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Commentaire du mercredi de la 2ème semaine de l'Avent

Évangile (Mt 11,28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole :

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger".


Commentaire

L'évangile de la messe d'aujourd'hui nous rappelle certaines paroles réconfortantes de Jésus : son invitation à s'approcher de lui pour recevoir aide et réconfort en chemin. Jésus nous invite à aller vers lui mais, en réalité, il est déjà à nos côtés, et l'approcher est aussi facile que de le confesser avec notre cœur et avec notre bouche.

Sans lui, nous ne pouvons pas marcher. Sans lui, nous ne pouvons pas vivre. Les martyrs du IVe siècle qui ont dit un jour Sine Dominico non possumus ("Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer le jour du Seigneur") ont merveilleusement exprimé cette idée et ont témoigné de sa vérité en versant leur sang.

Il est curieux que Jésus nous offre un réconfort et, en même temps, nous demande de porter son joug. Les paroles du Seigneur sont toujours un défi : à la fois de compréhension et d'acceptation.

Cependant, si nous l'avions accompagné et vu prêcher, guérir, pleurer, se fatiguer et se reposer, ses paroles ne nous étonneraient pas autant. Nous l'aurions entendu dire que son Père ne cesse pas de travailler et que lui aussi travaille (Jn 5,17), et nous l'aurions vu heureux malgré l'effort, la fatigue et, même, le reniement.

Et cet exemple est ce que nous révèle ce qu'est l'amour. Car l'amour est un fardeau, mais c'est un fardeau qui est doux. Le véritable amour, c'est "se soumettre" à l'être aimé, se donner à l'être aimé, devenir fragile pour lui. L'amour, c'est s’oublier soi-même et vivre pour l'autre. Mais cela est particulièrement coûteux dans un monde où le péché est entré. Et c'est ce joug qu'il nous invite à prendre.

Jésus nous invite à partager son cœur. Le chemin de l'amour n'est fait que pour ceux qui sont doux et humbles de cœur. Parce que l'amour, c'est la douceur et la miséricorde. Parce que l'amour est nécessairement humble. Il n'est pas possible que l'amour prenne racine dans un cœur qui ne se maîtrise pas. Et nous n'avons la maîtrise de nous-mêmes que si c'est le Christ qui règne en nous.

Il n'est pas possible que l'amour existe là où il n'y a pas de compréhension, de pardon et de compassion. Celui qui n'est pas humble, qui cesse de donner quand il ne reçoit pas en retour, qui donne parce qu'il cherche quelque chose en retour, celui-là n'a pas le véritable amour.

Examen de conscience

1. Que nous le voulions ou non, la vie nous apporte chaque jour son lot de fatigue, de contretemps, de difficultés. Si nous nous sentons abattus, sans énergie, pensons-nous à l’invitation que notre Seigneur continue de nous adresser, à tout moment, de « venir à Lui » ?

2. Saint Josémaria affirmait que notre esprit contemplatif ne devrait être ni impersonnel ni intemporel. C’est nous qui, ici et maintenant, entrons en contact avec le Seigneur. Avons-nous le réflexe, où que nous soyons et quelles que soient les circonstances, de nous adresser à lui en lui ouvrant tout grand notre cœur ?

3. Notre effort pour être fidèles aux enseignements du Christ traduit-il notre conviction que, selon ses propres paroles, nous estimons son joug facile et son fardeau léger ?





Commentaire du vendredi de la 3ème semaine de l'Avent
« Les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé ». Allons vers le Seigneur dans le tabernacle pour chercher la lumière et la force pour notre vie intérieure.

Évangile (Jn 5, 33-36)

En ce temps-là, Jésus dit aux Juifs :

« Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé.


Commentaire

Les paroles de l’Évangile de ce jour sont encadrées par un long discours dans lequel Jésus explique qui il est et quelle est sa mission : le Christ révèle le Père et reçoit de lui son autorité.

Jésus nous enseigne qu’il a un témoignage plus grand que celui de Jean. Loin de dénigrer Jean, il le loue au contraire, lorsqu’il dit « Il était le flambeau qui brûlait et donnait la lumière ». Il loue Jean pour avoir été la lumière qui a fait connaître Jésus à de nombreuses personnes, grâce à son admirable dévouement. Le pape François l’a expliqué en ces termes : « La vie n’a de valeur que lorsqu’elle est donnée, lorsqu’elle est donnée dans l’amour, dans la vérité, lorsqu’elle est donnée aux autres, dans la vie quotidienne, dans la famille. Donnez-le toujours » [Pape François, Homélie, 8 février 2019].

Certains Juifs se sont opposés au témoignage de Jésus, en particulier au fait que ce soit lui qui se porte garant en tant que témoin, car pour les Juifs, le témoignage d’une personne pour sa propre cause n’est pas suffisant. Voilà pourquoi il montre que son témoignage est appuyé par Jean le Baptiste et aussi par ses propres œuvres et miracles.

La racine d’où émane cette lumière est Jésus-Christ lui-même. Il nous révèle qu’il a été envoyé par le Père, et même que le Père et lui sont un et le même (Jn 10, 30). Jésus nous montre sa divinité, selon les mots de saint Josémaria : « Le Fils de Dieu s’est fait chair et il est perfectus Deus, perfectus homo, Dieu parfait et homme parfait. Il y a dans ce mystère quelque chose qui devrait émouvoir les chrétiens […] Il n’y a qu’une seule race sur la terre : la race des enfants de Dieu. Nous devons tous parler la même langue, celle que nous apprend notre Père qui est aux cieux » [Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 13]

Jésus est envoyé par le Père pour le salut du monde. Allons vers le Seigneur dans le tabernacle pour chercher la lumière et la force pour notre vie intérieure.





Commentaire de l’Évangile du 4 janvier
"Nous avons trouvé le Messie (qui signifie Christ)". Suivre le Seigneur n'est pas un devoir ou une imposition. C'est la conséquence logique d'un cœur qui se sent aimé et qui a besoin de partager et de transmettre cet amour aux autres.

