Évangile (Mc 1, 14-20)
Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit :
« Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.
Commentaire
Après le baptême dans le Jourdain et après avoir triomphé des tentations dans le désert, que nous avons méditées les dimanches précédents, Jésus se rend maintenant en Galilée et s'installe à Capharnaüm, une ville située au bord du lac de Génésareth. C'était une ville de pêcheurs, de fermiers et de marchands, pleine d'activités, où se côtoyaient juifs et païens, des gens de toutes origines. Le message qu'il est venu prêcher ne s'adresse pas à un groupe fermé d'adeptes, mais est destiné à tous, aux gens ordinaires qui vivent et se dépensent dans leur travail quotidien.
Dans ce passage de l'Évangile, avec lequel Marc commence la narration de la vie publique du Maître, on trouve deux traits fondamentaux du message et de l'activité de Jésus.
Tout d'abord, Jésus présente un résumé du contenu essentiel de sa prédication : "le Royaume de Dieu est proche ; repentez-vous et croyez à l'Évangile" (v. 15). La conversion implique un changement d'orientation. Elle implique de se détourner du péché pour regarder droit vers le but auquel nous sommes tous appelés, qui est le bonheur dans le Royaume des Cieux. Et elle se traduit aussi par le fait de ne pas se contenter de faire les choses par routine, alors que l'on pourrait les faire mieux ou autrement, pour porter plus de fruits. Lorsque l'on entend cet appel de Jésus à la conversion, quelque chose commence à changer dans notre vie. C'est ce qu'ont vécu Simon et André, Jacques et Jean.
Ensuite, par l'invitation à le suivre adressée à ceux qui seraient ses premiers disciples (v. 16-20), Jésus met en marche son Église, soutenue par quelques hommes simples et ordinaires, qui deviendront ses Apôtres. Il se servira d'eux et de leurs successeurs pour actualiser continuellement l'appel universel à la conversion et à la pénitence qui ouvre la voie au Royaume des cieux.
Ces hommes étaient occupés à leurs tâches quotidiennes, ils étaient pêcheurs, quand Jésus leur a ouvert des horizons insoupçonnés et ils l'ont suivi avec empressement. Jusqu'alors, leur travail consistait à jeter les filets, à les laver, à les fixer pour qu'ils soient toujours prêts, à vendre les poissons... Mais le Seigneur leur a fait voir que, sans renoncer à leur profession, un autre type de pêche les attendait désormais. Leur grande aventure a commencé par une simple rencontre, apparemment due au hasard. À partir du moment où ils se sont ouverts à Jésus et ont été assez généreux pour changer leurs habitudes et le suivre, ils ont eux aussi commencé à avoir une connaissance directe du Maître. Il ne les appelait pas à être de simples hérauts d'une doctrine, mais des amis intimes et des témoins de sa personne. Avec cet hameçon, ils seront désormais "pêcheurs d'hommes" (v. 17).
La scène se répète dans la vie de chacun de nous, si, comme eux, nous écoutons son appel et nous nous décidons à le suivre sans condition. Une nouvelle dimension, merveilleuse, divine, s'ouvre pour nous aussi, une dimension qui remplit toute notre existence de contenu et de sens. "Jésus veut que nous soyons en éveil, disait Saint Josémararia, pour que nous nous convainquions de la grandeur de sa puissance, et pour que nous entendions de nouveau sa promesse: venite post me, et faciam vos fieri piscatores hominum, si vous me suivez, je vous ferai pêcheurs d'hommes, vous serez efficaces et vous attirerez les âmes à Dieu. Nous devons donc avoir confiance en ces paroles du Seigneur, monter dans la barque, saisir les rames, hisser les voiles et nous lancer dans cette mer du monde que le Christ nous remet en héritage. Duc in altum et laxate retia vestra in capturam ! : naviguez vers le large, et jetez vos filets pour pêcher" (Saint Josémaria, Quand le Christ Passe, n° 159).
Évangile (Marc 3, 22-30)
En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »
Commentaire
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous méditons sur notre attitude de cœur. Les scribes ont vu les grands miracles de Jésus et entendu ses enseignements. Pourtant, ils l'accusent d'accomplir ces prodiges par la puissance de Satan. Leur attitude consiste à se placer au-dessus du Seigneur. Nous ne connaissons pas la raison de leur rejet, mais nous la sentons: le message de Jésus n'est pas ce qu'ils attendent, ils préfèrent rester attachés à leur propre doctrine, à leurs intentions ou à leurs projets. Et cela les conduit à rejeter Dieu.
Vous et moi, par moments, pouvons aussi agir comme les scribes. Peut-être pas par un rejet pur et simple, mais en niant ses enseignements en nous-mêmes. Il peut arriver que nous pensions qu'un enseignement de l'Église est trop dur et que nous préférions rester attachés à nos propres opinions, ou que nous ne voulions pas faire quelque chose que Dieu nous demande et que nous préférions nous accrocher à une solution qui nous convient mieux, mais qui n'est pas ce que Dieu veut.
