Ressources Catholiques Missel Romain










  



Commentaire de l'Évangile du lundi de la 1ère semaine du temps ordinaire
"Jésus est venu en Galilée, prêchant l'Évangile de Dieu". Nous nous sommes habitués à ces paroles, mais elles méritent de s'y arrêter un peu pour en percevoir la force : le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous communiquer personnellement la bonne nouvelle.

Évangile (Mc 1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez- vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.


Commentaire

Le premier chapitre de l'évangéliste Marc nous dit que Jésus commence sa vie publique en prêchant l’Évangile de Dieu. Nous sommes peut-être habitués à ces paroles, mais il vaut la peine de s'arrêter une fois de plus pour les écouter avec toute leur force : Jésus est venu apporter la bonne nouvelle en personne aux hommes et aux femmes qui sont prêts à l'écouter avec foi.

Nous découvrirons peu à peu dans les pages de l’Évangile en quoi consiste cette bonne nouvelle, mais le Seigneur précise dès le début que pour l'entendre, il faut avoir la volonté de changer ce qui n'est pas en accord avec son message, pour se convertir et pour ouvrir les oreilles du cœur.

Dans le passage que nous lisons aujourd'hui, l'évangile nous dit que Dieu est roi et veut régner sur la terre. Ce message risque certainement d'être mal interprété, car son règne est d'un genre particulier et ne ressemble pas aux règnes de la terre. Avec les apôtres, nous apprendrons que Dieu ne veut pas établir son pouvoir par le commandement et la force, mais par le service et l'amour mutuel.

Comme les apôtres, le Seigneur continue d'appeler chacun d'entre nous à participer à la diffusion de l'évangile et, en même temps, il me demande si oui ou non je vis ma foi comme une bonne nouvelle. C'est peut-être une bonne occasion de nous proposer de mieux connaître le sens profond du message de Jésus et de vivre ainsi avec une nouvelle force la joie d'une aussi bonne nouvelle.





Évangile du mardi de la 1ère semaine du Temps Ordinaire et son commentaire
"Tais-toi et sors de cet homme !" Le Seigneur répond fermement à un démon qui l'avait reconnu comme le Saint de Dieu. Méditons sur ce "secret" que Jésus ne veut pas faire connaître et sur la raison profonde qui le pousse à imposer le silence.

Évangile (Mc 1, 21-28)

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :

« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

Jésus l’interpella vivement :

« Tais-toi ! Sors de cet homme. »

L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux :

«Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent.»

Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.


Commentaire

Jésus est à Capharnaüm pour prêcher et réaliser des miracles. Nous voyons ici que le message qu'il est venu apporter est présenté avec une force si étonnante que le Seigneur devient rapidement une personnalité célèbre, laissant stupéfaits ceux qui le voient et l'entendent.

À cette occasion, on lui amène un démoniaque qui, reconnaissant immédiatement que Jésus est le Saint de Dieu, reçoit comme réponse des paroles fortes du Seigneur : "Tais-toi et sors de lui". Tout au long de l'Évangile de saint Marc, nous constaterons à nouveau que Jésus veut que le "secret" de sa véritable identité soit gardé (cf. Mc 1:25, 34, 44 ; 3:12 ; 5:43; 7:24, 36 ; 8:26, 30 ; 9:9).

Quelle était l'intention de Jésus en imposant ce silence ? Nous pouvons le comprendre si nous considérons que le diable, dès le premier instant, tente de détourner Jésus vers une logique humaine qui consisterait à obtenir le succès par la force et le spectacle, alors que le Seigneur sait que la souffrance et l'humiliation de la croix sont une partie fondamentale de sa mission.

Jésus ne se laisse pas vaincre par la tentation de la facilité. Il sait que s'il veut vaincre le diable, il ne doit pas se laisser distraire par les fleurs de la route et aller directement à la rencontre des ténèbres de la souffrance et de la mort, pour nous montrer que même dans cette situation difficile, la lumière de Dieu est toujours présente et ne nous abandonne pas.

Aujourd'hui, le diable continue d'agir de la même manière et essaie par tous les moyens de nous détourner de la vocation à laquelle le Seigneur nous a appelés. Une fois de plus, Jésus nous enseigne à ne pas dialoguer avec la tentation, mais à nous en écarter avec un "tais-toi" bien déterminé lorsque c'est nécessaire.





Commentaire de l’Évangile du mercredi de la 1ère semaine du temps ordinaire
"Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait". Le Seigneur nous enseigne que, quelle que soit notre occupation, cela vaut la peine de faire l'effort de trouver un moment concret dans la journée pour dialoguer avec Dieu notre Père.

