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Commentaire pour le dimanche de la 18ème semaine du temps ordinaire.
" L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé " (v. 29). Dieu veut faire des miracles en nous, en particulier le miracle de notre divinisation. Pour cela, il a besoin de notre foi, de notre confiance, qui se traduit, entre autres, par le fait de privilégier les biens spirituels plutôt que les biens matériels, la santé et le bien-être de nos âmes plutôt que ceux de nos corps.

Évangile (Jean 6,24-35)

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :

« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »

Jésus leur répondit :

« Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »

Ils lui dirent alors :

« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

Jésus leur répondit :

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Ils lui dirent alors :

« Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »

Jésus leur répondit :

« Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Ils lui dirent alors :

« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Jésus leur répondit :

« Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »


Commentaire

L'Évangile de ce dimanche est un passage du discours dit du Pain de Vie, prononcé par Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Le récent miracle de la multiplication des pains et des poissons sert de cadre et d'occasion au Maître pour exposer des vérités très profondes sur le mystère de l'Eucharistie et la nécessité de la foi. Aujourd'hui, nous nous attarderons brièvement sur ce deuxième aspect.
Nous pouvons être frappés par le peu de compréhension que les auditeurs de Jésus pouvaient avoir de l'annonce de l'Eucharistie qu'il faisait. Ils sont restés maladroitement matérialistes ; ils voulaient recevoir plus de nourriture de Jésus ; ils pensaient que le pouvoir du maître de Galilée était une solution attirante et facile à leurs problèmes matériels et quotidiens. Et ils ont également demandé des interventions plus claires de sa part, s'il voulait qu'ils lui fassent confiance.
Mais Jésus les encourage à être plus surnaturels, à travailler " non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau" (v. 27).
Nous aussi, presque sans nous en rendre compte, nous pouvons souffrir de l'incapacité de ces personnes à comprendre le langage de Jésus. Cela nous arrive lorsque, dans nos demandes à Dieu, nous nous concentrons sur les biens matériels, tels que la santé physique, le travail, les réalisations diverses, la réussite aux examens, etc., mais que nous oublions peut-être de donner la priorité à la demande habituelle de biens spirituels : la conversion, l'état de grâce, le retour aux sacrements et à l'amitié avec Dieu, la générosité pour nous donner totalement à Lui, etc.
Cette hiérarchie surnaturelle de nos demandes à Dieu, donnant la priorité aux biens spirituels, tout en continuant à demander les autres, transforme notre façon de penser et d'agir : "travaillez pour la nourriture qui dure jusqu'à la vie éternelle", nous dit Jésus. Si nous agissons de la sorte, nous aurons une vie de foi toujours plus grande.
À ce propos, saint Josémaria a écrit : " On entend parfois dire que les miracles sont moins fréquents aujourd’hui que par le passé. Ne serait-ce parce que moins d'âmes vivent une vie de foi ? (...) Nous devons avoir une foi inébranlable en Celui qui nous sauve, en ce Médecin divin qui a été justement envoyé pour nous guérir. Nous devons croire d'autant plus de force que notre maladie est grave voire désespérée. Nous devons acquérir la mesure divine des choses, sans jamais oublier le point de vue surnaturel, sachant bien que Jésus sait utiliser jusqu’à nos misères, pour que sa gloire resplendisse" (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 190-194).
Jésus dit à ses auditeurs : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé " (v. 29). Dieu veut faire des miracles en nous, en particulier le miracle de notre divinisation. Pour cela, il a besoin de notre foi, de notre confiance, qui se traduit, entre autres, par le fait de préférer les biens spirituels aux biens matériels, la santé et le bien-être de notre âme plutôt que ceux de notre corps.





Commentaire pour le lundi de la 18e semaine du temps ordinaire (année B ou C).
«Donnez-leur quelque chose à manger». Nous sommes des pèlerins qui ont besoin de nourriture pour le voyage. Jésus sait ce dont nous avons besoin et nous donne généreusement à manger, mais il compte aussi sur notre générosité pour que les autres reçoivent de la nourriture par notre intermédiaire.

Évangile (Matthieu 14, 13-21)

À cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque et se retira à l'éacart, dans un lieu solitaire, mais le peuple le sut et le suivit à pied des villes voisines.

Quand il débarqua, il vit une grande foule. Il en eut compassion, et guérit leurs malades. Sur le soir, ses disciples s'approchèrent de lui en disant : "Ce lieu est désert et déjà l'heure est avancée. Renvoie ces foules, afin qu'elles aillent dans les villages s'acheter des vivres." Mais Jésus leur dit : "Elles n'ont pas besoin de s'en aller : donnez-leur vous-mêmes à manger." Ils lui répondirent : "Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons."

"Apportez-les moi ici.", leur dit-il. Après avoir ordonné aux foules de s'étendre sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction. Puis, ayant rompu les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés, et, des morceaux qui restaient, on emporta douze corbeilles pleines. Or, le nombre de ceux qui avaient mangé était environ de cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.


Commentaire

L'Évangile de la messe d'aujourd'hui nous présente à nouveau Jésus cherchant la solitude pour s'entretenir avec le Père. Nous nous approchons de cette relation, dont les évangélistes nous parlent avant de nombreux miracles, avec discrétion et, en même temps, avec crainte et tremblement, car il s'agit de s'approcher d'un abîme que nous ne pouvons pas scruter. C'est Jésus lui-même qui nous invite à regarder : il veut que nous le voyions prier et que nous ayons envie de prier avec le Père : de prier comme des enfants (cf. Mt 14,23 ; Mc 1,35 ; 11,24 ; Lc 5,16 ; 6,12 ; 9,18; 11,1). La "solitude" de Jésus dans la prière nous dit aussi que là, dans le Père, se trouve tout ce dont nous avons besoin, la nourriture qui nous fait grandir. Les personnes qui suivaient Jésus de plus près étaient perplexes quant à son intimité avec le Père. Ils pensaient aux besoins qu'ils considéraient comme les plus impérieux, selon leur vision humaine, et ils ne pouvaient pas encore comprendre qu'il y ait des besoins plus profonds.

