Mais, lorsqu'ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous direz ; car ce que vous devrez dire vous sera donné à l'heure même.
Cum autem tradent vos, nolite cogitare quomodo, aut quid loquamini : dabitur enim vobis in illa hora, quid loquamini :
όταν δὲ παραδιδω̃σιν ύμα̃ς μὴ μεριμνήσητε πω̃ς ή τί λαλήσητε· δοθήσεται γὰρ ύμι̃ν έν έκείνη̣ τη̣̃ ώρα̣ τί λαλήσετε
10.19. — Après avoir commenté la première partie de sa recommandation du ℣. 16, Jésus-Christ interprète la seconde de la même manière, montrant comment à la prudence du serpent il faut savoir unir la simplicité de la colombe. — Quum autem tradent vos ; quand ils seront livrés soit aux Juifs, soit aux païens, ainsi qu’il a été dit dans les deux versets qui précèdent. — Nolite cogitare… Le prisonnier, dans la solitude de sa cellule, pense naturellement et volontiers aux moyens oratoires qu’il emploiera pour défendre sa cause, lorsqu’il devra comparaître devant ses juges. Quels arguments présentera-t-il ? Sous quelle forme les fera-t-il valoir ? — Quomodo aut quid, telles sont bien ses deux préoccupations principales. Des hommes du peuple, cités devant les grands et les puissants de ce monde, devaient plus que personne se sentir agités par ce genre de pensées. Jésus met ses Apôtres en garde contre ces sollicitudes terrestres. Cependant, comme le fait observer Maldonat, « non docet esse negligentes, sed nimis timidos et sollicitos esse prohibet. Quod græcum verbum declarat μεριμνήσητε ». μεριμνα̃ν désigne en effet une réflexion anxieuse ; pleine d’inquiétudes. — Dabitur enim vobis. Motif du calme profond, de la simplicité parfaite qu’ils doivent conserver durant ces heures difficiles : leur cause est celle du Christ, la cause du Christ est celle de Dieu ; Dieu se chargera donc d’être lui-même leur avocat et de leur suggérer des plaidoieries plus éloquentes et plus efficaces que celles qu’ils auraient pu composer en ce temps d’angoisse. Rien ne vaut la simple et vigoureuse parole de la foi, inspirée par l’Esprit d’en haut.
En effet, ce n'est pas vous qui parlez, mais c'est l'Esprit de votre Père qui parle en vous.
non enim vos estis qui loquimini, sed Spiritus Patris vestri, qui loquitur in vobis.
ού γὰρ ύμει̃ς έστε οί λαλου̃ντες άλλὰ τὸ πνευ̃μα του̃ πατρὸς ύμω̃ν τὸ λαλου̃ν έν ύμι̃ν
10.20. — Non enim… sed ; nous avons déjà rencontré cette locution orientale, dont il ne faut pas urger la signification ; cf. Mt 9.13. Elle n’est pas aussi absolue qu’elle le parait et indique seulement, dans la plupart des cas, la subordination d’une chose à une autre. Ici elle équivaut à « non tam… quam », L’Esprit-Saint sera donc l’agent principal ; les Apôtres lui serviront d’organes, mais leur rôle ne sera pas purement passif ; cf. Lc 12.12. Les discours de saint Étienne et de saint Paul, conservés dans le livre des Actes, pourraient servir de commentaire vivant à cette promesse du divin Maître. Cf. Lc 21.15.