Évangile (Jean 20, 1-9)
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Commentaire
Comment s'est opérée la résurrection de Jésus ? Comment ses membres déchirés par la Passion sont-ils revenus à la vie, transformés en un corps glorieux ? Nous ne le savons pas : les seuls témoins de cet événement merveilleux ont été le tombeau, les linges et le suaire. Ces témoins muets sont les premiers à annoncer que quelque chose de totalement nouveau s'est produit.
Jean est le premier à entendre le message des linges et du linceul. Quelques jours auparavant, il avait été le disciple courageux qui se tenait fermement au pied de la Croix, près du Maître. Il est maintenant le disciple qui court au tombeau pour chercher le Seigneur. Celui qui sait être patient au moment de l'épreuve est aussi celui qui avance avec diligence dans sa recherche. La même force le soutient dans toutes les situations : l'amour pour le Seigneur. Et cet amour n'est pas sans récompense : Dieu lui accorde une grâce spéciale pour lire dans le linge plié et dans le linceul roulé le message le plus lumineux de toute l'histoire: Jésus vit !
Mais Jean n'est pas le seul à courir le matin du dimanche de Pâques. Marie-Madeleine a couru avant lui. Le pouvoir de l'amour est également très intense chez elle. Son affection pour le Seigneur la faisait se lever tôt, aux premières heures du matin, pour le servir de manière totalement désintéressée. Elle voulait seulement faire une dernière chose pour Jésus, sans rien attendre en retour. Et elle sera la première à contempler le Seigneur dans sa gloire, et à annoncer à l'Église qu'il vit.
Pierre sait aussi courir. Il a été un peu plus lent à atteindre la tombe. Il n'a pas l'impatience de Marie-Madeleine ni l'agilité de Jean. Mais il est arrivé au tombeau et il est le premier à recevoir les signes de la Résurrection - les linges et le linceul - même s'il est lent à croire. Peut-être parce que la blessure qu'il porte est plus profonde : à la douleur de la mort du Maître s'ajoute le souvenir de l'avoir abandonné pendant la Passion. Malgré tout, il a su aussi courir. L'amour n'a pas disparu : il est comme une petite lumière qui fait timidement son chemin.
Comme il a été difficile pour les disciples de croire que Jésus était revenu à la vie ! Et comme il peut être difficile pour nous d'accepter que Jésus soutienne notre vie ! Parfois, la tombe semble s'imposer d'elle-même : problèmes au travail ou à la maison, défauts de caractère, opposition aux valeurs chrétiennes dans certains milieux... Cependant, si nous examinons de près ces situations, nous trouverons probablement des signes d'espoir, qui peuvent être que des personnes continuent avec ténacité à faire le bien ou qu'une solution apparaisse tout simplement. Ce sont des signes qui attendent que nous les lisions avec foi, comme les linges et le linceul au matin de la Résurrection.
Pour lire les signes que Dieu nous donne, nous devons accepter le don de la foi. De notre côté, nous pouvons mettre en avant notre désir sincère de chercher le Seigneur, même lorsqu'il semble s'être éloigné. C'est ce qu'ont fait Marie-Madeleine, Jean et Pierre : ils cherchaient encore le Christ, ils ont voulu lui rendre service, même s'ils le croyaient encore mort. Le Seigneur récompense cet amour fidèle par la joie de le retrouver vivant, enveloppé dans la gloire de Pâques.
Évangile (Jean 8, 51-59)
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » Les Juifs lui dirent : « Nous savons maintenant qu’un démon est en toi. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera jamais la mort. Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien. C’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu’il est votre Dieu. Et pourtant, vous ne le connaissez pas alors que moi, je le connais. Si je disais que je ne le connais pas, je serais un menteur comme vous, mais je le connais et je garde sa parole. Abraham, votre père, a tressailli de joie à la pensée de voir mon jour. Il l’a vu et s’est réjoui. » Sur quoi, les Juifs lui dirent : « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! »Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham ne vienne à l’existence, Je Suis ! »
Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter, mais Jésus se cacha et sortit du Temple.
