Évangile (Lc 7, 11-17)
Quelque temps après, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïn. De nombreux disciples et une grande foule faisaient route avec lui. Comme il arrivait près de la porte de la ville, il se trouva qu’on emportait un mort, fils unique de sa mère. Celle-ci était veuve et beaucoup de gens de la ville l’accompagnaient. Le Seigneur l’ayant vue, fut touché de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas ! » Alors s’approchant, il toucha le brancard et les porteurs s’arrêtèrent. Puis il dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Aussitôt, le mort se leva sur son séant et se mit à parler, et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte et ils glorifiaient Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple ! » Et cette parole prononcée à son sujet se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour.
Commentaire
L'Évangile d'aujourd'hui nous conduit à Nain. À son arrivée, Jésus croise un cortège funèbre. Comme dans beaucoup de villages, le cimetière se trouve juste à l’extérieur de la ville et dans ces contrées, la coutume veut que tout le village se rende aux funérailles.
Jésus rencontre le cortège et leur demande qui va être enterré. Ils lui disent : une femme veuve enterre son fils unique. La douleur de cette femme est immense. Peut-être venait-elle d'enterrer son mari et maintenant il lui faut enterrer son fils. Quelle terrible solitude celle de cette femme !
Le cœur de Jésus est ému et il lui dit quelque chose de surprenant : ne pleure pas. Peut-être cette femme aurait-elle pu dire à Jésus : comment ne pas pleurer avec un si grand chagrin ?
Le Seigneur anticipait en fait ce qu’il allait faire : le miracle. C'est pourquoi il lui disait de ne pas pleurer.
Jésus n'est pas indifférent à notre douleur, à notre souffrance. Il est ému et nous console. Face au mystère de la douleur, nous devons nous approcher du Seigneur pour la partager avec Lui et le laisser être notre consolateur.
Lorsque nous nous approchons de Jésus de cette façon, il nous dit, comme il l'a dit au fils de la veuve de Naïn : « Jeune homme, je te l’ordonne : lève-toi. » Cela revient à nous dire : je compte sur la souffrance que vous éprouvez pour grandir dans l'Amour de Dieu et des autres. Levez-vous et continuez à grandir dans l'Amour. Que la souffrance ne soit pas une occasion de mort mais de vie, même si l'on pleure souvent. Lorsque nous pleurons, pleurons avec le Seigneur et Jésus séchera nos larmes.
Évangile (Lc 7, 31-35)
"À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération ? À qui sont-ils semblables ? Ils sont semblables à des enfants assis sur une place publique, qui s'interpellent entre eux et se disent les uns aux autres : Nous vous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n'avez pas pleuré. Jean-Baptiste, en effet, est venu ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon. Le Fils de l'homme est venu mangeant et buvant, et vous dites : C'est un homme de bonne chair et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. Mais la Sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants !"
Commentaire
Jésus compare la vie de ses contemporains aux enfants assis sur la place qui restent indifférents envers ceux qui ont essayé de les distraire : « Nous vous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des lamentations et vous n'avez pas pleuré. »
Bien qu'ils aient vu des miracles, entendu sa parole, et même été attirés par sa figure, rien ne les a émus. Au fond, ils restent dans leurs propres idées, ils ne sont pas capables de reconnaître les appels de Dieu à travers les personnes et les événements. "Vient Jean-Baptiste qui ne mange pas de pain ni ne boit de vin et vous dites qu'il a un démon. Le fils de l'homme vient qui mange et qui boit et vous dites que c'est un glouton et un ivrogne".
Tant de fois, Jésus a pu nous dire la même chose qu'à sa génération : "Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des lamentations et vous n'avez pas pleuré".
Jésus nous demande d'avoir un cœur sensible et reconnaissant : "la sagesse est donnée à tous ses enfants". Un cœur capable d’apprécier tous les dons que Dieu notre Père nous accorde. En même temps, Jésus nous demande de montrer au monde, avec notre joie, notre gratitude, notre sourire, la merveille de croire en un Dieu qui nous aime follement et qui a tant fait pour nous.
Que pouvons-nous faire pour être reconnaissants ? L'une des choses que nous pouvons faire est de nous souvenir. Au fil des années, nous prenons conscience de tous les gens qui nous ont aidés dans la vie. Tout d'abord nos parents, amis, prêtres, professeurs et un long etc.
