SOMMAIRE : L’Apôtre rapporte l’exemple des patriarches qui ont vécu après le déluge, et par leur foi il exalte la foi en Jésus-Christ.
8. Par la foi, celui qui reçut depuis le nom d’Abraham obéit en s’en allant dans la terre qu’il devait recevoir pour héritage, et partit sans savoir où il allait.
9. Par la foi il demeura dans la terre qui lui avait été promise, comme dans une terre étrangère, habitant dans des tentes avec Isaac et Jacob, qui devaient être héritiers avec lui de cette promesse.
10. Car il attendait cette cité bâtie sur un ferme fondement, de laquelle Dieu même est le fondateur et l’architecte.
11. Par la foi également Sara étant stérile, reçut la vertu de concevoir un enfant, lorsqu’elle n’était plus en âge d’en avoir, parce qu’elle crut fidèle et véritable celui qui le lui avait promis.
12. C’est pourquoi il est sorti d’un homme seul et qui était déjà comme mort, une postérité aussi nombreuse, que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer.
Saint Paul a rapporté plus haut l’exemple de la foi des des premiers pères qui ont vécu avant le déluge, et qui ont été comme la tige commune tant des gentils que des Juifs ; il en vient ici particulièrement aux patriarches qui ont vécu après le déluge, et qui ont été spécialement les ancêtres des Juifs. Et d’abord il propose l’exemple de la foi d’Abraham qui fut le père des croyants, en raison de quoi il reçut le premier le sceau de la foi avant la Loi. L’Apôtre rappelle donc premièrement ce que fit Abraham ; en second lieu, ce que fit Isaac ; troisièmement, Jacob ; quatrièmement, Joseph. Isaac, par ces mots (verset 20) : "C’est par la foi qu’Isaac donna, etc... ; Jacob, à ces autres (verset 24) : C’est par la foi que Jacob ; enfin Joseph, à celles-ci (verset 22) : C’est par la foi que Joseph. La première partie se subdivise. Premièrement saint Paul rapporte ce que fit Abraham quant aux connaissances humaines et extérieures ; secondement, ce qu’il fit par rapport à Dieu (verset 17) : C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac. Sur le premier de ces points, l’Apôtre explique ce que fit Abraham, quant aux lieux où il a demeuré ; en second lieu, quant à sa descendance (verset 11) : C’est aussi par la foi que Sara ; troisièmement, quant à la manière de se conduire (verset 13) : Tous sont morts dans la foi.
I° Quant aux lieux qu’Abraham habita, saint Paul fait remarquer deux choses : I. ce qu’il a fait par rapport à son premier changement d’habitation ; II. dans cette nouvelle demeure (verset 9) : C'est par la foi qu’il demeura.
I. Or, afin de faire comprendre que l’exemple qu’il apporte d’Abraham est d’une grande autorité, d’abord il rappelle la célébrité de son nom, en disant (verset 8) : C’est par la foi que celui qui a reçu, à savoir de Dieu lui-même, [son nom d’Abraham] ; (Gen., XVII, 5) : "vous vous appellerez Abraham." Il reçoit aussi son nom des hommes ; (Ecclésiastique XLIV, 20) : "Le grand Abraham a été le père de la multitude des nations." Un tel homme, appelé par Dieu et célèbre parmi les hommes, est donc digne d’être cité en exemple. En second lieu, l’Apôtre apporte cet exemple même, en disant (verset 8) : ayant obéi par la foi, car c’est par la foi que nous sommes formés à obéir à Dieu au sujet des choses invisibles ; (Rom., I, 5) : "pour faire obéir à la foi toutes les nations, etc..." [Ayant donc ainsi obéi en se rendant] (verset 8) : dans la terre qu’il devait recevoir pour héritage, et dont il est dit (Gen., XII. 1) : "Sortez de votre pays, de votre parenté et de la maison de votre père, et venez en la terre que je vous montrerai." Le Seigneur devait, en effet, lui donner cette terre en héritage ; (Gen., XIII, 15) : "Je vous donnerai pour toujours tout le pays que vous voyez."
Abraham n’était-il pas sorti lui-même, avec son père Tharé, de la terre qu’il habitait ? Il ne l’a donc pas quittée par l’ordre de Dieu, mais par la volonté de son père. Il faut répondre qu’il en était sorti avec son père, pour y revenir de nouveau, mais que d’après l’ordre de Dieu il se rendit en Mésopotamie, contrée située dans la Syrie, où après la mort de on père, il se proposait de se fixer, quand sur un second ordre de Dieu il vint dans la terre de Chanaan.
