Évangile (Lc 2, 1-14)
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Commentaire
L'heureuse annonce faite aux bergers continue de résonner à nos oreilles, chaque année, sans que nous ne puissions nous y habituer. Notre cœur est à nouveau rempli de joie lorsque nous écoutons le récit de la naissance du Fils de Dieu, comme si c'était la première fois. Le voyage de Nazareth à Bethléem, Marie sur le point d'accoucher, Joseph à la recherche d'un logement pour la naissance, le bébé qui naît, les langes et la crèche, l'annonce aux bergers, et leur visite empressée. Tout semble nouveau dans ce nouveau Noël.
Saint Luc situe la naissance de Jésus dans l'histoire du monde. L'empereur Auguste avait réussi à instaurer dans ses immenses territoires une longue période de paix, connue sous le nom de Pax Augusta, mais ce fut après de nombreuses guerres, de nombreuses soumissions, beaucoup d'esclavage. Pour cette raison, ce "premier recensement" peut sembler être un signe d'orgueil de la part de l'autorité, mais Dieu l'a utilisé pour accomplir les Écritures, puisqu'il a été écrit par le prophète que c’est à Bethléem de Judée que le Messie devait naître (cf. Mt 2, 5). Le voyage de Joseph avec sa femme enceinte, non sans risque, était un acte d'obéissance humaine, mais il a servi de moyen pour permettre à Marie et Joseph d'obéir à Dieu, pleinement convaincus que tout irait bien. Joseph était probablement dépassé par la difficulté à trouver le lieu le plus approprié pour cette naissance virginale. Mais sa force, sa sérénité et sa confiance en Dieu ont prévalu pour que Marie puisse donner naissance à "son fils premier-né", "l'aîné d'une multitude de frères" (Romains 8 : 29), dans un lieu apparemment inadapté à Dieu, une crèche, un coin peu connu d'une des provinces de ce grand empire. Mais les efforts de Joseph et la présence de Marie ont fait de ce pauvre village le plus digne non seulement de cet empire mais de la terre entière. Même les animaux de cette étable ont participé à cette merveille : "Le bœuf connaît son maître, et l'âne la crèche de son propriétaire", dit le prophète Isaïe.
Mais soudain, le ciel s'ouvre, la gloire de Dieu est incommensurable, et elle se manifeste non pas aux grands de la terre mais à certains bergers. C'étaient peut-être des hommes rustres, peu appréciés dans cette société, mais c'étaient eux qui avaient été choisis par Dieu pour être les témoins directs du grand événement. Ils étaient étonnés et saisis d'effroi par l'annonce qui venait de l'ange et par la foule de la cour céleste qui louait Dieu. Peut-être connaissaient-ils les prophéties qui parlaient du Messie qui naîtrait dans la cité de David : " Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël (Michée 5 : 2). Cependant, ils ne pouvaient pas imaginer que cette nuit-là, dans cet environnement qu'ils connaissaient si bien du fait de leur travail, cette promesse divine se réaliserait. Dieu les regardait avec joie en raison de leur bonne volonté, de leur humble condition. Ayant surmonté leur crainte initiale d'une visite aussi inattendue, ils étaient remplis d'une joie et d'une paix qu'ils n'avaient jamais connues auparavant. Les paroles du prophète que nous avons entendues lors de la première lecture de la messe de ce soir se sont accomplies en elles : "Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse " (Isaïe 9, 2).
Pour pouvoir participer à la joie de la naissance du Sauveur, nous devons regarder Marie et Joseph, les bergers, et nous émerveiller comme le ferait un enfant. Nous irons nous aussi adorer l'Enfant et tirer les leçons de la "chaire de Bethléem", comme saint Josémaria aimait à le dire. La leçon que nous devons peut-être apprendre le plus aujourd'hui est l'humilité, celle de se savoir petit devant Dieu, et ainsi les paroles de Jésus à ses disciples s'accompliront en nous : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » (Mc 9,37). Aujourd'hui, l'enfant est Jésus, celui qui est envoyé par le Père. Accueillons-le.
Examen de conscience
1. Suis-je disposé à poursuivre, au cours des semaines qui viennent, l’effort que j’ai fait pendant les quatre semaines de l’Avent pour préparer mon cœur à la naissance de l’Enfant Jésus ?
2. Puisque l’Enfant est déjà là, il s’agit de l’adorer, de l’entourer de notre affection, comme les bergers de Bethléem l’ont fait la nuit sainte. Est-ce que dans ma vie spirituelle je tiens compte des nuances que la fête et le temps de Noël apportent à la vie de l’Église et à la liturgie ?
3. Saint Josémaria conseillait de faire devant la crèche, si possible, un des moments quotidiens de prière mentale. Tout en me sentant libre pour choisir d’autres possibilités, suis-je prêt à faire le nécessaire pour suivre ce conseil qui a puissamment nourri l’esprit contemplatif d’un grand nombre ?
Évangile (Mt 10,17-22)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour
eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de
savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à
dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »
Commentaire
Le cœur toujours débordant de joie à la naissance du Sauveur, nous nous retrouvons aujourd'hui avec ces paroles de Jésus, qui annonce à ses disciples les persécutions à cause de son nom. La lumière et la croix, la joie et la douleur sont unies dans la vie du chrétien qui veut suivre le Maître avec persévérance, en faisant confiance à la force qui vient de l'Esprit Saint, pour résister aux menaces des ennemis de Dieu et de son Église.
L'Évangile d'aujourd'hui reflète la fidélité du premier disciple de Jésus qui lui a rendu témoignage devant les hommes. La fidélité signifie la ressemblance, l'identification avec le Maître. Tout comme Jésus, Étienne a prêché à ses frères de race, rempli de la sagesse du Saint-Esprit, et a accompli de grands prodiges pour son peuple ; comme Jésus, il a été emmené hors de la ville et y a été lapidé, tandis qu'il pardonnait à ses bourreaux et remettait son esprit au Seigneur (cf. Actes des Apôtres, 6, 8-10 ; 7, 54-60).
Mais nous pouvons dire à Jésus : comment ne pas être inquiets quand nous sentons la menace d'un environnement hostile à l’Évangile ? Comment ignorer la tentation de la peur ou du respect humain, pour éviter d'avoir à résister ? Plus encore, lorsque cette hostilité se manifeste dans son propre environnement familial, ce que le prophète a déjà prédit: "Car le fils insulte son père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison " (Michée, 7, 6). Il est vrai que Jésus ne nous donne pas une technique pour sortir indemne face à la persécution. Il nous donne beaucoup plus : l'assistance du Saint-Esprit pour parler et persévérer dans le bien, donnant ainsi un témoignage fidèle de l'amour de Dieu pour toute l'humanité, y compris pour les persécuteurs. En ce premier jour de l'octave de Noël, il y a encore de la place pour la joie, car ce que nous voulons le plus, ce qui nous rend heureux, n'est pas notre propre sécurité, mais le salut pour tous.
Examen de conscience
1. La pratique de ma foi chrétienne peut entraîner des incompréhensions et des difficultés de la part de certains dans mon milieu personnel. Suis-je disposé à les affronter sans me laisser intimider par qui que ce soit ?
2. Le martyre de saint Étienne nous rappelle que le don de force d’âme, un des sept dons du Saint-Esprit, est indispensable. Ai-je recours au Paraclet au moment de prendre certaines décisions dont la mise en pratique ne s’annonce pas facile ?
3. Saint Étienne est resté serein et joyeux jusqu’au dernier moment. Suis-je capable, avec l’aide de Dieu, de rester moi aussi serein dans certaines circonstances difficiles qui ne manquent jamais de se produire dans notre monde ?
Évangile (Lc 2, 22-40)
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Commentaire
Plusieurs scènes de l'enfance de Jésus recueillies par Saint Luc constituent l'Évangile de la solennité de la Sainte Famille cette année. Dans ces textes, les souvenirs empreints d'amour de la Vierge Marie semblent ressurgir. Lorsque Jésus n'était qu'un nouveau-né et que les jours de la purification rituelle de la mère étaient accomplis, Marie et Joseph sont allés présenter l'Enfant au Temple. Ils devaient payer la rançon de Jésus en tant que fils premier-né et offrir le sacrifice rituel de purification pour sa mère. La Sainte Famille est pauvre et c'est pourquoi elle présente deux tourterelles.
L'histoire se situe dans le cadre du Temple de Jérusalem, où la Sainte Famille se rendait avec dévotion, comme Luc lui-même le mentionne un peu plus tard (cf. Lc 2, 41). Au moins deux de ces voyages à Jérusalem et au Temple doivent avoir été spécialement gravés dans la mémoire de la Sainte Famille : la scène de la présentation et le moment où Marie et Joseph ont perdu l'Enfant à l'âge de 12 ans.
Dans l'épisode d'aujourd'hui, on peut remarquer la présence de la prophétesse Anna qui, à ce moment précis, louait Dieu et parlait de lui aux personnes pieuses qui attendaient la rédemption. On souligne également le chant joyeux de Siméon et ses importantes prophéties sur l'Enfant, qui serait un signe de contradiction pour le monde, et sur la Vierge, dont l'âme pure serait transpercée par une épée.
