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Méditation : Lundi de la 7ème semaine de Pâques

- Les disciples reçoivent l'Esprit Saint

- Paix dans les difficultés

- La patience est un fruit de l'Esprit Saint


SAINT PAUL arrive à Éphèse «où il trouve quelques disciples. Il leur demande : “Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit?” » (Ac 19, 1-2). Ce qui frappe c’est que la première question de l’apôtre porte précisément sur la connaissance au sujet de la troisième personne de la Très Sainte Trinité ; ce qui manifeste à quel point la question était une priorité au sein de l’église primitive, priorité qui se poursuit de nos jours. « Ils lui répondirent : “Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint”. Paul reprit : “Quel baptême avez-vous donc reçu ?” Ils répondirent : “Celui de Jean le Baptiste” » (vv. 2-3).

Saint Paul souhaitait que ceux qui embrassent la fois connaissent en profondeur la vie de Dieu ; en l’occurrence, il leur donne une précision : « “Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus”. Après l’avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus » (Ac 19, 4-5). Cette scène nous présente une communauté qui, en plus du baptême, a reçu la Confirmation dans la foi grâce au don du Paraclet : « Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser. Ils étaient une douzaine d’hommes au total » (Ac 19, 6-7).

Au sacrement de la Confirmation, nous aussi nous recevons l’Esprit Saint « pour nous engager plus pleinement dans la lutte de l’Église contre le péché […]. Afin que vous puissiez travailler avec une foi profonde et une charité constante pour aider le monde à atteindre les fruits de la réconciliation et de la paix » [01]. Alors que nous nous préparons à la fête de la Pentecôte, nous pouvons nous demander : « Quelle place l’Esprit Saint possède-t-il dans ma vie, dans mon cœur ? Suis-je capable de l’écouter ? Suis-je capable de demander l’inspiration avant de prendre une décision, de dire une parole ou de faire quelque chose ? […] Est-ce que je lui demande de me guider sur le chemin que je dois choisir dans ma vie, et aussi chaque jour ? Est-ce que je lui demande de me donner la grâce de distinguer le bon du moins bon ? […]. Demandons la grâce d’apprendre cette langue pour écouter l’Esprit Saint » [02].


L’ÉVANGILE de la messe d’aujourd’hui rapporte les adieux de Jésus lors de la Dernière Cène. Le Seigneur souhaite préparer ses disciples à ce qui va arriver quelques heures plus tard. Après l’allégorie de la vigne et des sarments, le Maître leur promet l’envoi de l’Esprit Saint. « Ses disciples lui disent : “Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu”. Jésus leur répondit : “Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul” » (Jn 16, 29-32).

« Les difficultés et les tribulations font partie de l’œuvre d’évangélisation, et nous sommes appelés à trouver dans celles-ci l’occasion de vérifier l’authenticité de notre foi et de notre relation avec Jésus. Nous devons considérer ces difficultés comme la possibilité d’être encore davantage des missionnaires et de grandir dans cette confiance en Dieu, notre Père, qui n’abandonne pas ses enfants à l’heure de la tempête » [03]. Jésus montre aux disciples qu’il connaît ce qui va arriver ; il sait qu’il devra souffrir et leur assure que, malgré tout, il continuera de s’offrir comme fondement pour que leur foi ne défaille pas. Le Christ a confiance dans l’amour du Père ; telle sera sa consolation et celle de ses disciples à l’avenir : « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi » (Jn 16, 32).

Après la Résurrection, le rappel de ces mots sera comme un baume pour les apôtres, qui vont constater que le discours du Seigneur tout entier s’était accompli. Il ne leur avait pas promis une vie sans inquiétudes ni problèmes. Il leur a annoncé, avec réalisme, leur mission apostolique. Cependant, il leur a donné la clé pour surmonter tout cela : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33). La vie du chrétien sur terre comporte un effort incessant pour lutter contre soi-même et pour trouver en Dieu le fondement de tout, pour lui confier notre joie et notre paix. « Je ne pourrai jamais connaître la vraie joie, si je n’ai pas la paix. Et qu’est-ce que la paix ? La paix est quelque chose d’intimement associé à la guerre. La paix est la conséquence de la victoire. La paix exige de moi une lutte continuelle. Sans lutte, je ne pourrai obtenir la paix » [04].


« JE VOUS AI PARLÉ ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33). Nous pouvons demander au Seigneur de nous accorder la patience et de la faire grandir en nous, un des fruits de l’Esprit Saint, « le don de comprendre que les choses importantes prennent du temps, que le changement est organique, qu’il y a des limites, et que nous devons travailler à l’intérieur de celles-ci tout en gardant les yeux sur l’horizon, comme l’a fait Jésus » [05]. La patience nous aide à « supporter l’épreuve, la difficulté, la tentation de nos misères » [06] ; elle nous aide à garder l’espérance dans notre lutte, malgré nos faiblesses. Saint Josémaria disait : « Pour ces batailles de l’âme, la stratégie est souvent une question de temps et consiste à appliquer le remède adéquat avec patience, avec obstination. Faites davantage d’actes d’espérance. Encore une fois, vous connaîtrez des défaites, ou vous passerez par des hauts et des bas dans votre vie intérieure, que Dieu veuille bien les rendre imperceptibles ! Personne ne se trouve à l’abri de ces contretemps. Mais le Seigneur, qui est tout-puissant et miséricordieux, nous a accordé les moyens appropriés pour vaincre » [07].

Devant les difficultés extérieures ou certaines contrariétés dans les rapports mutuels, le conseil de Jésus nous sera d’un grand secours : « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Si nous nous mettons à cette école, nous apprendrons à « voir les choses avec patience. Elles ne sont pas telles que nous les voulons, mais telles qu’elles viennent par la providence de Dieu : nous devons les accueillir avec joie, quelles qu’elles soient. Si nous voyons Dieu derrière tout, nous serons toujours heureux, toujours sereins. Et c’est ainsi que nous montrerons que notre vie est contemplative, sans jamais perdre notre sang-froid » [08]. Il est vrai qu’« il y a toujours des occasions où l’impatience se manifeste : les interruptions imprévues dans le travail, les retards qui nous font attendre, les petits ou grands contretemps de la vie quotidienne. Pensons immédiatement au Seigneur, parlons-lui : Jésus, tu as été plus patient avec moi ! L’impatience est, certes, une réaction instinctive, mais elle traduit aussi un manque de mortification intérieure et, à la base, un manque de charité. Au contraire, la compréhension, l’excuse, la paix, sont l’effet de l’affection pour Dieu et pour les autres. Avant tout mouvement d’impatience, essayons de sourire et de prier pour ceux qui nous interrompent, nous font attendre ou nous fatiguent à un moment donné et offrons tout cela au Seigneur avec joie […]. Jésus, avec ta grâce ; ma Mère, avec votre aide » [09].



