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Sixième sermon de saint Bernard pour le temps de l'Avent
Sur le triple avènement du Seigneur et sur la résurrection de la chair.
1. Mes Frères, je ne veux point vous laisser ignorer que voici maintenant le temps où Dieu vous visite ni surtout quel est l'objet de sa visite. Or il s'agit de nos âmes, non de nos corps. L'âme en effet, étant d'un ordre plus élevé que le corps demande, à cause de l'excellence même de sa nature, d'être le premier objet des sollicitudes de celui qui nous visite. D'ailleurs, étant tombée la première, il est juste qu'elle soit aussi relevée la première ; en effet, c'est l'âme qui a commencé par se laisser corrompre en se laissant aller au mal, et le corps ne s'est corrompu ensuite que pour expier sa faute. Enfin, si nous voulons être trouvés de vrais membres de Jésus-Christ, il faut évidemment que nous suivions notre chef et que nous ayons à cœur de réparer les brèches de nos âmes pour lesquelles il est déjà venu en ce monde et qu'il s'est d'abord appliqué à guérir. Pour ce qui est de notre corps, remettons à nous en occuper, jusqu'au jour où le Sauveur doit revenir pour le réparer lui même, selon ce que nous dit l'Apôtre quand il s'écrie : « Nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps, ce corps vil et abject, et le rendra semblable à son corps glorieux (Philip., III, 20). » Au moment de son premier avènement, saint Jean-Baptiste criait aux hommes, comme un héraut, ou plutôt parce qu'il était sou véritable héraut : « Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les pèches du monde (Joan., I, 29), » non point les maladies du corps, nous pas les infirmités de la chair, mais le péché, qui n'est autre chose que la maladie de l'âme et la corruption de l'esprit. Voici celui qui ôte le péché du monde. Mais d'où l'ôte-t-il ? De nos mains, de nos yeux, de notre cou et même de notre chair où il s'est profondément enraciné.
2. Il éloigne le péché de nos mains en effaçant tous ceux que nous avons commis, il l'éloigne de nos yeux en purifiant l'intention de notre cœur, il l'éloigne de notre cou en détruisant le joug tyrannique qu'il fait peser dessus selon ces paroles : « Vous avez brisé le sceptre de l'oppresseur, comme vous le fîtes autrefois à la journée de Madian (Isa., IX, 4), » et « son joug se fondra au contact de l'huile Isa., X, 27) ; » ou bien comme dit l'Apôtre : « il a détruit son règne dans votre chair mortelle (Rom., VI, 12). » Le même Apôtre a dit, en effet ailleurs : « Je sais qu'il n'y a rien de bon en moi, c'est-à-dire dans ma chair (Rom., VII, 18), » et plus loin il ajoute : « Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort (Ibid. 24) ? » Il savait bien, en effet, qu'il ne serait point délivré de ce germe malheureux qui est enfoui dans la chair, de cette loi du péché qui est dans nos membres tant qu'il ne serait point délivré de son corps ; aussi ne désirait-il rien tant que de se voir dégagé de ses biens et d'être avec Jésus-Christ (Philip., I, 23) ; car il savait que le péché qui s'élève comme une barrière entre nous et Dieu, ne peut disparaître complètement que lorsque nous serons délivrés de notre corps. Vous vous rappelez cet homme que le Seigneur a délivré du démon qui le meurtrissait de coups et le torturait cruellement ; or c'est à la parole du Sauveur que ce démon sortit de son corps, (Marc IX). Je vous dis donc que ce genre de péché, qui jette si souvent le trouble dans notre âme, je veux parler de la concupiscence et des mauvais désirs, doit et peut être réprimé par la grâce de Dieu, pour qu'il ne règne plus en nous et que nous ne donnions plus dans nos membres des armes à l'iniquité ; voilà comment il n'y a plus de damnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ; mais il ne peut être chassé que par la mort, c'est-à-dire, que le jour où nous sommes si bien déchirés que notre âme est arrachée de notre corps.