Commentaire
Nous approchons de la Semaine Sainte et la liturgie nous offre quelques paroles du Seigneur transmises par saint Jean. Le contraste entre le message de Jésus et la compréhension terre à terre des Juifs est frappant.
Le Seigneur en vient à parler de sa relation avec le Père (v. 54) et de la connaissance qu’il a de Lui (v. 55) et il le fait en des termes si forts qu'il s'applique à lui-même les mots " je suis ", que le livre de l'Exode utilise pour désigner Dieu lui-même (cf. Ex 3, 13-14).
Saint Jean nous révèle ainsi une fois de plus que Jésus n'est pas seulement un homme mais l'incarnation du vrai Dieu d'Israël. Grâce à cela, Jésus peut dire avec certitude que celui qui garde sa parole ne verra pas la mort (cf. v. 51) ou qu'avant la naissance d'Abraham "il est déjà" (cf. v. 58).
Le contraste par rapport à la compréhension des juifs est évident. Pour beaucoup d'entre eux, Jésus est simplement un homme dont la façon de parler est scandaleuse, notamment lorsqu'il promet de sauver de la mort quiconque écouterait ses paroles. Ils restent perplexes.
Incrédules, ils savent que seul Dieu peut faire une telle affirmation, et ils n'hésitent pas à accuser Jésus d'être possédé par un démon (v. 52). Il était clair pour eux que même les plus grands du peuple élu étaient morts, comme Abraham et les prophètes, et il n'y avait donc aucune raison de croire que Jésus connaîtrait un sort différent ou qu'il pourrait vaincre la mort par sa parole.
Face à l'insistance du Seigneur à se présenter avec les mots divins "Je suis", ils ne voient pas d'autre choix que de mettre en pratique ce que le livre du Lévitique a ordonné : "Quiconque blasphème contre le nom du Seigneur sera mis à mort sans remède ; toute la communauté le lapidera" (24,16). Jésus sait que son heure n'est pas encore venue et il arrive à s'échapper.
Évangile (Jean 6, 16-21)
Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive.
C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée. Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.
Mais il leur dit :
« C’est moi. N’ayez plus peur. »
Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où il se rendaient.
Commentaire
Après avoir considéré hier le miracle de la multiplication des pains et des poissons, la Liturgie nous offre aujourd'hui un autre miracle extraordinaire : Jésus va à la rencontre des disciples au milieu de la tempête, en marchant sur les eaux.
Cette action étonnante du Seigneur reflète une fois de plus sa puissance, qui domine la nature, et qui surprend une fois de plus la foi encore fragile des apôtres.
Si le livre de l'Exode raconte le départ du peuple d'Israël d'Égypte, en traversant la mer Rouge à pied, grâce à l'action de Dieu à travers Moïse, dans cet épisode, Jésus se montre plus grand que le "plus grand des prophètes", puisqu'il n'a même pas besoin de fendre les eaux pour s'approcher du bateau en détresse.
De même, l'expression que Jésus utilise pour se faire reconnaître : " C'est moi ", est la même que celle que Dieu a utilisée pour se faire connaître à Moïse dans l'épisode du buisson ardent (cf. Ex 3,8).
Les chrétiens de tous les temps, antérieurs et également représentés par les disciples effrayés dans la barque, ont besoin de la puissance de Dieu pour ne pas succomber à la tempête. Saint Thomas, commentant un texte de Saint Augustin, disait que si nous avons une grande foi en l'action de Dieu, "le vent, la tempête, les vagues et les ténèbres ne pourront pas détourner le navire de sa route et le détruire".
Ce bateau qui représente l'Église, apparemment faible face à une telle tempête, flottera toujours parce que celui qui le guide est, en dernière instance, Jésus-Christ lui-même.
Évangile (Jn 14,21-26)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
"Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l'aimerai, et je me manifesterai à lui."
Jude -non pas Judas l'Iscariote- lui demanda : "Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ?"
Jésus lui répondit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."