Évangile (Mc 1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent :

« Tout le monde te cherche. »

Jésus leur dit :

« Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.


Commentaire

Le Seigneur parcoure les champs et les villages de Galilée proclamant son message, guérissant et chassant les démons. C'est une activité intense, car de plus en plus de personnes apprennent à le connaître et à lui manifester leurs attentes. Les apôtres, qui n'accompagnent le Seigneur que depuis peu de temps, n'en reviennent pas : tout le monde te cherche !

Au milieu de ce va-et-vient, Saint Marc nous raconte, en passant, un détail qui, si on y regarde de près, s'avère être la clé pour comprendre d'où vient la force de mener à bien leur mission auprès du Seigneur. Nous lisons : "Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait".

Jésus a eu la volonté d'aller dans toutes les périphéries de la Galilée parce qu'il a cherché, même au prix de beaucoup d'efforts, à dialoguer avec son Père. Nous apprenons ainsi que la tâche d'annoncer l'Évangile et la vie de prière sont indissolublement liées.

C'est dans la prière que nous découvrons toujours à nouveau le vrai fondement de notre vie chrétienne, où nous trouvons notre centre de gravité et surtout où nous parvenons à nous libérer de la précipitation, de l'agitation, de la superficialité, de l'activisme.

Saint Marc nous montre ainsi les deux faces d'une même monnaie. D'une part, que nous sommes invités, comme le Seigneur, à une intense activité d'évangélisation, prêts à nous sacrifier pour le bien des personnes qui nous sont proches, et d'autre part, que nous ne devons pas oublier que notre force est prêtée et que nous devons donc la rechercher dans la prière et le dialogue avec Dieu.





Commentaire de l’Évangile du jeudi de la 1ère semaine du temps ordinaire
"Un lépreux est venu le supplier à genoux ». À genoux, nous assumons la vérité de notre vie dans le besoin et accueillons dans notre cœur la vie merveilleuse de Dieu.

Évangile (Mc 1, 40-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :

« Si tu le veux, tu peux me purifier. »

Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit :

« Je le veux, sois purifié. »

À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant :

«Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage.»

Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.


Commentaire

Plus personne ne veut s'agenouiller. Très peu de gens peuvent se rendre compte que ce geste est peut-être le seul qui ouvre la porte à l'espérance. Et encore moins qu'il s'agit peut-être de l'acte le plus correct et le plus estimable que nous puissions accomplir lors de notre bref passage sur terre. C'est pourquoi, dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous apprenons d'un lépreux une merveilleuse leçon évangélique.

Le lépreux de Galilée sait qu'il est lépreux, il assume son état de rejeté et présente ses blessures à Jésus. C'est précisément l'acceptation de sa misère qui l'amène à courir se prosterner à genoux devant le Nazaréen qui, bien qu'il ne le sache pas, est le Verbe de Dieu incarné.

Car s'agenouiller implique aussi reconnaître que je ne suis pas seul avec mes souffrances. Qu'il y a quelqu'un qui peut me libérer de ma saleté. Qu'il y a quelqu'un à qui je peux confier mon néant et ma pauvreté. Un homme, une femme à genoux est la meilleure icône de l'espérance.

S'agenouiller devant Jésus signifie que Lui seul justifie mon existence. Nous voulons vivre à genoux en permanence : chaque matin et chaque soir, juste en se levant et avant d'aller au lit. Nous voulons aussi nous agenouiller devant le Corps et le Sang du Christ tous les jours à la Messe, lorsque les cloches sonnent dans l'église pendant l'élévation des espèces sacrées. Et aussi devant le prêtre dans le sacrement de la Pénitence. Comme le lépreux, nous voulons dire : si tu veux, tu peux me purifier. Parce que nous voulons entendre la voix du Christ, qui dit : je le veux, sois purifié.





Commentaire de l’Évangile du vendredi de la 1ère semaine du temps ordinaire
Quand Jésus a vu sa foi, il a dit au paralytique : " Mon fils, tes péchés te sont pardonnés ". Demandons au Seigneur d'augmenter notre désir d'aider nos frères et nos amis à le rencontrer face à face, afin qu'ils puissent commencer une nouvelle vie pleine de bonheur.

Évangile (Mc 2, 1-12)

Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé :
« Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit :
« Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »


Commentaire

Dans la scène qui nous est présentée aujourd'hui, un homme paralysé retient l'attention de Jésus. C’est une personne dépendante, car il a besoin de quatre personnes pour s'approcher du Maître et demander la guérison. En fait, les premiers mots du Seigneur "Tes péchés sont pardonnés" (v. 5) sont prononcés par le Seigneur en voyant la foi des personnes qui portent l'infirme.

