Évangile du dimanche 28 du temps ordinaire (cycle A) et son commentaire
Évangile (Mt 22, 1-14)
En ce temps-là,
Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens, et il leur dit en paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.’
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
Il lui dit :
‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’
L’autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’
Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »
Commentaire
Dans cette parabole, Jésus nous parle d'un roi qui invite de nombreux convives au banquet de noces de son fils où, étonnamment, aucun des invités ne se rend. Tous se trouvent des excuses, et finalement, personne ne vient.
« Ils disent qu’ils ont autre chose à faire ; certains font même preuve d’indifférence, de détachement, voire d’irritation. Dieu est bon envers nous, il nous offre gratuitement son amitié, il nous offre gratuitement sa joie, son salut, mais souvent, nous n’accueillons pas ses dons, nous plaçons au premier plan nos préoccupations matérielles, nos intérêts et même quand le Seigneur nous appelle, souvent, il semble qu’il nous dérange », nous dit le Pape François (Pape François, Angélus 12 octobre 2014).
Dieu connaît des refus et des rejets de la part de ceux à qui il offre ses dons. Mais son amour ne connaît pas le découragement. C'est pourquoi, il envoie ses serviteurs sur tous les chemins et invite au banquet tous ceux qui viennent à lui, bons et mauvais sans distinction. Il est frappant de constater que même les mauvais sont invités. Le Seigneur n'exclut personne de son appel. L'invitation, qui avait été rejetée par certains, trouve un bon accueil chez d'autres qui ne faisaient pas partie de son cercle de connaissances auparavant, des personnes avec qui il n'avait aucune relation. Hommes et femmes, de toute culture et condition, même si nous ne prions pas ou que nous n’avons pas de relations avec Dieu, nous sommes tous appelés à la sainteté, à partager la gloire du ciel. Personne n'est exclu.
« Tous les fidèles connaissent les noces et le festin du fils du Roi », disait Saint Augustin en commentant ce passage de l'Évangile. « On sait aussi que cette table divine est dressée pour quiconque est de bonne volonté. Mais si rien n'empêche d'en approcher, il faut faire grande attention aux dispositions qu'on y apporte » (St. Augustin, Sermon 90, n. 1).
L'invitation généreuse de Dieu, représenté par un roi, à participer à la gloire céleste, est symbolisée par la fête du mariage. Elle est gratuite et universelle.
Or, l'Évangile dit que « le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce » (v. 11). Ceux qui étaient là avaient été invités, comme tous les hommes sont invités au salut. La porte est ouverte pour tous ceux qui veulent entrer, mais avant de jouir de la gloire, il y aura un jugement. Le juge suprême, qui est capable de voir au plus profond des cœurs, appréciera ce qui se trouve dans la vie de chacun. "Jésus a annoncé dans sa prédication le Jugement du dernier jour », rappelle le Catéchisme de l'Église catholique. « Alors, seront mis en lumière la conduite de chacun et le secret des cœurs. Alors sera condamnée l'incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu. L'attitude par rapport au prochain révélera l’accueil ou le refus de la grâce et de l'amour divin (...). Le Fils n'est pas venu pour juger, mais pour sauver et pour donner la vie qui est en lui. C'est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge déjà lui-même, reçoit selon ses œuvres et peut même se damner pour l'éternité en refusant l'Esprit d'amour » (Catéchisme de l'Église catholique, nn. 678-679).
Seuls ceux qui sont dignement disposés peuvent s'asseoir à la table.
Dans la parabole de Jésus, il est clair que, quel que soit notre passé, il est indispensable de porter le vêtement de noces, c'est-à-dire d’avoir une âme pure et un cœur repentant, d’adopter un style de vie qui soit un témoignage de charité envers Dieu et le prochain. Jésus invite tout le monde à sa table, mais il exige le respect pour s'en approcher. C'est pourquoi Saint Paul a rappelé aux chrétiens de Corinthe que, pour assister au banquet de l'Eucharistie, le sacrement où l'on annonce la gloire céleste, il leur faut en premier lieu examiner soigneusement leur conscience : "Que chacuns'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation" (1 Corinthiens 11, 28-29).
Même si nous nous sentons indignes, aujourd'hui est un bon jour pour purifier notre âme, embrasser l'amour et jouir de l'invitation que Jésus nous fait de participer au banquet céleste.
Évangile (Marc 10, 17-30)
En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda :
« Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit :
« Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements :
Ne commets pas de meurtre,
ne commets pas d’adultère,
ne commets pas de vol,
ne porte pas de faux témoignage,
ne fais de tort à personne,
honore ton père et ta mère. »
L’homme répondit :
« Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit :
« Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples :
« Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit:
« Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux :
« Mais alors, qui peut être sauvé ? " Jésus les regarde et dit:
« Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Commentaire
Le passage de l'Évangile qui nous est présenté dans la liturgie de ce dimanche est particulièrement émouvant. En quelques versets, nous rencontrons la quête désespérée du bonheur que tous les êtres humains partagent, cette soif de sens qui se cache dans chaque cœur et que nous aspirons à satisfaire par tous les moyens.
