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Évangile du dimanche : à celui qui a, on lui donnera encore

Évangile du 33ème dimanche du temps ordinaire (cycle A) et son commentaire.

Évangile (Mt 25, 14-30)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :

« C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.

Aussitôt,celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents

et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’ Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’

Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’

Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »


Commentaire

Aujourd'hui, l'Église célèbre le trente-troisième dimanche du temps ordinaire, le dernier avant la solennité du Christ Roi qui termine l'année liturgique. Et l’Évangile de ce jour présente la parabole des talents, qui illustre la nécessité d'utiliser les dons que nous avons reçus pour servir Dieu et les autres.

L'histoire de cet homme qui part en voyage et qui confie ses biens à des serviteurs pour qu'ils les fassent fructifier jusqu'à son retour est présente sous deux versions dans les évangiles : celle de Luc (19:11-27) et celle de Matthieu. Dans la version de Luc, le maître donne à ses trois serviteurs respectivement 10, 5 et 1 mine(s). La mine équivaut à 100 drachmes, soit un demi-kilo d'argent. Matthieu, quant à lui, mentionne une autre mesure, les talents, donnés en plus petits nombres (5, 3 et 1), mais représentant une quantité beaucoup plus importante : en fait, le talent équivalait à 6000 drachmes (environ 35 kilos d'argent). Le premier serviteur reçoit donc environ 175 kilos d'argent, le second 105 et le troisième 35. Avec cette répartition, la parabole symbolise la variété des dons et des charismes que Dieu distribue selon son dessein providentiel.

"Longtemps après" (v. 19), le maître de la parabole revient. Les deux premiers serviteurs sont récompensés pour leur travail. Comme l'explique saint Jérôme, "les deux reçoivent la même récompense, non pas pour ce qu'ils ont rapporté, mais à cause de la force de leur volonté" (Catena aurea, in loc.). Ces deux serviteurs ont employé tout ce qu'ils ont reçu, peu ou beaucoup en apparence, au profit de leur maître. C'est pourquoi ils sont appelés "serviteurs bons et fidèles" (v. 21).

Le troisième serviteur, en revanche, ne pense pas à son maître ni à sa réussite, mais à sa propre sécurité : c'est pourquoi il enterre son talent pour le rendre intact. Le maître le qualifie sévèrement de "mauvais serviteur et paresseux" (v. 26). Il est frappant que le maître de la parabole lui retire le talent et le donne à celui qui en avait déjà cinq. Il semble que ce geste soit incompatible avec la bonté et la miséricorde de Dieu. De plus, le maître fait référence aux "banquiers", qui auraient pu produire des intérêts. La signification de la parabole est à première vue déconcertante et mérite d’y réfléchir.

Le pape François a souligné que le bien que le maître donne à ses serviteurs dans la parabole représente avant tout des biens spirituels, c'est-à-dire "sa parole, l'Eucharistie, la foi dans le Père céleste, son pardon" (Pape François, Angelus, 16 novembre 2014). Ceux qui font usage de ces dons et les font connaître permettent à Dieu de rendre leur vie fructueuse.

C'est précisément parce que le contenu principal de l'héritage qui nous est donné consiste en la grâce de Dieu, que ceux qui la reçoivent avec de bonnes dispositions et de la générosité se donnent les moyens de recevoir encore plus de grâces. D'autre part, ceux qui ne profitent pas des biens que Dieu leur envoie et les "enterrent" par paresse et manque de générosité, ceux qui ne prient pas et ne fréquentent pas les sacrements, se rendent volontairement incapables de recevoir davantage et de grandir pour porter plus de fruits. C'est pourquoi le Seigneur dit "À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a" (v. 29).

Lorsque nous nous rendons généreusement disponibles pour le service de Dieu, dans notre prière personnelle et surtout dans le sacrifice de l'autel, c'est comme si nous mettions nos talents entre les mains de "banquiers" qui garantissent le fruit de nos dons. Par ailleurs, ceux qui sont égoïstes et qui cherchent toujours leur propre intérêt étouffent leur fécondité.

Comme l'a dit saint Josémaria, les talents représentent aussi nos qualités humaines et nos capacités personnelles. Et en ce sens, nous ne pouvons pas nous identifier au serviteur qui enterre son talent : "Triste chose que de ne pas tirer parti, un véritable rendement, de toutes les capacités, petites ou grandes, que Dieu accorde à l’homme pour qu’il se consacre à servir les âmes et la société !", soulignait saint Josémaria. - Déterre ce talent ! Fais-le produire, et tu savoureras alors la joie de constater que, dans cette affaire surnaturelle, il importe peu que le résultat n’ait pas sur terre un éclat que les hommes puissent admirer. L’essentiel c’est de livrer tout ce que nous sommes et ce que nous avons, de nous efforcer de faire produire le talent et de nous acharner constamment à produire du bon fruit » (Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, n° 45-47). Enfin, une bonne façon de faire fructifier les talents que nous avons reçus est d'aider les autres à découvrir les leurs, bref, de s'enthousiasmer pour être le moteur des talents des autres afin qu'ils puissent à eux aussi participer à cette fécondité divine.

Rendez-le fructueux : et vous savourerez la joie que, dans ce domaine surnaturel, il importe peu que le résultat ne soit pas sur terre une merveille que les hommes puissent admirer. L'essentiel est de donner tout ce que nous sommes et possédons, de veiller à ce que le talent rapporte et de s'efforcer continuellement de produire de bons fruits.





Commentaire du 33ème dimanche du temps ordinaire année B.
"Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? ? Les fait-il attendre ?" N'oublions pas que la prière sincère et constante trouve toujours une réponse, surtout si nous nous sentons impuissants, comme dans le cas de la veuve de la parabole.

Évangile (Luc 18, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :

« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander: “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.» Le Seigneur ajouta :

« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »


Commentaire

Dans la société où Jésus vivait, une femme confrontée au drame du veuvage se retrouvait dans une situation très difficile. L'indifférence des personnes qui auraient à lui rendre justice s’ajoutant à cela, la souffrance de la veuve devait être très forte.

C'est pourquoi la parabole proposée par le Seigneur dans l'Évangile d'aujourd'hui est très percutante : une veuve sans aucun soutien sur terre obtient justice avec la seule arme de sa parole et de sa ténacité.