Commentaire
Dans l'intimité de la dernière Cène, Jésus a offert à ses disciples quelques enseignements qui ont la saveur d'un adieu et d'un testament.
Jésus fait référence au profond mystère de la présence de Dieu dans l'âme. Dans l'Ancien Testament, le Seigneur s'est fait connaître progressivement au peuple d'Israël et a promis de rester au milieu d'eux. Cette présence était particulièrement signifiée dans le Saint des Saints, le lieu le plus saint du temple de Jérusalem. Maintenant, Jésus annonce une nouvelle forme de présence en chaque personne, à condition qu'elle aime et garde ses paroles, devenant ainsi un temple dans lequel Dieu habite, comme le rappelait saint Paul aux premiers chrétiens : " Vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit : 'J'habiterai et je marcherai parmi eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple' " (2 Co 6, 16).
Cette présence de Dieu dans l'âme a toujours fasciné les saints, qui se sont sentis poussés à répondre à l'amour de Dieu pour ses créatures. Comme l'explique saint Josémaria, " la Trinité s'est éprise de l'homme, élevé à l'ordre de la grâce et fait à son image et à sa ressemblance (Gn I, 26) ; elle l'a racheté du péché (...) et elle désire vivement demeurer dans notre âme " (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 84). Sommes-nous habituellement conscients de cette vérité profonde, de cette présence de Dieu dans notre âme en grâce ? Savons-nous correspondre chaque jour avec gratitude par des gestes d'affection et d'adoration ? Saint Augustin conseillait : " En réalité, Dieu n'est pas loin. C'est vous qui le rendez distant. Aimez-le et il s'approchera de vous ; aimez-le et il habitera en vous. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien" (Saint Augustin, Sermon 21).
La présence de Dieu dans l'âme est inséparable de l'action efficace de l'Esprit Saint. Ici, Jésus fait référence à lui et l'appelle le Paraclet. Ce terme grec signifie littéralement celui qui marche en parallèle, tout en parlant, suggérant et avertissant. On peut donc le traduire par "défenseur" et "consolateur". Avocat parce qu'il intercède devant la justice divine pour obtenir le pardon de nos péchés par la passion de Jésus ; et aussi comme "consolateur" parce qu'il soulage nos afflictions par ses suggestions.
Lorsque nous nous efforçons vraiment de suivre avec docilité les incitations de l'Esprit Saint, la paix et la joie règnent dans nos âmes, signe certain de la présence divine, même au milieu des difficultés. Puissions-nous toujours savoir nous adresser à cette présence de Dieu dans notre âme comme à une fontaine d'eau vive où nous pouvons étancher toute notre soif, comme à la source où nous pouvons sans cesse retrouver la joie et la paix que nous devons porter partout avec nous.
Évangile (Jean 15, 9-11)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Commentaire
Nous restons très attentifs à ces paroles de Jésus, prononcées lors de la dernière Cène. Ils sont comme son testament spirituel, adressé à ses plus proches disciples. Nous imaginons son regard accompagner les confidences qui viennent du plus profond de son cœur, afin qu'elles restent gravées dans le nôtre. Jésus nous a également parlé de l'union totale entre Lui et le Père ; par conséquent, l'Amour du Père et celui du Fils sont les mêmes. C'est un Amour qui a été répandu dans nos cœurs (cf. Romains 5,5), afin qu'il soit réciproque, car aimer, c'est désirer le bien de la personne aimée. Jésus, avec son Amour, désire notre bien et nous, avec ce même Amour, désirons aussi son bien. Comme il est important de ne pas perdre ce courant d'amour !
Pour cela, nous nous engageons à respecter les commandements de Jésus, qu'il a lui-même pratiqués avant de les prêcher : prière continuelle, bonnes œuvres accomplies devant Dieu, pardon des ennemis, pureté du cœur, regard propre, attention aux besoins des autres comme s'il s'agissait des nôtres, détachement des biens terrestres, etc. Mettre en pratique tous ces enseignements, que nous pouvons trouver résumés dans le Sermon sur la Montagne (cf. Matthieu 5-7), c'est rester dans l'amour de Dieu.