Etait-ce donc là une chose étonnante, pour dire qu’à ce sujet il agit par la foi et qu’il crut à Dieu ? Assurément, car (verset 8) : Il partit, sans savoir où il allait, c’est-à-dire, il se hasardait dans l’inconnu. Or, l’inconnu est invisible. De cette obéissance d’Abraham, nous apprenons qu’il nous faut nous séparer de toute affection selon la chair, si nous voulons obtenir notre héritage ; (Ps. XLIV, 11) : "Oubliez votre peuple et la maison de votre père" ; (Isaïe, XLIV, 4) : "L’oeil n’a pas vu, hors vous seul, ô mon Dieu, ce que vous avez préparé à ceux qui vous attendent." Ainsi notre héritage est pour nous une chose que nous ne connaissons pas.
Quand l’Apôtre dit (verset 19) : C’est par la foi qu’il demeurera, etc..., il rappelle ce qu'Abraham a fait par sa foi, quant au lieu où il fixa sa demeure. C’est d’abord ce qu’il dit ; en second lieu, il en donne le motif (verset 10) : Car il attendait cette cité.
1° Nous remarquons, en effet, que l’on sort quelquefois du pays où l’on est né et qu’on se rend dans une autre contrée, pour y fixer pour toujours sa demeure. Abraham n’agit pas ainsi. Il demeura comme étranger dans la terre de Chanaan, et c’est ainsi qu’il y mourut ; et ce qui rend ceci manifeste, c’est qu’il ne s’y bâtit ni maison, ni habitation permanente, mais il resta sous des tentes, ou des abris grossiers, qui ne sont que des habitations mobiles. Ainsi toutes les fois qu’il est question d’Abraham, l’Ecriture ne parle que de tentes. C’est donc là que par l’ordre de Dieu, il demeura comme étranger ; (Actes, VII, 5) : "Là, le Seigneur ne lui donna aucun héritage, non pas même une enjambée" ; (Gen., XXI, 34) : "Il demeura, longtemps, comme étranger, au pays des Philistins." C’est vrai quant à ce que Dieu devait lui donner gratuitement, mais non quant à ce qu’Abraham acheta lui-même. Saint Paul dit donc (verset 9) que c’est par la foi qu’Abraham demeura dans la terre promise, parce qu'à plusieurs reprises elle lui avait été promise, ainsi qu’on le voit du ch. XII au XXI de la Genèse, et il fut dans cette terre comme dans une terre étrangère. Ce qui paraît clairement en ce qu’il habitait sous des abris précaires, (le mot « casulis » vient du latin « cadere », tomber), et dans des tentes provisoires. Ensuite, on reconnaît son dessein de ne pas retourner dans sa patrie, eût-il même vécu plus longtemps, en ce qu’il y demeura avec Isaac et Jacob, non pas à la vérité en même temps, mais successivement, c’est-à-dire avec ceux qui étaient les enfants de la promesse, parce qu’elle leur fut faite également (Gen., XVII, 2 et XXVIII, 3). L’Apôtre les appelle les héritiers de la promesse : cette conduite d’Abraham doit nous faire comprendre que nous devons vivre en ce monde comme des étrangers et des voyageurs ; (I Corinth., VII, 31) : "Que ceux qui usent de ce monde soient comme n’en usant pas" ; (ci-après, XIII, 14) : Nous n’avons pas ici de ville permanente, mais nous cherchons celle où nous devons habiter un jour.
2° Quand saint Paul ajoute (verset 10) : Car il attendait cette cité, il explique pourquoi ils demeuraient ainsi comme des étrangers. C'est qu'il s ne se regardaient pas comme possédant quelque chose sur la terre, mais ils cherchaient la cité céleste qui leur était promise en héritage ; (Ps. CXXI, 2) : "Nos pieds fermes dans ton enceinte, ô Jérusalem ! Jérusalem, qui es bâtie comme une ville" ; (Isaïe XXXIII, 20) : "Vos yeux verront Jérusalem, pleine de richesses, tente qui ne sera pas transportée ailleurs." Ce n’est plus une tente mobile. On lui donne le nom de cité, d’abord à cause de l’unité de ceux qui l’habitent, unité qui se forme par la paix ; (Ps. CXLVII, 1) : "Jérusalem, loue ton Dieu, etc..." et ensuite "il t’a donné pour limite, la paix" ; (Isaïe, XXXII, 18) : Mon peuple se reposera dans la beauté de la paix, dans des Tabernacles de confiance, dans un repos plein d’abondance" ; (Jean XVII, 22) : "Afin qu’ils soient un, comme nous-mêmes nous somme un, vous et moi." En second lieu, elle est dans l’ordre ; ce qui se fait surtout pour la justice et non pour commettre le mal : car là règne une justice éternelle ; (Ezéch., XLVIII, 35) : "Et depuis ce jour-là, cette ville s’appellera : « le Seigneur est avec elle »" Troisièmement, elle se suffit d’elle-même, pour tout ce qui est nécessaire ; car on y trouvera dans sa plus grande perfection tout ce qui est nécessaire : c’est un état parfait par la réunion de tous les biens ; (Ps. CXXI, 3) : "Jérusalem, tu es bâtie comme une ville où toutes ses parties sont entre elles dans une parfaite union." Cette cité a ses fondements qui en marquent la stabilité ; (Isaïe XXXIII, 20) : "C’est une tente qui ne sera pas transportée ailleurs." Or, les fondements sont la première partie de l’édifice. Voilà pourquoi les anges sont les fondements de cette cité ; (Ps. LXXXVI, 1) : "Les fondements de la ville sont posés sur les saintes montagnes" ; car les hommes seront élevés aux ordres angéliques ; et les fondements de l’Eglise sont les apôtres (Apoc., XXI, 14). Le fondateur de cette cité, c’est Dieu même, et non la sagesse de l’industrie humaine ; (II Corinth., V, 1) : "Nous savons que si cette maison de terre où nous habitons, vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison, qui ne sera pas faite par la main des hommes et qui durera éternellement." Or, pour construire n’importe quelle cité deux choses sont nécessaires : la première est l’autorité du prince qui l’affermit par sa puissance. On donne, en effet, le nom de fondateur à celui dont la cité reçoit son nom, comme Rome prend son nom de Romulus. C’est à ce titre que Dieu est appelé le fondateur de notre cité ; (Psaume XLVII, 9) : "[C’est ce que nous avons entendu] dans la cité de notre Dieu. Dieu l’a fondée pour toute l’éternité." La seconde, c’est la manière de la disposer, ce qui manifeste la sagesse de l’architecte. C’est pour cette raison que Dieu est appelé l’architecte de la cité sainte, parce qu’elle est ordonnée d’après les plans de la sagesse divine ; (Ps. XLVII, 1) : "Le Seigneur est grand et digne de toute louange dans la cité de notre Dieu, etc..." La disposition correcte de l’oeuvre témoigne, en effet, de l’habileté de l’ouvrier ; or nulle part la sagesse de Dieu ne brille davantage que dans cette cité sainte. Et c’est pourquoi il est dit que le Seigneur est au-delà de toute louange.
II° Quand l’Apôtre ajoute (verset 11) : C’est aussi par la foi que Sara, il explique ce que l’épouse d’Abraham a obtenu par sa foi. Premièrement donc il explique ce qu’elle a obtenu elle-même ; secondement, ce qui a été obtenu dans ses fils (verset 12) : C’est pourquoi il est sorti d’un homme seul.
I. Or, dans Sara, épouse d’Abraham, deux circonstances défavorables semblaient rendre comme impossible qu’elle pût concevoir. Croire donc à ce qui était promis fut l’acte d’une grande foi de sa part. D’abord, c’est qu’elle était stérile ; (Gen., XI, 30) : "Or, Sara était stérile." Ensuite, c’est que son âge avancé faisait naturellement qu’elle n’était plus apte à donner naissance à des enfants ; (Gen., XVIII, 11) : "Ce qui arrive d’ordinaire aux femmes avait cessé pour Sara." Elle dit aussi elle-même (verset 12) : "Je suis devenue vieille et mon maître est vieux aussi." L’Apôtre indique ces deux obstacles, le premier, quand il dit (verset 11) : Sara étant stérile ; le second, quand il dit (verset 11) : et n’était déjà plus en âge. Cependant, malgré ces obstacles, (verset 11) elle reçut la vertu de concevoir un fruit dans son sein, et cela par la foi, soit par la sienne propre, soit par celle d’Abraham, parce que, bien qu’il fût impossible selon la nature, qu’une femme de quatre-vingt-dix ans donnât un enfant à un centenaire, toutefois ils crurent tous deux à la parole de Dieu, pour qui rien n’est difficile. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 11) que c’est parce qu’elle crut fidèle et véritable celui qui lui avait promis.
On fait une objection, par rapport à Abraham, qu’il semble qu’il n’eut pas une foi si parfaite, puisqu’il est dit au ch. XVII de la Genèse (verset 17) "qu’il rit en disant au fond de son cœur : Un homme de cent ans aurait-il donc bien un fils, et Sara enfanterait-elle à quatre-vingt-dix ans ?" On dit aussi à l’égard de Sara, qu’il est rapporté également au ch. XVIII de la Genèse (verset 12) "qu’elle rit secrètement, en disant : après que je suis devenue vieille et que mon maître est vieux aussi, connaîtrais-je encore le plaisir ?"
