Évangile (Matthieu 5, 33-37)
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais.
Commentaire
Dans sa prédication, le Seigneur invite chacun à la transparence, à la simplicité, à enlever les masques qui nous recouvrent, à éviter le mensonge : Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais (Mt 5,37). Jésus s'exprime sévèrement contre l'hypocrisie, tandis qu'il loue avec reconnaissance ceux en qui il n'y a ni duplicité ni tromperie (cf. Jn 1, 47). L'homme simple sait se découvrir et découvrir les autres comme de véritables enfants de Dieu, dont il faut prendre soin, qu'il faut habiter, qu'il faut aimer.
Les premiers chrétiens ont vécu en profondeur cette manière de faire de Jésus-Christ lui-même. Dans la lettre de saint Jacques, nous trouvons la même demande : " que votre « oui » soit un « oui », que votre « non » soit un « non » ; ainsi vous ne tomberez pas sous le jugement " (Jacques 5, 12). Saint Pierre leur parle aussi de Rejetez donc toute méchanceté, toute ruse, les hypocrisies, les jalousies et toutes les médisances ; comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé " (1 P 2, 1-2).
Le pape François a parlé avec force du langage de l'hypocrisie, le langage de ceux qui n'aiment pas la vérité. Ils n'aiment qu'eux-mêmes, et c'est pourquoi ils cherchent à tromper, à impliquer l'autre dans leur tromperie, dans leur mensonge. Ils ont un cœur menteur, ils ne peuvent pas dire la vérité.
Comme saint Pierre, il fait appel à l'innocence des enfants, au lait spirituel non frelaté (1 P 2, 2) : un enfant n'est pas un hypocrite, car il n'est pas corrompu. Lorsque Jésus nous dit : "Que votre manière de parler soit : "oui, oui", "non, non", avec l'âme d'un enfant, il nous dit le contraire de ce que disent les corrompus (...). Demandons aujourd'hui au Seigneur que notre façon de parler soit celle de la simplicité, celle des enfants ; parler comme des enfants de Dieu : donc, parler dans la vérité de l'amour".
Évangile (Marc 4, 26-34)
En ce temps-là,
parlant à la foule, Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.
Commentaire
Jésus a devant lui une foule. Probablement, beaucoup de ceux qui l'écoutent sont des personnes qui travaillent dans les champs et vivent de ses fruits. C'est pourquoi, comme nous le lisons à la fin du passage, Jésus leur a parlé dans des termes qu'ils pouvaient comprendre.
Mais le Seigneur ne voulait pas seulement qu'ils comprennent d'un point de vue intellectuel: il voulait les remplir d'enthousiasme pour le message qu'il essayait de transmettre, afin qu'ils comprennent que ce qu'ils entendaient était destiné à transformer leur vie.
Que cherche un semeur ? Sans doute, voir ce qu'il a semé porter ses fruits. C'est pourquoi Jésus veut semer chez ceux qui l'écoutent le saint désir d'avoir une vie féconde. Il veut semer en eux le désir de la sainteté, de vivre une vie pleine.
C'est pourquoi il insiste sur le fait que la graine naît et pousse sans que le semeur ne sache comment. Le Seigneur veut nous rappeler que nos œuvres, lorsque nous les faisons en union avec Dieu, lorsque nous recherchons sa gloire, ne restent jamais stériles. Le témoignage de la Sainte Écriture est unanime en ce sens : lorsque nous travaillons pour l'amour de Dieu, il y a toujours, toujours des fruits. " Ils ne se fatigueront pas pour rien" (Isaïe 65:23) ; "Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue" (1 Corinthiens 15:58).
Car c'est là l'un des grands défis de notre foi : le temps qui passe, le manque d'éclat dans notre travail quotidien, le manque apparent de progrès dans notre vie spirituelle. C'est pourquoi Jésus veut nous encourager à ne pas renoncer, à nous rappeler que l'Esprit Saint travaille dans nos âmes sans que nous nous en rendions compte et rend notre vie fructueuse sans que nous sachions comment. Notre foi, tant et tant de fois, devra se traduire par une persévérance tenace : "C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie" (Luc 21,19).
Mais Jésus ne s'arrête pas là : il veut que nous portions du fruit, mais du fruit en abondance (cf. Jean 15,5). C'est pourquoi il évoque l'image du grain de moutarde, qui devient la plus grandes potagères des plantes et produit de grandes branches.
Pour vérifier que cette invitation du Seigneur est une réalité, il suffit de regarder la vie des saints : nous avons de nombreux exemples de vies qui sont apparemment passées inaperçues aux yeux de leurs contemporains, mais qui ont laissé une trace profonde et des fruits qui perdurent. Ne continuons-nous pas à nous nourrir de la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas ? Ne continuons-nous pas à nous émerveiller des écrits de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix ? Ne continuons-nous pas à nous émouvoir de l'exemple de jeunes hommes et femmes courageux comme les martyrs saint Tarcisius et sainte Maria Goretti ? Elles étaient comme des graines de moutarde : des vies qui, aux yeux de beaucoup, étaient insignifiantes, mais qui, aujourd'hui encore, permettent à beaucoup de venir se blottir à leur ombre.
Ainsi, comme en de nombreuses occasions, Jésus veut nous encourager à ne pas avoir peur de la sainteté. Dieu le Père est le cultivateur (cf. Jean 15, 1) qui veut nous voir réussir notre vie. C'est pourquoi ce passage de l'Évangile peut être une merveilleuse occasion pour ouvrir la porte de notre cœur à l'Esprit Saint, qui est celui qui remplit de valeur éternelle chacune de nos œuvres, même les plus banales et les plus quotidiennes, si nous les accomplissons avec amour.
Il suffit de penser à la vie de Sainte Marie et de Saint Joseph : deux humbles graines que Dieu a voulu semer à Nazareth, qui ont donné, donnent et donneront des fruits abondants pour toute l'éternité, et à l'ombre desquelles toute l'Église universelle se réfugie.
Évangile (Mt 5:38-42)
En ce temps- là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,
tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice
et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,
fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ;
à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »
Commentaire
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, le Seigneur nous fait voir que pour être sel de la terre et lumière du monde, nous devons faire vivre la justice à travers l'amour. Vivre la loi du Christ en plénitude implique de savoir pardonner, en renonçant si nécessaire à exiger que la justice soit appliquée de manière "millimétrique" lorsque quelqu'un nous a causé du tort.
Dans ses paroles, Jésus fait allusion à la loi du talion : œil pour œil et dent pour dent. Dans le livre de l'Exode, cette loi est mentionnée pour réglementer la manière dont la justice était rendue, en évitant qu'elle ne devienne une vengeance disproportionnée : on ne pouvait pas aller trop loin, en demandant le double, ou sept ou dix fois plus, mais la punition serait égale à l'infraction. Le même livre dresse une longue liste de délits possibles (rendre quelqu'un borgne, battre un esclave, être encorné par un bœuf, etc.) et de la manière dont il faudrait les réparer.