Cela nous aide aussi à nous comporter de la même manière avec Dieu. Se souvenir, se souvenir de toutes les bonnes choses que nous avons reçues de Lui. Un point de Forge résume très bien cette attitude :
« Quelle dette que la tienne envers Dieu ton Père ! Il t’a donné l’existence, l’intelligence, la volonté… Il t’a donné la grâce : l’Esprit Saint ; Jésus dans l’Hostie ; la filiation divine ; la très Sainte Vierge, Mère de Dieu et notre Mère ; il t’a donné la possibilité de participer à la sainte messe et il t’accorde le pardon de tes péchés. Son pardon, et tant de fois ! Il t’a accordé des dons innombrables, certains extraordinaires…
- Dis-moi, mon enfant : comment lui as-tu répondu ? Comment lui réponds-tu ? » (Saint Josémaria, Forge, 11)
Évangile (Lc 7, 36-50)
Un pharisien ayant prié Jésus de manger avec lui, il entra dans sa maison et se mit à table. Et voici qu'une femme qui menait dans la ville une vie déréglée, ayant su qu'il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum. Se tenant derrière lui, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à les arroser de ses larmes et à les essuyer avec les cheveux de sa tête, et elle les baisait et les oignait de parfum.
À cette vue, le Pharisien qui l'avait invité, dit en lui-même : "Si cet homme était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, et que c'est une pécheresse." Alors prenant la parole, Jésus lui dit : "Simon, j'ai quelque chose à te dire.
-Maître, parle !", répondit-il.
"Un créancier avait deux débiteurs. L'un devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi payer leur dette, il fit grâce à tous deux. Lequel donc l'aimera davantage ?"
Simon répondit : "Celui, je pense, auquel il a fait grâce de la plus forte somme."
Jésus lui dit : "Tu as bien jugé."
Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon :
"Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison et tu n'as pas versé d'eau sur mes pieds, mais elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser, mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfums. C'est pourquoi, je te le déclare, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l'on pardonne peu aime peu." Puis il dit à la femme : "Tes péchés ont été pardonnés."
Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : "Qui est celui-ci qui remet même les péchés ?"
Mais Jésus dit à la femme : "Ta foi t'a sauvée. Va en paix !"
Commentaire
L'évangile d'aujourd'hui raconte la scène de cette femme qui, souffrant de ses péchés, ose s'agenouiller devant Jésus. Une femme qui pleure, qui embrasse et qui oint les pieds du Seigneur. Une femme qui rompt avec son ancienne vie, qui ne reste pas enfermée dans son passé, qui ne se décourage pas et se laisse guérir. Une femme qui ouvre son cœur parce qu'elle veut vraiment aimer et a besoin du pardon de Dieu. Une femme qui rêve d'un cœur aimant, d'un nouveau cœur qui peut aimer plus et mieux. Une chercheuse d'amour passionnée.
Devant elle, un homme assez cultivé, un pharisien, la juge sévèrement, la méprise, ne comprend pas ses gestes, ni le regard miséricordieux du Seigneur. Un homme incapable de rêver.
Et Jésus, se trouve entre eux deux. Avec patience et amour, il explique à Simon ce que cette femme a fait : comme il est douloureux pour Dieu que son cœur soit fermé à la miséricorde, au pardon, parce qu'il est incapable de reconnaître ses propres péchés ; comment « le lieu privilégié de la rencontre avec le Christ sont nos propres péchés » (Pape François, Le parfum du pécheur, homélie à Sainte Marthe, 18 septembre 2014).
Il lui explique qu'il souhaitait que cette femme fasse irruption dans le banquet sans demander la permission, et se jette à ses pieds. Le désir de Jésus était de pouvoir lui dire: "tes péchés sont pardonnés".
Cette femme nous montre la bonne façon de manifester notre repentir et de confesser nos misères et nos péchés.
Nous devons les pleurer, faire nôtre la douleur de Dieu pour notre abandon et notre mépris. Nous placer aux pieds du Seigneur, embrasser et oindre ses pieds, avec notre gratitude et notre adoration.
Jésus ne reste jamais à la surface de notre vie, il va au fond de notre cœur pour le guérir afin qu'il puisse aimer à nouveau.
Évangile (Lc 8, 1-3)
Par la suite, Jésus cheminait par les villes et les villages, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons ; Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode ; Suzanne et plusieurs autres qui l'assistaient de leurs biens.
Commentaire
Les Douze et les femmes ont accompagné le Seigneur, de ville en ville, de village en village, proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu : Dieu est amoureux de sa création et de chacun des hommes et des femmes de ce monde.
Et il continue à nous accompagner chaque jour, chaque minute de notre vie, incapable de se séparer de nous.
Nous : pauvres et pleins de misère, mais guéris par les mains miséricordieuses de Jésus, protégés par son regard tendre, encouragés par sa voix douce.
Nous : riches et glorieux, de la richesse et de la gloire du Fils de Dieu.
Ainsi, nos biens - notre travail, nos talents et nos vertus, nos espoirs et nos projets, notre famille, nos amis – forment la matière première par laquelle le Christ accomplit la rédemption.
L'exemple de ce groupe de femmes fidèles, qui servent Jésus de leurs biens et ne le laisseront pas seul dans les pires moments, est un appel à notre fidélité.
