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Évangile du 1er dimanche de l'Avent (cycle B), commentaire et questions pour guider l’examen de conscience.

Évangile (Mc 13,33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »


Commentaire

Nous sommes entrés dans le temps de l'Avent, un temps de conversion et de préparation à la venue du Seigneur. Et dans l'Évangile de ce dimanche, l'exhortation de Jésus se fait entendre à tous les hommes : "Soyez vigilants, veillez !" (v. 33).
Pour souligner ses paroles, Jésus donne l'exemple du propriétaire d'une terre qui part en voyage et laisse tout à ses serviteurs. Il demande notamment au portier de surveiller et de s'occuper de la maison jusqu'au retour de son maître.

Le rôle du portier est important car s'il s'endort ou se perd, les voleurs peuvent pénétrer dans la maison et sur les terres de son maître et même s'attaquer aux serviteurs qui lui ont été confiés. Ou bien son maître peut revenir sans qu’il ne le sache. Saint Augustin a traduit la vigilance du bon gardien de la maison par ces conseils concrets qui font directement référence à notre capacité d'aimer : "Veille avec ton cœur, veille avec la foi, avec la charité, avec les bonnes œuvres" (Saint. Augustin, Sermon 93).

Veiller, c'est avant tout aimer les autres, regarder chacun avec affection et compréhension, repérer les besoins de ceux qui nous entourent, chez qui nous pouvons reconnaître la venue de Jésus sans nous trouver préparés.

Le Pape François a expliqué cet aspect important de notre vigilance en disant que « la personne qui fait attention est celle qui, dans le bruit du monde, ne se laisse pas emporter par la distraction ou par la superficialité, mais qui vit de façon pleine et consciente, et dont la préoccupation est tournée avant tout vers les autres. Par cette attitude, nous nous rendons compte des larmes et des besoins du prochain et nous pouvons en saisir aussi les capacités et les qualités humaines et spirituelles. La personne attentive s’adresse ensuite au monde, en cherchant à combattre l’indifférence et la cruauté présentes en son sein, et en se réjouissant des trésors de beauté qui existent pourtant et doivent être protégés. Il s’agit d’avoir un regard de compréhension pour reconnaître aussi bien les misères et les pauvretés des individus et de la société, que pour reconnaître la richesse cachée dans les petites choses de tous les jours, justement là où le Seigneur nous a placés » (Pape François, Angélus, 3 décembre 2017).

Le contraire de cette attention envers les autres et de la vigilance est le mauvais sommeil et la négligence. C'est, selon les mots de saint Josémaria, « le sommeil de l'égoïsme et de la superficialité, à laisser notre cœur se disperser en mille expériences éphémères, à esquiver la recherche en profondeur du véritable sens des réalités terrestres. Triste chose que ce sommeil qui étouffe la dignité de l'homme et le rend esclave de la tristesse ! » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 147).

S'endormir en veillant signifie donc se centrer sur soi-même, sur ses désirs et ses préoccupations, sans voir les autres. Ce sommeil attriste et blesse toujours ceux que nous aimons.

D'autre part, conclut le pape François, "la personne vigilante est celle qui accueille l’invitation à veiller, c’est-à-dire à ne pas se laisser accabler par le sommeil du découragement, du manque d’espérance, de la déception ; et, dans le même temps, qui repousse la sollicitation des nombreuses vanités dont le monde déborde et derrière lesquelles, parfois, on sacrifie le temps et la sérénité personnelle et familiale » (Pape François, idem.).

L'avertissement de Jésus d'être vigilant se traduit dans la liturgie d'aujourd'hui par un exercice habituel de la charité envers les autres, comme une préparation efficace à sa venue. Sachant que Jésus ne vient pas comme un juge sévère qui veut nous punir, qu'il est venu au monde comme un enfant pauvre et sans défense, qui demande à être accueilli, qui se contente d'une mangeoire pour les animaux et qui vient nous remplir de bénédictions et de grâces dans les bras de sa Mère et de Saint Joseph.

Examen de conscience

1. Ai-je pris quelques petites résolutions pour ce nouvel Avent, afin de bien préparer mon cœur à la naissance du Christ ? Les ai-je mises entre les mains de la Vierge Marie, pour avoir plus de chances de les tenir ?

2. Au moment de les fixer, ai-je tenu compte de mes points de lutte actuels, dans le domaine du caractère, du travail et, surtout, de mes relations personnelles avec Dieu ?

3. Conformément à l’appel du Seigneur dans l’Évangile de la messe, « Veillez donc », est-ce que je cherche à être recueilli, en maîtrisant bien mon emploi du temps, ou est-ce que je me laisse distraire par les multiples sollicitations que les nouvelles technologies nous adressent chaque jour ?





Commentaire du 1er dimanche de l'Avent (année C)
"Alors ils verront le Fils de l'homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire." L'Avent commence, un temps pour se laisser dépouiller de notre vie routinière et se remplir d'espoirs, de lumières dans nos cœurs, de désirs de plénitude afin de pouvoir rendre gloire à Dieu par nos vies.

Évangile Luc 21, 25-28. 34-36

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue :

« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »


Commentaire

L'Avent commence, ce temps liturgique qui nous prépare à Noël.

L'Évangile de ce premier dimanche reprend une partie du discours eschatologique de Jésus-Christ à Jérusalem dans les derniers jours de sa vie.

Il nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur pour le recevoir.

L'Avent nous conduit à Noël, et de là, à l'attente du retour glorieux du Christ.

Il nous appelle à une rencontre personnelle avec Lui : chaque jour, Il nous appelle ; chaque jour, Il veut nous faire sortir de nos nuages, de nos angoisses, de notre découragement et de notre impuissance.

Un temps pour nous laisser dépouiller de notre vie routinière et nous remplir d'espoir, de lumière dans nos cœurs, de désir de plénitude.

L'Évangile de ce dimanche nous enseigne deux façons de vivre : la tête haute ou le cœur obscurci.

Le chrétien est appelé à vivre la tête haute, comme des enfants de Dieu le Père, qui est Amour. Savoir découvrir la grandeur de ce qui nous entoure, de l'amour de Dieu qui nous entoure dans nos situations concrètes et réelles, dans notre famille, dans notre travail et notre repos, dans nos amis.

Le Christ nous donne sa lumière, sa force, sa vie pour que nous puissions le découvrir en toute chose. Il est là, il nous attend, pour nous remplir de sa grâce, de sa façon de vivre et d'aimer.

Mais nous vivons souvent avec un cœur obscurci.

Nos problèmes et nos difficultés, nos misères et nos faiblesses, nos peurs, nos déceptions, notre égoïsme et notre orgueil, semblent avoir plus de pouvoir. Nous remplissons nos désirs profonds de bonheur, d'abondance, de générosité, avec des choses qui ne satisfont pas, parce que nous vivons en nous regardant.

Dans l'Évangile de ce jour, Jésus-Christ nous donne la clé pour vivre chaque jour la tête haute.

Il nous appelle à être éveillés et à prier.

Se réveiller de ce rêve qui tourne toujours autour de nous, qui nous enferme dans notre vie avec ses problèmes, ses joies et ses peines.