Nous pouvons penser que nous valons peu, et ce que nous pouvons faire pour correspondre à l'amour de Dieu nous semble avoir encore moins de valeur. C'est ainsi que le voyait saint Josémaria dans Chemin : " Une vie est bien peu de chose pour l'offrir à Dieu », mais Jésus n'attend pas de grandes actions. Au contraire, il a un amour de prédilection pour les petits, qui sont presque incapables de ne rien faire par eux-mêmes. C'est pourquoi la parabole des talents nous réconforte : "Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur" (Matthieu 25,21), dans la joie ineffable de l'amour divin. La grâce de l'Esprit Saint ne nous fera jamais défaut pour rester fidèles, et nous pourrons ainsi prier avec le psalmiste : "Tu m'apprends le chemin de la vie : + devant ta face, débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices !" (Psaume 16,11).
Évangile (Jean 17, 20-26)
Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur parole, croiront en moi, pour que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, - pour qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. Et je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, pour qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que c'est toi qui m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils voient la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la création du monde. Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que c'est toi qui m'as envoyé. Et je leur ai fait connaître ton Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux.
Lors de la dernière Cène, après avoir prié son Père de garder ses disciples unis dans son nom, Jésus intercède pour tous ceux qui croiront en lui dans les temps à venir, à travers la prédication des Apôtres.
Il adresse ainsi à son Père cette célèbre prière : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » (cf. Jn 17, 21).
Cette union des disciples du Christ à travers les siècles est bien plus qu’une simple concorde. Elle se fonde sur l’union personnelle au Christ de sorte que la communion entre les chrétiens devienne une image de la communion mystérieuse entre les Personnes divines au sein de la Sainte Trinité.
Cela se réalisera dans la mesure où le Christ lui-même vivra dans ses disciples comme le Père vit en lui (cf. Jn 17, 22). L’Église est ainsi le Corps mystique du Christ, par la communion de ses membres au Corps du Christ (I Cor 10, 16)
Plus encore, cette union des croyants sera un motif de crédibilité du message chrétien proclamé à toutes les nations : « Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé » (cf. Jn 17,21).
Déjà saint Paul invoquait pour la communauté de Corinthe, alors meurtrie par des divisions, la bénédiction divine en vue de la communion dans l’Esprit Saint : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. » (II Cor 13, 13)
L’histoire de l’Église montre malheureusement que l’orgueil et l’égoïsme ont été la cause de multiples fractures parmi les chrétiens. Aujourd’hui encore, la tentation de la division est bien présente au sein même de l’Église et peut entraîner de lourds préjudices à l’évangélisation.
En réponse à cela, s’est développé à partir du XXème siècle un mouvement œcuménique sans précédent en vue de réparer les erreurs passées. Le Concile Vatican II a vivement exhorté les catholiques à entreprendre ce chemin de l’unité : « Dans l'action œcuménique, les fidèles de l'Église catholique, sans hésitation, se montreront pleins de sollicitude pour leurs frères séparés ; ils prieront pour eux, parleront avec eux des choses de l'Église, feront vers eux les premiers pas. Ils considéreront surtout avec loyauté et attention tout ce qui, dans la famille catholique elle-même, a besoin d'être rénové et d'être réalisé, de telle manière que sa vie rende un témoignage plus fidèle et plus manifeste de la doctrine et des institutions que le Christ a transmises par ses apôtres. » (Redintegratio Unitatis, n°4)
Suivant l’exemple de saint Josémaria, cherchons à offrir notre prière, notre expiation et notre action pour cette finalité : « ut unum sint », « pour que nous tous, les chrétiens, nous ayons une même volonté, un même cœur, un même esprit ; pour que, ‘omnes cum Petro ad Iesum per Mariam!’ tous bien unis au pape, nous allions à Jésus par Marie. » (Forge 647)
Évangile (Jean 20, 19-23)
Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et, se présentant au milieu d’eux, il leur dit : « Pais à vous ! » Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Il leur dit une seconde fois : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Commentaire
La Pentecôte est arrivée : la fête par excellence du Saint-Esprit. Aujourd'hui, la Troisième Personne de la Sainte Trinité, la Personne divine qui accomplit sa tâche sanctifiante de manière silencieuse et discrète, éclate de toute la force de son pouvoir pour nous rappeler que c'est Lui qui fait l'Église.