Face à l'injustice subie, on éprouve parfois un sentiment d'impuissance. Les moyens ont été mis en place pour remettre les choses en place - parler aux gens, faire appel à leur conscience, chercher du soutien, etc. Nous sommes comme la veuve de la parabole de l’Évangile. Le Seigneur nous encourage à transformer ce sentiment d'impuissance en un plus grand recours à la prière, en un encouragement à "prier toujours sans jamais se décourager" (v. 1), sûr que nous avons un Père dans les Cieux qui prend soin de notre situation de détresse.

La prière sincère et constante trouve toujours une réponse. Il s'agit d'abandonner notre cause entre les mains du Seigneur, sachant aussi qu'il donnera probablement une solution différente de celle que nous avions envisagée, mais qui sera plus efficace.

À cet égard, le pape François a commenté : "Nous éprouvons tous des moments de lassitude ou de découragement, en particulier quand notre prière semble inefficace. Mais Jésus nous l’assure : à la différence du juge malhonnête, Dieu exauce rapidement ses enfants, même si cela ne signifie pas qu’il le fasse selon les temps et les modes que nous souhaiterions. La prière n’est pas une baguette magique !

Celle-ci aide à conserver la foi en Dieu, à nous en remettre à Lui également quand nous n’en comprenons pas la volonté" (Audience générale, 25 mai 2016).

"Mais quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (v. 8) C'est une question qui nous interpelle : notre prière reflète-t-elle la foi de quelqu'un qui sait que sa vie est entre les mains d'un Père qui veut le meilleur pour ses enfants ?





Commentaire du lundi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. » Jésus va à la recherche des âmes, une à une, pour rencontrer chacune, personnellement. Il désire que nous le cherchions et que nous ayons faim et soif de Lui. Jésus ne s’impose pas mais il demande plutôt l’aumône de notre amour.

Évangile (Lc 18, 35-43

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria :

« Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »

Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle :

« Fils de David, prends pitié de moi ! »

Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

Il répondit :

« Seigneur, que je retrouve la vue. »

Et Jésus lui dit :

« Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. »

À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.


Commentaire

Bartimée, aveugle et pauvre, cherche et attend que quelqu'un le sorte de sa misère. Au bord de la route, il fait la manche pour obtenir l'aumône, afin de pouvoir manger et avancer dans la vie. Mais son cœur cherche autre chose. Il est à la recherche d'un horizon qui va au-delà des choses matérielles. Il cherche à donner un sens à sa vie.

Un jour, Jésus passa près de l'endroit où il se trouvait et sa vie changea.

Bartimée, le jour où Jésus est arrivé à Jéricho et s'est approché de lui, a tout de suite compris qu'il se passait quelque chose de différent des autres jours : "beaucoup de gens passaient par là". Son cœur était en émoi. Il demanda ce qui se passait. On lui répondit : "c'est Jésus le Nazaréen, qui passe". Et aussitôt, il se mit à crier : "Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !"

Bartimée, poussé par la puissance de l'Esprit Saint, avec un cœur humble, reconnaît en Jésus le Messie. Et c'est pourquoi il se met à crier. Il a besoin d'argent pour pouvoir manger, mais il doit avant tout trouver le Messie, le Sauveur. Et quand il le trouve, il ne perd pas l'occasion d'être avec lui.

Autour de Bartimée, beaucoup le réprimandent et lui ordonnent de se taire. Peut-être pensaient-ils qu'il dérangeait le Maître. Ils ne connaissent pas Jésus. Jésus est venu chercher ceux qui ont faim et soif de Lui.

Bartimée ne se tait pas et même si on lui fait des reproches, il crie plus fort : "Fils de David, aie pitié de moi !

Jésus, qui l'avait entendu dès le début et qui était touché, ordonne que Bartimée soit amené auprès de lui et lui demande : "Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie". Et le miracle s’accomplit.

Jésus cherche les âmes une par une, il veut avoir une rencontre personnelle avec chacune d'entre elles. Il veut que nous le cherchions et que nous ayons faim et soif de Lui. Jésus ne s'impose pas dans notre vie mais nous demande un peu d'amour. (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n°179)

Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de Bartimée, en particulier la foi qui nous conduit à chercher le Seigneur malgré les obstacles. Suivez ce que saint Josémaria a enseigné dans ce point de Chemin : "Sur cette histoire de Jésus que je t'ai offerte, j'ai écrit en dédicace : " Cherche le Christ, trouve le Christ, aime le Christ.

Ce sont trois étapes très distinctes. As-tu essayé, au moins, de vivre la première "? (Saint Josemaria, Chemin, n°382)

Le rechercher, ce n'est pas cesser de mettre les moyens pour le rencontrer. Nous ne devons pas cesser de le chercher dans la Parole et dans les sacrements, c'est là que nous le rencontrons.





Commentaire du mardi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
" Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison" Ce changement chez Zachée peut nous aider à nous interroger sur la sincérité de notre rencontre avec Jésus. Si nous nous rapprochons vraiment de Lui, nous nous préoccuperons davantage des autres.

Évangile (Lc 19, 1-10)

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit :

« Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »

Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient :

« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »

Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :

« Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

Alors Jésus dit à son sujet :

« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »


Commentaire

"Il entra dans Jéricho et traversa la ville." Jésus passe, mais il ne passe pas vainement. Il passe en cherchant les âmes, une par une, car il est venu sur terre pour faciliter la rencontre des hommes avec Dieu.

Ce jour-là, il allait rencontrer Zachée. Celui-ci le cherchait et il a fait en sorte de mettre en place tous les moyens pour rencontrer Jésus. "Il a essayé à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille". Zachée veut voir Jésus : il monte donc sur un sycomore.Il met de côté son amour propre, ce qu'ils vont dire, parce qu'il veut voir le Maître. Il fait de son mieux. Jésus fera le reste.

Jésus, qui lit dans le cœur des gens, parce qu'il est Dieu, sait tout ce que fait Zachée et va à sa rencontre. Quand Jésus arrive sur place, il lève les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car je dois venir chez toi aujourd'hui ».

Jésus regarde Zachée. Son regard n'est pas superficiel, il est tourné vers son cœur. Il est facile de faire une transposition et de penser que Jésus regarde chacun de nous et s'attend à ce que nous le cherchions comme le fait Zachée. Il veut vivre avec nous, mais il compte avec notre liberté. Il ne veut pas s'immiscer dans la vie des gens sans que nous le lui permettions. Zachée ouvre la porte de son cœur : "Il descendit rapidement et le reçut avec joie ».