Il faut répondre, quant à Abraham, que ce rire de sa part n’exprimait pas un doute, mais l'étonnement. C’est de là qu’il est dit (Rom., IV, 20) : "Il n’hésita pas, et il n’eut pas la moindre défiance ; mais il se fortifia par la foi rendant gloire à Dieu, et pleinement persuadé qu’il est tout-puissant pour faire tout ce qu’il a promis." Aussi Dieu qui connaît les coeurs de tous ne le reprit pas d’avoir ri. Quant à Sara, elle douta d’abord, au premier instant, de la promesse ; mais quand l’ange invoqua la puissance divine et dit (Gen., XVIII, 14) : "Y a t-il rien de difficile à Dieu ?", alors elle crut, et pour elle ce fut comme une seconde promesse. C’est ce qui a fait dire à saint Paul (verset 11) qu’il promit de nouveau, parce qu’elle ne crut pas en sa première promesse mais crut lorsqu’il promit une seconde fois. Il faut ici observer que tous les enfantements miraculeux qui eurent lieu sous l’Ancien Testament, furent comme la figure du plus grand des miracles, opéré dans l’incarnation. Il était, en effet, indispensable que la naissance virginale du Christ fût figurée par quelque événement, afin de préparer les esprits à la recevoir par la foi. Toutefois elle ne put être figurée d’une manière adéquate, parce que nécessairement la figure est au-dessous de ce qu’elle représente. Voilà pourquoi l'Ecriture fait pressentir la maternité de la Vierge par l’enfantement de femmes stériles, par exempte Sara, Anne, Elisabeth. Cependant il y a cette différence que Sara reçut miraculeusement de Dieu la vertu de concevoir, toutefois ce fut de la semence d’un homme. Et voilà pourquoi l’Apôtre dit qu’il fut conçu d’une semence humaine. Pour la bienheureuse Vierge il n’y eut rien de semblable. Ainsi donc, en Sara, la puissance divine disposa ce qui était nécessaire pour qu’elle conçût de la semence d’un homme ; dans la Vierge Marie cette même puissance disposa, au moyen de son sang, la matière la plus pure pour qu’elle conçût, et le mystère s’opéra par la vertu seule du Saint Esprit. Car ce n’est pas par une intervention humaine, mais par le souffle mystérieux de cet Esprit divin que le Verbe s’est fait chair.
II. Quand saint Paul dit ensuite (verset 12) : C’est pourquoi il est sorti d’un homme seul, il explique ce qui s’en est suivi dans les fils de Sara par la puissance divine, à savoir la multiplication de sa race.
1° Il faut ici, considérer la tige d’où sortit cette multitude, ce fut du seul Abraham ; c’est ce qui tait dire à saint Paul (verset 12) : C’est pourquoi, c’est-à-dire à cause du mérite de cette foi, d’un homme seul, à savoir Abraham. (Isaïe, LII, 2) : "Je l’ai appelé lorsqu était seul ; je l’ai béni, je l’ai multiplié."
2° Il faut remarquer sa condition : cette multitude est sortie d’Abraham et de Sara presque morts. L’Apôtre dit donc (verset 12) : et d’un homme comme déjà mort, parce qu’il était dans une extrême vieillesse, ainsi qu’il a été dit.
On objecte qu’après la mort de Sara, Abraham eut plusieurs enfants d’une autre épouse, comme on le voit au ch. XV, 1 à 4 de la Genèse. L’Apôtre ne peut donc pas dire : d’un homme déjà comme mort. Il faut répondre qu’un vieillard peut bien avoir des enfants d’une femme jeune, mais non d’une femme âgée. La puissance d’engendrer était donc comme morte dans Abraham par rapport à Sara ; elle ne l’était pas pour d’autres femmes. Ou bien il faut dire : « d’un seul », à savoir du sein de Sara, déjà presque mort ; (Rom., IV, 19) : "[Abraham ne considéra pas] que la vertu de concevoir était éteinte dans le corps de Sara" ; (Isaïe, LI, 2) : "Jetez les yeux sur Abraham votre père, et sur Sara qui vous a enfantés."