[01]. Saint Jean Paul II, Homélie, 30 mai 1982.

[02]. Pape François, Homélie, 29 mai 2017.

[03]. Pape François, Angélus, 25 juin 2017.

[04]. Saint Josémaria, Chemin, n° 308.

[05]. Pape François, « Rêvons ensemble », Simon & Schuster, New York, 2020, p. 45.

[06]. Saint Josémaria, Lettres 2, n° 47.

[07]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 219.

[08]. Saint Josémaria, notes prises lors d’une réunion de famille, 6 juillet 1967.

[09]. Mgr Fernando Ocariz, « A la lumière de l’Évangile », Le Laurier.




Méditation 18 mai : Bienheureuse Guadalupe Ortiz de Landazuri

- Guadalupe et la vie ordinaire

- Chaque saint est une prouesse de Dieu

- La joie de suivre Dieu


« LA VIE est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d’espérance. Certes, Jésus Christ est la lumière par antonomase, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l’histoire. Mais pour arriver jusqu’à lui nous avons besoin aussi de lumières proches – de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée » [01]. Le jour de sa fête, nous regardons Guadalupe Ortiz de Landazuri pour nous remplir de joie ; elle nous montre à quel point Dieu souhaite nous faire participer de sa sainteté, ici sur terre, dans les choses ordinaires ; c’est pourquoi sa vie est une lumière particulièrement proche de nous.

« Guadalupe Ortiz de Landázuri est la première fidèle laïque de l’Opus Dei à être proposée par l’Église comme modèle de sainteté. Son fondateur, saint Josémaria, et son premier successeur, le bienheureux Álvaro, étaient déjà des modèles de sainteté. Cela nous rappelle tout particulièrement l’appel de Dieu à devenir des saints, comme l’a prêché saint Josémaria en 1928 et comme l’un des principaux enseignements du Concile Vatican II (cf. Lumen Gentium, chapitre V). C’est ce que la nouvelle bienheureuse a voulu apporter à son entourage : la conviction que l’union avec Dieu est, avec la grâce divine, à la portée de tous, dans les circonstances de la vie ordinaire » [02].

Le Seigneur ne souhaite pas que nous avancions tout seuls sur le chemin qui mène au bonheur. Il « n’abandonne jamais son Église […], il continue à susciter dans son sein des exemples de sainteté qui embellissent son visage, nous comblent d’espérance et nous montrent clairement le chemin que nous devons suivre » [03]. Nous apprenons d’elle que « la sainteté consiste à ouvrir le cœur à Dieu et à le laisser nous transformer par son amour » [04]. Le bonheur dépend étroitement de notre capacité à laisser entrer en nous la nouveauté et l’élan de Dieu. Quoi de plus sûr que de remettre notre vie entre ses mains ? Ce qui ne signifie pas se désintéresser des choses, mais tout le contraire : aller à fond avec les gens et les événements, sachant que le Seigneur s’y trouve.


« AU BOUT DE TRENTE-SEPT ans, depuis Mexico, Guadalupe écrit dans une lettre au fondateur de l’Opus Dei : “Je veux être fidèle, je veux être utile et je veux être une sainte. La réalité est que j’ai encore un long chemin à parcourir […]. Mais je ne me décourage pas, et avec l’aide de Dieu et le soutien de vous et de tous, j’espère que je serai victorieuse” (Lettre, 1er février 1954). Cette brève note, “Je veux être une sainte”, est le défi que Guadalupe a accepté pour sa vie et qui l’a remplie de bonheur. Or, pour y parvenir elle n’a pas eu à faire des choses extraordinaires. Aux yeux de son entourage, elle était quelqu’un d’ordinaire : inquiète pour sa famille, allant d’un endroit à l’autre, terminant une tâche pour en commencer une autre, essayant de corriger peu à peu ses défauts. Là, dans ces batailles qui semblent petites, Dieu accomplit de grandes actions. Il veut aussi les accomplir dans la vie de chacun d’entre nous » [05].

Saint Paul écrit aux Corinthiens : « Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien » (2 Co 9, 7-8). En voyant la vie de Guadalupe, comme ils semblent attrayants sa décision d’accomplir les suggestions du Seigneur, son courage pour se donner aux autres, son optimisme surnaturel. Son immense joie jaillissait d’un cœur amoureux, toujours en veille.

« Les exploits de Dieu ne sont pas terminés, sa puissance continue à se manifester dans l’histoire. Saint Josémaria aimait rappeler les paroles du prophète Isaïe : Non est abbreviata manus Domini (Is 59, 1) : “Le bras du Seigneur n’est pas trop court : Dieu n’est pas moins puissant aujourd’hui qu’autrefois” (Quand le Christ passe, n° 130). Le Seigneur lui-même veut continuer à se manifester de nombreuses manières, y compris à travers les saints. Chaque saint est une prouesse de Dieu, une manière de se rendre présent dans notre monde ; c’est “le plus beau visage de l’Église” (Gaudete et exultate, n. 9) » [06]. Nous sommes appelés à refléter nous aussi ce beau visage dans notre vie personnelle.


« GUADALUPE était toujours joyeuse parce qu’elle laissait Jésus la guider et remplir son cœur. Dès qu’elle a vu que Dieu l’appelait à se sanctifier sur le chemin de l’Opus Dei, elle a eu conscience que cette mission n’était pas simplement un nouveau projet terrestre, certes, passionnant. Elle s’est rendu compte que c’était quelque chose de surnaturel, quelque chose que Dieu avait depuis toujours préparé pour elle. Et, se laissant conduire par cette certitude de la foi, Dieu l’a récompensée par une fécondité qu’elle ne pouvait même pas soupçonner et par un bonheur - le centuple que Jésus a promis à ses disciples - que nous pouvons percevoir dans ses lettres […].

Chercher en tout ses propres goûts et son propre confort pourrait sembler être la clé de la joie. Or, il n’en est rien. Jésus-Christ rappelle que celui qui veut être le premier, doit être le serviteur de tous (cf. Mc 9,35) ; que lui-même est venu sur terre pour servir (cf. Mt 20,28) ; et il a insisté, à un autre moment, sur le fait que sa place parmi les hommes est “comme celui qui sert” (Lc 22,27). Et lors de la Dernière Cène, il s’est mis à genoux devant ses apôtres pour laver les pieds de chacun d’eux, puis il leur a dit : “Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres […]. Si vous comprenez cela et le faites, vous serez bienheureux” (Jn 13, 14-17). Guadalupe a pu aussi atteindre cette joie, qui se manifeste dans ses écrits et dans sa vie, parce que chaque matin, à son réveil, son premier mot, adressé au Seigneur, était : Serviam ! je servirai ! Et c’était une résolution qu’elle voulait vivre à chaque moment de la journée. La joie de Guadalupe jaillissait de son union avec Jésus-Christ, qui l’amenait à s’oublier elle-même, cherchant à comprendre tout le monde » [07].

