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Commentaire du dimanche de la 3ème semaine de Pâques.
« Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet » (Lc 24,44). Les événements ont été prophétisés parce qu’ils allaient s’accomplir. Ayons confiance dans la Providence divine qui tient compte de nos défaillances.

Évangile (Luc 24,35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »


Commentaire

Nous sommes le soir du jour de la résurrection. Les disciples d’Emmaüs ont leur cœur tout brûlant. La nouvelle de la résurrection est si grande qu’ils s’empressent de la partager avec les Onze apôtres. Ceux-ci les devancent en leur apprenant que Jésus est apparu à Simon-Pierre.

Pendant cet échange d’expériences inouïes, voici que le Seigneur Jésus se rend présent au milieu d’eux. Il les invite à affermir leur foi encore vacillante. Il leur dit de regarder ses mains et ses pieds, de le toucher : c’est bien lui ! Ils sont joyeux mais ils sont saisis d’étonnement, ils ont du mal à croire que Jésus soit vraiment là. Il faut la foi pour le reconnaître dans son corps glorieux. Alors Jésus mange devant eux du poisson grillé. Saint Luc insiste donc sur la réalité de l’apparition du Seigneur, qui a de la chair et des os (cf. v.39).

Jésus montre ses pieds et ses mains blessés aux Onze : c’est bien lui, Jésus Christ, « un et le même », comme le dira la Tradition de l’Église, qui a été crucifié, est mort et a été enseveli, et qui est maintenant là devant eux, vivant et bien portant. Il est vraiment ressuscité. Son corps était resté uni à la divinité après la mort, mais séparé de son âme humaine, ce corps est ressuscité. Ce grand mystère est le fondement de notre foi.

Le seigneur invite alors ses disciples à croire et il leur montre que c’est de lui que parle l’Écriture : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (v. 44) : les événements ont été prophétisés parce qu’ils allaient s’accomplir, et non l’inverse. La loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes – ici compris comme faisant partie des « Écrits » de la Bible hébraïque – constituent la préparation à l’Évangile : ils témoignaient déjà du mystère du Christ. Puissions-nous avoir un vif intérêt pour les Saintes Écritures, Ancien et Nouveau Testaments : c’est la passion pour Jésus Christ ! Lisons et étudions avec passion les Saintes Écritures, afin de grandir en connaissance et amour du Verbe incarné, pour entrer avec lui dans le courant trinitaire d’Amour.

Maintenant ce sera au tour des disciples d’être les témoins du Christ, de prêcher la conversion pour le pardon des péchés aux juifs et à toutes les nations. Pour cela, le Christ leur promettra ensuite l’assistance de l’Esprit Saint (cf. v.49).

La première lecture montre Pierre accomplir auprès des Juifs la mission reçue de Jésus (cf. Ac 3,13-19). Dans la deuxième lecture, saint Jean invite à garder la Parole du Seigneur, à observer les commandements et à vivre ainsi de l’amour de Dieu (cf. 1 Jn 2,5) : Jean aura sans doute vu comment la Sainte Vierge y parvenait.

La joie présente ce soir-là, à Jérusalem (v.41), accompagne toute la vie du chrétien, comme une mystérieuse présence de l’Esprit. C’est une joie que nous sommes appelés à transmettre. Le Christ ne pense qu’à cela : faire de nous des fils et des filles du Père éternel, pour le rayonnement de sa bonté ; Jésus est vraiment le Christ, « l’Oint », rempli de l’Esprit. Il est constamment tourné vers le Père et intercède pour nous dans la joie de l’Esprit : « Cette joie dans l’oubli de soi-même est la meilleure preuve d’amour qui soit. » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 19)

Ce que nous demandons au Seigneur dans le psaume de la liturgie de la Parole d’aujourd’hui s’accomplit dans la résurrection : « Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! » (Ps 4,9).





Commentaire du lundi de la 3ème semaine du temps de Pâques.
"Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau." L'Eucharistie peut transformer notre vie et la diviniser si nous cherchons à nous en approcher avec une foi ardente.

Évangile (Jean 6, 22-29)

Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l’avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.

L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :

« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »

Jésus leur répondit :

« Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »

Ils lui dirent alors :

« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

Jésus leur répondit :

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »


Commentaire

La veille, Jésus avait rassasié de pain la foule qui le suivait. Ceux qui ont bénéficié du miracle sont maintenant enthousiastes et cherchent Jésus avec persévérance. Ils sont prêts à aller ici et là, à traverser le lac, à suivre la trace de celui qui était capable de prendre du pain sans le moindre effort et de le donner à la foule. Ils appellent Jésus Maître, et au fond d'eux-mêmes, ils veulent le proclamer roi, car ils pensent qu'enfin quelqu'un est arrivé qui va vraiment résoudre leurs problèmes. Ils croient qu'avec lui, ils seront assurés d'avoir du pain et qui sait combien d'autres choses.

Jésus, qui connaît le fond de leur cœur, ne se laisse pas aveugler par un succès apparent. Il veut amener ses auditeurs à la véritable signification du miracle de la multiplication des pains : c'est un signe, qui annonce quelque chose de meilleur. Jésus leur dit : "Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme". La foule répond : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? " Elle ne réalise pas toute la portée de ses paroles.

Peut-être ces personnages pensent-ils à faire une sorte d'échange : nous ferons les œuvres que Dieu nous demande et en retour nous recevrons notre pain quotidien. Le Seigneur, cependant, veut leur donner quelque chose de plus grand, il veut leur donner son propre Corps comme nourriture. Mais pour pouvoir l'apprécier, nous devons bien nous préparer : "L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'Il a envoyé".

L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à nous demander si nous faisons l'effort de rechercher la véritable nourriture qu'est l'Eucharistie. Il nous rappelle également que pour goûter l'Eucharistie, nous devons nous en approcher avec foi. Cela nous sert beaucoup, par exemple, de préparer ces rencontres avec le Seigneur par des communions spirituelles, qui sont des moments pour enflammer la foi dans nos cœurs. Alors, recevoir l'Eucharistie nous transformera vraiment, elle nous fera réaliser les œuvres de Dieu dans nos vies, elle divinisera notre travail quotidien.





Commentaire du mardi de la 3ème semaine de Pâques.
Jésus leur répondit: "Je suis le pain de la vie". Jésus ressuscité nous attend dans l'Eucharistie pour nous donner sa vie et nous remplir de cette énergie avec laquelle nous transformerons le monde.