La scène qui nous est présentée dans l'Évangile de saint Jean est paradoxale. Nous nous trouvons au soir du dimanche de Pâques. D'après les récits des quatre évangélistes, nous savons que cette journée a été mouvementée : allées et venues au tombeau, personnes qui affirment avoir vu le Seigneur, ceux d'Emmaüs qui partent désolés et reviennent en liesse, pleurs, embrassades, stupéfaction. Et, surtout, de la joie, beaucoup de joie. Les témoignages - Madeleine, Pierre, Cléophas - sont suffisants pour que les disciples incrédules doutent au moins de leur incrédulité.
Et pourtant, nous trouvons maintenant ces personnes enfermées dans la peur.
L'histoire de l'humanité a changé pour toujours : le Christ est ressuscité. Pourtant, le changement qui devait s'opérer chez les Apôtres n'était pas encore réalisé - ils conservaient encore les séquelles de cette peur qui les avait poussés à L'abandonner sur le Calvaire. Ils tremblent à l'idée de connaître le même sort.
Ainsi, alors que dans le cœur de ceux qu'il aime ces sentiments se mêlent, Jésus ressuscité apparaît au milieu d'eux.
Pour notre vie chrétienne, il est très important que nous soyons très attentifs aux gestes du Seigneur. En particulier, cette scène est essentielle pour comprendre comment Dieu répond à nos peurs, qui sont souvent l'obstacle qui nous empêche de répondre à sa grâce.
Jésus fait quatre choses : il leur donne la paix, il leur demande de lever les yeux pour contempler ses plaies, il leur donne la mission, et avec elle, la possibilité de pardonner les péchés.
Il est merveilleux de voir comment le Seigneur répond face à la peur : par une vocation. L'appel de Dieu, qui inclut toujours le sens de la mission, est lui-même la réponse à nos propres faiblesses et lâchetés.
Jésus n'attend pas que ses apôtres deviennent des hommes courageux pour les envoyer ensuite. Il les envoie au moment où ils sont effrayés : car leur paix et leur force ne viendront pas des qualités humaines ou des circonstances favorables. Elles viendront de l'Esprit Saint qu'ils reçoivent à ce moment-là.
L'Église a été faite, est faite et sera faite par l'action du Paraclet. Notre tâche n'est autre que de nous laisser guider par Lui. C'est pourquoi il n'y a pas de place pour les inhibitions ou la vanité.
Dès lors, la vie des apôtres se résumera à proclamer partout que Jésus est Seigneur. Mais comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture, pour pouvoir l'affirmer, nous avons besoin de l'Esprit Saint (1 Corinthiens 12,3). Nous ne pouvons pas faire un seul pas dans la vie spirituelle, même le plus simple, sans l'aide de la Troisième Personne de la Sainte Trinité. C'est pourquoi nous disons dans la séquence précédant la proclamation de l'Évangile dans la messe d'aujourd'hui : Regarde le vide de l'homme, si tu manques en lui.
Cette solennité est une merveilleuse occasion de demander avec foi un renouvellement de notre vie spirituelle et d'intercéder pour les chrétiens du monde entier. En convoquant le concile Vatican II, Jean XXIII a demandé des prières pour ce qu'il a appelé "une nouvelle Pentecôte" dans l'Église. Cette expression, une nouvelle Pentecôte, pourrait servir de désir quotidien qui donne le rythme de nos relations avec le Saint-Esprit.
Pour cela, nous pouvons nous tourner vers Marie, la protagoniste indispensable de ce que nous célébrons aujourd'hui, afin d'apprendre d'elle à dire "qu'il en soit ainsi" à tout mouvement de l'Esprit Saint. La Vierge a également été troublée par la présence et l'annonce de l'Ange (cf. Luc 1,29). Cependant, elle n'a pas fondé sa réponse sur le malaise qu'elle ressentait : elle l'a fondée sur la certitude que c'était Dieu qui l'appelait.