Un rêve qui endort notre capacité d'aimer et d'être aimé, qui nous empêche de profiter de cette vie, qui nous fait passer à côté des plus belles choses qu'elle contient : la beauté de la création, les visages de nos proches, les conversations tranquilles, les promenades en bonne compagnie.

Nous manquons le meilleur : la présence réelle de Dieu et des autres.

Et nous finissons par nous remplir de tristesse et d'ennui, à nous lamenter et à nous plaindre de tout.

Être éveillé pour regarder en dehors de nous-mêmes : où Dieu regarde, où il veut nous emmener, ses rêves d'amour pour nous et pour ce monde.

Être éveillé pour se poser des questions qui vont au plus profond de notre cœur : comment et pour qui je veux passer ma vie.

Deuxièmement, le Seigneur nous appelle à prier.

Se lever, attendre que Jésus-Christ redirige nos pensées et nos cœurs vers Lui et vers nos désirs de bonheur les plus profonds à chaque instant de la prière.

Nous attendons, en priant, qu'il nous ouvre aux autres, qu'il nous fasse sortir de notre petitesse, que nous puissions regarder ce monde avec un cœur amoureux.





Commentaire de l’Évangile du lundi de la 1ère semaine de l’Avent.
« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Demandons au Seigneur de nous accorder la foi et la charité du centurion, pour aider les personnes qui nous entourent et ouvrir notre cœur à Dieu.

Évangile (Mt 8,5-11)

Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :

« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement.»

Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir.»

Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.

Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »

À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.

Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux »


Commentaire

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, un étranger nous est présenté comme un modèle de foi. En fait, il reçoit une des plus grandes louanges de Jésus que l'on trouve dans les évangiles "Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi."v. 10).

Le centurion agit avec simplicité : il a un problème et va trouver la personne qui, d'après lui, pourra le mieux l'aider à le résoudre. Mais pour résoudre un problème, il faut d'abord le reconnaître. Et parfois, ce n'est pas facile pour nous.

Parfois, c'est parce que nous allons trop vite et que nous ne nous en rendons pas compte. Nous manquons de temps et cela peut parfois nous empêcher de voir les difficultés des gens qui nous entourent.

Il peut également arriver de ne plus prier plus ou que le temps que nous passons à prier ne soit pas de très bonne qualité. Et ainsi, le problème devient ingérable et nous préférons regarder ailleurs, comme si seul temps permettait de résoudre les problèmes.

C'est vrai que le centurion nous donne une leçon de foi en notre Seigneur. Mais c'est une foi qui est préparée par la charité. Par un regard qui sait s'arrêter, sans hâte et avec diligence, pour s'intéresser aux affaires des autres.

C'est peut-être pour cela qu'il est très simple pour lui d'aller trouver le Seigneur et de lui demander un très grand miracle. Parce qu'il sait qu'il n'a pas cette capacité de le guérir, mais que Jésus l'a.

Le désir du centurion de prendre soin de son soldat et de le soigner le conduit à ouvrir son cœur au Seigneur. D'une certaine manière, il lui montre sa propre faiblesse : son incapacité à le guérir lui-même et son besoin absolu d'un miracle de Dieu.

Examen de conscience

1. Est-ce que j’ai le réflexe de me tourner vers le Seigneur et de solliciter son aide pour faire face aux difficultés de ma vie quotidienne, en tenant compte de sa réponse au centurion : « Je vais aller moi-même le guérir » ?

2. Suis-je toujours conscient qu’il est toujours près de moi, en ami, prêt à m’aider, y compris et, peut-être surtout, lorsque je ne suis pas assez fidèle à ses enseignements ?

3. Puisque c’est par l’amour que l’on paye l’amour, la proximité de Jésus m’incite-t-elle à suivre généreusement mon plan de prière ?





Commentaire sur la fête de Saint André Apôtre
"Ils laissèrent aussitôt leurs filets et le suivirent". La vie de saint André n'était pas telle qu'il l'attendait, telle qu'il la prévoyait : elle était beaucoup plus heureuse. La même chose pourrait nous arriver, si nous décidions de suivre le Seigneur jusqu'au bout, sans vouloir tout contrôler et sans décider nous-mêmes de la fin.

Évangile (Matthieu 4, 18-22)

Comme il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient leur filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Et il leur dit : « Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Eux aussitôt, laissant leurs filets, le suivirent. S’avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans une barque, avec leur père Zébédée, réparant leurs filets, et il les appela. Eux aussi, laissant à l’heure même leur barque et leur père, le suivirent.


Commentaire

La journée avait commencé comme n'importe quelle autre journée. André, ainsi que son frère et d'autres collègues pêcheurs, étaient plongés dans le travail épuisant qui permettait de faire vivre leurs familles. Ils étaient, comme toujours, en train de jeter leurs filets dans la mer, attendant que le poisson entre dans le filet. Cependant cette fois-ci, l'histoire qui avait commencé comme tous les jours, allait se terminer d'une manière très différente.

C'est là, au travail, au milieu de la mer de Galilée, qu'André a reçu un appel attrayant mais incertain : Jésus est passé et l'a invité à devenir pêcheur d'hommes. Sans plus de détails, sans plus de précisions. Il ne lui a dit ni à quoi ressemblerait sa vie, ni à quoi ressemblerait sa mort. Le Seigneur lui a demandé d'être à ses côtés, et peu à peu, dans la chaleur de l'amour de son Cœur, il l'a forgé pour qu'il puisse lui aussi partager son destin.

Ainsi se termine l'histoire : saint André embrassant avec un désir ardent la même Croix de son Maître. Rien à voir avec ce que le jeune pêcheur de la mer de Galilée aurait pu imaginer des années auparavant.

Considérer la vie de saint André en perspective, depuis son appel jusqu’à sa mort sur la croix, peut nous aider à réaliser que les plans de Dieu sont parfaitement alignés sur notre désir de bonheur. Il est certain que si Jésus avait annoncé à André qu'il allait mourir sur une croix ce jour de pêche, l'homme se serait évanoui. Pourtant, des années plus tard, le voici devenu audacieux et amoureux, désireux d'embrasser cette source de douleur, qui était pour lui la source du bonheur, comme le reflète le merveilleux témoignage que nous a laissé son hymne face à la croix.

Les plans de Dieu sont parfaitement alignés sur notre désir de bonheur, avons-nous dit. Cependant, l'expérience des apôtres nous enseigne que pour que ce bonheur se réalise, il faut s'abandonner véritablement au Seigneur et cesser de le forcer à écrire l'histoire comme nous l'entendons. La vie de saint André n'était pas telle qu'il l'attendait, telle qu'il la prévoyait : elle était beaucoup plus heureuse.

La même chose pourrait nous arriver, si nous décidons de suivre le Seigneur jusqu'au bout, sans vouloir tout contrôler et sans décider nous-mêmes de la fin. Si nous suivons Jésus, notre vie ne sera pas telle que nous l'envisageons : elle sera bien meilleure. Même s'il se passe des choses qui nous semblent impensables, même si le Seigneur nous demande de faire des choses qui nous semblent folles sur le moment.

Dieu tient toujours ses promesses, et il nous a promis que nous ferons des œuvres dont nous ne pouvons imaginer la portée, car nous serons même capables de faire des œuvres plus grandes que lui. Mais cela exige de nous, comme l'a fait André, de laisser derrière nous la sécurité du connu pour aller à la poursuite de Celui qui nous aime.