Zachée est rempli de joie lorsque Jésus se tourne vers lui et l'appelle par son nom. C'est la même chose qui arrive à toutes les personnes qui laissent entrer Jésus dans leur vie : elles sont remplies de joie. La raison est simple, rencontrer Jésus, c'est rencontrer Dieu qui est celui que le cœur humain cherche, comme l'enseignait Saint Augustin : "Tu nous as faits, Seigneur, pour toi-même et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi" (Saint Augustin. Confessions. I. 1-1).

La rencontre de Zachée avec Jésus ne le remplit pas seulement de joie, elle change aussi sa vie et la rend meilleure. Zachée se leva et dit au Seigneur : "Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus". Zachée connaît une véritable transformation de son cœur qui lui fait prendre conscience des besoins des autres et de son désir de réparer les torts qu'il a pu leur causer.

Ce changement de Zachée peut nous aider à nous interroger sur la sincérité de notre rencontre avec Jésus. Si nous nous approchons vraiment de Lui, le souci des autres doit grandir dans notre cœur. C'est ce que le pape émérite a enseigné dans sa première encyclique : " Le programme du chrétien – le programme du bon Samaritain, le programme de Jésus – est « un cœur qui voit ». Ce cœur voit où l’amour est nécessaire et il agit en conséquence » (Benoît XVI, Deus Caritas est, 41).





Commentaire du mercredi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
"Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine". Le royaume de Dieu commence dans nos cœurs lorsque nous apprenons à porter du fruit avec tout ce qu'Il nous confie.

Évangile (Luc 19, 11-28)

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même. Voici donc ce qu’il dit :

« Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit :

“Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”

Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.” Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté. Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.” Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.” Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.” À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.” Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge. En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt,

que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.” Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.” On lui dit :

“Seigneur, il a dix fois plus !

– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” » Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.


Commentaire

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, on peut distinguer deux thèmes : d'une part un homme qui part recevoir l'investiture royale, rencontrant la haine et l'opposition de son peuple, et d'autre part les serviteurs qui reçoivent chacun une somme d'argent à échanger.

Nous sommes dans les derniers jours de l'année liturgique et la Parole de Dieu revient sans cesse sur la fin des temps, nous présentant des paraboles sur le jugement qui nous attend et le Royaume que Dieu va établir.

La parabole des dix mines nous parle de notre attitude devant le divin roi qui est aussi notre Père et Seigneur. En regardant le monde d'aujourd'hui, saint Josémaria s'est demandé : " Pourquoi tant de gens ignorent-ils le Christ? Pourquoi entendons-nous encore cette dure clameur : nous ne voulons pas qu'il règne sur nous ? Il y a sur terre des millions d’hommes qui s’opposent à Jésus-Christ, ou plutôt à son ombre, car le Christ, ils ne Le connaissent pas, ils n'ont pas vu la beauté de son visage et ne savent pas rien de sa merveilleuse doctrine" (Le Christ passe, n° 179).

Avec notre vie chrétienne et l'apostolat auquel tous les baptisés sont appelés à se consacrer, nous disons à nouveau avec force : "Regnare Christum volumus ! - Nous voulons que le Christ règne". Et cela se manifeste dans la manière dont nous utilisons la mine qu’Il nous a confiée. La version de Matthieu parle de talents, mais Luc utilise ce terme qui indique une somme d'argent correspondant à quelques mois de salaire pour un ouvrier de l'époque.

Les serviteurs de la parabole reçoivent l'autorité sur les villes du royaume en fonction de leur capacité à négocier l'argent reçu. Mais l'un d'eux, par crainte du propriétaire, a gardé l'argent dans un mouchoir. Lorsque le roi découvre enfin le geste de ce serviteur, il ordonne que l'argent lui soit retiré et donné à celui qui avait déjà dix mines. C'est avec cet enseignement surprenant que se termine l'histoire du Seigneur : "on donnera

à celui qui a ", c'est-à-dire qu'à celui qui a un cœur généreux et qui est ouvert à la volonté de Dieu, il sera donné la possibilité de faire de grandes choses.

Le royaume que Dieu établira dans le monde commence dans le cœur de ses serviteurs, lorsque nous commencerons à vivre comme des enfants qui reçoivent tout de la main du Père, et portent ainsi du fruit.





Commentaire de la dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul.
"Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! Alors Pierre prit la parole : "Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux". La fête d'aujourd'hui est l'occasion de remercier Dieu pour le fondement de la foi qu'il nous a donné par Pierre, pour diriger, à travers le Pape, la barque de l'Église.

Évangile (Matthieu 14, 22-33)

Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.

Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.

La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.

En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.

Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »

Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.

Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »

Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »


Commentaire

Au cours de sa vie sur terre, Jésus a toujours trouvé le temps de prier, même lorsque ses plans semblaient se compliquer. Dans la scène que nous contemplons aujourd'hui, nous voyons comment, avec une astuce divine, il ordonne aux disciples de monter dans la barque et de le précéder, le temps qu’il fasse ses adieux à la foule – alors même que son véritable but était d'être seul avec son père.

Ce qui se produisit cette nuit-là est une sorte de mise à l’épreuve de la foi de Pierre.

Les disciples luttaient contre un vent contraire et une mer agitée. Il peut nous arriver la même chose lorsque nous nous détournons du Seigneur et que nous nous laissons bercer par des vagues d'incertitude et de découragement. Ces circonstances, Dieu les prévoie pour nous retrouver : "Confiance, c'est moi, n’ayez pas peur", dit-il à ses disciples en utilisant le nom que Dieu avait révélé à Moïse sur le mont Sinaï (Ex 3, 14). Animé par une grande foi, Pierre prend alors la folle initiative d'aller vers Maître : "Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux".

Cette audace, il l'avait appris de Lui : « En vérité, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé ! » (Mc 11, 23). Ce que Pierre demande ici, ce n'est pas de jeter une montagne à la mer, mais de revenir à Jésus dans un moment de difficulté. Ainsi, sous les yeux étonnés de ses compagnons, il commence à marcher sur les eaux.

Quelle joie pour Jésus de voir cet acte de foi profonde de la part du prince des apôtres ! Les actes de foi sont l'une des choses pouvant rendre Jésus fou : « Grande est ta foi ! » (Mt 15, 28).