Évangile (Jean 6, 30-35)

En ce temps-là, la foule dit à Jésus :

« Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »

Jésus leur répondit :

« Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Ils lui dirent alors :

« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Jésus leur répondit :

« Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »


Commentaire

Dans l'Évangile de la messe d'aujourd'hui, Jésus est présenté comme le pain qui donne la vie au monde. En lisant ce passage en ce temps de Pâques, nous pouvons nous rappeler que le Christ vit et qu'en lui réside la source de la vie. Tout ce qui est grand et beau dans notre monde, tout ce qui nous remplit d'énergie et nous fait sentir que la vie vaut la peine d'être vécue, est d'une certaine manière lié à Jésus. Saint Jean dit : " C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes" (Jean 1,3-4).

En Jésus, nous avons tout. C'est pourquoi nous pouvons dire avec les personnages de l’Évangile : "Seigneur, donne-nous toujours de ce pain". Lorsque dans notre cœur nous ressentons quelque chose de vide ou que nous sentons que nous manquons de force pour affronter notre travail quotidien... quel grand remède nous avons en participant à l'Eucharistie ! C'est là que nous ravivons notre passion de vivre et d'apporter au monde la joie de se savoir aimé de Dieu.

La messe est le moment de nous laisser renouveler par notre Seigneur. Saint Josémaria a confié sa propre expérience : "Pourtant lorsque je prie, au pied de l’autel, le Dieu qui réjouit ma jeunesse, je me sens très jeune et je sais que je ne me considérerai jamais vieux. Si je demeure fidèle à mon Dieu, l’Amour me vivifiera continuellement : ma jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle." (Amis de Dieu, n° 31).

Nous voulons aussi que cette force vitale que le Seigneur nous donne ne reste pas enfermée en nous, mais qu'elle déborde dans nos activités quotidiennes et dans les personnes que nous rencontrons au cours de la journée. Il sera bon pour nous de laisser sur l'autel ce que nous avons entre les mains : projets, illusions, préoccupations. Le Seigneur la prendra et la fera sienne. Il cessera d'être une chose purement humaine pour être transformé, par l'action de la grâce, en une nourriture qui donne vie au monde.





Commentaire du mercredi de la 3ème semaine du temps de Pâques.
"Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé: que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour". Jésus demeure dans l'Eucharistie pour que, tant que nous marchons sur la terre, notre cœur soit en sécurité, le regard fixé vers le ciel.

Évangile (Jean 6, 35-40)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules :

« Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »


Commentaire

Dans cette partie du discours sur le pain de vie, Jésus cherche à faire faire à ses auditeurs un saut dans la foi. Il les a rassasiés du pain terrestre et il veut maintenant qu'ils aient faim du pain céleste.

Le Maître veut diriger l'attention de la foule vers ce qui est définitif, vers la vie éternelle. Ils voulaient que Jésus leur assure le pain quotidien, mais il leur fait voir que la véritable sécurité consiste à remettre notre existence entre ses mains et à nous laisser conduire vers l'éternité : "telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour".

Comme nous nous efforçons pour obtenir des avantages terrestres ! Nous découvrons souvent, cependant, que ceux-ci sont fragiles. Ce que nous avons acquis au prix de nombreux sacrifices peut être perdu par un coup de malchance et, pire encore, nous pouvons nous effondrer nous-mêmes lorsque nous voyons disparaître ce que nous avons eu tellement de mal à obtenir.

Jésus ne veut pas que nous perdions courage face aux revers de la vie. C'est pourquoi il demeure dans l'Eucharistie, afin que nos cœurs puissent se reposer en lui et être en sécurité, les yeux fixés vers le ciel tant que nous marchons sur la terre.

L'Église appelle l'Eucharistie le "gage de la vie à venir" (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 1402). Jésus lui-même s'oblige, pour ainsi dire, à nous ouvrir les portes du ciel si nous l'avons reçu avec dévotion tout au long de notre vie. Et c'est ce qui vaut finalement le plus la peine : nos succès ou nos échecs, nos changements de plans, etc. sont tous relatifs. Dans l'Eucharistie, par contre, se trouve la vie définitive.






Commentaire du jeudi de la 3ème semaine de Pâques.
Dieu est la source de la Vie, et nous ne pouvons atteindre cette source que par le Fils. D'où la nécessité de le chercher et de l'écouter à cœur ouvert, et de nous impliquer dans un dialogue d'amour qui façonne toute notre existence. Ainsi, peu à peu, les traits du Christ s'imprimeront sur notre visage et, avec lui, nous entrerons dans une communion toujours plus étroite avec le Père.

Évangile (Jean 6, 44-51)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules :
« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.
Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui- là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »


Commentaire

L'Évangile selon Jean nous a transmis comme aucun autre Évangile les discours de Jésus dans lesquels il parle de sa relation avec le Père. Ces jours-ci, la liturgie nous rappelle les paroles que nous trouvons dans le sixième chapitre, concrètement dans le Discours du Pain de Vie. Les personnes qui suivaient le Seigneur cherchaient en lui la vie. Et, oui, Jésus s'offrait comme le Pain de Vie, mais d'une Vie telle qu'ils ne pouvaient l'imaginer. La nourriture qu'il offrait n'était pas simplement pour le corps.

Avec les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, nous sommes encouragés à ne pas renoncer à chercher, trouver et aimer Jésus (cf. Chemin, 382). Pour cela, une attitude d'ouverture du cœur est nécessaire, une attitude d'écoute confiante et reconnaissante, qui répond en engageant un dialogue d'amour avec sa propre existence. C'est-à-dire qu'une véritable écoute consiste à se laisser toucher dans les profondeurs de notre être et, ainsi, à orienter notre vie en fonction de ce que nous avons reçu. Le Christ veut nous donner sa main, éclairer notre intelligence, fortifier notre volonté et nous accompagner sur le chemin du Père. Dieu est la source de la vie, et c'est vers cette source qu'il veut nous conduire. Comment le fait-il ? En nous laissant un exemple pour que nous puissions suivre ses traces (cf. 1 P 2,21). C'est cela la foi : l'identification avec celui en qui nous croyons.

Dans l'une des lectures de la Veillée pascale, nous lisons ces mots : "Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses !

(Is 55,1-2). Combien de fois avons-nous utilisé le mot "rassasier" sans vraiment savoir ce que signifie être rassasié ! Car le prophète parle de quelque chose qui comble et qui n'est plus gaspillé. C'est là qu'il vaut la peine d'investir : en nous nourrissant du Christ, en faisant de toute notre existence un dialogue avec lui, en travaillant avec lui, en nous reposant avec lui, en entretenant des relations d'amitié avec son amour, en aspirant à voir un Père dont lui seul a contemplé le visage et qu'Il nous a montré et qu'Il nous montre dans la mesure où nous le laissons vivre en nous.