Notre désir est de servir Dieu et les autres avec générosité, avec un regard surnaturel : servir même ceux qui ne sont pas reconnaissants pour le service rendu, même si cette attitude va à l’encontre de nos penchants humains. Il nous suffit de comprendre que chaque marque d'affection envers les autres est un service envers Jésus-Christ ; par notre service, Jésus-Christ pénètre dans le cœur de ceux qui sont à nos côtés.
Évangile (Lc 8, 4-15)
Comme une grande foule se rassemblait et qu'on venait vers lui de toutes les villes, Jésus dit en paraboles : "Le semeur sortit pour semer sa semence, et pendant qu'il semait, une partie tomba le long du chemin. Elle fut foulée aux pieds et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur la pierre et, aussitôt levée, elle sécha, parce qu'elle n'avait pas d'humidité. Une autre partie tomba parmi les épines, et les épines croissant avec elle l'étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre et, ayant levé, elle donna du fruit au centuple." Sur quoi, Jésus s'écria : "Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende !"
Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole : "À vous, leur dit-il, il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, tandis qu'aux autres ils sont annoncés en paraboles, de sorte qu'en voyant ils ne voient pas et qu'en entendant ils ne comprennent pas."
"Voici ce que signifie cette parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent la parole, mais ensuite le diable vient et l'enlève de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et ne soient sauvés. Ceux en qui on sème sur la pierre, ce sont ceux qui, entendant la parole, la reçoivent avec joie, mais ils n'ont point de racine : ils croient pour un temps et succombent à l'heure de la tentation.
Commentaire
Chaque jour, Jésus sort pour semer.
Il parle à chacun d'entre nous.
Il désire que ses paroles pénètrent notre cœur, notre vie. Et là, qu’elles donnent la Vie, et que nous puissions vivre sa Vie.
Sa parole porte toujours des fruits si elle tombe sur une bonne terre, sur une terre prête à la recevoir, à la laisser germer et croître.
Nous sommes le terrain où le Seigneur sème inlassablement sa parole et son amour.
Avec quelles dispositions l'accueillons-nous ? De quel genre de terre est notre cœur ?
Parfois, nous sommes comme le chemin, un cœur endurci, lorsque nous nous laissons porter par la monotonie, lorsque nous nous habituons à Dieu et aux autres. Quand nous voyons les autres, mais que nous ne savons pas comment découvrir la beauté qui est en eux.
À d'autres moments, nous sommes comme le cœur de pierre, un cœur superficiel qui se laisse emporter par les ressentiments, les jugements critiques, les rancunes, incapable de voir au-delà de son propre égoïsme, soulignant les défauts de tout et de tous.
Et à d'autres moments, nous sommes comme le sol couvert de ronces, un cœur plein de vanité, de fierté, imbu de lui-même.
Ainsi, petit à petit, nous perdons la joie et le sourire qui vient de Dieu.
Aujourd'hui, nous pouvons dire au Seigneur que nous voudrions être une bonne terre, qu'il se penche sur notre cœur endurci, les pierres et les ronces de notre vie, et qu'il nettoie à fond, puis lance la semence à pleines mains.
Évangile du 25ème dimanche du temps ordinaire (cycle A) et son commentaire.
Évangile (Mt 20, 1-16)
« En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Commentaire
La parabole des ouvriers de la vigne est l'une des explications les plus imagées du Royaume des Cieux et, par extension, de ce que devrait être la réponse humaine à l'appel divin. Profondément ancrée dans la Bible, l'image de la vigne est couramment utilisée dans l'Ancien Testament pour symboliser l'action de Dieu envers le peuple élu, semblable à un champ de vignes soigneusement entretenu et appelé à produire le bon vin du salut (cf. Is 5, 1-7 ; Ps 80 ; Ez 15, 1-8).
Dans cette parabole, Jésus évoque l'embauche des ouvriers qui travaillent dans les champs. Comme dans d’autres paraboles, l’histoire de ce récit peut nous déconcerter et remettre en question nos critères et nos schémas. De fait, les travailleurs embauchés tôt le matin semblent avoir raison de dire qu’ils ont travaillé beaucoup plus que ceux embauchés par le maître en fin d'après-midi. Si le maître est bon envers ceux qui ont travaillé peu, pourquoi sa bonté ne se manifeste-t-elle pas davantage envers ceux qui ont travaillé davantage ? Voici ce que répond le maître à l'un de ceux qui se plaignent : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” (Mt, 20, 13-15).
En un sens, la leçon de cette parabole porte sur la charité envers Dieu et envers les autres : puisque nous accueillons et bénéficions tous de la miséricorde divine, nous n’avons pas à exiger de Dieu de supposés droits de justice, ou de nous plaindre du fait que les autres bénéficient de son Amour. Puisque Dieu est magnanime, il nous demande à tous d'être magnanimes à son image.