L'urgence de ce désir est visible dans le premier geste du jeune homme riche : il est venu à Jésus en courant. Il savait qu'il se trouvait devant une occasion unique de résoudre ses préoccupations les plus profondes et c'est pourquoi il ne veut pas laisser passer ce moment. Une course dans laquelle nous nous voyons tous impliqués. Puis il s'agenouilla devant le Seigneur, ajoutant à la hâte de son arrivée ce geste de ceux qui supplient.
Cependant, bien que ce jeune homme soit un reflet dans lequel nous pouvons tous nous voir représentés, nous pouvons cette fois nous concentrer plus spécifiquement sur l'attitude de Jésus, afin que ce soit son image qui éclaire la recherche dont nous avons parlé. En particulier, il est frappant et réconfortant de lire cette expression concise mais pleine de contenu que nous offre saint Marc : Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.
Malheureusement, beaucoup de gens pensent encore qu'il faut courir après le bonheur jusqu'à ce qu'on l'atteigne, et ils ne se rendent pas compte que nous n'avons pas à lui courir après : le bonheur est venu à nous, c'est le bonheur qui nous poursuit et qui attend simplement que nous nous convertissions et que nous nous laissions embrasser par lui. Parce que le bonheur s'est incarné et s'est fait Homme : "Le bonheur que vous cherchez, le bonheur que vous avez le droit de savourer, a un nom, un visage : celui de Jésus de Nazareth" (Benoît XVI, discours aux JMJ de Cologne, 18 août 2005).
Dieu nous aime tellement que nous avons parfois du mal à le croire. Mais les gestes du Christ dans ce passage de l'Évangile ne laissent pas de place au doute : ce sont les gestes d'un homme amoureux.
Le Seigneur n'est pas pressé avec nous : il a le temps de fixer son regard sur nous. Nous, par contre, nous nous occupons si souvent de Jésus avec précipitation, parce que nous sommes trop occupés à chercher le bonheur là où il ne se trouve pas.
Le Seigneur se plaît avec nous : à tel point que les témoins de cette scène reconnaissent dans son regard qu'il était captivé par ce jeune homme à la recherche de sens à sa vie. Le témoignage de la Sainte Écriture et des saints est unanime à cet égard : Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment parmi les fils des hommes, dit le livre des Proverbes (Cf. Proverbes 8, 31) ; et saint Josémaria n'hésite pas à affirmer que la Trinité est tombée amoureuse de l'homme. (Cf. Quand le Christ passe , n° 84)
Nous savons que le résultat de ce passage est triste. Le jeune homme est parti aussi vite qu'il était venu, dès que notre Seigneur lui a dit ce qu'il nous dit : " Donne-moi ton cœur, mon fils (Proverbes 23 : 26). Le bonheur est venu nous chercher : à nous de réaliser que "ce que l'on me demande est bien peu de chose en échange de tout ce que l’on me donné (Saint Josémaria, Sillon, n° 5). Que notre vie soit heureuse et éternelle comme celle des saints, ou qu'elle passe dans l'oubli comme ce jeune homme dont le nom n'a même pas été enregistré, cela dépendra de l'acceptation de l'appel de Jésus jusqu'au bout et sans crainte.
Évangile (Lc 11, 29-32)
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.
Commentaire
« Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe ». Ce que le Seigneur lui reproche, ce n'est pas de demander un signe. L'Ancien Testament est rempli de signes témoignant de la sollicitude de Dieu envers son peuple : le passage de la mer Rouge, les tables de la loi, l'arche de l'alliance, etc. Les signes sont bons. Si Jésus qualifie cette génération de perverse c’est parce que les hommes qui la composent ont le cœur endurci, parce qu’ils ne sont pas prêts à écouter, parce que l'orgueil les aveugle, parce qu'ils ne sont pas capables de Le reconnaître à travers les signes qu'il leur donne, le dernier étant l’expulsion du démon chez un homme muet (cf. Luc 11, 14-23).
C'est pourquoi il leur dit que seul le signe de Jonas leur sera donné. Jonas a été envoyé pour prêcher la conversion aux habitants de Ninive, la ville la plus importante de l'empire assyrien. Entré dans la ville, il la parcourut une journée à peine en proclamant : "Encore quarante jours et Ninive sera détruite" (Jonas 3:4). Les habitants de Ninive ont écouté le prophète Jonas : "Ils annoncèrent un jeûne et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac" (Jonas 3:5). Bien que loin de Dieu, ils avaient un cœur sensible prêt à s'ouvrir à Lui.
Jésus attend de nous que nous sachions écouter, que nous ayons un cœur ouvert à tout ce qui vient de Dieu. Que nous sachions l'écouter quand II nous parle, à travers une lecture, une autre personne ou une situation que nous vivons, etc. Dans le fond, que nous sachions découvrir quand Il s'adresse à nous pour nous guider sur le chemin de la vie vers la sainteté.
Nous pouvons nous appuyer sur la force de l'Esprit Saint qui, lorsqu'il trouve un cœur bien disposé, le consacre par ses dons et le conduit sur les chemins de Dieu.