Le jour de la présentation de Jésus a donc été baigné dans un clair-obscur de joie et de tristesse. Dans un certain sens, l'ombre de la future croix a été projetée à l'avance sur les cœurs de Marie et de Joseph ; bien que la lumière pascale du salut ait également été pressentie, chantée et propagée par des femmes et des hommes de Dieu.
Dans toute la scène, la Sainte Famille apparaît comme un modèle de vertu et de vie familiale ordinaire. D'une part, Luc souligne à trois reprises qu'ils ont tout fait "selon la loi du Seigneur". Cette expression souligne la pieuse docilité de la Sainte Famille aux dispositions de la loi Mosaïque. La Sainte Famille, elle aussi, s'est rendue à Bethléem pour se faire enregistrer, démontrant ainsi sa docilité à l'autorité civile. Ce sont des exemples d'humilité et d'obéissance pour que nous puissions accomplir nous aussi ce que l'autorité compétente et légitime, tant religieuse que civile, a décidé.
Puis Luc raconte, brièvement, ce qui semble être un souvenir très juste de parents qui observent avec joie et étonnement comment un enfant grandit et mûrit rapidement. Tout dans l'enfance de Jésus et dans la vie de la Sainte Famille allait s'écouler simplement et naturellement. Leur manière fidèle d'accomplir la loi de Dieu lorsqu'ils se rendaient au Temple se reflétait également dans toute leur vie ordinaire, dans leurs relations avec les autres, dans leur façon de travailler et de se reposer, et même dans leur conduite extérieure.
"En grandissant et en vivant comme l'un d'entre nous, disait Saint Josémaria. Jésus nous révèle que l'existence humaine, nos occupations courantes et ordinaires, ont un sens divin. Même si nous avons largement médité ces vérités, nous devons toujours admirer ces trente années de vie obscure qui constituent la plus grande partie de la vie de Jésus parmi ses frères les hommes. Années obscures, mais, pour nous, claires comme la lumière du soleil. Ou mieux, splendeur qui illumine nos journées et leur donne leur véritable dimension, puisque nous sommes des chrétiens courants, qui menons une vie ordinaire, semblable à celle de millions de gens dans les coins les plus divers du monde » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 14).
Examen de conscience
1. Les souverains pontifes nous rappellent souvent que le Christ a voulu naître au sein d’une famille, soulignant par-là l’importance de la famille dans le dessein de Dieu. Ma famille occupe-t-elle la première place dans ma tête et dans mon cœur et, par conséquent, dans mon emploi du temps ?
2. Puisque la perfection n’est pas de ce monde, des frictions, des malentendus et d’autres troubles se produisent inéluctablement au sein de toutes les familles. Le moment venu, ai-je le bon réflexe d’invoquer la Sainte Famille de Nazareth, modèle de toutes les familles, sachant que son intercession auprès de Dieu le Père est toujours puissante et décisive ?
3. Selon une formule chère au cœur de saint Josémaria, est-ce que je fais en sorte que mon foyer soit un foyer plein de joie et de lumière ? Comment devrais-je m’y prendre pour qu’il en soit toujours ainsi, quoi qu’il puisse arriver ?
Évangile (Luc 2, 41-52)
Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,
devant Dieu et devant les hommes.
Commentaire
Aujourd'hui, nous célébrons dans l'Église la fête de la Sainte Famille. Quelle merveille que Dieu ait voulu s'incarner dans une famille.
Jésus nous a appris que Dieu est une famille. Non pas qu'il soit comme une famille, mais que Dieu soit une famille en lui-même. Ce sont les familles sur terre qui imitent la manière d'être de Dieu. Dieu est un et il est trine. Dieu le Père engendre le Fils. Et comme fruit de cet Amour entre le Père et le Fils, l'Esprit Saint est né. C'est le mystère de la Sainte Trinité, révélé par le Christ aux hommes. Par conséquent, en Dieu, il y a paternité, filiation et amour inconditionnel. Tous les éléments d'une famille.
Nous sommes créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. Ce n'est pas par hasard que Dieu a voulu nous donner une nature humaine, et que nous lui ressemblons. Ce n'est pas par hasard que l'homme a besoin d'une famille.
Chesterton disait que lorsque nous entrons dans une famille, nous entrons dans un monde incomparable que nous n'avons pas fait nous-mêmes, un véritable conte de fées où l'aventure suprême est de naître. La famille est le lieu où l'on est aimé simplement parce que l'on en fait partie, cela ne dépend pas de ce que l'on fait, de ce que l'on produit ou d'une certaine qualité. Les parents aiment leurs enfants parce qu'ils sont leurs enfants. Une mère ou un père fera tout pour ses enfants, ils sont aimés inconditionnellement.
Et si cela est vrai pour toutes les familles, combien plus l'est-il pour la Sainte Famille de Nazareth. Méditons un instant sur ce qu'est la famille de Jésus.
Regardons la docilité de Marie aux plans de Dieu. L'Esprit Saint lui demande de devenir la Mère du Messie, et lorsqu'elle est appelée par Dieu pour cette mission, elle n'hésite pas à se proclamer sa "servante". Le pape François a souligné lors d'une audience que Jésus exalte la grandeur de sa mère, et ce "non pas tant pour son rôle de mère, mais pour son obéissance à Dieu".
Joseph se distingue également par son obéissance aux plans de Dieu. Il est surprenant que Joseph ne dise pas un mot dans l'Évangile. Par contre, il ne cesse de faire ce que Dieu lui demande de faire. Il fait entièrement confiance à Dieu. Il ne parle pas, mais agit pour sauver sa famille. Ils ont dû s'exiler dans un pays étranger, quitter leur propre terre.
Et que dire de l'obéissance de Jésus : "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé" (Jn 4,34) ou au Jardin des Oliviers "Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite" (Mt 26,42). Jésus est l'exemple d'une vie donnée par Amour, d'une obéissance absolue aux plans de Dieu.
La Sainte Famille de Nazareth représente "une réponse à la volonté du Père", dit le Pape François. Et c'est l'un des grands enseignements de cet Évangile : le bonheur humain vient de l'accomplissement de la volonté de Dieu. Elle ne vient pas de l'élaboration de son propre plan, aussi génial soit-il. Dieu a de bien plus grands projets. Il nous enseigne qu'en réalisant ces plans, nous pouvons être complètement heureux. Et ce, malgré les difficultés. Chaque jour, nous avons l'occasion d'accomplir les plans de Dieu pour nos vies.
Aujourd'hui est un bon jour pour prier pour notre famille et pour toutes les familles qui souffrent, qui subissent des épreuves ou qui sont persécutées. Nous implorons la protection divine. Il ne s'agit pas de ne pas souffrir ou de ne pas avoir de difficultés dans cette vie, mais d'accepter la volonté de Dieu pour nous et pour notre famille. L'exemple de la docilité de la Sainte Famille de Nazareth nous aidera dans cette tâche.
Évangile (Jean 20, 1a. 2-8)
Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine courut donc, et vint trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : "On a enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons où on l'a mis." Pierre sortit alors avec l'autre disciple, et ils allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre. Et s'étant penché, il vit les linges posés là à plat, mais il n'entra pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arriva à son tour et entra dans le sépulcre. Il vit les linges là à plat, et le tissu qui couvrait la tête de Jésus, non pas à plat avec les linges, mais à part roulé à un autre endroit. Alors l'autre disciple qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi ; et il vit, et il crut.
Commentaire
La liturgie célèbre aujourd'hui la fête de saint Jean, apôtre et évangéliste, fils de Zébédée. Selon la tradition, Jean est le "disciple bien-aimé" qui s'est reposé sur la poitrine du Maître lors de la dernière Cène (Jn 13,25), a accompagné Jésus au supplice de la Croix avec Marie (Jn 19,26-27), a été témoin du tombeau vide et plus tard de la Présence du Ressuscité (Jn 20,2 ; 21,7).
Dans la scène de l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons Marie-Madeleine, Pierre et Jean autour du tombeau vide. Cette scène est de la plus haute importance car il y va de la véritable dimension du message de Jésus, que Jean a su transmettre avec tant de force. Ce n'est que si l'amour de Jésus est plus fort que la mort fatale que cela vaut la peine de tout risquer pour le Maître. Sans cette victoire, ses paroles resteraient de simples promesses qui se perdraient au fil du temps.
C'est peut-être l'amour réel et concret que Jean a reçu alors qu'il était proche du Maître qui l'a aidé à rester dans l'expectative et sur le qui-vive après les événements de la passion et de la mort de Jésus. Il y avait quelque chose d'authentique et d'immortel dans l'amour de Jésus, qui lui donnait le sentiment que l'histoire du Maître ne pouvait pas se terminer dans les ténèbres.
Ces souvenirs de Jésus, et bien d'autres, lui reviennent en mémoire lorsqu'il entend la nouvelle de Marie-Madeleine au sujet du tombeau vide. L'excitation le fait courir plus vite que Pierre, mais quand il arrive, il l'attend en signe de respect pour le chef des apôtres. Lorsqu'il se penche pour regarder, il ne voit pas Jésus, mais il voit les linges pliés, qui lui rappellent avec force que le mystère du Ressuscité est aussi le mystère du Crucifié.