Jésus s'est rendu dans un endroit isolé dans une barque ; les autres sont partis des villes. Notre Seigneur sait comment "s'approcher" du Père, il connaît le chemin. Il est la Voie. Il nous montre quelle est la vraie nourriture et où la trouver. Jésus s'approche de cette nourriture, de la volonté du Père, avec un cœur plein d'Amour, sans une once d'égoïsme. Notre égoïsme rend nos désirs petits, mais ils sont purifiés dans le Christ et révélés dans toute leur grandeur. L'Évangile de la messe nous montre Jésus désireux de nous donner ce dont nous avons besoin, mais aussi désireux de le faire à travers ce que nous pouvons nous offrir les uns aux autres, même si nous pensons avoir peu. Tout ce que nous avons, même si cela semble peu, quelques pains et poissons, sera toujours enrichi par Jésus lui-même grâce à la foi et l'amour avec lesquels nous partageons ce que nous sommes et ce que nous avons. Jésus bénit notre générosité : temps, compagnie, vêtements, enseignement, prière, visite. Ce sont nos pains et nos poissons qui, donnés par amour et avec amour, sont bénis comme l'ont été la jarre de farine et la cruche d'huile de la veuve de Sarepta, qui ne se sont pas épuisées quelle que soit la quantité prélevée (1Rois 17,8-24).


- Juan Luis Caballero





Commentaire pour le mardi de la 18e semaine du temps ordinaire.
"Seigneur, si c'est toi". Pour que la foi prenne racine dans nos cœurs, nous devons d'abord préparer le terrain : comme dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous devons considérer Jésus, non seulement comme quelqu'un que nous aimons, mais comme le Fils de Dieu qui a le pouvoir sur les eaux.

Évangile (Matthieu 14, 22-36)

Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples à remonter dans la barque et à passer avant lui sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il monta sur la montagne pour prier à l’écart. Et, le soir étant venu, il était là seul. Cependant, la barque se trouvait déjà éloignée de plusieurs stades de la terre. Elle était battue par les flots, car le vent était contraire. À la quatrième veille de la nuit, il alla vers eux en marchant sur la mer. Quand ils le virent marcher sur la mer, les disciples furent troublés et dirent : « C’est n fantôme ! », et ils poussèrent des cris de frayeur. Mais aussitôt, Jésus leur parla en disant : « Ayez confiance, c’est moi, ne craignez point ! »Pierre prit la parole et dit : « Seigneur, si c’est toi, ordonne que je vienne à toi sur les eaux. » Il lui dit : « Viens ! » Alors Pierre, sortant de la barque, marcha sur les eaux pour aller à Jésus. Mais voyant la violence du vent, il eut peur, et comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et lorsqu’ils furent montés dans la barque, le vent s’apaisa. Alors ceux qui étaient dans la barque, vinrent se prosterner devant lui en disant : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! »

Ayant achevé la traversée, ils abordèrent dans la contrée de Génésareth. Les gens de l’endroit, l’ayant reconnu, envoyèrent des messagers dans tous les environs, et on lui amena tous les malades. Ils le priaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui la touchèrent furent entièrement guéris. »


Commentaire

Jésus fait des miracles, mais il cherche immédiatement à éviter les mauvaises interprétations que l'on pourrait en faire. Ainsi, dès qu'il accomplit un acte surprenant, il envoie les disciples dans la "vie ordinaire", dans le lac, où se déroule la vie habituelle de beaucoup d'entre eux et où il est normal de devoir se débattre dans les vagues. Le lac symbolise donc notre vie ordinaire. Et Jésus est là, même si nous ne le voyons pas. Car il n'est pas venu dans le monde pour nous faciliter la vie, mais pour nous donner un coup de main afin que, avec son aide, nous puissions vaincre les hostilités du diable et garder la force et l'espérance dans nos difficultés.

Pourquoi avons-nous parfois du mal à reconnaître la présence de Dieu dans notre vie quotidienne ? Nous entendons Pierre dire : "Seigneur, si c'est toi, ordonne-moi de venir à toi sur l'eau". Dans ces paroles, nous sentons à la fois la confiance en Jésus et l'incapacité à le reconnaître pleinement. Seul le Seigneur peut nous dire dans quelle mesure sa confiance était humaine et dans quelle mesure Pierre comprenait ce qu'il allait dire : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16,16). Pierre voulait s'approcher de Jésus, mais nous ne connaissons pas toutes ses motivations. Nous pouvons nous en inspirer pour réfléchir à la nôtre : comment comptons-nous sur Dieu dans notre vie quotidienne, avec quelles intentions l'approchons-nous ou lui permettons-nous d'entrer dans nos vies, de faire pour nous ce qui demande un effort ?