La solution que Jésus nous propose est avant tout casuistique. C'est une loi d'amour, qui nous montre la voie pour parvenir à une justice durable. Cette voie est celle du pardon. Logiquement, dans la mesure du possible, les dommages doivent être réparés. Mais parfois, même si l'autre personne est repentante, elle n'est pas en mesure de réparer toutes ses erreurs. Et il se pourrait qu'en réclamant impitoyablement justice pour nous-mêmes, nous perdions la capacité de guérir la relation et perpétuions les cycles de la haine.
Le Seigneur nous invite à regarder la situation de chacun. Souvent, pour provoquer sa conversion, il vaut mieux lui laisser le manteau de notre miséricorde, qui couvre ses fautes, et continuer à marcher patiemment avec lui pendant autant de kilomètres qu'il faudra pour qu'il reprenne ses esprits.
Évangile (Mt 5, 43-48)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »
Commentaire
Comme l'horizon moral que le Seigneur nous propose dans l'Évangile d'aujourd'hui est grand ! "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (v. 48). Pour bien le comprendre, nous devons le lire à la lumière de la vie nouvelle que Jésus nous apporte. C'est une vie de grâce, dans laquelle le Père nous donne la force spirituelle d'aspirer à la perfection.
Cette perfection à laquelle Jésus nous appelle n'est pas perfectionniste : il ne s'agit pas que toutes nos actions extérieures soient parfaites et sans failles, mais que nos actions soient imprégnées de l'amour de Dieu, malgré nos défauts. L'important est de continuer à perfectionner la charité. Que le Seigneur change notre façon de voir et de sentir, afin que notre cœur soit plus semblable au sien. Et ainsi, progressivement, cette transformation se reflétera dans nos œuvres.
Cet évangile même nous propose une manifestation claire de la charité. Il s'agit de vivre ensemble avec tout le monde, sans classer le monde en "amis" et "ennemis". Il arrive parfois que nous rencontrions des personnes qui nous rejettent et que nous ne parvenions pas à découvrir pourquoi. Jésus nous invite à ne pas nous décourager et à continuer à les aborder avec gentillesse. Le Père continue à les considérer comme ses enfants, il leur donne le soleil et la pluie, il prend soin d'eux en attendant le moment de leur conversion. Et peut-être que notre patience peut être l'instrument qui leur permettra de changer leur vie.
De nombreux malentendus sont résolus par des gestes d'amour. Lorsque quelqu'un a perdu confiance, les explications ne sont peut-être pas bien acceptées. C'est le moment de passer au concret, de conquérir l'autre par des gestes quotidiens d'affection. Saint Josémaria disait que les autres peuvent changer d'avis sur nous " lorsqu'ils se rendent compte que tu les aimes " vraiment ". Cela dépend de vous. Avec l'aide de Dieu, essayons de trouver ces gestes qui font que les autres savent qu'ils sont aimés.
Évangile (Matthieu 6,1-6.16-18)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux- là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire- toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »
Commentaire
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, le Seigneur propose trois grands monuments que nous pouvons construire dans notre vie chrétienne : l'aumône, la prière et le jeûne. Ce sont là trois œuvres merveilleuses qui plaisent à notre Père céleste.
Pour que ces actions ne perdent pas leur valeur, nous devons les faire face à Dieu. Faire l'aumône, prier ou se mortifier juste pour se donner bonne figure ou pour donner l'impression que "nous sommes des gens bien" obscurcit l'éclat d'une action qui est belle en soi. Ce serait comme mettre un voile sur un monument artistique ou ajouter un coup de pinceau maladroit à un tableau achevé.
Jésus utilise une phrase qui revient souvent lorsqu'il expose ces enseignements : « votre Père voit dans le secret ». Nous sentons tous que les bonnes œuvres doivent être reconnues, et le Seigneur ne nie pas cette réalité. Mais il nous rappelle que la meilleure reconnaissance est celle qui vient de Dieu. Malheureusement, nous, les hommes, pouvons louer une personne aujourd'hui et la critiquer demain. Mais le regard paternel de Dieu ne change jamais.
Le Seigneur apprécie notre charité, notre prière et nos sacrifices, aussi petits et cachés qu'ils puissent paraître. Lorsque nous arriverons au ciel, nous pourrons contempler avec lui les monuments d'amour que nous avons érigés dans notre vie, et nous nous réjouirons de découvrir l'immense valeur qu'ils avaient à ses yeux.
Évangile (Mt 6, 7-15)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Commentaire
L'évangéliste Matthieu place la rédaction de la Prière du Seigneur parmi les nombreux enseignements du discours sur la montagne. D'autres récits nous apprennent que les disciples ont un jour demandé à Jésus comment prier, peut-être parce qu'ils avaient vu le Maître prier seul à plusieurs reprises.
Et Jésus leur explique que pour prier, il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de mots, il suffit de dire "Notre Père". Parce que la prière est le propre des enfants, qui aiment et s'adressent à leurs parents avec simplicité. Dans un autre moment de sa vie, à Gethsémani, Jésus s'adresse au Père avec le terme plus familier de "Abba", "père".
La merveilleuse prière du Notre Père nous donne les mots justes pour chaque moment de notre vie. Les premières phrases sont une reconnaissance de la grandeur et de la bonté de notre Père : « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite ». Louer Dieu est notre première tâche dans la vie : rendre gloire à Dieu par toute notre vie, par l'exercice de notre liberté dans l'amour. Et puis demander: le pain quotidien d'une vie digne, du travail, mais aussi le Pain du Ciel qui est l'Eucharistie, et la force de comprendre et de pardonner, que nous apprenons de la miséricorde de Dieu, et l'aide dans la lutte, pour affronter les tentations.
Le Notre Père est la prière par excellence. Nous y demandons sept choses, le nombre de la perfection et dans l'ordre dans lequel elles doivent être demandées, comme nous le rappelle saint Thomas d'Aquin.
Il y a peu de choses à demander et, d'une certaine manière, c'est tout ce qu'il faut demander. Et d'ailleurs, Dieu sait ce dont nous avons besoin avant que nous le demandions.
Évangile (Matthieu 6, 19-23)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne vous faites pas de trésors sur la terre,
là où les mites et les vers les dévorent,
où les voleurs percent les murs pour voler.
Mais faites-vous des trésors dans le ciel,
là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent,
pas de voleurs qui percent les murs pour voler.
Car là où est ton trésor,
là aussi sera ton cœur.
La lampe du corps, c’est l’œil.
Donc, si ton œil est limpide,
ton corps tout entier sera dans la lumière ;
mais si ton œil est mauvais,
ton corps tout entier sera dans les ténèbres.
Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres,
comme elles seront grandes, les ténèbres ! »
Commentaire
À plusieurs reprises, les enseignements de Jésus manifestent une sagesse humaine, caractéristique de la tradition sapientielle d'Israël. Déjà dans les Proverbes, nous lisons : " Ne cours pas après la richesse, qu’elle cesse de t’obséder ! " (Prov. 23, 4).
Cependant, dans ce passage de l'Évangile, le Seigneur ne nous invite pas à renoncer au penchant naturel de l'homme à accumuler des trésors, à la prudence de préparer l'avenir en économisant un peu d'argent pour le moment où nous en aurons besoin. Il insiste plutôt sur le type de richesses que nous devons accumuler : les trésors célestes.