Commentaire du vendredi de la 3ème semaine de Pâques.
"Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle". La vie est toujours un cadeau qui nous est offert à travers la nourriture. L'Eucharistie nous rappelle notre indigence et, en même temps, l'amour d'un Dieu qui nous appelle à une vie qui ne passe pas.

Évangile (Jean 6,52-59)

En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux :

« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Jésus leur dit alors :

« Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Voilà ce que Jésus a dit alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.


Commentaire

Les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui ont été entendues avec un grande étonnement par une partie de l'auditoire et ont fait scandale pour beaucoup : Jésus nous invitant à manger sa chair et à boire son sang, et associant cela à la vie éternelle ! Si nous avions été là à ce moment-là, n'aurions-nous pas été aussi déconcertés ? Il est certain que quelques-uns ont conservé leur amour pour Jésus. Il n'est pas difficile de comprendre que les paroles de Jésus sont une véritable nourriture. Mais, si l'on nous parle de la réalité du corps et du sang d'une personne offerts comme nourriture, comment cela est-il possible ?

L'Eucharistie est un merveilleux Mystère d'Amour qui nous dit beaucoup de choses. Chacun d'entre nous peut admettre qu'il a besoin de nourriture pour vivre, et que cette nourriture lui vient de l'extérieur, c'est-à-dire que personne n'est source de vie pour lui-même. De ce point de vue, tout être humain est démuni, et l'expérience de la faim et de la soif révèle en nous le désir de vie. En face de l'Eucharistie, nous considérons encore une fois que la vie est un don, elle est un don, mais que cette vie ne se réduit pas à la vie du corps, qui tôt ou tard dépérit et s'éteint, mais qu'il y a une aspiration à une vie qui dure. Et pour en être digne, ce qui nous est offert c'est de nous nourrir de la Vie elle-même, du Corps et du Sang du Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Nous savons tous que, d'une certaine manière, on se transforme en ce dont on se nourrit : si on a lu certaines choses, elles ont façonné notre cœur et notre tête ; si on a cultivé une certaine musique ou contemplé un certain aspect de la nature, notre sensibilité a été façonnée par ce que l'on a expérimenté. Un certain aliment donne une certaine vitalité au corps. C'est ainsi que Dieu a voulu habiter en nous, nous transformer par le Corps et le Sang du Christ, et nous faire participer à sa nature divine ! (2 P 1,4). Conscients de cela, nous nous approchons de ce sacrement avec toute la gratitude et le respect dont nous sommes capables, avec la ferme conviction que chaque fois que nous communions, nous permettons au Christ de s'impliquer plus intimement et plus étroitement dans toute notre existence.





Commentaire du samedi de la 3ème semaine de Pâques.
"Cet enseignement est rude, qui peut l'entendre ?" L'acceptation ou le rejet des paroles de Jésus sont fondés sur une attitude préalable de bonnes ou de mauvaises dispositions. Lorsque l'âme est disposée à le faire, alors, dans le cœur, s'ouvre une porte par laquelle la lumière peut entrer, ce qui nous permet de voir avec les yeux du Christ.

Évangile (Jean 6,60-69)

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent:
« Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit :
« Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit :
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »


Commentaire

Les paroles de Jésus ne laissent personne indifférent : soit on les accepte, même si on ne les comprend pas complètement, soit on les rejette. Mais le rejet n'est pas dû au fait que Jésus dit des choses qui ne peuvent être acceptées. Cela ressemble souvent à une excuse. Il y a quelque chose de préalable : un refus de croire. Lorsque nous allons planter une graine, nous préparons le sol. Lorsque nous allons chanter, nous exerçons nos cordes vocales. Quand nous allons cuisiner, nous chauffons d'abord le four. Nous faisons l'expérience dans cette vie que le grand et le petit, le manuel et l'intellectuel, tout nécessite une préparation préalable. Et cela affecte également la foi. Celui qui ne veut pas croire, ne peut pas croire. Nous avons besoin d'un minimum de bonnes dispositions, d'ouverture de cœur. C'est la préparation à la foi.

Pourquoi certaines personnes rejettent-elles Jésus, même sans avoir essayé de vivre selon sa parole ? On pourrait dire que, lorsque l'horizon de sa vie est devenu trop étroit, lorsqu'on s'est habitué à vivre de l'immédiat ou de ce qui nous réconforte ici et maintenant, même si ce confort ne dure pas longtemps, toute parole qui nous invite à vivre autrement est perçue comme une ingérence ou une agression inexcusable. Mais Jésus n'est pas venu pour condamner mais pour sauver, il n'est pas venu pour asservir mais pour libérer. Et cela nous aide à comprendre que lorsque le cœur n'est pas préparé, on n'est pas capable d'apprécier et d'accepter l'amour qui nous est offert.

Jean l'évangéliste dit que beaucoup de ceux qui suivaient Jésus ne croyaient pas et que l'un d'entre eux allait même le trahir. Comment est-il possible d'arriver à une telle situation ? Quelles attentes avaient-ils ? Quelles attentes avons-nous lorsque nous nous approchons du Seigneur ? Nous pouvons nous rappeler ces paroles de Jésus lui-même : " Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne " (Lc 22,42). Nous pourrions les traduire ainsi : "Seigneur, c'est ma vision de la vie, mais tu en sais beaucoup plus que moi, aide-moi à t'ouvrir mon cœur et à voir avec tes yeux". Le fait est que parfois nous sentons que, si nous voyons avec les yeux du Christ, quelque chose dans notre vie devrait changer, et peut-être que nous ne voulons pas le faire. C'est alors, plus que jamais, que nous faisons l'expérience de la vérité de ces mots : si Dieu ne nous aide pas, nous ne pouvons pas nous approcher de Lui. Mais quel est l'intérêt d'une vie loin de Dieu ? C'est pourquoi voici une bonne prière : " Que je voie avec tes yeux, mon Christ, Jésus de mon âme ! (Saint Josémaria, 19 mars 1975).





Commentaire du dimanche de la 4ème semaine de Pâques.
"Je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis". C'est ainsi qu’est Jésus-Christ et c'est ainsi qu'il veut que nous soyons. Ce n'est que de cette manière que nous faisons l'expérience de la vraie liberté. La liberté des enfants de Dieu, la liberté de Jésus-Christ, la liberté du don de soi généreux. Jésus-Christ, joyeux, change le monde par son abnégation. Grâce à son offrande, nous avons la joie qui change le monde.