On ne peut pas aborder la vie avec une vision purement humaine. Tout simplement parce que notre vie est comme une "course" qui n'est pas seulement humaine : son but dépasse le simple niveau humain. Dans cette vie, nous pouvons compter sur une assurance humaine lorsque nous affrontons des entreprises qui dépendent de nos propres forces. Mais ce n'est pas le cas des entreprises surnaturelles. En prenant de la hauteur, tout ce qui est humain nous apparaît fragile et petit car, même lorsque nous pensons tout maîtriser, de nouveaux défis s'ouvrent sans cesse devant nous et nous dépassent. L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à ne pas avoir trop confiance en nous-mêmes, mais plutôt à nous ouvrir à celui qui peut vraiment guérir et remplir le cœur de l'homme d'une paix et d'une confiance véritables : " Repose-toi sur Yahvé de tout ton cœur, ne t'appuie pas sur ton propre entendement "(Pr 3, 5).





Commentaire du Mercredi de la 18ème du temps ordinaire.
« Mais il ne lui répondit pas un mot". Le silence apparent de Jésus est un encouragement, tant pour la Cananéenne que pour les spectateurs de la scène. Une leçon de foi qui nous invite à faire confiance à Dieu et à persévérer dans notre dialogue avec Lui.

Évangile (Matthieu 15, 21-2)

En ce temps-là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit :
« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit :
« Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit :
« Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.


Commentaire

Les véritables éducateurs souhaitent toucher le cœur des gens, et sont capables de voir plus loin et plus en profondeur. Un vrai maître ne se contente pas de répéter les choses et d'exiger qu'elles soient récitées par cœur. Il cherche des voies pour rejoindre ses auditeurs et il sait aussi guider et corriger l'intéressé qui, bon gré mal gré, reste l'acteur principal de ce parcours. Le véritable enseignant sait qu'il doit stimuler la personne qu'il aide à faire ses propres découvertes. Le véritable enseignant s'intéresse à la personne. C'est pourquoi il envisage son travail et sa transmission dans un contexte plus large : labourer la terre, poser les fondations, élargir le cœur et avoir une grande ouverture d'esprit. C'est ce que Jésus fait par ses paroles et ses actes, et cela intriguait beaucoup ceux qui l'écoutaient, les faux maîtres et nous aussi aujourd'hui.

Jésus est venu pour tous, mais il y a une priorité dans sa mission : les brebis perdues de la maison d'Israël. Ces brebis ont une place toute particulière dans son cœur : elles sont le peuple élu, à qui les promesses ont été faites, à qui tant de dons ont été accordés. Mais Israël, en tant que peuple, n'a pas été fidèle à sa vocation, même si l'Église est née d'un petit reste d'entre eux. Jésus tente de réveiller cette foi qu'Israël n'avait pas, en proposant comme modèle des personnes qui, sans appartenir à Israël, ont la foi. Une foi persévérante. Une foi agissante.


Les paroles de Jésus ne laissent aucun doute à propos de la dignité d'Israël. Cependant, il est clair que c'est la foi qui conduit au salut. Aucun privilège extérieur ne peut être revendiqué : là où il y a la foi, il y a la vie. Et cette femme cananéenne, qui aimait sincèrement sa fille et faisait tellement confiance à Jésus, a dépassé de nombreux Israélites sur le chemin de la sainteté. L'une des phrases clés de ce passage le résume pour nous : "Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! ». Voici comment Paul s'exprime : " travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut : aussi bien, Dieu est là qui opère en vous à la fois le vouloir et l'opération même, au profit de ses bienveillants desseins." (Ph 2,12-13). Dieu nous stimule et nous pousse, mais la foi et la charité se construisent sur notre réponse à cet appel divin au quotidien. En réalité, nous obtiendrons tout ce que nous désirons en le prouvant par des actes.





Commentaire pour le jeudi de la 18ème semaine du temps ordinaire.
Simon-Pierre répondit : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répondit : "Heureux es-tu, Simon, fils de Jean, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux". Si nous sommes humbles et ouverts à la volonté de Dieu, nous pouvons atteindre les mêmes sommets que Pierre.

Évangile (Matthieu 16, 13-23)

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples :

« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »

Ils répondirent :

« Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

Jésus leur demanda :

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :

« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare :

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.

Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches :

« Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »

Mais lui, se retournant, dit à Pierre :

« Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »


Commentaire

Lorsque Jésus pose aux Douze une question passionnante - pour vous, qui suis-je ? - Pierre est celui qui répond le plus hardiment : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ". Par cette réponse, Pierre semble s'élever au-dessus de tous. Jésus lui fait voir qu'il y a dans ses paroles quelque chose qui dépasse toute conclusion purement humaine : " Heureux es-tu, Simon, fils de Jean, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux ". Peut-être que Pierre lui-même n'a pas compris toute la portée de sa profession de foi. En tout cas, à ce moment-là, il a su voir au-delà de la "chair et du sang" et il devient le rocher sur lequel l'Église du Christ sera construite.

Pierre semble voler haut, mais peu après, il s'effondre. Jésus explique que sa mission messianique implique précisément l'humiliation et la mort, et Pierre ne comprend pas du tout. Plus encore, avec une certaine naïveté et arrogance, il commence à réprimander Jésus. Il tente d'enfermer la grandeur du Christ dans ses concepts humains. Et c'est à ce moment-là qu'il reçoit ce dur rappel à l'ordre : " Reste derrière moi, Satan ! "

Lorsque Pierre est mu par une vision purement humaine, il tombe et devient une source de scandale. En revanche, lorsqu'il se laisse toucher par la grâce, il est capable de s'élever et d'avoir une connaissance profonde de Dieu.

Ce qui est arrivé à Pierre peut aussi nous arriver. Parfois, on dirait que nous voyons tout clairement, que toutes les pièces de notre vie chrétienne s'emboîtent parfaitement, et que nous sommes même capables de donner de la lumière aux autres. Ce sont des moments dont il faut rendre grâce à Dieu pour les lumières qu'il nous donne. Mais si nous devenons négligents, si nous commençons à être trop sûrs de nos idées et de nos opinions, nous pouvons nous effondrer. Et puis nous commençons à raisonner d'un point de vue purement humain. Nous ne comprenons pas les plans de Dieu, et nos plaintes semblent vouloir corriger notre Seigneur, comme Pierre l'a fait.