Mais il manquait quelque chose à cette démonstration de foi et Pierre commença à couler... Jusqu'à ce qu'il crie : "Seigneur, sauve-moi !".

La vraie foi n'est pas le fruit de notre force, mais quelque chose qui vient de la main de Dieu, si nous le supplions et que nous nous abandonnons à Lui. « Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? ». Ces mots de Jésus doivent être entendus comme un encouragement plus que comme une forme de déception : "Pierre, j'ai admiré ton acte de grande foi, mais n'oublie pas que sans moi tu ne peux rien faire ». Et immédiatement, le vent tombe.

Aujourd'hui est un bon jour pour remercier Dieu d’avoir placé Pierre au fondement de la foi qu'il nous a donnée, pour diriger, par l'intermédiaire du Pape, la barque de l'Église.





Commentaire du jeudi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
"lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle". C'est Jésus, Dieu fait homme, qui pleure pour chacun d'entre nous.

Évangile (Lc 19, 41-44)

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :

« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »


Commentaire

Jésus est venu à Jérusalem pour célébrer la Pâque avec ses disciples. Ce sera la dernière qu'il passera sur cette terre. Ce sont des jours très durs et pleins d'émotion. En partant de Béthanie, il s'arrête au Mont des Oliviers et contemple la beauté du Temple et les murs de la Ville Sainte. Jésus pleure. Il ne peut contenir sa douleur car ses habitants sont incapables de le reconnaître.

C'est l'histoire de l'infidélité de son peuple qui provoque cette souffrance dans le cœur de Jésus. Le Christ pleure à cause du cœur fermé de la ville élue, du peuple élu. Parce que, trop occupée et trop satisfaite d'elle-même, elle n'avait pas le temps de lui ouvrir la porte.

En entrant à Jérusalem, les pèlerins qui accompagnent Jésus se laisseront emporter par l'enthousiasme et le proclameront "Fils de David".

Quelques jours plus tard, Jésus-Christ quittera cette ville, chargé de la croix. Le Roi des rois et Seigneur des seigneurs couronné d'épines, "Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien » (Is 53,3).

C'est Jésus, le Dieu fait homme qui pleure pour chacun de nous. Parce que nous ne pouvons pas non plus le reconnaître comme celui qui donne la paix. Parce que notre cœur, souvent occupé et satisfait de lui-même, est fermé à l'Amour.

Jésus pleure pour que nous apprenions à pleurer avec lui. Il donne sa vie, pour que nous puissions vivre. Pour que dans sa douleur, nous puissions nous refaire chaque jour. Nous avons besoin, comme nous le conseillait saint Josémaria, d'une "douleur d'amour".

« Douleur d’Amour. - Parce qu’il est bon.

Parce qu’il est ton Ami, qui a donné sa Vie pour toi.Parce que tout ce que tu as de bon est à Lui. - Parce que tu l’as tellement offensé... Parce qu’il t’a pardonné... Lui !... À toi ! - Pleure, mon enfant, de douleur d’amour" (Chemin, 436)





Commentaire du vendredi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
"En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs." Jésus veut entrer dans le temple de notre cœur, de notre âme, de notre vie. Il vient avec la même envie, la même émotion, le même désir : faire de notre vie une maison de prière, un lieu où il vit en toute intimité avec nous.

Évangile (Lc 19, 45-48)

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait :
« Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits.» Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.


Commentaire

Dans l’Évangile d'hier, nous avons vu comment le Seigneur a été ému aux larmes en contemplant la ville de Jérusalem. Saint Luc nous raconte comment, après être entré dans la ville, il s'est rendu au Temple, y est entré et a commencé à chasser les marchands et les changeurs de monnaie.

Ce que faisaient les commerçants et les changeurs de monnaie n'était pas une mauvaise chose en soi. Les pèlerins venaient à Jérusalem du monde entier et devaient acheter les agneaux ou les paires de colombes ou de pigeons nécessaires au sacrifice.

En outre, la monnaie pour verser la contribution au Temple ou pour payer la rançon des premiers-nés devait être en monnaie juive. Il était donc nécessaire d'avoir des vendeurs d'animaux et des changeurs de monnaie quelque part, mais le meilleur endroit pour cela n'était pas à l'intérieur du Temple.

Les marchands, désireux d'installer leur boutique dans un meilleur endroit ou de développer leur commerce, avaient auparavant occupé d'autres lieux, jusqu'à franchir les portes du Temple.

Eux, qui devaient servir la louange et l'action de grâces du peuple d'Israël, utilisaient le Temple à leur propre profit, négligeant la louange et l'action de grâces.

Dans cette scène, nous pouvons tous nous reconnaître. Jésus veut entrer dans le Temple de notre cœur, de notre âme, de notre vie - nous sommes des enfants de Dieu, des temples du Saint-Esprit - comme il est entré dans le Temple de Jérusalem. Il vient avec la même idée, la même émotion, le même engagement : faire de notre vie une maison de prière, un lieu où il peut vivre en toute intimité avec nous.

Le fait est que parfois, malgré tant de grâces, on s'habitue, on perd la capacité d'être surpris. Nous pouvons perdre le sens de notre vie et nous laissons Dieu dans un coin.

Nous finissons par donner davantage d'importance à notre travail, à notre repos, à nos distractions, à notre façon de voir la vie, qu'à Dieu. Ce sont de bonnes choses en soi, mais si nous sommes négligents, si nous ne faisons pas de notre âme une maison de prière, Dieu finit par passer au second plan.





Commentaire du samedi de la 33ème semaine du temps ordinaire.
"Il n'est pas un Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent pour lui". La raison humaine est capable de recevoir les mystères divins, même si elle ne les comprend pas entièrement. Une seule chose l'en empêche : se refermer sur elle-même, sur ses propres certitudes, et ne pas s'ouvrir à ce qui la dépasse.

Évangile (Luc 20,27-40)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent :

« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.


Commentaire

De nombreux événements de la vie de Jésus nous laissent l'impression, souvent déconcertante, de la " folie " de ceux qui viennent l'écouter et lui poser des questions. Ce terme, "folie", appartient à la tradition sapientielle dont témoignent un certain nombre de livres de l'Ancien Testament. Le fou est celui qui se ferme à l'évidence, à ce qui est en face de lui. Celui qui ne veut pas écouter. Celui qui est convaincu que les choses sont telles qu'il les pense. Ou qu'elles devraient être telles qu'il les pense ! Et qui, par conséquent, vit dans un monde qui relève en partie de la fiction. Il vit dans l'illusion.