Évangile (Jn 1,35-42)

Le lendemain, Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples. Regardant Jésus qui passait, il dit : " Voici l'Agneau de Dieu ! " Les deux disciples l'entendirent parler, et suivirent Jésus. Jésus, s'étant retourné, et voyant qu'ils le suivaient, leur dit : " Que cherchez-vous ? " Ils lui répondirent : " Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu ? " Il leur dit : " Venez et vous verrez. " Ils allèrent donc, et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.

Or, André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu la parole de Jean, et qui avaient suivi Jésus. Rencontrant d'abord son frère Simon, il lui dit : " Nous avons trouvé le Messie ! " (ce qui signifie Christ). Et il l'amena à Jésus. L'ayant regardé, Jésus dit : " Tu es Simon, le fils de Jean : tu seras appelé Céphas ! " (ce qui signifie Pierre).


Commentaire

L'Évangile que l'Église nous invite à considérer aujourd'hui raconte la vocation des premiers disciples, dont celle de Jean lui-même. L'appel de Dieu à le suivre est un moment de grâce particulière, qui inonde le cœur de l'apôtre. En effet, bien que le texte ait été écrit à la fin de sa vie, saint Jean rapporte le moment exact où cette rencontre avec Jésus a eu lieu.

Commentant cette scène, saint Josémaria note que Jean " raconte cette première conversation avec le charme de la chose jamais oubliée. 'Rabbi -ce mot signifie Maître- , où demeures-tu ?' 'Venez et voyez' leur dit-il. Ils allèrent donc et virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce jour-là ". (Saint Josémaria Escriva, Quand le Christ passe, n° 108.)

Cet épisode nous montre encore une fois comment l'appel à suivre le Seigneur va de pair avec la mission de faire connaître celui qu'ils ont vu et connu. Ce n'est pas un devoir ou une imposition ; c'est la conséquence logique d'un cœur qui se sent aimé et qui a besoin de le partager et de le transmettre aux autres.





Commentaire de l’Évangile du 5 janvier
"En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme". Les chrétiens sont appelés à aimer Dieu par-dessus toutes choses et, par conséquent, à montrer aux autres la beauté de ce don qui nous comble.

Évangile (Jn 1, 43-51)

Le jour suivant, Jésus résolut d'aller en Galilée. Et il rencontra Philippe, et lui dit : "Suis-moi ! " Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : "Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les Prophètes : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. " Nathanaël lui répondit : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? " Philippe lui dit : " Viens et vois ! " Jésus vit venir vers lui Nathanaël, et dit à son sujet : " Voici vraiment un Israélite, en qui il n'y a nul artifice ! " Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ? " Jésus répondit en lui déclarant : " Avant que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. " Nathanaël lui répondit : " Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu, c'est toi le roi d'Israël ! " Jésus lui répondit : "Parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier tu crois. Tu verras de plus grandes choses que celles-là ! " Et il ajouta: " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant au-dessus du Fils de l'homme."


Commentaire

L'Évangile que l'Église nous invite à considérer aujourd'hui est la suite de celui proposé pour hier. Le Seigneur continue d'appeler ses apôtres et aujourd'hui c'est le tour de Philippe et de Nathanaël, qui sera connu plus tard sous le nom de Barthélemy.

Comme André, qui est allé immédiatement raconter à son frère Pierre sa rencontre avec Jésus, aujourd'hui c'est Philippe qui, après avoir été aimé et appelé par le Maître, court prévenir son ami Nathanaël. L'Écriture Sainte est pleine d'exemples de personnes qui ont agi comme médiateurs pour la rencontre des autres avec le Seigneur.

Dans la société actuelle, ces exemples de médiateurs entre Dieu et les hommes peuvent nous aider à avoir entièrement confiance dans le pouvoir salvateur de Dieu sur le monde et sur chacun d'entre nous.

Les chrétiens sont appelés à aimer Dieu par-dessus toutes choses et, par conséquent, à montrer la beauté de ce don qui nous envahit et nous comble. Mais nous ne pouvons pas oublier que seul le Seigneur peut émouvoir les cœurs et qu'il le fait comme il veut et quand il veut, en comptant toujours sur la liberté de chacun de nous.

Avec Nathanaël, "un vrai Israélite en qui il n'y a nul artifice " (v. 47), le Seigneur y parvient grâce à un commentaire mystérieux qui touche les profondeurs de son être. Nous ne savons pas ce qui s'est passé sous le figuier - Philippe ne devait probablement pas le savoir non plus - mais Nathanaël le sait. Le Seigneur nous connaît mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes et Lui, le Seigneur du temps, sait quand et comment toucher le cœur de chaque personne.





Commentaire de l’Évangile du 6 janvier
Le baptême du Seigneur par Jean Baptiste nous annonce la grâce de notre propre baptême. Nous avons été baptisés dans l’Esprit Saint : nous sommes devenus capables de vivre en enfants de Dieu, les pieds dans le monde certes, mais notre tête et notre cœur déjà sur le chemin du Ciel.

Évangile (Mc 1, 7-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »


Commentaire

Le jour de notre baptême, la grâce intérieure qui a empli notre âme ne s’est bien sûr pas manifestée extérieurement : pas de lumière céleste, pas de voix, pas de colombe, pas de présence visible de notre Ange gardien. Pas non plus de rois mages venus nous visiter !

Mais il n’empêche que la grâce reçue ce jour-là est à l’origine de la plus belle des réalités que tant de gens ne perçoivent malheureusement pas. Comme le dit le chant d’action de grâces si souvent chanté : « Tu es devenu enfant de Dieu et frère de Jésus. Alléluia ! Aujourd’hui l’Esprit repose en toi et chante alléluia ! »

Car nous avons été baptisés dans l’Esprit Saint : nous sommes devenus capables de vivre en enfants de Dieu, les pieds dans le monde certes, mais notre tête et notre cœur déjà sur le chemin du Ciel.