Nous aussi, nous voulons suivre le Seigneur de la sorte. Guadalupe est allée d’un endroit à l’autre, d’une occupation à une autre, avec détermination, comme si elle écoutait, à chaque fois, au fond de son âme, le « suis-moi » de la vocation. « Lorsque nous découvrons, par la foi, la grandeur de la volonté de Dieu, “nous recevons des yeux nouveaux, nous faisons l’expérience qu’en lui il y a une grande promesse de plénitude, et notre regard s’ouvre sur l’avenir” (Lumen fidei, n° 4). Guadalupe, se souvenant du moment où elle a rencontré saint Josémaria pour la première fois, écrit : “J’ai eu la sensation très nette que Dieu me parlait à travers ce prêtre […]. J’ai ressenti une grande foi, comme un fort reflet de la sienne. Demandons au Seigneur, par l’intercession de Guadalupe, de nous donner et de perfectionner ces nouveaux yeux de la foi, afin que nous puissions regarder notre avenir comme lui » [08].



[01]. Benoît XVI, Spe salvi, n° 49.

[02]. Mgr Fernando Ocariz, Homélie, 19 mai 2019.

[03]. Pape François, Lettre à Mgr Fernando Ocariz, 12 avril 2019.

[04]. Ibid.

[05]. Mgr Fernando Ocariz, Homélie, 19 mai 2019.

[06]. Ibid.

[07]. Mgr Fernando Ocariz, Homélie, 19 mai 2019.

[08]. Ibid.




Méditation : Mercredi de la 7ème Semaine de Pâques

- Chercher l'unité par la prière

- La crainte de Dieu est un don pour les enfants de Dieu

- Pour abhorrer le péché et nous ouvrir à la sainteté


À LA FIN de sa prière sacerdotale, Jésus prie le Père pour l’unité de ses disciples : « Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes » (Jn 17, 11). C’est une intention permanente tout au long des siècles : que tous les chrétiens ne forment qu’une unité.

« L’unité est avant tout un don, c’est une grâce à demander par la prière. Chacun de nous en a besoin. En effet, nous nous apercevons que nous ne sommes même pas capables de sauvegarder l’unité en nous-mêmes. L’apôtre Paul ressentait également en lui un conflit déchirant : vouloir le bien et être enclin au mal (cf. Rm 7,19). Il avait ainsi saisi que la racine de nombreuses divisions qui sont autour de nous – entre les personnes, en famille, dans la société, entre les peuples et aussi entre les croyants – est en nous. Le Concile Vatican II affirme que “les déséquilibres qui travaillent le monde moderne sont liés à un déséquilibre plus fondamental qui prend racine dans le cœur même de l’homme. C’est en l’homme lui-même, en effet, que de nombreux éléments se combattent. […] En somme, c’est en lui-même qu’il souffre d’une division, et c’est de là que naissent au sein de la société tant et de si grandes discordes” (Gaudium et spes, n. 10). La solution aux divisions n’est donc pas de s’opposer à quelqu’un, car la discorde engendre la discorde. Le vrai remède commence en demandant à Dieu la paix, la réconciliation, l’unité » [01].

« La recherche de la pleine unité requiert un débat sur la foi entre croyants qui se réclament de l’unique Seigneur ; c’est pourquoi la prière est une source de lumière sur la vérité à accueillir dans sa totalité. De plus, loin d’être confinée dans un cercle de spécialistes, la recherche de l’unité concerne tout baptisé grâce à la prière. Tous, indépendamment de leur rôle dans l’Église et de leur formation culturelle, peuvent apporter leur contribution active, de manière mystérieuse et profonde » [02].


LA PRIÈRE SOLENNELLE que Jésus adresse à son Père se poursuit peu avant sa passion : « Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde » (Jn 17, 17-18). Ce qui nous encourage, tout en nous rappelant nos responsabilités, c’est le fait que Jésus a prié pour la sainteté de ses disciples et qu’il la place comme fondement de la mission qu’il nous confie. Or, il est allé plus loin : après la résurrection, il leur a envoyé l’Esprit Saint qui crie : « “Abba !”, c’est-à-dire : Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils » (Ga 4, 6-7). Nous sommes enfants de Dieu, appelés à nous sanctifier. Ce contexte de filiation divine permet de comprendre l’importance de la « crainte de Dieu », don de l’Esprit Saint, annoncé dans les psaumes : « La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours » (Ps 18, 10), « la sagesse commence avec la crainte du Seigneur » (Ps 110, 10). Saint Josémaria a écrit que la crainte de Dieu « est vénération de l’enfant pour son Père, jamais crainte servile parce que Dieu ton Père n’est pas un tyran » [03].

La crainte de Dieu, en tant qu’abandon plein de confiance à la bonté d’un Père riche en miséricorde, ouvre des nouvelles perspectives dans notre combat spirituel. Elle « nous rappelle combien nous sommes petits face à Dieu et à son amour et que notre bien réside dans l’abandon, avec humilité, avec respect et confiance, entre ses mains. […] Elle prend en nous la forme de la docilité, de la reconnaissance et de la louange, en emplissant notre cœur d’espérance. En effet, tant de fois, nous ne réussissons pas à saisir le dessein de Dieu, et nous nous apercevons que nous ne sommes pas capables de garantir pour nous-mêmes le bonheur et la vie éternelle. C’est précisément dans l’expérience de nos limites et de notre pauvreté, toutefois, que l’Esprit nous réconforte et nous fait percevoir que la seule chose importante est de nous laisser conduire par Jésus entre les bras de son Père » [04]. La crainte de Dieu nous rend conscients de nos limites en tant que créatures, au point que nous avons la possibilité de ne pas profiter de quelque chose de vraiment grand. La sainte crainte de Dieu comporte une certaine insatisfaction qui nous amène à être attentifs à ce Dieu qui continue de passer près de nous.


« ET POUR EUX je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité » (Jn 17, 19). Dans le droit fil de ces propos, saint Josémaria disait que nous avons le devoir « d’être saints pour sanctifier » [05]. Bien conscients de la priorité de la grâce, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous remplir de la crainte de Dieu, pour être ainsi plus humbles et plus dociles à ses inspirations : « L’Esprit Saint ouvre les cœurs. Un cœur ouvert afin que le pardon, la miséricorde, la bonté, les caresses du Père viennent à nous, car nous sommes ses fils infiniment aimés. Lorsque nous sommes envahis par la crainte de Dieu, alors nous sommes portés à suivre le Seigneur avec humilité, docilité et obéissance » [06].