Jésus nous demande de faire confiance et de vivre selon sa parole, à l’image de ce que fit la Vierge Marie. Juste avant cet épisode, l’Évangile nous rapportait en effet cette précieuse louange de Jésus à sa Mère : "Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent" (Luc 11 : 28). Ce fut l'attitude de la Vierge tout au long de sa vie. Une attitude que le pape Benoît XVI décrit magnifiquement : « Dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu » (Benoît XVI, Verbum domini 28).
Évangile (Lc 11,37-41)
En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi.
Jésus entra chez lui et prit place.
Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas.
Le Seigneur lui dit :
« Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?
Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »
Commentaire
Étonné des enseignements qu'il venait d'entendre, un pharisien eut l'audace d'inviter Jésus à déjeuner. Une invitation que Jésus ne put refuser. Alors même qu’une relation de confiance était en train de s’établir entre les deux hommes, Jésus ne se conforma pas à la tradition de purification des mains, car, comme il l'avait déjà dit à certains pharisiens et scribes, "manger sans se laver les mains ne rend pas l’homme impur" (Matthieu 15:20). Ce petit détail scandalisa le pharisien, transformant son admiration sincère pour le maître et la grandeur de sa doctrine en une critique sévère. À son tour, Jésus lui adresse un reproche, faisant écho à l’oracle du Seigneur, prononcé par le prophète : " Tu aurais beau te laver à la soude, y rajouter quantité de potasse, devant moi, ta faute reste incrustée " (Jérémie 2:22).
Combien de fois Jésus s'indigne devant l'hypocrisie, devant ce manque de cohérence dans le comportement de l'homme ! Surtout lorsque l'on fait beaucoup d'efforts pour soigner les apparences alors même que l’on néglige sa vie intérieure. Rupture de l'unité de la personne humaine, cette incohérence s’apparente à une sorte de schizophrénie, car "celui qui a fait l'extérieur n’a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?". Quel intérêt peut-il y avoir à garder un récipient propre uniquement à l'extérieur ? Personne ne voudrait y boire ou y manger, aussi propre soit-il à l'extérieur. Ce serait un récipient totalement inutile pour l'usage pour lequel le potier l'a construit. Jésus prend cette image pour nous avertir d'un terrible danger : le risque de voir coexister, au sein d’une seule et même personne, la méchanceté du cœur avec un bien purement apparent.
Dieu est celui qui nous a créés, à l’extérieur comme à l'intérieur, et Il veut vivre en nous, afin que nos actions reflètent cette vie intérieure. Ce n'est que du fond d'un cœur pur que peuvent naître les bonnes œuvres, dont l'aumône, qui "délivre de la mort et purifie de tout péché" (Tobie 12:9). Faisons donc nôtres les paroles du psalmiste : "Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit " (Psaume 50, 12)
Évangile (Lc 11, 42-46)
En ce temps-là, Jésus disait :
« Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu.
Ceci, il fallait l’observer, sans abandonner cela.
Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit :
« Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. »
Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt ».
Commentaire
L’Évangile de ce jour nous montre combien Jésus savait lire dans le cœur des personnes qui le suivaient ou faisaient son éloge, combien Il savait voir si ces dernières croyaient ou non vraiment en Lui. Dans toutes nos actions se trouvent une part visible pour les autres hommes, et une part invisible, une part cachée, constituée par les intentions et les désirs qui nous poussent à agir. Nous sommes donc tous capables de comprendre parfaitement les paroles de Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui. Nous ne pouvons pas considérer que ses paroles s'adressent à d'autres et pas à nous. Car même si nous avons de grands et nobles désirs, reconnaissons qu’il peut nous arriver d’agir simplement pour faire bonne figure aux yeux de ceux qui nous entourent.
Jésus parle de la justice et de l'amour de Dieu. Des mots simples et clairs mais qui se réfèrent en fait à des réalités très profondes. La justice de Dieu ne se réduit pas en effet à ce que nous entendons par justice. L'amour de Dieu n'est pas non plus semblable à notre amour, si fragile et si limité. Si Jésus reproche à ces "sages" de ne pas connaître la Loi, c’est parce qu’elle se fonde sur la justice et sur l'amour, deux dimensions que, précisément, ils ne vivaient pas.
Si seulement nos actes venaient toujours d'un cœur assoiffé de justice et plein de l’amour de Dieu ! Car seule les œuvres venant d’un cœur qui lutte pour être saint servent réellement la vie et transforment le monde. La justice de Dieu se traduit par la constance dans ses promesses, la persévérance dans son amour et la miséricorde éternelle. Le Seigneur nous encourage à être humbles ; à manifester ce que nous sommes et comment nous sommes, afin que nous puissions être guéris ; à aimer comme nous voudrions être aimés ; à ne pas exiger des autres quelque chose que nous sommes prêts à faire. L'orgueil et la prétention sont comme des murs qui repoussent la grâce. Il ne nous sert à rien de paraître irréprochables aux yeux des hommes si nous ne désirons et n'essayons pas vraiment de l'être. Car ce que regardera le Christ, qui doit nous juger un jour, c’est le fond de notre cœur.
