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Commentaire du mercredi des Cendres.
"Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra ». La prière authentique d'un enfant de Dieu ne se limite pas à des mots, mais transforme la vie. Demandons au Seigneur de faire de nous des âmes de prière, qui transmettront la joie et la paix où que nous soyons.

Évangile (Matthieu 6, 1-6.16-18)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »


Commentaire

Aujourd'hui commence le Carême, les quarante jours de préparation à Pâques, et l'Église, comme chaque année, élève la voix pour rappeler aux chrétiens l'appel à la pénitence et à la conversion personnelle.

Le violet des vêtements sacerdotaux et du voile qui couvre le tabernacle entre par les yeux et la phrase "Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière" nous introduit dans ce temps liturgique qui précède les mystères centraux de notre foi.

Dans le passage de l'Évangile que l'Église nous invite à considérer aujourd'hui, le Seigneur se concentre sur les actes fondamentaux de la piété individuelle : l'aumône, le jeûne et la prière.

Il n'y a pas de plus grand sacrifice qu'un cœur pur (cf. Psaume 50), et c'est pourquoi Jésus, face à un éventuel accomplissement purement extérieur de ces pratiques, nous enseigne que la vraie piété doit être vécue avec une intention juste, dans l'intimité avec Dieu et en évitant toute ostentation.

Si la pureté du cœur s'obtient par la communion intime avec le Seigneur, la prière doit nécessairement être une opération marquée par la simplicité et la véracité avec lesquelles nous cherchons le Seigneur et nous nous laissons trouver par lui.

"Que notre esprit soit conforme à ce que disent nos lèvres", écrivait saint Benoît dans sa célèbre Règle. Et maintenant, en cette période de pénitence spéciale, nous pouvons aussi dire que nos sens, notre corps et toutes nos actions doivent aussi être en accord avec ce que nous exprimons par la parole.

C'est pourquoi la prière est si étroitement liée au jeûne et à l'aumône. Un dialogue personnel et aimant avec notre Dieu Père qui n'est pas accompagné d'œuvres est difficile à montrer une prière authentique, une prière qui donne vie aux autres et qui change nos vies.





Commentaire d’Évangile du jeudi après les Cendres.
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ». Pour un chrétien de ce siècle, peut-être plus que jamais, prendre sa croix quotidiennement, c'est répéter les mêmes vérités du Christ avec les mêmes paroles du Christ. Sans peur de la vie. Sans crainte de la mort. Et, si possible, avec la grâce. Avec la grâce de Marie.

Évangile (Lc 9, 22-25)

Jésus disait à ses disciples :

« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il leur disait à tous :

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »


Commentaire

Jésus s'est adressé à tous avec amour et compassion. Il a fait des miracles. Il a parlé comme personne n'avait jamais parlé auparavant. Il s'est mis en quatre pour tout le monde au point de ne même pas savoir où il allait poser la tête la nuit. Il a pardonné ses péchés. Il chasse les démons. Jésus est entré dans la maison de chacun et s'est invité à manger même avec les collecteurs d'impôts. Et il s'est aussi entretenu profondément et confidentiellement avec les pharisiens qui s'y prêtaient. Et il a nourri des foules de gens si cela était nécessaire. Sa personnalité devait être (et est toujours) très attirante. En outre, Jésus voulait appeler tout le monde son ami et était ami avec tout le monde ; avec les Galiléens, les Juifs de Judée et avec les Samaritains et les étrangers....

Malgré sa bienveillance, le Seigneur a été rejeté par certains ... Les anciens, les chefs des prêtres et certains des scribes se sont rendus coupables de la mort de Jésus, comme Il l'annonce Lui-même dans l’Évangile. C'est comme s'ils restaient aveugles devant la bonté du Seigneur.

Aujourd'hui, nous continuons à nous poser la même question que ses disciples pouvaient se poser à l'époque : comment est-il possible que Jésus étant aussi bon qu'il l'est, aussi aimable, il y en ait qui veulent le condamner sur un gibet ?

La réponse est certainement constituée d'une multitude de raisons, Dieu seul le sait. Mais une raison suffisante est peut-être que le Maître a aussi fait autre chose, quelque chose de très bien, mais qui ne fait pas toujours des amis : Jésus a toujours dit la vérité. C'est vrai, la vérité est très bonne, mais, comme on le sait, la vérité n'est pas toujours agréable. Jésus, qui a toujours été fidèle à la mission du Père, n'a jamais gardé le silence. Et c'est cette fidélité éloquente qui l'a conduit à la Croix.

Pour un chrétien de ce siècle, peut-être plus que jamais, porter la croix chaque jour, c'est répéter les mêmes vérités du Christ avec les mêmes paroles du Christ. Sans peur de la vie. Sans crainte de la mort. Et, si possible, avec la grâce. Avec la grâce de Marie. Ce qui est toujours possible.





Commentaire du vendredi après les Cendres.
« Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront ». Le jour vient où l'époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront ». Ce moment est déjà venu. Mais rien ne peut être comme avant. Car l'amour de Jésus-Christ a fait de nous des enfants du Père en scellant nos cœurs du sceau de l'Esprit. Et elle a transformé le jeûne chrétien en jeûne d'enfant du Père, en jeûne de frère de Jésus-Christ.

Évangile (Matthieu 9, 14-15)

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant :

« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?»

Jésus leur répondit :

« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. »


Commentaire

L'époux nous a déjà été enlevé. Le temps est venu où nous, les chrétiens, comme les disciples de Jean et les pharisiens, devons aussi nous soumettre à la discipline et au jeûne.

Bien sûr, la nouvelle Loi - qui est la loi des enfants de Dieu, des femmes et des hommes renouvelés par la puissance du Saint-Esprit - n'est pas soumise à la lettre et aux complications de l'ancienne casuistique. Rien ne sera plus jamais comme avant parce que le Christ a tout changé. Le Christ a retiré nos cœurs de pierre. Jésus est mort par amour. Il a fait percer son cœur avec une lance. Il a renoncé à chaque goutte de son sang. Et là où il y avait de la pierre, il nous a implanté un cœur de chair et nous a transfusé son propre sang versé par amour.

En tant que chrétiens, nous jeûnons et mortifions notre corps racheté, en tant qu'enfants de Dieu. Nous n'agissons pas comme des fonctionnaires qui connaissent parfaitement leurs compétences (même si nous sommes leurs ministres). Nous ne nous comportons pas comme des militaires qui obéissent aux ordres (même si, en fait, nous appartenons aussi à la milice du Christ). Et encore moins comme des esclaves, qui obéissent docilement et avec soumission à la volonté de leur maître (même s'il est vrai qu'avec l'humilité de Marie, nous voulons être et nous sentir serviteurs du Seigneur).

Il ne peut y avoir qu'un seul nouveau moteur du jeûne chrétien : l'amour, l'identification au Christ Jésus crucifié, mort, enterré. Pendant le Carême, nous nous préparons avec la pénitence et le jeûne à célébrer ces mystères pendant la Semaine Sainte. Mais nous faisons tout cela pour le Christ, avec Lui et en Lui. L'Église nous invite aujourd'hui à nous abstenir de viande. Et notre nouveau cœur de chair nous invitera peut-être à faire quelque chose de plus.

N'oublions jamais que nous sommes frères du Ressuscité. Bientôt Pâques viendra où nous célébrerons tout avec la joie du Ressuscité. Mais chaque célébration a son temps. Et maintenant, c'est le moment de jeûner.





Commentaire du samedi après les Cendres.
"Ce ne sont les gens en bonne santé qui ont besoin d'un médecin, mais les malades". La miséricorde de Dieu est gratuite. Mais il y a une condition : le repentir. Demandons au Seigneur de nous accorder un cœur contrit et humilié afin que nous puissions nous laisser guérir par lui.

Évangile (Luc 5, 27-32)

En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit :
« Suis-moi. »
Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »


Commentaire

On peut raisonnablement penser que Matthieu, en raison de la position sociale et économique qu'il occupait, pouvait s'offrir un médecin au cas où il en aurait besoin. En fait, l'Évangile nous dit qu'après avoir rencontré Jésus, "il lui a préparé un grand festin dans sa maison". Seuls les gens riches peuvent se permettre une telle dépense.

Mais Matthieu, même s'il avait toute sa richesse pour essayer de guérir son cœur, n'aurait jamais pu le faire. Non pas par manque d'argent, mais parce que le malaise de son cœur n'était pas physique mais spirituel.

La miséricorde de Dieu est gratuite. Le pardon, comme l'amour, ne s'achète pas. Le silence, voire l'oubli, peut être obtenu, mais pas le pardon.

Dieu ne fixe pas un prix pour obtenir son pardon, mais il pose une condition : le repentir. Mais même cela ne doit pas être parfait, comme nous le voyons dans la parabole de l'enfant prodigue. Il suffit d'avoir envie de rentrer et de faire un premier pas sur le chemin du retour.

En ce temps de Carême, l'Église nous invite à la conversion. Pour rentrer chez soi. Pour reprendre la route vers Dieu. Faire demi-tour, tout laisser derrière soi et prendre la route.

Les saints nous ont appris que ce chemin du retour est utilisé de nombreuses fois au cours de la vie. En fait, même plusieurs fois par jour. L'appel à la conversion est continu, tout comme l'aspiration profonde au bonheur et au don de soi qui bat au fond de nos cœurs.

Aller au sacrement de la Pénitence et montrer nos blessures au Seigneur dans la simplicité pour qu'il les guérisse, nous aidera à continuer plus facilement et plus joyeusement sur ce chemin de vie.





Commentaire du 1er dimanche de carême (cycle B)
"Et il resta quarante jours dans le désert, tandis qu'il était tenté par Satan." Jésus prend l'initiative dans la lutte contre le mal et nous donne un exemple par sa prière et son jeûne pour vivre ce Carême avec de l’espérance dans la lutte et un esprit de conversion.

Évangile (Marc 1, 12-15)

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :

« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.


Commentaire

Aujourd'hui, nous célébrons le premier dimanche de carême et nous contemplons le Seigneur conduit par le Saint-Esprit dans le désert, pour y prier et jeûner pendant 40 jours. Marc est très peu explicite dans son récit du temps que Jésus a passé dans le désert. Il ne fait pas référence aux trois types d'épreuves que Jésus subit selon les autres évangélistes ; il dit simplement qu'"il était dans le désert quarante jours en étant tenté par Satan".

À première vue, on pourrait se demander pourquoi Jésus se soumet à l'épreuve. En fait, le récit parallèle de Matthieu affirme que Jésus "a été conduit au désert par l'Esprit" précisément "pour être tenté par le diable" (Mt 4,1). De plus, tout Juif croyant de son époque connaissait l'attribution biblique du royaume du désert au diable et à l'épreuve (cf. Lv 16, 10). Et pourtant, Jésus y va.

Cet épisode nous apprend que c'est Jésus, et non le diable, qui prend l'initiative dans la lutte entre le bien et le mal. L'Apocalypse affirme également que c'est Michel et ses anges qui commencent la lutte contre le diable afin de le vaincre (Ap 12, 7). Jésus prend les devants, par un temps de prière intense et de jeûne, et c'est dans ce cadre d'effort et de sainteté de vie que le démon est poussé à venir ; un cadre qui lui est défavorable et non l'inverse.

La scène d'aujourd'hui nous montre que la condition d'enfants de Dieu révélée par le baptême dans le Jourdain - "Tu es mon Fils bien-aimé, mon bien-aimé" (Mc 1, 11) - loin de nous faire reculer devant le mal et le péché, à fuir par peur de la défaite - nous amène au contraire à prendre l'initiative de la lutte, avec courage et confiance dans la grâce, car nous sommes enfants de Dieu. Il ne s'agit pas de faire confiance à notre propre force ou de nous mettre en danger bêtement dans ce que nous savons être une occasion de péché. Il s'agit plutôt de ne pas être sur la défensive dans nos efforts pour nous comporter comme des enfants de Dieu, que le Père regarde avec plaisir, malgré tout, parce qu'il a lui-même envoyé son Fils fait homme.

Les saints ont toujours vécu avec ce sens positif et actif de la lutte, parce qu'ils ne se regardaient pas eux-mêmes, mais regardaient le Christ, qui a combattu et vaincu pour eux. Saint Augustin a exprimé cette vérité ainsi : « le Seigneur Jésus Christ, au désert, était tenté par le diable. Parfaitement! Le Christ était tenté par le diable ! Dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, parce que le Christ tenait de toi sa chair, pour te donner le salut ; tenait de toi la mort, pour te donner la vie ; tenait de toi les outrages, pour te donner les honneurs ; donc il tenait de toi la tentation, pour te donner la victoire. Si c'est en lui que nous sommes tentés, c'est en lui que nous dominons le diable. Tu remarques que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu'il a vaincu ? " Ainsi, Jésus nous donne un exemple en ce début de Carême et nous enseigne à prendre l'initiative dans notre lutte chrétienne pleine d'espérance.