Aujourd’hui est un bon jour pour prendre à nouveau conscience de cette merveilleuse réalité de notre filiation divine, en particulier pour tous ces moments, malheureusement très fréquents, où nous pourrions avoir l’impression que rien ne va. Notre société est si facilement anxiogène : le climat par ci, l’inflation par-là, un virus par ici, un microbe par-là, et j’en passe.

Mieux vaudrait méditer ce point de Chemin : « Les enfants n’ont rien à eux ; tout est à leurs parents… Et ton Père sait toujours très bien comment administrer son patrimoine. » (Chemin, 867)

Unis à Marie et Joseph, qui recevront dans deux jours la visite des Mages, faisons aujourd’hui un bel acte d’abandon que nous déposons dans leurs mains, au pied de la crèche.

Et à tous ceux qui, tout au long de ce mois de janvier, vont nous présenter leurs vœux en les accompagnant de cette phrase prononcée en mode automatique : « Bonne année, bonne santé, surtout bonne santé, parce que c’est ce qu’il y a de plus important ! », sachons leur préciser, le sourire aux lèvres et avec un brin de malice : « Vous voulez parler de la santé spirituelle, bien sûr ! » Et nous aurons l’occasion de les « brancher » sur la seule réalité qui nous attend tous : la vie éternelle.





Commentaire de l’Évangile du 7 janvier
"Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant". Pour ceux qui ont confiance dans la puissance de Jésus et dans l'intercession de la Vierge Marie, le meilleur vin les attend, le vin de l'amour de Dieu et du salut éternel.

Évangile (Jean 2,1-12)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.


Commentaire

Au début de sa vie publique, Jésus se rend avec ses disciples à une célébration de mariage pour bénir et sanctifier par sa présence la fête de l'amour humain. " Et qu'y a-t-il de si étrange dans le fait que Celui qui est venu dans le monde pour célébrer ses propres noces se soit rendu dans cette maison où l'on célébrait les noces ? "[Saint Augustin, in Ioannem, Tract. 8]. Ce jeune couple de fiancés est devenu un modèle pour tous ceux qui veulent former un projet de vie, car ils y ont associé Dieu. Même si le grand protagoniste de la scène sera Marie, la mère de Jésus, car le narrateur n'hésite pas à la mentionner avant son Fils.

Dans l'ancien Orient, une célébration de mariage pouvait durer plusieurs jours. Surtout si les invités ont fait un long voyage à pied depuis des lieux éloignés. Ce fait atténue quelque peu la négligence des mariés et des responsables, qui n'ont peut-être pas remarqué, au fil des jours de fête, que le vin manquait... Quel désastre ! "Comment est-il possible de célébrer les noces et de faire la fête s’il manque ce que les prophètes indiquaient comme étant un élément typique du banquet messianique(cf. Am 9, 13-14 ; Jo 2, 24; Is 25, 6) ? "[Pape François, Catéchèse 8 juin 2016]. Ce détail quotidien mais important pour tous ne passe pas inaperçu à l'intuition féminine et pratique de Marie, habituée à concentrer son attention et son intérêt sur les autres. Lorsqu'elle découvre le problème, elle pense immédiatement à son fils pour le résoudre. Avec diligence et foi, elle rassemble les serviteurs et ose faire appel en public au pouvoir divin de Jésus : "Ils n'ont pas de vin". -Marie, modèle de prière. "Vois comme elle prie son Fils, à Cana ; et comme elle insiste, sans se décourager, avec persévérance. — Et comme elle réussit.

— Prends exemple sur elle"[Saint Josémaria, Chemin, 502].

La requête de Marie dépasse également la scène de Cana et fait vibrer dans le cœur de son Fils la promesse de salut annoncée par Dieu dans la Genèse. C'est pourquoi Jésus l'appelle avec une solennité biblique "Femme", et exprime un reproche apparent parce que son heure n'est pas venue. Un reproche que Marie semble ignorer : " Sa mère dit à ses serviteurs : "Faites tout ce qu'il vous dira". Ce sont les dernières paroles de Marie rapportées dans les évangiles. Ils sont comme les héritiers d'une mère pour tous les peuples.

Non seulement Jésus cède à la demande de sa Mère, mais il accepte aussi la coopération des serviteurs que Marie lui présente. Lui qui multiplie habituellement le vin par l'eau filtrée par les vignes dans les champs, accélère maintenant le processus par l'eau versée par le travail des hommes. Lorsque nous sommes généreux et que nous mettons les moyens à notre disposition : "remplissez d'eau les jarres et ils les remplissent jusqu'au bord", Dieu bénit par son action sanctifiante et transforme la tâche humaine en une œuvre divine, en un signe de son amour au profit de tous. "Et les choses les plus ordinaires deviennent extraordinaires, surnaturelles, lorsque nous avons la bonne volonté de nous occuper de ce que Dieu nous demande" [Saint Josémaria, Lettre du 14 septembre 1951, n° 23].

Nous pouvons noter deux autres détails. Le récit indique qu'il y avait là six jarres, dont la capacité correspondrait à un total de près de 600 litres. L'eau de la purification des Juifs est transformée par Dieu en un vin excellent et très abondant, car "la fête de Dieu avec l’humanité a commencé" [Benoît XVI, Jésus de Nazareth. Du Baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, La Sphère des livres, Madrid 2007, 298]. La grande quantité de vin symbolise l'immense amour de Dieu pour les hommes et préfigure le sang de l'Agneau qui s'immolera jusqu'au bout pour attirer tous les hommes à lui. Il symbolise également le dévouement du chrétien envers les autres à travers le nouveau commandement de l'amour, dont la mesure est sans commune mesure. Marie avance l'heure de Jésus : celle du mystère pascal de sa mort et de sa résurrection, pressentie dans la mention du moment au début du récit : " le troisième jour ".

Enfin, Jésus dit : " portez-en au maître du repas". Le texte grec l'appelle architriclinio, ce qui signifie littéralement "le chef du triple siège". Il était l'invité qui s'asseyait le premier pour louer la prospérité des célébrants, goûtant comme un expert les produits de leur festin. Sa louange publique fera comprendre au lecteur, qui connaît l'origine du vin, la prospérité qui attend ceux qui comptent sur Dieu dans leur vie comme les mariés de Cana, ceux qui ont confiance en sa puissance comme Marie, et ceux qui aiment le service caché et efficace comme les serviteurs.





Commentaire de l'Évangile du 4ème dimanche du temps ordinaire (cycle A)
"Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés". Unis au Christ, nous aurons la force de transformer la souffrance en amour rédempteur.

Évangile (Mt 5, 1-12)

Jésus, voyant les foules, monta sur la montagne, et lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les enseigner, en disant :

"Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux, car ils hériteront de la terre !

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

Heureux les purs de cœur, car ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux les persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux êtes-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux : c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous."


Commentaire

L'Évangile de ce dimanche reprend l'un des passages les plus surprenants, les plus centraux de la prédication de Jésus : les béatitudes, un enseignement "paradoxal" sur le vrai bonheur que tous les hommes recherchent. Saint Josémaria les définit comme " un poème de l'amour divin " [Saint Josémaria, Notes d'une méditation, 25 décembre 1972, (AGP, P09, p. 186), cité dans E. Burkhart et J. López, Vie quotidienne et sainteté. 3 : En la enseñanza de San Josemaría, Rialp, Madrid 2013. 125.]. En effet, comme l'explique le Pape François, " les béatitudes sont le portrait de Jésus, sa manière de vivre ; et elles sont le chemin du vrai bonheur, que nous pouvons suivre nous aussi avec la grâce que Jésus nous donne " [Pape François, audience du 6 août 2014]. Matthieu nous montre le Maître sur la montagne, prêchant avec autorité et majesté. Mélangés dans la foule, nous pouvons aujourd'hui écouter ses paroles qui nous sont adressées.

"Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés". Lorsque le chrétien cherche à imiter le Maître, il "fait l'expérience de la relation intime entre la Croix et la Résurrection" [Benoît XVI, Jésus de Nazareth, 100], comme l'a expliqué Benoît XVI. Unis au Christ, nous acquérons la force de transformer la souffrance en amour rédempteur. Nous avons alors la même joie que le Seigneur a connue dans sa Passion, parce qu'avec elle, le don de l'Esprit Saint nous est parvenu et nous a ouvert les portes du Ciel. Avec cette espérance et cette consolation, le chrétien est une consolation pour les autres ; "il peut oser partager la souffrance des autres et ne plus fuir les situations douloureuses", nous dit le pape François [Pape François, Gaudete et exultate, 76].

"Heureux les pauvres en esprit". La pauvreté n'est pas facultative dans la vie d'un chrétien : sans elle, nous ne sommes ni un disciple ni un bienheureux. Nous devons tous la vivre comme le Maître. Et pour incarner la pauvreté au milieu du monde, saint Josémaria recommandait : " Je te conseille d'être parcimonieux vis-à-vis de toi-même et très généreux envers les autres; évite les dépenses superflues, par luxe, caprice, vanité, commodité...; ne te crée pas de besoins. " [Saint Josémaria, Amis de Dieu, 123]. Face à un climat général de consommation, il est nécessaire de revoir fréquemment si nous sommes détachés des choses que nous utilisons ; si nous nous contentons de peu, pour pouvoir suivre Jésus de près et commencer à posséder "le Royaume de Dieu". Si nous cherchons à vivre pauvrement, nous saurons aussi nous préoccuper généreusement des autres et surtout des pauvres et des nécessiteux, que nous ne regarderons jamais avec indifférence.

"Heureux ceux qui ont faim et soif de justice". Dans l'opulence des riches et de ceux qui ont tout, il n'y a pas de place pour Dieu et les autres. En revanche, ceux qui vivent avec sobriété et tempérance sont en voie d'être "rassasiés" par Dieu. Il s'agit de profiter des biens terrestres avec gratitude, mais d'une manière qui nous amène à désirer les biens spirituels. Cette béatitude nous invite également à travailler confiants dans la providence : tant que nous cherchons à gagner notre vie, nous restons sereins face aux éventuelles épreuves, car Dieu n'abandonne jamais ses enfants.

Enfin, "Heureux êtes-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi." Notre cohérence de chrétiens ordinaires peut choquer ou gêner les autres. Mais nous devons avoir le courage de refléter le visage aimable de Jésus, que tout le monde recherche, par notre conduite intègre. En cela, nous pouvons suivre le conseil de saint Pierre aux premiers chrétiens : "Si pourtant vous avez à souffrir pour la justice, heureux êtes-vous ! "Ne les craignez point et ne vous laissez point troubler; mais sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur", le Christ. Et soyez toujours prêts à répondre, mais avec douceur et respect, à quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous. Ayez une bonne conscience, afin que, sur le point même où l'on vous calomnie, vous couvriez de confusion ceux qui diffament votre bonne conduite dans le Christ." (1 Pierre 3, 14-18). En bref, et contrairement à ce que l'on pourrait croire, notre bonheur ne réside pas dans la possession illimitée de biens. Il ne s'agit pas non plus d'avoir l'approbation des autres à tout prix. Le bonheur réside plutôt dans l'identification au Christ.





Commentaire de l'Évangile du mardi de la 7ème semaine du temps ordinaire
“Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous.” Il est difficile de suivre le Christ, et seul celui qui se fera petit comme Lui fera de grandes choses.

Évangile (Mc 9, 30-37)

Étant partis de là, ils cheminèrent à travers la Galilée, et Jésus ne voulait pas qu’on le sût. Car il enseignait ses disciples et leur disait : “Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et trois jours après sa mort, il ressuscitera.” Mais ils ne comprenaient point cette parole, et ils craignaient de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda : “De quoi parliez§vous en chemin ¿” Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils s’étaient disputés pour savoir qui était le plus grand. Alors il s’assit, appela les Douze et leur dit : “Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous.” Puis, prenant un petit enfant, il le mit au milieu d’eux, et, après l’avoir serré dans ses bras, il leur dit : “Quiconque reçoit en mon nom l’un de ces petits enfants, c’est moi qu’il reçoit. Et quiconque me reçoit, ce n’est pas moi qu’il reçoit, mais Celui qui m’a envoyé.”


Commentaire

Les paroles du Seigneur sont claires, mais l'évangéliste note qu'"ils ne comprenaient point cette parole, et ils craignaient de l’interroger". Comme la logique de Dieu est différente de la nôtre. En effet, la logique de Dieu compte sur la souffrance pour aller vers la gloire, alors que la logique humaine refuse d'accepter ce qui n'est pas désiré ou qui répugne à ses propres goûts !

Alors que Jésus se dirige résolument vers la Croix, aucun d'entre eux n'a pitié de la souffrance qui attend le Maître, ni ne se prépare à le soutenir. En revanche, ils intriguent entre eux, cherchant égoïstement leur propre intérêt. Quelle maladresse ! Ils auraient bien mérité le rejet de Jésus, mais ce n'est pas ce que Jésus a fait. Malgré leurs limites personnelles évidentes, Jésus ne leur a pas retiré sa confiance. " Quelle déception pour le Christ ! Et malgré tout, observe Mgr Ocáriz, Il leur a confié l'Église, comme Il nous la confie maintenant à nous, qui tombons aussi dans les disputes et les divisions" [Fernando Ocáriz, À la lumière de l'Évangile, Unité et division]

"Que nous dit tout cela ? - se demandait Benoît XVI - Cela nous rappelle que la logique de Dieu est toujours « autre » par rapport à la nôtre, comme Dieu lui-même l’a révélé par la bouche du prophète Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins » (Is 55, 8). C’est la raison pour laquelle, suivre le Seigneur demande toujours à l’homme une profonde conversion — de nous tous —, un changement dans sa manière de penser et de vivre, lui demande d’ouvrir son cœur à l’écoute pour se laisser éclairer et transformer intérieurement." [Benoît XVI, Angelus, 23 septembre 2012]

Jésus est patient avec les défauts de ces hommes et leur explique sa logique, celle de l'amour qui devient service jusqu'au don total de soi : “Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous.” (v. 35) " Cette façon d'agir de Jésus ne vous enivre-t-elle pas d'amour ? Il leur apprend la doctrine et, pour qu'ils la comprennent, il leur donne un exemple vivant. Il appelle un enfant, un de ceux qui devaient être en train de courir dans cette maison, et il le serre contre son Cœur. Quel silence éloquent que celui de Notre Seigneur ! Il a déjà tout dit: il aime ceux qui se font comme des enfants, il ajoute ensuite que le résultat de cette simplicité, de cette humilité d'esprit consiste à pouvoir l'embrasser, lui et le Père qui est aux Cieux. " [Saint Josemaría, Amis de Dieu, n°102]

Dieu, qui est vraiment grand, n'a pas peur de s'abaisser et de se faire comme le dernier. Jésus s'identifie à l'enfant. Lui-même s'est fait petit. Par contre, nous, qui sommes petits, nous pensons être grands et aspirons à être les premiers parce que nous sommes orgueilleux. Suivre le Christ est difficile, mais seuls ceux qui se font petits comme lui feront de grandes choses.









Commentaire de l'Évangile du dimanche des Rameaux (cycle A)
Lorsqu'il entra dans Jérusalem, toute la ville fut émue, et l'on se disait les uns aux autres : " « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : «C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée.»", disaient les foules. Jésus est roi, et c'est ainsi qu'il entre à Jérusalem, mais sans violence, sans proclamer une insurrection contre les armées romaines. Son autorité découle de la simplicité, de la paix de Dieu, seule source de puissance salvatrice.

Évangile (Mt 21, 1-11)

Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin”. Et aussitôt on les laissera partir. » Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : «C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée.»


Commentaire

Cet événement est l’accomplissement de la prophétie de Zacharie: “Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse.” (Za 9,9). Un roi de paix revêtu de simplicité.

Ce merveilleux passage de l’Évangile parle délicatement de l’humilité de Jésus, vertu inséparable de la reconnaissance ouverte de la vérité.

Il n’arrive pas monté sur un beau cheval racé, mais sur un ânon modeste et paisible. Cela dit, il est roi ! Et sa royauté s’étend jusqu'aux confins de la terre (cf. Za 9,10). Ce que les paroles du prophète laissent mystérieusement percer, s’accomplit pleinement en Jésus. Jésus est roi, et c’est à ce titre qu’il entre dans Jérusalem. Or il écarte toute violence, il ne proclame pas une insurrection contre l’armée romaine.

Son autorité est issue de sa simplicité, de la paix de Dieu, seule source de la puissance salvatrice. Dans une homélie, saint Josémaria commente ainsi ce passage : “Lorsque le moment de sa Passion approche et que Jésus veut montrer sa royauté de façon imagée, il entre triomphalement à Jérusalem, monté sur un âne ![01]

Le bienheureux Alvaro del Portillo rappelait que “saint Josémaria leur avait très souvent parlé de ce pauvre baudet, instrument du triomphe de Jésus, où il retrouvait le portrait de tous les chrétiens qui, avec leur travail professionnel bien fait, réalisé face à Dieu, tâchent de rendre présent le Christ parmi leurs collègues et leurs amis, en le portant, en leur vie et leurs œuvres, par villes et villages afin que Dieu seul soit glorifié ”[02]. En plongeant toujours dans ses souvenirs, il notait aussi que “afin que le petit âne puisse porter le Seigneur (…) il fallait qu’une âme d’apôtre le détache de sa mangeoire. Allons-nous aussi de la sorte vers les âmes qui nous entourent et qui attendent qu’une main d’apôtre (…) les détache de la mangeoire des affaires mondaines pour qu’elles deviennent le trône du Seigneur ” [03].