3° Il faut observer la différence qui existe entre ceux qui sont sortis d’Abraham, car (Rom., IX, 6) : "De même que tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israélites, tous ceux qui sont de la race d’Abraham ne sont pas ses enfants ; mais ce sont les enfants de la promesse qui sont réputés être les enfants d’Abraham." La race de ce patriarche se divise donc en deux, à savoir les bons et les méchants. Les bons sont marqués par les étoiles dont l’Apôtre dit (verset 12) qu’ils sont sortis nombreux comme les étoiles du ciel par leur multitude ; (Baruch, III, 34) : "Les étoiles ont répandu leur lumière, chacune en sa place, et elles ont été dans la joie." Les méchants sont indiqués par le sable qui couvre le rivage de la mer, parce que les mauvais Juifs sortis de la race d’Abraham se conforment aux moeurs de la gentilité. Car de même que le sable de la mer est battu de tous côté par les flots, les méchants sont secoués par les tempêtes du monde ; (Isaïe, LVII, 20) : "Les méchants sont comme une mer agitée." Les Juifs toutefois ne furent pas entièrement du sable, mais comme du sable, parce qu’ils se mêlaient aux gentils pour le mal. On peut donc les comparer aux confins de la mer ; (Jér., V, 22) : "C’est moi qui ai mis le sable pour bornes à la mer." De plus le sable est infructueux et stérile. De même aussi les pécheurs ne sont que stérilité pour les fruits des bonnes oeuvres. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 12) qu’ils sont sortis comme le sable innombrable qui est sur le bord de la mer. C’est là une façon de parler hyperbolique. Ou bien encore l’Apôtre dit innombrable, non pas qu’on ne puisse en trouver le nombre, mais parce qu’on ne le peut que difficilement ; (Gen., XXII, 17) : "Je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer."
SOMMAIRE : L’Apôtre loue la foi d’Abraham en Dieu, foi qu’il a gardée sans atteinte jusqu’à la mort.
13. Tous ces saints sont morts dans la foi, sans avoir reçu l’effet des promesses ; mais les voyant et les saluant de loin, et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
14. Car ceux qui parlent de la sorte font bien voir qu’ils cherchent leur patrie.
15. Que s’ils avaient eu dans l’esprit celle dont ils étaient sortis, ils avaient assez de temps pour y retourner
16. Mais ils en désiraient une meilleure, qui est la patrie céleste. Aussi Dieu ne rougit pas d’être appelé leur Dieu, parce qu’il leur a préparé une cité.
17. Par la foi, Abraham offrit Isaac, lorsque Dieu voulut le tenter ; car il était son fils unique qu’il offrait, lui qui avait les promesses de Dieu,
18. Et à qui il avait été dit : La race qui portera votre nom est celle qui naîtra d’Isaac.
19. Mais il pensait en lui-même que Dieu le pourrait bien ressusciter après sa mort, et ainsi il le recouvra en figure.
I° Saint Paul dans ce que nous avons vu, a relevé la foi d’Abraham quant à la manière dont il a fixé sa demeure, et quant à la propagation de sa race ; il le loue ici par rapport à sa conduite jusqu’à la mort. I. Il rappelle ce qu’Abraham a fait par sa foi ; II. Il explique une circonstance qui se rattache à cette foi (verset 14) : Car ceux qui parlent de la sorte ; III. Il montre ce qu’il a reçu pour sa foi (verset 16) : Aussi Dieu ne rougit pas.
I. Saint Paul loue donc la foi d’Abraham et celle de ses enfants, à cause de leur persévérance, car ils ont persévéré dans cette foi jusqu’à la mort ; (Matth., X, 22 et XXIV, 13) : Celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu’à la fin." C’est ce qui fait dire à l’Apôtre (verset 13) : Tous sont morts dans la foi, à l’exception d’Hénoch. Ou « tous ceux-ci », c’est-à-dire Abraham, Isaac et Jacob ; et ce sens est meilleur peut-être, parce que ce n’est qu’à ces patriarches que la promesse a été faite. L’Apôtre les loue encore, à cause des longs retards de la réalisation des promesses ; c’est ce qui lui fait dire (verset 13) : sans avoir reçu l’effet des promesses.
On objecte qu’ils paraissent, au contraire, avoir reçu l’effet des promesses ; (Ezech., XXXIII, 24) : "Abraham n’était qu’un seul homme, et il a possédé cette terre comme un héritage." Il faut répondre qu’il a possédé, c’est-à-dire qu’on le lui attribue parce que, le premier, il a reçu la promesse de posséder, sans que pourtant il ait possédé cette terre en réalité, comme on le voit au ch. VII, 5 des Actes.