L'Évangile de la messe d'aujourd'hui nous présente quelques sadducéens. Leur question qu'il pose au Seigneur révèle la petitesse de leur cœur. Cette petitesse se reflète dans leur obstination à rester dans la lettre de la Loi de Moïse, ou dans ce qu'ils comprenaient de cette lettre, sans ouvrir leur cœur à ce que Dieu avait révélé dans cette même Loi, même si c'était encore sous une forme obscure, mais qui pouvait être atteint par ceux qui étaient ouverts à Dieu et qui avaient un cœur humble. Pour eux, une résurrection était inconcevable, notamment en raison de leur conception du mariage. Mais Jésus lui-même leur dit que même s'ils ne peuvent pas comprendre comment les personnes qui se sont mariées ici vivront dans l'au-delà, la Loi elle-même leur dit que Dieu est le Dieu des vivants.

Parmi les diverses leçons que nous pouvons tirer de ce passage, une leçon fondamentale se détache : seuls ceux qui sont ouverts et à l'écoute, qui demandent humblement, qui accueillent le Christ, qui l'aiment, peuvent entrer dans la connaissance du Mystère de Dieu. Le Mystère de Dieu dépasse notre compréhension, mais il est certainement un mur insurmontable pour ceux qui ne veulent pas s'ouvrir pour comprendre ce qui les dépasse. Ceux qui enferment Dieu et les réalités divines dans ce que la raison humaine peut embrasser, croyant vivre dans la réalité, vivent en dehors de celle-ci. On ne peut s'approcher de Dieu qu'avec un cœur ouvert. Sur ces bonnes dispositions, Il construira, avec la foi, l'espérance et la charité, le chemin de la connaissance amoureuse et de la plénitude de la vie.





Évangile du 21 novembre Le secret de la Mère de Dieu

Évangile du 21 novembre, mémoire de la Présentation de la Vierge Marie au Temple et son commentaire.

Évangile : Mt 12,46-50

Comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.

Quel qu’un lui dit: « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. »

Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?»

Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »


Commentaire

La mémoire de la fête d'aujourd'hui nous rappelle une tradition ancienne et pieuse basée sur un récit apocryphe "Protévangile de Jacques". D'après ce texte, lorsque la Vierge Marie était très jeune, ses parents, Saint Joachim et Sainte Anne, la conduisirent au temple de Jérusalem où elle resta quelque temps avec d'autres filles, pour être instruite des traditions et de la piété d'Israël.

Nous pouvons être étonnés que l’Église nous propose, en un jour spécialement consacré à Marie, un passage de l’Évangile où il semble que Jésus la mette à l'écart, comme s'il était peu reconnaissant envers sa Mère: "Qui est ma mère ?

La réponse vient ensuite : "Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ". Le Seigneur parvient à nous donner l'enseignement le plus important et en même temps à adresser à Marie le plus grand compliment qui puisse lui être fait : faire la volonté de Dieu est la meilleure façon d'imiter Jésus-Christ : Me voici, comme il est écrit de moi au début du livre, pour faire ta volonté, ô Dieu (Hébreux 10,7).

Toute la vie du Seigneur et de Marie a consisté à faire ce que Dieu voulait. Et de là vient l'invitation de la Mère de Jésus aux hommes, qui est tout un projet de vie. Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu'il vous dira (Jn 2, 5). Et ce que Dieu veut de chacun de nous, nous le savons très bien : La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté (1Th 4:3).

Comment chacun doit se sanctifier ? Telle est la tâche que nous devons découvrir jour après jour.





Évangile du dimanche : Solennité du Christ Roi

Évangile du dimanche de la Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'Univers (cycle A) et son commentaire.

Évangile (Mt 25,31-46)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle


Commentaire

L'enseignement de Jésus dans ce passage de l’Évangile est très réconfortant face aux situations d'injustice personnelle et sociale qui abondent dans la société dans laquelle nous vivons.

En effet, nous sommes témoins d'une bataille quotidienne entre le bien et le mal. Parfois, il peut nous sembler que ceux qui ont le plus de force et le plus de moyens pour opprimer les autres l'emportent dans ce monde, mais Jésus précise que le mal n'a pas le dernier mot. Dieu est juste et la justice l'emportera.

Dans le Credo, nous confessons que Jésus Christ "est monté au ciel et est assis à la droite de Dieu, le Père tout puissant". De là, il viendra juger les vivants et les morts. C'est là que réside notre certitude que le triomphe ultime est du côté du bien.

"C’est face au Christ qui est la Vérité que sera définitivement mise à nue la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu, nous rappelle le Catéchisme. (cf. Jn 12, 49). Le jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre (CEC, n° 1039).

" Certains seront condamnés et d'autres seront sauvés".

Le Catéchisme explique l'enfer en rappelant quelques mots de la première lettre de saint Jean : "Quiconque a de la haine contre son frère est un meurtrier, et vous savez que pas un meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui" (1 Jn 3 :15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères" (CEC, n° 1033).

Mais aussi, et c'est là le plus grand bonheur, il nous rappelle qu'il y a le ciel."Par sa mort et sa Résurrection Jésus-Christ nous a " ouvert " le ciel. La vie des bienheureux consiste dans la possession en plénitude des fruits de la rédemption opérée par le Christ qui associe à sa glorification céleste ceux qui ont cru en Lui et qui sont demeurés fidèles à sa volonté. Le ciel est la communauté bienheureuse de tous ceux qui sont parfaitement incorporés à Lui" (CEC, n. 1026).

Le Fils de l'Homme s'identifie au moment du jugement avec les affamés et les assoiffés, avec l'étranger, celui qui est nu, le malade et le prisonnier, avec tous ceux qui souffrent en ce monde, et considère le comportement qu'on a eu avec eux comme s'il l'avait eu avec Lui-même.

C'est pourquoi saint Josémaria nous rappelle que "Il faut reconnaître dans nos frères les hommes le Christ, qui vient à notre rencontre. Nulle vie humaine ne peut être considérée isolément : elle s'entrelace aux autres vies. Nul n'est un vers détaché ; nous faisons tous partie d'un même poème divin que Dieu écrit avec le concours de notre liberté" (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 111).