Le parcours du chrétien consiste à suivre le Christ. Le chemin est parfois ardu, mais c'est là où se trouve le bonheur. Faire ce que Dieu veut de moi, m'unir à sa volonté et l'accepter, même si cela coûte, voilà le chemin de l'amour.
Nous sommes dans l'octave pour l'unité des chrétiens. Pour réaliser l'unité des chrétiens, nous devons d'abord être très unis à la racine, à Jésus. Et le moyen d'y parvenir est la prière, qui permet de connaître la volonté de Dieu pour moi.
Par conséquent, une attitude que nous devons souvent encourager est celle de nous pardonner nos péchés personnels. Ceux qui ne reconnaissent pas qu'ils ont péché, ne se pardonnent pas et restent attachés à leurs propres convictions, qui ne sont pas celles de Dieu. Le pape François, lors d'une audience le 27 août 2014, a déclaré : "Dieu, en revanche, veut que nous grandissions dans la capacité à nous accueillir, à nous pardonner et à nous aimer, pour ressembler toujours plus à Lui qui est communion et amour. ".
Nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes, nous avons besoin de la grâce de Dieu. Si nous refusons l'aide de Dieu, l'amour infini de Dieu pour nous, nous ne pouvons pas atteindre la sainteté. Car le salut n'est pas une récompense méritée pour la lutte d'une vie, mais plutôt un don immérité que Dieu fait à ceux qui cherchent à l'aimer. Si l'on rejette l'aide de l'Esprit Saint, on rejette ce don de Dieu qui est son propre salut.
Saint Josémaria répétait souvent une prière jaculatoire " Omnes cum Petro ad Iesum per Mariam ", afin que tous les chrétiens aient la même volonté, le même cœur, le même Esprit. Cherchons toujours à être étroitement unis à Dieu par la prière. Une façon de réaliser cette unité est d'être toujours très fidèle et de prier quotidiennement pour le pape et pour l'Église.
Évangile (Mc 16:15-18)
En ce temps-là, Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres :
« Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Commentaire
En la fête de la conversion de Saint Paul, l'Apôtre des gentils, l’Église nous invite à considérer à nouveau le commandement que le Seigneur a donné à ses disciples avant de monter au ciel.
Prêcher l’Évangile signifie, avant tout, annoncer la bonne nouvelle du Salut à tous les peuples. Il est intéressant de noter que notre Seigneur utilise deux verbes à l'impératif, "aller" et "prêcher", montrant ainsi aux apôtres qu'il n'est pas possible de se considérer disciple de Jésus-Christ sans transmettre aux autres par sa vie, son exemple et ses paroles, ce qu'ils ont reçu.
Saint Josémaria disait que l'apostolat chrétien est "une surabondance de vie 'intérieure' ", un besoin vital qui surgit spontanément chez les personnes conscientes du don reçu avec la foi et l'appel à vivre "par le Christ, avec lui et en lui", comme le disent les derniers mots des prières eucharistiques de la Sainte Messe. Ce n'est qu'en étant conscients de tout ce que nous avons reçu de Dieu que nous pouvons bien comprendre le sens des exigences de Jésus pour la mission apostolique qui s'adresse à tous les chrétiens.
Évangile (Mc 4, 1-20)
Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait :
« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché.
Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »
Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles.
Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »
Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »
Commentaire
La parabole du semeur fait partie de ces paraboles du "Royaume de Dieu", par lesquelles Jésus instruisait ses disciples sur la nature de la royauté qu'il était venu établir parmi les hommes. La graine tombe au bord du chemin, sur un sol pierreux, parmi les épines ou sur une bonne terre. Et bien qu'elle n'ait réussi à germer que dans ce dernier cas, toute la parabole est un hymne à l'espérance, car elle montre la certitude du triomphe final du Christ chez ceux qui acceptent librement sa volonté.
Cela peut nous arriver parfois, comme à ceux qui ont entendu Jésus raconter la parabole : nous ne comprenons pas le sens profond de ses paroles et nous avons besoin qu'il nous les explique en détail.
Le Seigneur ne prétend pas que ses enseignements, pleins de mystère, ne soient pas connus ou rendus publics. Bien au contraire. Ce qu'il veut, en réalité, c'est être pleinement compris, dans son être et sa mission.
Justement, le mystère du Royaume de Dieu qu'il prêche est intimement associé à sa mission de Serviteur du Seigneur qui triomphe et établit ce royaume par un chemin aussi scandaleux que le chemin de croix.
Évangile (Mc 4, 1-20)
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait
:
« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »
Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait :
« C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors,
tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète: Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »
Il leur dit encore :
« Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux :
ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment
; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux- là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »
Commentaire
Dans la parabole du semeur, Jésus parle de quatre possibilités pour la graine que le semeur sème au hasard. Aujourd'hui, nous allons examiner le grain qui tombe au milieu des épines.