Commentaire de l’Évangile du mardi de la 1ère semaine de l’Avent.
"Je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits". Jésus prend les petits comme modèle, afin que nous apprenions quelle sagesse et quelle prudence lui sont vraiment agréables.

Évangile (Lc 10, 21-24)

À l'heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint,
et il dit :
«Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.»

Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare :
beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »


Commentaire

En continuant à préparer la naissance du Seigneur, l'Église nous propose aujourd'hui un Évangile dans lequel Jésus, inondé de la joie de l'Esprit, loue son Père d'avoir choisi les petits pour leur révéler son mystère d'Amour.

Au départ, le texte peut nous frapper parce que Jésus se félicite que son Père n'ait pas montré ces choses aux "sages et aux savants".

La sagesse est un don de l'Esprit Saint, peut-être le plus précieux de tous ; tandis que la prudence est une vertu cardinale qui nous conduit à identifier et à vouloir le bien dans chaque situation.

Pourquoi alors semble-t-il y avoir un certain mépris dans les paroles de Jésus pour les sages et les savants ? Il ne fait aucun doute que le Seigneur, avec cette expression, veut attirer notre attention sur les faux sages et les faux savants.

En fait, Jésus nous donne cette fois-ci le modèle des enfants parce qu'ils sont les maîtres de la véritable sagesse et de la prudence divines.

Les petits enfants ne gardent rien pour eux, ils donnent tout à leurs parents, tout comme la sagesse nous conduit à apprécier et à ne goûter qu'à Dieu.

De la même manière, les enfants ont une vision claire et simple de ce qu'ils voient, ce qui leur permet de transformer rapidement en action ce qu'ils connaissent de la réalité. Ils ne s'arrêtent pas trop longtemps pour réfléchir aux conséquences de leurs actions ou à la manière dont ils seront jugés par les autres.

Le Seigneur veut que nous aussi nous soyons petits pour que Lui puisse grandir en nous, et malgré nous. Avec ce désir et cette attitude, Il nous fera voir les choses, les situations et les personnes avec Ses yeux.

Examen de conscience

1. « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » Sommes-nous conscients de la grâce immense que Dieu nous a faite en nous accordant la foi ?

2. Avons-nous la bonne habitude de le remercier pour tous les bienfaits que nous recevons constamment de lui ?

3. S’il nous arrive de ne pas bien comprendre l’une ou l’autre des vérités de notre foi, nous rappelons-nous que Dieu cache « cela » aux sages et aux savants et ne le révèle qu’aux tout-petits ?





Commentaire de l'Évangile du mercredi de la 1ère semaine de l'Avent.
« Je suis saisi de compassion pour cette foule ». Jésus se livre pour tout le monde, y compris pour ceux qui allaient le rejeter. Il nous apprend à persévérer dans notre don, même si les autres ne répondent pas, en apparence.

Évangile (Mt 15,29-37)

En ce temps-là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit.

De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.

Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. »

Les disciples lui disent :

« Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? »

Jésus leur demanda :

« Combien de pains avez-vous ? »

Ils dirent :

« Sept, et quelques petits poissons. »

Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.

Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.


Commentaire

L'Évangile d'aujourd'hui nous parle du miracle d'une des multiplications des pains et des poissons que le Seigneur a réalisée pour la foule.

C'est précisément cette expression finale "pour la foule" qui est le point de départ du commentaire d'aujourd'hui sur cette fameuse scène du Seigneur.

Jésus sait très bien pourquoi il est venu sur terre, comme l'exprime un chant de Noël que saint Josémaria aimait beaucoup : "Mon Père est du ciel / ma mère aussi / je suis descendu sur terre pour souffrir". Notre Seigneur vient dans le monde pour nous racheter.

Le salut que le Fils de Dieu nous offre est pour tous, même si seuls quelques-uns l'accueillent dans leur cœur. Jésus sait parfaitement quel sera le résultat de son œuvre, mais il ne cesse d'enseigner, d'agir et de se donner à "la foule", c'est-à-dire pour tous.

C'est ce que nous voyons avant le miracle de la multiplication des pains et des poissons. Jésus ressent de la compassion pour la foule qui le suit et n'a pas mangé depuis plusieurs jours, et il ne peut ne pas user de son pouvoir à leur profit.

Tel est le cœur de Jésus. Il est toujours compatissant, avec un désir infini de se donner à nous, même si bien souvent nous ne le reconnaissons pas ou ne l'accueillons pas dans notre cœur. Mais il ne se soucie pas du résultat, et il ne s'impose pas non plus, il suit les siens : semer, se donner, nous nourrir.

Le Seigneur nous invite aujourd'hui à réfléchir sur notre réaction lorsque, après nous être donnés aux autres, nous ne trouvons aucun résultat apparent dans leur manière d'agir. Est-ce que nous nous effondrons en pensant que nous ne sommes pas assez bons ? Est-ce que nous rejetons ces personnes parce qu'elles ne réagissent pas à ce qu'elles reçoivent librement ? Est-ce que nous continuons à être à leurs côtés quelles que soient leurs circonstances et leurs attitudes ? Jésus, doux et humble de cœur, nous montre le chemin.

Examen de conscience

1. La miséricorde et la disponibilité de notre Seigneur ne nous encouragent-elles pas à lui confier nos problèmes personnels, nos projets et nos doutes, sans oublier les peines et les difficultés de ceux qui nous entourent ?

2. En croisant dans la rue ou dans les transports des personnes qui souffrent, éprouvons-nous les mêmes sentiments de compassion et de miséricorde que notre Seigneur ? Partageons-nous ces sentiments et cherchons-nous à imiter sa réaction, si bien mise en lumière dans ce passage de l’Évangile ?

3. La multiplication des pains et des poissons nous fait-elle mieux comprendre qu’à l’heure de chercher une solution à nos nombreux problèmes notre apport personnel, aussi petit et modeste soit-il, va trouver dans les mains du Christ une puissance et une efficacité inimaginables ?





Commentaire de l'Évangile du jeudi de la 1ère semaine de l'Avent.
« Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » Lire et vivre l’’Évangile. Lire c’est se rappeler d’une chose qui est arrivée ; vivre c’est être présent à un évènement qui se déroule en ce moment.

Évangile (Mt 7,21.24-27)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »


Commentaire

Dans les Évangiles, Jésus parle à plusieurs reprises de la venue du Royaume de Dieu. Certains de ses contemporains pensaient qu'il s'agissait d'un royaume politique, de la prochaine restauration de l'ancien pouvoir des rois d'Israël. Mais le Seigneur précise qu'il s'agit d'un autre type de royaume, qui est même déjà présent : " car voici que le royaume de Dieu est déjà au milieu de vous " (Lc 17, 21). Comme l'explique Origène, Jésus est le royaume en personne, il est Lui-même le "mystère du royaume de Dieu" qui a été offert aux disciples.

Dans le passage de la messe d'aujourd'hui, Jésus explique comment nous pouvons entrer en contact avec sa personne, en utilisant quelques mots. N'entre pas dans le royaume celui qui parle mais ne fait rien, celui qui se contente de se dire chrétien. Cet homme n'entrera pas.