3. Vous savez maintenant pourquoi le Christ est venu et quel but un chrétien doit se proposer d'atteindre. Ainsi donc, ô mon corps, ne cherche point à gagner du temps, tu peux bien être un obstacle au salut de ton âme, mais tu ne saurais te sauver toi-même. « Toutes choses ont leur temps (Eccles., III, 1). » Souffre donc que l'âme travaille maintenant à son salut, fais plus encore, travailles-y toi-même avec elle, car tu peux être sûr que, si tu partages ses souffrances, tu régneras aussi avec elle un jour. Plus tu mets d'obstacles à ton salut, plus tu en apportes au tien, car tu ne saurais être réparé toi-même tant que Dieu ne retrouvera point en elle son image bien réparée aussi. L'hôte que tu abrites est noble, ô ma chair, elle est même d'une très-grande noblesse, mais ton salut dépend tout entier du sien. Rends donc à cette hôte l'honneur qui lui est dû. Pour toi la terre où tu vis est ta propre patrie, mais ton âme est une étrangère, une exilée à qui tu donnes l'hospitalité. Quel est le paysan, si quelque noble et puissant seigneur lui fait l'honneur de vouloir être reçu chez lui, qui ne céderait volontiers sa place, comme il n'est que trop juste, à cet hôte illustre, pour aller se coucher lui-même dans quelque coin de sa maison, sur les escaliers ou même sur la cendre ? Eh bien, fais de même. Ne compte pour rien les privations et les souffrances, ne songe qu'à une chose, à héberger honorablement ton hôte, tant qu'elle demeurera chez toi. Ta gloire à toi est précisément de t'effacer entièrement tout le temps que durera son séjour.
4. Mais de crainte que par hasard tu ne méprises ou du moins tu n'estimes pas à sa juste valeur l'hôte que tu abrites, par la raison qu'elle te paraît une étrangère et erre exilée, remarque bien tout ce que te vaut sa présence. C'est elle qui est cause que ton œil voit et que tes oreilles entendent ; si ta langue articule des sons, si ton palais perçoit les saveurs, si tes membres sont capables de se mouvoir, c'est à elle que tu en es redevable. La vie, la sensibilité et la beauté que tu peux avoir, tu les tiens de sa présence. En un mot, ce que tu perds à son départ montre ce que tu gagnes à sa présence. Or à peine l'âme t'aura-t-elle quitté que ta langue deviendra muette, tes yeux aveugles et tes oreilles insensibles ; ta face deviendra pâle et tous tes membres deviendront rigides. Puis bientôt après tu ne seras plus qu'un cadavre tombant en pourriture et en poussière ; toute ta beauté disparaîtra dans la corruption de ton être. Pourquoi donc iras-tu pour une jouissance corporelle, contribuer et blesser ton hôte que tu ne pourrais même sentir si elle ne t'en rendait capable ? Mais de plus, de quels biens ne deviendra-t-elle point pour toi la source quand elle sera réconciliée avec son Dieu, lorsqu'elle t'en procure déjà de si grands quoiqu'elle soit exilée et tenue loin de ta face du Seigneur à cause des inimitiés qui existent entre elle et lui ? Ô corps, ne mets point d'obstacles à cette réconciliation, tu ne peux qu'en retirer un surcroît de gloire. Souffre tout non-seulement avec patience mais avec bonheur et ne néglige rien de ce qui peut contribuer à la procurer. Dis à ton hôte, lorsque ton Seigneur se sera souvenu de toi et t'aura rétabli dans ton premier rang, veuille bien te souvenir de moi, je t'en prie.
5. Il est certain qu'elle se souviendra de toi pour ton bien, si tu lui as été utile ; et, lorsqu'elle sera auprès de son Seigneur, elle lui parlera de toi et le disposera bien en ta faveur, en reconnaissance du bien qu'elle aura reçu de toi. Elle lui dira : lorsque votre servante était en exil pour expier sa faute, un pauvre chez qui elle logeait, la traita avec bonté, plaise à mon Seigneur de lui rendre aujourd'hui le bien qu'il m'a fait. En effet, après avoir commencé par mettre tout ce qu'il avait à ma disposition, il se consacra ensuite lui-même tout entier à mon service, ne s'épargnant en rien, souffrant au contraire, pour moi, toute sorte de travaux et de fatigues, des veilles fréquentes, la faim, la soif, des jeûnes réitérés, le froid et la nudité (II Cor., XI, 7). Quels seront les fruits d'un pareil langage ? L'Écriture ne saurait nous tromper, or elle dit : « Le Seigneur fera la volonté de ceux qui le craignent et il exaucera leurs prières (Psalm. XLIV, 19). » Ô mon corps, si seulement tu pouvais goûter cette douceur, s'il t'était possible de juger de cette gloire ! Ce que je vais vous dire, va peut-être vous surprendre, et pourtant il n'est rien de plus certain, rien de plus assuré pour les fidèles. Le Dieu de Sabaoth, le Seigneur des vertus, le Roi de gloire, viendra du haut des Cieux pour transformer lui-même nos corps et pour les rendre conformes à son corps glorieux. Quelle gloire, quelle joie ineffable, quand le Créateur de l'univers, qui s'était caché sous d'humbles dehors quand il est venu pour sauver les âmes, apparaîtra dans toute sa gloire et sa majesté, au milieu des airs et à tous les regards, quand il reviendra pour te glorifier, ô chair misérable ! Qui est-ce qui se rappellera même son premier avènement, quand on le verra descendre au sein de la lumière, précédé des anges qui tireront notre corps de sa poussière, au son de la trompette et l'enlèveront ensuite au-devant du Christ à travers les airs ?