Évangile (Jean 10, 11-18)

En ce temps-là, Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »


Commentaire

L'image du bon berger était bien connue des auditeurs de Jésus. Dans l'Ancien Testament, Moïse et David, avant que Dieu ne les choisisse pour être les bergers de son peuple, avaient été des bergers de troupeaux. Plus tard, pendant l'exil, Ézéchiel avait parlé de Dieu lui-même comme berger de son peuple : "Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau..., ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées " (Ez 34, 12).

Jésus annonce que ce jour est arrivé.

Il se présente comme le bon berger.

Il est Dieu fait homme qui veille sur les hommes, qui les rassemble en une seule famille, la famille des enfants de Dieu, et les nourrit de son propre corps, afin qu'ils aient la vie éternelle.

Dans ce discours du bon berger, Jésus-Christ nous dit comment il est, mais aussi où il veut nous conduire. Il veut que nous devenions de bons bergers dans notre vie quotidienne.

Jésus dit trois choses sur le vrai berger : il donne sa vie pour ses brebis, il les connaît et elles le connaissent, et il va vers elles pour qu'elles vivent dans un même troupeau, dans une même famille. (Benoît XVI, Homélie à la Sainte Messe d'Ordination sacerdotale, 7 mai 2006)

Tout d'abord, le berger donne sa vie pour ses brebis.

Le mystère de la Croix est au cœur de la vie de Jésus-Christ.

Le Christ se dépouille de son rang, de sa gloire divine, il revêt nos vêtements - les vêtements de l'humanité, de la douleur, de la souffrance, de la solitude, de l'abandon, semblables en tout à nous sauf le péché - il se laisse humilier jusqu'à la mort sur la Croix et se donne ainsi à chacun de nous.

Et dans chaque Eucharistie, c'est lui que nous rencontrons, le Christ Bon Pasteur. Il se rend totalement présent, il nous prend dans ses mains blessées, il nous bénit, il nous soulève, il nous porte à nouveau, il se donne à nous comme nourriture.

Et il le fait pour nous, pour toucher la partie la plus intime de notre réalité humaine, pour connaître toute notre existence et la guérir.

Dans chaque Eucharistie, il nous donne son corps qui se donne à nous, son sang qui se répand. Il nous donne sa force de don de soi jusqu'au bout. L'Eucharistie ne se termine pas avec la communion. Il veut que nous vivions chaque jour de manière eucharistique, avec le cœur à vif : que nous donnions notre vie pour les autres.

Deuxièmement, le berger connaît les brebis, et celles-ci le connaissent.

Mais la connaissance de Jésus-Christ n'est pas une connaissance formelle ; la relation qu'il veut avoir avec nous n'est pas une relation routinière, impersonnelle, sèche. C'est une relation d'amour. C'est une connaissance qui vient du cœur.

Jésus-Christ nous connaît : il nous porte dans son cœur. Un cœur blessé, transpercé d'amour, qui nous crie : "ne te cache pas, viens à moi, ne te fatigue pas, touche-moi, je t'aime".

Et lorsque nous nous approchons de Lui, lorsque nous entrons dans Son cœur, Il nous donne Son cœur, afin que nous puissions sentir avec Son cœur.

Il nous demande d'aimer comme Il le fait, de connaître les autres comme Il le fait : avec le cœur. Dans l'Eucharistie, il nous donne son corps pour que nous puissions aimer de son cœur.

Enfin, le berger recherche l'unité.

Le Christ n'est pas mort pour quelques-uns, il est mort pour tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps.

Il continue à les chercher chaque jour et il a besoin de nous. Au milieu de nos vies, de nos rues et de nos places, de nos occupations et de nos loisirs, de nos familles et de nos amitiés, de nos douleurs et de nos maladies, de nos succès et de nos échecs, de nos allées et venues, partout où nous vivons : vivre avec le cœur de Jésus-Christ.

Dans chaque Eucharistie, il nous fait entrer dans son cœur sacerdotal, afin que nous fassions nôtres sa louange, son action de grâce, sa réparation et sa prière. Il nous donne un cœur catholique, universel.

Le bon berger donne la vie, connaît avec son cœur, cherche l'unité.

C'est ce que Jésus-Christ est et c'est ce qu'il veut que nous soyons. Ce n'est que de cette manière que nous faisons l'expérience de la vraie liberté. La liberté des enfants de Dieu, la liberté de Jésus-Christ, la liberté du don de soi généreux.

Jésus-Christ, joyeux, change le monde par son sacrifice.

Par notre don, nous avons la joie qui change le monde.





Commentaire du lundi de la 4ème semaine de Pâques.
Dieu compte sur le témoignage des chrétiens pour répandre la bonne nouvelle dans le cœur de tous les hommes.

Évangile (Matthieu 5, 13-16)

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.


Commentaire

"Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde".

Jésus s'adresse aux personnes qui l'écoutent pour qu'elles le comprennent. Il utilise des images qui leur sont très familières : le sel et la lumière.

Le sel préserve les aliments de la corruption. Le Seigneur dit que ses disciples doivent témoigner de Dieu dans ce monde en le reflétant dans leur vie. Rendre présent l'amour de Dieu parmi les hommes par leurs bonnes œuvres.

La lumière est nécessaire pour vivre, pour tout. La lumière est mise sur un chandelier pour éclairer tous les habitants de la maison. Ainsi, le disciple de Jésus doit être une lumière qui montre aux autres le bon chemin par son comportement.

Saint Josémaria dit : " Comme le veut le Maître, vous devez être, bien insérés dans ce monde où nous vivons, et dans toutes les activités humaines, sel et lumière. -La lumière, qui éclaire les esprits et les cœurs ; le sel, qui donne de la saveur et préserve de la corruption. Par conséquent, si vous manquez de zèle apostolique, vous deviendrez insipide et inutile, vous décevrez les autres et votre vie sera une absurdité".

Être sel et lumière afin que les gens puissent voir "vos bonnes œuvres et glorifier votre Père qui est dans les cieux". Dieu veut se rendre présent dans le monde à travers les chrétiens : qu'ils soient d'autres Christs dans les lieux où ils mènent leur vie familiale, leur vie professionnelle, etc. Que leur façon de se comporter soit telle que se produise ce que saint Josémaria a écrit dans Chemin : " Que ton comportement et ta conversation soient tels que tout le monde puisse dire en te voyant ou en t'entendant parler : "Cet homme lit la vie de Jésus-Christ".