A un autre moment, lorsqu'un jeune homme lui demande ce qu'il doit faire pour être parfait, Jésus répond : "Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. " (Mt 19,21).
La seule richesse qui ne pourra jamais être perdue est l'amour que chacun d'entre nous y a mis pendant le temps qui nous a été donné. Saint Jean de la Croix disait qu'à la fin de notre vie, nous serons jugés sur l'amour, c'est-à-dire sur notre engagement concret d'amour et de service envers Dieu et envers nos frères et sœurs.
S'il est vrai que "là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur", l'inverse est également vrai : "là où est ton cœur, c'est là que tu accumules ton trésor". C'est pourquoi, de temps en temps, il est utile de réfléchir à ce que nous avons dans le cœur, à la façon dont nous passons notre temps, à nos préoccupations. Nous nous rendrons compte si nous ne sommes que dans nos propres affaires ou s'il y a de la place pour les autres. Si le motif de notre existence est un service généreux à Dieu et à l'humanité.
C'est ainsi que saint Josémaria explique le secret du bonheur : " Ce qui est nécessaire pour atteindre le bonheur, ce n'est pas une vie facile, mais un cœur plein d’amour " (Sillon, n° 795).
Évangile (Matthieu 6, 24-34)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Nul ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
C’est pourquoi je vous dis :
Ne vous souciez pas,
pour votre vie, de ce que vous mangerez,
ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils n’amassent pas dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Vous-mêmes, ne valez-vous pas
beaucoup plus qu’eux ?
Qui d’entre vous, en se faisant du souci,
peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire,
n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs,
qui est là aujourd’hui,
et qui demain sera jetée au feu,
ne fera- t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?”
ou bien : “Qu’allons-nous boire ?”
ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice,
et tout cela vous sera donné par surcroît.
Ne vous faites pas de souci pour demain :
demain aura souci de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine. »
Commentaire
Jésus parle d'un thème très présent dans la vie des hommes de tous les temps : les soucis. Aujourd'hui, comme au premier siècle, même si c'est de manière différente, nous avons de nombreuses raisons de nous inquiéter : trouver un emploi décent, avoir de quoi manger et un toit pour nous protéger, quelques garanties pour l'avenir.
L'approche du Seigneur peut nous sembler un peu imprudente : comment ne pas s'inquiéter du lendemain ? Qui va s'occuper d'obtenir ce dont nous avons besoin pour vivre, si ce n'est nous ?
Il ne s'agit pas de ne pas s'impliquer dans toutes ces choses, ni de vivre en négligeant les besoins matériels de chaque jour. La question est de savoir comment nous le faisons. L'inquiétude à laquelle Jésus fait référence est un manque de confiance et d'abandon entre les mains de notre Dieu Père.
Dans un autre moment très humain, comme un repas entre amis, le Seigneur dira à Marthe : " tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire" (Lc 10, 41-42).
La seule chose nécessaire est d'avoir confiance en Dieu, de recevoir de ses mains ce qui est bon et ce qui peut nous sembler mauvais. Telle était la vie spirituelle de saint Joseph, non pas "une voie qui explique, mais une voie qui accueille". Accueillir la vie telle qu'elle nous est donnée est "un moyen par lequel le don de la force qui nous vient du Saint Esprit se manifeste dans notre vie" (François, Patris corde n.4).
Saint Paul, dans l'une de ses lettres, explique la solution aux soucis de la vie : "Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce" (Ph 4, 6).
L'attitude de ceux qui vivent avec cette foi est la prière : demander dans la foi l'aide de Dieu dans les difficultés et lui rendre continuellement grâce pour tous les dons qu'il nous a faits.
Évangile (Mc 4, 35-41)
Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
Commentaire
Les Évangiles nous proposent le récit de deux tempêtes différentes qui se sont brusquement déchaînées sur les eaux habituellement paisibles du lac de Génésareth. Celle de l’évangile d’aujourd’hui est la première. Beaucoup d’auteurs, en particulier les Pères de l’Église, ont souligné son caractère symbolique. Dans cette barque ballotée par la houle, ils ont vu la barque de Pierre, la Sainte Église, mais aussi chaque chrétien, dans son effort pour être fidèle à sa foi.
En tenant compte de l’actualité récente, nous pouvons penser surtout à l’Église, notre Mère. À ce propos, nous pouvons rappeler ce que le pape François a écrit dans un de ses documents, s’adressant aux jeunes : « En réalité, dans ses moments les plus tragiques, elle ressent l’appel à revenir à l’essentiel de son premier amour » (Exhortation Christus vivit, 25 mars 2019, n. 34).
Par conséquent, à l’heure actuelle, chacun doit s’efforcer de répondre de son mieux à cet appel, d’autant plus que certains pourraient penser que Dieu nous a plus ou moins abandonnés, qu’il se désintéresse de ce qui arrive dans le monde, dans l’Église, voire dans notre vie personnelle. Cependant, quelle que soit notre impression, soyons sûrs que cette pensée n’est qu’une tentation sans fondement.
Il suffit de rappeler un texte merveilleux du prophète Isaïe : « Jérusalem disait : “Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée”. Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49, 14-15). De la part de Dieu, il s’agit d’un vrai engagement, que notre Seigneur a confirmé peu avant de monter au ciel, par une nouvelle promesse solennelle : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Tous les jours, y compris ceux que nous appelons « mauvais ». Que chacun de nous pense à ses « tempêtes personnelles » dans la vie de tous les jours, certainement peu importantes, mais non moins désagréables.
Par ces « tempêtes » le Seigneur met notre foi à l’épreuve, tout comme notre prière personnelle, constante et pleine de confiance, adressée à la Vierge Marie : lorsque tout va bien et, à plus forte raison, en apprenant une nouvelle qui nous inquiète ou nous attriste.
Évangile (Matthieu 7, 1-5)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne jugez pas,
pour ne pas être jugés ;
de la manière dont vous jugez,
vous serez jugés ;
de la mesure dont vous mesurez,
on vous mesurera.
Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ;
et la poutre qui est dans ton œil,
tu ne la remarques pas ?
Ou encore : Comment vas- tu dire à ton frère :
“Laisse- moi enlever la paille de ton œil”,
alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Commentaire
Jésus demande à ses disciples d'être miséricordieux dans les jugements qu'ils portent sur les autres. C'est un élément central du christianisme lui-même. Quelle que soit l'offense commise par le voisin, le disciple doit son salut à Notre Seigneur, devant le tribunal duquel tous doivent comparaître et rendre des comptes. Ce salut est dû à son extraordinaire miséricorde, comme en témoignent ses paroles sur la Croix : "Pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23,34).
Toute cette miséricorde est disponible ; mais comment pouvons-nous espérer qu'elle s'applique à nous si nous n'apprenons pas la leçon et ne pratiquons pas nous-mêmes la miséricorde ? Par conséquent, nous ne devons jamais condamner notre prochain. Le disciple doit être très ouvert aux autres et avoir le cœur de pardonner les fautes, qu'elles soient réelles ou apparentes.