L’Apôtre dit ensuite (verset 13) : Ces promesses, ils les voyaient de loin. Ce qui avait lieu par la foi, comme s’il disait : Ils les voyaient de la vue de la foi. C’est peut-être de ce passage qu'est pris le répons du premier dimanche de l’Avent : "Voyant de loin, etc." (Isaïe XXX, 27) : "Voilà la majesté du Seigneur qui vient de loin." Et (verset 13) : les saluant, c’est-à-dire les considérant avec respect, suivant la remarque du Chrysostome, l’Apôtre prend sa comparaison des nautoniers qui du plus loin qu’ils aperçoivent le port, éclatent en transports et saluent la ville à laquelle ils vont aborder. C’est ainsi que les saints Pères, voyant par la foi le Christ qui devait venir et la gloire qu’ils allaient obtenir par lui, le saluaient, c’est-à-dire le vénéraient ; (Ps. CXVII, 26) : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ; le Seigneur est le vrai Dieu, etc..." ; (Jean, VIII, 56) : "Abraham votre père a désiré avec ardeur de voir mon jour ; il l’a vu, et il en a été comblé de joie." Saint Paul exalte ensuite leur foi, à cause de la manière pleine de sincérité avec laquelle ils en ont fait profession. Car, ainsi qu’il est dit (Rom., X, 10) : "Il faut croire de coeur pour la justice et confesser par ses paroles, pour obtenir le salut," l’Apôtre dit (verset 13) : Et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. En effet, ces trois patriarches se sont appelés étrangers et voyageurs ; (Gen., XXIII, 4) : "Je suis parmi vous comme un étranger et un voyageur." Le Seigneur dit aussi à Isaac (Gen., XXVI, 2) : "Demeurez dans le pays que je vous montrerai, et passez-y quelque temps comme étranger." Jacob dit également (Gen., XLVII, 9) : "Les jours des années de mon pèlérinage." On appelle voyageur celui qui est en chemin pour se rendre dans un autre lieu ; (Isaïe XXIII, 7) : "Ses enfants sont allés à pied bien loin dans la terre étrangère" étranger, celui qui habite dans une terre qui n’est pas la sienne, et qui ne se propose pas d’aller plus loin. Or les patriarches reconnaissaient qu’ils étaient non pas seulement étrangers, mais voyageurs. C’est ainsi que les saints n’établissent pas leur demeure dans le monde, ils s’appliquent continuellement à tendre vers le ciel ; (Ps. XXXVIII, 12) : "Je suis devant vous comme un étranger et un voyageur, tels qu’ont été tous mes pères."
II. Quand saint Paul dit ensuite (verset 14) : Car tous ceux qui parlent ainsi, il établit que cette confession appartient à la foi. Car nul n’est étranger et voyageur que celui qui est hors sa patrie et s’efforce de s’y rendre. Donc les patriarches reconnaissent qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre, marquent par là qu’ils marchent vers leur patrie, à savoir la céleste Jérusalem ; (Galat., IV, 26) : "La Jérusalem d’en haut est libre." C’est aussi ce que dit saint Paul (verset 14) : Ceux qui parlent de la sorte font bien voir qu’ils cherchent leur patrie. Mais parce que l’on pouvait dire que véritablement les patriarches étaient voyageurs dans cette terre des Philistins et des Chananéens, parmi lesquels ils habitaient, mais que cependant ils se proposaient de revenir dans cette terre d’où ils étaient sortis, l’Apôtre écarte cette difficulté, quand il dit (verset 15) : Puisque s’ils avaient eu dans l’esprit cette terre dont ils étaient sortis, c’est-à-dire leur patrie, ils auraient eu assez de temps pour y retourner," car ils n’en étaient pas éloignés. Mais (verset 16) ils en désiraient une meilleure qui est la patrie céleste. Aussi (Gen., XXIV, 6) Abraham dit à Éliézer son serviteur : "Gardez-vous de ramener jamais mon fils en ce pays-là" ; (Ps. LXXXIII, 11) : "J’ai choisi d’être plutôt des derniers dans la maison de mon Dieu, que d’habiter dans les tentes des pécheurs" ; (Ps. XXVI, 4) : "Je n’ai demandé qu’une seule chose au Seigneur ; et je la rechercherai uniquement, c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie." C’est donc cette patrie que cherchaient les patriarches, et non pas la maison paternelle dont ils étaient sortis. Nous devons reconnaître en ceci, que ceux qui abandonnent les vanités du siècle, ne doivent pas y retourner de cœur ; (Ps. XLIV, 10) : "Oubliez votre peuple et la maison de votre père" ; (Luc, IX, 62) : "Quiconque ayant mis la main à la charrue, regarde derrière soi, n’est pas propre au royaume de Dieu" ; (Philipp., III, 13) : "oubliant ce qui est derrière moi et m’avançant vers ce qui est devant moi." Il est donc manifeste que cette profession qu’ils ont faite, et par leurs paroles et par leurs actions, appartient à la foi, puisqu’ils ont cru très fermement et jusqu’à la mort, ce qui leur avait été promis seulement et ne leur avait jamais été montré. Ainsi donc c’est dans la foi, c’est-à-dire ayant près d’eux la foi, comme une compagne inséparable, qu’ils sont morts ; (Apoc., II, 10) : "Soyez fidèle jusqu’à la mort."