Pour le pape François : "Avec cette parabole, Jésus veut ouvrir nos cœurs à la logique de l'amour du Père, qui est libre et généreux. Il s'agit de nous laisser émerveiller et fasciner par les "pensées" et les "voies" de Dieu qui, comme le rappelle le prophète Isaïe, ne sont pas nos pensées et ne sont pas nos voies (cf. Is 55, 8). Les pensées humaines sont souvent marquées par l'égoïsme et les intérêts personnels et nos chemins, étroits et sinueux, ne sont pas comparables aux chemins larges et droits du Seigneur. Dieu use de miséricorde, il pardonne largement, il est plein de générosité et de bonté qu'il déverse sur chacun de nous, il ouvre à tous les territoires de son amour et de sa grâce incommensurables, qui seuls peuvent donner au cœur humain la plénitude de la joie" (Pape François, Angelus, 24 septembre 2017).
Saint Josémaria a également déduit de cette parabole la nécessité de profiter du temps pour faire le bien, pour travailler dans la vigne du Seigneur, au milieu de nos occupations quotidiennes : "Cet homme revient à plusieurs reprises sur la place pour embaucher des ouvriers. Certains ont été appelés de bon matin ; d’autres à la tombée du jour. Ils reçoivent tous un denier : le salaire que je t’avais promis, c’est-à-dire mon image et ma ressemblance. L’image du Roi est gravée sur le denier. Telle est la miséricorde de Dieu, qui appelle chacun conformément à ses circonstances personnelles parce qu’il veut que tous les hommes soient sauvés. Quant à nous, nous sommes nés chrétiens, nous avons été élevés dans la foi, nous avons été très clairement choisis par le Seigneur. Telle est la réalité. Ainsi, lorsque vous êtes invités à répondre, même si ce n’est qu’à la dernière heure, pouvez-vous rester sur la place publique, à vous dorer au soleil comme nombre de ces ouvriers, parce qu’ils avaient du temps en trop ? » (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 42)
"Ayons recours ensemble à la Mère du Christ. Notre Mère, vous qui avez vu grandir Jésus, qui l’avez vu mettre à profit son passage parmi les hommes, apprenez-moi à employer mes journées au service de l’Église et des âmes ; apprenez-moi à écouter, au plus intime de mon cœur, comme un reproche affectueux, ô ma Douce Mère, chaque fois qu’il le faudra, que mon temps n’est point à moi, parce qu’il appartient à Notre Père qui est au cieux. " (Idem, n° 54)
Évangile (Marc 9,30-37)
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Commentaire
L'heure approche du dernier voyage vers Jérusalem, où Jésus achèvera sa mission. C'est un moment décisif et, dans ces circonstances, le Maître parle aux apôtres pour la deuxième fois de ce qui l'attend dans quelques semaines dans la cité sainte.
C'est là que se dérouleront les événements dramatiques de sa passion, qui se termineront par sa mort sur la croix, mais aussi par le glorieux événement de sa résurrection. Les paroles du Seigneur sont claires, mais l'évangéliste note qu'"ils ne comprenaient pas ses paroles et avaient peur de l'interroger".
Comme est différente la logique de Dieu, qui compte sur la souffrance comme chemin vers la gloire, de la logique humaine qui refuse d'accepter ce qui n'est pas désiré ou qui satisfait ses propres goûts !
Il est surprenant de voir ce qui se passe à un moment aussi important et dramatique. " De quoi parliez-vous sur la route ? ", leur demande Jésus, " mais ils se taisaient, car sur la route ils avaient discuté entre eux pour savoir qui serait le plus grand " (v. 33), commente l'évangéliste.
Alors que Jésus se dirige résolument vers la Croix, aucun d'entre eux n'a de compassion pour les souffrances qui attendent le Maître et ne se prépare à le soutenir, mais ils se disputent entre eux, en cherchant égoïstement leur propre avantage. Quelle maladresse ! Ils auraient à juste titre mérité le renvoi de Jésus, mais cela ne s'est pas produit. Malgré leurs limites personnelles évidentes, Jésus ne leur a pas retiré sa confiance. "Quelle déception pour le Christ. Néanmoins, observe mgr Ocáriz, il leur a confié l'Église, comme il nous la confie maintenant, nous qui tombons aussi dans les disputes et les divisions.
"Qu'est-ce que tout cela nous dit ? se demandait Benoît XVI - Cela nous rappelle que la logique de Dieu est toujours " différente " de la nôtre, comme Dieu lui-même l'a révélé par la bouche du prophète Isaïe : "Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins " (Is 55,8). C'est pourquoi suivre le Seigneur exige toujours de l'homme une conversion profonde - de nous tous - un changement de notre façon de penser et de vivre ; cela demande d'ouvrir son cœur pour écouter, de se laisser éclairer et transformer intérieurement ".
Jésus est patient avec les défauts de ces hommes, et leur explique sa logique, la logique de l'amour qui devient service jusqu'au don total de soi : "Si quelqu'un veut être le premier, il doit être le dernier de tous et le serviteur de tous" (v. 35). Et pour que cet enseignement entre dans leurs yeux, " il leur amena un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, l'embrassa et leur dit : "Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. " (v. 36-37).
"Ne tombez-vous pas amoureux de la façon de procéder de Jésus ? -commente Saint Josémaria- Il leur enseigne la doctrine, et pour leur faire comprendre, il leur donne un exemple vivant. Il appelle un enfant, un de ceux qui couraient dans cette maison, et le serre contre sa poitrine. Ce silence éloquent de notre Seigneur ! Il a déjà tout dit : il aime ceux qui deviennent comme des enfants. Puis il ajoute que le résultat de cette simplicité, de cette humilité d'esprit, est de pouvoir l'embrasser, Lui et le Père qui est aux cieux ".
Dieu, qui est vraiment grand, n'a pas peur de s'abaisser et devenir le dernier. Jésus s'identifie à l'enfant. Il s'est lui-même fait petit. D'autre part, nous, qui sommes petits, nous pensons être grands et aspirons à être les premiers parce que nous sommes orgueilleux. Suivre le Christ est difficile, mais seuls ceux qui se font petits comme lui feront de grandes choses.
Évangile (Luc 8, 16-18)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »
Commentaire
La parabole de Jésus est simple : il est inutile d'allumer une lumière pour qu'elle n’éclaire pas, ou de prétendre accueillir des invités dans une maison plongée dans l’obscurité. Il faut commencer par éclairer la maison, pour que les invités puissent y vivre. De même, le chrétien porte dans son cœur la lumière du Christ, cette "vraie Lumière, qui éclaire tout homme" (Jean 1, 9). Le chrétien peut illuminer de sa vie les endroits sombres de ce monde. Pour que ce pouvoir ne lui soit pas enlevé, il doit toujours faire attention, prendre garde à bien "entendre", à ouvrir les oreilles de son âme à la parole de Dieu et à être toujours prêt à être lumière pour les autres, et non une lampe éteinte.
Cette lumière a déjà été semée lors de notre baptême. Ce jour-là, Dieu nous a donné la lumière de la foi, nous sommes devenus "enfants de la lumière". Ce fut le jour le plus brillant de notre vie. Le prêtre a dit à nos parents et parrains, en leur donnant une bougie allumée : "Recevez la lumière du Christ". Un geste et quelques mots par lesquels l'Église nous invite à répandre cette lumière. Il ne serait pas logique qu'une personne aussi lumineuse pour le monde reste cachée, inconnue des gens. Combien d'entre nous, chrétiens, brillent encore peu par leur vie, par l'exemple de leurs bonnes œuvres, par leur parole amicale ! Nous devons demander chaque jour à Dieu d'accroître la lumière de notre foi afin que notre exemple entraîne et que notre parole mette en mouvement, sans que les ténèbres du découragement ne nous envahissent.
« Il est plus facile pour le soleil de ne pas chauffer et de ne pas briller, que pour un chrétien de renoncer à la lumière ; plus facile encore serait que la lumière soit l'obscurité.» (Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'Évangile de Saint Matthieu, n° 15) Dieu a fait du chrétien un flambeau pour éclairer le Chemin, pour montrer la Vérité, pour indiquer où se trouve la vraie Vie. C'est à lui de correspondre afin d'écarter de sa vie tout obstacle qui pourrait diminuer la luminosité de l'Évangile.
Évangile (Mt, 9, 9-13)
Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Commentaire
Qu’y a-t-il dans le regard de Jésus-Christ qui puisse transformer aussi radicalement le cœur et le guérir !
Jésus traverse les rues de Capharnaüm et se rend à dessein sur le lieu de travail de Levi, le publicain, le collecteur d'impôts des Romains, celui qui est détesté par ses propres concitoyens, le méprisé, le traître.
Il s'arrête, il n'est pas pressé, et il le regarde.
Avec ces yeux miséricordieux, comme personne ne l'avait jamais regardé auparavant.
Il a ouvert son cœur, l'a libéré, l'a guéri, l'a rempli d'espoir.
Dans ces yeux, Levi a vu le regard de Dieu qui voit au-delà de ce que nos yeux voient.
Au-delà des apparences, au-delà de nos péchés, au-delà de nos échecs, au-delà de notre indignité.
En Levi, Jésus voit Matthieu.
Il voit son histoire d'amour, de service, de dévouement, de fidélité, de bonheur.
Aujourd'hui aussi, Jésus veut fixer son regard sur nous, chaque jour.
" C'est l'attente de Dieu, qui aime les hommes, qui nous cherche, qui nous aime tels que nous sommes — limités, égoïstes, inconstants — mais capables de découvrir sa tendresse infinie et de nous donner entièrement à Lui." (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 151).
Nous qui sommes aussi assis sur notre banc, cherchant à être heureux à notre manière, accumulant du temps et des biens pour nous-mêmes, incapables de nous donner aux autres, fatigués des jours qui passent sans que nous n’osions prendre de risques.