Jésus s'adressait peut-être plus particulièrement aux Pharisiens lorsqu'il a parlé de la personne qui a une poutre dans l'œil et qui juge injustement ceux qui ont moins de moyens qu'elle ; pourtant, l'enseignement lui-même a une application universelle. La miséricorde prévient de nombreux maux ; elle va directement à l'encontre de notre dureté de cœur, qui est le comble de l'orgueil, et nous ferme les portes de l'action du Saint-Esprit.
Les jugements que nous portons sont le débordement de nos pensées invisibles, et c'est pourquoi saint Josémaria écrit : "Garde-toi de mal penser de quelqu'un, même si ses propos ou ses actes t'autorisent de façon raisonnable à porter un tel jugement" (Saint Josémaria Escriva, Chemin 442).
La miséricorde est l'un des thèmes les plus constants de la prédication de notre Seigneur, et il l'a pratiquée dans ses relations avec des personnes de toutes conditions, même avec celles que la Loi désignait comme des pécheurs. Il a tendu la main aux "périphéries", un mot utilisé par le pape François pour désigner ceux qui ne sont pas dans une bonne situation et qui ont besoin d'aide. Par conséquent, à l'exemple de Jésus, le chrétien doit savoir aimer toutes sortes de personnes, leur pardonner et les soutenir avec persévérance. C'est la voie de l'amour, qui, comme le dit saint Paul, " prend patience, l'amour rend service ... il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. " (1 Co 13, 4 et 7).
Évangile (Marc 7,6.12-14)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ;
ne jetez pas vos perles aux pourceaux,
de peur qu’ils ne les piétinent,
puis se retournent pour vous déchirer.
Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite.
Elle est grande, la porte,
il est large, le chemin
qui conduit à la perdition ;
et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
Mais elle est étroite, la porte,
il est resserré, le chemin
qui conduit à la vie ;
et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »
Commentaire
Cet évangile est divisé en trois phrases. Pour comprendre la première, nous devons examiner ce qui la précède immédiatement. Jésus vient de dire aux apôtres qu'ils ne doivent pas juger les autres, " de la manière dont vous jugez, vous serez jugés" (Mt 7,2). Jésus montre maintenant, dans une parenthèse, qu'il y a une différence entre le jugement et le discernement.
Le disciple doit faire de l'apostolat avec tout le monde sans exception. Mais certains non seulement n'écoutent pas, mais ridiculisent l'Évangile et commettent des blasphèmes. Si quelqu'un n'a d'autre but que de se moquer de l'Évangile et de son enseignement, dit Jésus, le disciple peut utiliser son jugement et concentrer son énergie sur les autres. Les personnes qui ont besoin d'entendre l'Évangile ne manquent pas.
Le discernement est, dans une certaine mesure, donné à chaque chrétien, et il permet au disciple d'atteindre ceux qui seront les plus réceptifs au message de notre Seigneur.
Le Seigneur revient de sa digression, et dans sa deuxième phrase, il se réfère au point principal de ne pas juger les autres, et montre comment cela s'inscrit dans un cadre plus large d'éthique, " Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous " (Mt 7,12).
La troisième et dernière phrase, "entrez par la porte étroite" (Mt 7,13), est un avertissement pour les indifférents, car la possibilité de se perdre est réelle, et en même temps une invitation pour ses disciples. Selon les mots du pape François : "Le Seigneur nous offre de nombreuses occasions de nous sauver et d’entrer à travers la porte du salut. Nous devons saisir les occasions de salut. Parce qu’à un certain moment, « le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte » ( v. 25). Notre vie n’est pas un jeu vidéo ni un feuilleton télévisé; notre vie est sérieuse et l’objectif à atteindre est important: le salut éternel." (Pape François, discours de l'Angélus, 21 août 2016).
Évangile (Matthieu 7, 15-20)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Méfiez-vous des faux prophètes
qui viennent à vous déguisés en brebis,
alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces.
C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Va-t-on cueillir du raisin sur des épines,
ou des figues sur des chardons ?
C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits,
et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais.
Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais,
ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits.
Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits
est coupé et jeté au feu.
Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »
Commentaire
Le Sermon sur la Montagne, qui a eu lieu relativement tôt dans la vie publique de Notre Seigneur, a étonné ses auditeurs et a élargi leurs horizons ; ils étaient appelés à rien de moins que la perfection. A la fin de ce magnifique discours, ils sont frappés d'étonnement "car il les enseignait en homme qui a autorité, et non comme leurs scribes" (Mt 7,29). Sa parole était sûre, elle était définitive ; dans son enseignement, il n'y avait pas l'ombre d'un doute ou d'une hésitation. Son message était compréhensible pour tous, et il se traduisait dans leur vocabulaire ordinaire. Mais en même temps, il était sublime, et c'était manifestement la parole de Dieu.
L'Évangile d'aujourd'hui est un bon exemple de ce qui a tant impressionné la foule. Notre Seigneur juge les faux prophètes, et prononce sur eux la sentence de condamnation, de sa propre autorité : "Tout arbre qui ne porte pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu" (Mt 7,19).
Il s'agit d'un problème récurrent. De nombreux prophètes de l'Ancien Testament ont égaré le peuple, et plus tard, à l'époque des Pères de l'Église, il y a eu des maîtres apparemment pieux et zélés, mais qui en réalité n'avaient pas les sentiments du Christ (cf. saint Jérôme, Comm in Matth., 7). Il en va de même aujourd'hui.
Dans le discours de la dernière Cène, Jésus a développé son enseignement antérieur : "Moi, je suis la vigne, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car en dehors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent (Jn 15, 5-6).
La clé du discernement est donc de savoir si l'enseignant répand la charité et l'unité, ou si, au contraire, il produit des dissensions et des désunions - un mauvais fruit - dans le corps mystique du Christ, qui est l'Église. On dit parfois qu'il y a une dichotomie entre proclamer la vérité, d'une part, et être charitable, d'autre part. Le Seigneur nous dit dans ce passage que, en réalité, la vérité et la charité vont de pair. Par conséquent, le disciple recherche la vérité en unité avec le Magistère de l'Église, par lequel l'enseignement du Christ est proclamé au monde.
Évangile (Luc 1, 57-66.80)
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.
L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.
Commentaire
Chez les Israélites, le choix du nom était réservé au père de l'enfant. C'était une façon de reconnaître la paternité du nouveau-né. C'est donc à Zacharie qu'il revenait de dire quel était le nom du bébé, même s'il lui était difficile de s'exprimer à ce moment-là, car il était devenu muet à cause de son incrédulité.
Les parents de saint Jean Baptiste ont reconnu que Dieu les avait bénis en leur envoyant un enfant alors qu'il semblait qu'ils n'avaient plus aucune raison d'espérer. La manière extraordinaire dont il est venu au monde leur a montré que cet enfant était un don du Seigneur. L'ange avait annoncé à Zacharie que son fils apporterait un grand bonheur non seulement à ses parents, mais aussi à une multitude de personnes : " Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance" (Luc 1, 14). Saint Jean, ce fils tant attendu, avait une mission pour tout le peuple : "il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu " (Luc 1,16).
Elizabeth et Zacharie insistent pour donner à l'enfant le nom que l'ange avait indiqué. Derrière cette attitude, on devine le désir d'offrir cet enfant à Dieu. Ils ne veulent pas dominer sa vie, ni chercher à affirmer leur paternité. En effet, Zacharie renonce à lui donner son propre nom, alors que pour les autres, cela semblait la chose la plus logique à faire. Cependant, pour Elizabeth et son mari, le plus important est que leur fils remplisse la mission pour laquelle il est venu au monde.
Après que Zacharie ait écrit "Jean est son nom", sa langue s'est déliée et il a commencé à louer Dieu. C'est la joie d'un père généreux, qui remet son fils entre les mains du Seigneur et s'enthousiasme pour la mission qu'il a reçue.
Nous trouvons chez les parents de Saint Jean Baptiste un merveilleux exemple pour tous les parents. Le Seigneur est heureux que nous nous réjouissions du don des enfants. En même temps, il nous invite à respecter et à aimer "le nom" qu'il leur a donné, c'est-à-dire leur tempérament, leurs talents et, surtout, leur vocation. Les parents deviennent alors les promoteurs de la personnalité de leurs enfants et une grande aide pour qu'ils embrassent la mission que le Seigneur leur a confiée.
Évangile (Matthieu 8, 1- 4)
Lorsque Jésus descendit de la montagne,
des foules nombreuses le suivirent.
Et voici qu’un lépreux s’approcha,
se prosterna devant lui et dit :
« Seigneur, si tu le veux,
tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Jésus lui dit :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre.
Et donne l’offrande que Moïse a prescrite :
ce sera pour les gens un témoignage. »
Commentaire
L'Évangile d'aujourd'hui nous place juste après le Sermon sur la Montagne. Lorsque le Seigneur descendit de la montagne, "des foules nombreuses le suivirent". Et un lépreux s'approcha de lui" (vv. 1-2). Nous savons que la lèpre était une maladie qui obligeait le malade à se retirer de la société et était considérée par beaucoup comme une punition divine (Lv 13-14). Malgré les obstacles, cet homme parvient à s'approcher de Jésus, et demande en toute simplicité à être guéri de sa maladie.
En plus du rejet social, le lépreux devait également surmonter la honte de se montrer vulnérable et d'avoir besoin d'aide. Souvent, c'est ce qui est le plus difficile lorsqu'il s'agit d'ouvrir notre âme à quelqu'un qui peut nous aider. Nous craignons d'être rejetés ou incompris et que la blessure soit à la fin plus profonde qu'au début. Parfois, nous n'avons pas la simplicité du lépreux et nous préférons garder pour nous nos misères et nos péchés.
Le lépreux de l'Évangile d'aujourd'hui nous enseigne comment agir lorsque nous constatons nos limites et nos faiblesses. Il nous montre que le chemin le plus simple est de s'agenouiller devant Jésus, de dire tout simplement quel est notre problème et de demander humblement et avec confiance l'aide de Dieu, en sachant être très respectueux du mystère de la liberté de Dieu, qui sait mieux que quiconque ce qui est le mieux pour nous : Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier (v. 2).
Cette attitude, que nous pouvons mettre en pratique si souvent dans l'intimité de notre prière, est aussi celle que nous sommes invités à avoir dans le sacrement de la confession, puisque c'est là que le Seigneur veut continuer à purifier notre cœur. Dans le confessionnal, nous avons l'occasion d'imiter le lépreux, en nous agenouillant, en confessant notre impureté et en attendant avec joie ces paroles de Jésus : je le veux, sois purifié (v. 3).
Évangile (Luc 5, 1-11)
Or, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Commentaire
Deux dimensions convergent au lac de Génésareth. D'un côté, il y avait Dieu. De l'autre côté, des pêcheurs. Le premier avait un plan éternel. Le second, un plan pour la vie quotidienne.
Et puis Dieu a décidé que le plan quotidien allait devenir un plan éternel. C'était le premier chapitre d'une histoire d'amour.
Il est donc monté dans la barque. Au début, eux pensaient qu'ils lui faisaient une faveur. Petit à petit, ils ont compris que c'est Lui qui prenait le contrôle du bateau. Ils réalisent alors qu'ils sont témoins de quelque chose d'extraordinaire : une pêche miraculeuse. À la fin, lorsqu'ils ont regagné la rive, ils ont compris que rien ne serait plus comme avant. C'était comme s'ils ouvraient les yeux pour la première fois. Puis ils ont tout abandonné. Pour tout gagner. Pour Le gagner.
Ce qui s'est passé à Génésareth s'est répété d'innombrables fois, autant de fois que les êtres humains ont peuplé la terre. Beaucoup, malheureusement, ne l'ont pas compris. Et leur vie ne s'est alors déroulée qu'en une seule dimension.
Mais heureusement, beaucoup d'autres s'en sont rendu compte. Avant Génésareth, Dieu était allé à Nazareth pour dire à Marie son plan éternel. Des siècles plus tard, il est allé à Milan pour stimuler Augustin. À Sienne pour prévenir Catherine. À Pampelune pour secouer Ignace. En Ouganda pour appeler Charles. Ils ont tous dit oui, et comme ces premiers pêcheurs, ils ont changé le cours de l'histoire.
"Il semble que l’on vous a choisi un par un..., disait-il. -Et c'est bien cela!"(Sillon 220).
Des siècles plus tard, il a aussi décidé d'aller à Logroño, pour réveiller un garçon né à Barbastro, appelé Josémaria, grâce à quelques empreintes dans la neige. Le procédé était le même que d'habitude : monter dans le bateau et, si la réponse est positive, devenir progressivement maître et Seigneur. La conclusion était la même : le garçon a compris que rien ne serait plus jamais comme avant. Cet amour consiste à miser sa vie sur une seule carte. Et laissant tout, il l'a suivi.
Comme nous l'avons déjà dit, Dieu avait décidé que le plan quotidien allait devenir un plan éternel. La vie ordinaire des hommes et des femmes devait être le lieu de leur rencontre permanente avec le Créateur.
Cependant, à force de ne pas le vivre, beaucoup l'avaient oublié. La mission de ce nouveau pêcheur d'hommes était donc précisément cela : crier au monde, avec des mots, mais surtout avec la vie, que chaque instant a la valeur de l'éternité. Que le Christ a marché sur cette terre et l'a sanctifiée. Que Jésus a travaillé, que Jésus ressuscité a cuisiné un poisson (cf. Jean 21, 9), et donc que toute activité humaine peut être divine.
La fête de saint Josémaria est une occasion de rendre grâce à Dieu, car elle nous rappelle avec une force particulière le désir du Seigneur d'unir sa vie à la nôtre, son désir que nous écrivions l'histoire de notre vie à quatre mains, en lui permettant d'en être l'auteur et le protagoniste.
"Si tu réponds à l'appel que le Seigneur t’a adressé, ta vie - ta pauvre vie - laissera dans l'histoire de l'humanité un sillon profond large et profond, lumineux et fécond, éternel et divin" (Forge 59).
La vie de Josémaria Escriva peut être un merveilleux stimulant pour que tout chrétien se souvienne que son existence, indépendamment de la manière et de l'endroit où elle se déroule, peut recevoir la lumière du Christ et aussi refléter cette lumière pour les autres. Il n'y a pas d'excuses: nous pouvons dire non à l'invitation, mais nous ne pouvons plus prétendre que nous sommes sourds, que personne ne nous a prévenus. "Moi non plus je ne pensais pas que Dieu allait se saisir de moi comme il l'a fait. Mais le Seigneur - laisse-moi te le redire - ne nous demande pas notre permission pour nous 'compliquer la vie'. Il s’y introduit et … voilà tout !" (Forge 902).
Nous sommes tous, sans exception, appelés à être des saints. Telle est la volonté de Dieu, et c'est la seule voie qui mène au bonheur en plénitude.
Le Christ est monté dans ta barque, dans la mienne. Il dépend de nous que le résultat soit une nouvelle histoire d'amour. Comme celle de Josémaria et de tous les saints qui ont existé avant lui.
Évangile (Marc 5, 21-43)
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Commentaire
L’Évangile d’aujourd’hui raconte deux miracles de Jésus Christ. Comme cela arrive parfois, saint Marc imbrique une histoire dans l’autre. Alors que Jésus se rend à la maison de Jaïre qui lui a demandé de guérir sa fille, une femme, affectée depuis 12 ans d’une maladie liée à une impureté rituelle (cf. Lv 15,25), touche son vêtement dans le désir d’être guérie. Lorsque Jésus demande qui l’a touché, elle vient « se jeter à ses pieds » (v. 33). Elle manifeste ainsi sa foi dans la puissance du Christ et sa confiance en son amour.« Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guéri de ton mal » (v. 34). Cette affirmation du Seigneur montre que le miracle exigeait la foi : un miracle n’est pas quelque chose de mécanique. Mais il y a plus : la guérison physique est liée à une autre guérison, une guérison spirituelle, que la grâce de Dieu donne à ceux qui s’ouvrent à Jésus dans la foi. Le Seigneur dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée » (Mc 5,34).
Jésus poursuit ensuite son chemin jusqu’à la maison de Jaïre. Ce dernier s’était également prosterné devant lui et l’avait supplié (cf. v. 22-23). Mais il semble maintenant qu’il soit trop tard : « Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : – Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » (v. 35). Jésus poursuit son chemin avec Pierre, Jacques et Jean, qui furent les premiers disciples à être appelés, et peut-être les mieux connus comme tels. Ce sont eux qui seront aussi les témoins de sa Transfiguration, sans doute parce que Jésus aura voulu conforter la foi des trois qui pourtant, au jardin des Oliviers, ne sauront pas l’accompagner dans son agonie, et s’endormiront.
« Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : "Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort". Mais on se moquait de lui » (v. 38-40). L’épisode nous invite à percevoir deux sens du mot « vie ». La vraie vie n’est pas celle de celui qui ne fait que respirer, mais c’est la vie en Dieu. Le Christ y fait référence, alors que ceux qui se moquent de lui ont constaté que l’enfant est mort. Le Seigneur ressuscite l’enfant d’entre les morts : « Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : "Talitha koum", ce qui signifie : "Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! " Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur » (v. 40-42).
Les mots araméens ne sont pas une formule magique, mais servent à saint Marc pour exprimer l’authenticité de son récit. Jésus est la résurrection, il est aussi la vie. Le récit de Marc peut signifier que Jésus fait revivre la jeune fille comme il fera revivre Lazare : une résurrection pour une vie mortelle. En revanche, la résurrection finale, lorsque le Seigneur reviendra au dernier jour, sera une résurrection pour la vie éternelle. En ce sens, on pourrait lire l’affirmation selon laquelle « la jeune fille se leva » (v. 42) comme une promesse de vie éternelle, puisque son père avait demandé au Seigneur : « Qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » (v. 23).
De fait, l’Alléluia de la Messe de ce dimanche donne une clé de lecture de l’Évangile comme invitation à la foi en la vie éternelle : « Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ; il a fait resplendir la vie par l’Évangile » (cf. 2 Tm 1, 10). Le Christ a révélé la vie et l’immortalité, dit saint Paul, qui rappelle ensuite à Timothée que l’Esprit Saint habite en eux.
Dieu nous a créés afin de nous faire vivre, avons-nous entendu dans la première lecture (cf. Sg 1,13). Le Credo de l’Église dit que l’Esprit Saint « donne la vie » : il agit dans le temps de l’Église à travers les sacrements et dans nos âmes. Le baptême nous donne la vie de la grâce ; c’est le grand don de Dieu à l’humanité. Il nous fait revivre (cf. Ps 30[29]) pour une rencontre personnelle avec Jésus. Nous sommes invités à valoriser cette nouvelle création qu’est la vie de la grâce, l’adoption filiale (cf. Prière « collecte »).
Les deux miracles du Seigneur peuvent être considérés comme une invitation à raviver l’espérance du Ciel. « Fais tout avec désintéressement, par pur amour, comme s’il n’y avait ni récompense ni châtiment. – Mais entretiens dans ton cœur la glorieuse espérance du ciel » (Saint Josémaria Escriva, Chemin, n° 668). C’est pourquoi nous apprécierons grandement la grâce qui nous parvient à travers les sacrements : de manière habituelle, par la confession sacramentelle et l’Eucharistie.
Tous les sacrements sont le fruit de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, qui appartiennent à la mission de Jésus : le mystère pascal. Il est encore trop tôt pour que les disciples annoncent le miracle, car il est inséparable de ce mystère pascal dont l’heure n’est pas encore venue. Jésus Christ le dit, en même temps que, vrai Dieu et aussi homme « très humain », il a les pieds bien sur terre, puisqu’il invite à donner à la jeune fille à peine ressuscitée quelque chose à manger (cf. v. 43). En Jésus-Christ, l’humain et le divin seront entrelacés pour toujours dans l’Amour.
Évangile (Matthieu 8, 18-22)
En ce temps-là,
Jésus, voyant une foule autour de lui,
donna l’ordre de partir vers l’autre rive.
Un scribe s’approcha et lui dit :
« Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
Mais Jésus lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme
n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Un autre de ses disciples lui dit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
Jésus lui dit :
« Suis-moi,
et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Commentaire
La foule est émerveillée par les miracles de Jésus. Mais Il fuit toute ostentation et leur ordonne de passer sur l'autre rive. Un scribe parvient à se présenter à lui et le choisit comme maître. Il reçoit une réponse inattendue : il se trouve devant l'humble Fils de l'Homme, qui prêche sans relâche le Royaume de Dieu. Il n'a pas de maison à lui, il demeure et se repose là où il est bien accueilli : à Capharnaüm, dans la maison de Pierre; à Béthanie, dans la maison de ses trois frères amis ; à Jérusalem, dans la maison indiquée par l'homme anonyme à la cruche, dans la barque de ses disciples, où il a dormi au milieu de la tempête. En revanche, un renard, aussi trépidante que soit sa vie, a construit sa tanière et c'est de là qu'il sort et qu'il revient. Et les oiseaux du ciel font de même dans leurs nids. Ils se reposent lorsqu'ils ont assuré leur subsistance et celle de leurs petits. Peut-être que le scribe a imaginé une suite plus confortable.
Ceux qui le suivent déjà ont fait l'expérience de ne pas avoir le temps de manger, jusqu'à ce qu'ils entendent l'invitation de Jésus à se reposer un peu (cf. Marc 6,31). Même parmi eux, ceux qu'il a choisis, il y a un conflit entre le fait de le suivre et d'accomplir la loi qui nous ordonne d'honorer nos parents (cf. Exode 20, 12) en leur donnant une sépulture digne. Mais aucune loi ne surpasse le commandement du Seigneur de le suivre pour annoncer le salut, car elle est l'expression de la plus haute charité envers le prochain. Retarder la réponse équivaut à changer l'ordre des commandements.
Jésus nous dit ensuite : " Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. " (Jean 15:16). Il compte sur notre "oui" joyeux et résolu, même dans ce monde qui a tant besoin d'hommes et de femmes qui l'aiment autant que Dieu l'a aimé (cf. Jean 3,16). En écoutant ces paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, nous entendons l'avertissement de saint Josémaria : " N’oublie pas, mon fils, que tu n'es pas seulement une âme qui rejoint d'autres âmes pour faire quelque chose de bon.
C'est beaucoup..., mais c'est peu. -Tu es l'apôtre qui remplit un mandat impératif du Christ" (Chemin, 942).
Évangile (Matthieu 16, 13-19)
En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
Commentaire
Au cours d'une de ses longues promenades avec les disciples, Jésus les interroge sur ce que pensaient les gens sur sa personne. Après avoir donné plusieurs réponses hésitantes, le Maître leur demande avec beaucoup de pédagogie ce qu'ils pensent. Pierre se laisse alors emporter par l'élan d'amour et répond : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant " (v. 16). Cette confession relative à l'identité du Maître révèle les desseins divins sur l'identité et la mission de Simon : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église..." et "Je te donnerai les clés du Royaume des cieux..." (v. 18-19). (vv. 18-19).
Dans le monde antique, il était très courant de profiter de la dureté et de la résistance du socle rocheux pour y construire le reste d'un mur, d'une forteresse, reliant ainsi l'œuvre naturelle à l'œuvre architecturale. Et les villes anciennes étaient entourées de murs et de portes d'accès, qui pouvaient être ouvertes et fermées à l'aide de clés. Avoir les clés d'une ville, c'était avoir le pouvoir de décider qui pouvait y entrer ou en sortir et quand. C'est pourquoi le symbole de la cession d'une enceinte ou d'une forteresse était généralement la remise de ses clés.
Rempli de stupeur, Pierre entendra le Messie annoncer solennellement qu'il sera comme cette roche mère, sur laquelle Jésus élèvera son Église ; et qu'il aura le pouvoir de détenir les clés du Royaume, d'en décréter l'accès ou d'y mettre son veto, influençant ainsi le destin de la terre comme celui du Ciel lui-même.
Cet épisode et le lieu où il s'est produit ont été gravés dans la mémoire des apôtres et relatés dans les Évangiles. Par la volonté du Seigneur, Pierre devait être le chef des Douze et de l'Église, un facteur d'unité et d'efficacité pour tous. Et les apôtres, même ceux qui avaient connu Jésus avant Pierre, ceux qui pouvaient peut-être refléter de meilleures dispositions ou vertus aux yeux des hommes, assumaient avec vénération et respect cette volonté du Maître, comme ils assumaient toutes ses autres dispositions et ses ordres.
Plus tard, lorsque Pierre a renié Jésus pendant la passion, il a prouvé que son pouvoir et son autorité étaient empruntés. Mais après la résurrection, la position de Pierre sera indéniable et acceptée par les chrétiens, qui prieront ensemble pour Pierre (cf. Actes 12). C'est pourquoi nous, chrétiens, avons le devoir affectueux de prier beaucoup pour le pape, successeur de Pierre, et de respecter sa mission de veiller sur l'Église, tout comme les apôtres ont respecté la primauté de Simon. À cet égard, saint Josémaria commentait : " Votre plus grand amour, votre plus grande estime, votre vénération la plus profonde, votre obéissance la plus dévouée, votre plus grande affection doivent aussi être pour le vice-Christ sur terre, pour le pape. -Nous, catholiques, devons penser qu'après Dieu et notre Mère la Sainte Vierge, dans la hiérarchie de l'amour et de l'autorité, vient le Saint-Père". (Saint Josémaria, Forge, n. 135)
Le livre des Actes des Apôtres nous apprend que Dieu a également choisi comme Apôtre un jeune pharisien de la tribu de Benjamin : Saul de Tarse, un persécuteur de chrétiens. Grâce à la prière d'Étienne (cf. Ac 7, 58 ss) et à la grande charité de Barnabé (cf. Ac 9, 23), Paul sera admis dans l'Église. Paul était quelqu'un qui n'avait pas connu Jésus de son vivant et qui le haïssait dans ses disciples. Mais les apôtres ont su aussi reconnaître humblement en Saul les surprenants desseins de Dieu et l'ont accepté comme apôtre, tout comme eux, parce que lui aussi a vu le Ressuscité et a été envoyé pour le proclamer à toutes les nations.
La vie de ces deux grands apôtres nous enseigne que, malgré nos propres limites et celles des autres, Dieu sait comment réaliser ses desseins d'amour ; sa grâce est toujours à l'œuvre dans les cœurs. Ce que Dieu demande pour qu'il y ait des fruits, c'est l'attitude de l'Église naissante : persévérer tous ensemble dans la prière, avec Marie, la Mère de Jésus (cf. Ac 1,12).
Évangile (Mt 8, 28-34)
En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.
Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es- tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »
Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus :
« Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »
Il leur répondit :
« Allez. »
Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.
Commentaire
Nous sommes arrivés, avec Jésus à bord, sur l'autre rive de la mer de Galilée et nous l'accompagnons à Gadara, terre des Gentils. Là aussi, le Seigneur veut apporter la Bonne Nouvelle, car "Il ne fait pas acception de personnes" (Siracide 35,16). Bien unis à Lui, nous pouvons être témoins des situations les plus étonnantes : deux démoniaques furieux de la présence inattendue de Jésus. Les démons ne savent pas que Dieu est Amour (1 Jean 4,16), ni que le Cœur de Jésus incarne cet Amour pour toute l'humanité ; mais ils reconnaissent en cet Homme un exorciste implacable : de nombreux démons se sont déjà soumis à Lui. Et ils enragent de jalousie lorsqu'ils le voient défendre les hommes contre le pouvoir du mal et gagner. Il n'entre pas dans leurs plans que Jésus puisse parcourir des kilomètres, traverser des mers et arriver "avant le temps" pour les expulser.
La scène fait froid dans le dos : les hommes sont libérés et à leur place, un troupeau de porcs sera le nouveau possédé. C'étaient des animaux considérés comme impurs dans la loi juive. Mais l'homme est appelé à la pureté, à la sainteté ; son corps n'est pas un lieu digne des démons. C'est pourquoi Jésus exerce tout son pouvoir pour libérer ces hommes. Pour eux, pour chaque homme, pour chaque femme, il donnera sa vie sur la croix, nous sauvant du péché et du pouvoir du malin. De son cœur ouvert couleront le sang et l'eau qui purifieront le monde.