Nous sommes enfants de Dieu, ayant reçu pour mission de réconcilier le monde avec Dieu, de le conduire à son parfait bonheur. La crainte de Dieu ne nous rapetisse pas, elle « ne fait pas de nous des chrétiens timides, soumis, mais engendre en nous courage et force ! C’est un don qui fait de nous des chrétiens convaincus, enthousiastes, qui ne sont pas soumis au Seigneur par peur, mais parce qu’ils sont émus et conquis par son amour ! » [07] Une autre conséquence dans l’âme est le rejet de ce qui pourrait offenser notre Père bien-aimé : « N’oublie pas, mon enfant, que pour toi, sur terre, il n’est qu’un mal à craindre et à éviter par la grâce divine : le péché » [08].

Ayons recours à la Très Sainte Vierge, comblée de grâce, pour qu’elle nous obtienne auprès de Dieu « le don de crainte, qui nous fait abhorrer tout péché et imprime dans notre cœur l’esprit d’adoration et une profonde et sincère humilité » [09].



[01]. Pape François, Audience générale, 20 janvier 2021.

[02]. Saint Jean Paul II, Ut unum sint, n° 70.

[03]. Saint Josémaria, Chemin, n° 435.

[04]. Pape François, Audience générale, 11 juin 2014.

[05]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9.

[06]. Pape François, Audience générale, 11 juin 2014.

[07]. Ibid.

[08]. Saint Josémaria, Chemin, n° 386.

[09]. Saint Josémaria, Consécration à l’Esprit Saint.




Méditation : Jeudi de la 7ème semaine de Pâques

- La grandeur du don de Dieu

- L'Esprit Saint nous renouvelle toujours

- La longanimité nous fait sortir de la peur


AVANT DE MONTER sur la croix par amour pour chaque homme et chaque femme, Jésus veut nous élever à la hauteur de son amour. Il veut, en quelque sorte, nous hisser à son niveau, nous faire don de tout ce qu’il possède, de tout ce qu’il a reçu. C’est pourquoi il nous offre son intimité avec Dieu le Père. « Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée » (Jn 17, 22), lisons-nous dans l’évangile de la messe d’aujourd’hui. Jésus veut que le Père nous regarde avec la même fierté avec laquelle il le regarde, lui. Pour hériter de ce patrimoine, il est important de comprendre, avant tout, que « Dieu est don, qu’il ne se comporte pas en prenant, mais en donnant. Pourquoi est-ce important ? Parce que de la manière dont nous entendons Dieu, dépend notre façon d’être croyants […] Si nous avons dans le cœur Dieu qui est don, tout change. Si nous nous rendons compte que ce que nous sommes est son don, don gratuit et immérité, alors nous aussi, nous voudrons faire de la même vie un don » [01].

Jésus nous fait don de l’Esprit Saint, donateur de tous les dons, de l’amour qui existe entre Dieu le Père et lui. Et avec le Paraclet, il nous accorde un de ses fruits : la longanimité, qui est grandeur d’âme face aux difficultés. « Beaucoup de grandes choses dépendent de ce que, toi et moi, nous nous comportions selon la Volonté de Dieu. Ne l’oublie pas » [02], disait saint Josémaria. Nous sommes invités à recevoir un amour infini. Or, souvent, notre réceptivité n’est pas en harmonie avec le désir de s’élargir que notre cœur a reçu. Il se peut que nous nous concentrions trop sur nos faiblesses et nos péchés. Cependant, l’Esprit Saint nous pousse toujours à lever les yeux, à contempler l’horizon, à nous relever avec plus de forces. Ce ne sont pas nos seules forces qui atteignent la sainteté, ce n’est même pas là le plus important : c’est Dieu qui fait que le don de nous-mêmes, la petite graine de sénevé, se multiplie et parvienne à offrir son ombre à un grand nombre.


« QUAND LA VIE de nos communautés traverse des périodes “d’essoufflement”, où on préfère la quiétude de la maison à la nouveauté de Dieu, c’est un mauvais signe. Cela veut dire qu’on cherche un refuge contre le vent de l’Esprit. Quand on vit pour l’autoconservation et qu’on ne va pas vers ceux qui sont loin, ce n’est pas bon signe. L’Esprit souffle, mais nous baissons pavillon. Pourtant tant de fois nous l’avons vu faire des merveilles. Souvent, précisément dans les moments les plus obscurs, l’Esprit a suscité la sainteté la plus lumineuse ! Parce qu’il est l’âme de l’Église, il la ranime toujours par l’espérance, la comble de joie, la féconde de nouveautés, lui donne des germes de vie. C’est comme quand, dans une famille, naît un enfant : il bouleverse les horaires, fait perdre le sommeil, mais il apporte une joie qui renouvelle la vie, en la faisant progresser, en la dilatant dans l’amour. Voilà, l’Esprit apporte une “saveur d’enfance” dans l’Église ! Il réalise des renaissances continuelles. Il ravive l’amour des débuts. L’Esprit rappelle à l’Église que, malgré ses siècles d’histoire, elle a toujours vingt ans, la jeune Épouse dont le Seigneur est éperdument amoureux. Ne nous lassons pas alors d’inviter l’Esprit dans nos milieux, de l’invoquer avant nos activités : “Viens, Esprit Saint !” » [03]

L’Église avance vers la Pentecôte animée de l’espérance d’atteindre ce don. Elle voudrait se remplir de longanimité : « Ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s’accomplisse… », disons-nous au cours de la sainte messe. Nous ne voulons pas nous laisser distraire par une vue de courte portée. Nous voulons fixer notre regard sur quelque chose de définitif, sur ce qui ne passe pas, sur l’amour de Dieu pour chacun de nous. Saint Josémaria nous encourageait toujours à regarder l’horizon : « Ne contemplez rien avec des yeux uniquement humains, mes filles et mes fils. Ne regardez pas en appuyant votre nez sur le mur, car vous ne verriez alors qu’un petit mur, un peu de terre et le bout de vos chaussures, qui ne seront même pas propres car elles auront été souillées par la poussière de la route. Levez la tête, vous verrez le ciel, bleu ou nuageux, mais qui attend votre envol. Les obstacles de la sensualité, de l’orgueil, de la vanité, en un mot de l’idiotie humaine, ne sont pas si hauts qu’ils puissent, si nous ne le voulons pas, boucher complètement notre vue » [04].