6. Jusques à quand donc, cette chair misérable, insensée et aveugle, cette chaire de démence et de folie, recherchera-t-elle des consolations passagères et caduques, que dis-je des consolations ? des désolations véritables, si par malheur il lui arrive d'être repoussée, d'être trouvée indigne de cette gloire, ou plutôt d'être jugée digne d'inénarrables et éternels tourments ? Non, mes Frères, non, qu'il n'en soit pas ainsi, mais plutôt que notre âme se réjouisse dans ces pensées et que notre chair repose dans cette espérance en attendant le Sauveur Notre-Seigneur Jésus-Christ qui le transformera et le rendra conforme à son corps glorieux. En effet, voici comment le prophète s'exprime : « Si mon âme brûle d'une soif ardente pour vous, de combien de manières, ma chair ne se sent-elle point aussi embrasée elle-même de semblables ardeurs (Psalm. LXII, 2) ? » L'âme du prophète appelait de tous ses vœux le premier avènement du Sauveur, qui devait la racheter ; mais sa chair appelait bien plus vivement encore le dernier avènement où elle doit être glorifiée. C'est alors en effet que tous nos vœux seront satisfaits, et que la terre entière sera remplie de la majesté de Dieu. Puisse à cette gloire, à cette félicité, à cette paix enfin qui surpasse tout sentiment, nous conduire la miséricorde de Dieu, et que le Sauveur Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui est béni par dessus toutes choses, ne permette pas que je sois confondu dans mon attente.


Septième sermon de saint Bernard pour le temps de l'Avent
Trois fruits de la venue de Notre-Seigneur.
1. Si nous célébrons dévotement la venue du Seigneur nous ne faisons que ce que nous devons, car non-seulement il est venu vers nous, mais il est venu pour nous, lui qui n'a pas besoin de nos biens. La grandeur de la grâce qu'il nous fait montre assez quelle était notre indigence. Car, si on juge de la gravité d'une maladie par ce qu'il en coûte pour la guérir, on reconnaît le nombre des maladies à guérir par le nombre même des remèdes auxquels il a fallu recourir. Pourquoi y aurait-il diversité de grâces s'il n'y avait pas diversité de besoins ? Il est difficile de passer en revue dans un seul discours toutes les misères dont nous sommes atteints, mais il s'en présente trois à mon esprit qui nous sont communes à tous et qu'on peut en quelque sorte regarder comme nos principales misères. Il n'y a personne parmi nous qui ne semble quelquefois avoir besoin de conseil, d'aide et d'assistance, car ce triple besoin est général au genre humain tout entier, et tous tant que nous sommes, qui vivons à l'ombre de la mort, dans un corps faible et dans le séjour de la tentation, si nous voulons y réfléchir sérieusement, nous verrons que nous sommes misérablement atteints de ce triple mal. En effet nous sommes faibles à la séduction, mous dans l'action, et sans force pour la résistance. Si nous voulons discerner entre le hier et le mal, nous nous trompons ; si nous tentons de faire le bien, nous défaillons ; et si nous entreprenons de résister au mal nous sommes renversés et vaincus.
2. Voilà ce qui rendait la venue du Seigneur nécessaire, et ce qui faisait de sa présence un besoin pour les hommes, dans l'état où ils se trouvaient. Dieu veuille que, par l'abondance de sa grâce, non-seulement il vienne, mais qu'il habite en nous par la foi, pour dissiper nos ténèbres par l'éclat de sa lumière ; qu'il demeure en nous pour aider notre faiblesse et qu'il résiste pour nous afin de couvrir et de protéger notre fragilité. En effet, s'il est en nous, qui est-ce qui pourra nous induire en erreur ? S'il est avec nous, de quoi ne serons-nous point capables en celui qui nous fortifie ? Enfin s'il est pour nous, qui sera contre nous ? C'est un conseiller fidèle qui ne peut ni nous tromper ni se tromper, c'est un aide puissant qui ne tonnait point la fatigue, un protecteur efficace qui peut mettre Satan lui-même sous nos pieds et briser sa puissance, car il n'est rien moins que la sagesse même de Dieu qui peut quand elle veut, instruire les ignorants : Il est la vertu de Dieu, qui soutient sans peine ceux qui faiblissent et les tire du danger. Aussi, mes frères, toutes les fois que nous avons besoin d'un conseil, recourrons à ce maître ; dans toutes nos actions invoquons ce puissant auxiliaire ; et dans tous les assauts que nous avons à soutenir, remettons le salut de nos âmes entre les mains de ce sûr défenseur. Il n'est venu dans le monde que pour s'y trouver dans les hommes, avec les hommes et pour les hommes, afin de dissiper nos ténèbres, alléger nos fatigues et écarter les dangers qui nous menacent.


Saint Jean Chrysostome - Homélie sur le Psaume 49
Les deux avènements du Christ
« Lors de son premier avènement, Dieu est venu sans aucun éclat, inconnu du plus grand nombre, prolongeant de longues années le mystère de sa vie cachée. Lorsqu'il descendit de la montagne de la Transfiguration, Jésus demanda à ses disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. Il venait alors, tel un berger, chercher sa brebis égarée, et pour s'emparer de l'animal indocile, il lui fallait demeurer caché. Comme un médecin qui se garde bien d'effrayer son malade dès le premier abord, de même le Sauveur évite de se faire connaître dès le commencement de sa mission : il ne le fait qu'insensiblement et peu à peu. Le prophète avait prédit cet avènement sans éclat en ces termes : « Il descendra comme la pluie sur une toison, et comme l'eau qui coule goutte à goutte sur la terre » (Psaume 71, 6). Il n'a pas déchiré le firmament pour venir sur les nuées, mais il est venu en silence dans le sein d'une Vierge, porté neuf mois par elle. Il est né dans une crèche, comme le fils d'un humble artisan... Il va de-ci, de-là, comme un homme ordinaire ; son vêtement est simple, sa table plus frugale encore. Il marche sans relâche au point d'en être fatigué. Mais tel ne sera pas son second avènement. Il viendra avec tant d'éclat qu'il n'y aura pas besoin d'annoncer sa venue : « Comme l'éclair qui part de l'Occident apparaît en Orient, ainsi sera la venue du Fils de l'homme » (Matthieu 24, 27). Ce sera le temps du jugement et de la sentence prononcée. Alors le Seigneur ne paraîtra pas comme un médecin, mais comme un juge. Le prophète Daniel a vu son trône, le fleuve qui roule ses eaux au pied du tribunal et cet appareil tout de feu, le char et les roues (Daniel 7, 9-10). David, le roi-prophète, ne parle que de splendeur, que d'éclat, que de feu rayonnant de tous côtés : « Un feu marchera devant lui, et autour de lui mugira une violente bourrasque » (Psaume 49, 3). Toutes ces comparaisons ont pour objet de nous faire saisir la souveraineté de Dieu, la lumière éclatante qui l'environne et sa nature inaccessible ».


Saint Charles Borromée - Lettre pastorale sur le sens de l’Avent
« Voici, mes bien-aimés, ce temps célébré avec tant de ferveur, et, comme dit l’Esprit-Saint, c’est le temps de la faveur divine, une période de salut, de paix et de réconciliation. C’est le temps jadis désiré très ardemment par les vœux et les aspirations instantes des anciens prophètes et patriarches, et qui a été vu enfin par le juste Siméon avec une joie débordante ! Puisqu’il a toujours été célébré par l’Église avec tant de ferveur, nous-mêmes devons aussi le passer religieusement dans les louanges et les actions de grâce adressées au Père éternel pour la miséricorde qu’il a manifestée dans ce mystère. Oui, par cet avènement de son Fils unique, en vertu de son immense amour pour nous, pécheurs, il l’a envoyé alors pour nous délivrer de la tyrannie et de l’empire du démon, nous inviter à aller au ciel, nous faire pénétrer dans les mystères célestes, nous montrer la Vérité en personne, nous former à la pureté des mœurs, nous donner les germes des vertus, nous enrichir des trésors de sa grâce et enfin nous adopter pour ses fils et pour héritiers de la vie éternelle. Du fait que ce mystère est revécu chaque année par l’Église, nous sommes exhortés à rappeler sans cesse le souvenir de tant d’amour envers nous. Cela nous enseigne aussi que l’avènement du Christ n’a pas profité seulement à ceux qui vivaient à l’époque du Sauveur, mais que sa vertu devait être communiquée aussi à nous tous ; du moins si nous voulons, par le moyen de la foi et des sacrements, accueillir la grâce qu’il nous a méritée et diriger notre vie selon cette grâce en lui obéissant. L’Église nous demande encore de comprendre ceci : de même qu’il est venu au monde une seule fois en s’incarnant, de même, si nous enlevons tout obstacle de notre part, il est prêt à venir à nous de nouveau, à toute heure et à tout instant, pour habiter spirituellement dans nos cœurs avec l’abondance de ses grâces. Aussi à l’occasion de ce temps, l’Église, comme une mère très affectueuse et très préoccupée de notre salut, nous enseigne par des hymnes, des cantiques, et par toutes les paroles et les rites que lui a inspirés le Saint-Esprit, la manière d’accueillir avec gratitude un si grand bienfait, et comment nous enrichir de ses fruits. Ainsi notre âme se disposera à l’avènement du Christ avec autant de soin que s’il devait encore venir au monde, et de la manière même dont les pères de l’Ancien Testament, par leurs paroles comme par leurs exemples, nous ont appris à les imiter ».


Saint Augustin (354-430) - Enarrationes Ps 95, §14
« Alors tous les arbres des forêts bondiront de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre » (Psaume 95, 12). Le Seigneur est venu une première fois, et il viendra de nouveau. Il est venu une première fois « sur les nuées » (Matthieu 26, 64) dans son Église. Quelles sont les nuées qui l'ont porté ? Les apôtres, les prédicateurs ; il est venu une première fois porté par ses prédicateurs, et il a rempli toute la terre. Ne résistons pas à son premier avènement si nous ne voulons pas redouter le second. Que doit donc faire le chrétien ? User du monde, mais ne pas servir le monde. En quoi cela consiste-t-il ? « Posséder comme si on ne possédait pas. » C'est ce que dit Saint Paul : « Frères, le temps est court. Que désormais ceux qui achètent vivent comme s'ils ne possédaient pas ; ceux qui usent de ce monde, comme s'ils n'en usaient pas vraiment. Car elle passe la figure de ce monde. Je veux vous voir exempt de soucis » (1 Corinthiens 7, 29-32). Celui qui est libre de tout souci attend avec sécurité la venue de son Seigneur. Car est-ce qu'on aime le Seigneur, si on redoute sa venue ? Mes frères, n'en rougissons-nous pas ? Nous l'aimons, et nous redoutons sa venue ? L'aimons-nous vraiment ou est-ce que nous n'aimons pas davantage nos péchés ? Haïssons donc nos péchés, et aimons celui qui doit venir.


Saint Épiphane, évêque de Salamine, † 403, sur les louanges de Sainte Marie, Mère de Dieu
« Que dirai-je ou qu’exprimerai-je au sujet de la Vierge illustre et sainte ? Car Dieu seul excepté, elle est supérieure à tous : elle est naturellement plus belle que les Chérubins et les Séraphins eux-mêmes et que toute l’armée angélique ; pour la célébrer, une langue du ciel ou de la terre ne saurait suffire, pas même celle des anges. Ô bienheureuse Vierge, colombe pure et céleste Épouse, Marie, temple et trône de la divinité, qui possédez le Christ, ce soleil qui brille au ciel et sur la terre ! Nuée céleste qui du ciel avez amené le Christ au monde, tel un éclair éblouissant ! Salut, pleine de grâce, porte des cieux, dont parle de façon claire et évidente le prophète, lorsqu’il s’écrie dans le Cantique : « Vous êtes un jardin fermé, ma sœur, mon épouse, vous êtes un jardin fermé, une fontaine scellée » (Cantique des cantiques 4, 12). La Vierge est le lys immaculé qui a enfanté le Christ, rose qui ne passe pas. Ô Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, qui avez enfanté votre agneau, le Christ, Verbe incarné en vous ! Ô Vierge toute sainte, qui avez rempli de stupeur l’armée des anges ! Merveille qui remplit les cieux de stupeur : une femme revêtue du soleil, portant la lumière en ses bras ; merveille qui remplit les cieux de stupeur : la couche d’une vierge possède le Fils de Dieu ; merveille qui remplit les cieux de stupeur : le Seigneur des anges est devenu l’enfant d’une Vierge. Les anges accusaient Ève, ils comblent maintenant d’honneur Marie qui a relevé Ève de sa chute et mis en possession du ciel Adam chassé du paradis. Elle est en effet la médiatrice naturelle du ciel et de la terre, puisqu’elle a réalisé leur union. La grâce de la Vierge sainte est immense. Aussi Gabriel salue-t-il dès l’abord la Vierge par ces mots : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». « Salut, pleine de grâce », vous qui êtes un ciel resplendissant ! « Salut, pleine de grâce », Vierge ornée de nombreuses vertus ! « Salut, pleine de grâce », vous qui êtes l’urne d’or contenant la manne céleste ! « Salut, pleine de grâce », vous qui rassasiez les assoiffés de la douceur d’une source intarissable ! Salut, Très Sainte Mère Immaculée, qui avez enfanté le Christ, qui existe avant vous ! Salut, pourpre royale, qui avez revêtu le Roi du ciel et de la terre ! Salut, livre mystérieux, qui avez donné à lire au monde le Verbe et le Fils du Père ».


9 décembre : saint Juan Diego
En avril 1990, Juan Diego est déclaré Bienheureux par le pape Jean Paul II au Vatican. Le mois suivant, à la Basilique de Guadalupe à Mexico, durant sa deuxième visite au sanctuaire, Jean Paul II procède à la cérémonie de béatification. Qui était ce Juan Diego ?
La plupart des historiens s’accordent à dire que Juan Diego naquit en 1474 au calpulli ou quartier de Tlayacac dans le Cuautitlan qui fut établi en 1168 par les membres de la tribu des Nahua et conquis par le Chef Aztèque Axayacati en 1467 ; Ce quartier se trouve à vingt kilomètres au nord de Tenochtitlan (Mexico).
Son nom d’origine est Cuauhtlatoazin, qui se traduit par “Quelqu’un qui parle comme un aigle” ou “un aigle qui parle”.
Le Nican Mopohua le décrit comme un “macehualli” ou “pauvre Indien”, quelqu’un qui n’appartient à aucune des catégories sociales de l’Empire, tels que les prêtres, les guerriers, les marchands,… pas un esclave mais un membre de la classe la plus basse et la plus nombreuse de l’Empire Aztèque. En s’adressant à Notre Dame, il parle de lui-même comme de quelqu’un de rien, et se réfère à cette définition comme pour expliquer son manque de crédibilité aux yeux de l’évêque.
Il se dévoue au dur labeur des champs et à la manufacture des nattes. Il possède un terrain avec une petite maison.. Il est heureux dans son ménage mais n’a pas d’enfant.
Entre 1524 et 1525, il se convertit et est baptisé de même que sa femme, recevant le nom chrétien de Juan Diego alors que sa femme reçoit celui de Maria Lucia. Il est probablement baptisé par le missionnaire Franciscain, connu et aimé, Fray Toribia de Benavente, appelé “Motolinia” ou “le pauvre”, par les Indiens, en raison de sa grande bonté et sa piété.
Selon la première enquête officielle faite par l’Église concernant les évènements, les ”Informaciones Guadalupanas” de 1666, Juan Diego est connu comme un homme religieux et très dévoué, même avant sa conversion. Il est un homme solitaire, de caractère mystique, porté aux accès de silence et à des pénitences fréquentes. Il avait l’habitude de marcher de son village à Tenochtitlan, situé à 14 miles de chez lui, pour s’instruire sur la doctrine.
Sa femme Maria Lucia tomba malade et mourut en 1529. Juan Diego alla vivre, alors, avec son oncle Juan Bernardo à Tolpetlac qui était plus rapproché (9 miles) de l’église de Tlatelolco-Tenochtitlan.
Il marchait plusieurs miles chaque samedi et chaque dimanche pour se rendre à l’église, partant très tôt le matin, avant l’aube, afin d’arriver à l’heure à la Messe et aux classes d’instruction religieuse. Il marchait pieds nus, comme tous ceux de sa classe, les macehualli. Seules les classes sociales plus élevées chez les Aztèques portaient des cactlis ou sandales, faites de fibres végétales ou de cuir. En ces matins frais, il portait couramment comme manteau un vêtement en toile de cactus au tissage lâche, un tilma ou ayate fait de fibres obtenus du cactus maguey. Le coton était utilisé seulement par les classes Aztèques aisées.
Au cours d’une de ces marches vers Tenochtitlan, marche qui durait environ trois heures et demie entre les villages et les montagnes, la première apparition eut lieu (Voir La page des Apparitions) à un endroit connu sous le nom de “Capilla del Cerrito” là où la Bienheureuse Vierge Marie lui adressa la parole en sa langue, Nahuatl. Elle l’appela “Juanito, Juan Dieguito “, “le plus humble de mes fils”, “le dernier de mes fils”, “mon petit chéri”.
Il était âgé de 57 ans, un âge certainement avancé à une époque et en un lieu où l’espérance de vie des hommes était à peine de 40 ans.
Après le miracle de Guadalupe, Juan Diego, après avoir laissé ses affaires et sa propriété à son oncle, emménagea dans une chambre près de la chapelle où se trouve l’image sacrée ; il consacra la fin de sa vie à propager le récit des apparitions à ses concitoyens.
Il mourut le 30 Mai, 1548 à l’âge de 74 ans.
Juan Diego aimait profondément l’Eucharistie, et par une permission spéciale de l’évêque, il reçut la communion trois fois par semaine, un fait très peu courant à cette époque.
Le pape Jean Paul fit l’éloge de Juan Diego pour sa foi simple, nourrie de la catéchèse et le décrivit (lui qui disait à la Bienheureuse Vierge Marie “Je ne suis rien, je suis une petite ficelle, une minuscule échelle, une queue, une feuille”) comme un modèle d’humilité pour tous les hommes.


HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI, Jeudi 4 octobre 2012
Messieurs les Cardinaux,
Vénérés frères dans l’épiscopat,
Chers frères et sœurs !
Le 4 octobre 1962, le bienheureux Jean XXIII est venu en pèlerinage dans ce sanctuaire pour confier à la Vierge Marie le Concile Œcuménique Vatican II, qui devait être inauguré une semaine plus tard. Lui qui nourrissait une dévotion filiale et profonde à la Vierge s’est tourné vers elle avec ces mots : « Aujourd’hui encore une fois, et au nom de tout l’épiscopat, à Vous, très douce mère, que l’on salue du titre de « Auxilium Episcoporum », Nous demandons pour Nous, évêque de Rome et pour tous les évêques du monde entier de Nous obtenir la grâce d’entrer dans la salle conciliaire de la basilique Saint-Pierre comme sont entrés les Apôtres et premiers disciples de Jésus dans le Cénacle : avec un seul cœur, un seul battement d’amour envers le Christ et les âmes, un seul but de vivre et de se sacrifier pour le salut des individus et des peuples. Ainsi, que par votre intercession maternelle, dans les années et les siècles à venir, on puisse dire que la grâce de Dieu a préparé, accompagné et couronné le vingtième Concile Œcuménique, en donnant à tous les fils de la Sainte Église une nouvelle ferveur, un nouvel élan de générosité et de fermes résolutions » (AAS 54 (1962), 727).
À cinquante ans de distance, après avoir été appelé par la divine Providence à succéder au siège de Pierre à ce Pape inoubliable, je suis venu ici moi aussi en pèlerin pour confier à la Mère de Dieu deux importantes initiatives ecclésiales : l’Année de la Foi, qui s’ouvrira dans une semaine, le 11 octobre, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et l’Assemblée Générale ordinaire du Synode des Évêques que j’ai convoquée au mois d’octobre sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ».
Chers amis ! À vous tous j’adresse mon plus cordial salut. Je remercie l’archevêque de Lorette, Mgr Giovanni Tonnuci, pour ses chaleureuses paroles d’accueil. Je salue les autres évêques présents, les prêtres, les pères Capucins, qui ont la charge pastorale du sanctuaire, et les religieuses. J’adresse une pensée respectueuse au maire, M. Paolo Nicoletti, que je remercie pour ses paroles courtoises, au représentant du gouvernement et aux autorités civiles et militaires présentes. Ma reconnaissance va aussi à tous ceux qui ont offert généreusement leur collaboration pour la réalisation de mon pèlerinage ici.