Dans l'une de ses lettres, saint Josémaria utilise l'image de la poussière qui s'envole dans les airs. Lorsque le vent souffle, la poussière se soulève et peut même paraître dorée, car elle reflète les rayons du soleil. Il en va de même dans nos vies : même si nous nous sentons parfois petits, lorsque nous nous laissons pousser par le souffle de l'Esprit Saint, nous pouvons être élevés très haut. Avec une attitude d'humilité et d'ouverture sincère à ce que Dieu veut, nous pourrons évoluer avec aisance sur les hauteurs de la vie de foi, reflétant la lumière de Dieu aux personnes qui nous entourent.





Commentaire de la fête de la Transfiguration du Seigneur.
"Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le". La fête d'aujourd'hui met en relation la divinité avec la Croix du Christ. Dieu nous rend capables de Lui-même, Il nous divinise par un don purement gratuit. Être "capable de Dieu" est un cadeau que Dieu nous fait pour nous rendre heureux ici-bas et nous réserver le bonheur éternel.

Évangile (Marc 9, 2-15)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.

Et il fut transfiguré devant eux.

Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.

Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus.

Pierre alors prend la parole et dit à Jésus :

« Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre :

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».


Commentaire

Aujourd'hui, nous célébrons la fête de la Transfiguration du Seigneur. La raison pour laquelle cette fête a été fixée au 6 août est qu'elle a été mise en relation avec la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix du 14 septembre : 40 jours s'écoulent entre les deux fêtes. Dans certaines traditions, ils forment un second Carême. Ainsi, l'Église byzantine vit cette période comme un temps de jeûne et de contemplation de la Croix. Il nous montre que la manifestation de la gloire de Dieu est étroitement liée à sa passion et à sa mort sur la Croix.
La fête d'aujourd'hui met en relation la divinité du Christ et la Croix du Christ. Elle est d'une grande importance en raison du contenu doctrinal qu'elle enseigne à chacun de nous, chrétiens. Elle nous montre l'une des idées les plus importantes de notre foi : la divinisation de l'homme par un don purement gratuit de Dieu.
Elle est étroitement liée à l'Eucharistie, car comme lors de la Transfiguration, nous sommes revêtus du Christ, nous sommes divinisés lorsque nous recevons le Corps du Christ. Jésus nous invite à le recevoir dans l'Eucharistie, comme il a invité Pierre, Jacques et Jean à la Transfiguration. Et il veut que nous lui disions, comme Pierre : " Qu'il est bon d'être ici, Seigneur "... Il nous attend dans le tabernacle. Il est là pour nous.
Jésus veut nous montrer le paradis sur terre. Grâce aux sacrements, nous, chrétiens, recevons la grâce qui nous conduit au ciel. Grâce à la pure bonté de Dieu, l'homme est capable de Dieu. Un don, un privilège pour l'homme, une récompense imméritée que tout homme peut atteindre ici sur terre.
Chacun d'entre nous peut louer Dieu chaque jour par sa prière personnelle. Saint Josémaria écrivait : " Jésus, te voir, te parler, rester ainsi, te contempler, absorbé dans l'immensité de ta beauté, et ne jamais, jamais cesser cette contemplation ! Oh, le Christ, qui pourrait te voir, qui pourrait te voir, être blessé d'amour pour toi ! Nous devons l'écouter, et laisser sa vie et ses enseignements diviniser notre vie ordinaire.
Ce don de Dieu, cette grâce reçue sans mérite, est un cadeau que Dieu nous fait pour nous rendre heureux. La raison pour laquelle Dieu se fait homme et rend l'homme capable de Dieu est qu'il veut le meilleur pour nous, il veut notre bonheur. "Le chemin de Jésus nous mène toujours au bonheur, il y aura une croix ou des épreuves au milieu, mais à la fin il nous mène toujours au bonheur. Jésus ne nous trompe pas. Il nous a promis le bonheur et il nous le donnera si nous suivons sa voie." (Pape François).
Nous pouvons, en cette fête, stimuler nos désirs de nous unir à Dieu, comme l'ont fait Pierre, Jacques et Jean, et comme l'ont fait tous les saints. "Vultum tuum, Domine, requiram" (Ps. 26, 8), C'est ta face, Seigneur, que je cherche. Cela me stimule de fermer les yeux, et de penser que le temps viendra, quand Dieu le voudra, où je pourrai vous voir, non comme dans un miroir, et sous des images sombres... mais face à face (I Cor. 13, 12). Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ? (Ps. 41, 3) " (saint Josémaria).
Profitons de cette fête pour remercier Dieu pour tant de cadeaux reçus ici sur terre. Demandons à Jésus de nous rendre dignes de tels mérites. Qu'il nous rende prêts à "perdre notre propre vie", en la donnant pour que tous les hommes soient sauvés, et pour que nous nous retrouvions dans le bonheur éternel.





Commentaire du samedi de la 18ème semaine du temps ordinaire.
Les disciples s'approchèrent alors tout seuls de Jésus et lui dirent : "Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? "-Souvent, ce dont les gens qui nous entourent ont besoin, c'est que nous leur transmettions une foi vivante qui les conduise à la confiance en Dieu.

Évangile (Matthieu 17, 14-20)

En ce temps-là, un homme s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux, il dit :

« Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. »

Prenant la parole, Jésus dit :

«Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi.»

Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier :

«Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser?»

Jésus leur répond :

« En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »


Commentaire

La scène de l'Évangile d'aujourd'hui revêt des allures dramatiques. Un père s'agenouille devant Jésus pour le supplier de guérir son fils possédé par un démon. Il a d'abord essayé de le faire guérir par ses disciples, mais la tentative s'est soldée par un échec. Il essaie maintenant le Maître, et la délivrance a lieu.

Jésus dit à ses disciples que pour chasser ce démon, il leur faut davantage de foi. Pour guérir le monde, pour guérir les cœurs, les chrétiens doivent être des hommes et des femmes de foi. Il existe des chaînes qui ne peuvent être brisées par les forces humaines : haines profondes, vices bien ancrés, manque d'espérance ?
Parfois, des personnes proches de nous traversent des situations critiques. Nous essayons de les aider avec des solutions, des aides pratiques, etc. Mais il arrive souvent un moment où l'on se rend compte que l'on ne peut pas aller plus loin, car ce qu'il faut, c'est l'action de la grâce : une lumière particulière ou une conversion profonde. De notre côté, il reste à transmettre une profonde confiance en Dieu, et peut-être à prier ensemble pour que ce soit le Seigneur qui guérisse leurs blessures.
C'est la prière pleine de foi qui fait vivre le monde. C'est pourquoi nous devons avoir recours au Seigneur avec constance, en nous abandonnant entre ses mains. Cette prière recommandée par saint Josémaria peut nous aider : " Seigneur, tu es le même que toujours. Donne-moi la foi de ces hommes qui ont su répondre à ta grâce et qui ont accompli, en ton nom, de grands miracles, de véritables prodiges... Je sais que tu les feras ; mais je sais aussi que tu veux qu'on te les demande, que tu veux qu'on te cherche, qu'on frappe fort aux portes de ton Cœur".





Commentaire pour le dimanche de la 19ème semaine du temps ordinaire (cycle B).
"Je suis le pain vivant". Dans ce discours profond et beau, le Seigneur nous appelle à ne pas gémir devant ce que nous ne comprenons pas et à nous laisser conquérir par la logique divine de la foi, qui nous invite à nous émerveiller devant le grand sacrement

Évangile (Jean 6, 41-51)

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Ils disaient :

« Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? »

Jésus reprit la parole :

« Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »


Commentaire

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous entendons le Seigneur prononcer des paroles d'une grande profondeur et d'une grande beauté. Saint Jean présente le discours du Pain de Vie juste après deux miracles, où nous voyons la souveraineté de Jésus sur la nature. La première est la multiplication des pains devant une foule ; la seconde est la marche sur les eaux, vue seulement par les apôtres.

Dans ce contexte, certains Juifs dialoguent avec le Seigneur pour commenter l'événement des pains, et Jésus en profite pour expliquer que ce qui est important, ce n'est pas la nourriture qui fortifie la vie terrestre, mais le pain qui descend du ciel et qui sert à obtenir la vie éternelle. De plus, Jésus s'identifie mystérieusement à ce pain de vie, une déclaration qui n'a pas laissé les auditeurs indifférents. Peut-être que beaucoup pensaient que c'était absurde et irrévérencieux : "Alors les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel." (v. 41).

Les récriminations du peuple - nos récriminations - contre la logique et la providence de Dieu ne sont pas nouvelles. Leurs ancêtres avaient cédé à cette tentation des siècles auparavant dans le désert. À cette occasion, ils se sont également retrouvés devant un prophète, Moïse, qui leur a promis du pain venu du ciel, la manne, pour les nourrir pendant toute la durée de leur voyage vers la terre promise.

Mais le peuple élu n'a pas regardé avec les yeux de Dieu, il n'a pas eu plus de foi, et après quelques jours, il a commencé à se plaindre, se mettant à désirer la nourriture qu'il avait quand il était esclave en Égypte, apparemment plus attrayante : "Les enfants d'Israël pleuraient, disant : "Ah ! qui donc nous donnera de la viande à manger ? Nous nous rappelons encore le poisson que nous mangions pour rien en Égypte, et les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l’ail !

Maintenant notre gorge est desséchée ; nous ne voyons jamais rien que de la manne ! " (Nb 11, 4-6).

Ces gens ne voulaient pas entrer dans les voies divines de la foi, ils voulaient des signes visibles. Mais ils n'avaient devant eux que Jésus, dont le père était Joseph. Cependant, cet homme de Galilée ne cessait de répéter que son Père était Dieu lui-même, et pour cette raison même, il pouvait affirmer qu'il était le pain descendu du ciel.

Il est beau d'observer comment Jésus est de plus en plus clair en s'identifiant au pain, qui est donc le pain de la vie éternelle. Il affirme "ceci est le pain..." (v. 50). (v. 50), " Je suis le pain... " (v. 51),"le pain est ma chair" (v. 51). Aujourd'hui c'est une bonne occasion pour demander une grande foi dans le sacrement de l'Eucharistie. Nous ne voulons pas gémir devant la logique de Dieu, mais nous incliner simplement et pieusement devant le mystère de la présence réelle de Jésus, comme nous l'a enseigné saint Josémaria en d'innombrables occasions :

"Considère ce qu’il y a de plus beau et de plus grand sur terre…, ce qui plaît à l’intelligence et aux autres facultés…, et ce qui est plaisir de la chair et des sens…

Considère aussi le monde, les autres mondes qui scintillent dans la nuit : l’univers entier. — Eh bien ! tout cela, même joint à l’assouvissement de toutes les folies du cœur…, tout cela ne vaut rien, n’est rien et moins que rien, à côté de mon Dieu — ton Dieu ! — trésor infini, perle très précieuse, Dieu humilié, Dieu esclave, qui s’anéantit sous la forme de serviteur dans la crèche où il voulut naître, dans l’atelier de Joseph, dans la Passion et dans sa mort ignominieuse… et dans la folie d’Amour de la sainte Eucharistie." (Chemin, 432).