Au-delà du grand miracle de guérison que le Seigneur accomplit sur l'âme et le corps du malade et de la dureté de cœur des scribes qui observent le miracle, l'attitude de ces quatre personnes qui portent le paralytique nous donne une leçon sur la façon chrétienne d'agir avec les personnes que nous souhaitons rapprocher du Seigneur.

On peut penser qu'avant de chercher un brancard et de porter le malade, de se frayer un chemin dans la foule qui se pressait autour de Jésus et de pouvoir se faire un passage juste devant le Maître, ces quatre personnes étaient convaincues que le miracle de la guérison était possible. Ils le désiraient de toutes leurs forces car leur amour pour le malade - qui était probablement leur ami - était grand, et ils cherchaient le meilleur pour lui. Pour eux, plus tard, se mettre au travail et atteindre Jésus n'a pas été si difficile.

De plus, Jésus vient tout de suite à notre rencontre parce qu'il désire que nous lui présentions nos problèmes et nos attentes profondes pour les combler. Parfois, nous serons capables de le faire nous-mêmes... mais la plupart du temps, nous aurons besoin d'un frère ou d'un ami pour nous aider à faire ce pas pour trouver Jésus.





Commentaire de l’Évangile du samedi de la 1ère semaine du temps ordinaire
"Il y en avait beaucoup qui le suivaient". Jésus est suivi par beaucoup parce qu'il aime tout le monde. En Lui, il n'y a aucune discrimination pour quelque raison que ce soit. Il aime tout simplement, il frappe à la porte et, si on lui ouvre, il entre sans rien demander. Jésus a besoin de chrétiens qui sont ainsi pour continuer à sauver les cœurs blessés.

Évangile (Mc 2, 13-17)

En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. »

L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples :

« Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »

Jésus, qui avait entendu, leur déclara :

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.

Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »


Commentaire

Toute la foule allait vers lui, beaucoup le suivaient... À quoi devait ressembler le visage de Jésus et quelles étaient ses paroles pour que tant de femmes et d'hommes pécheurs soient subjugués par sa très sainte humanité ? Jésus veut continuer à faire des miracles aujourd'hui dans tant de cœurs et il compte sur le visage, le regard et les paroles des chrétiens. Nous devons l'imiter si nous voulons être ses collaborateurs.

L'Évangile de la vocation de Matthieu nous montre un trésor du cœur de Jésus, quelque chose de très caractéristique de sa façon d'être. Le Seigneur n'a exclu personne. Le Maître s'est laissé inviter et s'est même invité lui-même à déjeuner dans la maison de ces collecteurs ou ces groupes d'hommes qui étaient mis à l'écart. Jésus n'a pas posé de questions sur les idéologies, les races ou quoi que ce soit d'autre. Il regarde simplement le cœur avec tendresse, frappe à la porte et, si on lui ouvre, il entre.

Ainsi, il est entré dans la maison de Matthieu, le publicain, avec tout ce que cela signifie... Car être publicain signifie être méprisable. Un publicain était un juif percepteur d'impôts, un collaborateur du pouvoir romain étranger et était généralement un homme corrompu et escroc. Les autorités et les gens du peuple ne voulaient pas avoir de relations avec lui. Mais Jésus n'est pas effrayé par ce que l’on peut dire ou par le péché de quelqu'un parce qu'il est le Sauveur de l'humanité. Jésus aime Matthieu et un point c'est tout.






Commentaire du dimanche de la 2ème semaine du temps ordinaire (année B).

Évangile (Jn 1, 35-42)

Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :

« Voici l’Agneau de Dieu. »

Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit :

« Que cherchez-vous ? »

Ils lui répondirent :

« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »

Il leur dit :

« Venez, et vous verrez. »

Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :

« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit :

« Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.


Commentaire

L'Évangile de ce deuxième dimanche du temps ordinaire raconte l'appel des premiers disciples du Seigneur. Jean-Baptiste les invite à la pénitence, éveille une disposition intérieure, encourage la pratique de la vertu et annonce la venue prochaine du Royaume de Dieu. Le mystère du Christ lui avait déjà été révélé lorsqu'il a désigné Jésus comme "l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde" (Jn 1, 29). Ses disciples ont dû se rappeler que le sang de l'agneau pascal a sauvé les Israélites de la mort en Égypte. Le sacrifice du Christ a déjà été annoncé par Isaïe lorsqu'il a comparé les douleurs du Serviteur souffrant au sacrifice d'un agneau (cf. Is 53, 7).

En écoutant le Baptiste désigner le Christ comme "l'Agneau de Dieu", André, et un autre identifié comme étant Jean, suivent Jésus-Christ. Peut-être le Maître se retourne-t-il pour leur demander : "Que cherchez-vous ? Ils répondent par une autre question : "Où habitez-vous ? Curieusement, Jésus les invite alors à l'accompagner : "Venez et voyez". Et ils l'ont fait.

"C'était à peu près la dixième heure." La mention de l'heure, quatre heures de l'après-midi, rappelle peut-être l'enthousiasme qui a entouré les premières amitiés du Seigneur. Cette attirance pour le Christ devait être aussi forte que respectueuse de la liberté. Jean et André ont été bien préparés par le Baptiste : ils n'ont pas hésité à abandonner le dernier des prophètes, la "voix", pour écouter la "Parole" elle-même.

La Liturgie de la Parole propose le choix de Samuel comme première lecture : elle concentre notre attention sur le fait que c'est Dieu qui appelle en premier ; elle s'adresse à Samuel à trois reprises, signe de plénitude (cf. Sam 3, 3-10). À son tour, l'appel à Jean et André touchera toute leur vie. Ils ne savent rien de ce qui les attend, mais ils ne doutent pas : Jésus a touché leur cœur. Ils exercent une véritable liberté : celle de décider, sans "raisons" peut-être, mais avec raison.

Paradoxalement, saint Josémaria a exprimé cette volonté que Dieu attend : "En toute liberté, parce que tu le voulais, ce qui est la raison la plus surnaturelle, tu as dit oui à Dieu ». Le " moi " profond prend la bonne décision : le don de soi. Parce qu'il s'agit d'un don libre et responsable, il n'est pas vécu comme un sacrifice. C'est ainsi qu'il en était dans la vocation de saint Joseph, telle que la conçoit le pape François : "Le bonheur de Joseph n'est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais dans le don de soi. La frustration n'est jamais perçue chez cet homme, mais seulement la confiance". Celui qui se donne par amour n'a pas la mentalité d'une victime : il est joyeux. André ne garde pas cette joie pour lui : il cherche son frère Simon et l'amène à Jésus.

Dans le premier chapitre de l'Évangile de Saint-Jean, les appels successifs de Jésus à le suivre sont accompagnés de sa révélation progressive : "L'Agneau de Dieu" est le Fils de Dieu. Être le Fils signifie pour Jésus devenir l'agneau qui donne sa vie pour notre salut. Et c'est ainsi que, dans la Messe, avant la communion, le célébrant présente Jésus-Christ, substantiellement présent dans la sainte hostie : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Heureux les invités au Repas du Seigneur. » Ce sont les noces de l'Agneau avec l'humanité, la pleine instauration du Royaume annoncée par le Baptiste (cf. Ap 19, 9).

La célébration de l'Eucharistie rend ce mystère présent. Aujourd'hui, la prière sur les offrandes, adressée à Dieu le Père, le proclame : "Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial, c’est l'œuvre de notre rédemption qui s’accomplit". Se donner et devenir enfants de Dieu : c'est à cela que nous sommes appelés, par l'action du Saint-Esprit. « Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, dit saint Paul dans la deuxième lecture d'aujourd'hui :(cf. 1 Co 6, 19). Dieu vit en nous et nous vivons en lui.





Commentaire du 2ème dimanche du temps ordinaire (année C)
"Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant". Pour ceux qui ont confiance dans la puissance de Jésus et dans l'intercession de la Vierge Marie, le meilleur vin les attend, le vin de l'amour de Dieu et du salut éternel.

Évangile (Jean 2,1-12)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Commentaire

Au début de sa vie publique, Jésus se rend avec ses disciples à une célébration de mariage pour bénir et sanctifier par sa présence la fête de l'amour humain. " Et qu'y a-t-il de si étrange dans le fait que Celui qui est venu dans le monde pour célébrer ses propres noces se soit rendu dans cette maison où l'on célébrait les noces ? "[01]. Ce jeune couple de fiancés est devenu un modèle pour tous ceux qui veulent former un projet de vie, car ils y ont associé Dieu. Même si le grand protagoniste de la scène sera Marie, la mère de Jésus, car le narrateur n'hésite pas à la mentionner avant son Fils.