Ce n'est pas seulement une belle façon de parler, mais cela fait allusion à la réalité la plus profonde de Jésus. Le Fils de Dieu, qui, en se faisant homme en Jésus-Christ, est devenu l'un de nous, pauvre, connaissant la douleur, la faim, la soif, la persécution, jusqu'à mourir nu sur la Croix.

Le Juge universel sera celui-là même qui a souffert tout cela, et qui a bien expérimenté combien le mépris de celui qui n'en fait qu'à sa tête fait mal, et comme l'amour de personnes généreuses qui vont au-devant des besoins de leurs frères console.





Commentaire du dimanche du Christ-Roi (cycle B)
"Es-tu le roi des juifs ?" Jésus nous invite à partager son royaume : un règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d'amour et de paix".

Évangile (Jean 18, 33b-37)

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »

Jésus lui demanda : «Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ?»

Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »

Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »

Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »


Commentaire

Es-tu le roi des Juifs ?

C'est la question que Pilate pose à Jésus lorsqu'ils se retrouvent face à face.

Les Juifs avaient modifié l'accusation pour que le gouverneur approuve la mort de Jésus. S'ils l'avaient condamné pour être le Fils de Dieu, devant Pilate ils l'accusent de se faire roi des Juifs.

Pilate, peut-être plus par curiosité que par un réel intérêt de savoir qui est Jésus, lui pose une question que nous nous posons tous : Qui es-tu, Jésus ? Cette question est si intéressante que Jésus lui-même a demandé un jour aux Apôtres : "Qui dites-vous que je suis ? "

Cette question est d'un énorme intérêt car Jésus est venu sur terre pour nous inviter à participer à son royaume et nous offrir son amitié. Jésus veut que nous soyons ses amis. Jésus veut régner dans chaque cœur humain.

Dans le dialogue avec Pilate, Jésus passe immédiatement de l'impersonnel au personnel. À partir de la question initiale de Pilate : "Es-tu le roi des Juifs ? Jésus lui demande ensuite : "Dis-tu cela de toi-même, ou bien d'autres te l’ont-ils dit à mon sujet ? C'était comme lui demander : Pilate, pour qui me prends-tu ? Jésus veut poser à Pilate la question fondamentale car accueillir Jésus, c'est accueillir Dieu. Parce que Jésus est le Verbe incarné et que, par son humanité, nous connaissons Dieu.

Pilate tente d'éluder la réponse : Suis-je Juif ? Il n'est vraiment pas facile de se tenir devant Jésus et son Royaume. Ouvrir la porte du cœur à Jésus signifie être prêt à changer sa vie. Cela signifie vivre d'une manière différente et ce n'est pas toujours facile. Par cette réponse, Pilate montre peut-être une certaine indifférence à l'égard de Jésus. Même s'il est vrai qu'au fur et à mesure que le dialogue progresse, Pilate devra se prononcer.

Jésus continue à donner des possibilités à Pilate, l'invitant à prendre part à son Royaume. Il le fait en répondant à la question suivante de Pilate : "Qu'as-tu fait ? C'est-à-dire, pourquoi les Juifs t'ont-ils amené devant moi pour être jugé, pourquoi veulent-ils te mettre à mort ? Jésus répond : " Ma royauté n’est pas de ce monde ;

si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais en fait, mon royaume n'est pas d'ici".

Pilate écoute, mais ne comprend pas vraiment. Jésus, quant à lui, se montre d'une grande simplicité. Dans sa réponse à Pilate, il précise l'une des caractéristiques de son royaume : "mon royaume n'est pas d'ici".

Bien que Jésus explique clairement, Pilate ne comprend pas. Il semble plutôt vouloir se débarrasser d'un problème difficile. Il ne s'arrête pas pour savoir ce que Jésus lui a répondu, mais agit de manière pragmatique. C'est comme si Pilate lui disait : "Venons-en au fait : es-tu Roi ou non ?

Jésus lui répond : "C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix.".

Ces mots que Jésus prononce devant Pilate sont les mots qui conduiront à sa mort. Jésus meurt pour avoir témoigné en faveur de la vérité.

Quelle est la vérité qu'il proclame ? La principale est l'Amour que Dieu a pour l'homme qui, pour le sauver du pouvoir du péché et de la mort, a envoyé son Fils comme Sauveur du monde et "il s'est livré lui-même à la mort et, par sa résurrection, il a détruit la mort et renouvelé la vie" (Prière eucharistique IV).

Es-tu le roi des Juifs ? Ainsi commence le dialogue de Pilate avec Jésus. Nous aussi, nous devons lui demander et il nous enseigne que son royaume est "un règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d'amour et de la paix" (Préface de la Messe du Christ Roi).





Commentaire du lundi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
"En vérité je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres". Donne au Seigneur ce que tu peux donner : le mérite n'est pas dans le peu ou dans le beaucoup, mais dans la manière de le donner.

Évangile Lc 21,1-4

En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie. Alors il déclara :

« En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »


Commentaire

Jésus est à Jérusalem et revient au Temple, après l'avoir purifié à cause du commerce qui en avait fait une caverne de bandits (cf. Lc 19, 46). Et il découvre, parmi les pèlerins qui viennent au Temple pour déposer leurs offrandes, les riches qui donnent "une partie de leur superflu".

Mais leurs offrandes ne sont pas de véritables aumônes, puisqu'elles proviennent de ce qu'ils ont en trop (cf. Tobie 4, 7), et non de ce qu'ils possèdent et qui, au fond, n'a pas de valeur pour eux. Par conséquent, cette aumône ne constituait pas un sacrifice, mais était plutôt un signe ostentatoire.

Ainsi, ils deviennent aussi des voleurs, car ils s'emparent d'une gloire humaine qui ne leur appartient pas. Ils ne pratiquent pas l'aumône comme leur avait enseigné le Maître : « Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, (...) que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret (Matthieu, 6.2.3-4) ».

Mais, une "pauvre veuve" apparaît parmi ces personnes, non pas pour demander, ce qui aurait été la chose la plus normale, mais pour jeter deux petites pièces de monnaie, tout ce qu'elle avait pour sa subsistance.

Certes, le trésor du Temple devait s'enrichir beaucoup plus grâce aux grandes sommes des riches, de sorte que les deux petites pièces de la veuve semblaient insignifiantes et inutiles. Mais cette aumône a atteint son but, car dans une collecte, "la bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas." (2 Corinthiens 8:12).