Nous lisons ces mots pendant la période de Pâques, qui célèbre la résurrection de notre Seigneur. L'objectif que le Seigneur nous propose est élevé. Le Seigneur attend beaucoup des chrétiens, mais la grâce que le Seigneur ressuscité nous donne pour que nous puissions correspondre est bien plus grande. Le Seigneur ressuscité nous accorde d'être sel et lumière par la prière et les sacrements. De cette manière, avec le sel et la lumière du Christ vivant, nous poussons de nombreuses âmes vers le ciel.





Commentaire du mardi de la 4ème semaine de Pâques.
La foi est nécessaire pour accepter Jésus.La foi est un don que Dieu est prêt à nous donner et Il attend que nous le lui demandions. Par la foi, nous obtenons la vie éternelle.

Évangile (Jean 10, 22-30)

On célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem.
C’était l’hiver.
Jésus allait et venait dans le Temple,
sous la colonnade de Salomon.
Les Juifs firent cercle autour de lui ;
ils lui disaient :
« Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ?
Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »
Jésus leur répondit :
« Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas.
Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père,
voilà ce qui me rend témoignage.
Mais vous, vous ne croyez pas,
parce que vous n’êtes pas de mes brebis.
Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »


Commentaire

La scène que nous rapporte l'Évangile d'aujourd'hui se déroule autour de la fête de la Dédicace qui était célébrée le 25 de Kasleu (novembre-décembre).

Cette fête commémorait annuellement la purification du Temple par Judas Maccabée en l'an 148 des Séleucides, ce qui correspond à 165 avant J.-C., après la profanation effectuée par Antiochus IV Épiphane (1 M 4:36-59 ; 2 M 1:2-19 ; 2 M 10:1-8). La fête durait huit jours.

Jésus traverse le porche de Salomon. "C'était l'hiver." Cette référence indique aux païens la période de l'année où se déroule la scène et, d'autre part, qu'il s'agissait d'un lieu accueillant à cette époque.

Jésus est calme, et soudain, des Juifs s'approchent de lui : "Combien de temps vas-tu nous faire attendre ? Si tu es le Christ, dis-le nous clairement".

Vraiment, comme cela arrive presque toujours, ils ne s'approchent pas de lui avec de bonnes intentions. Leur cœur est fermé par orgueil et ils ne sont pas capables d'écouter. Jésus, qui lit leur cœur, les traite avec une grande douceur et leur dit les choses clairement. S'ils ne voient pas en Lui le Messie, c'est qu'ils ne veulent pas croire. " Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage ".

Et Il leur dit encore plus : " Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis." Ce qui revenait à leur dire que s'ils lui ouvraient leur cœur, que s'ils voulaient croire, il les aiderait lui-même à croire. Jésus a besoin d'un minimum d'ouverture de cœur pour agir dans le cœur des gens, car l'orgueil aveugle. Comme le disait saint Josémaria :" C'est pourquoi le diable tient tant à aveugler nos esprits par l'orgueil qu'il rend muet : il sait que dès que nous ouvrons nos âmes, Dieu déverse ses dons".

Le Seigneur fait référence à certains de ces dons : "elles écoutent ma voix", "elles me suivent", "je leur donne la vie éternelle" et "personne ne les arrachera de ma main".

Nous écoutons cet évangile qui célèbre la résurrection du Christ. Jésus nous soutient par son Amour et nous promet de régner avec lui pour toujours. La vérité est qu'il ne pouvait rien nous offrir de plus grand : vivre dans son amitié sur terre et pour l'éternité. Et la confiance et la sécurité des brebis augmentent parce qu'elles vont avec le bon Pasteur.





Commentaire de l'évangile du mercredi de la 4ème semaine de Pâques.
Jésus est le visage du Père. Celui qui connaît Jésus connaît le Père. Jésus nous révèle Dieu comme un Père miséricordieux qui attend notre correspondance et déploie sa grâce pour que nous puissions correspondre.

Évangile (Jean 12, 44-50)

En ce temps-là,
Jésus s’écria :
« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit,
mais en Celui qui m’a envoyé ;
et celui qui me voit
voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde
pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle,
moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde,
mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles
aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée :
c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé :
le Père lui-même, qui m’a envoyé,
m’a donné son commandement
sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle.
Donc, ce que je déclare,
je le déclare comme le Père me l’a dit. »


Commentaire

"Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé." Ces paroles de Jésus sont un résumé de beaucoup de ses enseignements tout au long de sa vie publique.

Jésus manifeste la nécessité de la foi en lui pour recevoir la vie nouvelle qu'il nous a apportée. Croire en lui, c'est croire en celui qui l'a envoyé, le Père. À plusieurs reprises, il reproche à ses disciples leur manque de foi, comme lorsqu'il dit à Pierre au milieu du lac : " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Mt 14, 31). À d'autres moments, il fait l'éloge de ceux qui le rencontrent pour leur foi, comme la Syrophénicienne à qui il dit : "Ô femme, Femme, grande est ta foi !". (Mt 15, 28). D'autres, lorsqu'ils le rencontrent, lui demandent d'augmenter leur foi, comme les Apôtres". Ils disaient au Seigneur : "Augmente en nous la foi"" (Lc 17,5).

Croire en Jésus, c'est croire au Père. Et vivre dans la lumière de Dieu : "Je suis la lumière qui est venue dans le monde". Vivre dans cette lumière, c'est vivre loin des ténèbres. C'est vivre dans le plein sens de l'existence et trouver ce à quoi une personne aspire vraiment : une existence ancrée dans l'Amour. Dans le véritable amour qu'est l'amour de Dieu pour chacun d'entre nous. La lumière pour trouver cet Amour authentique est Jésus.

Jésus offre à tous cet Amour authentique que chacun de nous peut trouver au plus profond de son être et que nous sommes appelés à découvrir. C'est dans cette recherche que se situe la sincérité de notre vie et nous en serons jugés. Par la façon dont nous nous sommes ouverts à l'Amour ou par la façon dont nous avons résisté à l'Amour qui nous cherche constamment.

Et, une fois de plus, Jésus fait référence à la vie éternelle : " et je sais que son commandement est vie éternelle ". Cette vie éternelle, c'est ce que notre Seigneur Jésus-Christ a apporté par sa mort et sa résurrection et c'est ce que nous recherchons lorsque nous nous ouvrons à l'Amour.

Ces jours de Pâques sont un moment merveilleux pour voir la vie avec la perspective de l'éternité. Se détacher des liens périmés du temps et de l'espace et penser à ce qui nous attend si nous vivons fidèles à Jésus-Christ, fidèles à l'Amour de Dieu qui nous est donné en Jésus-Christ. En bref, s'efforcer de vivre comme le Christ qui vit identifié à la volonté de son Père. Ainsi, par son exemple, il nous apprend à vivre en harmonie avec le Père.





Commentaire du jeudi de la 4ème semaine de Pâques.
« Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS ". Dieu voit tous les événements et nous savons qu'il est toujours avec nous. Les problèmes inattendus ne doivent pas détruire notre paix.

Évangile (Jean 13, 16-20)

Après avoir lavé les pieds de ses disciples,

Jésus parla ainsi :

« Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture :

Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon. Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »


Commentaire

"Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon." Jésus prévient ses apôtres qu'un ami proche - ce ne peut être que l'un d'entre eux - va le trahir. Pourtant, face à ce choc inattendu, ils ne doivent pas avoir peur. En fait, cette trahison, lorsqu'elle se produira, sera un signe pour eux, afin que " vous croyiez que moi, je suis " : l'expression " je suis " est une affirmation voilée de sa divinité. L'événement va donc confirmer les apôtres dans leur foi. Il leur est demandé de s'accrocher à leur croyance en Lui comme étant le Fils de Dieu, même lorsqu'ils le voient crucifié sur la Croix. Nous savons que les apôtres se sont enfuis, mais ils se sont souvenus à cette occasion de l'avertissement de Notre Seigneur et, bien qu'ils aient sans doute été fortement secoués, ils se sont retrouvés réuni au moment de la résurrection.

Dans la vie, nous rencontrons de nombreuses surprises, et certaines d'entre elles dépassent nos attentes. Nous pouvons même subir un revers qui semble désastreux. Mais ce revers ne doit pas nous déconcerter ; "le serviteur n'est pas plus que son maître", dit Jésus, et il est certain que de telles déceptions nous arriveront aussi. Chaque fois que la Croix apparaît dans nos vies, nous devons nous souvenir des paroles de Notre Seigneur et réaffirmer notre foi en tant que ses disciples. Nous pouvons même nous identifier à lui lorsque nous sommes déçus par les autres.

Immédiatement avant cet épisode, Jésus avait lavé les pieds de ses disciples, la tâche la plus humble d'un serviteur, et avait ordonné aux apôtres de toujours se mettre au service les uns des autres comme ils l'avaient vu le faire. Il faut essayer d'imaginer Jésus s'agenouillant et prenant avec amour le talon du pied de Judas pour le laver. Les paroles du Psaume cité par Notre Seigneur, "Celui qui partageait mon pain, m'a frappé du talon" (Ps 41,9), prennent alors un sens supplémentaire, au-delà de la métaphore. C'est une autre preuve et un rappel que rien n'est laissé de côté dans les plans de Dieu. Jésus savait dès le début ce qui allait se passer, et que c'était pour l'accomplissement de notre salut. Quoi qu'il arrive dans notre vie, nous pouvons être sûrs que quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien (cf. Rm 8,28).





Commentaire du Vendredi de la 4ème semaine de Pâques.
"Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi". Jésus a ouvert le chemin qui mène au ciel et nous y a préparé une place. Il nous y accompagnera même tout au long du chemin.

Évangile (Jean 14, 1-6)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
“Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi. »


Commentaire

"Que votre cœur ne soit pas bouleversé." Lorsque Jésus a prononcé ces paroles aux apôtres peu avant son arrestation, il savait exactement ce que les heures et les jours à venir apporteraient, et l'incertitude que cela entraînerait pour les disciples. Jésus a demandé aux apôtres d'avoir foi en lui, et à travers le texte inspiré, il nous demande également cette profonde confiance. La confiance en Notre Seigneur est le véritable remède aux soucis et à l'anxiété.

Jésus poursuit : "Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures". Il fait clairement référence au Ciel, et il ajoute des mots qui devraient nous encourager : "Je pars vous préparer une place". Il y a une place réservée pour chacun de nous. N'est-ce pas une pensée rassurante, que la place est déjà là, si seulement nous mettons notre confiance en Lui et suivons Ses voies ?

Parce que c'est la chose suivante que Jésus dit : " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans par moi. " Nous sommes tous sur un seul chemin, le chemin de la vie. Il y a de nombreux détours et de nombreuses rues secondaires. Mais nous ne devons pas nous tromper ni nous perdre, car Jésus lui-même est le véritable chemin qui mène au Père et à la vie éternelle.

Puisque Jésus lui-même est le chemin, nous atteindrons la destination à condition d'y rester et d'aller de l'avant, ce qui signifie s'identifier véritablement aux enseignements et au mode de vie que Notre Seigneur propose à ses disciples. En fait, les premiers chrétiens étaient connus comme des " disciples du Chemin " (cf. Actes 9, 2 ; 19, 23 ; 24, 14 et 22).

Comme l'écrit saint Thomas d'Aquin : "Si tu cherches où tu dois aller, porte le Christ à toi, car il est le chemin (...) Il vaut mieux marcher dans le chemin, même si c'est en boitant, que de s'écarter rapidement du chemin. Car celui qui boite sur le chemin, même s'il fait un petit bout de chemin, se rapproche du but" (Saint Thomas, Commentaire de l'Évangile de Jean, ch. 14, lec. 2). Chaque fois que nous essayons d'imiter Notre Seigneur, nous le choisissons comme notre chemin.

De plus, lorsque nous allons vers le Père, il nous envoie l'Esprit Saint, qui reste avec nous et nous guide, jusqu'au jour où nous irons là où il est allé, et où nous serons réunis avec lui dans la maison du Père.





Commentaire sur la fête de Saint Joseph Artisan
"N'est-il pas le fils du charpentier ? » La grandeur de ce que nous voyons dépend de la grandeur ou de la petitesse de notre regard. Le grand cœur accepte comme grande même la plus petite chose, parce que dans toute chose il voit un don, un cadeau.

Évangile (Mt 13,54-58)

Il se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?

N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?

Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? »

Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »

Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.


Commentaire

Dans sa brièveté, le passage choisi comme évangile pour la célébration de Saint Joseph Artisan en dit long. Les mots de Matthieu traduisent la surprise des compatriotes de Jésus qui, bien qu'ils voient et admettent la valeur extraordinaire de sa sagesse et de ses pouvoirs, se comportent d'une manière surprenante : ils sont scandalisés et le rejettent. Leurs paroles pourraient être traduites ainsi : " Mais pour qui se prend cet homme ? ", " Pourquoi fait-il ces choses, puisqu'il est l'un de nous ? ". Le passage mentionne Joseph, et se réfère indirectement à lui comme "l'artisan", c'est-à-dire comme celui qui exerce une profession qui, en soi, n'a rien d'extraordinaire. "Comment est-il possible", penseront certains, "que son fils aspire à être ce qu'il se montre maintenant ?".