« JE LEUR AI FAIT connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26), poursuit Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui. Par moments, nous sommes frappés par le fait que les apôtres, choisis par le Christ de toute éternité, n’étaient pas parfois assez conscients de ce qui arrivait autour d’eux. Or, en réalité, c’est aussi bien souvent notre propre attitude, nous qui nous laissons distraire par ce qui est immédiat : « Très souvent, notre vie est organisée dans une logique de l’avoir, de la possession et non du don de soi. Beaucoup croient en Dieu et admirent la figure de Jésus Christ, mais quand il leur est demandé de perdre quelque chose d’eux-mêmes, alors ils font un pas en arrière, ils ont peur des exigences de la foi. Il y a la crainte de devoir renoncer à quelque chose de beau, auquel nous sommes attachés ; la crainte que suivre le Christ nous prive de la liberté, de certaines expériences, d’une part de nous-mêmes. […]. Nous devons savoir reconnaître que perdre quelque chose, et même soi-même pour le vrai Dieu, le Dieu de l'amour et de la vie, c’est en réalité gagner, se retrouver plus pleinement. Qui s’en remet à Jésus fait l’expérience déjà dans cette vie-là de la paix et de la joie du cœur, que le monde ne peut pas donner, et ne peut pas non plus ôter une fois que Dieu nous les a offertes. Il vaut donc la peine de se laisser toucher par le feu de l'Esprit Saint ! » [05]

À l’opposé de la longanimité, nous trouvons la peur, la pusillanimité, le désir de tout contrôler, de ne prendre aucun risque. Se laisser dominer par la peur ? Rien de plus facile, mais nous pouvons pressentir où mène cette voie. L’Esprit délivre nos cœurs de la peur. Il transforme notre vie, mais il le fait à sa manière : « Le changement de l’Esprit est différent : il ne révolutionne pas la vie autour de nous, mais il change notre cœur ; il ne nous libère pas d’un seul coup des problèmes, mais il nous libère intérieurement pour les affronter ; il ne nous donne pas tout immédiatement, mais il nous fait marcher avec confiance […] Comment procède-t-il ? En renouvelant le cœur, en le transformant de pécheur en pardonné. Voilà le grand changement : de coupables, il nous fait devenir des justes et ainsi tout change, car esclaves du péché nous devenons libres, serviteurs nous devenons des fils, marginalisés nous devenons des personnes importantes, déçus nous devenons des personnes remplies d’espérance. Ainsi, l’Esprit Saint fait renaître la joie, il fait ainsi fleurir la paix dans le cœur » [06].

« Mon âme exalte le Seigneur » (Lc 1, 46). Nous demandons à notre Mère de nous aider à découvrir comme elle la grandeur du Seigneur et à nous laisser enflammer par le feu de l’Esprit, afin de mettre ainsi le feu partout sur la terre.



[01]. Pape François, Homélie, 31 mai 2020.

[02]. Saint Josémaria, Chemin, n° 755.

[03]. Pape François, Homélie 31 mai 2020.

[04]. Saint Josémaria, notes prises lors d’une réunion de famille, 25 juin 1972.

[05]. Benoît XVI, Homélie, 23 mai 2010.

[06]. Pape François, Homélie, 20 mai 2018.




Méditation : Vendredi de la 7ème semaine de Pâques

- La douceur est un fruit de l'Esprit Saint

- Le joug de Dieu est doux

- Les doux posséderont la terre


SAINT PAUL énumère la douceur parmi les fruits de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 23). Saint Thomas d’Aquin signale que la douceur « réprime l’emportement de la colère » [01]. Peut-être nous sommes-nous souvent demandé pourquoi certaines situations ou certaines personnes nous agacent. Parfois, nous sommes pris de court par un sentiment de colère ou bien nous sentons qu’elle est en train de naître dans notre cœur. Il est clair qu’elle peut être présente dans notre vie et menacer efficacement notre paix et la paix de ceux qui nous entourent.

Un des effets de la colère est d’« empêcher au plus haut point, à cause de son impétuosité, l’esprit de l’homme de juger librement de la vérité » [02]. Par conséquent, un premier pas pour la surmonter est de se connaître le mieux possible : savoir comment sont nos coups de colère, comment ils se produisent, comment ils arrivent et disparaissent. Cette connaissance, accompagnée de la grâce que nous demandons à Jésus, « doux et humble de cœur », constitue un fondement solide pour livrer ces combats et parvenir à la paix intérieure. Notre comportement n’est pas spontané mais se prépare dans le cœur, parfois inconsciemment. Un obstacle, souvent difficile à déceler, ce sont les jugements que nous portons sur nous-mêmes ou sur les autres, spécialement les jugements critiques ou négatifs.

D’un côté, notre mission n’est pas de juger les autres ; nous ne voulons pas devenir comme des dieux dans cette tâche, nous préférons regarder les autres comme des enfants du même Père et penser au bonheur qu’ils atteindront dans le ciel. D’un autre côté, la critique de nous-mêmes sans espérance peut facilement devenir le bouillon de culture de la colère. Si je me sens jugé, si j’éprouve de la frustration devant les résultats obtenus, il est facile que ces sentiments aient une influence sur la manière dont je gère les événements de la journée. C’est pourquoi, les coups de colère peuvent servir à prendre conscience que notre cœur a besoin de calme et de paix intérieure. Nous demandons à l’Esprit Saint de nous aider à bien connaître les ressorts les plus cachés de nos actions.


DANS L’ÉVANGILE de la messe d’aujourd’hui, saint Pierre reçoit une aide inestimable de son Maître. Jésus veut guérir son cœur, il veut lui rappeler qu’il ne nourrit aucun ressentiment et que sa trahison ne sera pas un obstacle pour accomplir la mission qu’il souhaite lui confier. À trois reprises, pour réparer les trois reniements, il lui demande s’il l’aime. Il le fait avec délicatesse, graduellement. Chaque question s’accompagne d’une confirmation de sa confiance absolue dans les bonnes intentions de l’apôtre. Il compte sur lui, tel qu’il est, pour qu’il aide ses frères. En lui, nous trouvons en quelque sorte la mission que Dieu nous a confiée à chacun : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » (Mt 11, 29-30).

Nous pouvons nous demander : « Qu’est-ce que ce “joug” qui au lieu de peser soulage, et au lieu d’écraser soutient ? » [03] Certes, Pierre s’attriste en écoutant à trois reprises la question portant sur son amour pour Jésus, puisqu’elle lui rappelle sa trahison. Or, avec le temps et l’aide de l’Esprit Saint, cet entretien est devenu un stimulant pour sa sérénité. L’éclat du regard de Jésus a fini par le convaincre qu’il lui pardonnait de tout cœur ; en outre, il ne lui a pas fait de reproche sur son comportement, même s’il l’avait prévenu. La confiance du Christ en Pierre ne s’était pas raccourcie mais était devenue plus forte. C’était le joug doux qui le soulageait dans sa mission.

