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c. Guérison du serviteur d’un centurion, viii.5-13.
Parall. Lc 7.1-10.

« Ce récit, dit Olshausen in h.l., est une des perles nombreuses dont l’histoire évangélique est ornée ». Saint Luc, qui l’a également inséré dans sa biographie de Jésus, le place aussitôt après le Sermon sur la Montagne, ce qui ne fait pas une grande différence. Il existe entre les deux narrateurs des divergences plus notables, qui ont d’une part fait crier à la contradiction dans le camp rationaliste, d’autre part fait croire à la distinction des événements. Mais c’est bien un seul et même trait que racontent saint Matthieu et saint Luc, et ils le racontent bien de la même manière ; seulement saint Luc donne des détails plus complets, tandis que saint Matthieu abrège et résume à sa façon accoutumée, se bornant aux indications nécessaires, pour aller droit à ce qui entrait davantage dans son plan christologique. »

Lorsque Jésus fut entré dans Capharnaûm, un centurion s'approcha de Lui, Le priant,

Cum autem introisset Capharnaum, accessit ad eum centurio, rogans eum,

Είσελθόντι δὲ τω̣̃ 'Iησου̃ είς Καπερναούμ, προση̃λθεν αύτω̣̃ έκατόνταρχος παρακαλω̃ν αύτὸν

8.5.Quum… introisset Capharnaum. Cette ville fut le théâtre du miracle ; Jésus y rentrait après son grand discours de Kouroûn-al-Hattîn. — Accessit ad eum. Suivant saint Luc, le centurion semble n’être pas venu en personne auprès de Notre-Seigneur et ne lui avoir pas adressé une seule fois directement la parole ; il se contenta de lui envoyer deux députations successives qui lui présentèrent sa requête. Les Manichéens, gênés dans leurs doctrines par la pensée du ℣. 11, profitaient déjà de cette contradiction apparente pour nier la véracité du fait tout entier. Saint Augustin leur montre avec esprit l’injustice dont ils se rendaient volontairement coupables. Comme si, dit-il, un narrateur qui mentionne certain détail contredisait un autre narrateur qui l’omet ! comme si celui qui attribue un acte à une personne contredisait un autre narrateur plus exact qui affirme qu’elle l’a opéré par un intermédiaire ! N’est-ce pas ainsi qu’agissent tous les historiens ? N’est-ce pas ainsi que l’on parle à chaque instant dans la vie privée ? « Quid ergo, quum legimus, obliviscimur quemadmodum loqui soleamus ? An scriptura Dei aliter nobiscum fuerat quam nostro more locutura ? » Contr. Faust, xxxiii, 7-8 ; cf. de Cons. Evang. ii, 20. Cette réponse n’a rien perdu de sa valeur. Saint Matthieu se conduit donc en cet endroit d’après l’axiôme juridique : « Qui per alium facit, perse ipsum facere censetur ». On peut du reste concilier plus parfaitement encore les deux écrits en admettant avec saint Jean Chrysostôme que le centurion vint lui-même auprès de Jésus à la suite de ses délégués. — Centurio, έκατόνταρχος. Un centurion, dans l’armée romaine, était un officier qui commandait à une compagnie de cent soldats, ainsi que son nom l’indique. On sait qu’à Rome l’armée se composait d’un certain nombre de légions ; chaque légion se divisait en dix cohortes, la cohorte en trois maniples, le maniple en deux centuries, ce qui faisait 60 centuries ou 6000 hommes par légion. Il est remarquable que tous les centurions qui figurent dans le Nouveau Testament sont mentionnés d’une manière três honorable : ce sont, outre le nôtre, le centurion du Calvaire, Mt 27.64, le centurion Corneille baptisé par saint Pierre, Ac 10, et le centurion Jules qui traita saint Paul avec bonté, Ac 27.3-43. Dans tous les temps et chez tous les peuples, alors même que tous les grands principes avaient sombré, on a retrouvé dans les armées quelques débris des vertus morales et religieuses. — Le héros de ce récit était en garnison à Capharnaüm : il était donc au service du tétrarque Hérode Antipas, dont l’armée avait été organisée d’après le système romain et se composait en majeure partie de soldats étrangers. Né dans le paganisme, ainsi que nous l’apprend très clairement le ℣. 10, il avait senti, comme tant d’autres, le vide et la fausseté de sa religion ; son séjour en Palestine lui avait permis d’étudier de près le Judaïsme qui à cette époque intéressait si vivement, quoique à divers titres, le monde grec et romain. Il s’y était attaché au point de faire bâtir à ses frais une synagogue à Capharnaüm, cf. Lc 7.5 ; peut-être même avait-il été admis au nombre des prosélytes, ces hommes, païens par la race, à demi Juifs par les croyances et les pratiques religieuses, que Dieu se préparait en grand nombre chez les Grecs et les Romains, pour en faire des anneaux de communication entre le Mosaïsme et le Paganisme. C’était dans tous les cas une âme noble et généreuse. Il est évident qu’il avait entendu parler de Jésus, de ses prodiges, des espérances que l’on commençait à fonder sur lui : il avait même pu l’apercevoir dans les rues de Capharnaüm, assister à quelqu’une de ses prédications. Cela avait suffi pour lui faire concevoir une haute idée de son pouvoir ; aussi est-ce à lui qu’il pense immédiatement, dès qu’il a besoin d’un secours.