Et même si les linges n'offraient pas une certitude absolue, Jean avait dans son cœur la clarté que seul l'amour peut donner. En voyant cela, il sut dans son cœur que les paroles qu'il avait entendues si attentivement des lèvres du Maître ne pouvaient être que vraies. Jésus était ressuscité et il restait maintenant à attendre de le voir et de l'entendre à nouveau.
Il existe un hymne ancien, récité dans la liturgie des heures, composé en l'honneur de l'évangéliste, qui peut servir de conclusion à ce commentaire. Le texte nous rappelle que nous avons dans le disciple bien-aimé un modèle à imiter, car nous sommes tous appelés à cette relation d'amour avec le Seigneur ressuscité.
Vous qui avez révélé à Jean
vos décrets les plus élevés
et vos secrets intimes
sur les évènements à venir,
faite que je puisse comprendre
tout ce que Jean a raconté.
Laissez-moi, Seigneur, poser
ma tête sur votre poitrine.
Vous qui, lors du repas, lui avez ouvert
la porte du cœur
et dans la transfiguration
l'avez conduit jusqu’à vous,
permettez-moi d'entrer
dans votre mystère sacré.
Laissez-moi, ô Seigneur, déposer
ma tête sur votre poitrine.
Vous qui, sur le Mont Calvaire
avez laissé entre ses mains
le plus saint des reliquaires :
la chair où vous avez habité ;
vous qui l'avez laissé être
le fils bien adopté.
Laissez-moi, Seigneur, reposer
ma tête sur votre poitrine.
Et toi, Jean, qui as répondu à tant d’amour
Avec amour
et qui as donné ta vie entière
pour ton Dieu et ton Seigneur,
apprends-moi à parcourir
le chemin que tu as tracé.
Apprends-moi à reposer
ma tête sur sa poitrine. Amen
Évangile (Mt 2, 13-18)
Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.
Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.
Commentaire
Quel contraste ! Les Mages d'Orient arrivent et couvrent l'enfant de cadeaux dignes d'un roi. Peu après, l'ange du Seigneur demande à Joseph de s'enfuir dans un pays lointain avec Marie et l'enfant, parce qu'un autre roi veut le tuer. La raison humaine ne comprend pas souvent les plans de Dieu, qui semblent se contredire : d'une part, tant de manifestations de sa bonté, et d'autre part, le mal et la souffrance sont tout proches de nous, et des problèmes surgissent qui bouleversent les projets que nous avions faits avec la meilleure intention.
Ces situations nous appellent à la prière, à une union plus intense avec Dieu, afin d'avoir une disposition humble, généreuse et sacrifiée, et d'accomplir ce que notre Seigneur dispose. Nous devrons parfois abandonner notre propre jugement et mettre de côté nos ambitions les plus nobles, afin de mettre notre volonté au service de ce que notre Seigneur nous montre et qui est particulièrement coûteux et même humainement inexplicable, parce que Dieu sait ce qui est le mieux pour nous. Il est certain que lorsque Joseph réveille Marie au milieu de la nuit et s'enfuit avec l'enfant, il ne se souvient pas de ce que l'Évangile cite : "d'Égypte, j'ai appelé mon fils" (Os 11,1). La prophétie faisant référence à l'enfant Dieu, ce qu'il comprendra plus tard.
La réaction violente d'Hérode et son désir de mettre l'enfant à mort, mettent en évidence la stérilité de ceux qui décrètent la mort de Dieu. Dieu incarné meurt quand il le veut, offrant sa vie pour la rédemption de beaucoup, car Dieu est le Seigneur de la vie et de la mort. Face aux événements inexplicables qui marquent notre existence, l'intelligence humaine peut se réveiller et faire le choix d'un athéisme pratique, mais avec cela, la seule chose qu'elle peut réaliser est de paralyser la raison et de la remplir de ténèbres et, par conséquent, de semer la désolation : ainsi se termine l'Évangile d'aujourd'hui, avec le cri de désolation de Rachel pour ses enfants.
Examen de conscience
1. Comme le commentaire de l’évangile ci-dessus le signale, il peut arriver que nous ne comprenions pas tout à fait la logique de Dieu. Suis-je malgré tout prêt à toujours suivre sa sainte volonté qui s’exprime par les voies habituelles : les commandements, les enseignements du Magistère, ma prière personnelle, etc. ?
2. Est-ce que je me sens directement responsable des membres de ma famille, aussi bien de leur bien-être matériel que de leur fidélité chrétienne ? Est-ce que, comme saint Joseph, je fais le nécessaire le cas échéant pour les protéger ?
3. Dans cet épisode, à la fois douloureux et triomphant, saint Joseph joue le rôle décisif. Comment suis-je en train de vivre l’année Saint Joseph proclamée par le pape François le 8 décembre dernier ?
Évangile (Lc 2, 22-35)
Quand
fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or,
il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Siméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Siméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu
en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux
nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Siméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup
en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Commentaire
Siméon vivait dans l'espérance. Quelle merveilleuse vertu ! L'un des plus grands cadeaux que Dieu nous fait lorsque nous recevons le baptême. Elle met dans notre âme la capacité d'espérer avec certitude tout ce dont nous avons besoin, car le Seigneur nous aime comme ses enfants bien-aimés. L'homme est un être de désirs. Tout en vivant sur la terre, il vit avec le désir d'atteindre le bien, le bonheur, car nous avons été créés pour Dieu, le bien suprême et la source du bonheur infini. Nous vivons dans l'espérance et cela donne des ailes à la foi et à l'amour. En revanche, ceux qui ne demandent pas à Dieu d'augmenter leur espérance et ne la cultivent pas tombent facilement dans le découragement et s'enfoncent dans le tourbillon de la vie. Une personne sans espoir vit confinée dans le découragement. Nous devons être des "voleurs" d'espérance, voler des petits morceaux de ciel, comme le disait saint Josémaria, pour ceux qui passent un mauvais moment. Demandez à notre Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie, Spes nostra, d'apporter la lumière de l'espérance à tous les cœurs.
Tous ceux qui interviennent dans la scène se rendent au Temple, conduits par Dieu : Siméon, poussé par l'Esprit ; Marie et Joseph pour accomplir un commandement de Moïse, qui est un commandement divin. Laissons Dieu nous prendre, aller avec lui partout et le conduire à tous : ainsi nous remplirons notre mission sur Terre et atteindrons le bonheur du Ciel.
Marie et Joseph sont frappés par ce que Siméon dit sur le nouveau-né. Dieu, par les paroles du vieil homme, leur révèle des choses nouvelles : que l'enfant sera un signe de contradiction en Israël et qu'une épée transpercera l'âme de Marie, prophétisant la suite et le rejet du Christ par ses contemporains, et, de façon voilée, la passion et la mort de l'enfant Dieu. Une fois de plus, les cœurs de Marie et de Joseph prononcent un oui à la volonté de Dieu, même si l'annonce est à la fois joyeuse et douloureuse, car ils savent que Jésus est le Sauveur du monde.
Examen de conscience
1. Toute sa vie durant, Syméon « attendait la Consolation d’Israël ». D’après la Tradition, ce n’est qu’à la fin de sa vie que son attente a été comblée. Est-ce que je sais persévérer dans ma prière de demande pour obtenir du Seigneur les grâces qui me semblent nécessaires pour moi, les miens et la société tout entière ?
2. C’est dans le Temple que Syméon a reçu l’Enfant dans ses bras. Puisque le Corps du Christ se trouve réellement présent dans chacun de nos tabernacles, ai-je la délicatesse d’aller lui rendre visite pour l’entourer de mon amour et de ma piété personnelle ?
3. Si le Seigneur est resté dans nos tabernacles, c’est bien pour se tenir près de nous, surtout lorsque nous avons le plus besoin de lui. Est-ce que j’y pense lorsque je suis confronté à des difficultés qui me perturbent et dont la solution n’est pas du tout évidente ?
Évangile Luc 2, 36-40
En ce temps-là, quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Commentaire
Une première considération, sur ce qui peut sembler très secondaire dans ce récit évangélique, concerne l'âge d'Anne. On nous dit qu'elle avait déjà quatre-vingt-quatre ans. On pense généralement que la meilleure étape de la vie c’est notre jeunesse ou le moment où nous avons exercé notre profession avec succès et de regretter avec nostalgie le passage des années. Nous pouvons même ressentir un certain mépris pour les personnes âgées et les considérer comme des personnes inutiles ou comme un fardeau. L'Évangile d'aujourd'hui nous enseigne exactement le contraire. La meilleure chose dans la longue vie de cette femme, veuve depuis son plus jeune âge, se produit à la fin de sa vie : rencontrer la Sainte Famille et voir le Sauveur du monde. À 84 ans, elle est devenue apôtre du Christ et parle de la venue du Rédempteur à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. Les nombreuses années ne sont pas un obstacle pour recevoir l'appel de Dieu et remplir notre mission dans le monde.
Une fois que Marie et Joseph ont présenté l'enfant au Temple, comme le prescrit la loi de Moïse, ils sont retournés dans leur maison, leur foyer à Nazareth, pour continuer à vivre comme une famille de plus. Saint Josémaria était heureux de contempler le naturel avec lequel le Fils de Dieu voulait vivre sur terre, surtout pendant les trente années de sa vie cachée à Nazareth. Il nous a parlé de la grandeur de la vie ordinaire, de la façon dont les tâches quotidiennes pouvaient être sanctifiées et se transformer en un véritable chemin de sainteté sur lequel les chrétiens ordinaires pouvaient marcher.
Le passage de l’Évangile que nous contemplons aujourd'hui se termine en disant que l'enfant grandissait et se fortifiait, plein de sagesse, et que la grâce de Dieu était en lui. C'est ce que nous demandons au Seigneur, pour chacun d'entre nous alors que nous terminons la contemplation de ce passage de l'Évangile : que le Saint-Esprit nous fortifie dans nos épreuves et illumine nos pensées par sa sagesse, afin que nous puissions profiter des grâces abondantes que nous recevons du Seigneur.
Examen de conscience
1. Le commentaire de l’évangile d’aujourd’hui nous rappelle que tout âge est bon pour s’approcher de Dieu. Est-ce que j’évite de tirer argument de mon âge, ou de mon état général, pour négliger mes devoirs envers le Seigneur ?
2. Dans son livre « Saint Rosaire », saint Josémaria nous fait remarquer que la Vierge Marie, bien qu’Immaculée, s’est soumise à la Loi et nous encourage à suivre la loi de Dieu, qui s’exprime à travers les prescriptions de notre Mère l’Église, malgré « tous les sacrifices personnels ». Est-ce toujours le cas en ce qui me concerne ?
3. Quoiqu’il fût le Verbe de Dieu, l’Enfant « grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui ». Le but de notre formation chrétienne est de nous fortifier et de nous remplir de sagesse. Ai-je le souci d’améliorer ma formation personnelle, sans penser qu’elle est déjà suffisante ?
Évangile (Jn 1, 1-18)
Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.
Il était dans le monde,
et le monde était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui,
et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire,
la gloire qu’il tient de son Père
comme Fils unique,
plein de grâce et de vérité.
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant :
« C’est de lui que j’ai dit :
Celui qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude,
nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse,
la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
le Fils unique, lui qui est Dieu,
lui qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui l’a fait connaître.
Commentaire
Providentiellement, l'Évangile du dernier jour de l'année coïncide avec le prologue de Jean qui nous parle de la nouvelle création en Jésus-Christ.
Nous venons de célébrer la Nativité de notre Seigneur et l'Église nous rappelle la grande nouveauté que ce prodigieux événement a apporté.
Jean commence son Évangile en déclarant que " Dieu, personne ne l’a jamais vu ". En fait, tout au long de l'Ancien Testament, on décèle un désir permanent de connaître Dieu, de contempler son visage : "C'est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face". (Ps 27, 8-9).
Les prophètes les plus proches du Dieu d'Israël, comme Moïse ou Élie, ont pu voir sa gloire, mais il ne leur a pas été accordé de voir son visage : "Je ferai passer toute ma splendeur devant vous (...) mais vous ne pourrez pas voir mon visage, car aucun être humain ne peut le voir et continuer à vivre" " Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur (…) mais tu ne pourras pas voir mon visage car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. " (Ex 33, 19-20).
Mais maintenant quelque chose a changé, car "le Dieu unique, qui est dans le sein du Père", est venu sur terre pour nous "dire" qui est Dieu, afin que nous puissions contempler le Dieu fait homme. C'est la vie de Jésus que nous lisons dans l'Évangile : l'histoire vivante de notre relation avec un Dieu qui est notre Père.
Contempler en ces jours le Tout-Puissant fait Enfant, et l'accueillir dans nos vies avec une générosité renouvelée, nous rappelle que nous avons reçu le "pouvoir d'être enfants de Dieu".
"Repose-toi sur la filiation divine. Dieu est un Père — ton Père ! — plein de tendresse, d’un amour infini.
Appelle-le souvent ainsi, Père. Et dis-lui, seul à seul, que tu l’aimes très fort ! Que tu te sens fier et fort d’être son fils" (saint Josémaria, Forge, n° 331).
Examen de conscience
1. Ai-je eu le bon réflexe de remercier le Seigneur pour tous les bienfaits qu’il m’a accordés au cours de l’année qui se termine ?
2. En même temps, ai-je recherché dans mon examen les fautes, les insuffisances et les faiblesses dont je me suis rendu coupable pendant les douze derniers mois ?
3. Quelle que soit la conclusion de mon examen, suis-je bien convaincu que le pardon de Dieu est plus grand que toutes les misères du monde réunies et suis-je prêt à y avoir recours dans le sacrement de la Réconciliation et, déjà aujourd’hui, par ma contrition personnelle ?
Évangile (Lc 2, 16-21)
En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.
Commentaire
Être mère est toujours un projet de Dieu. Mais être la Mère de Dieu n'a été réservé qu'à une seule femme dans l'histoire, Marie de Nazareth.
L'évangile d'aujourd'hui nous révèle quelque peu le mystère de la maternité divine de Marie. Nous ne savons pas comment Jésus a été conçu matériellement, comment l'Esprit Saint a agi, mais nous savons comment Jésus a compris ce que représentait le fait d'être sa Mère : "Celui qui fait la volonté de Dieu est mon frère, ma sœur et ma mère" (Mc 3,35). Ainsi, le Fils de Dieu précise que Marie est sa Mère plus parce qu'elle est docile à la volonté de Dieu qu'en raison de toutes les responsabilités naturelles d'une mère.
Et que fait celui qui fait la volonté de Dieu ? Durant les événements de Noël, beaucoup entendent des paroles divines, comme les bergers l'annonce des anges ou Zacharie la prédiction de Gabriel, mais Marie fait autre chose, elle " gardait dans son cœur tous ces événements.". C'est une attitude que nous retrouvons en d'autres occasions chez Marie (cf. Lc 2, 51).
Certains artistes représentent la scène de l'Annonciation comme la Parole de Dieu pénétrant dans l'oreille de Marie. Pendant des siècles, dans l'Antiquité et au Moyen Âge, on croyait que la Sainte Vierge avait conçu Jésus-Christ en écoutant. Cette attitude spécifique de notre Mère nous invite à renouveler le désir, au début d'une nouvelle année, de nous approcher de la Parole comme étant quelque chose qui produit la vie divine en nous et autour de nous. Parfois, il s'agit d'une phrase d'une lecture à la messe, d'autres fois d'un psaume ou d'un verset de l'Évangile lu avant d'aller au lit.
Une fois, une femme qui écoutait Jésus a eu un éloge sincère pour le ventre qui l'avait porté, mais le Maître avait répondu : "« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 28).
Si nous essayons d'écouter attentivement ce que Dieu nous dit et de le mettre en pratique, nous serons émerveillés comme les bergers et toute notre vie sera pour la gloire de Dieu.
Examen de conscience
1. Comme le commentaire ci-dessus le rappelle, Jésus a dit que celui qui fait la volonté de Dieu est pour lui un frère, une sœur, une mère. Me sachant enfant de Sainte Marie, mère de Dieu, est-ce je m’efforce moi aussi d’accomplir en tout la volonté de Dieu mon Père ?
2. Saint Josémaria interprétait le vieux dicton « Année nouvelle, Vie nouvelle » dans le sens de « année nouvelle, lutte nouvelle ». Est-ce que j’ai pris les résolutions opportunes pour être encore plus fidèle à Dieu au cours de l’année qui commence aujourd’hui ?
3. Or, sachant que je suis faible et pécheur, est-ce que j’ai aussi prévu de faire appel le plus tôt possible à la miséricorde de Dieu mon Père, d’abord par la contrition personnelle et ensuite dans le sacrement de Réconciliation ?
Évangile (Jn 1,19-28)
Voici le témoignage de Jean le Baptiste, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander :
« Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :
« Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit :
« Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? »
Il répondit :
« Non. »
Alors ils lui dirent :
« Qui es-tu ?
Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.
« Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit :
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question :
«Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète?»
Jean leur répondit :
« Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
Commentaire
Jean-Baptiste est l'un des protagonistes de la période de l'Avent et de Noël. Il est à la fois un prophète et un disciple du Messie. Son influence était si importante et il parlait et agissait avec une telle force que les pharisiens lui ont envoyé des prêtres pour connaître son identité. "Qui êtes-vous ?" est la question que l'on retrouve plusieurs fois dans l’Évangile de Saint Jean. Il s'agit de l'identité de Jésus, dont dépendent tant de choses, y compris toute notre vie.
Mais dans ce passage, nous examinons l'identité du Baptiste, qui d'une certaine manière reflète, prépare et illumine l'identité de Jésus.
À la question et à l'hypothèse des lévites, le Baptiste répond : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert". Saint Augustin souligne le fait que Jean était la voix, mais le Seigneur est la Parole qui existait dès le commencement (cf. Jn 1, 1). Si nous supprimons le mot, à quoi sert la voix? La voix atteint peut-être l'oreille mais, sans paroles, elle ne peut pas nourrir le cœur. Non seulement cela, mais Jean est la voix qui "crie" dans le désert, dans l'aridité d'un monde assoiffé de salut.