Un peu plus loin, le bienheureux Alvaro note que “l’Évangile, qui ne dit pas le nom des deux disciples que Jésus avait envoyé détacher l’âne, précise en revanche qu’ils exécutèrent au pied de la lettre les ordres du Seigneur (…). La docilité qui fit que ces hommes s’en tiennent exactement à ce qui leur avait été demandé, fut la condition préalable à l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, prélude aussi de son triomphe définitif sur le péché qu’il allait obtenir quelques jours après sur l’autel de la Croix” [04].

“Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ”(v. 8) que devait fouler Jésus en faisait le geste d’intronisation propre à la dynastie davidique (cf. 2 R 9,13). Ils lui souhaitaient aussi la bienvenue avec des rameaux tout en l’acclamant avec les paroles du psaume 118 qui le proclamaient Messie: “Bénit soit celui qui vient au Nom du Seigneur” (Ps 118,26), auxquelles ils ajoutaient le cri d’“Hosanna” qui veut dire “sauvez-nous ! aidez-nous !”. Leur acclamation est le retentissement d’une louange exaltante et d’une explosion d’espérance en la rapide instauration du règne de David, et, de ce fait, en la rédemption d’Israël vivement souhaitée.

Le Catéchisme de l’Église Catholique résume ainsi ce que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile: “Au temps fixé, Jésus décide de monter à Jérusalem pour souffrir sa passion, mourir et ressusciter. Comme Roi-Messie qui manifeste la venue du Royaume, il entre dans sa ville sur le dos d’un petit âne. Il est accueilli par des enfants, dont l’acclamation est reprise dans le Sanctus de la Messe : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna » (sauve-nous) (Mt 21,9). La liturgie de l’Église commence la Semaine sainte par la célébration de cette entrée à Jérusalem.”[05]


[01] Saint Josemaria, Amis de Dieu, n. 103

[02] Bienheureux Alvaro del Portillo, Lettre du 1er avril 1992.

[03] Saint Josémaria: Notes prises lors d’une conversation, 30-III-1947 (AGP, bibliothèque, P01, IX-1982, p. 56) cité dans en Ibidem.

[04] Bienheureux Alvaro del Portillo, Lettre du 1er avril 1992.

[05] Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique, n. 111.





Commentaire de l'Évangile de la fête de saint Marc l'évangéliste
« Allez dans le monde entier, et proclamez l'Évangile à toute créature. » Les gens ont besoin de nous. Ils ont besoin de notre joie pour qu'à travers elle, ils puissent découvrir Jésus dans leur vie.

Évangile (Mc 16, 15-20)

Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier, et proclamez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé. Celui qui ne croira pas, sera condamné ». Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils prendront des serpents dans leurs mains ; et s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains aux infirmes, et ceux-ci se porteront bien. Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel, et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer en tous lieux. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmai leur parole par les signes qui l’accompagnaient. »


Commentaire

L'Église fête aujourd'hui saint Marc, l'un des quatre évangélistes, très proche de l'apôtre Pierre. L'Évangile de Marc est le premier à avoir été écrit. Dans un style simple et très accessible, il raconte la vie du Seigneur. Selon la tradition, saint Marc a fondé et a été le premier évêque de l'Église d'Alexandrie. Il y a laissé une trace indélébile de son amour pour le Christ.

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus se lève, rassemble les disciples autour de lui et leur donne un dernier ordre : "Allez dans le monde entier et prêchez l'Évangile à toute créature". Il les regarde et, se levant, il leur dit adieu et les bénit.

L'ordre de prêcher l'Évangile est considéré par les disciples comme un grand don de Dieu. Un don qu'ils veulent transmettre à d'autres. "La foi vous conduit toujours à sortir de vous-même. Sortir. La transmission de la foi ; la foi doit être transmise, elle doit être offerte, surtout par le témoignage : " Allez, faites voir comment vous vivez " (cf. v. 15) » (Pape François. Homélie 25-IV-2020).

Les disciples, remplis de joie, retournent dans la ville sainte et, de là, commencent à prêcher la bonne nouvelle dans le monde entier. Jésus-Christ est leur ami proche, car ils savent qu'il est avec eux, qu'il est fidèle à ses promesses. Ils ont appris à lui faire confiance. Ils ne se fient pas à eux-mêmes, à leurs forces ou à leurs capacités.

L'Ascension du Seigneur n'est pas un "au revoir", un "à plus tard", mais, paradoxalement, un "je reste". Ils font confiance à la promesse de Jésus-Christ : "Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28,20). Ils ne doutent pas de sa présence en eux et, de façon éminente, dans l'Eucharistie.

C'est une joie qui se traduit par un élan pour diffuser cet Amour jusqu’aux extrémités du monde. Les disciples du Seigneur étaient des hommes et des femmes à qui Dieu confiait tous les hommes. Et cette tâche les remplit d'une joie encore plus grande. Ils reflétaient sur leur visage la gloire du Seigneur : l'éclat de son visage dans l'amour.

Saint Marc ne transmet pas seulement cette foi, il en fait sa propre vie, c'est par son exemple et sa vie qu'elle se transmet comme un feu.

"La foi, c'est faire voir la révélation, pour que l'Esprit Saint puisse agir dans les hommes par le témoignage : comme témoin, par le service. Le service est un mode de vie : si je dis que je suis chrétien et que je vis comme un païen, ça ne sert à rien ! Cela ne convainc personne. Si je dis que je suis chrétien et que je vis comme un chrétien, cela attire. C'est le témoignage " (Ibid.).

Il nous a aussi choisis et confiés à tous les hommes : à nos pères, à nos frères, à nos parents, à nos amis, à nos compagnons de travail, à l'humanité entière.

L'apostolat est une conséquence logique de la joie d'être avec Jésus. Comme l'enseigne saint Josémaria, " l'apostolat, c’est l'amour de Dieu qui déborde, en se donnant aux autres. La vie intérieure suppose une union croissante avec le Christ, par le Pain et la Parole. Et le désir d’apostolat est la manifestation exacte, appropriée et nécessaire, de la vie intérieure. Quand on savoure l'amour de Dieu, on sent le poids des âmes " (Saint Josémaria, “L’Ascension du Seigneur au Ciel”, Quand le Christ passe, n°122a.).