Alors, l’apôtre, malgré la tristesse éprouvée à cause de ce souvenir si amer, a trouvé finalement le repos. Les eaux troubles de son âme se sont calmées grâce aux propos et au regard de Jésus. Il a cessé de se juger comme il l’avait fait jusqu’à ce moment. Jésus souhaite que sa charge personnelle elle aussi soit légère. Lorsque nous nous laissons aimer de Dieu, nous découvrons que « le joug c’est la liberté, le joug c’est l’amour, le joug c’est l’unité, le joug c’est la vie qu’il nous a gagnée sur la Croix » [04]. En même temps que la vérité de sa trahison, saint Pierre découvrait toute l’affection, la compréhension et la confiance que le Christ lui faisait : telle était sa vérité définitive.


JÉSUS AVAIT promis que les doux posséderaient la terre (cf. Mt 5, 5). Maintenant il montre à Pierre comment accéder à ce trésor. La possession de la terre est le paradis promis, le repos éternel, la béatitude pleine et complète, le ciel. Là, personne ne se sentira jugé, car tous contempleront dans l’enthousiasme la complaisance divine. Ce repos n’est pas un repos mérité en raison du dur travail accompli par quelqu’un qui a été fidèle ; ce serait déjà beaucoup, mais le ciel est infiniment plus grand. « Pouvez-vous imaginer ce que ce sera d’arriver là et de rencontrer Dieu et de voir cette beauté, cet amour qui se déverse dans nos cœurs, qui satisfait sans rassasier ? » [05]

Au moment où nous perdons la paix devant nos faiblesses, nous pouvons mettre en pratique un conseil bien connu de saint Josémaria : « Sérénité : pourquoi se mettre en colère, si, en se mettant en colère, on offense Dieu, on ennuie son prochain, on passe soi-même un mauvais moment, on n’arrange pas les choses..., et qu’à la fin il faut se calmer ? » [06] En outre, si nous ne permettons pas à Dieu de nous pardonner, nous finissons par déranger les autres : c’est en cela que consiste la colère. Nous pouvons demander au Paraclet son secours : « Esprit Saint, vent impétueux de Dieu, souffle sur nous. Souffle dans nos cœurs et fais-nous respirer la tendresse du Père. Souffle sur l’Église et pousse-la vers les confins lointains afin que, guidée par toi, elle n’apporte rien d’autre que toi. Souffle sur le monde la tiédeur délicate de la paix et la fraicheur rénovatrice de l’espérance. Viens, Esprit Saint, change-nous intérieurement et renouvelle la face de la terre ! » [07]

Pierre, après cet entretien, a accompli ce que Jésus lui a une nouvelle fois demandé : « Suis-moi » (Jn 21, 19). Nous demandons à notre Mère, épouse de l’Esprit Saint, de nous aider à être doux et de nous pousser à semer la paix et la joie jusqu’au dernier recoin de la terre.



[01]. Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, q. 157, a. 1.

[02]. Ibid.

[03]. Benoît XVI, Angélus, 3 juillet 2011.

[04]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 31.

[05]. Saint Josémaria, Bulletin d’information sur le procès en béatification du Serviteur de Dieu, n° 1, p. 5.

[06]. Saint Josémaria, Notes intimes, n° 881.

[07]. Pape François, Homélie, 20 mai 2018.




Méditation : Samedi de la 7ème semaine de Pâques

- L'Esprit Saint nous dévoile l'amour de Dieu

- L'amour de Dieu renouvelle, pardonne et donne des forces

- Donner et accueillir l'amour de Dieu


« IL Y A ENCORE beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait » (Jn 21, 25). L’amour de Dieu ne tient pas dans un livre ni dans une formule. Il n’y a pas de mots pour l’expliquer ; car il est ineffable, nous ne pouvons pas le saisir totalement ni l’enfermer dans nos schémas mentaux. L’amour est un des fruits de l’Esprit Saint et c’est précisément à lui que nous devons demander, en cette veille de sa fête, de nous parler de cet amour. C’est lui qui nous rappellera, jour après jour, qu’« une œuvre du Christ est une œuvre d’amour :amour de Celui qui s’est offert, amour du Père qui l’a donné » [01]. Le mot amour est si souvent employé que nous pouvons avoir parfois l’impression qu’il a perdu de sa force. Cependant, le Paraclet saura faire vibrer dans notre âme l’unique amour qui ne connaît ni trahison ni fatigue.

Saint Clément Romain écrit, à la fin du 1er siècle : « Qui pourra expliquer correctement le lien que l’amour divin établit ? Qui pourra rendre compte de la grandeur de sa beauté ? L’amour nous élève à des hauteurs ineffables. L’amour nous unit à Dieu, l’amour couvre la multitude des péchés, l’amour supporte tout, supporte tout avec patience ; il n’y a rien de sordide ni de hautain en lui ; l’amour n’admet pas les divisions, ne favorise pas la discorde, mais fait tout dans la concorde […]. Par amour pour nous, notre Seigneur Jésus-Christ, accomplissant la volonté du Père, a donné son sang pour nous, sa chair pour notre chair, sa vie pour notre vie. Vous voyez, frères bien-aimés, combien l’amour est grand et admirable et combien sa perfection est indicible. Personne n’est capable de la pratiquer correctement, si Dieu ne lui accorde pas ce don » [02]

Nous avons cherché, peut-être trop souvent, des succédanés, ou nous avons pensé ne pas avoir besoin de cette affection. Trop souvent, comme le fils prodigue et son frère, nous avons rêvé d’un bonheur loin de notre Père et de notre foyer. Conscients de notre fragilité, nous pouvons faire appel au Paraclet pour qu’il nous fasse savourer l’amour que Dieu veut nous offrir. « Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu » (1 Co 2, 10). De quelles profondeurs notre cœur est-il invité à jouir ? « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9), a dit Jésus. Nous ne voulons pas quitter cet amour.