C'est ainsi que l'Église est faite, c'est ainsi que les saints se sont comportés, et c'est ainsi que l'Esprit Saint attend de nous que nous vivions. Seuls, nous ne pouvons pas, mais avec Lui, nous pouvons.
Évangile (Matthieu 5, 20-26)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »
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Jésus-Christ continue à exposer ses enseignements sur la montagne des béatitudes. Les disciples à ses pieds. Et une multitude de personnes de toutes conditions l'écoutent sans perdre un mot.
Il ouvre pour eux tout un horizon de vie, un horizon vivifiant.
Et pour cela, il leur parle du pardon. Cela n'a aucun sens de se présenter devant Dieu si l'on ne s'est pas d'abord réconcilié avec son frère. Avancer avec un geste de réconciliation, aller à sa rencontre, avoir un cœur miséricordieux qui voit au-delà de la faute de l'autre, est une condition pour adorer Dieu.
Parce que toute offense entre les hommes est une offense à Dieu. C'est une façon de dire à Dieu : "Cette personne devant moi (mari, femme, frère, ami, collègue, voisin, qui que ce soit) n'est pas bonne, n'est pas un don, un cadeau pour moi. Vous avez fait une erreur en les créant et en les mettant près de moi ».
Et l'offense ne peut être surmontée que par le pardon. Mais le pardon ne consiste pas à oublier, à ignorer ce qui s'est passé. L'offense doit être réparée, guérie. Car c'est une blessure causée dans son propre cœur et dans celui des autres.
Le pardon conduit à la réconciliation, au renouvellement de la relation qui a été brisée. Être capable de regarder à nouveau dans les yeux de l'autre personne et de la refaire dans ce regard. Lorsque nous pardonnons, nous leur donnons la possibilité de renaître, de se renouveler, de retrouver leur originalité perdue. Nous disons : "Cette maladresse, cette offense, ne vous définit pas. Tu es un don de Dieu pour moi et je veux te faire revivre avec mon pardon».
Pardonner devient ainsi un acte qui rend gloire et louange à Dieu.
Le pardon, cependant, ne peut être obtenu que par la communion avec celui qui a porté nos fautes et qui nous a totalement et radicalement pardonné. Comme le souligne Benoît XVI, le pardon est une prière christologique : "Il nous rappelle celui qui, pour le pardon, a payé le prix en descendant jusqu'aux misères de l'existence humaine et à la mort sur la croix".
Ce n'est qu'en Jésus-Christ que nous sommes capables de pardonner, et donc de rendre un culte agréable à Dieu dans notre vie quotidienne. Par le pardon, nous entrons dans l'amour de Dieu.
Évangile (Mt 5, 27-32)
« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Et moi, je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis l’adultère avec elle, dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi qu’un seul de tes membres périsse, plutôt que ton corps tout entier ne soit jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi qu’un seul de tes membres périsse, plutôt que ton corps tout entier n’aille dans la géhenne. »
Commentaire
L'Évangile fait partie du Sermon sur la montagne, le premier des grands discours dans lesquels saint Matthieu rassemble les enseignements de Jésus sur le Royaume de Dieu. Jésus détaille les attitudes que nous devons cultiver par rapport à la Loi, à Dieu, au prochain et dans la prière. Il commence le discours en détaillant les béatitudes qui dépeignent le visage de Jésus-Christ et manifestent sa charité. Jésus nous enseigne ici la plénitude de la Loi, il nous invite à faire un pas de plus, à vivre la vie chrétienne non pas comme des commandements à accomplir mais comme des attitudes à atteindre. Bienheureux veut dire chanceux. Les béatitudes sont notre chemin vers le bonheur.
C'est dans ce contexte que nous devons comprendre l'Évangile d'aujourd'hui. Jésus descend dans les détails concrets afin d'atteindre la plénitude de la Loi.