Les gens ont besoin de nous. Ils ont besoin de notre joie pour qu'à travers elle, ils puissent découvrir Jésus dans leur vie. Dans notre travail quotidien, dans notre regard clair, dans nos conversations pleines de compréhension, dans nos efforts pour servir, pour comprendre, pour encourager et pour pardonner, Jésus-Christ ressuscité est présent et remplit tout de sa joie. Ce monde, qui n'est pas si différent de celui des hommes et des femmes qui ont accompagné le Seigneur, a besoin de chrétiens qui portent sur leur visage l'éclat d'un Dieu d'amour.





Commentaire de l'Évangile du samedi de la 4ème semaine de Pâques
«Personne ne va vers le Père sans passer par moi». Demandons à la Vierge Marie de nous aider à ouvrir notre cœur, à désirer la maison de notre Père, à nous émerveiller et à nous réjouir du don d’être vraiment enfants de Dieu.

Évangile (Jn 14, 7-14)

Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : «Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.» Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai.


Commentaire

La déclaration de notre Seigneur — « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » — pourrait également être rédigée en termes positifs :

« Tout le monde peut venir au Père s’il passe par moi ». Le but ultime est donc le retour à la maison du Père. C’est Dieu qui nous a créés et c’est à lui que nous devons retourner, si nous sommes fidèles. C’est sans doute pour cette raison que Jésus donne ces indications : il est le Chemin, l’unique Chemin, qui conduit au Père. Dans sa vie de piété, saint Josémaria s’est toujours efforcé de suivre cet itinéraire ; il l’a également recommandé à tous ceux qui lui demandaient de les guider dans leur vie spirituelle. En effet, Jésus nous dit qu’il est le « Chemin » et que, si nous avons recours à lui et que nous nous adressons à lui, il nous conduira au Père. À Dieu le Père, soulignant ainsi la paternité divine et, en même temps, notre filiation. Il nous a toujours conseillé de chercher en tout et pour tout le fondement solide de la filiation divine. Non seulement à certains moments de la vie, par exemple lorsque surviennent des contrariétés et des difficultés, mais aussi dans notre vie quotidienne.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui également, Jésus nous révèle que connaître le Christ, c’est connaître le Père : « Quiconque m’a vu a vu le Père ». Toute la vie du Christ consiste à nous révéler le Père et à nous montrer le grand amour de Dieu pour nous, afin que nous soyons enfants de Dieu. Comme le dit saint Josémaria, « Dieu nous attend, comme le père de la parabole, les bras tendus, même si nous ne le méritons pas. Notre dette n’a pas d’importance. Comme dans le cas du fils prodigue, il nous suffit d’ouvrir notre cœur, de désirer la maison de notre Père, de nous émerveiller et de nous réjouir du don de Dieu de pouvoir nous appeler et d’être, malgré tant de manque de correspondance de notre part, vraiment ses enfants » (Quand le Christ passe, n° 64).

Et parce que nous sommes ses enfants, Dieu veut nous aider. Jésus nous invite à demander à Dieu, par son intermédiaire, ce dont nous avons besoin. Il veut que nous demandions ce qui est bon pour notre salut. Ainsi, « tout ce que vous demanderez » doit être compris comme ce qui est bon pour celui qui en fait la demande. Lorsqu’il nous accorde ce que nous demandons, il s’agit de ce qui est bon pour notre salut.

Demandons à la Vierge Marie de nous aider une fois de plus à faire le premier pas pour nous rapprocher le plus possible de son Divin Fils, dans sa Sainte Humanité.


































Commentaire de l'Évangile du 7ème dimanche de Pâques (Année A)
Le passage évangélique de ce dimanche rapporte les premières paroles que Jésus a prononcées dans ce qui a été appelé la prière sacerdotale. C’est une prière adressée à son Père dans laquelle Jésus intercède pour ses disciples, alors que quelques heures plus tard, Il allait être arrêté puis condamné à mort par crucifixion.

Évangile (Jean 17, 1-11)

Ayant ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : "Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie, selon l'autorité que tu lui as donnée sur toute chair, afin qu'à tout ce que tu lui as donné, il donne à ceux-là la vie éternelle. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t'ai glorifié sur la terre : j'ai achevé l'œuvre que tu m'avais donné à faire. Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi, de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût. J'ai manifesté ton Nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Ils savent à présent que tout ce que tu m'as donné vient d'auprès de toi, car les paroles que tu m'as données, je les leur ai données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d'auprès de toi, et ils ont cru que c'est toi qui m'as envoyé.

C'est pour eux que je prie. Je ne prie par pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde, et moi je viens à toi. Père saint, garde en ton Nom ceux que tu m'as donnés, pour qu'ils soient un comme nous.


Commentaire

Jésus commence la prière en évoquant cette « heure » qui est désormais arrivée. Cette heure, Il en avait déjà parlé à d’autres reprises, comme lors des noces de Cana lorsqu’il transforma de l’eau en vin, signe annonciateur de l’offrande de son sang dans l’eucharistie. Il sait donc que l’heure de sa Passion est arrivée et Il en indique le sens.

En ces circonstances particulières, il demande à son Père de le glorifier, afin que Lui-même le glorifie. D’un point de vue biblique, la gloire de Dieu est le rayonnement de son Être divin, sa manifestation à toutes les créatures. Appliquée au Christ, elle signifie aussi la reconnaissance de sa divinité. Cette gloire s’était déjà manifestée dans les miracles que Jésus avait accomplis, mais à plus forte raison deviendra-t-elle éclatante dans sa Passion, Mort et Résurrection. C’est ainsi que la glorification du Christ à travers la Passion aboutira à la réflexion du Centurion : « Cet homme était vraiment Fils de Dieu ». Plus tard, le soir même de la Résurrection, Thomas confessera : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et Benoît XVI de commenter : « l’heure de la mort de Jésus, l’heure de l’amour suprême, est l’heure de sa gloire la plus haute. » (Regina Cœli, 5 juin 2011).