Cette confession de Jean suggère quelque chose sur notre identité, en particulier l'importance d'être de vrais apôtres. Un chrétien n'est pas appelé en premier lieu à transmettre un message moral, à enseigner certains dogmes de foi, mais à manifester Jésus-Christ dans sa vie. Un chrétien est la voix qui crie en son temps plus ou moins désert et dit "Emmanuel, Dieu-avec-nous".
C'est ce qu'ont fait les saints depuis le début de l'Église, comme l'affirme saint Paul : " Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié " (1 Co 2, 2). Ou comment saint Josémaria décrivait parfois sa norme de conduite habituelle par ces mots : " me cacher et disparaître est mon affaire, afin que seul Jésus brille " (Lettre 28-I-1975).
Examen de conscience
1. Comme saint Augustin l’affirme, Jean est la voix et le Seigneur la Parole. Est-ce que ma vie de tous les jours s’inspire réellement de la vie du Seigneur, au point d’en être un reflet, certes imparfait mais reconnaissable ?
2. Dans le plus grand respect des autres modes apostoliques qui ont vu le jour dans l’Église, saint Josémaria conseillait, surtout aux fidèles laïcs vivant au milieu du monde, un apostolat « d’amitié et de confidence ». Est-ce que par ma prière, l’authenticité de mon amitié et ma disponibilité je facilite les confidences de mes amis qui ont peut-être besoin de conseil, y compris dans leur vie spirituelle ?
3. Puisque dans l’expression employée par saint Josémaria, le mot « amitié » précède l’autre « confidence », est-ce que lorsque je me propose d’aider mes amis je pense surtout à leur bonheur et à leur bien-être, sachant qu’ils ne peuvent être vraiment trouvés que dans le Christ et ses enseignements ?
Évangile (Mt 2, 1-12)
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Commentaire
Saint Matthieu raconte que le passage de quelques personnes venues d'Orient pour adorer le Messie avait troublé toute la ville de Jérusalem, et en particulier Hérode le Grand, qui avait obtenu de Rome le titre de roi après de nombreuses démarches politiques. Et pourtant, diverses prophéties de l'Ancien Testament avaient déjà prédit ces événements : une étoile annoncerait la naissance du Messie (cf. Nb 24, 17) ; Bethléem en serait le lieu naissance (cf. Mi 5, 1). Et de fait, des chefs des prêtres et les scribes le dirent à Hérode. Il était également écrit que des étrangers viendraient l'adorer (Is 49, 23 ; Ps 72, 10-14), avec des chameaux et des dromadaires chargés d'or et d'encens (Is 60, 5-6 ; Ps 72, 15).
Matthieu ne précise pas l'identité, le nombre et le lieu d'origine de ces mystérieux personnages, et ne donne pas non plus beaucoup d'informations sur l'étoile. Les mages sont connus pour être des personnes instruites, étudiant la nature et conseillant les pharaons et les rois (cf. Ex 7 ; Jer 39). Ils avaient souvent recours à la divination et à la sorcellerie pour obtenir des informations importantes. Pendant l'exil à Babylone, le prophète Daniel avait travaillé à la cour du roi comme magicien prestigieux avec Ananias, Misaël et Azaria, et là se trouvaient aussi de nombreux observateurs d’étoiles et interprètes des songes (Dn 1). Saint Jérôme dit que les magiciens étaient des descendants de Balaam et auraient reçu de lui la prophétie de l'étoile qui devait apparaître (cf. In Matthaeum, 2). C’est dans un évangile apocryphe arménien que l’on apprend que les mages étaient au nombre de trois et s’appelaient Melchior, Gaspar et Balthasar.
D'autre part, le terme "Orient" désignait sans doute la Chaldée, la Perse ou Babylone. Quant à l'étoile, certains pensent qu'il s'agissait d'une comète, d'une conjonction de planètes, d'une supernova, etc. Souvent, les grands événements historiques et les naissances importantes ont été liés à des phénomènes cosmiques. Pour sa part, saint Jean Chrysostome pensait que l'étoile était en fait un ange (cf. Homiliae in Matthaeum, hom. 6).
En tout cas, les mages voyaient dans cette étoile le signe que le roi des Juifs était né. Et ils entreprirent donc depuis l'Orient, avec audace et foi, un voyage risqué et coûteux. Après une recherche laborieuse, ils furent remplis d'une joie immense lorsqu’ils découvrirent l'enfant, et ils se prosternèrent pour l'adorer en lui offrant des cadeaux. Forts de leur étude de la nature et des Écritures, les Mages ont atteint la connaissance la plus importante qu'un Magicien puisse trouver pour son roi : la naissance du Fils de Dieu. Ils sont ainsi devenus un modèle de foi pour tous ceux qui cherchent Dieu : « ils annoncent et demandent, ils croient et cherchent, à l'image de ceux qui marchent dans la foi et souhaitent voir », disait saint Augustin (Sermon n° 2 sur l'Épiphanie)
Grâce à leur humilité, ils ont pu assister à une manifestation de Dieu (« épiphanie ») dans un petit enfant. « Celui qui désire entrer dans le lieu de la naissance de Jésus, » disait Benoît XVI, « doit se baisser. (...) Si nous voulons trouver le Dieu apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison ʿlibéraleʾ. Nous devons déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel, qui nous empêche de percevoir la proximité de Dieu. » (Homélie du 24 décembre 2011)
Comme le disait aussi saint Josémaria :« Aux pieds de Jésus Enfant, en ce jour de l'Épiphanie, devant un Roi dépourvu des signes extérieurs de la royauté, vous pouvez dire : Seigneur, supprime de ma vie l'orgueil ; brise mon amour-propre, cette volonté de m'affirmer moi-même et de m'imposer aux autres. Fais que le fond de ma personnalité soit de m'identifier à Toi. » (Quand le Christ passe, n°31)
Les cadeaux offerts par les Rois Mages n'étaient pas de première nécessité, mais symbolisaient l'adoration que l'Enfant Dieu mérite. Saint Grégoire disait : « Nous offrons de l'or à ce nouveau roi, si nous brillons devant lui de la lumière de la sagesse ; de l'encens, si par nos prières nous exhalons en sa présence une odeur parfumée ; et de la myrrhe, si par l'abstinence nous mortifions les appétits de la sensualité. » (Homélies sur les Évangiles n°10)
Examen de conscience
1. « Où est le roi des Juifs ? » Dans une homélie pour l’Épiphanie, saint Josémaria nous donnait des orientations pour répondre à la question : « Il ne peut être dans l’orgueil qui nous sépare de Dieu. Il ne peut être dans le manque de charité qui nous isole » (Quand le Christ passe, n° 31). Ai-je l’habitude de me poser des questions semblables lorsque je fais un examen de conscience personnel ?
2. Parfois l’étoile, c’est-à-dire la lumière de la foi, semble s’éteindre. Suis-je patient pour la réclamer auprès du Seigneur et attendre qu’elle me soit rendue ?
3. « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ». Suis-je bien convaincu que la vraie joie ne peut venir que de Dieu et de ma fidélité à mes engagements chrétiens ?
Évangile (Mt 4, 12-17.23-25)
En ce temps-là, quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain.
Commentaire:
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous contemplons Jésus dans les premiers temps de son ministère public. Après l’arrestation de Jean Baptiste, il s’est retiré en Galilée et il prêche comme le faisait le saint Précurseur, en disant : « Convertissez-vous car le Royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4, 17).
Que signifie au juste le « Royaume des Cieux » ? Dans le premier tome de son livre sur Jésus de Nazareth, Joseph Ratzinger explique qu’« en parlant du Royaume de Dieu, Jésus annonce tout simplement Dieu, c'est-à-dire le Dieu vivant, qui est en mesure d'agir concrètement dans le monde et dans l'histoire, et qui y agit précisément maintenant. »
Le Christ annonce la venue de ce Royaume, et donc ce « Dieu qui agit », à travers ses miracles, c’est-à-dire lorsqu’il « guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple » (Mt 4, 23). Ces guérisons physiques ne sont pas des manifestations actuelles du Royaume mais les signes de sa venue. Elles sont plus précisément les signes d’une guérison plus profonde, celle de l’âme affectée par le péché, comme Jésus l’explique à l’occasion d’autres miracles de l’évangile, lorsqu’il met en relation la guérison physique et la rémission des péchés (par ex. dans Mt 9, 1-6). Le Christ est donc celui que Dieu nous envoie pour accomplir notre salut à travers la rémission des péchés. Ce Royaume sera institué lors de sa mort sur la Croix et sa résurrection des morts. C’est le mystère pascal qui introduit l’homme dans une relation nouvelle avec Dieu par la grâce.
Dieu vient donc nous libérer du péché, mais la condition indispensable de cette rédemption est le désir personnel et contrit de nous convertir, comme le prêche Jésus : « Convertissez-vous », ce qui signifie, en reprenant les termes originaux en grec, « Changez votre esprit » par rapport à votre vie passée et pécheresse.