Dans l'ancien Orient, une célébration de mariage pouvait durer plusieurs jours. Surtout si les invités ont fait un long voyage à pied depuis des lieux éloignés. Ce fait atténue quelque peu la négligence des mariés et des responsables, qui n'ont peut-être pas remarqué, au fil des jours de fête, que le vin manquait... Quel désastre ! "Comment est-il possible de célébrer les noces et de faire la fête s’il manque ce que les prophètes indiquaient comme étant un élément typique du banquet messianique(cf. Am 9, 13-14 ; Jo 2, 24; Is 25, 6) ? "[02]. Ce détail quotidien mais important pour tous ne passe pas inaperçu à l'intuition féminine et pratique de Marie, habituée à concentrer son attention et son intérêt sur les autres. Lorsqu'elle découvre le problème, elle pense immédiatement à son fils pour le résoudre. Avec diligence et foi, elle rassemble les serviteurs et ose faire appel en public au pouvoir divin de Jésus : "Ils n'ont pas de vin". -Marie, modèle de prière. "Vois comme elle prie son Fils, à Cana ; et comme elle insiste, sans se décourager, avec persévérance. — Et comme elle réussit.

— Prends exemple sur elle"[03].

La requête de Marie dépasse également la scène de Cana et fait vibrer dans le cœur de son Fils la promesse de salut annoncée par Dieu dans la Genèse. C'est pourquoi Jésus l'appelle avec une solennité biblique "Femme", et exprime un reproche apparent parce que son heure n'est pas venue. Un reproche que Marie semble ignorer : " Sa mère dit à ses serviteurs : "Faites tout ce qu'il vous dira". Ce sont les dernières paroles de Marie rapportées dans les évangiles. Ils sont comme les héritiers d'une mère pour tous les peuples.

Non seulement Jésus cède à la demande de sa Mère, mais il accepte aussi la coopération des serviteurs que Marie lui présente. Lui qui multiplie habituellement le vin par l'eau filtrée par les vignes dans les champs, accélère maintenant le processus par l'eau versée par le travail des hommes. Lorsque nous sommes généreux et que nous mettons les moyens à notre disposition : "remplissez d'eau les jarres et ils les remplissent jusqu'au bord", Dieu bénit par son action sanctifiante et transforme la tâche humaine en une œuvre divine, en un signe de son amour au profit de tous. "Et les choses les plus ordinaires deviennent extraordinaires, surnaturelles, lorsque nous avons la bonne volonté de nous occuper de ce que Dieu nous demande"[04].

Nous pouvons noter deux autres détails. Le récit indique qu'il y avait là six jarres, dont la capacité correspondrait à un total de près de 600 litres. L'eau de la purification des Juifs est transformée par Dieu en un vin excellent et très abondant, car "la fête de Dieu avec l’humanité a commencé"[05]. La grande quantité de vin symbolise l'immense amour de Dieu pour les hommes et préfigure le sang de l'Agneau qui s'immolera jusqu'au bout pour attirer tous les hommes à lui. Il symbolise également le dévouement du chrétien envers les autres à travers le nouveau commandement de l'amour, dont la mesure est sans commune mesure. Marie avance l'heure de Jésus : celle du mystère pascal de sa mort et de sa résurrection, pressentie dans la mention du moment au début du récit : " le troisième jour ".

Enfin, Jésus dit : " portez-en au maître du repas". Le texte grec l'appelle architriclinio, ce qui signifie littéralement "le chef du triple siège". Il était l'invité qui s'asseyait le premier pour louer la prospérité des célébrants, goûtant comme un expert les produits de leur festin. Sa louange publique fera comprendre au lecteur, qui connaît l'origine du vin, la prospérité qui attend ceux qui comptent sur Dieu dans leur vie comme les mariés de Cana, ceux qui ont confiance en sa puissance comme Marie, et ceux qui aiment le service caché et efficace comme les serviteurs.

[01] Saint Augustin, in Ioannem, Tract. 8

[02] Pape François, Catéchèse 8 juin 2016

[03] Saint Josémaria, Chemin, 502

[04] Saint Josémaria, Lettre du 14 septembre 1951, n° 23

[05] Benoît XVI, Jésus de Nazareth. Du Baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, La Sphère des livres, Madrid 2007, 298





Commentaire du lundi de la 2ème semaine du temps ordinaire
"Les amis de l’Époux pourraient-ils jeûner pendant que le marié est avec eux ?" Le chemin de la sainteté sait passer par l'abondance et le manque, mais toujours dans la joie, car le Seigneur est proche de nous à tout moment.

Évangile (Mc 2, 18-22)

En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus :

« Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »

Jésus leur dit :

« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.

Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves.


Commentaire

Le jeûne est une façon de prier avec le corps : à travers le "vide" que nous ressentons dans notre dimension corporelle, nous nous souvenons que le "vide" le plus grave est celui de l'absence de Dieu. Le jeûne - et en général toutes sortes d'abstinence - est comme une incitation à désirer plus intensément la présence du Seigneur dans notre vie, afin que nous puissions étancher en Lui seul notre soif de plénitude.