À l'émerveillement de voir ces hommes libres, se mêle la tristesse du refus de Jésus par les habitants de Gadara. Pour eux, l'exorcisme est aussi un dur reproche, car ils ne se sont pas inquiétés de la souffrance terrible qui tourmentaient deux des leurs.
Ils leur tournaient le dos, se rendant encore plus impurs que les porcs. Si, un jour, face à la souffrance des autres, nous sommes tentés de regarder ailleurs, tournons-nous vers le Sacré-Cœur de Jésus : de là jaillissent "d’inépuisables trésors d'amour, de miséricorde et de tendresse" (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 162 (homélie " Le cœur du Christ, la paix des chrétiens ").
Et nous serons capables de prendre soin des blessures de ce monde, d'être miséricordieux comme notre Père céleste (cf. Luc 6:36).
Évangile (Matthieu 9, 1-8)
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé :
« Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Et voici que certains parmi les scribes se disaient :
« Celui-là blasphème. »
Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda :
« Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »
Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Commentaire
La renommée de Jésus se répand, et partout où il passe, on lui amène les malades pour qu'il les guérisse. Ce jour-là, il arrive à Capharnaüm, sa ville, et on lui amène un paralytique sur un brancard.
Dès que Jésus le vit, il lui dit : "Confiance, tes péchés sont pardonnés". Jésus regarde le cœur de la personne et c'est pourquoi il lui dit : tes péchés sont pardonnés. Oui, cette personne a besoin d'être guérie, elle ne peut pas se débrouiller seule, mais son cœur a besoin du pardon de Dieu.
Les pharisiens, en écoutant Jésus, pensent mal. Ils ont un cœur mauvais, petit, fermé, incapable de s'ouvrir à la vérité. Ils pensent posséder la vérité et finissent par ne plus la connaître.
Jésus se montre accueillant avec les pharisiens et il leur dit : "Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?".
Et Jésus accomplit le miracle : "lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison." Il se leva et rentra chez lui.
Il rentre chez lui complètement guéri. Il revient avec un cœur pur et capable de vivre une vie normale.
Ceux qui sont témoins du miracle rentrent chez eux en glorifiant Dieu pour les merveilles qu'ils ont vues.
Saint Josémaria s'émerveillait en contemplant le pardon de Dieu. Il a dit un jour : "Si nous considérons les choses calmement, nous verrons qu'un Dieu créateur est admirable ; un Dieu qui va jusqu'à la Croix pour nous racheter est une merveille ; mais un Dieu qui pardonne, un Dieu qui nous purifie, qui nous nettoie, c'est quelque chose de splendide ! Peut-on être plus paternel ? Avez-vous de la rancune envers vos enfants ? Non ? Ainsi, Dieu notre Seigneur, dès que nous lui demandons pardon, nous pardonne complètement. C'est merveilleux !" (1)
Jésus nous attend dans le sacrement de la pénitence pour nous pardonner comme il a pardonné au paralytique et pour remplir nos cœurs de paix grâce au pardon.
(1) Paroles de saint Josémaria recueillies dans le livre “Antes, más y mejor” de Lázaro Linares, editions Rialp 2001
Évangile (Mt 9, 9-13)
Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôt.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples :
« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara :
« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Commentaire
Jésus, accomplit la volonté du Père, étape par étape, pour instaurer le Royaume des cieux. Il compte sur les hommes et il donne à certains une mission particulière, comme les Apôtres, qu'il établit comme le fondement de l'Église.
Matthieu est l'un d'eux. Lorsqu'arrive le jour fixé par Dieu de toute éternité, Jésus passe et le voit. Il ne s'agit pas simplement de passer ou de voir. Le choix de Matthieu est fait de toute éternité et c'est dans le regard de Jésus que l'appel a lieu.
Il en va de même pour les hommes : Dieu nous choisit de toute éternité pour être des saints, et, à un moment précis de notre histoire, surgit l'appel.
Le choix et l'appel sont gratuits. À nous d'y répondre librement. La réponse de Matthieu a été immédiate : "Il se leva et le suivit". Dieu attend notre réponse généreuse et prompte à son appel.
Il est facile de répondre si, par la prière, nous sommes à l'écoute de ce que Dieu veut nous dire.
Matthieu, ayant reçu l'appel, l'accueille dans sa maison. Nous trouvons une image du contenu de l'appel dans cette invitation. Jésus nous appelle pour nous inviter à son amitié, afin que nous puissions vivre dans son intimité.
De nombreux collecteurs d'impôts et de pécheurs se sont réunis chez Matthieu. Les Pharisiens ont commencé à critiquer. Jésus, au contraire, annonce la miséricorde : " Je veux la miséricorde, non le sacrifice ".
Jésus choisit et appelle de manière gratuite. Il nous appelle, nous pécheurs, à être ses amis. Il le fait grâce à sa miséricorde et le pardon que nous offre son cœur ouvert.
Évangile (Jean 20, 24-29)
L'un des Douze, Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
n'était pas avec eux
quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d'eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d'être incrédule,
sois croyant. »
Thomas lui dit alors :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m'as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Commentaire
L'Évangile de ce jour nous apprend que Thomas n'était pas avec les autres Apôtres lorsque Jésus leur est apparu pour la première fois le jour de sa résurrection. Lorsqu'il revient, il ne croit pas le témoignage joyeux de ceux qui étaient là : "Nous avons vu le Seigneur". Peut-être le met-il sur le compte d'une expérience intérieure ou d'un délire collectif. Thomas exige plus qu'un témoignage apostolique et demande des signes évidents pour croire et changer sa vie.
Le dimanche suivant, Jésus se montre à nouveau. « Peut-être entends-tu, toi aussi en ce moment le reproche adressé à Thomas, écrivait saint Josémaria, : porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté et ne sois plus incrédule mais croyant, et du fond de ton cœur tu t’écrieras avec l’apôtre, dans un élan de contrition sincère : Mon Seigneur et mon Dieu ! Je te reconnais pour mon Maître à tout jamais et, avec ton secours, je garderai comme un trésor tes enseignements et je m’efforcerai de les suivre loyalement" (Saint Josémaria, Amis de Dieu, 145).
En contemplant cette scène évangélique, "entrant dans le mystère de Dieu à travers les plaies", commente le Pape François, "comme Thomas, nous ne vivons plus comme des disciples peu sûrs, pieux mais hésitants, mais nous devenons aussi de véritables amoureux du Seigneur" (Pape François, Homélie, messe 2e dimanche de Pâques 2018).
Nous pouvons aussi sentir que la dernière béatitude que Jésus a prononcée sur terre, provoquée par le méfiant Thomas, nous est adressée : " Heureux ceux qui croient sans avoir vu".
La foi, la confiance en Dieu, est un don divin que nous devons demander avec humilité : augmente notre foi ! (cf. Lc 17,5). « celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils." (Jn 14, 12-14).
C'est pourquoi saint Josémaria disait : " Dieu est celui de toujours. -Il faut des hommes de foi, et les prodiges que nous lisons dans la sainte Écriture se renouvelleront (Saint Josémaria, Chemin, 586).