Au contraire, ceux qui entendent ses paroles et les mettent en pratique peuvent entrer dans son royaume. Une façon concrète d'entendre ses paroles, d'écouter la volonté de Dieu, est de lire la Parole de Dieu, par exemple avec une lecture attentive de l'Évangile chaque jour ; et ensuite, d'essayer de mettre en pratique ce que nous avons entendu ou lu, en faisant nôtre la vie de Jésus.

"Voulez-vous accompagner Jésus de près, de très près ? Ouvrez le Saint Évangile et lisez la Passion du Seigneur. Mais pour lire seul, non : pour vivre. La différence est grande. Lire, c'est se souvenir de quelque chose qui s'est passé ; vivre, c'est se trouver présent dans un événement qui se produit en ce moment, être un de plus dans ces scènes" (Saint Josémaria, Chemin de croix, IXème station).

L'image de la construction de la maison, qui termine cet enseignement du Seigneur, représente aussi ce qui se passe dans la vie de chaque homme. Toutes les maisons souffrent de la pluie, des inondations et des vents, mais seules les vies construites sur le roc de la Vie de Jésus-Christ résisteront dans les moments difficiles et les souffrances.


Examen de conscience

1. Dans ma vie familiale, professionnelle, sociale, etc.et à l’heure d’honorer mes engagements, est-ce que je m’efforce d’être fidèle aux exigences concrètes de la Parole de Dieu, telle que le Magistère de l’Église nous l’enseigne, y compris lorsqu’elles comportent certains renoncements ?

2. À l’heure de prendre mes décisions personnelles et de faire mes choix, suis-je bien conscient que toute possibilité s’écartant du plan de Dieu est forcément vouée à l’échec et que, par conséquent, mon propre bonheur s’en trouverait immanquablement compromis ?

3. La solidité d’une construction dépend directement de la qualité des matériaux employés et du savoir-faire de quelqu’un de compétent. Lorsque je manque d’assurance dans ma vie personnelle, dans quelque secteur que ce soit, est-ce que j’ai le réflexe de me tourner vers Dieu pour solliciter sa lumière et son aide puissante ?





Commentaire de l'Évangile du vendredi de la 1ère semaine de l'Avent.
« Alors il leur toucha les yeux, en disant : ‘Que tout se passe pour vous selon votre foi !’ Leurs yeux s’ouvrirent ». Dieu veut parfois que nous le suivions à tâtons. C’est l’heure de la confiance, du recueillement pour écouter plus attentivement le Christ qui passe à côté de nous.

Évangile Mt 9, 27-31

Tandis que Jésus s’en allait, deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! »

Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ?»

Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »

Alors il leur toucha les yeux, en disant :

« Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »

Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté :

« Attention ! que personne ne le sache ! »

Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.


Commentaire

Parmi les miracles que le Seigneur a fait dans sa vie publique, il y en a un qu'il a spécialement aimé : rendre la vue aux aveugles. La vue est le sens que nous considérons le plus important aujourd'hui, peut-être parce que nous avons l'idée que la connaissance passe principalement par les yeux, et même dans la foi : "il faut voir pour croire".

Dans l’Évangile d'aujourd'hui, Jésus nous enseigne exactement le contraire : "il faut croire pour voir". Alors qu'il quitte la maison de Jaïre, où il a ressuscité sa fille de douze ans, deux aveugles s'approchent de lui et se mettent à crier pour qu'Il ait pitié d'eux. Le Seigneur ne semble pas leur prêter attention et ils le suivent jusqu'à sa maison. Comme en d'autres occasions, Jésus laisse ceux qui veulent être guéris demander leur guérison avec insistance. Dans le cas des deux aveugles, cela présente un désavantage puisque, dans la mesure où ils ne voyaient pas le chemin, il était difficile pour eux de suivre les traces de Jésus et de ses disciples.

Parfois, Dieu veut que nous le suivions dans l'obscurité, quand à certains moments de la vie notre foi semble s'éteindre ou que le désir d'être fidèle à sa volonté s'est affaibli. C'est l'heure de la confiance, du recueillement pour écouter plus attentivement le Christ qui passe à côté de nous.

Arrivé à destination, le Maître se laisse toucher par les deux aveugles et leur pose une question qui ressemble presque à une affirmation : "Pensez-vous que je puisse faire cela ? Je sais que vous avez la foi, vous l'avez montrée en me suivant ici, mais j'ai besoin de l'entendre de vos lèvres. "Oui, Seigneur", nous croyons que tu peux tout faire. Et "leurs yeux s'ouvrirent", ils pouvaient voir leur vie à la lumière de Dieu.

Jésus insiste pour qu'ils ne le disent à personne, afin que des générations entières de chrétiens, comme toi et moi, puissent en faire l'expérience dans leur propre vie.

Examen de conscience

1. La sagesse populaire affirme qu’il faut voir pour croire. Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus nous dit le contraire : il faut croire pour voir. Est-ce que je croie fermement toutes les révélations que le Christ nous a faites et que le Magistère de l’Église nous enseigne ?

2. En même temps, saint Paul dit aux Romains que « la foi naît de ce que l’on entend » (9, 17) ; nous pourrions ajouter entendre ou lire, c’est-à-dire prendre soin de sa propre formation. Suis-je conscient que, quelle que soit ma situation personnelle, j’ai besoin d’être bien formée ? Est-ce que je fais le nécessaire pour m’assurer une formation permanente, en quantité et en qualité ?

3. Notre Seigneur peut ouvrir nos yeux pour tout ce qui concerne notre foi chrétienne mais aussi pour tout le reste, puisque tout l’intéresse. Est-ce que je fais appel à lui lorsque je suis confronté à des doutes pour accomplir mes devoirs familiaux, professionnels, sociaux, etc. ?





Commentaire de l'Évangile du samedi de la 1ère semaine de l'Avent.
« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » L’Évangile parle au présent. Il nous invite aujourd’hui à demander des vocations pour l’Église : de don total dans le sacerdoce, le célibat apostolique et la vie consacrée.

Évangile (Mt 9, 35-38 ; 10, 1.6-8)

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples :

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes :

« Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons.Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »


Commentaire

En parcourant toutes les villes et les villages, Jésus se rend compte qu'il y a beaucoup de malades à guérir et beaucoup d'oreilles désireuses de découvrir l’Évangile du Royaume. Matthieu nous dit qu'en voyant toute cette foule, le Seigneur fut "rempli de compassion" et, avec un cœur rempli de miséricorde, il exprime son désir de partager ce sentiment avec d'autres cœurs. "Priez le Seigneur d'envoyer des ouvriers pour sa moisson", des gens qui puissent l'aider à porter le fardeau des âmes.

En lisant ces mots, nous pouvons penser, en premier lieu, à la nécessité de vocations qui se donne totalement dans le sacerdoce, le célibat ou la vie consacrée ; tandis que nous, nous collaborerons comme nous pourrons.

Il est vrai qu'en appelant les Douze, Jésus leur transmet un pouvoir spécial pour certaines tâches spécifiques nécessaires à la vie de l'Église, comme la célébration des sacrements.