Le sacrement de pénitence qui est le moment privilégié où se réalise notre conversion et la libération divine du péché, suppose précisément la contrition personnelle du pénitent, qui se traduit non seulement par la reconnaissance et le regret de nos péchés mais aussi par le ferme propos de ne plus recommencer. Comme le disait saint Augustin : « Dieu qui t'a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi » (Sermon 169, 13)
Examen de conscience
1. Inévitablement nous sommes exposés à des doutes, et aux moments de découragement. Suis-je bien conscient que, Jésus étant la Lumière du monde, c’est auprès de lui que je trouverai toujours la solution à mes problèmes ?
2. Saint Matthieu dit que Jésus « guérissait toute maladie et toute infirmité ». Ai-je assez de bon sens pour lui confier les intentions qui me tiennent le plus à cœur à l’heure actuelle ?
3. Jésus commence sa prédication par une invitation à la conversion personnelle : « Convertissez-vous ». En ce jour de rentrée après les fêtes, ai-je pris la ferme résolution de vivre la nouvelle année dans un esprit de fidélité à mes engagements chrétiens ?
Photo: Axel Bimashanda - Unsplash
Évangile (Mc 6, 34-44)
En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il
se mit à les enseigner longuement. Déjà l’heure était avancée; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient :
«L’endroit est désert et
déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger.»
Il leur répondit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répliquent :
« Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande :
« Combien de pains avez-vous ? Allez voir. »
S’étant informés, ils lui disent :
« Cinq, et deux poissons. »
Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte. Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Commentaire
« En ce temps-là, Jésus vit une grande foule ». Ainsi commence l’évangile d’aujourd’hui. Dans les versets précédents, saint Marc disait que Jésus avait invité ses disciples à peine rentrés de mission à prendre un peu de repos dans un endroit désert. Il aurait été sans doute légitime de se cacher pour prendre ce repos bien mérité et revenir ensuite avec plus de force pour s’occuper de ces gens. Mais le Seigneur a pris une autre décision, mue par la compassion.
« Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ». Cette même compassion, on la retrouve dans le personnage du bon Samaritain lorsque celui-ci vit un homme dépouillé et gisant à terre. « Il le vit et fut saisi de compassion » (Lc 10, 33) dit l’évangile. Cela aurait pu être pour lui un moment de réflexion et de délibération. Le bon Samaritain aurait pu se dire par exemple que cet homme gisant à terre était un juif, et qu’il serait donc préférable pour lui de partir, afin que ce soit un autre juif qui s’en occupe. Mais son raisonnement est différent. Il s’en est occupé lui-même, car il estimait que c’était son devoir.
Même les Apôtres semblent raisonner de façon excessivement « raisonnable » : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger ». Mais le Seigneur souhaite résoudre ce problème lui-même avec ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Les disciples sont déroutés, et c’est alors que Jésus, utilisant cinq pains et deux poissons, réalise le célèbre miracle de la multiplication des pains.
Cette scène évangélique est sans doute une annonce de l’Eucharistie, le pain venu du Ciel qui est le Corps même de Notre Seigneur pour donner la vie aux hommes. Mais elle nous fait aussi comprendre l’importance de la charité. Celle-ci n’est pas un calcul, ou un raisonnement, mais un impératif pour tout disciple du Christ, d’aimer ceux qui sont à nos côtés en cherchant tout simplement à leur venir en aide : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire » (Mt, 25, 35). Cela dit, ces deux aspects sont liés. C’est dans l’Eucharistie que nous recevons la vie du Christ, qui est une vie de don, une vie de charité, sous la conduite de l’Esprit Saint qui aide à raisonner avec la logique parfois « déroutante » du Christ.
Examen de conscience
1. Est-ce que me rappelle que Jésus est toujours « saisi de compassion » au vu de tout ce qui peut troubler notre vie, quelle que soit la nature du problème auquel nous pouvons être confrontés ?
2. La Tradition a toujours vu derrière la faim des foules la soif et la faim de Dieu. Lorsque « mon âme a soif de Dieu » (cf. Ps 41, 3), est-ce que j’ai le bon réflexe de chercher à calmer ma faim et à étancher ma soif en me tournant vers lui, surtout dans le sacrement de l’Eucharistie ?
3. « Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient ». Est-ce que, sachant qu’il s’agit d’un aspect important de l’esprit chrétien de pauvreté, je prends soin d’éviter tout gaspillage, dans tous les secteurs de ma vie, non seulement en ce qui concerne l’alimentation ?
Évangile (Mc 6, 45-52)
Aussitôt
après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à
monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule. Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier. Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre. Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris.
Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : " Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! "
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur, car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.
Commentaire
Le miracle de Jésus marchant sur la mer agitée suit chronologiquement celui de la multiplication des pains que nous avons considéré hier. Ces miracles apparaissent comme faisant partie de la formation dans la foi que Jésus donne à ses disciples. En effet, ceux-ci étaient restés dans le doute et l’incompréhension. Saint Marc dit même qu’« ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci ». Ils avaient donc besoin d’être renforcés dans leur foi.
Si dans l’évangile d’hier, ils étaient déroutés car ils ne voyaient pas comment ils pourraient nourrir plusieurs milliers de personnes avec seulement cinq pains et deux poissons, ils sont aujourd’hui « bouleversés » parce qu’ils voient Jésus marcher sur les eaux. Et de même qu’hier, c’est grâce à lui qu’ils se sortent d’une situation délicate. Et pourtant, Jésus semblait les avoir laissés agir tout seul, s’étant rendu sur la montagne pour prier.
Nous pouvons identifier dans cette scène évangélique des symboles de l’Église. La barque de Pierre avec ses Apôtres représente l’Église elle-même, placée sous l’autorité du Pape et des Evêques. Elle avance dans le courant de l’histoire, souvent ballottée par un vent contraire, qui représente des obstacles aux formes multiples à travers le temps, qui la déstabilisent profondément et semblent même avoir raison d’elle en certaines occasions. Cela dit, elle demeure intacte après des siècles d’existence, et cela précisément parce que Jésus est parti « pour prier ».
Joseph Ratzinger dit que « ce qui est déterminant c'est que dans sa prière, lorsqu'il est “auprès du Père”, il n'est pas absent ; bien au contraire, en priant il les voit. Quand Jésus est auprès du Père, il est présent à l'Église » (Joseph Ratzinger, Le Dieu de Jésus Christ, Fayard 1977, p 82). Si le Seigneur laisse donc ses Apôtres tout seuls, dit Théophylacte, permettant « qu’ils soient exposés au danger, c’est pour leur donner lieu de pratiquer la patience. Aussi ne vient-il pas immédiatement à leur secours, mais il permet que le danger dure toute la nuit, pour leur apprendre à attendre avec patience et à ne pas compter que le secours leur viendrait aussitôt au milieu de leurs tribulations ».
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! » dit Jésus pour apaiser ses disciples alors qu’il montait sur la barque. Ils étaient alors au comble de la stupeur, car ils ne parvenaient pas à tout comprendre, mais ils voyaient bien que Jésus leur faisait comprendre quelque chose de fondamental sur sa personne et son œuvre. Cet évangile est donc un encouragement à manifester notre foi en Dieu dans la patience au milieu des épreuves et la persévérance dans la prière.
Examen de conscience
1. « Il s’en alla sur la montagne pour prier », nous dit saint Marc. Les Évangiles nous montrent souvent Jésus en train de prier. Suis-je fidèle à mon plan de prière personnelle, y compris lorsque cette fidélité exige de moi certains renoncements ?
2. L’évangéliste nous fait comprendre que Jésus n’a pas laissé tout seuls ses apôtres mais qu’ils le suivaient attentivement. S’il m’arrive de me sentir seul, face à mes difficultés, est-ce que je pense à ce trait si capital de la personnalité de notre Seigneur ?
3. « Confiance, n’ayez pas peur ». C’est aussi à nous que le Christ pensait en adressant ces mots à ses disciples. Suis-je bien conscient que le « vent » finit toujours par tomber, à condition d’être fidèle au Christ et à ses enseignements ?
Évangile (Lc 4, 14-22a)
En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui
remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable
accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Commentaire
Ce passage de l’évangile de saint Luc présente le rôle du Saint-Esprit dans la mission du Christ. Il commence ainsi : « Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée ». Le terme δύναμις est traduit ici par le mot ‘puissance’, et il signifie aussi ‘force’ et même ‘miracle’. Le Seigneur accomplissait ainsi des miracles dans l’Esprit Saint afin de manifester la prochaine venue du Royaume des Cieux.
Puis Jésus reprend un passage du livre d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ». Ce dernier terme vient du grec χρίω qui signifie oindre, enduire, et qui a donné le nom : « Christ ». Cette onction était déjà préfigurée dans l’Ancien Testament par l’onction donnée aux prêtres et aux rois et qui étaient des préfigurations de la venue du Christ, Prophète, Prêtre et Roi. Dans le cas de Jésus, elle fut rendue visible lors de son baptême par Jean, lorsque l’Esprit Saint était descendu sur lui sous la forme d’une colombe.