La rencontre de Jésus avec Matthieu nous met au défi et exige notre confiance : si Jésus a pu transformer un percepteur d'impôts en serviteur, un traître en ami proche, il peut aussi nous transformer, nous les pécheurs, en enfants de Dieu, en amis proches.
Pour ce faire, nous devons faire comme Matthieu : nous sentir en danger, malades, avoir besoin de ce regard qui insuffle l'espoir en voyant, en chacun de nous, pécheurs, l'homme rêvé par Dieu.
Évangile (Lc 8, 19-21)
La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule.
On le lui fit savoir : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. »
Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »
Commentaire
Nous contemplons Jésus assis, entouré par la foule, qu'il instruit par sa parole. Il est lui-même la parole divine faite chair, comme cette lampe qui ne doit pas être cachée sous un vase mais qui, placée sur le lampadaire (cf. Luc 8,16), éclaire les consciences de tous. Nous nous trouvons dans cette foule. Nous voulons être comme Samuel : l'Écriture dit de Samuel que sa proximité et son attention au Seigneur étaient telles qu'aucune des paroles que Dieu lui adressait ne tombait dans l'oreille d'un sourd (cf. 1 Samuel 3:19) ; ou comme Marie de Béthanie, qui "s'asseyait aux pieds du Seigneur et écoutait sa parole" (Luc 10:39).
Soudain, certaines personnes présentes interrompent Jésus pour l'avertir que sa mère et d'autres membres de sa famille sont dehors. Ils viennent à sa recherche, peut-être parce que la conversation a duré plus longtemps que prévu. Rien d’étonnant : la foule se plaisait à écouter le maître de Nazareth ; tous "étaient frappés par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes" (Marc 1, 22). Jésus profite de cette interruption pour révéler quelque chose d'inattendu : la véritable parenté avec Jésus vient de l'écoute de sa parole, plus que des liens du sang.
C'est ainsi qu'a agi Marie, la mère de Jésus : avant de le concevoir dans son sein, elle a écouté Dieu, médité ses paroles dans son cœur et les a mises en pratique. Elle a donc porté comme fruit virginal le Fils de Dieu lui-même. Elle est le modèle des disciples de Jésus. En l'écoutant et en nous identifiant à ses enseignements, nous ne sommes pas seulement ses disciples, mais nous devenons aussi frères de Jésus, fils d'un même père. C'est seulement ainsi que nous pouvons porter du fruit : que beaucoup découvrent leur parenté avec Dieu, leur filiation divine. Comme l'enseignait saint Josémaria : « Aucun fils de la Sainte Église ne peut vivre tranquille, sans éprouver de l’inquiétude devant ces masses dépersonnalisées : horde, troupeau, meute, t’ai-je écrit une fois. Mais que de nobles passions sous leur apparente indifférence ! Et donc que de virtualités! » (Saint Josémaria, Forge, n°901).
Évangile (Lc 9, 1-6)
Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez.
Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »
Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Commentaire
Jésus fait participer les douze à sa mission. Lorsqu'il les a choisis, il les a appelés "apôtres" (cf. Luc 6, 13), ce qui signifie "envoyés", car il allait les envoyer pour faire ce qu'il a fait lui-même dès le début de sa vie publique: guérir les malades, chasser les démons, prêcher le royaume de Dieu. Ce sont là des tâches qui dépassent largement les possibilités humaines de ces douze hommes. La plupart d’entre eux sont des pêcheurs, sans préparation particulière. Nous sommes pourtant surpris par la générosité de leur réponse. Sans bagages ni provisions, ils partent, convaincus qu’ils ne manqueront de rien pour leur subsistance, où qu'ils aillent et quel que soit l’accueil qu’on leur réserve. Ils savent que Dieu sera là pour eux, parce qu'ils ont fait confiance au maître, et non à leurs propres forces.
Ces douze premiers commencent à avoir soif de sauver des âmes, comme Jésus. C'est ce pour quoi Il est venu au monde. "Pour nous et pour notre salut, il est descendu du ciel", confessons-nous dans le Credo. Cet empressement que nourrissent les apôtres est très différent du simple désir de triompher. De plus, ils savent qu'ils devront se préparer à d'éventuels échecs dans leur mission, et ne pas avoir peur de donner là aussi un témoignage clair, afin que les habitants qui les ont rejetés ne puissent jamais dire que personne ne leur a dit quoi que ce soit sur la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Qui sait si ce "témoignage contre eux" ne finira pas, lui aussi, par porter du fruit ?
" Tu as échoué ! — Nous, nous n’échouons jamais. — Tu avais mis toute ta confiance en Dieu. — Puis, tu n’as omis aucun moyen humain. Persuade-toi de cette vérité : ton succès — maintenant et en ceci —, c’était justement d’échouer. — Rends grâce au Seigneur et recommence » (Saint Josémaria, Chemin, n° 404).