III. Quand saint Paul ajoute (verset 16) : Aussi Dieu ne rougit pas, il fait voir ce qu’ils ont mérité de recevoir à cause de leur foi ; et ce fut un très grand honneur. C’est grand honneur, en effet, au jugement des hommes, de recevoir un titre qui indique qu’on remplit quelque charge magnifique, ou quelque emploi près d’un grand et excellent prince, comme serait celui d’un des premiers officiers du Pape, ou de chancelier d’un roi. Mais c’est un honneur plus grand quand un tel maître veut recevoir un titre de ceux qui sont attachés à son service ; ainsi en est-il de ces trois patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, dont celui qui est le Seigneur, le grand roi, Dieu au-dessus de tous les dieux, veut s’appeler particulièrement leur Dieu. C’est pourquoi il est dit dans l’Exode (III, 6) : "Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob." C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 16) : Aussi Dieu ne rougit pas d’être appelé leur Dieu. On peut assigner à cela une triple raison.
1° C’est que Dieu est connu par la foi. Or, nous lisons que ces patriarches ne sont séparés des infidèles par un culte spécial ; voilà pourquoi Abraham reçut le premier la marque de la foi ; (Rom., IV, 18) : "il crut qu’il deviendrait le père de plusieurs nations." C’est pourquoi aussi on nous les propose en exemple, comme des hommes par qui Dieu a été d’abord connu et nommé comme l’objet de leur foi.
2° La seconde raison, et la Glose la prend de saint Augustin, c’est qu’il y a en eux quelque mystère caché. Nous reconnaissons en eux, en effet, comme une ressemblance avec la génération par laquelle Dieu donne une nouvelle naissance à ses enfants spirituels. Car ces patriarches présentent quatre manières d’avoir une postérité. D’abord des enfants libres par des femmes libres, comme Abraham eut par Sara Isaac, qui lui-même eut par Rébecca Jacob, et Jacob huit enfants par Lia et Rachel. En second lieu, des enfants libres par des servantes, comme Jacob eut par Bala et Zelpha, Dan, Nephtali, Gad, Aser. Troisièmement des esclaves par des femmes libres, comme Isaac eut de Rébecca Esaü dont il a été écrit (Rom., IX, 13) : "L’aîné sera assujetti au plus jeune." Enfin, des esclaves par une servante, comme Abraham eut d’Agar Ismaël Ainsi donc furent figurées les diverses manières par lesquelles Dieu engendre ses enfants spirituels. Quelquefois, en effet, il engendre les bons par les bons, comme Timothée par Paul ; quelquefois les bons par les méchants : c’est la génération des enfants libres par les servantes. Les méchants sont aussi quelquefois engendrés par les bons, comme Simon le Magicien par Philippe : c’est la génération des esclaves par les femmes libres. La génération des méchants par les méchants se fait aussi par les races ; c’est de là qu’il est écrit (Gal., IV, 30) : "Chassez la servante et son fils."
3° La troisième raison, qui paraît même se rapprocher davantage de la pensée de l’Apôtre, c’est qu’un prince se désigne ou par le nom de sa ville principale, ou par celui de la patrie tout entière ; ainsi l’on dit : le roi de Jérusalem, le roi des Romains, le roi de France. Voilà pourquoi Dieu est appelé avec vérité le roi et le Dieu de ceux qui portent principalement leurs désirs vers la Jérusalem céleste, cette cité dont Dieu est le fondateur et l’architecte. Et comme ces saints personnages manifestaient et par leurs paroles et par leurs actes, qu’ils appartenaient à cette cité, le Seigneur est appelé leur Dieu ; c’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 16) : parce qu’il leur a préparé une cité, c’est-à-dire parce qu’il est le fondateur de cette cité qui n’appartenait qu’à lui seul.
II° Quand saint Paul ajoute (verset 17) : C’est par la foi qu’Abraham, il apporte un autre exemple mémorable de la foi de ce patriarche, exemple qui se rapporte particulièrement à Dieu, à savoir son célèbre sacrifice, quand, à l’ordre qu’il reçut du Seigneur, il voulut immoler son fils unique (Gen., XXI, 1 sq.). L'Apôtre rappelle ici : I. Ce que fit Abraham. II. Que ce qu’il a fait appartient à la foi (verset 17) : Et il offrait son fils unique ; III. Ce qu’il reçut en récompense (verset 19) : Aussi le recouvra-t-il, et ce fut une figure.
Saint Paul dit donc (verset 17) : C’est par la foi qu’Abraham, lorsque Dieu voulut le tenter, offrit, c’est-à-dire voulut offrir son fils Isaac, ainsi qu’on le voit au chapitre douzième tout entier du livre de la Genèse.
Ici se présente une double difficulté : la première c’est que faire mourir un innocent est contre la loi naturelle et que par conséquent c’est un péché. Abraham en voulant offrir son fils, commit donc un péché. Il faut répondre que celui qui fait mourir un homme par l’ordre d’un supérieur, pourvu que celui-ci commande licitement, obéit licitement et peut licitement s’acquitter de sa charge. Or, Dieu a autorité de vie et de mort ; (I Rois, II, 6) : "Le Seigneur donne et ôte la vie." En retirant la vie, même à un innocent, Dieu ne fait donc injustice à qui que ce soit. C’est ainsi que tous les jours par suite des plans divins, un grand nombre, soit d’innocents, soit de coupables, perdent la vie. Abraham pouvait donc d’une manière parfaitement licite exécuter l’ordre de Dieu.
On fait, encore une difficulté de ce que dit l’Apôtre (verset 17) : lorsque Dieu voulut le tenter. Dieu ne peut tenter personne, car tenter c’est le fait de l’ignorance. Il faut répondre, que le démon tente afin de séduire ; (I Thess., III, 5) : "Ayant appréhendé que le tentateur ne vous eût tenté." On reconnaît ceci dans la tentation par laquelle Satan tenta le Christ (Matth., IV, 1 à 11). L’homme tente afin de connaître ; au livre troisième des Rois (X, 1) il est dit que la reine de Saba vint vers Salomon, afin de faire l’expérience par des énigmes. Dieu ne tente pas ainsi, puisqu’il connaît tout ; mais il tente, afin que l’homme reconnaisse par lui-même ce qu’il y a en lui de force et de fragilité ; (Deut., VIII, 2) : "Dieu [vous a conduits dans le désert, pendant quarante ans], pour vous éprouver, afin que ce qui était caché dans vos coeurs fût découvert" ; au II livre des Chroniques (XXXII, 31), il est dit que Dieu se retira d’Ezéchias pour le tenter, et pour faire voir tout ce qu’il avait dans son coeur. Dieu le fait encore, afin que les autres connussent la tentation, et que celui qui est tenté puisse leur être proposé en exemple, comme nous le voyons d’Abraham et de Job ; (Ecclésiastique XLIV, 21) : "Abraham n’a t-il pas été trouvé fidèle dans la tentation ?"
II. Quand l’Apôtre ajoute (verset 17) : et il offrait son fils unique, etc..., il établit avec une grande perspicacité que cette obéissance appartient à la foi. En effet, ainsi qu’il a été dit plus haut, Abraham, bien qu’arrivé déjà à une extrême vieillesse, crut à la promesse de Dieu, que dans la personne d’Isaac, Dieu bénira toute a race. Il croyait également que Dieu pouvait rendre la vie aux morts. Quand donc Dieu lui ordonnait d’immoler son fils, il ne pouvait conserver l’espérance d’avoir un autre fils de Sara, également très vieille, puisqu’Isaac était déjà dans l’adolescence. Quand il croyait devoir obéir à l’ordre de Dieu, ce qu’il pouvait faire, c’était de croire qu’Isaac, en qui sa race devait se continuer, ressusciterait. Voilà pourquoi l’Apôtre dit (verset 17) : Il offrait son fils unique, c’est-à-dire de Sara, en qui, c’est-à-dire dans lequel fils qui lui était né, Dieu devait accomplir le pacte promis, comme on le voit au ch. XVII, 19 de la Genèse. Ou bien encore son fils unique, comme libre ; (Gen., XXII, 2) : "Prenez Isaac, votre fils unique," dans lequel il avait reçu de Dieu les promesses. Et bien qu’il lui eût été dit," c’est-à-dire à l’occasion duquel il avait été dit (verset 18), etc... (verset 10) : pensant en lui-même, c’est-à-dire croyant fermement que Dieu pouvait ressusciter ce fils d’entre les morts. C’est une preuve très grande de la foi d’Abraham, car le dogme de la résurrection est un des premiers articles de la foi.
III. En disant enfin (verset 19) : et ainsi il le recouvra et ce fut comme une figure, l’Apôtre explique ce qu’Abraham mérita par sa foi. C’est qu’au moment où il ne lui restait plus qu’à immoler Isaac, un ange appela Abraham, et au lieu de son fils, le patriarche sacrifia un bélier, embarrassé par les cornes. Or ce fut une figure, c’est-à-dire une figure du Christ futur. Car le bélier embarrassé par les cornes dans un buisson est l’humanité attachée à la croix, et qui souffre la mort. Isaac, c’est-à-dire la divinité resta sans atteinte, alors que le Christ mourut véritablement et fut mis dans le sépulcre. On voit ainsi que la figure reproduit avec une grande exactitude les mystères qu’elle annonce. Abraham recouvra donc Isaac, et ce fut une parabole, c’est-à-dire la figure du Christ qui devait être crucifié et immolé.