Le Catéchisme de l’Église catholique dit que « cette plénitude de l’Esprit ne devait pas rester uniquement celle du Messie, elle devait être communiquée à tout le peuple messianique (cf. Ez 36,25-27 Jl 3,1-2). À plusieurs reprises le Christ a promis cette effusion de l’Esprit (cf. Lc 12,12 Jn 3,5-8 Jn 7,37-39 Jn 16,7-15 Ac 1,8), promesse qu’il a réalisée d’abord le jour de Pâques (Jn 20,22) et ensuite, de manière plus éclatante le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2,1-4). Remplis de l’Esprit Saint, les apôtres commencent à proclamer " les merveilles de Dieu " (Ac 2,11) et Pierre de déclarer que cette effusion de l’Esprit est le signe des temps messianiques (cf. Ac 2,17-18). » (CEC 1287)
Les chrétiens reçoivent cette onction dans les sacrements, et en particulier lors du Baptême et de la Confirmation « qui, pour ainsi dire, " confirme " et achève l’onction baptismale ». De cette manière, ils participent de la mission prophétique, sacerdotale et royale du Christ.
Examen de conscience
1. Puisque l’Esprit Saint a toujours été présent dans la vie et la mission du Christ, ai-je recours à sa lumière et à sa force pour aborder les mille et une questions qui sollicitent chaque jour mon esprit ?
2. Avant de la parfaire et la compléter, notre Seigneur suivait fidèlement les prescriptions de la Loi de Moïse, concrètement pour la sanctification du sabbat. Après les mois agités que la pandémie nous ont fait vivre et les restrictions qu’elle a imposées, y compris pour nos obligations chrétiennes, est-ce que j’essaie de reprendre au plus vite l’accomplissement de mes obligations, comme par exemple la messe dominicale ?
3. « Tous s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ». La doctrine du Seigneur, bien présentée, suscite toujours un étonnement positif. Est-ce que je m’efforce d’être un bon disciple qui fait connaître autour de lui les enseignements du Maître ?
Évangile (Luc 5, 12-16)
Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia :
« Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main et le toucha en disant :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne :
« Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. »
De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.
Commentaire
Catéchèse du Pape François du 22 juin 2016
« Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier » (Lc 5, 12) : c’est la requête qu’adresse un lépreux à Jésus. Cet homme ne demande pas seulement à être guéri, mais à être « purifié », c’est-à-dire entièrement rétabli, dans son corps et dans son cœur. En effet, la lèpre était considérée comme une forme de malédiction de Dieu, d’impureté profonde. Le lépreux devait rester éloigné de tous ; il ne pouvait pas avoir accès au temple ni à aucun service divin. Loin de Dieu et loin des hommes. Ces personnes menaient une vie triste !
Malgré cela, le lépreux ne se résigne ni à la maladie, ni aux dispositions qui font de lui un exclu. Pour rejoindre Jésus, il ne craignit pas de désobéir à la loi et entra en ville — ce qu’il ne devait pas faire, cela lui était interdit —, et quand il le trouva « il tomba sur la face et le pria en disant : “ Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ”« (v. 12). Tout ce que cet homme considéré impur fait et dit est l’expression de sa foi ! Il reconnaît la puissance de Jésus : il est sûr qu’il a le pouvoir de le guérir et que tout dépend de sa volonté. Cette foi est la force qui lui a permis de rompre toute convention et de chercher à rencontrer Jésus et, en s’agenouillant devant Lui, il l’appelle « Seigneur ». La supplication du lépreux montre que quand nous nous présentons à Jésus, il n’est pas nécessaire de faire de longs discours. Peu de mots suffisent, du moment qu’ils sont accompagnés par la pleine confiance en sa toute-puissance et en sa bonté. Nous remettre à la volonté de Dieu signifie en effet nous remettre à son infinie miséricorde. Moi aussi je veux vous faire une confidence personnelle. Le soir, avant d’aller me coucher, je récite cette brève prière : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ». Et je récite cinq « Notre Père », un pour chaque plaie de Jésus, car Jésus nous a purifiés avec ses plaies. Et si je fais cela, vous pouvez le faire vous aussi, chez vous, et dire : « Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier ! » et penser aux plaies de Jésus et réciter un autre « Notre Père » pour chacune d’elles. Jésus nous écoute toujours.
Jésus est profondément frappé par cet homme. L’Évangile de Marc souligne qu’« ému de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : “ Je le veux, sois purifié ”« (1, 41). Le geste de Jésus accompagne ses paroles et rend son enseignement plus explicite. Contre les dispositions de la Loi de Moïse, qui interdisaient de s’approcher d’un lépreux (cf. Lv 13, 45-46 ), Jésus tend la main et le touche même. Combien de fois rencontrons-nous un homme pauvre qui vient à notre rencontre ! Nous pouvons être généreux, nous pouvons éprouver de la compassion, mais généralement, nous ne le touchons pas. Nous lui offrons une pièce de monnaie, nous la jetons là, mais nous évitons de toucher sa main. Et nous oublions que c’est le corps du Christ ! Jésus nous enseigne à ne pas craindre de toucher le pauvre et l’exclu, car Il est en eux. Toucher le pauvre peut nous purifier de l’hypocrisie et nous préoccuper de sa condition. Toucher les exclus. Aujourd’hui, ces jeunes m’accompagnent ici. Beaucoup de personnes pensent que cela aurait été mieux s’ils étaient restés dans leur terre, mais là-bas ils souffraient tant. Ce sont nos réfugiés, mais beaucoup de personnes les considèrent comme des exclus. S’il vous plaît, ce sont nos frères ! Le chrétien n’exclut personne, il fait place à tous, il laisse venir tout le monde.
Après avoir guéri le lépreux, Jésus lui commande de n’en parler avec personne, mais il lui dit: « Mais va-t’en te montrer au prêtre, et offre pour ta purification selon ce qu’a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation » ( v. 14 ). Cette disposition de Jésus montre au moins trois choses. La première : la grâce qui agit en nous ne recherche pas à faire sensation. Généralement, celle-ci agit avec discrétion et sans bruit. Pour panser nos blessures et nous guider sur le chemin de la sainteté, elle travaille en façonnant avec patience notre cœur selon le Cœur du Seigneur, de manière à en assumer toujours plus les pensées et les sentiments. La deuxième : en faisant vérifier officiellement la guérison qui a eu lieu aux prêtres et en célébrant un sacrifice expiatoire, le lépreux est à nouveau admis dans la communauté des croyants et dans la vie sociale. Sa réinsertion complète sa guérison. Comme il l’avait lui-même supplié, il est à présent entièrement purifié ! Enfin, en se présentant aux prêtres, le lépreux rend témoignage à l’égard de Jésus et de son autorité messianique. La force de la compassion avec laquelle Jésus a guéri le lépreux a conduit la foi de cet homme à s’ouvrir à la mission. C’était un exclu, à présent il est l’un de nous.
Pensons à nous, à nos misères... Chacun a les siennes. Réfléchissons avec sincérité. Combien de fois les cachons-nous sous l’hypocrisie des « bonnes manières ». C’est précisément alors qu’il est nécessaire de rester seuls, de s’agenouiller devant Dieu et de prier : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ! ». Et faites-le, faites-le avant d’aller vous coucher, tous les soirs. Et à présent récitons ensemble cette belle prière : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier! »
Évangile (Jn 3, 22-30)
En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait. Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison. Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification. Ils allèrent trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit :
« Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »
Commentaire
Cette scène de l’évangile raconte des faits qui eurent lieu après le baptême de Jésus par Jean Baptiste. Il est dit que « Jésus se rendit en Judée (…) et il baptisait ». On s’est demandé quelle était la nature de ce baptême administré par Jésus au début de son ministère public. Les opinions divergent, y compris parmi les Pères de l’Église, mais il semble néanmoins probable qu’il ne s’agissait pas du baptême sacramentel, qui ne sera pratiqué qu’à partir de la Pentecôte.
Quoiqu’il en soit, on voit que Jésus a très vite attiré les foules, et cela a entraîné une certaine jalousie chez les disciples de Jean Baptiste : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! » À cela, Jean Baptiste répond : « Je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. ».
Jean Baptiste était donc très conscient que Jésus était le Messie annoncé et attendu par les prophètes, et sa mission consistait à lui attirer de nouveaux disciples. C’est ce qu’il a fait en lui envoyant ses disciples André et Jean, lesquels entraînèrent à la suite de Jésus leurs frères respectifs Pierre et Jacques. C’est pourquoi Jean Baptiste a cherché à calmer ses disciples inquiets en leur disant sa joie de voir Jésus se manifester : « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. »
Ce passage se conclut par la célèbre affirmation d’humilité de Jean Baptiste : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. ».
Jésus fera plus tard un formidable éloge de Jean Baptiste : « parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11, 11). Il semble évident que ce qui a rendu Jean Baptiste si grand c’est son humilité et le désir d’agir uniquement pour la gloire de Dieu.
Examen de conscience
1. « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue », a déclaré Jean Baptiste dans une formule qui pourrait être considérée comme sa devise personnelle. Est-ce que j’essaie de pratiquer la vertu d’humilité pour que notre Seigneur trouve mon cœur délivré de toute visée humaine ?