Saint Josémaria a médité sur cette scène de l'Évangile et a écrit : "As−tu vu combien le regard de Jésus brille lorsque la pauvre veuve dépose au Temple sa maigre aumône ? Donne−lui, toi, ce que tu peux donner : le mérite n’est ni dans le "peu" ni dans le "beaucoup", mais dans la volonté avec laquelle tu donnes." (Saint Josémaria, Chemin, 829)

En réalité, Jésus a dû être émerveillé car il est très exceptionnel, et même unique, qu'une personne donne le peu qu'elle a pour vivre. Dans son indigence, elle donne toute sa vie. Ces deux pièces représentent sa pauvreté, le manque du nécessaire.

Par ce geste, la veuve est devenue riche devant Dieu (cf. Luc 12, 21). Pour le Seigneur, cette femme "a donné plus que tout". En ce sens, elle a fait comme Jésus, "qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis" (2 Corinthiens 8:9).





Commentaire du mardi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
"Des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit". Il peut y avoir des moments où nous trouvons tout difficile, et dans ces occasions, considérons que Jésus est toujours proche pour nous soutenir.

Évangile (Lc 21,5-11)

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :

« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

Ils lui demandèrent :

« Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »

Jésus répondit :

« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. Alors Jésus ajouta :

« On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »


Commentaire

Nous voici déjà dans les derniers jours de l'année liturgique, le moment d'écouter les paroles de Jésus sur la fin des temps. Il ne nous révélera pas ce que beaucoup aimeraient peut-être savoir : quand cela allait arriver ; mais le Maître, qui nous demande toujours de faire confiance à sa parole, ne veut pas nous laisser dans l'ignorance totale au sujet de la fin des temps.

Il se tenait devant le Temple, et ceux qui l'accompagnaient s'émerveillaient de sa splendeur. Ce temple, une fois détruit par l'armée babylonienne et reconstruit après l'exil, avait été agrandi et embelli par Hérode le Grand.

Cependant, Jésus les avertit qu'il sera détruit pour toujours. C'est ce que fit l'armée romaine de Titus en l'an 70. Une prédiction aussi alarmante suscita l'inquiétude des auditeurs : ils voulaient savoir comment ce manifesterait un tel malheur. Mais Jésus change de discours : de plus grands cataclysmes allaient arriver. Et il y aura des gens qui profiteront de l'arrivée de ces catastrophes pour proclamer de faux messianismes, des annonces d'une fin proche.

Un regard sur l'histoire confirme les paroles de Jésus : combien de guerres, de calamités, de souffrances ! Malgré tout, Jésus, avec son autorité divine, veut nous donner confiance, nous transmettre de la force.

Ce sont des signes inquiétants, mais pas pour un chrétien, car "nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Romains 8 : 28). On peut ainsi voir tout ce qui est difficile, mais la parole de Dieu, Jésus, est toujours là pour nous soutenir.

C'est pourquoi saint Josémaria nous dit : « Il te semble que le monde s'écroule.

Autour de toi nulle issue. Impossible, cette fois, de surmonter les difficultés.

Mais aurais-tu oublié, une fois de plus, que Dieu est ton Père ? Tout-puissant, infiniment sage, miséricordieux. Il ne peut rien t'envoyer de mauvais. Cela même qui te préoccupe te convient, même si pour le moment, tes yeux de chair sont aveugles. Omnia in bonum! » (Saint Josémaria, Chemin de Croix, 9ème station, n° 4)





Commentaire du mercredi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » Lorsque nous rencontrons des difficultés dans notre vie quotidienne, nous avons besoin d’adopter l’attitude de Jésus face à la persécution : la prière, le pardon et la persévérance à faire le bien.

Évangile (Luc 21,12-19)

Jésus disait à ses disciples :

« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »


Commentaire

Le discours eschatologique de Jésus se poursuit avec ses prédictions sur les derniers temps. Cette fois, le présage semble encore plus inquiétant : la persécution des propres disciples de Jésus, à cause de son nom.

Et c'est ce qui s'est passé dans la première communauté chrétienne, peu après que le Saint-Esprit est descendu sur les Apôtres. Ils ont agi au nom de Jésus, sans crainte, malgré les emprisonnements, les mauvais traitements : rien ne les a arrêtés. Ils sont allés prier et ils ont reçu la force de l'Esprit Saint (cf. Actes 4, 24-31).

Le premier martyr, Étienne, "faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple"(Actes 6:8), et ceux qui l'écoutaient "ne pouvaient pas résister à la sagesse et à l'Esprit avec lequel il parlait" (8:10). Tout s'est accompli comme Jésus l'avait prédit, car ces disciples lui ont fait une profonde confiance. Et ils accordaient plus de valeur au salut des âmes qu'à leur propre vie. De plus, ils étaient "joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus". (Actes 5, 41)

En vérité, ce refus de la parole des apôtres était le moyen prévu par Dieu pour que son message atteigne de nombreux hommes et femmes : "La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement " (Actes 6, 7).

Nous sommes étonnés de la persévérance des premiers chrétiens, qui ont sauvé non seulement leurs âmes, mais aussi celles de milliers de personnes. Et la persécution de l'Église n'a pas cessé au fil des siècles : elle est comme un signe de sa vitalité, de sa jeunesse pérenne.

Et aujourd'hui, Jésus et son Esprit continuent à vivifier les âmes de tant de chrétiens qui n'ont pas peur de donner leur vie pour l'Évangile, en priant aussi pour ceux qui les persécutent, car ils les aiment et leur pardonnent, fidèles aux paroles et à l'exemple de Jésus : "Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent" (Matthieu 5:44) ; "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Luc 23:34).

C'est ce que fit Étienne avant d'être lapidé à mort : "Seigneur, Seigneur, ne leur compte pas ce péché. " (Actes 7:60). Nous avons besoin de cette même attitude de prière, de pardon et de persévérance pour faire le bien dans notre vie quotidienne lorsque nous rencontrons ceux qui semblent s'opposer à la mission de l'Église.





Commentaire du jeudi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
"Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche". Face aux adversités, efforçons-nous de rendre gloire à Dieu en cherchant le bien des autres, car Dieu est Amour et en aimant comme Il veut que nous aimions, nous contribuons à faire éclater la clarté de Son Amour.

Évangile (Luc 21, 20-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.

Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »


Commentaire

L'Évangile d'aujourd'hui nous conduit à considérer ce qu'annonce la foi et confirme la science : le fait que ce monde est éphémère. L'univers actuel se terminera à la date décrétée par la sagesse de Dieu, et sa fin sera annoncée, afin que le monde puisse se repentir et se préparer pour la Parousie, pour la glorieuse venue du Seigneur.

En même temps, nous sommes appelés à aimer le monde passionnément, comme nous invitait à le faire Saint Josémaria dans l'une de ses homélies les plus célèbres, parce que ce monde est sorti des mains de Dieu et a été purifié par le précieux Sang du Rédempteur. Aimer le monde passionnément donc, mais en sachant que nous n'avons pas une demeure permanente ici et que Dieu a prévu, pour ceux qui l'aiment, un Ciel nouveau et une Terre nouvelle.

Il est important que nous sachions comment remarquer les signes de Dieu. Il ne s'agit pas de vivre dans l'angoisse, mais de demander à l'Esprit Saint de nous aider à comprendre les signes des temps. Il serait triste de vivre si préoccupé, si absorbé par les choses de la terre, que nous ne percevions pas la Providence de Dieu et que nous oubliions la seule chose nécessaire : Lui rendre gloire comme Il veut que nous le fassions.

Nous lui rendons gloire, lorsque nous recherchons le bien des autres, parce que Dieu est amour et qu'en aimant comme Il veut que nous aimions, nous contribuons à faire éclater dans le monde la clarté de son amour, de son Être.

Dans l'Évangile, le Seigneur nous parle de la colère de Dieu. La justice sainte, la colère sainte de Dieu, est compatible avec sa Bonté et son amour infini ; ce ne sont pas des réalités incompatibles, mais elles manifestent plutôt l'amour divin, car l'amour divin est pur, parfait : Dieu ne peut pas unir l'absence d'amour à son Être.

L'amour de Dieu ne s'impose pas aux êtres libres, mais si quelqu'un rejette la miséricorde divine, il trouve le manque d'amour, le désespoir, la mort éternelle, l'enfer.





Commentaire du vendredi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
"Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas". Vivre dans la vérité signifie non seulement rejeter toute hypocrisie, tout mensonge et toute tromperie, mais aussi chercher à mener une vie conforme à la vérité.

Évangile (Luc 21, 29-33)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole :

« Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. »


Commentaire

L’Évangile nous raconte comment le Seigneur en contemplant les champs de blé, prêts pour la moisson, a profité de cette circonstance pour parler à ses disciples de cette autre moisson d'amour qui devait venir avec la Rédemption.

Nous pouvons profiter de la lumière que Dieu nous donne lorsque nous voyons les circonstances qui nous entourent et la nature, pour écouter ce que Dieu veut nous dire ou pour dialoguer avec lui lorsque nous marchons dans la rue, à travers les champs ou au bord de la mer. Cela fait partie de la contemplation chrétienne de voir la main de Dieu dans les choses créées et dans les circonstances de la vie.

La parole de Dieu est éternelle et vraie. Dans sa sagesse, il voit tout : le passé, le présent et l'avenir. Le Christ est la vérité et nous sommes appelés à vivre en Lui. Tout sera accompli comme le Seigneur l'a dit.

Vivre dans la vérité signifie non seulement rejeter toute hypocrisie, tout mensonge et toute contre-vérité, mais aussi chercher à mener une vie conforme à la vérité, quel qu'en soit le prix, et contribuer à construire la société sur cette base.

Le diable est le père du mensonge et essaie continuellement de nous pousser à y avoir recours, pour nous flatter, pour paraître sous notre meilleur jour ou pour éviter les difficultés, mais nous pouvons rejeter de telles insinuations avec humilité et par la grâce de Dieu, car une vie construite sur le mensonge ne résistera pas, elle serait comme une maison construite sur le sable.

La vérité, comme notre Seigneur nous le dit dans l’Évangile, nous rend libres (Jn 8:32), parce qu'à travers elle les chaînes du péché sont brisées et nous atteignons le vrai bien : l'union avec Dieu.





Commentaire du samedi de la 34ème semaine de Temps ordinaire.
"Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme". Faire son examen de conscience, c'est ouvrir son âme à la lumière de Dieu, en invoquant l'Esprit Saint, pour voir tout ce qui nous sépare de Dieu, pour lui demander pardon et, avec son aide, pour prendre les moyens de l'éviter.

Évangile (Luc 21:34-36)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

" Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps: ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme."


Commentaire

L'Évangile d'aujourd'hui nous propose deux moyens d'être vigilants et préparés lorsque le Seigneur nous appellera à sa présence : l'examen de conscience et la prière.

D'abord l'examen de conscience, proposé par l'Église dès l'origine comme un bon moyen de vivre efficacement notre vocation chrétienne et aussi comme un instrument nécessaire pour s'approcher du sacrement de la miséricorde de Dieu, de la confession sacramentelle.

Examiner notre conscience, c'est ouvrir notre âme à la lumière de Dieu, invoquer l'Esprit Saint, voir tout ce qui nous sépare de Dieu, ce qui rend notre union avec lui difficile, lui demander pardon et mettre en place, avec son aide, les moyens appropriés pour l'éviter.

Le Seigneur nous met en garde contre l'aveuglement du cœur, fruit d'une vie tournée vers les exigences des sens ; des vies qui cherchent le plaisir comme une fin, ou l'aveuglement de l'âme qui sont la conséquence d'une vie exclusivement préoccupée par les choses temporelles.

Ces situations conduisent à une insensibilité à la grâce et à la miséricorde de Dieu, qui appelle à la conversion. La réponse à notre Seigneur est reportée à un lendemain ou un avenir qui n'arrive jamais, ou qui est évité, afin de continuer à ne voir que ce qui nous plaît ou à chercher à résoudre par nos propres forces les problèmes qui se posent à nous.

Le deuxième moyen est la prière. Un dialogue personnel avec Dieu qui nous maintient en sa présence et nous dispose à seconder docilement les dons de l'Esprit Saint et à en obtenir les fruits, en particulier la charité, car le jugement avec lequel s'ouvre l'éternité portera sur la manière dont nous aurons cultivé le talent de l'amour.








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