Évangile (Lc 11, 47-54)
"Malheur à vous, qui bâtissez des tombeaux aux prophètes alors que ce sont vos pères qui les ont tués ! Vous servez donc de témoins et vous approuvez les œuvres de vos pères, car eux les ont tués et vous, vous leur bâtissez des tombeaux. C'est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils tueront plusieurs d'entre eux et en persécuteront d'autres, afin qu'il soit redemandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, tué entre l'autel et le sanctuaire. Oui, je vous le dis, il en sera redemandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes point entrés, et vous avez empêché ceux qui entraient !"
Quand Jésus fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une quantité de sujets, lui tendant des pièges pour surprendre quelque parole de sa bouche.
Commentaire
Malheur à vous, docteurs de la loi, car vous avez enlevé la clé de la sagesse !
Jésus confronte douloureusement les Pharisiens au terrible mal qu'ils engendrent en n'aidant pas leurs contemporains à reconnaître en Jésus le Messie, en leur fermant la porte au lieu de les laisser entrer. Ils se mettent à la place de Dieu en prétendant être les intendants de sa sagesse.
A l’opposé de cette attitude, Jésus nous dit : "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos." (Mt 11, 28).
Jésus offre le salut à tous et nous demande en retour la foi et l’humilité, pour voir la vérité et l’aimer.
Marcher avec le Seigneur consiste à s'efforcer d'être humble. Comme le disait Sainte Thérèse : "Je me demandais un jour pour quelle raison Notre Seigneur était si ami de la vertu d’humilité. Et, à un moment où je n’y pensais plus, ce me semble, il me vint tout à coup l’idée suivante : parce que Dieu est la suprême Vérité, et que l’humilité consiste à marcher selon la vérité » (Sainte Thérèse, Les Demeures, 6, 10).
L'humilité est nécessaire pour marcher avec le Seigneur. Alors que l'orgueil se referme sur lui-même et nous pousse à penser que nous sommes en possession de la vérité, l'humilité, elle, ouvre nos cœurs à la vérité en nous aidant à reconnaitre que nous ne savons pas tout. Marcher dans la vérité ouvre de vastes horizons. L'humilité nous aide à comprendre que nous sommes des instruments entre les mains de Dieu pour aider les autres sur le chemin de foi.
C'est ce que Jésus nous dit avec ces mots : « Vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient ». Jésus veut se servir de nous, de notre vie, de notre exemple, pour permettre aux autres de Le rencontrer à leur tour.
Cela m’a rappelé ces mots de saint Josémaria :
« Celui-ci est chrétien, parce qu'il n'a pas de haine, parce qu'il sait comprendre, parce qu'il n'est pas fanatique, parce qu'il domine ses instincts, parce qu'il se sacrifie, parce qu'il manifeste des sentiments de paix, et parce qu'il aime » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 122).
Des mots que l’on a retrouvés écrits sur le bureau d’une personne morte en bon chrétien, comme je l’ai lu récemment.
Comment éviter de s'emparer de la clé de la sagesse ? Comment être de bons transmetteurs de la grâce de Dieu ? En s’attachant à refléter le Christ dans chacune de nos actions.
L'Évangile (Lc 12, 1-7)
En ce temps-là, comme la foule s’était rassemblée par milliers au point qu’on s’écrasait, Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire :
« Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison
sera proclamé sur les toits. Je vous le dis, à vous mes amis :
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre. Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux.»
Commentaire
"Méfiez-vous du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie." Le Seigneur cherche des personnes qui luttent pour être cohérentes, qui essaient de vivre l'unité de vie.
La parole de Jésus nous rappelle la louange qu'il a faite à Nathanaël lorsque Philippe le lui a présenté : "Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui" (Jean 1:47)
Il nous aide, nous et tous ceux qui l'écoutent, à marcher face à Dieu : "Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé,
tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits".
Jésus attend de nous la simplicité de l'enfant qui se sait devant son père et qui n'a rien à craindre.
Comme l'écrivait saint Josémaria dans Chemin :
"Il faut se convaincre que Dieu est continuellement près de nous. — Nous vivons comme si le Seigneur était loin, là-haut, où brillent les étoiles, et nous ne voyons pas qu’il est aussi toujours à nos côtés.
Et il est là, comme un Père aimant. — Il aime chacun de nous plus que toutes les mères du monde ne peuvent aimer leurs enfants. — Il nous aide, nous inspire, nous bénit… et nous pardonne.
Que de fois n’avons-nous pas déridé nos parents, en leur disant, après une espièglerie : je ne le ferai plus ! — Peut-être le jour même sommes-nous retombés.
— Et notre père, avec une dureté feinte dans la voix et le visage sévère, nous a réprimandés…, alors même que son cœur était attendri ; il connaissait notre faiblesse, et pensait : pauvre enfant, comme il s’efforce de bien faire !
Il faut nous en pénétrer, nous en saturer : le Seigneur, qui est à la fois près de nous et dans les cieux, est un Père et vraiment un Père pour nous". (Saint Josémaria, Chemin n°267)
"Est-ce que l'on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Soyez sans crainte : vous valez plus qu'une multitude de moineaux".