« VOICI en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés » (1 Jn 4, 10). Nous pouvons « tout d’abord, penser à ce que Dieu a fait et fait pour moi, ne pas prétendre fonder ma sécurité sur ce que j’ai fait et je fais pour Dieu, car ce sera toujours peu (mes pauvres choses). En réalité, ce que je fais sera un don de Dieu » [03]. Nous pourrions, presque d’instinct, succomber à la tentation de concevoir et de vivre notre rapport à Dieu comme si nous n’en avions pratiquement pas besoin. Or, la dynamique de l’amour de Dieu est bien différente. « Toutes les bonnes choses viennent du Seigneur, et sans lui, vous ne pouvez pas commencer et perfectionner non seulement un peu, mais absolument rien » [04]. C’est pourquoi il est encore plus important dans ce domaine d’être guidé par un maître qui nous conseille. Saint Josémaria était fermement persuadé d’avoir besoin de l’Esprit Saint : « Je sens l’Amour en moi, et je veux Le fréquenter, être son ami, son confident, lui faciliter le travail de polir, d’arracher, d’allumer… Pourtant je ne saurai pas le faire, c’est Lui qui m’en donnera les forces, c’est lui qui fera tout, si je veux… et je veux ! Hôte Divin, Maître, Lumière, Guide, Amour : que cette pauvre âme sache te faire bon accueil, et écouter tes leçons, et s’enflammer, et te suivre et t’aimer. Résolution : entretenir, sans interruption si possible, l’amitié et la fréquentation amoureuse et docile avec l’Esprit Saint. Veni Sancte Spiritus ! » [05]

Nous pouvons formuler la même résolution et permettre à l’Esprit de rendre plus fort notre cœur. Un lieu privilégié pour bien nous disposer à son action est la confession : «Le Malin nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l’Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Le fait de montrer du doigt et le jugement que nous utilisons à l’encontre des autres sont souvent un signe de l’incapacité à accueillir en nous notre propre faiblesse, notre propre fragilité. […] C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse. Paradoxalement, le Malin aussi peut nous dire la vérité. Mais s’il le fait, c’est pour nous condamner. Nous savons cependant que la Vérité qui vient de Dieu ne nous condamne pas, mais qu’elle nous accueille, nous embrasse, nous soutient, nous pardonne» [06].


IL SE PEUT que, souvent, dans nos relations avec Dieu nous fassions davantage attention à ce que nous donnons qu’à ce que nous recevons, bien sûr inconsciemment. C’est un angle d’attaque qui nous limite parce que, involontairement, nous nous plaçons face à Dieu au lieu de nous mettre à côté de lui. Il est important de purifier, toujours plus, l’image de Dieu que nous nous sommes formée. « Si nous avons à l’esprit un Dieu qui prend, qui s’impose, nous voudrons nous aussi prendre et nous imposer : occuper des espaces, réclamer de la considération, rechercher du pouvoir. Mais si nous avons dans le cœur Dieu qui est don, tout change. […] L’Esprit, mémoire vivante de l’Église, nous rappelle que nous sommes nés d’un don et que nous grandissons en nous donnant ; non pas en nous conservant, mais en nous donnant » [07].

Il peut aussi nous arriver de faire attention à ce que nous recevons, mais en le considérant comme un droit. « Regardons-nous du dedans et demandons-nous, qu’est ce qui nous empêche de nous donner. Il existe, disons, trois ennemis du don, les principaux, trois, tapis toujours à la porte de notre cœur : le narcissisme, le fait de se poser en victime et le pessimisme. Le narcissisme fait s’idolâtrer soi-même, il fait se complaire seulement de ses propres intérêts. […] Le fait de se poser en victime, est dangereux. Celui qui se prend pour une victime se plaint tous les jours de son prochain : “Personne ne me comprend, personne ne m’aide, personne ne m’aime, tous sont contre moi !” Que de fois avons-nous entendu ces lamentations ! […] Enfin il y a le pessimisme. Ici la litanie quotidienne est : “Rien ne va bien, la société, la politique, l’Église…”. Le pessimiste s’en prend au monde, mais il reste inerte et pense : “De toute façon à quoi sert-il de donner ? C’est inutile” » [08].

Nous demandons à la Vierge Marie de nous apprendre à accueillir l’amour divin comme elle l’a fait, en faisant nôtres quelques mots de saint Josémaria : « À cause de tes chutes involontaires — chutes d’enfant — Dieu ton Père ne te portera que plus d’attention, sans oublier que la main affectueuse de Marie ta Mère ne lâchera pas la tienne. Profites-en, et lorsque chaque jour le Seigneur te relève, embrasse-le de toutes tes forces et pose ta pauvre tête sur sa poitrine ouverte, pour que les battements de son Cœur infiniment aimable achèvent de te rendre fou » [09].



[01]. Benoît XVI, Homélie, 4 juin 2006.

[02]. Saint Clément Romain, Lettre aux Corinthiens, ch. 49-50.

[03]. Mgr Fernando Ocariz, A la lumière de l’Évangile.

[04]. Saint Bernard, In festivitate Pentecostes sermo, 2, 6.

[05]. Saint Josémaria, Notes intimes, n° 864.

[06]. Pape François, Patris corde, n° 2.

[07]. Pape François, Homélie, 31 mai 2020.

[08]. Ibid.

[09]. Saint Josémaria, Chemin, n° 884.




Méditation : Dimanche de la Pentecôte

- L'Esprit Saint met en route notre mission et lui donne l'impulsion

- Avec le Paraclet, le pardon nous est accordé

- La vie et la force de Dieu nous sont accordées dans l'Esprit Saint


ON POURRAIT DIRE que la fête de la Pentecôte met un terme à la mission de Jésus sur cette terre et lance la nôtre, encouragés, poussés et soutenus par son Esprit. Notre mission est celle que le Père avait confiée à son Fils : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20, 21). Nous nous remplissons de gratitude devant un tel don et nous souhaitons que le feu qui brûlait dans le cœur de Jésus-Christ ne s’éteigne pas mais provoque en nous l’incendie dont il a rêvé et qu’il souhaite. Nous voulons que les petites langues de feu qui sont apparues au-dessus de la tête des apôtres, et dans notre âme, se propagent jusqu’au dernier recoin de la terre. Nous sommes heureux à l’idée d’être des coopérateurs des plans divins pour remplir le monde de la chaleur que le Sauveur est venu nous offrir.