Nous pouvons observer un aspect antérieur au rejet de Jésus par ces personnes. La situation ne nous est pas étrangère, car elle se reproduit souvent dans la vie quotidienne. Ce n'est pas en vain que notre Seigneur l'explique par un dicton populaire : "Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison". C'est comme si l'on avait semé dans nos cœurs une graine à laquelle nous ne pouvons guère échapper, un aveuglement qui nous empêche de voir, peut-être par envie, combien les gens qui nous entourent sont grands, combien ce qui nous semble ordinaire est extraordinaire. Et, aussi, un mauvais orgueil : celui de croire que nous connaissons bien ceux qui nous entourent, en les appréciant seulement par ce qui est extérieur ou par ce que nous semblons voir en eux.

Il y a une grande difficulté dans "l'amour du prochain". Il est très facile de penser que ce que l'on répète souvent est quelque chose de "normal", qu'il n'y a rien d'extraordinaire derrière. Il est facile de s'habituer à tout ce qui se répète et de le voir d'un mauvais œil. L'éloignement et la rareté sont souvent présentés comme une garantie de grandeur : nous considérons comme grand ce qui est éloigné, ce que nous ne connaissons pas bien, ce qui nous est présenté comme extraordinaire ou qui ne se produit que quelques fois. Mais ce qui est grand est la chose la plus ordinaire : l'air que nous respirons, les bons jours de ceux qui vivent avec nous, le travail quotidien accompli par amour. Et cette grandeur ne peut être perçue que par le grand cœur, le cœur qui est prêt à accueillir comme un "miracle d'amour" même la plus petite chose qui lui est offerte ; un miracle que nous pouvons tous faire et qui ne dépend pas de la "grandeur" de ce que nous faisons, mais de l'amour que nous mettons dans nos œuvres.





Commentaire du dimanche de la 5ème semaine de Pâques (cycle B).
"Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire". Le Christ lui-même veut nous émonder, afin que nous puissions vivre sa propre vie: nous pouvons penser comme Lui, agir comme Lui, voir le monde et les choses avec les yeux de Jésus.

Évangile (Jean 15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »


Commentaire

Jésus-Christ prend congé de ses amis proches. Il est difficile pour lui d'abandonner les siens.

Entouré des douze apôtres, lors du dernier repas, il vit les dernières heures dans une atmosphère de grande intimité. Il leur ouvre son cœur et leur montre la profondeur de son amour.

En d'autres occasions, il leur avait parlé du Royaume des cieux, le comparant à une vigne que l'on loue à des locataires. Maintenant, il introduit quelque chose de nouveau. Il est la vigne.

Il ne dit pas : "vous êtes la vigne", ni "vous êtes les locataires de la vigne".

Mais, "Je suis la vigne, vous êtes les sarments". Le fils lui-même, qui dans la parabole de la vigne était l'héritier, est maintenant identifié à la vigne. Il est entré dans la vigne, dans le monde, et il est devenu une vigne. Il s'est laissé planter dans la terre.

Ce faisant, Jésus-Christ leur montre la profondeur de l'Amour de Dieu. La vigne n'est plus une créature sur laquelle Dieu porte un regard d'amour. Lui-même est devenu une vigne, il s'est identifié pour toujours à la vigne, à l'homme, à la vie de chacun de nous.

Pour cette raison, la vigne ne peut jamais être déracinée, elle ne peut jamais être abandonnée aux voleurs et aux brigands. Elle appartient définitivement à Dieu, car le Fils de Dieu lui-même l'habite.

La promesse faite à Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David, les prophètes, est devenue définitive. Avec son Incarnation, Dieu s'est engagé, son amour est irrévocable.

Mais, en même temps, l'image de la vigne et des sarments nous parle d'une exigence de cet amour. Elle s'adresse à chacun d'entre nous et nécessite une réponse. Il faut entrer dans ce courant d'amour ; enlever, émonder, purifier tout ce qui empêche ce courant d'atteindre le dernier coin de ce monde.

Le vigneron prend le sécateur et taille les branches pour qu'elles aient plus de soleil et de lumière, pour qu'elles donnent des grappes de raisins savoureux. Le Christ lui-même veut nous émonder, afin que nous puissions vivre sa propre vie. Il veut nous introduire dans sa Passion, que nous l'incorporions à notre propre vie, que nous l'incarnions.

Ainsi, nous recevons une nouvelle façon d'être. La vie du Christ devient aussi la nôtre : nous pouvons penser comme lui, agir comme lui, voir le monde et les choses avec les yeux de Jésus.

Et par conséquent, nous pouvons aimer les autres comme il l'a fait : dans son cœur, de son cœur, avec son cœur. Et ainsi nous pouvons apporter au monde des fruits de bonté, de charité et de paix.

Tel est le désir de Jésus-Christ : arracher notre cœur de pierre et nous donner un cœur de chair, plein de vie, un cœur compatissant et miséricordieux. Et il nous demande de nous remettre entre ses mains blessées, afin qu'il retire de notre vie ce qui nous entrave, ce qui nous sépare de Dieu.

Les petites mortifications sont précisément une façon de dire au Seigneur d'enlever notre orgueil, notre avidité, notre colère, notre fureur, notre paresse, notre envie, notre égoïsme, notre vanité, notre ressentiment, notre impureté. Nous permettons au Saint-Esprit d'émonder tout ce qui n'est pas vivant en Christ. Il fait de notre cœur la mesure du cœur de Jésus-Christ.

Si nous permettons à l'action de Dieu d'entrer dans notre vie, alors nous restons dans son amour, nous portons le vrai fruit. Avec nos petites mortifications et nos actes de pénitence, nous disons à Dieu : "Je veux vivre en toi, pour toi, avec toi" ; "Je veux rendre présente la puissance de ton amour là où je suis".

Il ne s'agit donc pas de faire de grandes mortifications, mais de les faire avec amour, en demandant au Seigneur de changer notre cœur et de le mettre dans les autres.

Le Christ nous donne ainsi une vie remplie d'amour. Nous faisons nôtres sa vie et sa mort, afin qu'il puisse vivre en nous par l'amour. Et il nous rend capables de suivre ses traces, de co-racheter toutes les âmes, d'apporter sa vie rédemptrice dans tous les lieux où nous nous trouvons (cf. Saint Josémaria, Chemin de Croix, XIVe Station).