Avec cette simplicité, nous devons marcher devant Dieu sans nous laisser tromper par le diable qui essaie de nous mener sur le chemin de l'hypocrisie, de la peur, de la dissimulation lorsque nous ne faisons pas bien les choses.
Évangile (Lc 12, 8-12)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
«Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas
de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »
Commentaire
Les paroles de Jésus que nous lisons dans l'Évangile du jour peuvent nous surprendre : " Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné ".
La parole du Seigneur est d'une grande profondeur et en même temps difficile à comprendre. Elle souligne toutefois que le Saint-Esprit est au cœur de tout. Comme l'enseigne le Catéchisme de l'Église catholique : "notre naissance à la vie divine nous est donnée dans l'Esprit Saint". (Catéchisme de l'Église catholique, 694)
Accueillir l'Esprit Saint, c'est accueillir la vie. Rejeter le Saint-Esprit, c'est rejeter la vie. L’idée ici n’est pas d’affirmer qu’il n’y a pas de pardon du Seigneur, mais bien de comprendre qu’en rejetant le Saint-Esprit, c’est le Salut que l’on rejette. Accepter le Saint-Esprit c’est donc accepter le Salut.
Comme l'a dit un jour saint Jean XXIII : "Oh, chacun des saints est un chef-d'œuvre de la grâce de l'Esprit Saint !" (Jean XXIII, Alloc. 5 juin 1960)
Faisons donc nôtre le conseil de saint Josémaria : "Dialogue assidûment avec le Saint Esprit, ce Grand Inconnu, c'est lui qui doit te sanctifier" (Saint Josémaria, Chemin n°57).
Il est, comme nous le dit Jésus, celui qui nous enseigne tout : " l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire ".
Le Paraclet nous guide dans la vie pour que nous puissions faire le plus grand bien possible. Car, comme l'enseigne saint Paul, "l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné" (Romains 5,5). La façon la plus habituelle d'agir est d'écouter ses inspirations, qui se font entendre dans l'intimité du cœur. Souvent, il s'agira de petites choses : une petite mortification, un sourire, bien finir un travail, etc. Ainsi, il nous guidera vers la plénitude de la vie chrétienne.
Évangile du 29e dimanche du temps ordinaire (cycle A) et son commentaire.
Évangile (Mt 22, 15-21)
En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Commentaire
Jésus résout magistralement le piège que ses ennemis lui tendent au sujet de l'impôt dû à César avec cette fameuse phrase "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" (v. 21). Par ses mots, le Seigneur a non seulement dissipé le piège qui lui était tendu, mais il a également posé les bases d'une juste distinction entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel et une action chrétienne cohérente au milieu du monde.
Au temps de Jésus, la Judée vivait une situation politique et religieuse dramatique. D'une part, toute la région était soumise à l'Empire romain. Du fait des nombreux conflits qui y sévissaient, la Judée avait besoin d'une présence militaire permanente placée sous la responsabilité d'un procureur, chargé de surveiller le peuple et de récolter les impôts, ce que faisaient les publicains. D'autre part, les Hérodiens préféraient la médiation d'une autorité locale qui collectait les impôts et donnait une partie de l'argent à Rome. De leur côté, les autorités religieuses devaient veiller à l'entretien du temple de Jérusalem, des cultes et des institutions.
À ce carrefour d'intérêts, le soi-disant hommage à César était donc un sujet de controverse assuré : qu'est-ce qui était juste dans cette situation difficile pour tout juif pieux ? Le denier était le salaire d'une journée de travail (cf. Matthieu 20, 2) et quelques deniers étaient ce que le bon samaritain avait laissé dans la parabole de Saint Luc pour les dépenses de l'aubergiste (Luc 10:35). Un denier équivalait à dix as, d'où son nom. Ce n'était pas une somme très élevée mais ce n’était pas non plus une somme négligeable non plus ; surtout, elle était destinée aux intérêts des Romains. Le dilemme semblait donc insurmontable : si Jésus encourageait à payer l'impôt, il apparaîtrait devant l'opinion publique comme un ami des païens et son prestige auprès du peuple pourrait s'effondrer. Si, en revanche, il encourageait le peuple à ne pas payer le tribut, on pourrait l'accuser d'exciter le peuple contre Rome.
Avec beaucoup de sagesse, Jésus nous invite à observer la pièce de monnaie et l'effigie de César frappée dessus. Saint Hilaire paraphrase ainsi la réponse de Jésus : "La monnaie de César est faite d'or, son image est gravée dessus ; la monnaie de Dieu c'est l'homme, sur lequel est gravée l'image de Dieu ; donnez donc vos richesses à César et gardez pour Dieu la conscience de votre innocence" (Saint Hilaire, in Matthaeum, 23).
Le pape François reprend cette idée en disant : " La référence à l’effigie de César, gravée sur la monnaie, dit qu’il est juste de se sentir à plein titre — avec des droits et des devoirs — citoyens de l’État ; mais symboliquement, cela fait penser à l’autre image qui est imprimée en tout homme : l’image de Dieu. Il est le Seigneur de tout, et nous, qui avons été créés « à son image», nous appartenons avant tout à Lui " (Pape François, Angelus, 22 octobre 2017).
