par de saintes onctions, tantôt aux prophètes, qui recevaient l’onction d’une manière figurée, ce nom fut plus tard exclusivement réservé au Libérateur promis, qui devint ainsi par antonomase le Messie. Christ est donc une dénomination de fonction et d’emploi, une sorte de « cognomen » ; mais pour Jésus comme pour plusieurs hommes illustres, le « cognomen » ne tarda pas à être aussi usité que le « nomen », et il fut employé à part à la façon d’un vrai nom propre (cf. Simon Pierre, Jean Marc, Tullius Cicéron, etc.). L’auteur des Actes des Apôtres et saint Paul écrivent déjà simplement « le Christ ».



[176] Gn 49.10 ; cf. He 7.14.