2. Est-ce que je m’inspire, moi aussi, de la devise de Jean dans ma vie de tous les jours, en famille à la maison, au bureau, dans les transports et, en général, dans ma vie dans la cité ?
3. Concrètement, est-ce que je sais céder dans une discussion portant sur des questions non essentielles ? Et s’il s’agit de questions essentielles, est-ce que je sais présenter la vérité avec humilité et respect des autres, sans jamais chercher à les humilier ou à avoir le dernier mot ?
Évangile (Mc 1, 7-11)
En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait :
« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux :
« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Commentaire
Le temps de Noël s'achève avec la fête du Baptême du Seigneur au Jourdain, un événement chargé de mystère et un épisode fondamental de l'Histoire du Salut. Sur les rives du Jourdain, nous contemplons avec le même étonnement que celui du Baptiste comment le Fils de Dieu fait homme se met volontairement à la suite des pécheurs et se soumet au baptême de pénitence prêché par Jean.
Fruit de cet acte de solidarité de Jésus avec les hommes, la Sainte Trinité nous est révélée : dans la voix du Père, dans l'écoute obéissante du Fils incarné et dans la puissance de l'Esprit, qui descend sur Lui sous la forme d'une colombe. Le récit est bref, raconté par Marc avec simplicité. Il a une grande profondeur théologique et, dans un certain sens, il résume l'œuvre de rédemption que Jésus est venu accomplir.
D'une part, Jésus est plongé dans les eaux du Jourdain, qui symbolisent la pénitence, le châtiment et la mort que les hommes subissent à cause du péché. Les eaux symbolisent également la souffrance de Jésus sur la croix. Ils nous rappellent les eaux du châtiment dans le déluge universel (voir Gn 6-9).
Mais ces mêmes eaux du Jourdain, sanctifiées par Jésus, plus qu'un simple châtiment, sont aussi le symbole d'une nouvelle création : celle du baptême chrétien. Lorsque Jésus sort à nouveau des eaux, sa résurrection d'entre les morts est préfigurée, ce qui est aussi une anticipation de notre propre résurrection. En cela, les eaux du Jourdain nous rappellent les eaux originelles de la Genèse (cf. Gn 1), à partir desquelles la voix de Dieu a tout créé et sur lesquelles l'Esprit de Dieu a plané.
Tout l'épisode du Baptême du Seigneur révèle donc la miséricorde infinie de Dieu envers ses créatures. En fait, les cieux s'ouvrent enfin aux hommes, comme ils s'ouvrent à Jésus ; la voix du Père, qui appelle toujours le Verbe éternel "Fils bien-aimé", est maintenant aussi appelée dans un être humain, comme une prémisse pour nous tous ; et le Saint-Esprit, qui procède éternellement de l'amour du Père et du Fils, descend sur Jésus de Nazareth, en prévision de sa descente sur les enfants de Dieu.
Grâce à ce don précieux conquis par le Seigneur sur la croix, grâce au "baptême dans l'Esprit Saint", nous pouvons traiter Dieu comme des enfants bien-aimés, avec amour et confiance. C'est pourquoi saint Cyrille de Jérusalem nous dit : "si vous avez une piété sincère, l'Esprit Saint descendra aussi sur vous et vous entendrez la voix du Père » (Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse III, Sur le baptême, 14).
La joyeuse vérité de notre filiation divine peut et doit éclairer toute notre vie au point de vivre et de penser comme Jésus lui-même. Saint Josémaria nous dit à ce propos que nous savoir et nous sentir fils de Dieu "suppose un authentique programme de vie intérieure, que tu dois canaliser dans tes relations de piété avec Dieu - peu nombreuses, mais constantes, j'insiste - qui te permettront d'acquérir les sentiments et les façons d'être un bon fils" (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 150).
La personne qui se sent regardée avec amour par Dieu à chaque instant, comme l'a ressenti Jésus, est remplie de réconfort et de sécurité, car ce Dieu qui est bon, qui déverse sur elle son amour inconditionnel, lui dit : "Tu es mon fils bien-aimé".
Maintenant que nous sommes sur le point de commencer le temps ordinaire, rempli de petites situations quotidiennes et courantes, nous pouvons redécouvrir ce merveilleux don que Jésus nous a obtenu sur la croix et le faire connaître à notre famille et à nos amis.
Examen de conscience
1. Jean Baptiste a préparé l’arrivée du Christ et lui a rendu témoignage. Est-ce que par ma fidélité à ma foi chrétienne j’essaie de préparer le cœur de tous ceux que je fréquente et de rendre témoignage au Christ ?
2. Au moment du baptême de Jésus, le Père du ciel a dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Puisque notre foi chrétienne ne consiste pas uniquement à suivre une doctrine et un code morale mais, en plus et surtout, à nous identifier au Christ, est-ce que je suis bien conscient qu’en moi aussi, dans mon comportement, ma vie de piété et l’accomplissement de mes devoirs, il devrait trouver sa joie ?
3. Jean a fait connaître le Christ à ses propres disciples et certains d’entre eux l’ont aussitôt suivi. Est-ce que, dans mon effort apostolique, je fais en sorte que les âmes ne s’attachent pas à moi mais uniquement au Christ ?
Évangile (Luc 3, 15-16. 21-22)
En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel :
« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Commentaire
Dans la vie de Jésus, nous voyons de nombreux moments où il accomplit des actions qui, apparemment, n'ont aucune logique humaine. Pourquoi Jésus a-t-il voulu s'incarner ? Pourquoi a-t-il été soumis à Marie et Joseph toute sa vie ? Pourquoi Jésus a-t-il prié s'il était lui-même Dieu ? Et dans le cas qui nous intéresse dans l'Évangile d'aujourd'hui, pourquoi Jésus est-il baptisé ? Même Jean le Baptiste a essayé de le dissuader : "C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». (Mt 3, 14) Il est évident que Jésus ne devait pas en avoir besoin pour accomplir aucune de ces actions. Pourquoi alors ? Le Pape François répond : "Parce qu'il veut être avec les pécheurs : c'est pourquoi il se met en phase avec eux et accomplit leur même geste". Jésus a voulu nous donner l'exemple "il convient que nous accomplissions ainsi toute justice" (Mt 3,15), il veut nous enseigner ce qui est le mieux pour nous.
Il est merveilleux de considérer que Jésus nous a enseigné la voie à suivre. Il ne l'a pas fait parce qu'il en avait besoin, il l'a fait parce que nous en avons besoin. Jésus a voulu venir sur terre pour que nous puissions être sauvés et devenir des enfants de Dieu. Son baptême est étroitement lié à notre baptême. Jésus prend soin de ce dont nous avons besoin. Et nous sommes des mendiants de l'amour de Dieu, de Dieu notre Père. C'est ce que nous célébrons aujourd'hui.
Vous et moi, ajoute le Pape François, pouvons aussi imiter Jésus, en tendant la main et en prenant soin des besoins des autres, "c'est aussi la façon dont nous pouvons élever les autres : pas en jugeant, pas en suggérant ce qu'il faut faire, mais en étant proches, compatissants, en partageant l'amour de Dieu". Nous sommes appelés à imiter le Christ, et une façon très concrète de le faire est de regarder les besoins des autres et pas tellement les nôtres. Sortir de soi, regarder celui qui est dans le besoin, celui qui a besoin de notre attention, de notre temps, de notre sourire, etc... Imitons le Christ en levant les yeux vers notre prochain. C'est la voie du vrai bonheur, car il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.
Un autre enseignement joyeux de l'Évangile est que tous les baptisés sont enfants de Dieu. Le Seigneur, en nous aimant comme ses enfants, nous a fait vivre dans sa maison, au milieu de ce monde, que nous appartenons à sa famille, que ce qui est à lui est à nous et que ce qui est à nous est à lui, que nous avons avec lui cette familiarité et cette confiance qui nous font demander, comme le petit enfant, la lune ! (Quand le Christ passe, 64)
Méditer sur notre condition d'enfant de Dieu est une réalité joyeuse : je suis un enfant de Dieu ! Et cela nous apprend à regarder le monde d'une manière différente. Lorsque nous sommes conscients de cette réalité, nous voyons dans les autres une personne pleine de valeur. Nous ne voyons pas s'ils ont telle ou telle qualité, s'ils ont une certaine couleur de peau, s'ils ont une certaine idée politique, etc ? Lorsque notre identité est façonnée par le fait que nous sommes enfants de Dieu, nous voyons qu'il n'y a "qu'une seule race : la race des enfants de Dieu". Il n'y a qu'une seule couleur : la couleur des enfants de Dieu. Et il n'y a qu'une seule langue : celle qui parle au cœur et à la tête, sans bruit de paroles, mais en nous faisant connaître Dieu et en nous amenant à nous aimer les uns les autres" (Le Christ passe, 106).
Aujourd'hui est un grand jour pour méditer sur le don reçu au baptême. La chose la plus importante dans ma vie, la chose qui me définit le plus en tant que personne, c'est que je suis un enfant de Dieu. Demandons à notre Sainte Mère Marie de nous faire prendre conscience de la merveille d'être des enfants de Dieu.