La réponse de Jésus à cette question a été souvent reprise pour développer la doctrine sociale de l'Église, qui défend à la fois la société civile, avec ses droits et ses devoirs, et la société religieuse, avec les siens. Il s'agit de donner à César, l'autorité légitime, ce qui lui est dû en justice et, en même temps, de défendre les droits de l'Église, sans l'utiliser à son profit ni la mêler à des fins purement temporelles.
S'adressant aux chrétiens qui doivent se sanctifier au milieu du monde, saint Josémaria recommandait de vivre l'unité de vie, c'est-à-dire de combiner les devoirs civiques et les devoirs religieux sans envahir ni nier la sphère de l'un ou de l'autre. Il a dit : "Le dilemme, vous le voyez, n'est pas nouveau, et la réponse du Maître est claire et nette. Il n'y a pas, il n'existe pas, d'opposition entre le service de Dieu et le service des hommes ; entre l'exercice de nos devoirs et de nos droits civiques et celui de nos devoirs et de nos droits religieux ; entre l'effort pour construire et à perfectionner la cité temporelle et la certitude que nous traversons ce monde comme sur un chemin qui mène à la patrie céleste. [...] Le choix exclusif de Dieu que fait un chrétien en répondant pleinement à son appel, le pousse à tout orienter vers le Seigneur et, en même temps, à donner à son prochain ce qui lui revient en toute justice" (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n. 165).
Évangile (Lc 12, 13-21)
En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus :
« Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait :
“Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
Puis il se dit :
“Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
Mais Dieu lui dit :
“Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?”
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »
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Alors qu’on vient de lui demander de juger de la répartition d'un héritage, Jésus raconte la parabole de l'homme riche dont le but est d'accumuler des biens pour lui-même, en oubliant les besoins des autres.
Il est intéressant de voir comment Jésus touche le cœur des personnes. A partir d'une demande a priori sans importance, Jésus sait placer son interlocuteur face à son véritable problème : non pas tant ici l'héritage que la relation profonde qui l’unit à son frère. A quoi bon avoir tant de biens si l’on finit par se renfermer sur soi-même, satisfait de soi, incapable de voir son frère ?
Dans cette parabole, nous pouvons aussi nous identifier au personnage principal. Non pas pour notre richesse matérielle, mais pour notre grande richesse spirituelle. Nous sommes tous riches en énergie, en rêves, en espoirs, en initiatives, en talents, en capacités. Or la question que nous pose Jésus-Christ est radicale : que vas-tu faire de toutes ces richesses ? Vas-tu vivre pour toi-même, renfermé, satisfait de toi-même ?
Comme le souligne le pape François, "Il existe un mystère dans le fait de posséder la richesse ! Les richesses ont la capacité de séduire, nous faire croire que nous sommes dans un paradis terrestre. Au lieu de ça, ce paradis terrestre est un lieu "sans "horizon (...). Vivre sans horizon est une vie stérile, vivre sans espoir est une vie triste. L'attachement à la richesse nous donne de la tristesse et nous rend stérile. Je dis attachement, je ne dis pas bonne administration de la richesse, parce que les richesses sont pour le bien commun, pour tout le monde. Et si le Seigneur la donne à une personne, c'est pour qu'elle les emploie pour le bien de tous, pas seulement pour lui-même, de ne pas les enfermer dans son cœur car alors il devient corrompu et triste. La richesse sans la générosité nous fait croire que nous sommes puissants, comme Dieu. Mais, en fin de compte, elle nous enlève ce qu'il y a le meilleur, l'espérance" (Pape François, Homélie à Sainte Marthe, 25 mai 2015).
En compagnie de Jésus-Christ, nous commençons pauvres et nous finissons riches. Il nous donne son cœur pour nous intéresser aux préoccupations des autres, afin que nous puissions partager avec tous les nôtres, les dons qu'il nous a donnés, pour pouvoir être heureux et joyeux dans ce monde avec une grande âme.
Évangile (Lc 12, 35-38)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! »
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L'Évangile d'aujourd'hui recueille la première des paraboles dans lesquelles le Seigneur nous appelle à la vigilance. Il nous parle des serviteurs qui attendent leur maître à son retour des noces. Avoir la ceinture autour des reins signifie avoir ses vêtements bien ajustés pour servir ; les lampes allumées font allusion au cortège nuptial de la nuit.
Avec cette parabole, Jésus-Christ nous enseigne quelle doit être l'attitude fondamentale du chrétien : être vigilant.
C'est ce qui est propre à l'âme sacerdotale de tout chrétien : nourrir spirituellement le peuple de Dieu, aider le monde à s'ouvrir à Dieu. Chaque chrétien est un gardien qui veille sur ses frères, qui surveille, qui prie, qui protège.
Comme Lui-même veillait au Jardin des Oliviers, le Christ demande à chaque chrétien de prendre en charge les besoins des hommes, de ne pas se laisser emporter par la somnolence et le laisser-aller.