Nous ne sommes pas seuls pour accomplir notre mission, car nous comptons sur une aide inestimable. Jésus nous l’avait promis en affirmant qu’il ne nous laisserait pas orphelins et il a tenu parole (Jn 14, 18). « L’Esprit Saint vainc la peur. Nous savons que les disciples s’étaient réfugiés au Cénacle après l’arrestation de leur Maître et y étaient restés enfermés par peur de subir le même sort. Après la résurrection de Jésus, leur peur ne disparaît pas à l’improviste. Mais voilà qu’à la Pentecôte, lorsque l’Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n’avaient pas peur, parce qu’ils se sentaient entre les mains du plus fort. Oui, chers frères et sœurs, l’Esprit de Dieu, là où il entre, chasse la peur ; il nous fait savoir et sentir que nous sommes entre les mains d’une Toute-Puissance d’amour : quoi qu’il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas. C’est ce que montrent le témoignage des martyrs, le courage des confesseurs de la foi, l’élan intrépide des missionnaires, la franchise des prédicateurs, l’exemple de tous les saints, certains même adolescents et enfants. C’est ce que révèle l’existence même de l’Église, qui, en dépit des limites et des fautes des hommes, continue de traverser l’océan de l’histoire, poussée par le souffle de Dieu, et animée par son feu purificateur » [01].

Il se peut que, parfois, nous nous sentions orphelins, mais nous ne voulons pas nous laisser paralyser par cette pensée, sachant qu’elle vient de l’ivraie que le diable essaie de semer au beau milieu du bon blé de l’amour auquel nous sommes appelés. Se sentir orphelin, ce n’est pas pactiser avec cette idée, mais l’occasion de nous rappeler, avec l’aide de l’Esprit Saint, que nous sommes des enfants bien-aimés. Suivant saint Josémaria, nous voudrions entrer dans cette source inépuisable de grâce : « La gloire pour moi, c’est l’amour, c’est Jésus et, avec lui, le Père, mon Père, et l’Esprit Saint, mon sanctificateur » [02]. C’est dans l’intimité de la Trinité que trouvent leur place et leur solution nos craintes et nos angoisses.


LA PREMIÈRE FOIS que nous avons marché tout seuls, peut-être en quittant les bras de notre père ou de notre mère, nous ne savions pas ce qui allait nous arriver, puisque c’était la première fois. Mais pour nous, le fait de savoir qu’ils étaient tout près, devant ou derrière, c’était suffisant. Lorsqu’ils nous ont serré contre eux après notre prouesse, nous avons compris que la prise de risque est quelque chose de merveilleux. Nous pouvons demander à l’Esprit Saint d’enflammer notre volonté pour que, de manière analogue, nous partagions les désirs divins de semer partout dans le monde la paix et la joie. La prière est le lieu privilégié pour écouter sa voix et donner une suite à ses désirs et à sa volonté. « La prière est un don que nous recevons gratuitement ; elle est un dialogue avec Lui dans le Saint-Esprit, qui prie en nous et nous permet de nous adresser à Dieu en l’appelant Père, Papa, Abbà (cf. Rm 8, 15 ; Ga 4, 4 ) et cela n’est pas seulement une “façon de parler”, mais c’est la réalité, nous sommes réellement des fils de Dieu. “En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Rm 8, 14) » [03].

Parfois nous subissons la tentation, peut-être inconsciente, de vivre comme si Dieu s’éloignait de nous à cause de nos péchés ou de nos trahisons. Cependant, il nous surprend mille et une fois par sa réaction devant notre fragilité. « Jésus Ressuscité, en apparaissant pour la première fois aux siens, dit : “Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis” (Jn 20, 22-23). Jésus ne condamne pas les siens, qui l’avaient abandonné et renié durant la passion, mais il leur donne l’Esprit du pardon. L’Esprit est le premier don du Ressuscité et il est donné avant tout pour pardonner les péchés. Voilà le commencement de l’Église, voilà la colle qui nous maintient ensemble, le ciment qui unit les briques de la maison : le pardon. Car, le pardon est le don à la puissance n, c’est le plus grand amour, celui qui garde uni malgré tout, qui empêche de s’effondrer, qui renforce et consolide. Le pardon libère le cœur et permet de recommencer : le pardon donne l’espérance ; sans pardon l’Église ne s’édifie pas » [04].


L’ESPRIT SAINT veut nous remplir de force pour que nous puissions jouir de la mission qu’il nous confie. Saint Josémaria nous montre les dommages de l’absence de fondations solides que constitue cette grâce divine. « Les attaques contre la foi mettent par terre l’édifice spirituel. La tentation contre l’espérance est déroutante. Or, la pensée ferme que Dieu ne m’aime pas et que je ne l’aime pas à mon tour détruit tout et, même physiologiquement, laisse le cœur vide » [5].

Heureusement, la solution est à portée de la main de tous : « Aujourd’hui donc, nous apprenons ce qu’il faut faire quand nous avons besoin d’un vrai changement. Qui d’entre nous n’en a pas besoin ? Surtout quand nous sommes à terre, quand nous peinons sous le poids de la vie, quand nos faiblesses nous oppriment, quand aller de l’avant est difficile et aimer semble impossible. Alors, il nous faudrait un “fortifiant” efficace : c’est lui, la force de Dieu. C’est lui qui, comme nous le professons dans le “Credo’”, « donne la vie ». Comme il nous ferait du bien de prendre chaque jour ce fortifiant de vie ! Dire, au réveil : “Viens, Esprit Saint, viens dans mon cœur, viens dans ma journée” » [06].

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus écrivait le jour de sa Confirmation : « Ah ! que mon âme était joyeuse ! Comme les apôtres j’attendais avec bonheur la visite de l’Esprit-Saint. […] Enfin l’heureux moment arriva, je ne sentis pas un vent impétueux au moment de la descente du Saint Esprit, mais plutôt cette brise légère dont le prophète Élie entendit le murmure sur le mont Horeb » [07]. Nous aussi nous voulons avoir une oreille attentive pour que le Consolateur nous parle des merveilles auxquelles il nous appelle et en vue desquelles nous avons été créés.

« “Je ne vous laisserai pas orphelins”. Aujourd’hui, fête de Pentecôte, ces paroles de Jésus nous font penser aussi à la présence maternelle de Marie au Cénacle. La Mère de Jésus est au milieu de la communauté des disciples rassemblés en prière : elle est mémoire vivante du Fils et invocation vivante de l’Esprit Saint. Elle est la Mère de l’Église. À son intercession nous confions de manière particulière tous les chrétiens et les communautés qui en ce moment ont le plus besoin de la force de l’Esprit Paraclet, Défenseur et Consolateur, Esprit de vérité, de liberté et de paix » [08]



[01]. Benoît XVI. Homélie, 31 mai 2009.

[02]. Saint Josémaria, Notes intimes, nos 1653-1655.

[03]. Pape François, Homélie, 8 juin 2014.

[04]. Pape François, Homélie, 4 juin 2017.

[05]. Saint Josémaria, note en marge du livre « Dix jours pour le Saint-Esprit », de Francisca Javiera del Valle.

[06]. Pape François, Homélie, 20 mai 2018.

[07]. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrit A, ch. IV, 36.

[08]. Pape François, Homélie, 15 mai 2016.