Mais c'est à tous les baptisés que le Seigneur demande de participer à la mission de faire parvenir l’Évangile avec notre vie jusqu'aux extrémités de la terre. "Nous aussi, si nous luttons tous les jours pour atteindre la sainteté dans notre vie ordinaire, chacun dans sa propre condition au milieu du monde et dans l’exercice de sa profession, j’ose affirmer que le Seigneur fera de nous des instruments capables de réaliser des miracles, et des plus extraordinaires, si besoin est" (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 262).

Nous pouvons demander à Dieu de nous donner un regard sur le monde et sur les personnes à la mesure de ses yeux miséricordieux. De cette façon, nous serons remplis d'une sainte compassion pour ceux qui sont "maltraités et découragés" et nous pourrons leur faire connaître l'amour que Dieu a pour eux.


Examen de conscience

1. Saint Josémaria avait l’habitude de dire que tout chrétien est en quelque sorte le Christ qui passe. Dans nos occupations ordinaires, avons-nous la même attitude que lui qui enseignait, proclamait l’Évangile et guérissait maladies et infirmités partout il passait ?

2. Toujours dans le même esprit, être le Christ qui passe, devant les foules, leurs problèmes et leurs misères, éprouvons-nous les mêmes sentiments que lui, c’est-à-dire sommes-nous comme lui saisis de compassion ? Cela nous amènera certainement à prier davantage pour les autres.

3. Sommes-nous bien conscients que la diminution du nombre d’ouvriers, en particulier les ordinations sacerdotales, est notre affaire et, peut-être, la conséquence d’une prière insuffisante pour que le Maître de la moisson nous envoie des ouvriers ?








 
Évangile du dimanche de la 2ème semaine de l'Avent (cycle B), commentaire et questions pour guider l'examen de conscience.

Évangile (Mc 1,1-8)

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait :

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »


Commentaire

En ce deuxième dimanche de l'Avent, nous commençons la lecture de l'Évangile selon saint Marc, qui est celui que nous entendrons le plus souvent les dimanches et les solennités de cette année liturgique.

La première phrase donne une synthèse complète du contenu fondamental de la prédication apostolique dont témoigne ce livre : " Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu" (v. 1).

Le mot grec 'euangelios' signifie "bonne nouvelle". Quelle est cette bonne nouvelle qui intéresse tout le monde ? Rien de moins que Jésus est le Christ (c'est-à-dire le Messie, le descendant de David dont le règne n'a pas de fin) et de plus, il est le Fils de Dieu fait homme qui est venu dans le monde pour nous sauver.

L'"évangile", la proclamation de cette bonne nouvelle, ne s'est pas terminé avec ce qui est raconté dans ce livre, mais il reste ouvert et chacun de nous est appelé à en être le protagoniste. Ce livre n'est que le "début de l’Évangile", comme le souligne Saint Marc, le lieu où nous trouvons la force et les orientations fondamentales pour notre vie et pour la tâche qui incombe à tous les chrétiens de porter ce joyeux message à tous les hommes de tous les temps.

Les prophètes de l'Ancien Testament avaient annoncé les interventions de Dieu, qui vient de l'insondable pour juger et sauver, et envoie des messagers pour consoler son peuple et préparer sa venue, afin que le Sauveur puisse trouver les portes ouvertes quand il arrive.

Saint Marc mentionne au début de son Évangile quelques paroles de Malachie : "Voici que j'envoie mon messager devant ta face, pour préparer ton chemin" (MI 3,1) et d'autres d'Isaïe : "La voix de celui qui crie dans le désert : 'Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers'" (Is 40,3).

Pour préparer la venue de Jésus, Dieu a envoyé un précurseur, Jean le Baptiste. Saint Marc le présente comme un homme très sobre : Il était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage, la nourriture la plus simple que l'on pouvait trouver dans le désert de Judée.

En une occasion, en parlant à ses disciples, Jésus l'oppose avec les puissants "habillés de façon raffinée" qui "vivent dans les palais des rois" (Mt 11, 8). "Cet exemple est particulièrement opportun en cette période de l'année I, surtout en préparation de la fête de Noël, où le Seigneur, comme le dirait saint Paul, "étant riche, s'est fait pauvre pour vous, afin de vous rendre riches par sa pauvreté" (2 Co 8, 9)" (Benoît XVI, Angélus, 4 décembre 2011).

Le message de Jean-Baptiste ne se limite pas à offrir son témoignage d'un style de vie sobre, mais va au-delà, avec un appel fort à la conversion. Ses paroles nous poussent à opérer un profond changement intérieur qui commence par la reconnaissance et la confession de nos propres péchés.

En ce temps de l'Avent, sa personne et sa prédication nous invitent à entrer en nous-mêmes pour faire un examen sincère de notre vie et pour préparer le chemin du Seigneur, en rectifiant nos façons de faire dans tout ce qui nous a écartés de Lui.

"Le temps de l'Avent est un temps d'espérance. Tout le panorama de notre vocation chrétienne, cette unité de vie dont l'axe est la présence de Dieu, Notre Père, peut et doit être pour nous une réalité quotidienne.

Demande cela avec moi à Notre Dame, en imaginant comment elle vivait ces mois dans l'attente du Fils qui allait lui naître. Et Notre Dame, Sainte Marie, fera en sorte que tu sois alter Christus, ipse Christus : un autre Christ, le Christ lui-même !" (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n°11).


Examen de conscience

1. Saint Jean Baptiste nous dit : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Ai-je pris quelques résolutions pour enlever de mon comportement certains mauvais plis, incompatibles avec sa présence dans mon cœur ?

2. Si j’en ai pris quelques-unes, est-ce que je les suis de près dans un examen incisif et diligent, de manière à pouvoir réagir vite dès que je constate le moindre fléchissement ?

3. Dans le sillage du Précurseur, l’Église prêche pendant l’Avent la pénitence pour la rémission des péchés. Ai-je pensé à la possibilité de m’approcher du sacrement de Réconciliation avant la grande fête de Noël, sachant que la confession est la voie ordinaire que Dieu a prévue pour effacer mes péchés ainsi que la trace qu’ils laissent dans mon âme ?





Commentaire pour le dimanche de la deuxième semaine de l'Avent (année C)
"Il parcourut toute la région du Jourdain en prêchant un baptême de pénitence pour la rémission des péchés". L'Avent nous invite, avec la figure de Jean Baptiste, à demander à Dieu le désir de préparer notre âme à la venue du Seigneur.

Évangile (Luc 3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.


Commentaire

L'intérêt de Saint Luc à donner des informations aussi précises sur la naissance de Jésus nous montre que nous avons affaire à un événement historique. Le Verbe s'est incarné à un moment précis, dans un lieu précis, dans des circonstances précises. Rien de tout cela n'est anodin. Notre vie entière dépend de ce qui est écrit dans l'Évangile. La configuration de notre existence personnelle dépend de la volonté de Dieu de participer à l'histoire de l'humanité.

De plus, le cas du Christ est particulier : Il est la réalisation de tous les désirs humains. Il est désiré de toutes les nations (Cf. Aggée 2, 7), comme l'appelle le prophète Aggée. Sinon, il serait incompréhensible que nous trouvions des prédictions et des prophéties à travers les âges nous annonçant la venue du Messie, et que chacune d'entre elles trouve son accomplissement dans la personne de Jésus.

On pourrait même aller plus loin, car la venue de Jésus a nécessité un Précurseur, Jean le Baptiste, mais la venue du Précurseur était aussi annoncée par Isaïe. La plénitude des temps (Cf. Galates 4,4), ce moment historique où le Christ a fait sa demeure parmi les hommes (Cf. Jean 1, 14), était un moment si crucial que Dieu a décidé de le préparer avec un soin extrême : non seulement en envoyant un homme pour l'annoncer, mais aussi en annonçant que l'annonciateur viendrait. Pour que personne ne puisse avoir de doutes ou dire qu'il n'a pas été averti.

Le rôle de Jean-Baptiste est décisif en ce temps de l'Avent, parce qu'il donne un visage et un nom à la délicatesse avec laquelle Dieu nous propose son projet : parce que nous sommes destinés à partager la vie du Christ et que, par conséquent, le Seigneur a également arrangé et préparé les choses pour que nous le rencontrions personnellement. C'est surprenant, et la préparation de Noël vise à cela : redécouvrir avec émerveillement que celui qui est tant désiré depuis toujours aspire à habiter dans nos cœurs.

Celui qui est tant désiré se languit de nous. Cette conviction a certainement touché le cœur du Baptiste, et c'est pourquoi il a accompli sa tâche prophétique avec tant d'ardeur : parce que découvrir cela et s'ouvrir à cette annonce est le début du salut. C'est pourquoi ce temps de l'Avent se prête tellement à prier souvent saint Jean Baptiste, et lui demander d'obtenir de Dieu le même désir de préparer nos âmes à la venue du Seigneur.

Mais pour cela, nous devons accepter son message de pénitence : n'oublions pas que nous sommes dans un temps de conversion : il ne s'agit pas de faire de grandes choses, mais plutôt d'offrir au Seigneur notre vie quotidienne avec plus d'amour et de joie, comme Jean devait offrir les inconforts du désert et Joseph et Marie les incommodités et les difficultés de la route vers Bethléem.





Commentaire de l'Évangile du lundi de la 2ème semaine de l'Avent.
"ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » "Jésus nous dit que seul un cœur purifié du péché permet de goûter en plénitude la vie éternelle.

Évangile (Luc 5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit :

« Homme, tes péchés te sont pardonnés. »

Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner :

« Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »

Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit :

« Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés,

– Jésus s’adressa à celui qui était paralysé –

je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »

À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient :

« Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »


Commentaire

Juste après avoir lu dans la synagogue de Nazareth ce texte d'Isaïe qui parle de la rédemption des captifs, de la guérison des aveugles et de la libération des opprimés (Is 61,1-2), véritable programme de son propre ministère, le Seigneur commence à accomplir des guérisons.

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous lisons ces mots : la force du Seigneur le poussait à guérir. Tout en Jésus est vie, et il est prêt à nous faire participer de cette plénitude. Le Seigneur n'est pas indifférent à l'absence de vie, qu'elle soit physique ou spirituelle. Et il nous invite encore et encore à partager ce même sentiment.

Ce souffle de vie attire de nombreuses personnes qui cherchent à être guéries. Il s'agit maintenant d'un paralytique, amené sur un brancard. Mais les hommes qui l'amènent ne se contentent pas de s'approcher le plus possible. Non. Ils veulent amener la personne malade devant le Christ. Devant son visage. À portée de ses mains. Et ils n'épargnent aucun effort pour y parvenir.

Leur exemple nous touche aussi et nous instruit. Tout est devant Dieu, rien de ce qui nous appartient ne lui est caché. Mais il y a entre Lui et nous une sorte de rideau ou de voile que nous sommes invités à lever. Et nous le faisons en le cherchant, en le trouvant et en l'aimant. Avec la foi en sa Présence transformatrice.

Face à la maladie, ce que Jésus donne est la santé pour toute la personne. Jésus ouvre la porte de la vie éternelle. La seule chose qui nous empêche de la franchir est le péché, un péché qui nous tient en esclavage et qui peut même nous faire ne pas désirer le ciel.

Saint Paul nous dirait qu'à l'origine de toute maladie du corps se trouve la mort qui est entrée dans le monde quand Adam lui a offert son cœur. Cette mort veut s'emparer de nous. Et c'est de cette maladie qu'il faut d'abord guérir.

Parce que si nous sommes sains d'esprit, nous serons dignes de la transformation de notre corps mortel en un corps glorieux. Toutes les déficiences physiques actuelles sont transitoires. Et si c'est une bonne chose de vouloir se racheter, Jésus nous dit que seul un cœur libéré du péché est assuré de la plénitude de la vie éternelle.


Examen de conscience

1. Saint Jean Baptiste, le Précurseur, nous invite à préparer le chemin du Seigneur, à rendre droits ses sentiers (cf. Mc 1, 3). Puisque Jésus a autorité sur la terre pour pardonner les péchés et qu’il a accordé ce pouvoir à nos prêtres, ai-je l’intention de recevoir le sacrement de Réconciliation pour bien préparer mon cœur à la grande fête de Noël ?

2. Or, en réalité, c’est chaque jour que le Seigneur vient dans notre monde, sur nos autels, lors de la sainte messe. C’est pourquoi la pratique de la confession régulière a toujours été fortement recommandée par l’Église. Suis-je attentif et sensible aux invitations qu’elle m’adresse, en honorant ma résolution de me confesser régulièrement ?

3. Si, à l’heure actuelle, à l’approche de Noël, nous nous trouvons dans notre vie spirituelle un peu lourds, engourdis pour ainsi dire, suis-je docile à l’invitation que le Seigneur m’adresse, comme au paralytique de l’évangile : « Lève-toi » ?





Commentaire de l'Évangile de la solennité de l'Immaculée Conception.
"Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole". Par son "oui", Marie nous enseigne que la grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus puissante que le mal et sait le transformer en bien.

Évangile ( Lc 1, 26-38 )

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit:
«Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi.»
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors:
"Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange:
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu.»
Marie dit alors:
«Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole.»

Alors l’ange la quitta.


Commentaire

Dans la solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, la liturgie de l'Église nous invite à méditer sur la scène émouvante de l'Annonciation. Saint Josémaria aimait y pénétrer, comme dans toutes scènes de l'Évangile, pour la vivre de l'intérieur, comme un personnage de plus : " N’oublie pas, mon ami, que nous sommes des enfants. Marie, la Dame au doux nom, est en prière.

Toi, tu es dans cette maison tout ce que tu voudras : un ami, un serviteur, un curieux, un voisin... — Quant à moi, je n’ose pas être quoi que ce soit en ce moment. Caché derrière toi, je contemple la scène, ébloui..." (Saint Josémaria, Saint Rosaire, 1er mystère joyeux).

L'ange Gabriel s'adresse à Marie : Jaire, kejaritoméne ! - dit le texte grec. Le mot « jaire » est une salutation qui signifie littéralement : " réjouis-toi ".En fait, chaque fois que Dieu est proche, une joie sereine envahit l'âme. Le même mot", note Benoît XVI, "revient dans la Nuit sainte [de la naissance de Jésus] sur les lèvres de l'ange, qui dit aux bergers : "Je vous annonce une grande joie" (cf. Lc 2, 10). Il revient chez Jean à l'occasion de la rencontre avec le Ressuscité : "Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur" (Jn 20, 20). Dans les discours d'adieu de Jean, apparaît une théologie de la joie qui éclaire, pour ainsi dire, les profondeurs de cette parole : "Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l'enlèvera votre joie" (Jn 16, 22) " (Joseph Ratzinger – Benoît XVI, L'enfance de Jésus, Flammarion, 2012, p. 47).