Et lorsque le chrétien vit ainsi, alors se produit ce que Jésus continue de raconter dans la parabole : l'époux met sa ceinture comme un serviteur, s'assoit à sa table et commence à le servir. Et puis la grande transformation s’opère : le serviteur devient l'ami intime.
C'est le grand désir de Jésus-Christ que d'atteindre une communion de vie avec chaque chrétien.
La relation que Dieu veut avoir avec nous n'est pas celle d’un roi avec ses pieux sujets ou d’un maître avec de fidèles serviteurs. Il veut avoir une relation intime et affectueuse avec nous : c'est Lui qui nous désire, nous cherche, nous invite à son festin et nous sert.
Pauvres, simples, sans mérite, sans talents, nous sommes les bien-aimés, les enfants préférés de Dieu. Et pour entrer dans cette fête, le chrétien doit prendre en charge ce que le Christ porte dans son cœur : chacune des personnes de ce monde.
Évangile (Lc 12, 39-48)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
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L'Évangile d'aujourd'hui, à la suite de celui d'hier, rassemble les deux autres paraboles exhortant à la vigilance. Jésus s'adresse à ses disciples en leur apprenant à prendre soin du peuple de Dieu qui leur a été confié. Il les invite à vivre dans la logique de l'amour, de l'attention, de la tendresse, de la vigilance.
Chaque chrétien est un gardien des mystères de Dieu : de la vie qu'il nous a donnée, de l'amour intra-trinitaire dans lequel nous vivons - fils de Dieu le Père dans le Fils par l'Esprit Saint - des talents et des capacités dont il nous a parés, des personnes qu'il nous a confiées. Et personne ne peut nous remplacer dans cette tâche.
Lorsque nous oublions que tous ces biens nous ont été confiés, lorsque nous pensons les mériter et que nous ne réalisons pas pourquoi nous les possédons, nous finissons par nous renfermer sur nous-mêmes, plein de nos vanités, de nos envies, de nos rancunes, de nos jugements critiques. Et alors, non seulement nous ne nous soucions pas des autres, mais nous finissons par les maltraiter, incapables de les regarder avec les yeux du Christ.
Comme le souligne Benoît XVI, cette vigilance signifie « d'une part, que l'homme ne doit pas se replier sur le moment présent, ne s'occupant que de ce qu'il voit, mais élever son regard au-delà du moment présent et de ses urgences. Il s'agit de se tourner vers Dieu pour recevoir de lui les critères et la capacité d'agir de manière juste. D'autre part, la vigilance signifie avant tout l'ouverture au bien, à la vérité, à Dieu, au milieu d'un monde souvent inexplicable et assailli par la puissance du mal. Cela signifie que l'homme doit chercher de toutes ses forces à faire ce qui est juste, en ne vivant pas selon ses propres désirs, mais guidé par la foi » (Joseph Ratzinger-Benoît XVI, Jésus de Nazareth II De l'entrée à Jérusalem à la résurrection).
Jésus veut que notre existence soit féconde, que nous ne baissions pas la garde, pour recevoir avec reconnaissance et émerveillement tous les trésors de son cœur. Il veut que nous soyons vigilants pour mettre nos talents et nos capacités, notre sourire, notre pardon, notre travail quotidien, notre vie de foi, d'espoir et d'amour au service des autres.
Le Christ nous présente la vie comme une mission : être "responsable de la maison pour distribuer en temps voulu la ration de nourriture". Notre vie est une mission. Nous venons sur terre pour quelque chose, ou plutôt pour quelqu'un : pour nos familles, nos amitiés, nos collègues de travail, nos voisins. De nos soins dépend, dans une large mesure, le bonheur éternel de ces personnes.
Évangile (Lc 12, 49-53)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
" Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère."
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Jésus s'adresse à ses disciples pour leur révéler les désirs les plus profonds de son cœur : son désir irrépressible de donner sa vie par amour pour tous les hommes, un amour qui est symbolisé par l'image du feu. Jésus est la lumière du monde (cf. Jean 8, 12), et il est aussi le feu et la chaleur. Dieu s'est présenté sous l'image d'un buisson qui brûlait sans se consumer au plus grand étonnement de Moïse (cf. Exode 3, 2-3), manifestant ainsi son désir de libérer son peuple de l'oppression du pouvoir de Pharaon. Moïse était le porteur de ce feu divin, un feu qui a continué de brûler tout au long de l'histoire du salut, jusqu'au moment culminant où Jésus, sur le Calvaire, a reçu "un baptême", celui qu'il désirait tant recevoir, lorsqu'il est mort sur la Croix, pour libérer tout le monde de l'oppression du péché.
Cinquante jours après cette nouvelle Pâque sur le Mont Calvaire, lors de la fête de la Pentecôte, le Saint-Esprit est venu sur les disciples sous forme de langues de feu. Les apôtres, remplis de l'Esprit de Dieu, ont annoncé Jésus, et ce jour-là, quelque trois mille âmes ont été baptisées (cf. Actes des Apôtres, 2). C'était un nouveau baptême. Eux et tous les chrétiens ont reçu le fruit de la rédemption que Jésus nous a gagnée sur la Croix.