Dans l'Église du XXIe siècle, Jésus ne cesse de choisir et d'envoyer de nouveaux apôtres afin que, où qu'ils soient, se fiant totalement à sa Parole et partageant avec Dieu la même soif d’âmes, ils puissent guérir les malades de l'âme et imprégner leur cœur de la doctrine salvatrice du Christ.
Évangile (Lc 9,7-9)
Cependant, Hérode le tétrarque entendit parler de tout ce que faisait Jésus, et il ne savait que penser, car les uns disaient : "C'est Jean qui est ressuscité des morts" ; d'autres : "C'est Elie qui est apparu" ; d'autres : "C'est un des anciens prophètes qui est ressuscité." Mais Hérode dit : "Quant à Jean, je l'ai fait moi-même décapiter. Quel est donc cet homme, de qui j'entends dire de telles choses ?" Et il cherchait à le voir.
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Les Évangiles mentionnent assez souvent la forte impression produite par la figure de Jésus : son port, sa parole pleine de sagesse et d'autorité, les miracles et les prodiges qu'il a accomplis, les exorcismes saisissants et grâce auxquels des esprits impurs ont obéi à la voix du Messie, ont été expulsés de l’environnement des hommes, et mis hors de portée.
Jésus suscitait l'étonnement du peuple ainsi que le désir de le connaître et d'en savoir plus sur lui : qui était exactement ce charpentier de Nazareth, sans instruction, contrairement aux autorités religieuses du peuple, mais qui savait tant de choses et manifestait tant de majesté alliée à une autorité jusqu'alors inconnue ?
Pour certains, Jésus était un prophète, comme les hommes de Dieu si célèbres de l'histoire biblique. Peut-être était-il Elijah, Jérémie ou quelqu'un d'autre. Pour beaucoup, Jésus ressemblait au prophète le plus proche de l'époque qu'ils avaient connu : Jean-Baptiste, qu'Hérode, le tétrarque de Galilée, avait emprisonné et décapité.
Les gens manifestaient une croyance remarquable dans l’au-delà. Ils pensaient que Jésus pouvait être l'un des prophètes qui serait ressuscité. Cette idée montre que l'identité de Jésus était pour eux mystérieuse et difficile à interpréter.
En tout cas, l'Évangile d'aujourd'hui nous montre que même les personnes qui semblaient les plus éloignées de Dieu, comme c'est peut-être le cas d'Hérode, s'intéressaient aussi à Jésus et voulaient le voir, ne serait-ce que par curiosité, sans doute peu surnaturelle. Jésus a suscité dans tous les cœurs le désir de le connaître et d'en savoir plus sur lui.
Grâce à l'Église et aux Écritures, nous connaissons bien l'identité de Jésus: nous savons qu'il est le Fils de Dieu incarné, le Messie attendu qui devait souffrir et ressusciter et entrer ainsi dans sa gloire (cf. Lc 24, 26). Nous avons reçu beaucoup plus de lumières que les gens qui l'ont connu sur les routes et dans les villages de Galilée. Il est donc logique que Jésus trouve en nous un grand désir de le connaître plus et mieux, de tomber davantage amoureux de lui.
L'Eucharistie et l'Évangile sont des moyens sûrs de se rapprocher de Jésus et de le connaître davantage. Nous pouvons alors suivre le conseil de saint Josémaria : « Fréquente assidûment la très Sainte Humanité de Jésus… Et Il fera naître en ton âme une faim insatiable, un désir « incroyable » de contempler sa Face.
Dans ce désir –que rien sur terre ne peut assouvir- tu trouveras très souvent ton réconfort. » (Saint Josémaria, Chemin de Croix, sixième station, point de méditation n. 2)
Évangile (Lc 9,18-21)
Un jour qu'il priait à l'écart, ayant ses disciples avec lui, il leur posa cette question : "Qui suis-je au dire des foules ?"
Ils répondirent : "Jean-Baptiste ; pour d'autres, Elie ; pour d'autres encore, l'un des anciens prophètes ressuscité.
-Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ?"
Pierre prenant la parole, répondit : "Le Christ de Dieu !"
Mais il leur enjoignit d'un ton sévère de ne le dire à personne.
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L'Évangile d'aujourd'hui nous dit qu’un jour Jésus était seul avec ses disciples. Comme à son habitude, Jésus priait. Ces moments de prière avec le Maître ont dû marquer profondément la mémoire des apôtres. Cela se déroulait le plus souvent à ciel ouvert. Jésus parlait avec son Père, sans bruit de parole. Peut-être levait-Il les yeux de temps en temps.
Le silence devait être magnifique. Le murmure du vent, coupé par les pointes acérées des feuilles de pins, ou le bêlement lointain d'un mouton paissant à flanc de colline, et même le froissement d’ailes des oiseaux virevoltant dans l'air, baigné dans une lumière éclatante.