Un jeûne qui nous empêcherait de profiter de la proximité de Dieu n'aurait aucun sens : c'est ce que Jésus nous fait voir aujourd'hui dans l’Évangile. C'est pourquoi ses disciples ne jeûnent pas de la même manière que ceux de Jean-Baptiste et des Pharisiens : les disciples de Jésus jouissent déjà de la joie de vivre avec le Fils de Dieu, alors que les autres ne l'ont pas encore découverte.

Un signe de l'arrivée des temps messianiques était précisément l'abondance : nous le voyons, par exemple, dans le vin savoureux des noces de Cana, ou dans la grande quantité de pains et de poissons que Jésus a offerte à la foule. Il était bon pour les disciples du Christ d'éprouver ce sentiment de bien-être lorsqu'ils étaient avec lui. C'est ce que nous, les chrétiens, faisons aujourd'hui lorsque nous célébrons les fêtes avec magnanimité, dans la beauté du culte, dans la joie de la fête et dans le plaisir de la table.

Mais le Seigneur ajoute que "Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ce jour-là ils jeûneront". Dans la vie chrétienne, il y a aussi des moments de pénitence, de maintien du corps pour éveiller davantage le désir de Dieu. La sainteté a cette richesse de passer par l'étroitesse et l'abondance, mais toujours avec joie, car le Seigneur est près de nous à tout moment.

Lorsque nous sommes mortifiés, nous n'oublions pas que le Christ a déjà triomphé et que sa vie est en nous. C'est pourquoi la mortification est pratiquée avec souplesse :

« La sainteté a la flexibilité des muscles bien relâchés. Celui qui veut devenir saint s’arrange, en faisant quelque chose qui le mortifie, pour ne pas en faire une autre qui lui coûte aussi, pourvu que cela n'offense pas Dieu, et il remercie le Seigneur de cette latitude.

La sainteté n’a pas la rigidité du carton : elle sait sourire, céder, attendre. Elle est la vie : la vie surnaturelle » (Saint Josémaria, Forge, n° 156).





Commentaire du mardi de la 2ème semaine du temps ordinaire
"Le Fils de l’homme est maître, même du sabbat." Les disciples agissent avec spontanéité, car ils savent qu'ils sont proches du Maître et qu'il les regarde avec amour.

Évangile Mc 2, 23-28

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. »
Et Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore :
" Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat."


Commentaire

Suivre Jésus et partager les journées avec lui signifiait pour les apôtres passer par des moments difficiles, car " le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête" (Matthieu 8 : 20). Toutefois, cela ne signifie pas qu'ils se sont sentis accablés ou opprimés par les circonstances, comme nous le voyons dans la scène de l’Évangile de la messe d'aujourd'hui.

Les compagnons de Jésus passent à côté de champs remplis d'épis qui semblent offrir aux voyageurs leurs grains de blé. Avec spontanéité, les apôtres acceptent ce que la nature leur donne, et ils arrachent les épis de blé sans trop se préoccuper, peut-être en trompant la faim qu'ils pouvaient ressentir à ce moment-là. Les disciples n'ont pas de grands problèmes, car ils savent qu'ils sont aux côtés du Maître et qu'ils font tout sous ses yeux. Il est facile d'imaginer la joie de Jésus lorsqu'il a vu comment son peuple se sentait libre et savait profiter de choses simples.

Les Pharisiens, eux, ne se déplacent pas sous le regard du Seigneur, mais à l'ombre de la loi. Le droit sous lequel ils vivent est tout simplement humain et ils l'appliquent sans tenir compte des besoins concrets de la population. Elle devient ainsi un fardeau oppressant. C'est pourquoi Jésus essaie de sensibiliser les pharisiens, de leur donner l'exemple de la liberté avec laquelle le roi David a agi il y a de nombreuses années, et de leur rappeler que "le Fils de l'homme est Maître même du sabbat" (v. 28).

Être avec le Christ conduit à nous mouvoir avec une profonde liberté intérieure. Il nous fait apprécier nos opinions et nos idées sur la façon dont nous devons vivre tel ou tel aspect de notre foi. Et il place toujours sous nos yeux la priorité des besoins réels des autres.





Commentaire du mercredi de la 2ème semaine du temps ordinaire
Il fut affligé de l'aveuglement de leur cœur et dit à l'homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale". Le regard en colère du Christ montre en même temps sa tendresse, car ce qui lui fait mal, c'est que sa miséricorde soit rejetée. Nous pouvons réjouir le cœur du Seigneur en nous tournant vers sa miséricorde et en traitant les autres de la même manière.