Commentaire de la fête de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein).
"Le Royaume des cieux sera semblable à dix vierges, qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l'époux". Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix a attendu patiemment de rencontrer l'Époux, sachant garder l'huile de la charité même dans les circonstances les plus défavorables, elle a veillé jusqu'au bout.

Évangile (Matthieu 25, 1-13)

« Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, s’en allèrent au-devant de l’époux. Il y en avait cinq qui étaient sottes, et cinq qui étaient sages.
Les cinq sottes, ayant pris leurs lampes ne prirent pas d’huile avec elles.

Mais les sages prirent de l’huile dans des fioles avec leurs lampes. Comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toues et s’endormirent. Au milieu de la nuit, un cri s’éleva : Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. Et les sottes dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les sages répondirent : Non, de peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez les marchands, et achetez-en pour vous. Mais, pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges arrivèrent aussi, disant Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais il leur répondit : En vérité, je vous le dis : je ne vous connais pas !

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure. »


Commentaire

Aujourd'hui, l'Église célèbre la mémoire de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein) et nous propose, pour contempler sa vie, la parabole des vierges qui attendent et veillent l'époux.

Ces femmes étaient chargées d'accueillir et d'accompagner l'époux lors de la cérémonie de mariage. Le Seigneur propose cette histoire pour nous rappeler que nous devons être prêts à le rencontrer. Une préparation qui nous demande certes de résister au sommeil, mais surtout d'être prêts, avec notre lampe allumée quand le moment viendra.

De nombreux saints ont vu dans l'image de la lampe la lumière de la foi qui brille grâce à l'huile de la charité. Edith Stein a incarné cette parabole, par sa vie. Depuis qu’elle s’est approché de la foi catholique à l'âge de 30 ans, puis par son entrée au Carmel - où elle a choisit Thérèse comme nom de religion, en l'honneur de la sainte fondatrice espagnole - jusqu'à sa mort héroïque dans le camp de concentration d'Auschwitz, elle s'est toujours efforcée d'aimer et de montrer sa foi en Jésus.

Elle a compris tout de suite que veiller sur l'Époux signifie être prêt à embrasser la croix, ce qui sera la toile de fond de son livre le plus célèbre, écrit quelques mois avant sa mort : "La science de la croix".

Un survivant du camp qui a connu Thérèse dans ses derniers jours affirme que la sainte savait comment maintenir la lampe allumée jusqu'à la fin : "Cette femme, avec un sourire qui n'était pas un simple masque, illuminait et donnait de la chaleur. J'avais la certitude d'être en présence d'une personne vraiment formidable".

L'Église célèbre aujourd'hui la fête de la rencontre de Thérèse avec son Époux bien-aimé, qu'elle a patiemment attendu et accompagné, sachant garder l'huile de la charité brûlante jusqu'à la fin.





Commentaire de la fête de Saint Laurent.
« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Sachons donner notre vie par amour : comme Dieu nous la demande.

Évangile (Jean 12, 24-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »


Commentaire

Le pape Sixte II fut décapitée en 258 lors de la persécution de Valérien. L’un de ses diacres, Laurent, fut provisoirement épargné, car il se chargeait des biens de l’Église : on lui donna quatre jours pour les apporter. Laurent distribua alors les biens aux pauvres. Lorsque le délai fut expiré, il se présenta au magistrat accompagné de pauvres et d’infirmes. Voici les richesses de l’Église, aurait-il dit. Les pauvres et les malades sont un trésor. Il y a une mystérieuse présence de Dieu dans leurs souffrances. Ils sont particulièrement associés à la croix de Jésus.

Laurent subit ensuite le supplice du feu sur un gril. Le chrétien ne cherche pas son propre martyre : inutile de précipiter les événements ; mais il est cohérent avec sa foi et prêt à donner sa vie pour le Christ. Le grain de blé doit mourir pour donner du fruit (cf. Jn 12, 24). Lorsque saint Augustin évoque le martyre de saint Laurent, il compare l’Église à un jardin du Seigneur, avec les roses des martyrs ; mais il y a toutes sortes de fleurs dans ce jardin, ajoute-t-il (Cf. saint Augustin, Sermo 304, 1-4 :PL 38, 1385-1397). À chacun d’entre nous de savoir donner sa vie comme Dieu la lui demande : aimer, c’est cela. Bien souvent, ce sera d’une manière discrète et cachée, dans l’accomplissement quotidien du travail bien terminé, dans l’attention à la famille, dans la fidélité aux amis, dans la proximité aux pauvres et aux malades. Il serait peu intelligent d’accélérer la venue d’un martyre sanglant, lorsqu’il est possible de transformer le monde de l’intérieur par une vie ancrée en Dieu et tournée vers le service des autres.

Le témoignage de Laurent ne manque pas de sens de l’humour. « Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2 Co 9, 7). L’humour manifeste l’humilité et une certaine distance par rapport à un monde qui passe, mais que nous devons aimer et ramener à Dieu (Cf. saint Josémaria, Homélie Aimer le monde passionnément). Par son travail quotidien devenu une tâche sainte, le baptisé unit la création à la rédemption. Alors que la solennité du 15 août est proche, que la Vierge Marie, Mère de l’espérance, nous aide à réaliser cette tâche dans la bonne humeur, le cœur ferme et confiant (cf. Ps 112 [111],7-8) !