Le mot jaire est apparenté en grec à járis (qui signifie "grâce"), car la joie est inséparable de la grâce. Marie "a reçu une grâce abondante" (v. 28), ce qui signifie littéralement le terme kejaritoméne, traduit par "pleine de grâce". Dieu l'avait choisie pour être la mère de son Fils fait homme et, c'est pourquoi, en prévision des mérites du Christ, elle avait été préservée du péché originel dès le moment où elle a été conçue par ses parents.

Le Seigneur lui annonce qu'elle va concevoir et porter un enfant, qui sera appelé Jésus (c'est-à-dire Sauveur). Il sera le Messie promis, celui qui recevra "le trône de David" et, plus encore, le "Fils du Très-Haut", le vrai "Fils de Dieu".

Elle Le concevra de façon virginale, sans l'assistance d'aucun homme, par l'œuvre et la grâce de l'Esprit Saint : "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre" (v. 35). Pendant le pèlerinage du peuple de Dieu à travers le désert sur le chemin de la Terre Promise , la présence du Seigneur s'est manifestée à travers la nuée qui a couvert le sanctuaire ; maintenant, c'est l'Esprit Saint qui couvrira de son ombre ce sanctuaire de la présence de Dieu qu'est le corps de Marie.

Par conséquent, l'ange continue à dire : "Celui qui naîtra Saint sera appelé le Fils de Dieu" (v. 35). L'adjectif "saint", par sa position dans le texte original grec et dans cette traduction, qualifie la manière de naître : "il naîtra saint", qui fait peut-être allusion à sa naissance virginale.

Marie, en disant simplement "oui" devient la mère du Fils de Dieu fait homme. Benoît XVI observe que "les Pères de l’Église ont parfois exprimé tout cela en disant que Marie aurait conçu par l'oreille, c'est-à-dire par son écoute. A travers son obéissance, la Parole est entrée en elle, et, en elle, elle est devenue féconde" (Ibid., p. 58).

"Le mystère de l'Immaculée Conception est une source de lumière intérieure, d'espérance et de réconfort", a commenté Benoît XVI en une autre occasion. Au milieu des épreuves de la vie, et particulièrement des contradictions que l'homme expérimente en lui et autour de lui, Marie, la Mère du Christ, nous dit que la Grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus forte que le mal et sait le transformer en bien. (...) Cette femme, la Vierge Marie, a bénéficié par avance de la mort rédemptrice de son Fils et dès la conception ; a été préservée de la contamination de la faute. C'est pourquoi par son cœur immaculé, elle nous dit : remettez-vous à Jésus, il vous sauvera" (Benoît XVI, Angélus, 8 de décembre de 2010).


Examen de conscience

1. Commentant ce passage de l’évangile, saint Josémaria présentait la Vierge Marie « en prière » (cf. « Saint Rosaire », 1er mystère joyeux). Voilà pourquoi Dieu a pu lui parler par l’intermédiaire de saint Gabriel. Ai-je la ferme résolution d’être fidèle à mon plan de prière pour rester ainsi à l’écoute de Dieu ?

2. Est-ce que j’essaie de mettre résolument en pratique les suggestions que le Seigneur peut me faire lorsque j’engage un dialogue avec lui dans ma prière personnelle ?

3. Répondons-nous aux invitations du Seigneur en empruntant à notre Mère sa formule : « que tout m’advienne selon ta parole » ?





Commentaire de l'Évangile du mardi de la 2ème semaine de l'Avent.
« Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas dans la montagne les quatre-vingt-dix-neuf autres, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? » Nous pouvons traverser des périodes difficiles dans notre vie. Jésus, lui, partira à notre recherche.

Évangile (Matthieu 18,12-14)

"Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas dans la montagne les quatre-vingt-dix-neuf autres, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et s’il lui arrive de la retrouver, en vérité, je vous le dis : il a plus de joie pour elle que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, c’est la volonté de votre Père qui est dans les cieux, qu’il ne se perde pas un seul de ces petits."


Commentaire

Jésus est le berger qui passe incognito dans l'histoire de la brebis perdue. Son troupeau est grand : les cent brebis de cette parabole représentent l'ensemble de l'humanité. Cependant, quel que soit le nombre de ses brebis, cela ne lui est pas égal d'en perdre une seule. Jésus n'arrondit pas le chiffre de quatre-vingt-dix-neuf à cent : s'il manque une brebis, il estime que son troupeau est incomplet. Il partira à la recherche de l'être perdu dans les montagnes, dans les vallées, dans les vallons et il ne s'arrêtera pas avant de l'avoir trouvé...

"Les petits" (v. 14) que le Père ne veut pas perdre, reflètent la singularité de chaque personne. L'Église est le troupeau de Jésus, et il n'y a personne qui soit si petit qu'on ne puisse plus compter sur lui, il n'y a personne qui soit laissé de côté ou qu'on puisse laisser de côté sans aucun scrupule. Comme le pape François nous le rappelle fréquemment, personne ne peut être considéré comme un objet à jeter.

L'Évangile d'aujourd'hui nous rassure complètement. Nous pouvons traverser des moments difficiles dans notre vie, nous sommes faibles et capables de nous perdre en chemin. Mais Jésus viendra nous chercher, il nous donnera une nouvelle chance de revenir à ses côtés ; puissions-nous être assez humbles pour reconnaître nos erreurs à ce moment-là et nous ouvrir à la grâce de Dieu.

Cet évangile est aussi un appel : être chrétien, c'est partager les sentiments de Jésus et ne pas être indifférent lorsque nous entendons que quelqu'un est exclu du troupeau. Nous sommes appelés à faire le voyage et à tendre la main à cette personne pour l'aider à sortir de son isolement. Avec notre prière, notre temps et notre compréhension, nous pouvons être des instruments pour les ramener dans la vie de l'Église.








  
Évangile du mercredi de la 2ème semaine de l'Avent, commentaire et questions pour guider l'examen de conscience.

Évangile (Mt 11,28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole :
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger".


Commentaire

L'évangile de la messe d'aujourd'hui nous rappelle certaines paroles réconfortantes de Jésus : son invitation à s'approcher de lui pour recevoir aide et réconfort en chemin. Jésus nous invite à aller vers lui mais, en réalité, il est déjà à nos côtés, et l'approcher est aussi facile que de le confesser avec notre cœur et avec notre bouche.

Sans lui, nous ne pouvons pas marcher. Sans lui, nous ne pouvons pas vivre. Les martyrs du IVe siècle qui ont dit un jour Sine Dominico non possumus ("Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer le jour du Seigneur") ont merveilleusement exprimé cette idée et ont témoigné de sa vérité en versant leur sang.

Il est curieux que Jésus nous offre un réconfort et, en même temps, nous demande de porter son joug. Les paroles du Seigneur sont toujours un défi : à la fois de compréhension et d'acceptation.