Le Seigneur explique aux disciples que la graine qui tombe au milieu des épines symbolise ce qui arrive à ceux qui « entendent la Parole » mais qui sont envahis par « les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises » qui « étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit » (vv.18-19).
Contrairement à la graine qui tombe au bord du chemin ou sur un sol pierreux, la graine a pu ici germer et se développer. Par la suite, cependant, lorsque des difficultés surviennent, la plante est étouffée et le résultat est le même que dans les cas précédents.
La tiédeur est une maladie de l'âme qui a beaucoup à voir avec ces épines. Les petits échecs sans repentir de la charité, les petites omissions dans notre relation d'amour avec Dieu, la recherche de la satisfaction des désirs profonds du cœur dans les personnes ou les choses qui ne font qu'augmenter cette soif, l'étroitesse d'esprit face aux opinions ou aux façons de penser des autres, etc. Ce sont là quelques causes possibles de la prolifération des épines autour de la plante.
Cependant, aucune de ces causes n'est capable, à elle seule, d'étouffer une graine plantée par Dieu. Il suffirait de nous examiner pendant quelques minutes en présence du Seigneur et de nous jeter dans ses bras, contrits, pour qu'il nous guérisse et nous remplisse du désir de combattre à nouveau, de recommencer.
Passer quelques minutes par jour à examiner notre conscience nous aide à voir les épines qui poussent dans notre âme et autour de nous. Et avec la contrition finale - la partie la plus importante de l'examen - le Seigneur s'occupera d'enlever ces épines pour que la plante puisse pousser librement et naturellement.
Évangile (Mc 4, 21-25)
En ce temps-là, Jésus disait à la foule :
« Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Commentaire
Après avoir parlé du semeur qui est sorti pour semer, de la semence qui "est tombée sur la bonne terre et a commencé à porter du fruit" et de celle qui, au contraire, en tombant sur un sol dur et pierreux et parmi les épines, n'a pas porté de fruit, Jésus nous parle de la lampe qu'on met sur le lampadaire et de la règle que nous utilisons pour mesurer.
Ces deux paraboles nous parlent de la manière d'être chrétien : quelqu'un qui donne sans mesure. Parce qu'en réalité, c'est la façon d'être, de vivre, de penser, d'agir de Jésus-Christ : il fait tout sans mesure, en abondance. Il ne retient rien.
Le chrétien a reçu la lumière du Christ, la lumière qui est venue dans le monde pour dissiper l'obscurité de nos cœurs. Par conséquent, chaque chrétien est un témoin de cette lumière.
Nous devrions tous nous voir sous cette lumière : nous ne sommes pas soumis à l'obscurité de nos misères, péchés, faiblesses, maladresses ; nous ne sommes pas non plus soumis à l'obscurité qui nous entoure sous forme de maladie, d'échecs, d'humiliations, de manque de gratitude, d'oubli, etc.
Nous sommes les enfants de la lumière, les enfants bien-aimés de Dieu, qui prend soin de nous, nous sauve, nous attend toujours.
Et il veut que nous soyons témoins de cette lumière : que, par nos soins, notre travail, notre capacité à attendre, à pardonner et à consoler, nous apportions la lumière de Dieu à tant de cœurs qui sont dans les ténèbres.
Et tout cela, sans mesure, avec magnanimité, car nous sommes les enfants d'un Père magnanime.
Le cœur d'un chrétien est donc un cœur ouvert qui ne s'enferme pas dans son égoïsme. C'est un cœur qui ne se fixe pas de limites : il ne soigne pas "jusqu'à un certain point", il ne pardonne pas jusqu'à une certaine limite, il n'attend pas en regardant sa montre. C'est un cœur qui désire avoir le cœur de Jésus-Christ, un cœur qui se donne sans mesure.
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Évangile (Mc 4, 26-34)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules :
« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.
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Le Royaume de Dieu est une petite graine qui pousse, murissant à son propre rythme, jusqu'à devenir un épi débordant, un arbre verdoyant où la vie jaillit.
Avec ces deux paraboles, le Seigneur nous encourage à avoir confiance en Lui, et non en nous-mêmes, dans notre force, dans notre succès.
C'est Lui qui donne la croissance, qui nous fait mûrir jusqu'à ce que notre vie devienne un arbre feuillu qui donne une ombre paisible à ceux qui viennent à nos côtés.
Accueillir le Royaume de Dieu, c'est donc accueillir quelque chose qui n'entre pas dans notre logique, dans notre façon de voir comment les choses fonctionnent. Elle a sa propre logique, sa propre force. Elle va au-delà de nos schémas, de nos dimensions et de nos mesures.
Parce que cela commence dans les petites choses.