Évangile (Mc 3, 1-6)

En ce temps- là, Jésus entra de nouveau dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée :

« Lève-toi, viens au milieu. »

Et s’adressant aux autres :

« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? »

Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme :

« Étends la main. »

Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.


Commentaire

Il y a peu d'occasions où les évangélistes montrent une certaine réaction de colère de la part Jésus-Christ. Lui, qui est toute pureté et sainteté, a accueilli les pécheurs qui s'approchaient de lui sans aucune hésitation, sans montrer aucun signe de rancune ou de dureté. Cependant, il semble que Jésus ait simplement perdu patience avec ces pharisiens qui regardaient à la loupe tout ce qu'il faisait pour trouver des indices qu'il enfreignait la loi.

Qu'est-ce qui, dans le péché de ces pharisiens, a mis Jésus en colère ? L’Évangile dit que le Seigneur a été "affligé par l'endurcissement de leur cœur". C'est l'endurcissement, l'obstination de ne pas vouloir accepter les explications sur le vrai sens de la loi, qui fait tant de mal au Christ. C'est un aveuglement devant l'action de la miséricorde de Dieu, qui va au-delà des limites que les pharisiens voulaient lui imposer au travers d'une réglementation excessive de la pratique religieuse.

Cette colère du Christ a manifesté en même temps sa tendresse : il a souffert en voyant que le merveilleux don de la miséricorde était rejeté. Ce n'est donc pas une réaction qui rend la figure de Jésus moins aimable mais, au contraire, elle la rend encore plus attrayante. Si le Christ est blessé par le rejet du don de sa miséricorde, quelle joie nous lui donnerons si nous savons l'accueillir avec gratitude ! Une joie qui se multiplie lorsque le Seigneur voit que nous apprenons à regarder les autres avec compassion aussi, sans mettre de conditions à l'action de sa miséricorde.





Commentaire du jeudi de la 2ème semaine du temps ordinaire
"Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher". Lire et écouter est une chose. Mais c'en est une autre que d'expérimenter l'amour du Christ. Nous pouvons toucher Jésus encore et encore, chaque jour, dans l'Eucharistie.

Évangile (Mc 3.7-12)

En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait. Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.


Commentaire

L'Évangile de la messe d'aujourd'hui nous dessine la grande carte de l'influence croissante de Jésus : les frontières marquées par la Galilée au nord et la Judée au sud sont dépassées, et la nouvelle de la force de sa prédication et de ses guérisons s'étend déjà plus au nord (Tyr et Sidon), plus au sud (Idumée) et même au-delà du Jourdain. L’Évangile n'a pas de frontières, rien ne peut l'arrêter.C'est parce que le cœur de ces personnes, notre cœur, attend avec une grande impatience cet Évangile, cette puissante parole d'espérance, qui apporte la plénitude de la vie.

Nous, qui sommes témoins de la bonté de Dieu à travers le Christ, sommes les porte-paroles de l’Évangile lorsque nous le transmettons par nos paroles et nos actions. Mais nous proclamons avec conviction ce qui a touché le fond de nos cœurs et nous a transformés. D'où la nécessité d'une rencontre personnelle avec Jésus. Lire ou écouter est une chose, et faire l'expérience que le Christ est vraiment uni à nous en est une autre. Les Évangiles parlent du désir de toucher Jésus et nous disent qu'il fait des miracles en touchant ceux qu'il va guérir. Le sens du toucher est, d'un certain point de vue, celui qui nous met le plus immédiatement en contact avec la personne qui se trouve devant nous. D'où l'importance d'une caresse ou d'une étreinte, expression d'un désir de partager la situation de l'autre, ses peines et ses joies. Que ces manifestations de tendresse sont importantes !

Jésus ne fuit jamais les foules. Il fait tout pour qu'elles puissent l'écouter autant et aussi bien que possible. Mais, en même temps, et surtout dans l’Évangile selon Marc, il ordonne aux démons et aux esprits impurs qu'il a chassés de ne pas le démasquer. Pourquoi ? Car tant que la passion, la croix et la résurrection ne seront pas passées, la compréhension de sa personne et de son message sera incomplète et erronée. Si nous voulons être des messagers du Christ, il est nécessaire que nous connaissions bien Celui dont nous voulons parler : son identité, sa mission et la façon dont il l'accomplit, en portant sur ses épaules le poids de nos fautes, de nos maladies, pour être guéris.





Commentaire du vendredi de la 2ème semaine du temps ordinaire
"et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle" : nous sommes nous aussi appelés à participer à cette mission. Et c'est notre foi qui permettra à la puissance de Jésus d'agir dans le cœur des personnes auxquelles nous nous adressons.