et disant : Seigneur, mon serviteur est couché dans ma maison, atteint de paralysie, et il souffre extrêmement.

et dicens : Domine, puer meus jacet in domo paralyticus, et male torquetur.

καὶ λέγων, Κύριε ό παι̃ς μου βέβληται έν τη̣̃ οίκία̣ παραλυτικός, δεινω̃ς βασανιζόμενος

8.6.Puer meus, c’est à-dire « servus meus », d’après le ℣. 9 et d’après Lc 7.2. καλου̃νται παιδες όι δου̃λοι παρὰ τοι̃ς άττικοι̃ς, κά̃ν ώ̃σι πρεσϐύτεροι, Pollux. iii, 8 ; de même chez les Latins, de même chez les Hébreux qui disent souvent נער pour עבד. C’était, selon saint Luc, un excellent serviteur auquel le centurion tenait beaucoup. Cicéron s’excusait d’éprouver un profond chagrin par suite de la mort d’un esclave fidèle, tant les maîtres avaient alors à cœur de manifester leur antipathie pour ces êtres infortunés : là condescendance ouverte du centurion pour son serviteur dénote donc la bonté de son caractère. — Jacet paralyticus. Le grec βέϐληται, peut signifier « jacet » ou « percussus est » ; nous disons de même dans ce second sens : Il a été frappé de paralysie. « Jacet » indique l’impuissance totale du malade. Le médecin Corn. Celsus, contemporain de Notre-Seigneur Jésus Christ, fait dans ses œuvres, iii, 27, la réflexion suivante sur l’emploi de l’expression Paralysie au temps où il vivait : « La cessation de l’activité des nerfs est une maladie fort répandue. Quelquefois elle attaque tout le corps, souvent aussi elle n’en atteint qu’une partie. Les anciens écrivains nommaient le premier cas apoplexie, άποπληξία, et le scond paralysie, παράλυσις ; mais je m’aperçois qu’aujourd’hui on emploie dans les deux cas le nom de paralysie. Ordinairement, ceux qui souffrent d’une paralysie universelle sont emportés d’une manière rapide ; sinon, ils peuvent bien vivre quelque temps encore, mais ils recouvrent rarement la santé et traînent presque toujours une existence misérable. Pour ceux qui ne sont que partiellement atteints, leur mal n’est jamais bien violent, il est vrai, mais il est souvent très long et incurable ». Les mots male torquetur ajoutés par saint Matthieu et l’observation de saint Luc : « erat moriturus », semblent indiquer, d’après cela, que le serviteur du centurion avait été récemment frappé d’apoplexie.-->

Jésus lui dit : J'irai et je le guérirai.

Et ait illi Jesus : Ego veniam, et curabo eum.

καὶ λέγει αύτω̣̃ ό 'Iησου̃ς, 'Eγὼ έλθὼν θεραπεύσω αύτόν

8.7.Ego veniam… Le besoin est pressant et réclame un prompt secours ; Jésus offre sans délai ses services et, suivant saint Luc, se dirige immédiatement vers la maison du centurion. C’est la seule fois qu’il fait de lui-même des avances pour guérir un malade et il les fait pour un pauvre serviteur ! Les anciens interprètes ont remarqué qu’il n’y eut rien de semblable pour le fils de l’officier royal, cf. Jn 4.50, bien qu’il ait été pareillement guéri à distance. Quand la foi était très vive, comme il arriva dans la circontance présente, Jésus ne la mettait pas à l’épreuve.

Mais le centurion répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.

Et respondens centurio, ait : Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum dic verbo, et sanabitur puer meus.

καὶ άποκριθεὶς ό έκατόνταρχος έφη, Κύριε ούκ είμὶ ίκανὸς ίνα μου ύπὸ τὴν στέγην είσέλθη̣ς άλλὰ μόνον είπὲ λόγον, καὶ ίαθήσεται ό παι̃ς μου

8.8.Et respondens… Ce furent les amis personnels du centurion, envoyés par lui à Jésus au moment où le divin Maître approchait de sa maison, qui portèrent cette réponse admirable. — Domine, non sum dignus. Sentiment d’une profonde humilité. Lui païen, lui pécheur, il ne se croit pas digne de recevoir une telle visite ; la démarche de Jésus le remplit d’une sainte frayeur. Dans le texte grec le pronom μου place en avant exprime très bien la pensée qui le domine et le contraste qui l’épouvante. D’ailleurs, continue-t-il, outre que j’en suis indigné, cela n’est point du tout nécessaire. — Sed tantum die verbo et… C’est le sentiment d’une foi vive, toute spirituelle, qui lui fait tenir un tel langage. « Die », hébraïsme pour signifier « Impera » ; « verbo », par une parole, en grec λογω̣̃ au datif instrumental. La Recepta porte λόγον, mais les meilleurs autorités sont contre elle. — Le centurion a mérité que sa belle réponse, insérée dans les prières liturgiques, fût répétée chaque jour au Saint Sacrifice avant la communion du prêtre et des fidèles.

Car moi, qui suis un homme soumis à la puissance d'un autre, ayant sous moi des soldats, je dis à l'un : Va, et il va ; et à l'autre : Viens, et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela, et il le fait.

Nam et ego homo sum sub potestate constitutus, habens sub me milites, et dico huic : Vade, et vadit : et alii : Veni, et venit : et servo meo : Fac hoc, et facit.

καὶ γὰρ έγὼ άνθρωπός είμι ύπὸ έξουσίαν έχων ύπ' έμαυτὸν στρατιώτας καὶ λέγω τούτω̣, Πορεύθητι, καὶ πορεύεται, καὶ άλλω̣. ̋Eρχου, καὶ έρχεται, καὶ τω̣̃ δούλω̣ μου, Ποίησον του̃το, καὶ ποιει̃

8.9.Nam et ego… Aux paroles qui précèdent il ajoute, pour prouver qu’un seul mot de Jésus, prononcé à distance, peut produire l’heureux effet qu’il désire, un raisonnement tout militaire qui donne à cette scène un cachet parfait d’authenticité. « Sapientia fidelis ex ruditate militari pulchre elucens », Bengel. — Sub potestate constitutus. Beau trait d’humilité que saint Bernard relève dans les termes suivants : « O prudens et vere corde humilis animal ! dicturus quod prælatus esset militibus, repressit extollentiam confessione subjectionis ; imo præmisit subjectionem », Epist. cccxcii. Le centurion argumente « a minori ad majus ». Moi, je ne suis qu’un officier subalterne, et pourtant ma parole est toute-puissante sur mes subordonnés ; elle produit des merveilles d’obéissance : à plus forte raison la vôtre, puisque vous étes l’« Imperator spiritualis », le vrai Général en chef du toutes les armées célestes. Il compare ainsi la situation de Jésus-Christ, par rapport au monde inviible et aux forces mytérieuses de la nature, à sa propre situation. Les maladies sont des soldats qui doivent obéir au commandement du Chef suprême. Peut-être son imagination, encore imbue de superstitions païennes, les lui représentait-elle sous la forme de mauvais génips qui devaient s’enfuir au plus vite sur un mot du Sauveur. Quoi qu’il en soit, il a parfaitement démontré que la présence personnelle du divin Médecin n’est pas indispensable.

En l'entendant, Jésus fut dans l'admiration, et dit à ceux qui Le suivaient : En vérité, Je vous le dis, je n'ai pas trouvé une si grande foi dans Israël.

Audiens autem Jesus miratus est, et sequentibus se dixit : Amen dico vobis, non inveni tantam fidem in Israël.

άκούσας δὲ ό 'Iησου̃ς έθαύμασεν καὶ εί̃πεν τοι̃ς άκολουθου̃σιν Άμὴν λέγω ύμι̃ν ούδὲ έν τω̣̃ 'Iσραὴλ τοσαύτην πίστιν εύ̃ρον

8.10.Audiens autem Jesus miratus est. Jésus s’étonne ! Les Évangiles ne mentionnent qu’à deux reprises, ici et Mc 6.6, à propos de l’incrédulité des habitants de Nazareth, ce genre d’émotion dans l âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dans ce que nous venons de lire il y avait un tel mélange de foi et d’humilité, que le Sauveur lui-même éprouve un sentiment d’admiration. Et cependant le « nil mirari » est une règle de la perfection divine ; mais Jésus est homme en même temps qu’il est Dieu, et il peut s’étonner sans préjudice de sa science universelle, de même qu’un astronome contemple avec admiration une éclipse qu’il a depuis longtemps prévue et prophétisée, cf. Thomas d’Aquin, Summ. Theol. 3 p. q. 15, a. 18. — La foi du Centenier méritait un éloge public et une récompense : Jésus lui accorde successivement ces deux choses. Nous trouvons l’éloge dans la seconde partie du ℣. 10 : Et sequentibus se dixit… Non inveni. Notre-Seigneur y rattache un grave avertissement pour les Juifs. — In Israel, dans le grec ούδὲ έν τω̣̃ 'Iσραὴλ, « ne in Israel quidem ». Les Israélites devaient être excellemment le peuple de la foi au Messie. Comme nation privilégiée, ils n’existaient qu’en vue du Christ ; leur histoire, leurs institutions théocratiques étaient, et dans l’ensemble et dans le détail, une perpétuelle préparation au Christ ; le Christ devait être un des leurs même selon la chair, et voici qu’un païen les devance !

Aussi Je vous dis que beaucoup viendront de l'orient et de l'occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des Cieux ;

Dico autem vobis, quod multi ab oriente et occidente venient, et recumbent cum Abraham, et Isaac, et Jacob in regno cælorum :

λέγω δὲ ύμι̃ν ότι πολλοὶ άπὸ άνατολω̃ν καὶ δυσμω̃ν ήξουσιν καὶ άνακλιθήσονται μετὰ Άβραὰμ καὶ 'Iσαὰκ καὶ 'Iακὼβ έν τη̣̃ βασιλεία̣ τω̃ν ούρανω̃ν

8.11. — Mais ce n’est pas tout. En ce moment, le centurion apparaît à Jésus comme le représentant de ces nombreux convertis du paganisme qui ont cru et qui croiront encore en Lui. Élargissant sa pensée, il passe du particulier au général et affirme que ce capitaine sera suivi par toute une armée de soldats animés du même esprit, multi… venient. Au lieu de ce vague « multi », Jésus aurait pu dire « ethnici », mais sa délicatesse veut adoucir le coup porté à ses concitoyens ̋Iνα μὴ πλήξη̣ τοὺς 'Iουδαίους· άλλὰ συνεακιασμένως εί̃πεν· Άπὸ άνατολω̃ν κ. τ. λ., Théophylacte. — Ab Oriente et Occidente : expression hébraïque, qui désigne tous les peuples du globe, sans distinction de nationalité ; « posuit enim duas remotissimas partes pro omnibus », dit Maldonat d’après saint Augustin. — Et recumbent, άνακλιθήσονται. Ces verbes signifient être assis, ou plutôt être couché à table, suivant la mode orientale. Jésus-Christ, à la suite d’Isaïe, Is 35.6, et des Rabbins, aime à représenter le royaume du ciel sous la figure riante d’un festin auquel il invitera ses fidèles disciples, de même qu’un père de famille réunit ses enfants autour de sa table ; cf. Lc 14.7 ; Mt 22.1 et ss. ; 26.29. Rien ne saurait mieux dépeindre en effet les délices, la sécurité éternelle et la communion intime des élus. — Les païens, invités par masses à ce royal banquet, auront l’honneur d’en goûter la suavité dans la sainte compagnie des ancêtres les plus illustres des Juifs, cum Abraham et Isaac et Jacob, bien qu’ils ne soient que les fils spirituels de ces grands patriarches. « Est notanda emphasis in hoc verbo, quasi diceretur : Omnes Judæi tam sanctos so existimant, ut cum extraneo nolint cibum capere ; at multi extranei cum ipsorum majoribus, quorum nomina Judæi solent jactare, cibum capient, ipsis Judæis exclusis », Grotius, Annotat. in h.l.

mais les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents.

filii autem regni ejicientur in tenebras exteriores : ibi erit fletus et stridor dentium.

οί δὲ υίοὶ τη̃ς βασιλείας έκβληθήσονται είς τὸ σκότος τὸ έξώτερον· έκει̃ έσται ό κλαυθμὸς καὶ ό βρυγμὸς τω̃ν όδόντων

8.12. — Car les Juifs en seront exclus, du moins pour la plupart ; Jésus-Christ l’annonce clairement, en continuant la métaphore qu’il a commencée. — Filii autem regni est une façon de parler tout hébraïque dont on rencontre maints exemples dans le Nouveau Testament. Cf. Ep 2.2 ; 5.8 ; Jn 17.12 ; 2Th 2.3 ; 1Pi 1.14 ; 2Pi 2.14, etc. Les fils du royaume ne sont autres que les héritiers présomptifs auxquels ils est destiné. Cette expression désigne ici les Juifs qui, nous l’avons vu, étaient appelés les premiers par Dieu à la participation du royaume messianique. Fils de la théocratie qui était le royaume typique, ils devaient l’être aussi du royaume réel et figuré. — Ejicientur, contrairement à ce qui avait été tracé tout d’abord dans le plan divin, cf. Rm 9.25 ; mais Israël n’a pas le droit de se plaindre de ce changement de destinées qui mettait les Gentils à sa propre place ; toute la faute en retombe sur lui. « In oliva non inveni quod inveni in oleastro. Ergo oliva superbiens præcidatur ; oleaster humilis inseratur. Vide inserentem, vide præcidentem », saint Augustin, in Joan. Tract., xvi, ad fin. ; cf. Mt 21.43. — In tenebras exteriores, c’est à-dire, « quæ extra regnum Dei sunt ». Alors comme de nos jours, les grands repas avaient ordinairement lieu le soir et la salle du festin était splendidement éclairée ; mais au dehors, dans la rue, régnaient les ténèbres les plus complètes. Jésus-Christ veut donc exprimer par cette image l’expulsion des Juifs de son royaume. — Ibi erit fletus et stridor dentium : symbole du désespoir, de la violente douleur auxquels seront en proie les malheureux qui n’auront pas été invités aux noces éternelles de l’Agneau. — Combien les compatriotes du Sauveur pensaient différemment ! « In mundo futuro, dixit Deus, mensam ingentem vobis sternam, quod Gentiles videbunt et pudefient », Tanchum. ap. Schœttgen, Horæ in h.l. Et voici que le contraire aura lieu !

Alors Jésus dit au centurion : Va, et qu'il te soit fait selon que tu as cru. Et le serviteur fut guéri à l'heure même.

Et dixit Jesus centurioni : Vade, et sicut credidisti, fiat tibi. Et sanatus est puer in illa hora.

καὶ εί̃πεν ό 'Iησου̃ς τω̣̃ έκατοντάρχω̣, 'Yπαγε καὶ ώς έπίστευσας γενηθήτω σοι καὶ ίάθη ό παι̃ς αύτου̃ έν τη̣̃ ώρα̣ έκείνη̣

8.13.Et dixit Jesus… Vade… Digne récompense de la foi du centurion. « Oleum misericordiæ (Jesus) in vase fiduciæ ponit », saint Bernard, Serm. iii de Anima. — Fiat tibi. Devant ce « fiat » auquel rien ne résiste, la maladie s’enfuit aussitôt, et à l’instant même où il était prononcé, in illa hora, le serviteur est rendu complètement à la santé.

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