Comme Jésus-Christ, qui s'est fait petit, un enfant dans les bras d'une mère. Il est la graine tombée au sol, qui meurt et porte des fruits en abondance. Il est le seul à pouvoir sauver ceux qui se placent à ses côtés, le seul à nous faire grandir et mûrir.
La vie d'un chrétien n'est pas celle de quelqu'un qui fait de grandes choses pour lui-même, qui cherchent des applaudissements, des succès immédiats. Elle commence plutôt par une petite graine, dont la fécondité dépend de l'union avec le Christ. Il nous attend dans les petites choses de notre vie quotidienne.
Comme le rappelait saint Josémaria, "il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires et c'est à chacun d'entre vous qu'il appartient de le découvrir. (...) Je vous assure, mes enfants, que lorsqu'un chrétien accomplit avec amour les actions quotidiennes les moins transcendantes, ce qu'il fait déborde de transcendance divine" (Conversations avec Mgr Escriva de Balaguer, n° 114 et 116).
Il s'agit de faire confiance, de croire en la puissance de Dieu.
Le monde n'est pas sauvé par ceux qui font tout correctement, en étant organisé, en programmant, mais par des gens, comme les saints, qui savent aller au rythme de Dieu, en le laissant entrer dans les petites choses de notre vie, en ayant confiance dans le fait qu'il y fait de grandes choses.
Évangile (Mc 4, 35-41)
Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?
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Comme les disciples, il nous arrivera souvent de vivre au milieu des tempêtes.
Et les tempêtes de nos vies, nos misères et nos chutes, nos défaites et nos échecs, la maladie et la souffrance, mettent en lumière notre vulnérabilité. Et en même temps, ils révèlent où nous avons placé nos valeurs.
Les disciples se sont permis d'être effrayés par cette tempête, ils avaient peur. Ils pensaient que le Christ, bien qu'il était avec eux, s'était en réalité désintéressé, les avait abandonnés. "Vous ne vous souciez pas que nous périssions ?" lui disent-ils.
Et il leur répond : "Pourquoi avez-vous peur ? N'avez-vous toujours pas la foi ?"
Face aux tempêtes de la vie, le chrétien peut avoir une attitude qui attend de Dieu une intervention continue, constante et incessante. Ou bien, avoir une attitude de foi.
Le Seigneur nous demande une maturité intérieure : passer de l'enfant qui se plaint et se met en colère parce qu'il semble que son père ne lui prête pas attention, à l'enfant qui a confiance, qui s'abandonne dans les bras de son père.
Dans la vie d'un chrétien, il se passe la même chose qu'avec un enfant qui apprend à marcher. Un pas, un autre, il tombe, il se relève. Toujours sous l'œil attentif de son père, qui l'encourage, le soulève, mais ne le porte pas partout dans ses bras pour qu'il ne souffre pas.
Dans nos tempêtes, nous devons nous tourner vers le Seigneur, nous réfugier en Lui, parce qu'Il est toujours à nos côtés, mais pas tellement pour éloigner cette tempête, mais pour nous aider à grandir, à mûrir.
Peut-être que, dans cette tempête, nous sommes la main secourable qui aide les autres à marcher ; le bateau où ils peuvent trouver ce Dieu qui ne nous oublie jamais.
Évangile (Mc 1, 21b-28)
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux :
«Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent.»
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.
Commentaire
Selon la tradition chrétienne, Marc est le disciple qui a écrit les souvenirs de Pierre sur la vie de Jésus. Aujourd'hui, l'Évangile commence le récit d'une journée entière du Seigneur. Ce jour a peut-être été particulièrement gravé dans la mémoire de Pierre, car il a eu lieu dans les alentours de sa propre maison.
Selon les découvertes archéologiques faites dans la région, la synagogue de Capharnaüm devait être assez proche du lieu où se trouve un très ancien culte chrétien dans l'ancienne maison de Pierre. Il est facile d'imaginer l'émotion de l'apôtre lorsqu'il a accueilli le Maître dans sa propre demeure, lui donnant un logement, de la nourriture et du repos.
Comme tous les habitants pieux de l'endroit, le matin du sabbat, le Seigneur est arrivé avec ses disciples dans la synagogue bondée. Il commença bientôt à enseigner aux personnes présentes, et elles écoutaient avec admiration les prédications du Nazaréen. Ce n'était pas comme ce qu'ils avaient l'habitude d'entendre de la part des Pharisiens. Cet homme parlait avec une grande autorité, d'une manière nouvelle et surprenante.
Les auditeurs de Jésus devaient certainement remarquer son aspect extérieur, ses gestes et sa façon de réagir spontanément face aux mêmes événements qu'ils vivaient. Et cette façon de prêcher avec sa présence et son attitude, ils la verront plus tard reflétée dans ses discours.
Ce fait a toujours attiré l'attention de saint Josémaria. En cherchant une biographie de la vie de Jésus, il a trouvé, entre autres, celle qui se réfère à l'exemple que Jésus a donné par ses actions, donnant autorité à sa prédication : "Coepit facere et docere", Jésus a commencé à faire et puis à enseigner : "Toi et moi, nous devons donner le témoignage de l'exemple, parce que nous ne pouvons pas mener une double vie : nous ne pouvons pas enseigner ce que nous ne pratiquons pas. En d'autres termes, nous devons enseigner ce que nous luttons à mettre en pratique".
Par conséquent, comme l'expliquait saint Grégoire le Grand, "la meilleure façon d'enseigner quelque chose avec autorité est de le pratiquer avant de l'enseigner, car l'enseignement perd toute garantie lorsque la conscience contredit les mots". D'autre part, le frère Exemple est toujours le meilleur prédicateur.
En plus de la cohérence de la vie, Jésus a accompagné sa prédication d'un pouvoir qui a laissé ses contemporains dans l'étonnement : celui d'expulser les esprits impurs. Ces démons s'adressaient à lui avec effronterie et une certaine connaissance de son identité et de sa mission, dont ils révélaient à ceux qui étaient présents certaines choses sans gêne et avant l'heure. Mais en même temps, ils ont montré une grande soumission aux ordres de Jésus.
Plus tard, les apôtres seront envoyés pour prêcher et chasser les démons au nom de Jésus. Nous, les chrétiens, sommes également appelés à collaborer avec le Maître dans la tâche d'évangélisation, en écartant l'action des ennemis des âmes. Nous le ferons précisément en proclamant l'Évangile avec la cohérence de notre vie.
Le pape François a expliqué cet appel apostolique comme suit : "L'Évangile est la parole de vie : il n'opprime pas les gens ; au contraire, il libère ceux qui sont esclaves de nombreux mauvais esprits de ce monde : l'esprit de vanité, l'attachement à l'argent, l'orgueil, la sensualité.... L'Évangile change les cœurs, change les vies, transforme les mauvais penchants en bonnes intentions. L'Évangile est capable de changer les gens. C'est donc la tâche des chrétiens de répandre partout la puissance rédemptrice, en devenant missionnaires et hérauts de la Parole de Dieu".
Évangile (Mc 5, 1-20)
En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! »
Jésus lui disait en effet :
« Esprit impur, sors de cet homme ! »
Et il lui demandait :
« Quel est ton nom ? »
L’homme lui dit :
« Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. »
Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus :
« Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit :
« Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.
Commentaire
L'homme possédé apparaît comme une figure aussi terrible que formidable. Il est si fort que personne n'est capable de le maintenir sous contrôle. Il vit dans un cimetière, un lieu sinistre et, pour les Juifs, un lieu impur. Il ne cesse de remplir le jour et la nuit de ses cris et de ses pleurs de douleur en se coupant avec des pierres. Sans doute, tout le monde s'en est éloigné, par crainte de sa violence. Et pourtant, dès leur rencontre, Jésus a une autorité absolue sur lui. L'homme ne court pas vers lui pour le menacer, mais pour le supplier de ne pas le tourmenter. Les puissances de l'enfer n'ont aucun pouvoir sur le Christ.
Notre Seigneur chasse alors les démons avec une puissance incroyable. Le texte n'explique pas pourquoi il laisse les démons entrer dans les porcs, mais la destruction qui s'ensuit est certainement une démonstration visible de son autorité et de l'ampleur du mal qu'il a vaincu.
Après le départ des démons, l'homme est complètement transformé, au point qu'il veut maintenant être un disciple. Jésus ne lui permet pas de monter dans la barque avec les apôtres, mais il lui donne une mission apostolique, qu'il accomplit fidèlement. Dieu confie aux gens des tâches variées. Pour nous, le plus important est d'accomplir aussi parfaitement que possible la tâche qui nous a été confiée, au lieu d'en attendre une autre. Cet homme a obéi à Jésus et a raconté aux gens de la région de la Décapole les grandes choses que Jésus avait faites pour lui, et on nous dit qu'ils ont tous été émerveillés. Un des résultats de son obéissance pourrait être l'accueil plus favorable que Jésus rencontrera plus tard, lors de sa deuxième visite dans la région (cf. Mc 7, 31 ss.).
Tout l'épisode montre qu'il n'y a aucune difficulté que Dieu ne puisse surmonter, et aucun mal qu'il ne puisse vaincre. Cela englobe toutes sortes de péchés et tout ce que l'on a fait dans sa vie. L'homme possédé était dans un état vraiment désastreux ; si un tel candidat peut être transformé en un disciple efficace du Christ, il y a de l'espoir pour tous.
Évangile (Marc 5, 21-43)
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?”» Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Commentaire
L'Évangile d'aujourd'hui nous montre deux miracles extraordinaires. Le plus important est la résurrection de la fille de Jaïre, un acte d'une puissance infinie. Mais il y a un deuxième miracle qui a lieu au milieu du récit - une pause, si vous voulez - la guérison de la femme qui a une hémorragie. Elle a agi en secret parce qu'elle le devait : elle ne pouvait pas s'approcher ouvertement de Jésus parce que son état la rendait impure. Mais elle avait la foi et Jésus lui accorde précisément sa guérison par ses paroles : " Ma fille, ta foi t'a sauvée ".
Jésus était Dieu. Aucune guérison n'était plus difficile qu'une autre, mais nous observons qu'il a effectué chacune d'entre elles d'une manière différente : l'une avec un mot, l'autre avec un contact ou un simple geste, et ainsi de suite. Nous découvrons dans ces détails la manière que le Christ a choisi pour instruire ses disciples, et aussi pour nous instruire. Il y a quelque chose de sacramentel dans ces actions : le sacré se manifeste à travers des signes et des mots, en apparence normaux.
Nous lisons en araméen "Talitha qum", retenu dans la version de saint Marc de cet Évangile, les paroles par lesquelles il guérit la fille de Jaïre : "Jeune fille, je te le dis, lève-toi" (Mc 5,41). L'évangéliste a vraisemblablement conservé ces mots pour nous montrer que Dieu a utilisé des paroles humaines, dans un dialecte local, pour accomplir le miracle. Les mots ordinaires deviennent un instrument divin, produisant des effets surnaturels et miraculeux.
De même, nos paroles et nos actions peuvent sembler ordinaires et même banales, mais si nous les unissons à Dieu, elles seront elles aussi des instruments de Sa grâce, et c’est Lui aussi qui obtiendra des résultats extraordinaires et fera des miracles. Comme dans le cas de la femme qui souffrait d'hémorragies, tout dépend de notre foi. Avons-nous cette foi ?
Évangile (Lc 2,22-40)
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Commentaire
Ce que l’Évangile de la fête de la Présentation du Seigneur raconte se situe après l’adoration des mages et avant la fuite en Égypte. Chez les Juifs, 33 jours après la circoncision, soit 40 jours après la naissance d’un enfant, vient la purification de sa mère (cf. Lév 12,1-8). L’idée d’impureté dans l’Ancien Testament n’est pas celle que nous avons aujourd’hui. Ce n’est pas une faute morale. La femme qui met un enfant au monde est entrée en contact avec le pouvoir créateur de Dieu et, en raison de l’indignité de la personne humaine, cela la souille : elle devient rituellement impure.
Toujours chez le peuple élu, autre chose était la possibilité de rachat du premier-né, propriété inconditionnelle de Dieu, par l’offrande d’un agneau pour l’holocauste, d’une tourterelle ou d’une jeune colombe en sacrifice pour le péché ; pour les plus pauvres, deux oiseaux remplaçaient l’agneau. Toutefois, au lieu de racheter le premier-né, ses parents pouvaient l’offrir au Seigneur.
Saint Luc ne parle pas de rachat, mais de « présentation » au Temple, le même jour que celui de la purification de la mère ; il unit ainsi deux événements distincts. S’il peut dire que « les jours de leur purification furent accomplis » (Lc 2, 22), c’est parce que l’enfant accompagnait sa mère pour ce rite.
La Vierge Marie et saint Joseph savent qui est Jésus ; ce premier-né qui appartient à Dieu (cf. Nb 3,13) est le Fils de Dieu ! D’où leur initiative de ce que Luc appelle « présentation », semble-t-il dans une perspective cultuelle.
En effet, ce qui compte pour l’évangéliste c’est la relation de Jésus au Temple. La venue de Marie au Temple pour la purification est chez Luc la « présentation » de Jésus. Car le Temple est le lieu où le prêtre offre le sacrifice. Jésus appartient à Dieu ; Joseph et la Vierge Marie ratifient en quelque sorte cette appartenance par un geste d’offrande de l’Enfant à Dieu. Par ailleurs, les tourterelles soulignent davantage encore le caractère sacrificiel de ce geste. Jésus est saint, il est de Dieu et il s’offrira lui-même en sacrifice sur la Croix : il est à la fois l’offrande, l’autel et le prêtre. Jésus est en réalité le vrai Temple définitif.
Luc raconte ensuite la rencontre avec Syméon et sa prophétie dans le temple. Ici aussi, c’est le caractère sacerdotal et sacrificiel qui intéresse l’évangéliste. Syméon est « rempli de l’Esprit Saint » : il annonce celui qui est maintenant la « consolation d’Israël », le Messie, « l’Oint du Seigneur », Jésus Christ. Anne, quant à elle, fait écho au cantique de Syméon, dont l’action de grâces pour l’arrivée du Messie est un chant liturgique qui renforce encore la centralité du Temple et du culte. Le glaive dont Syméon parle peut tuer mais aussi épargner. En ce sens, c’est Jésus qui discernera les cœurs et la Vierge Marie est la première dont le cœur est plein de foi.
Nous aussi, plongés au baptême dans la mort et la résurrection du Christ, nous sommes temple de Dieu. Nous sommes appelés à offrir notre vie en sacrifice spirituel. Comme la goutte d’eau que le célébrant mêle au vin avant la consécration, « puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité (Missale romanum, Ordinaire de la Messe) ».
Nous sommes appelés à nous « présenter » devant le Seigneur pour lui offrir notre vie et tout notre être, car nous lui appartenons et nous trouvons en lui notre bonheur. À chaque fois que nous participons à l’Eucharistie, nous pouvons actualiser cette offrande de nous-mêmes, par exemple lors de la « présentation des dons » (appelée « offertoire »), lors de l’élévation, ou pendant l’action de grâces après la Communion. Toute notre vie peut devenir une « présentation au Seigneur » : « Je te servirai, Seigneur ; fais que je te serve ! ». Nous sommes appelés à tout ramener à lui. Il est la vraie lumière, son Esprit nous donne l’amour qui est au cœur de notre vie et que nous pouvons transmettre pour donner un sens à tant de vies : « L’amour est une lumière, au fond l’unique lumière qui illumine constamment un monde obscur et nous donne la force de vivre et d’agir[01]. »
[01] Benoît XVI, Enc. Deus caritas est, 25 décembre 2005, n. 39. La fête d’aujourd’hui est dans l’Église une journée mondiale de prière pour les personnes consacrées appelées à une obéissance pleine de l’Esprit saint (cf. François, Homélie, 4 février 2019) ; la fidélité des religieux et religieuses soutient cette grande majorité des baptisés qui appelés, chacun et chacune, à la sainteté dans la vie ordinaire.
Évangile (Mc 6, 1-6)
Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.
Commentaire
On peut s'étonner que la première fois que Jésus retourne à Nazareth avec ses disciples, on l'empêche d'y accomplir des miracles (cf. Mc 6, 5). Jésus étant le Messie, vrai Dieu et vrai Homme, qu'est-ce qui pourrait l'empêcher d'accomplir un miracle si telle était sa volonté ?
Le problème tient au manque de foi des gens. Seules quelques personnes sont venues à lui. La plupart n'y sont pas allés parce qu'ils avaient des raisons pour le rejeter : ils avaient connu Jésus comme l'un des leurs mais étaient attachés à des idées préconçues sur Lui et n'acceptaient pas sa nouvelle autorité.
" Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison." (Mc 6, 4). Jésus compare la réaction critique de sa ville natale à son acceptation à Capharnaüm. Dans cet autre lieu, le peuple avait répondu à sa présence en acclamant son autorité (cf. Mc 1, 27), et en lui amenant tous les malades et les possédés de la ville afin qu'il les guérisse (cf. Mc 1, 32-34).
Comment réagissons-nous ? Jésus entre également dans notre vie en apportant des dons et en nous invitant à accepter son message et à le suivre. Notre Seigneur nous trouvera-t-il avec un esprit ouvert et accueillant ou bien serons-nous méfiants et le rejetterons-nous ? Jésus nous réserve quelque chose de très grand : "Si tu savais le don de Dieu" (Jn 4, 10).
Lorsqu'une personne a la Foi, un nouvel éventail de possibilités s'ouvre au-delà des limites ordinaires. Les habitants de Nazareth n'ont jamais vécu cela et ne pouvaient pas - ou ne voulaient pas - comprendre que c'était de leur faute.
Évangile (Mc 6, 7-13)
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore :
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez- y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Commentaire
Les apôtres sont littéralement les "envoyés", ceux qui ont été choisis par Dieu pour apporter la bonne nouvelle au monde entier. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous trouvons les instructions pour le voyage, un mot qui n'indique pas seulement l'itinéraire d'un voyage, mais aussi l'expérience pour se mettre à la suite de Jésus.
La première règle que le Maître nous donne est d'y aller "deux par deux". La foi n'est pas une foi individuelle, mais un patrimoine de l'Église : "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux" (Mt 18, 20). Depuis les premiers siècles jusqu'à aujourd'hui, l'apostolat chrétien a toujours été partagé, comme les missionnaires dans les pays lointains qui ne partent jamais seuls.
Deuxièmement, il est important de "ne rien prendre pour le voyage", ni nourriture, ni boisson, ni argent. Cela indique la liberté du don de soi qui nous permet d'accomplir la volonté de Dieu : "Pour arriver à Dieu, le Christ est le chemin ; mais le Christ est sur la Croix, et pour monter à la Croix il faut avoir le cœur libre, détaché des choses de la terre" (Saint Josémaria, Chemin de Croix, n° 10).
La seule chose qu'un disciple de Jésus doit porter est un bâton, qui rappelle le soutien et la protection de Dieu : " je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure" (Ps 23, 4).
Les recommandations appellent à la confiance en Dieu et dans le prochain et impliquent la pratique de l'hospitalité et du soutien caractéristiques des premières communautés chrétiennes. Lors de leur mission dans une région, les disciples ont trouvé l'hospitalité dans des familles qui leur ont fourni tout ce dont ils avaient besoin, car "l’ouvrier mérite son salaire" (Lc 10, 7).
Comme les premiers apôtres,
les chrétiens d'aujourd'hui ont besoin de peu de choses pour suivre le Seigneur
: un cœur libre, la famille de l'Église et l'aide de Dieu.
Évangile (Mc 6, 14-29)
En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait :
« C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient :
« C’est le prophète Élie. »
D’autres disaient encore :
« C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.
Commentaire
Dans l'Évangile de Marc, le récit du martyre du Baptiste est situé entre l'envoi des douze apôtres et leur retour, comme pour souligner que le martyre est possible pour tout apôtre de Jésus-Christ.
Mais les détails de ce récit annoncent le sacrifice du Seigneur. Comme le Maître, Jean n'a pas eu peur de dire la vérité : "Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère", et tous, y compris Hérode, pensaient qu'il était un homme juste et saint, comme Jésus dont les gens disaient qu'il "a bien fait toutes choses" (Mc 7, 37).
Le destin de Jean, comme celui de Jésus, est tombé dans les mains d'hommes comme Hérode et Pilate, faibles et craintifs, qui ne voulaient pas se mettre à dos les autres, au point de sacrifier la vérité pour éviter des problèmes personnels. Le prophète et le Messie meurent tous deux d'une mort cruelle dans la solitude de la prison et de la croix. Et à la fin, les disciples des deux viennent chercher leurs corps et les déposent dans un tombeau.
À cette époque, on parlait tellement du martyre du Baptiste que les gens croyaient que ce prophète agissait encore : "C'est Jean-Baptiste ! Il est ressuscité des morts : voilà pourquoi des miracles s'opèrent par lui".
Jean est le premier à imiter le Seigneur en "donnant sa vie pour ses amis". C'est pourquoi il est le seul saint dont l'Église célèbre liturgiquement la naissance et la mort.
En relisant le martyre de ce saint homme, nous pouvons nous rappeler que nous sommes tous appelés à être des martyrs, des témoins de la vérité. Comme le Baptiste, tous doivent voir en nous une ressemblance avec Jésus.
Nous ne pouvons pas avoir peur de manifester la présence de Dieu autour de nous, en supportant joyeusement les risques qu'implique la cohérence d'une foi vécue avec générosité. "Nous devons faire nôtres la vie et la mort du Christ. Mourir par la mortification et la pénitence, pour que vive en nous le Christ par l’Amour. (Saint Josémaria, Chemin de Croix XIV)
Évangile (Mc 6, 30-34)
En ce temps- là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Commentaire
Les apôtres rentrent de la mission qui leur a été confiée par le Seigneur. Après quelques semaines de prédication et de guérison des malades, on peut imaginer avec quel enthousiasme ils ont parlé au Maître des fruits abondants de leur travail. Dans une autre occasion, saint Luc nous dit que les disciples envoyés par Jésus "revinrent tout joyeux" (Lc 10, 17).
C'est une expérience dans la vie des chrétiens de tous les temps : contempler les merveilles, parfois cachées, que Dieu accomplit à travers ces pauvres instruments que nous sommes.
Jésus devait être heureux d'écouter les apôtres raconter leurs aventures à travers les villes et les villages de Palestine, et les voyant fatigués, il leur proposa d'aller se reposer un peu.
Ce repos, qui ne fut pas le seul pendant ces années, pouvait consister sûrement en un plan concret, une promenade ou un repas spécial, peut-être accompagné d'un bon vin. Mais il s'agissait surtout d'être seul avec le Seigneur, de se retrouver avec Lui.
L'Évangile de Luc nous dit qu'un jour, "Jésus était en prière à l’écart. Et ses disciples étaient là" (Lc 9, 18). C'est une phrase curieuse car elle nous montre le Seigneur dans une solitude partagée. Pour ceux qui cherchent à vivre en présence de Dieu, il n'existe pas de solitude totale, car nous sommes toujours avec lui. " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28).
Et cela nous rappelle que le vrai repos, nécessaire et parfois indispensable, ne peut être égoïste ou solitaire, car il s'agit toujours d'une relation, avec Dieu et avec les autres.
Arrivé au lieu de repos avec ses apôtres, Jésus qui retrouve alors la foule qui le suivait constamment, "fut rempli de compassion pour eux" et commença à leur enseigner beaucoup de choses.
La brève excursion des Douze avec le Maître a été une véritable leçon sur le style de vie d'un apôtre du Christ, qui, selon saint Josémaria, se manifeste par trois "symptômes" : "soif de fréquenter le Maître, préoccupation constante des âmes et persévérance que rien ne fait défaillir" (Chemin, n° 934).