Pendant ce temps, les disciples observent très attentivement leur Maître, désireux d'imiter son attitude sereine et recueillie et d'accompagner sa prière intérieure. Peut-être Judas pense-t-il à ses petits soucis et attend-il avec impatience la fin de ce temps de prière, tandis que le jeune Jean regarde son Seigneur, sans cligner de l’œil. Pierre est assis près de Jésus lui aussi, et il médite peut-être sur la responsabilité que le Maître lui fait porter.
Soudain, la belle voix de Jésus rompt doucement le silence et se détache. Jésus pose à ses disciples une question incisive au sujet du grand mystère de son identité, celle que nous devrions tous découvrir dans cette vie : «Qui suis-je, au dire des hommes ?»
La question les tire de leur recueillement et les laisse pensifs. Ensuite, chacun commence à raconter au Maître ce qu'il a entendu sur lui et sur son identité.
Après qu’ils eurent présenté les différentes versions que les gens ont élaborées sur Jésus, celui-ci change clairement de ton et leur demande : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Vous, qui priez avec moi et recevez donc des cadeaux que les autres n'ont pas, « qui dites-vous que je suis ? »
Pierre intervient alors d’une voix décidée, stoppant toute autre tentative : "Le Christ de Dieu".
L'amitié avec Jésus exige de nous une réponse similaire, résolue, pleine de foi, comme celle de Pierre : "Tu es le Christ de Dieu. » Comme elle est utile la suggestion de saint Josémaria : « Attise ta foi. –Le Christ n’est pas un personnage qui a passé. Il n’est pas un souvenir qui se perd dans l’histoire.
Il est vivant ! Iesus Christus heri et hodie : ipse et in sæcula ! dit saint Paul. Jésus-Christ, hier et aujourd’hui et toujours ! » (Saint Josémaria, Chemin, n° 584)
Évangile (Lc 9, 43b-45)
Tandis que chacun était dans l'admiration de ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples : "Vous, écoutez bien ceci: le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes." Mais ils ne comprenaient point cette parole. Elle était voilée pour eux, en sorte qu'ils ne pouvaient en saisir le sens, et ils craignaient de l'interroger à ce sujet.
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Jésus est admiré partout où il va. Les gens se pressent pour l'écouter, pour recevoir un mot d'encouragement, un regard de tendresse ; ils lui amènent des malades pour qu’il les guérisse, des possédés pour qu’il les délivre. Sa renommée dépasse les frontières de la Galilée et de la Judée.
Les disciples devaient être fiers et émus lorsqu'ils contemplaient le Seigneur. De plus, ils ont eux-mêmes participé à sa mission : ils ont proclamé le royaume de Dieu, en guérissant partout les malades.
Ils ont donc été choqués par les mots qu'il leur a adressés : "le Fils de l'homme va être livré entre les mains des hommes".
Il est vrai qu'il a commencé depuis quelques jours à annoncer ouvertement ce qui lui arrivera à Jérusalem ; comment il sera rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, sera exécuté et ressuscitera le troisième jour (Lc 9, 22). Mais ils ont du mal à l’accepter : ils ne comprennent pas, ce n’est pas clair pour eux, ils ne sont pas capables d'en saisir le sens. À tel point qu’ils ont peur de lui poser des questions.
Luc montre clairement qu’il y avait une différence entre Jésus et les disciples par rapport à ce que Jésus disait. De fait, les enseignements de Jésus ne sont pas entièrement compris.
Les disciples pensent à la restauration du Royaume d'Israël, afin de s'asseoir à droite et à gauche du Seigneur quand il sera dans sa gloire ; ils aiment discuter pour savoir lequel d'entre eux sera le plus grand.
Lui commence à s'identifier avec le serviteur souffrant de Dieu, qui souffre et qui meurt. La vraie façon de régner est de servir.
La logique de Dieu est toujours différente de la nôtre, comme Dieu lui-même l'a révélé à travers Isaïe : « mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies" (Is 55, 8). Comme le dit le Pape émérite Benoît XVI : « la logique de Dieu est toujours «autre» par rapport à la nôtre, comme Dieu lui-même l’a révélé par la bouche du prophète Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins » (Is 55, 8). C’est la raison pour laquelle, suivre le Seigneur demande toujours à l’homme une profonde conversion — de nous tous —, un changement dans sa manière de penser et de vivre, lui demande d’ouvrir son cœur à l’écoute pour se laisser éclairer et transformer intérieurement. L’orgueil est l’élément clef qui fait la différence entre Dieu et l’homme : en Dieu il n’existe pas d’orgueil, parce qu’Il est « toute la plénitude » et totalement porté à aimer et à donner la vie ; alors qu’en nous les hommes, l’orgueil est profondément enraciné et il demande une vigilance et une purification constantes. Nous, qui sommes petits, nous aspirons à apparaître grands, à être les premiers, alors que Dieu qui est réellement grand ne craint pas de s’abaisser et de se faire petit. » (Benoît XVI, Angelus, 23 septembre 2012)