Au sujet du précepte concernant l'adultère (cf. Ex 20,14 ; Dt 5,18), Jésus en appelle au grand respect des autres qui sous-tend la Loi. Si l'adultère consiste à prendre possession d'une personne mariée pour sa satisfaction personnelle, cela ne doit même pas se faire intérieurement, car c’est le même péché, même s’il ne se réalise pas extérieurement : " elle a commis l'adultère dans son cœur " (v. 28). Un enseignement qui est un appel au don plénier du cœur. Pour être bienheureux, pour atteindre un plus grand bonheur, nous devons avoir un cœur chaste, un cœur amoureux où il n'y a pas de place pour l'égoïsme, pour les pensées impures du cœur humain.
Jésus parle aussi de l'ancienne coutume de la répudiation. La législation mosaïque a introduit l'obligation du libelle : c'est-à-dire un acte signé par le mari permettant à la femme d'être reçue par un autre homme. Cependant, afin de souligner la grandeur et la dignité du lien matrimonial avec la femme, Jésus rend invalides toutes les répudiations, puisqu'elles présentent toujours un risque d’adultère, pour la femme et celui qui la recevrait.
Le Maître nous invite à toujours regarder notre propre intériorité. Le péché n'est pas seulement une action extérieure, mais une action intérieure. Il nous fait du tort car il nous éloigne de Dieu et de notre prochain. Par conséquent, être capable de surmonter la tentation intérieure nous prédispose à être des hommes plus libres, car dans notre for intérieur nous avons de la place pour Dieu et pour les autres, nous sommes davantage capables d'aimer.
Jésus nous invite à toujours regarder la racine intérieure de nos péchés. Demandons-lui la grâce d'avoir toujours un cœur prêt à aimer Dieu et notre prochain, libéré des liens du péché.
Évangile (Mt 10, 7-13)
Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
Commentaire
L'Évangile d'aujourd'hui, fête de l'apôtre Barnabé, nous présente de manière résumée certaines des caractéristiques du message que Jésus veut que ses envoyés transmettent.
Ce qu'ils doivent prêcher, et c'est le plus important, c'est que le Royaume des Cieux est tout proche. Cependant, Jésus leur donne ensuite une série d'indications qui montrent clairement que la mission apostolique ne se réduit pas à la transmission d'informations ou de doctrines.
Dans la version de Luc, nous recevons également une orientation utile : "Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
« On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. » (Luc 17,20-21). Le Royaume de Dieu, c'est Jésus lui-même.
C'est pourquoi le Seigneur envoie ses apôtres avec un message qui est destiné à se transformer en vie. La mission n'est pas une campagne publicitaire : elle est l'incarnation du message du Verbe incarné. C'est pourquoi les signes qui accompagnent cette ambassade sont la charité (guérir, ressusciter, soigner, exorciser), la pauvreté (pas besoin d'or, pas même de sandales), un travail honnête qui rapporte un juste salaire, et le désir de paix pour les foyers qu'ils visitent.
En bref : l'apôtre transmet le message de Jésus en vivant comme son Seigneur.
La vie de saint Barnabé est un exemple très attirant de la façon de faire de l'appel du Christ une réalité. La première lecture nous dit que c'était un homme bon, plein de l'Esprit Saint et de foi (Actes 11,24). Ces qualités étaient particulièrement évidentes dans un geste qui a changé l'histoire de l'Église pour toujours : "Arrivé à Jérusalem, Saul cherchait à se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas que lui aussi était un disciple. Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres" (Actes 9, 26).
C'est l'apôtre que nous célébrons aujourd'hui, lui qui a fait découvrir à Paul, le futur apôtre des Gentils, la vie de l'Église. Et il l'a fait parce qu'il était rempli de l'Esprit Saint et de foi. De lui, nous pouvons apprendre que la mission apostolique ne peut être réalisée que si nous sommes remplis de la présence du Paraclet, et son fruit le plus évident sera toujours la charité avec laquelle nous nous occupons de chaque âme, comme le faisait Jésus.