Cependant, si nous l'avions accompagné et vu prêcher, guérir, pleurer, se fatiguer et se reposer, ses paroles ne nous étonneraient pas autant. Nous l'aurions entendu dire que son Père ne cesse pas de travailler et que lui aussi travaille (Jn 5,17), et nous l'aurions vu heureux malgré l'effort, la fatigue et, même, le reniement.

Et cet exemple est ce que nous révèle ce qu'est l'amour. Car l'amour est un fardeau, mais c'est un fardeau qui est doux. Le véritable amour, c'est "se soumettre" à l'être aimé, se donner à l'être aimé, devenir fragile pour lui. L'amour, c'est s’oublier soi-même et vivre pour l'autre. Mais cela est particulièrement coûteux dans un monde où le péché est entré. Et c'est ce joug qu'il nous invite à prendre.

Jésus nous invite à partager son cœur. Le chemin de l'amour n'est fait que pour ceux qui sont doux et humbles de cœur. Parce que l'amour, c'est la douceur et la miséricorde. Parce que l'amour est nécessairement humble. Il n'est pas possible que l'amour prenne racine dans un cœur qui ne se maîtrise pas. Et nous n'avons la maîtrise de nous-mêmes que si c'est le Christ qui règne en nous.

Il n'est pas possible que l'amour existe là où il n'y a pas de compréhension, de pardon et de compassion. Celui qui n'est pas humble, qui cesse de donner quand il ne reçoit pas en retour, qui donne parce qu'il cherche quelque chose en retour, celui-là n'a pas le véritable amour.


Examen de conscience

1. Que nous le voulions ou non, la vie nous apporte chaque jour son lot de fatigue, de contretemps, de difficultés. Si nous nous sentons abattus, sans énergie, pensons-nous à l’invitation que notre Seigneur continue de nous adresser, à tout moment, de « venir à Lui » ?

2. Saint Josémaria affirmait que notre esprit contemplatif ne devrait être ni impersonnel ni intemporel. C’est nous qui, ici et maintenant, entrons en contact avec le Seigneur. Avons-nous le réflexe, où que nous soyons et quelles que soient les circonstances, de nous adresser à lui en lui ouvrant tout grand notre cœur ?

3. Notre effort pour être fidèles aux enseignements du Christ traduit-il notre conviction que, selon ses propres paroles, nous estimons son joug facile et son fardeau léger ?





Commentaire de l'Évangile du jeudi de la 2ème semaine de l'Avent.
"Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence". Suivre Jésus, marcher là où il a marché, être un disciple du Christ et vivre selon ses enseignements implique des efforts. Cette lutte et cet effort, loin de nous attrister, nous rempliront de paix et de joie car ils nous permettront de nous rapprocher de Dieu.

Évangile (Mt 11, 11-15)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules :

« Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !


Commentaire

Les paroles de Jésus que l'Église nous propose dans l'Évangile d'aujourd'hui nous parlent de Jean-Baptiste, dont le Seigneur affirme qu'il est un prophète et plus qu'un prophète, parce que "parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que lui ".

C'est une grande louange à l'égard de Jean, il est plus grand que les grands prophètes et les rois d'Israël car "tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu'à Jean".

Ce royaume depuis Jean "souffre de la violence" ; le Baptiste lui-même est emprisonné pour avoir témoigné de la vérité. Et cette réalité demeure à ce jour. Suivre Jésus, marcher là où il a marché, être un disciple du Christ et vivre selon ses enseignements demande des sacrifices.

Lorsque le Seigneur lui-même nous invite à le suivre, il nous avertit que " Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive" (Mt. 16, 24). Comme le rappelle saint Josémaria, "cette force ne doit pas se traduire par la violence envers les autres : c'est la force qui s'exerce à combattre nos propres faiblesses et nos misères, c'est la vaillance qui nous empêche de déguiser nos infidélités personnelles ; c'est l'audace qui nous fait confesser la foi même lorsque l'ambiance nous est contraire" (St Josémaria Escriva. Quand le Christ passe, n°82).

Cette lutte et cet effort, loin de nous attrister, nous rempliront de paix et de joie parce qu'ils nous permettront d'être plus près de Dieu.


Examen de conscience

1. « Des violents cherchent à s’en emparer » nous dit le texte de l’évangile d’aujourd’hui. De quoi est-il question de s’emparer ? Rien de moins que du royaume des Cieux, donc de la vie éternelle et du droit d’entrer dans la joie de Dieu. S’agit-il pour moi, dans ma vie de tous les jours, de la priorité absolue ?

2. Or de quelle violence s’agit-il ? À l’origine, chez les grecs et les latins, elle signifiait plutôt « force vitale, dynamisme ». Nous pourrions donc dire « se faire violence ». Est-ce que, dans ma vie quotidienne, j’essaie par tous les moyens de contrôler mes réactions spontanées si elles ne sont pas bien orientées ?

3. Saint Paul exprime la même idée par les expressions « vieil homme » et « homme nouveau » qui coexistent chez tout un chacun. Est-ce que je fais le nécessaire pour faire mourir le vieil homme et grandir l’homme nouveau, grâce aux sacrements, ma formation personnelle et ma prière ?





Commentaire de l'Évangile du vendredi de la 2ème semaine de l'Avent.
“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Si nous ne sommes pas disposés à faire la Volonté de Dieu, ni les lumières dans la prière, ni les raisonnements, ne suffiront pour nous aider à suivre le vouloir divin.

Évangile (Mt 11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules :
« À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »


Commentaire

Dans ce passage de l’Évangile, Jésus reproche à ceux qui ont entendu sa prédication et vu sa conduite, de critiquer tout ce qu'il a fait : ils ont accusé Jean de "ne pas manger ni boire" et Jésus d'être un "glouton et un ivrogne". Par conséquent, Jésus finira par se rapporter à ses "œuvres" (v. 19) : ce sont elles qui prouveront la vérité de son être et de sa mission.

Parfois, nous pouvons devenir comme ces contemporains du Seigneur, si dans notre cœur nous n'avons pas pris la ferme résolution de faire la volonté de Dieu. Si cette disposition intérieure nous fait défaut, ni la lumière de la prière ni les motifs qui nous aident à suivre la volonté divine ne seront jamais suffisants.

Au contraire, lorsque nous voulons vraiment que la volonté de Dieu s'accomplisse dans notre vie, avec quelle facilité des résolutions surgissent dans notre prière pour déraciner ce qui ne va pas et ce qui, nous le savons, offense Dieu. Et le désir de grandir dans la générosité et dans l'amour de Dieu se fait également sentir ; nous aurons suffisamment de lumière pour nous donner complètement à la volonté de Dieu.


Examen de conscience

1. Notre Seigneur condamne sans ambages les procès d’intention. Ai-je l’habitude peu recommandable de juger les autres, sans les avoir entendus, et peut-être de les condamner dans ma tête ?

2. Suis-je fermement résolu à accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste dans mes engagements personnels et mes devoirs, même si cela exige de moi un effort peu commun ?

3. Alors que l’Avent avance, est-ce que j’essaie d’être généreux dans la préparation de mon cœur à la nouvelle naissance du Christ, par exemple par la mise en pratique dans ma vie quotidienne de quelques petites mortifications ?








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