Pour prendre la tête du combat, il nous faut réserver du temps pour la prière, malgré notre situation ou notre condition personnelle ; malgré les nombreuses raisons que la paresse, le pragmatisme ou la peur peuvent inventer pour mettre de côté ces temps de méditation. Il est logique que lorsque nous décidons de suivre les traces du Maître, l'épreuve et la tentation apparaissent dans notre vie. Mais cela ne veut pas dire que la lutte va mal ou que notre prière est infructueuse, bien au contraire. Les plus éprouvés sont généralement les saints car, comme le disait Sainte Thérèse de Jésus, "le traître sait que l'âme qui a persévéré dans la prière l'a perdu". C'est pourquoi le diable cherche à nous remplir d'omissions et de fausse humilité afin que nous arrêtions de prier et que nous perdions l'initiative dans la lutte. Parce qu'un climat de prière lui est toujours défavorable.

Et, au contraire, comme le disait saint Josémaria, "Sainte Thérèse nous assure que "celui qui ne prie pas n'a pas besoin du diable pour le tenter, tandis que celui qui ne dispose que d'un quart d'heure par jour est nécessairement sauvé...", parce que le dialogue avec le Seigneur, même dans les moments de dureté ou de sécheresse d'âme, nous révèle le vrai sens et la juste dimension de la vie. C'est pourquoi saint Josémaria concluait : " Sois une âme de prière".





Commentaire du lundi 22 février.
La fête de la Chaire de Pierre célèbre l’autorité de l’évêque de Rome comme successeur de Pierre et rocher sur lequel l’Église est bâtie : il confirme le peuple de Dieu dans la foi.

Évangile (Matthieu 16,13-19)

Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Commentaire

Un évêque exerce son ministère dans tout son diocèse ; dans sa cathédrale se trouve sa chaire (ou cathèdre), siège épiscopal d’où il préside les principales célébrations de l’année liturgique en représentation de Dieu le Père (Cf. saint Jean Paul II, Exh. Ap. Pastores gregis, 16 octobre 2003, n° 34). La fête liturgique de la Chaire de saint Pierre commémore le fait que Jésus Christ a fait de Simon et de ses successeurs à Rome le rocher sur lequel il a construit son Église. Jésus avait reproché à ses disciples leur manque de foi : ils ne comprenaient pas encore le sens de ses miracles ni, en fin de compte, qui il était lui-même. Matthieu raconte alors la confession de Pierre et la promesse du primat (cf. Mt 16, 8-20).

Jésus-Christ était en route pour Césarée de Philippe lorsqu’il interrogea ses disciples sur sa propre identité. Il se désigna alors comme le « Fils de l’homme », expression qui, paradoxalement, en raison de sa réminiscence vétérotestamentaire, suggère une origine divine unie à un visage humain, comme le savaient les Hébreux (cf. Dn 7, 10-14) ; en même temps, elle évoque le Serviteur souffrant (cf. Mt 20, 28).

D’une certaine manière, Jésus Christ amène progressivement ses disciples à découvrir qui il est. Il leur demande d’abord ce que les gens disent, puis ce qu’ils pensent eux-mêmes. Pierre donne la réponse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (v.16). Le livre de Samuel annonçait un descendant de David que Dieu aurait traité comme son fils (cf. 2 S 7,14). David avait promis de construire un temple pour Dieu. Jésus, en revanche, annonce un autre temple, l’Église : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » (v.17-18).

« Yonas » signifie en araméen « Dieu est miséricordieux ». Jésus rappelle ainsi à Pierre à quel point son acte de foi est un don de Dieu. « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas » : fils de la miséricorde ! Et il lui promet : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». La charge que le Seigneur donne à Pierre s’enracine dans la relation personnelle que Jésus a eue avec Simon, le pêcheur, lorsqu’il l’a rencontré : « Tu es Simon... tu t’appelleras Kèphas — ce qui veut dire : Pierre » (Jn 1, 42).

Jésus fait maintenant une autre promesse à Pierre : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (v.20). Le prophète Isaïe avait annoncé que la clef de la maison de David serait placée sur les épaules d’Éliakim : en tant que représentant du roi, le majordome du palais royal ouvrait et fermait chaque jour la vie administrative du peuple (cf. Is 22, 22). Jésus, bien plus encore : il ouvre les portes du Ciel ; en tant que nouveau David, il détient « la clef de David » (Ap 3, 7).

Matthieu raconte qu’après la primauté de Pierre, les scribes et les pharisiens ont fermé les portes du royaume des Cieux aux hommes (cf. Mt 23, 13).Le Seigneur donne à Pierre et à ses successeurs le pouvoir de pardonner ou non les péchés. Il le manifestera explicitement le jour de sa résurrection, un soir de paix et de joie, lorsqu’il soufflera sur ses disciples et que naîtra le sacrement de la pénitence et de la réconciliation (cf. Jn 20, 22-23).

La promesse se déroule à la frontière du monde païen, comme si elle symbolisait l’universalité de l’Église. Après la déclaration de Jésus à Pierre, l’image de Pierre s’est renforcée, comme le Nouveau Testament le montre déjà, et la compréhension du ministère pétrinien s’est développée. Capitale de l’empire, Rome a été le lieu du martyre de Pierre et c’est de Rome que fut donnée l’impulsion pour l’annonce de l’Évangile à toutes les nations.

Dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape Benoît XVI avait expliqué que « la grande cathèdre de bronze contient une chaise en bois du IXe siècle, longtemps considérée comme celle de l’apôtre Pierre [...]. Elle exprime la présence permanente de l’Apôtre dans le magistère de ses successeurs. On peut dire que la chaire de saint Pierre est le trône de la vérité (Benoît XVI, Homélie, 19 février 2012 ; cf. idem, Homélie, 29 juin 2006) ». Les chrétiens trouveront la vérité de leur foi chez Pierre et ses successeurs. « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32).

Dans l’Église, l’évêque de Rome « en qualité de successeur de Pierre, est le principe et le fondement permanents et visibles de l’unité (Concile œcuménique Vatican II, const. dogm. Lumen gentium, n° 23) ». Il jouit de l’infaillibilité de l’Église en matière de foi et de mœurs (Cf. ibidem, n. 25 ; dans ce cas, il ne s’exprime pas comme une personne privée et il le fait d’une manière bien déterminée.). Nous l’appelons « pape », mot qui vient du grec et signifie « père ». Le chrétien croit par Jésus Christ notre Seigneur et il aime le pape à partir de la foi. Saint Josémaria a donné un bel exemple de cette reconnaissance de la primauté des successeurs de Pierre et de prière pour eux avec une sincère affection filiale. Le pape François demande continuellement des prières : que l’Esprit Saint l’illumine et que la Sainte Vierge prenne soin de lui. Il sait que sa paternité, comme celle de saint Joseph, est « un "signe" qui renvoie à une paternité plus haute (François, Lettre apostolique Patris corde, 8 décembre 2020, n° 7) » : celle de Dieu le Père.





Commentaire du lundi de la 1ère semaine de carême.
Et le Roi, en réponse, leur dira : " En vérité, je vous le dis : toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. " Le Fils de Dieu, en se faisant homme en Jésus-Christ, est devenu l'un de nous, pauvre, connaissant la douleur, la faim, la soif, la persécution, jusqu'à mourir nu sur la Croix.

Évangile (Matthieu 25, 31-45)

Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s'assiéra alors sur le trône de sa gloire. Et, devant lui seront rassemblées toutes les nations. Il séparera les hommes les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs. Et il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père : prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l'origine du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. Les justes lui répondront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger ; avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ; nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus à toi ? Et le Roi leur répondra : En vérité, je vous le dis : toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. S'adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli nu, et vous ne m'avez pas vêtu, malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. Alors eux aussi diront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t'avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : En vérité, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait. Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice, et les justes à la vie éternelle.


Commentaire

L'enseignement de Jésus que nous entendons dans ce passage de l'Évangile est très consolant face aux situations d'injustice personnelle et sociale qui abondent dans la société dans laquelle nous vivons.

En effet, nous sommes témoins d'une lutte quotidienne entre le bien et le mal. Il peut parfois nous sembler que dans le monde, ceux qui ont le plus de pouvoir et le plus de moyens d'opprimer les autres l'emportent, mais Jésus dit clairement que le mal n'a pas le dernier mot. Dieu est juste et la justice triomphera.

Dans le Credo, nous confessons que Jésus-Christ "est monté au ciel et est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant". De là, il viendra juger les vivants et les morts". C'est là que réside notre certitude que le triomphe ultime est du côté du bien.

Au moment du jugement, le Fils de l'homme s'identifie à l'affamé et à l'assoiffé, à l'étranger, à la personne nue, au malade et au prisonnier, à tous ceux qui souffrent dans ce monde, et il considère le comportement à leur égard comme s'il s'était adressé à lui-même.

C'est pourquoi saint Josémaria nous rappelle que "il faut reconnaître dans nos frères les hommes le Christ, qui vient à notre rencontre. Nulle vie humaine ne peut être considérée isolément : elle s'entrelace aux autres vies. Nul n'est un vers détaché; nous faisons tous partie d'un même poème divin que Dieu écrit avec le concours de notre liberté." (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 111).

Ce ne sont pas de belles paroles, mais la réalité la plus profonde de Jésus. Le Fils de Dieu, en se faisant homme en Jésus-Christ, est devenu l'un de nous, pauvre, connaissant la douleur, la faim, la soif, la persécution, jusqu'à mourir nu sur la Croix.

Le Juge universel sera celui-là même qui a souffert de tout cela, et qui a bien expérimenté combien le mépris présomptueux de ceux qui ne font que vaquer à leurs occupations fait du mal, et combien l'amour des personnes généreuses qui ne se détournent pas des besoins de leurs frères et sœurs les réconforte.





Commentaire du mardi de la 1ère semaine de carême.
"Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Vous donc, priez ainsi". Le Seigneur nous ouvre son intimité et nous révèle, par la prière du Notre Père, la confiance avec laquelle nous devons nous adresser au Père et ce que nous devons demander.

Évangile (Matthieu 6, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Commentaire

Aujourd'hui, nous écoutons à nouveau le Notre Père, la prière que Jésus a enseignée à ses disciples. Ces paroles, si souvent répétées par les chrétiens de tous les temps, sont très significatives et contiennent un enseignement d'une grande profondeur.

Pour les écouter attentivement, il faut se rendre compte que les intentions qu'elles expriment sont un résumé de ce que Jésus a porté dans son cœur. Le Notre Père est comme une fenêtre sur l'intimité du Seigneur, qui nous permet de comprendre le contenu de son dialogue avec Dieu son Père, quelles ont été ses motivations, les obstacles qu'il a rencontrés.

Jésus nous enseigne que toutes nos demandes, quelles qu'elles soient, doivent être adressées à " Notre Père ". Il nous montre ainsi que notre prière peut reposer sur la confiance envers un père qui veut notre bien.

La liturgie d'aujourd'hui nous invite donc à confronter notre prière avec celle du Seigneur et à apprendre peu à peu à avoir les mêmes désirs que lui : que tous connaissent le nom de Dieu, que son Royaume devienne une réalité, qu'ils obtiennent une vraie nourriture, qu'ils demandent la force de lutter contre la tentation et le péché, et au cas où nous aurions subi un mal quelconque, de savoir pardonner.

Voilà les choses importantes pour le Seigneur. Demandons l'aide de l'Esprit Saint pour qu'elles soient aussi importantes pour nous et que nous puissions avoir les mêmes sentiments, avec un cœur plus conforme au cœur divin, et que nous sachions surtout dialoguer et nous adresser avec confiance à notre Père qui est aux cieux.





Commentaire du Mercredi de la 1ère semaine de Carême.
Durant le voyage à Jérusalem, Jésus trouve des réponses différentes à son message de salut : certains accueillent le message avec foi, et d'autres refusent obstinément de l'écouter. C'est contre ce refus que Jésus rappelle les deux histoires de l'Ancien Testament : l'histoire du prophète Jonas et l'histoire de la Reine de Saba.

Évangile (Luc 11, 29-32)

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire :

«Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.»


Commentaire

Aujourd'hui, nous lisons quelques paroles dures du Seigneur. Jésus et les disciples sont déjà en route vers Jérusalem. Pendant leur voyage, beaucoup accueillent le message de l’Évangile avec l'ouverture de la foi, mais il y en a aussi beaucoup d'autres qui le rejettent ouvertement. C'est contre ces derniers que s'adressent les paroles du Seigneur que nous entendons.

Jésus rappelle à ceux qui l'écoutent deux histoires. D'une part, celle de Jonas, fils d'Amitay (Jon 1, 1). Ce personnage de l'Ancien Testament a captivé l'imagination de la piété populaire à travers les âges grâce à la fabuleuse histoire du prophète qui fut avalé par un grand poisson puis rejeté sur la terre ferme.

Cependant, ce n'est pas pour cela que Jésus le mentionne, mais pour ce qui s'est passé après qu'il ait été rejeté par la baleine. Jonas a été envoyé pour prêcher la conversion aux habitants de Ninive, tout comme Jésus prêchait l’Évangile aux Israélites. Les habitants de Ninive ont écouté le prophète et se sont convertis. Restait à voir comment les auditeurs allaient réagir au message de Jésus et comment nous allons réagir, nous aussi.

Le second récit, celui de la Reine de Saba (cf. 1 Rois 10, 1-13) souligne la même idée. Le premier livre des Rois nous dit que " La reine de Saba ayant entendu parler de la renommée de Salomon, vint donc pour le mettre à l’épreuve en lui proposant des énigmes ». Malgré sa méfiance, la Reine écoute Salomon avec une attitude ouverte et reconnaît en lui la sagesse qui lui a été donnée d'en haut.

Le Seigneur nous avertit aujourd'hui que nous devons être vigilants pour le reconnaître dans les circonstances diverses. La façon dont Dieu se présente n'est pas toujours évidente, mais si nous savons écouter comme les habitants de Ninive et être attentifs comme la Reine de Saba, nous saurons sûrement reconnaître que nous sommes devant Jésus qui nous parle.





Commentaire du Jeudi 1ère semaine de Carême.
"Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira". N'avons-nous pas tous eu le sentiment de frapper à la porte de Dieu, et craindre que la sonnette ne marche pas ? Si le Seigneur semble tarder à nous répondre c'est peut-être parce qu'il veut que nous soyons mieux préparés à recevoir ses cadeaux.

Évangile (Matthieu 7, 7-12)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.

Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? Ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »


Commentaire

Peut-être sommes-nous nombreux à partager cette expérience courante : celle de prier ou d'avoir prié pour une personne, pour une intention ou pour une cause sainte et bonne, mais cela ne se passe pas comme nous l'aurions voulu. Ou tout simplement cela ne fonctionne pas : ce membre de la famille qui est encore loin de Dieu, cet examen médical qui nous donne un résultat décourageant, cette législation qui ne répond pas à la dignité humaine.

La frustration, le sentiment d'impuissance, le doute face à l'apparente immobilité de Dieu sont renforcés lorsque nous entendons l'écho de ces paroles de Jésus : "Demandez et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira".

Mais alors, où cela nous mène-t-il ? N'avons-nous pas tous demandé beaucoup de choses qui ne nous ont pas été données ? N'avons-nous pas tous eu le sentiment de frapper à la porte de Dieu, et il semble que la sonnette ne fonctionne pas ?

Notre perplexité est compréhensible, mais c'est précisément pour cela qu'il est important que nous allions au-delà de notre propre regard : il est essentiel d'acquérir progressivement, avec l'aide du Saint-Esprit, le point de vue de Dieu, dans notre prière. Nous réaliserons ainsi que, paradoxalement, lorsque le Seigneur nous fait attendre, c'est parce qu'il veut nous préparer à mieux recevoir ses dons.

Saint Augustin nous l'explique : "Notre Dieu et Seigneur ne veut pas que nous lui dévoilions nos désirs, car il ne peut certainement pas les ignorer, mais il veut que, par la prière, nous augmentions notre capacité de désirer, afin que nous devenions plus aptes à recevoir les dons qu'il nous prépare. Ses dons, en fait, sont très grands et notre capacité à recevoir est petite et insignifiante.

Ainsi, cette attente persévérante qu'est la prière de demande aide les personnes ou les intentions pour lesquelles nous prions, mais elle nous est aussi profitable. Le Seigneur est Père, et il nous donnera donc beaucoup plus que ce à quoi nous aspirons.

Mais il est bon de ne pas perdre de vue les dernières paroles de Jésus dans ce passage : " Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ". La persévérance dans la prière doit aller de pair avec la charité : si nous nous comportons comme le Christ envers tous les peuples et dans toutes les situations, Dieu le Père nous regardera avec fierté et comblera tous les désirs de notre cœur.








      



Commentaire du Vendredi de la 1ère semaine de carême.
Ne pas tuer, ce n'est pas ne pas faire de mal à l'autre, mais chercher la communion avec l'autre, entrer vraiment dans sa vie, porter la vie de l'autre sur ses propres épaules. C'est la vie que Jésus Christ nous offre, c'est la plénitude : être dans la vie des autres.

Évangile (Mt 5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »


Commentaire

Jésus-Christ n'est pas venu abolir la loi, mais lui donner sa plénitude. Avec Lui et en Lui, la vie d'un chrétien cesse d'être une vie pleine d'obligations, de devoirs et de pratiques, et devient une vie pleine d'abandon et de bonheur accompli.

Ainsi, le précepte "ne pas tuer" est enrichi. Il est intéressant de noter que plus le délit est petit, plus le tribunal est important et plus la peine infligée est lourde. Être rempli de colère implique d'être passible de jugement, ce qui était le tribunal prévu pour celui qui a assassiné ; celui qui insulte est passible du Sanhédrin, un jugement plus sévère que le précédent ; maudire apporte avec lui le feu de l'enfer ; et, enfin, avoir quelque chose contre un frère signifie être hors de communion avec Dieu.

Jésus-Christ devait provoquer l'étonnement en parlant de cette manière. Mais il le fait pour mettre en évidence le fond du problème, ce qui est vraiment en jeu : la communion avec Dieu passe par la communion avec les hommes.

Ne pas tuer, ce n'est pas ne pas faire de mal à l'autre, mais chercher la communion avec l'autre, entrer vraiment dans sa vie, porter la vie de l'autre sur ses propres épaules.

Il n'y a pas de solution intermédiaire. Soit la vie de l'autre est radicalement aimée, soit elle est anéantie. Soit je profite de la présence et de la vie de l'autre, soit je le rejette, je l'élimine, je le retire de ma vie.

C'est la vie que Jésus Christ nous offre, c'est la plénitude : être dans la vie des autres. Profiter de leurs succès, de leurs talents et de leurs capacités, de leurs joies, de leurs projets ; marcher avec eux dans leurs échecs, dans leurs peines, dans leur douleur. Les embrasser complètement, leur pardonner et accepter leur pardon.

Une nouvelle vie. Au-delà de nous-mêmes.





Commentaire du Samedi de la 1ère semaine de Carême.
« Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous de plus que les autres ? » Nous pourrions souligner un défaut, voire une offense, de chaque personne que nous connaissons, et lui en tenir rigueur. Jésus, lui, n'a refusé de saluer personne : pas même Judas au Jardin des Oliviers.

Évangile (Mt 5, 43-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »


Commentaire

Dieu n'a pas attendu que nous l'aimions. Il nous a aimés le premier (1 Jean 4 :19). Mais pas seulement cela : il nous a aussi aimés après le péché originel. Il nous aime avant, pendant et après chaque chute. Il nous aime malgré nous. Et après la Croix, il nous regarde comme ceux pour qui son Fils a donné sa vie. Nous valons tout le sang du Christ. En d'autres termes, nous valons tout pour Dieu.

C'est ainsi que le Seigneur se comporte, et c'est ainsi qu'il veut que nous nous comportions. Le problème est que, dans notre cas, les excuses se présentent rapidement.

Le voisin que je n'aime pas parce qu'il ne m'a pas dit bonjour une seule fois. La dame du magasin du coin qui m'a un jour congédié sans même me regarder. L'employé au guichet de la banque qui ne fait rien pour résoudre mon problème.

Ma belle-sœur, qui est très énergique. Mon patron, qui est intolérable. Mes enfants, qui sont insupportables.

Et ainsi de suite, on pourrait continuer avec une liste infinie. De chaque personne que nous connaissons, nous pourrions mentionner un défaut, une erreur commise, voire un tort qu'ils nous ont causé. Mais Jésus, dans ce passage du Sermon sur la Montagne, est très clair : il n'y a pas d'excuse. Le Seigneur nous a aimés le premier, et pour tous, il a donné sa vie. Jésus n'a refusé de saluer personne : pas même Judas au Jardin des Oliviers.

Dans un monde plein de ténèbres, c'est nous, les chrétiens, qui sommes appelés à apporter la lumière. Dans un monde aux regards fuyants, ce sont les chrétiens qui sont appelés à répandre le sourire. Dans un monde plein d'yeux fixés sur le sol et d'oreilles occupées par des écouteurs, ce sont les chrétiens qui sont appelés à dire toujours, quoi qu'il arrive, bonjour.

Les progrès des neurosciences ont permis de comprendre de mieux en mieux pourquoi le rire est contagieux. Les explications sont très profondes, mais ce qui nous intéresse ici, c'est la ratification du fait : le rire, la science le confirme, est contagieux.

On ne sait jamais ce qui pourrait se passer après ce salut. C'est peut-être le premier pas pour que le "feu du Christ que tu portes dans notre cœur" (cf. Chemin, n. 1) commence à réchauffer d'autres vies. S'il vous semble que personne autour de vous ne sourit, commencez par sourire vous-même, "afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est aux cieux". Vous aurez certainement plus d'une surprise.





  



  



  



  



  



  



  



  



  



  



  



  



  



  



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