Évangile (Lc 2, 41-51)
Or ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut atteint sa douzième année, ils y montèrent, selon la coutume de cette fête. Lorsqu’ils s’en retournèrent, les jours de la fête étant passés, l’Enfant Jésus resta dans la ville sans que ses parents s’en soient aperçus. Pensant qu’il était dans la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et toux ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ils furent étonnés, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici que ton père et moi, nous te cherchions tout angoissés. » Et il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux choses de mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas la parole qu’il leur disait. Alors il descendit avec eux et vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et sa mère conservait avec soin toutes ces choses dans son cœur.
Commentaire
Aujourd'hui, nous célébrons dans l'Église la fête du Cœur Immaculé de Marie. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont merveilleusement unis dès le moment de l'Incarnation. L'Église nous enseigne que le chemin le plus sûr pour aller à Jésus passe par Marie. Le pape Pie XII a établi cette fête pour toute l'Église le 4 mai 1944. Par l'intercession de Marie, nous obtenons la paix entre les nations, la liberté pour l'Église, la conversion des pécheurs, l'amour de la pureté et la pratique des vertus.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, la Sainte Famille se rend au Temple de Jérusalem. Ils le font par dévotion. La loi de Moïse obligeait les hommes israélites à se présenter devant le Seigneur trois fois par an : lors de la Pâque, à la Pentecôte et à la fête des Tabernacles. Ce devoir ne s'appliquait pas aux femmes ni aux enfants de moins de 13 ans. De plus, à l'époque de Jésus, il était d'usage que seuls ceux qui vivaient à moins d'une journée de voyage effectuent ce pèlerinage, qui, en outre, était généralement limité à la fête de la Pâque. Comme Nazareth se trouvait à plusieurs jours de voyage de Jérusalem, Joseph n'était pas non plus strictement lié par ce précepte. Néanmoins, lui et Marie se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque (Lc 2,41).
Sur le chemin du retour, les hommes et les femmes voyageaient séparément. Les enfants pouvaient aller avec l'un ou l'autre groupe. Marie et Joseph se sont rendu compte que Jésus n'était pas là et, angoissés, ils l'ont cherché parmi leurs parents et leurs connaissances (Lc 2, 44). En hâte, peut-être la nuit même, ils sont retournés à sa recherche à Jérusalem. Le troisième jour de leur recherche, ils le trouvèrent dans le Temple. Ils le trouvèrent assis au milieu des docteurs, les écoutant et leur posant des questions. Et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de sa sagesse et de ses réponses (Lc 2, 46-47).
La Vierge et son Époux furent également stupéfaits en le voyant (Lc 2, 48). Mais leur étonnement n'était pas dû à la sagesse de ses réponses, mais au fait que c'était la première fois qu'une telle chose se produisait : Jésus, le fils le plus obéissant, était resté à Jérusalem sans le leur dire.
« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici que ton père et moi, nous te cherchions tout angoissés. » Et il leur dit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux choses de mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas la parole qu’il leur disait. (Lc 2, 48-50).
Ils ne comprirent pas la réponse qu'il leur donna (Lc 2, 50). Marie et Joseph ne comprennent pas. Jésus veut révéler les aspects mystérieux de son intimité avec le Père. Marie en a le pressentiment, mais sans savoir faire le lien avec l'épreuve qu'elle traverse. La réponse de Marie est admirable. Au fond de son âme, elle gardait soigneusement toutes ces choses dans son cœur (Lc 2, 51).
En recevant cette réponse, sans la comprendre, Marie et Joseph ont accepté les plans de Dieu en toute humilité et docilité. C'est une leçon pour tous les chrétiens, qui nous invite à accepter avec amour les manifestations de la Providence divine, même si parfois nous ne les comprenons pas. Le cœur de Marie est totalement uni au cœur de Jésus. Elle ne comprend pas, mais elle fait confiance car elle sait que les plans de Dieu sont plus grands que les plans des hommes. Demandons à Marie d'avoir un cœur comme le sien, toujours prêt à accueillir la volonté de Dieu.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !