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11° Cinquième parabole du royaume des cieux : le trésor caché, ℣. 44.

Le royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache, et dans sa joie il va, vend tout ce qu'il a, et achète ce champ.

Simile est regnum cælorum thesauro abscondito in agro : quem qui invenit homo, abscondit, et præ gaudio illius vadit, et vendit universa quæ habet, et emit agrum illum.

Πάλιν ʻOμοία έστὶν ή βασιλεία τω̃ν ούρανω̃ν θησαυρω̣̃ κεκρυμμένω̣ έν τω̣̃ άγρω̣̃ ὸν εύρὼν άνθρωπος έκρυψεν καὶ άπὸ τη̃ς χαρα̃ς αύτου̃ ύπάγει καὶ πάντα όσα έχει πωλει̃ καὶ άγοράζει τὸν άγρὸν έκει̃νον

13.44.Simile est regnum cœlorum. Ainsi qu’on l’a indiqué plus haut (voir la note du ℣. 33) la cinquième et la sixième paraboles sont associées pour exprimer une même idée, comme l’avaient été la troisième et la quatrième. Plus haut, Jésus s’était propose de décrire la force, l’efficacité du royaume des cieux ; maintenant il en veut décrire le prix et la valeur. Là, le royaume messianique nous avait été présenté en lui-même et objectivement ; ici nous le voyons davantage au subjectif, et nous apprenons ce que nous devons faire pour nous l’approprier. La cinquième parabole, de même que les deux suivantes, semble n’avoir été prononcée que devant le cercle intime des disciples ; Cf. ℣. 36. On ne les trouve que dans le premier Évangile. — Thesauro : il faut conserver à ce mot son acception générale et populaire. Il est défini en ce sens par le jurisconsulte Paulus : « Thesaurus est tam vetus depositio pecuniæ, ut ejus non exstet memoria et jam dominum non habeat ». Il s’agit donc en ce passage d’un vrai trésor d’or ou d’argent et non, comme le veut Schœttgen, d’une « frumenti copia in agro defossa », ce qui n’est pas naturel. — Abscondito in agro. L’Oriental, au caractère soupçonneux, a toujours aimé à enfouir ses objets les plus précieux, supposant que c’était le meilleur moyen de les mettre en sûreté. Ce que faisaient sous ce rapport les habitants de la Palestine, cf. Jr 41.8 ; Jb 3.21 ; Pr 2.4, leurs successeurs le font encore aujourd’hui pour soustraire leurs richesses aux atteintes des Arabes maraudeurs. Aussi, les fouilles pratiquées en divers lieux de la Terre Sainte par les voyageurs européens dans l’intérêt de la science présentent-elles souvent de grandes difficultés, parce que les indigènes supposent toujours qu’elles sont motivées par la recherche de quelque trésor. — Abscondit. Après son heureuse découverte, l’heureux homme dont parle Jésus-Christ s’empresse de confier de nouveau à la terre les richesses qu’il a trouvées : c’est une précaution jalouse pour s’en assurer l’entière possession, comme on le voit par le contexte. — Præ gaudio illius, scil. « thesauri » ; c’est le génitif de l’objet. On pourrait le traduire ainsi : Par suite de la joie que lui avait causée cette trouvaille inespérée. — Vendit universa…, il s’appauvrit momentanément pour s’enrichir à tout jamais. Il lui faut une somme dont il puisse disposer immédiatement, et, pour se la procurer, il n’hésite pas à vendre tout ce qu’il possède : peut-être perdra-t-il d’abord quelque chose, mais il sait qu’il y aura bientôt pour lui une ample compensation. — Et emit agrum illum, et en même temps le précieux trésor dont il jouira sa vie durant. Jésus n’apprécie pas la moralité de cette conduite ; il se borne à mentionner un exemple, qu’il propose à tous d’imiter en ce qui concerne l’acquisition du royaume des cieux. Du reste, d’après la coutume juive de cette époque, confirmée par renseignement des Rabbins, chacun était censé le propriétaire absolu de tout ce qu’il trouvait dans ses biens meubles ou immeubles : « Si quis fructus emerit a proximo, et in illis invenerit nummos, ecce ipsius sunt », Bav. Mez. ii, 4. « Rabbi Emi (c’était son nom) invenit urnam denariorum… Agrum ergo emit ut pleno jure thesaurum possideret », ibid. f. 28, 2. Aussi, dans les contrats de vente, pour prévenir toute cause de discussion et de litige, avait-on l’habitude d’insérer la formule suivante : « J’achète cet objet avec tout ce qui est dessus ou dedans ». D’après le droit romain, les trésors découverts par le propriétaire d’un immeuble lui appartenaient en entier : trouvés sur le bien à un autre, ils devaient être partagés avec le propriétaire. — La morale de cette parabole est bien claire ; le trésor, c’est la foi, l’Évangile, la vérité chrétienne ; quand Dieu daigne nous le faire rencontrer, nous devons, aussitôt nous efforcer de l’acquérir au prix des plus grands sacrifices, sans hésiter à nous dépouiller de tout, s’il le faut, pour en faire notre possession privée.

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