Commentaire pour le mercredi de la 19ème semaine du temps ordinaire.
"Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère". Jésus enseigne au disciple la pratique de la " correction fraternelle " envers un autre disciple qui a commis une erreur. Tout le monde est susceptible d'avoir besoin de cette aide à un moment ou à un autre.

Évangile (Matthieu 18, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »


Commentaire

La pratique chrétienne de la correction fraternelle s'enracine dans l'Évangile. C'est un moyen incontournable pour atteindre la sainteté et ne pas s'écarter du chemin. Dans ce passage, Jésus instruit les disciples sur la manière dont ils doivent la pratiquer entre eux, avec charité, en privé.

Le besoin de correction est universel, car les gens ont du mal à reconnaître leurs propres fautes. Ainsi, sa valeur était reconnue par les auteurs païens classiques tels que Sénèque (cf. De Ira, 3, 36, 4). Saint Ambroise a témoigné de cette pratique chez les catholiques lorsqu'il a écrit, au quatrième siècle, "Si tu découvres une faute chez un ami, corrige-le en secret (...) Les corrections, en effet, font du bien et sont plus bénéfiques qu'une amitié muette" (De Officiis Ministrorum II, 125-135).

Le premier point qui ressort du passage de l'Évangile est que la correction fraternelle est une bonne chose. Il est nécessaire d'avoir une attitude d'humilité et une volonté d'accepter la correction. Ce n'est que dans la mesure où l'on est prêt à accepter la correction fraternelle et à faire amende honorable pour sa vie que l'on saura quand et comment il est convenable de faire une correction fraternelle.

Avant de procéder à une correction, il convient de prier pour cette personne. Ensuite, une fois que notre intention est pure, il serait sage de consulter une autre personne en mesure de juger si la correction est pertinente ou non.

Après avoir pris ces précautions, nous sommes alors prêts à réaliser très concrètement le commandement d'aimer son prochain comme soi-même, le commandement qui résume tous les autres. C'est le véritable amour du prochain qui nous amène à nous en soucier autant.

L'affection est importante pour l'efficacité de la correction fraternelle. Lorsque les gens se soucient vraiment des autres, la correction fraternelle sera relativement facile et sera bien accueillie, car le destinataire sentira que le motif est véritablement charitable et pourra humainement mieux l'accepter. D'où l'importance de vivre la fraternité dans tous ses aspects, et pas seulement dans la correction des autres.

Il faut également pardonner toute offense avant de corriger. Juste après ce passage, Pierre demande à Jésus combien de fois il doit pardonner à son frère quand il a péché contre lui. Jusqu'à sept fois ? Et Jésus répond non, jusqu'à soixante-dix fois sept fois. Là où il y a une vraie charité, avec de l'affection, il y a des corrections fraternelles ; et il y a aussi une vraie attitude de pardon.





Commentaire pour le jeudi de la 19ème semaine du temps ordinaire.
"Jésus a vécu, est mort et est ressuscité des morts pour nous offrir le pardon de Dieu ». Par conséquent, le pardon est au cœur de l'évangile : il doit être notre mode de vie.-

Évangile (Matthieu 18,21-19,1)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :

« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

Jésus lui répondit :

« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”

Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :

“Rembourse ta dette !”

Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”

Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.

Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :

“Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”

Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.


Commentaire

Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ou à ma sœur, jusqu'à sept fois ? Jésus répond à la question de Pierre par des paroles de miséricorde et de pardon qui dépassent la logique humaine.
Pierre a en quelque sorte anticipé la réponse de Jésus. Le chiffre sept ne signifie pas un nombre exact ; il symbolisait pour le peuple juif de l'époque la perfection, l'abondance et la plénitude. En d'autres termes, Pierre suggère que nous devrions toujours pardonner à notre frère, dans la limite du raisonnable.
La réponse de Jésus est beaucoup plus généreuse : nous devons toujours pardonner à notre frère, mais absolument toujours, quoi qu'il arrive. La formulation prudente de Pierre est, en fait, trop limitée. C'est une leçon sur l'amour et le grand cœur.
Jésus l'a expliqué en racontant l'histoire de deux serviteurs. Le premier devait une somme énorme, 10 000 talents, soit le salaire annuel de 10 000 travailleurs. Ému par la miséricorde, le maître du premier serviteur lui a pardonné. Bien sûr, le roi est Dieu le Père, qui nous pardonne tout.
Mais maintenant, Jésus nous dit ce qu'il faut faire avec un frère qui a besoin d'être pardonné. Car le débiteur pardonné rencontre un compagnon de travail, qui lui devait cent deniers, c'est-à-dire le salaire journalier de cent ouvriers. Il ne lui pardonne pas, mais le jette en prison. Le débiteur qui s'était vu remettre 10 000 salaires annuels n'a pas pu remettre 100 salaires journaliers. Alors que Dieu est compatissant et bienveillant à notre égard, nous sommes méprisants et exigeants envers ceux qui nous entourent.
Ce que je dois pardonner à mon frère est peu de chose par rapport à ce que Dieu m'a pardonné, et même, si nous en étions conscients, c'est peu de chose par rapport à ce que Jésus me pardonne chaque jour. Comme le fait remarquer le roi, "Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Et il reprend son pardon.
Il peut être difficile de pardonner. Pourtant, le pardon est au cœur de l'Évangile, c'est notre mode de vie. Jésus a vécu, est mort et est ressuscité pour nous offrir le pardon de Dieu. D'abord, nous le recevons, puis nous sommes appelés à permettre aux autres d'en faire aussi l'expérience. De cette manière, le cercle de l'amour du Christ s'étend toujours plus loin pour embrasser davantage de personnes, davantage de sœurs et de frères, davantage de brebis égarées, et tout un chacun.
Pardonner de cette manière exige la charité, l'humilité et la prière. Notre foi catholique est aussi l'évangile de l'amour, et seule la charité sans limites et sans conditions peut pardonner.