Évangile (Mc 3,13-19)

Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze :

Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,

Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,

André, Philippe, Barthélemy, Matthieu,

Thomas, Jacques, fils d’Alphée,

Thaddée, Simon le Zélote,

et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.


Commentaire

Les actes de Jésus sont à la fois efficaces et utiles. Maintenant, il monte sur un lieu élevé et appelle les douze. Il y avait douze tribus d'Israël. Sur ces douze, il construira le nouvel Israël, l'Église. Jésus, selon les mots de Saint Paul, est le chef de l’Église, en lui il trouve sa force, et de lui il reçoit la vie. Ces hommes sont rendus participants de la puissance de Jésus : par sa parole, ils atteindront le cœur des gens et les pousseront à se convertir et à s'ouvrir à la grâce ; par leur foi, ils expulseront les démons et guériront les malades. Nous aussi, nous sommes appelés à participer à cette mission. Et ce sera par notre foi que la puissance de Jésus agira dans le cœur des personnes à qui nous parlerons.

Benoît XVI considère, dans ses audiences sur les apôtres, la diversité qui existe entre eux. Il y a ceux qui sont calmes et réfléchis. Impulsifs et véhéments. Vieux et jeunes. Les pêcheurs et les collecteurs d'impôts. Humbles et instruits. Ils sont tous disponibles pour aller dans tous les milieux et parler à toutes sortes de cœurs. Jésus est venu appeler tout le monde. Sa mission est universelle. De plus, il nous choisit librement, tout comme l'Esprit donne ses dons comme Il le veut. Et tout cela pour que le corps qu'est l'Église puisse croître harmonieusement par le dévouement mutuel. Nous sommes là aussi, et c'est un motif de joie et, en même temps, une douce responsabilité.

L'identification avec le Christ est progressive. Lorsqu'on part en voyage, même si l'on a fait un pas décisif - celui qui ne démarre pas, ne peut aboutir à rien - tout reste à faire. Deux personnes qui se marient ne se disent pas : "bon, c'est tout", mais : "bon, maintenant notre histoire commence". Et pour que cette histoire se réalise, il est nécessaire de grandir en amour chaque jour, d'aller de l'avant, de chercher les ressources qui nous permettront de faire face aux défis qui nous attendent. Personne ne renie le Christ du jour au lendemain, mais le fait petit à petit, avec ses décisions, ses œuvres et ses omissions. D'où la nécessité d'avoir toujours les yeux fixés sur le but, avec humilité et un désir croissant, qui se manifeste dans les œuvres d'amour quotidiennes.





Commentaire du samedi de la 2ème semaine du temps ordinaire
"Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger" : telle est la force entraînante de la sainteté, de la vie divine, celle-là même à laquelle le Seigneur veut que nous participions tous.

Évangile (Mc 3,20-21)

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient :

« Il a perdu la tête. »


Commentaire

Le récit de Marc, sobre mais précis, en dit long en peu de mots : Jésus rentre à la maison, mais même là, il ne peut pas se reposer. La foule a besoin de l'entendre et de lui demander la guérison le plus tôt possible, comme s'il allait bientôt disparaître de leur vie. Quelle force d'attraction avait la simple présence de Jésus ! Comment devait être sa parole ! Quelle transformation intérieure ont dû ressentir ceux qui l'écoutaient avec un cœur ouvert ! C'est la force entraînante de la sainteté, de la vie divine, cette même force que le Seigneur veut nous faire tous partager.

Le corps humain ne résiste pas longtemps sans nourriture. Le texte biblique nous dit que cela n'a pas été si facile pour Jésus de satisfaire ce besoin élémentaire. En revanche, il se tournait facilement vers un autre type de nourriture. Ces mots viennent à point nommé : " Jésus leur dit : "Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur " (Jn 4, 34-36).

Nous ne pouvons pas savoir comment Jésus a vécu le passage du temps. Mais nous connaissons son zèle : " Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! " (Lc 12:49). Cela était incompréhensible pour certains, dont quelques-uns de sa famille. C'est dur de voir que certains de nos proches comptent parmi ces gens qui ne comprennent pas ce feu d'amour qui brûle dans notre cœur. Tout comme nous imaginons que Jésus reste toujours accueillant et proche d'eux, nous essayons de vivre notre foi, convaincus que la meilleure façon de les aider est d'être un peu plus proche du Seigneur chaque jour, en les faisant ainsi participer, par notre amour et notre prière, aux dons que Jésus nous offre et auxquels nous essayons de répondre avec humilité et gratitude.








 






 






 






 






 






 






              .