Si Jésus se révèle comme Dieu dans le Mystère pascal, c’est aux Apôtres qu’est confiée la lourde charge de l’annoncer au monde entier. C’est pourquoi Jésus prie spécialement pour eux. Il sait aussi qu’ils ont bien reçu ce message, car il dit : « ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données. » Il prie « pour eux » pour qu’« en eux », Il soit glorifié. L’apôtre ne doit pas simplement délivrer un message, mais il doit refléter le Christ Lui-même. À cette mission, tout baptisé est appelé, en tant que « Alter Christus, ipse Christus » comme le disait saint Josémaria (cf. Quand le Christ passe, n°104).

C’est dans notre attitude face à l’épreuve ou la contrariété que nous saurons manifester le Christ qui vit en nous. C’est là que nous ferons le plus grand apostolat, même si nous ne nous en rendons pas compte.





Commentaire du dimanche de la Pentecôte (cycle A)
Jésus n'attend pas que ses apôtres deviennent des hommes courageux pour les envoyer : il les envoie quand ils ont peur, parce que leur paix et leur force ne viendront pas de qualités humaines ou de circonstances favorables. Elles viendront de l'Esprit Saint qu'ils reçoivent à ce moment-là.

Évangile (Jn 20,19-23)

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Commentaire

La Pentecôte est arrivée : la fête par excellence du Saint-Esprit. Aujourd'hui, la Troisième Personne de la Sainte Trinité, la Personne divine qui accomplit sa tâche sanctifiante de manière silencieuse et discrète, éclate de toute la force de son pouvoir pour nous rappeler que c'est Lui qui fait l'Église.

La scène qui nous est présentée dans l'Évangile de saint Jean est paradoxale. Nous nous trouvons au soir du dimanche de Pâques. D'après les récits des quatre évangélistes, nous savons que cette journée a été mouvementée : allées et venues au tombeau, personnes qui affirment avoir vu le Seigneur, ceux d'Emmaüs qui partent désolés et reviennent en liesse, pleurs, embrassades, stupéfaction. Et, surtout, de la joie, beaucoup de joie. Les témoignages - Madeleine, Pierre, Cléophas - sont suffisants pour que les disciples incrédules doutent au moins de leur incrédulité.

Et pourtant, nous trouvons maintenant ces personnes enfermées dans la peur.

L'histoire de l'humanité a changé pour toujours : le Christ est ressuscité. Pourtant, le changement qui devait s'opérer chez les Apôtres n'était pas encore réalisé - ils conservaient encore les séquelles de cette peur qui les avait poussés à L'abandonner sur le Calvaire. Ils tremblent à l'idée de connaître le même sort.

Ainsi, alors que dans le cœur de ceux qu'il aime ces sentiments se mêlent, Jésus ressuscité apparaît au milieu d'eux.

Pour notre vie chrétienne, il est très important que nous soyons très attentifs aux gestes du Seigneur. En particulier, cette scène est essentielle pour comprendre comment Dieu répond à nos peurs, qui sont souvent l'obstacle qui nous empêche de répondre à sa grâce.

Jésus fait quatre choses : il leur donne la paix, il leur demande de lever les yeux pour contempler ses plaies, il leur donne la mission, et avec elle, la possibilité de pardonner les péchés.

Il est merveilleux de voir comment le Seigneur répond face à la peur : par une vocation. L'appel de Dieu, qui inclut toujours le sens de la mission, est lui-même la réponse à nos propres faiblesses et lâchetés.

Jésus n'attend pas que ses apôtres deviennent des hommes courageux pour les envoyer ensuite. Il les envoie au moment où ils sont effrayés : car leur paix et leur force ne viendront pas des qualités humaines ou des circonstances favorables. Elles viendront de l'Esprit Saint qu'ils reçoivent à ce moment-là.

L'Église a été faite, est faite et sera faite par l'action du Paraclet. Notre tâche n'est autre que de nous laisser guider par Lui. C'est pourquoi il n'y a pas de place pour les inhibitions ou la vanité.

Dès lors, la vie des apôtres se résumera à proclamer partout que Jésus est Seigneur. Mais comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture, pour pouvoir l'affirmer, nous avons besoin de l'Esprit Saint (1 Corinthiens 12,3). Nous ne pouvons pas faire un seul pas dans la vie spirituelle, même le plus simple, sans l'aide de la Troisième Personne de la Sainte Trinité. C'est pourquoi nous disons dans la séquence précédant la proclamation de l'Évangile dans la messe d'aujourd'hui : Regarde le vide de l'homme, si tu manques en lui.

Cette solennité est une merveilleuse occasion de demander avec foi un renouvellement de notre vie spirituelle et d'intercéder pour les chrétiens du monde entier. En convoquant le concile Vatican II, Jean XXIII a demandé des prières pour ce qu'il a appelé "une nouvelle Pentecôte" dans l'Église. Cette expression, une nouvelle Pentecôte, pourrait servir de désir quotidien qui donne le rythme de nos relations avec le Saint-Esprit.

Pour cela, nous pouvons nous tourner vers Marie, la protagoniste indispensable de ce que nous célébrons aujourd'hui, afin d'apprendre d'elle à dire "qu'il en soit ainsi" à tout mouvement de l'Esprit Saint. La Vierge a également été troublée par la présence et l'annonce de l'Ange (cf. Luc 1,29). Cependant, elle n'a pas fondé sa réponse sur le malaise qu'elle ressentait : elle l'a fondée sur la certitude que c'était Dieu qui l'appelait.

C'est ainsi que l'Église est faite, c'est ainsi que les saints se sont comportés, et c'est ainsi que l'Esprit Saint attend de nous que nous vivions. Seuls, nous ne pouvons pas, mais avec Lui, nous pouvons.