Commentaire pour le vendredi de la 19ème semaine du temps ordinaire.
"Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas". L'unité du mariage est voulue par Dieu et constitue un grand bien pour toute la famille humaine. Elle a donc besoin de la prière persévérante de tous pour se fortifier.

Évangile (Matthieu 19,3-12)

En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent :
« Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »

Il répondit :
« N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme ? et dit :
“À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.

Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent :
« Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »

Jésus leur répond :
« C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
Ses disciples lui disent :
« Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme,
mieux vaut ne pas se marier. »
Il leur répondit :
« Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne! »


Commentaire

Cette question que quelques pharisiens ont posée à Jésus est très actuelle pour nous. Il semble que, tout comme aujourd'hui, dans les temps et cultures antiques, le divorce était à l'ordre du jour, "pour n'importe quelle raison". Et dans un passé plus lointain, elle devait être si répandue que même Moïse, en Israël, a dû légiférer pour la limiter comme un moindre mal. Cependant, Jésus, dans sa réponse, remonte non pas dans le passé, mais à l'origine de tout, lorsque Dieu lui-même a établi l'union indissoluble entre l'homme et la femme. Le modèle de cette alliance est la fidélité de Dieu envers son peuple. C'est ainsi que le prophète l'exprime : "Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur " (Osée 2, 21-22). L'expression "sauf en cas d’union illégitime" n'exprime pas que l'infidélité puisse être une cause de divorce. Le terme utilisé en grec, la langue originale du texte évangélique, fait plutôt référence à une union illégitime qui ne peut être guérie (par exemple l'inceste), et qui doit donc être dissoute. Ce ne serait pas une exception à l'indissolubilité.

Le Créateur veut et bénit le mariage, pour le bonheur des époux et des enfants, et pour le bien de toute la communauté humaine. Il s'agit d'une vocation divine et, en tant que telle, elle exige un discernement, une préparation et une volonté déterminée de rechercher le bien de l'autre et de la famille, de persévérer jour après jour dans l'amour mutuel. Tout cela avec l'aide de la grâce divine, pour surmonter les difficultés du chemin. Nous pourrions dire que Jésus "souffre" de toute infidélité et de toute rupture : "Le Seigneur a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse (...), elle, ta compagne, la femme de ton alliance. Un seul n’a-t-il pas fait la chair, et le souffle de vie qui est en elle ? Et que recherche-t-il ? Une descendance divine. (Malachie 2 :14-16).

Nous pouvons imaginer la maison de Nazareth : là, Jésus, enfant et adolescent, a été témoin de l'amour délicat de Marie et Joseph. Dans son humanité parfaite, il a "grandi en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes" (Luc 2, 52), sous la protection de l'exemple de ses parents.





Commentaire du samedi de la 19ème semaine du temps ordinaire.
"On présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant". Savoir que nous sommes des enfants devant Dieu est un moyen sûr de nous rapprocher de Jésus et de l'avoir comme meilleur ami.

Évangile (Matthieu 19, 13-15

En ce temps-là, on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartèrent vivement. Jésus leur dit:

« Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. »

Il leur imposa les mains, puis il partit de là.


Commentaire

Après avoir écouté hier l'enseignement de Jésus sur l'indissolubilité du mariage, nous voyons des enfants présentés à Jésus. Une conséquence logique : une fois qu'un homme et une femme sont unis par le mariage pour toujours, les enfants, fruits de cette union, voient le jour. L'évangéliste n'indique pas qui a la garde de ces enfants, mais il semble l'indiquer avec l'épisode précédent : les parents. La renommée de Jésus grandit : il guérit les plus faibles, y compris les enfants. Il est donc facile d'imaginer les parents amenant leurs jeunes enfants, encore fragiles, à Jésus pour qu'il les bénisse, pour que par l'imposition de ses mains, ou simplement en les touchant, il les protège des maladies et du pouvoir du démon.

Mais les disciples pensent qu'ils ont l'autorité pour empêcher cela. Et le Maître n'y consent pas, car il est le Chemin vers le Père. Il dira à l'un de ses disciples : "Personne ne vient au Père si ce n'est par moi" (Jn 14,6). Les enfants trouvent en Jésus le meilleur moyen de découvrir leur filiation divine. En même temps, les adultes - en particulier les parents - sont appelés à faciliter cette rencontre, afin qu'eux aussi redécouvrent cette même filiation : " Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé" (Mc 9,37).

C'est émouvant de regarder Jésus entouré d'enfants, jouant avec eux, leur souriant, leur demandant leur nom, leur âge... ; leur demandant d'être de bons enfants de leurs parents, de bons frères et sœurs... ; et en leur parlant de leur Père qui est aux Cieux. Une scène à la fois terrestre et céleste : ce moment était une manifestation claire de ce que doit être le royaume des cieux sur terre, et un reflet de ce que sera ce royaume dans l'au-delà pour ceux qui, sur terre, se sont comportés comme des enfants devant Dieu. C'est pourquoi nous accueillons humblement le conseil de saint Josémaria : " N'oublie pas que le Seigneur a une prédilection pour les enfants et pour ceux qui se font pareils aux enfants " (Chemin, n° 872).




















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