Saints Philippe et Jacques, Apôtres.
"Personne ne vient au Père que par moi". L’affirmation du Seigneur et la question de l'apôtre Philippe nous indiquent le chemin que nous devons suivre dans notre vie ordinaire pour "aller au Père", c'est-à-dire pour vivre en présence de Dieu et faire sa volonté.

Évangile (Jean 14, 6-14)

Jésus lui dit : "Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi. Si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père. Dès à présent, vous le connaissez et vous l'avez vu."

Philippe lui dit : "Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit."

Jésus lui dit : "Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ? Celui qui m'a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, mais le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez-le du moins à cause des œuvres elles-mêmes.

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je vais au Père, et que tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai."


Commentaire

Tout d'abord, il convient peut-être de noter que l'affirmation de notre Seigneur - "Personne ne vient au Père si ce n'est par moi" - peut se lire de façon positive : "Tout le monde peut venir au Père par moi". Pensons également à une autre phrase ayant les mêmes caractéristiques grammaticales, formulée en termes négatifs. "Sans moi vous ne pouvez rien faire" (Jn 15,5), ce qui signifie qu'"avec lui nous pouvons tout faire". Il ne s'agit pas seulement de questions linguistiques, d'un grand intérêt, au demeurant. Il s'agit de comprendre en profondeur les conseils du Seigneur, afin de les mettre en pratique plus fidèlement.

La première phrase de l'Évangile de ce jour est la réponse de Jésus à Thomas, qui avait mal compris l'une de ses révélations : " Et là où je vais, tu connais le chemin " (Jn 14, 4). La difficulté qu'éprouve Philippe à comprendre nous vaut une nouvelle précision, extrêmement intéressante, pour suivre l'orientation fondamentale de notre vie sur terre. L'objectif final est le retour à la maison de notre père. Dieu nous a créés et c'est à lui que nous devons retourner si nous sommes fidèles. C'est pourquoi, sans aucun doute, Jésus donne ces indications : il est le Chemin, le seul, qui mène au Père.

Dans sa vie de piété, saint Josémaria s'est toujours efforcé de suivre un itinéraire ; il le conseillait également tous ceux qui lui demandaient des orientations pour leur vie spirituelle. Car Jésus nous dit qu'il est le "Chemin" et que, si nous avons recours à lui et que nous le suivons, il nous conduira au Père. À Dieu le Père, pour souligner sa paternité et, en même temps, notre filiation. Il nous a toujours conseillé de chercher le fondement solide de la filiation divine, en tout et pour tout. Non seulement à certains moments de la vie, par exemple lorsque des contradictions et des difficultés surgissent, mais aussi dans notre vie quotidienne.

C'est ce qu'il nous dit dans l'une de ses homélies : « Il en va de même dans la conduite d’un bon fils de Dieu. L’on parvient ainsi, sans trop savoir comment, ni par quelle voie, à cette divinisation merveilleuse qui nous aide à envisager les évènements avec le relief surnaturel que procure la foi ; on se met à aimer tous les hommes comme notre Père du Ciel les aime lui-même et, ce qui est plus déterminant, on en tire un nouvel élan dans l’effort quotidien pour s’approcher du Seigneur. J’insiste : nos misères n’ont plus d’importance, car les bras aimants de notre Père sont là pour nous relever » ("Amis de Dieu" n° 146).

Demandons à saint Philippe et à saint Jacques le Mineur de nous aider à connaître encore mieux notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu'il puisse nous conduire au Père, dès maintenant, lors de notre passage dans ce monde. Demandons également à la Vierge Marie de nous aider une fois de plus à faire le premier pas vers la plus grande intimité possible avec son Divin Fils, dans sa Sainte Humanité.

Autor del comentario

- Alphonse Vidal





Commentaire du mardi de la 5ème semaine de Pâques.
"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix." La foi est la source de la paix. Mais avoir la foi, ce n'est pas penser que tout est rose, ce n'est pas un doux optimisme : c'est prendre au sérieux les conséquences de la Croix du Seigneur.

Évangile (Jn 14, 27-31a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne.

Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous.

Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »


Commentaire

Chaque jour, à la Sainte Messe, nous entendons ces paroles que le prêtre adresse directement à la Deuxième Personne de la Sainte Trinité, qui à ce moment-là s'est déjà rendue présente dans l'Hostie Consacrée : "Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres : je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église".

Ces mots, qui nous sont si familiers, peuvent nous aider à approfondir le sens de ce que le Seigneur veut transmettre à ses apôtres, et avec eux, à nous aussi.

Jésus veut nous aider à comprendre que la foi est une source profonde de paix. Mais il veut aussi nous faire comprendre que la foi ne consiste pas à penser que tout va bien se passer : en effet, quelques heures plus tard, le Seigneur sera suspendu au bois de la Croix.

Jésus veut que nous ayons la certitude qu'il est "qui éclaire tout homme en venant dans le monde" (Jean 1:9). Mais croire en la lumière implique de supposer l'existence des ténèbres. Par conséquent, la foi ne consiste pas à penser que tout est rose, elle n'est pas un doux optimisme : elle consiste à prendre au sérieux les conséquences de la Croix du Seigneur et à ne pas perdre de vue que là se trouve la réponse à toutes nos questions et à toutes nos interrogations.

Ainsi, lorsque nous entendons ces paroles de la Sainte Messe, nous pouvons en profiter pour nous demander : à quoi ressemble ma foi, cette foi que je demande au Seigneur de regarder plutôt que mes péchés ? Heureusement, il ne s'agit pas d'une demande individuelle : nous demandons au Seigneur de regarder la foi de son Église. Et la foi de l'Église est nourrie fondamentalement par l'Eucharistie, par les sacrements, par la prière personnelle et communautaire.

Le Seigneur s'est adressé aux apôtres en ces termes : "Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.". Il nous demande d'avoir foi en quelque chose qui s'est déjà produit, mais qui continue à illuminer toutes les réalités humaines avec la même force qu'au premier jour.

C'est pourquoi, lorsque notre foi vacille et que, par conséquent, nous manquons de paix, nous pouvons nous tourner vers Marie, maîtresse de la foi et Reine de la Paix, afin de nous rappeler que le Christ ne veut pas nous donner quelque chose qui appartient à ce monde : il veut nous faire participer de l'amour avec lequel les Personnes de la Sainte Trinité s'aiment.











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