Mais Jésus savait que ce feu de l'amour salvateur rencontrerait des obstacles, provoquant des divisions même au sein d'une même famille. Déjà le vieillard Siméon, devant l'Enfant Jésus, après l'avoir proclamé Sauveur de tous les peuples, annonçait à Marie qu'il serait lui aussi "un signe de contradiction" (Luc 2,34). Mais cette division ne l'emportera pas : le feu et la lumière sont plus intenses que le froid et l'obscurité. Les chrétiens, par le baptême, apôtres par vocation divine, sont porteurs de ce même feu de Jésus-Christ. Comme nous le dit saint Josémaria : "Efface, par ta vie d'apôtre, la trace visqueuse et sale qu'ont laissée les impurs semeurs de haine. - Et embrase tous les chemins de la terre au feu du Christ que tu portes dans ton cœur" (Saint Josémaria, Chemin, n°1).
Évangile (Lc 12, 54-59)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules :
«Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive. Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »
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Déjà dans les temps anciens, les hommes étaient capables de prédire le temps qu'il ferait, car Dieu leur a fait partager, dès la création du monde, sa sagesse pour "interpréter l'aspect du ciel et de la terre". Or les signes et les merveilles que ces hommes ont vus, les enseignements qu'ils ont entendus ont été plus que suffisants pour y reconnaître la venue du Messie. A quoi bon pour ces gens de connaître les choses terrestres s'ils n'acceptent pas leur Créateur, venu dans le monde pour "réconcilier par lui toutes choses avec lui-même" (Colossiens 1 : 20) ?
Avec Jésus, est venue la plénitude des temps (cf. Galates 4, 4) ; le salut et la conversion du cœur sont à la portée de tous. Chaque homme, au plus profond de sa conscience, peut discerner entre le bien et le mal, ce qui est juste et injuste. Tant que nous sommes en marche, Dieu ne manque jamais de donner à ses enfants les moyens de le reconnaître et de se convertir à lui, même au dernier moment de notre vie terrestre, comme il l'a fait avec le bon larron, qui a reconnu en Jésus le Dieu qui pouvait le sauver de la mort éternelle (cf. Luc 23, 42).
Jésus nous dit que même la peur d'une condamnation juste peut devenir une raison valable pour changer de vie et se réconcilier avec Dieu et son prochain. Cela exige de l'humilité, d'abandonner l'attitude hypocrite de celui qui se vante de connaître la science humaine mais ne reconnaît pas au fond de son cœur la présence d'un Dieu qui "ne prend point plaisir à la mort du méchant, mais à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu'il vive" (Ézéchiel 33 : 11). À propos de la relation entre la science humaine et l'humilité, saint Josémaria écrivait : « Toi qui es savant, célèbre, éloquent, puissant, si tu n’es pas humble, tu ne vaux rien. — Tranche, arrache ce “ moi ”, cet égoïsme que tu possèdes au superlatif. Dieu t’aidera. Tu pourras alors commencer à travailler pour le Christ, au dernier rang de son armée d’apôtres » (Saint Josémaria, Chemin, n° 602).
Évangile (Lc 13, 1-9)
Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron :
“Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit :
“Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »
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L'invitation de Jésus à la conversion personnelle est urgente. Les interlocuteurs de Jésus pensaient que la cause de certains malheurs et de certaines injustices se trouvait dans les péchés des victimes. Même ses disciples ont exprimé cette idée en voyant l'aveugle-né : "Maître, est-ce que cet homme a péché ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? (Jean 9, 2). Ils se sont faits les juges inattaquables de la conscience des autres. Jésus leur reproche cependant cette attitude, car ils n'examinent pas leur propre vie, ils ne connaissent pas l'état de leur âme, donc ils ne se convertissent pas.
La conversion consiste à se tourner vers Dieu et, avec sa lumière, à reconnaître son propre péché et à commencer une vie nouvelle, selon les paroles du psaume : "Aie pitié de moi, mon Dieu, selon ta bonté ; selon ta grande compassion, efface mes transgressions. (...) Je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi" (Psaume 51 : 3.5). "Jésus Christ est le visage de la miséricorde du Père", a rappelé le pape François lorsqu'il a convoqué le Jubilé extraordinaire de la Miséricorde (François, Misericordiae Vultus, n°1).
La parabole de Jésus nous parle de la patience de Dieu. Le propriétaire du figuier planté dans la vigne attend depuis trois ans que cet arbre porte ses fruits, et il est prêt à attendre une quatrième année, puisque le vigneron lui a promis qu'il ferait tout son possible pour que la prochaine récolte ne soit pas à nouveau infructueuse. En effet, "l'Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté" (Psaume 103 : 8). Mais cette patience divine ne peut être une excuse pour retarder la conversion, pour cesser d'aller encore et encore aux sources de la grâce divine : les sacrements, la sève divine qui imprègne et vivifie notre âme, et nous transforme en personnes qui portent du fruit.