Comme je le rappelais dans la Lettre Apostolique de promulgation de l’Année de la Foi, « j’entends inviter les confrères Évêques du monde entier à s’unir au Successeur de Pierre, en ce temps de grâce spirituelle que le Seigneur nous offre, pour faire mémoire du don précieux de la foi. » (Porta Fidei, 8). Et justement ici à Lorette, nous avons l’opportunité de nous mettre à l’école de Marie, de celle qui a été proclamée bienheureuse parce qu’elle a cru (Lc 1, 45).Ce sanctuaire, construit autour de sa maison terrestre, abrite la mémoire du moment où l’Ange du Seigneur est venu à Marie avec la grande annonce de l’Incarnation, et où elle a donné sa réponse. Cette humble habitation est un témoignage concret et tangible du plus grand évènement de notre histoire : l’Incarnation, le Verbe qui se fait chair, et Marie, la servante du Seigneur est la voie privilégiée par laquelle Dieu est venu habiter parmi nous (cf Jn 1, 14). Marie a offert sa propre chair, s’est mise tout entière à disposition de la volonté de Dieu, devenant un « lieu » de sa présence, « lieu » dans lequel demeure le Fils de Dieu. Ici, nous pouvons rappeler la parole du Psaume par laquelle, d’après la Lettre aux Hébreux, le Christ a commencé sa vie terrestre en disant au Père : « Tu n'as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu m'as formé un corps… Alors j'ai dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (10, 5.7). Marie prononce des paroles similaires devant l’Ange qui lui révèle le plan de Dieu sur elle : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38). La volonté de Marie coïncide avec la volonté du Fils dans l’unique projet d’amour du Père, et en elle, s’unissent le ciel et la terre, le Dieu créateur et sa créature. Dieu devient homme, et Marie se fait « maison vivante » du Seigneur, temple où habite le Très-Haut. Ici à Lorette, il y a cinquante ans, le Bienheureux Jean XXIII invitait à contempler ce mystère, à « réfléchir sur ce lien entre le ciel et la terre, qui est l’objectif de l’Incarnation et de la Rédemption », et il continuait en affirmant que le Concile avait pour but d’étendre toujours plus les bienfaits de l’Incarnation et la Rédemption du Christ à toutes les formes de la vie sociale (cf. AAS 54, (1962), 724). C’est une invitation qui résonne encore aujourd’hui avec une force particulière. Dans la crise actuelle, qui ne concerne pas seulement l’économie, mais plusieurs secteurs de la société. L’Incarnation du Fils de Dieu nous dit combien l’homme est important pour Dieu et Dieu pour l’homme. Sans Dieu, l’homme finit par faire prévaloir son propre égoïsme sur la solidarité et sur l’amour, les choses matérielles sur les valeurs, l’avoir sur l’être. Il faut revenir à Dieu pour que l’homme redevienne homme. Avec Dieu, même dans les moments difficiles, de crise, apparait un horizon d’espérance : l’Incarnation nous dit que nous ne sommes jamais seuls, que Dieu entre dans notre humanité et nous accompagne.
Mais la demeure du Fils de Dieu dans la « maison vivante », dans le temple qu’est Marie nous amène à une autre réflexion : là où habite Dieu, nous devons reconnaitre que nous sommes tous « à la maison » : là où habite le Christ, ses frères et sœurs ne sont plus des étrangers. Marie, qui est la mère du Christ et aussi notre mère, nous ouvre la porte de sa maison, nous aide à entrer dans la volonté de son Fils. C’est la foi, ainsi, qui nous donne une maison en ce monde, qui nous unit en une seule famille et qui nous rend tous frères et sœurs. En contemplant Marie, nous devons nous demander si nous aussi nous voulons être ouverts au Seigneur, si nous voulons offrir notre vie pour qu’elle soit une demeure pour Lui ; ou si nous avons peur que la présence du Seigneur puisse être une limite à notre liberté, et si nous voulons nous réserver une part de notre vie qui n’appartienne qu’à nous-mêmes. Mais c’est précisément Dieu qui libère notre liberté, la libère du repli sur elle-même, de la soif du pouvoir, de la possession, de la domination, et la rend capable de s’ouvrir à la dimension qui lui donne tout son sens : celle du don de soi, de l’amour, qui se fait service et partage.
La foi nous fait habiter, demeurer, mais nous fait aussi marcher sur le chemin de la vie. À ce propos aussi, la Sainte Maison de Lorette nous donne un enseignement important. Comme nous le savons, elle était située sur une route. La chose pourrait apparaître plutôt étrange : de notre point de vue en effet, la maison et la route semblent s’exclure. En réalité, justement sur cet aspect particulier, un message singulier est gardé dans cette maison. Elle n’est pas une maison privée, elle n’appartient pas à une personne ou à une famille, mais elle est au contraire une habitation ouverte à tous, qui est, pourrait-on dire, sur notre chemin à tous. Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l’humanité rachetée. (cf. Ap 21, 3).
Il y a encore un point important du récit évangélique de l’Annonciation que je voudrais souligner, un aspect qui ne finit pas de nous étonner : Dieu demande le « oui » de l’homme, il a crée un interlocuteur libre, il demande que sa créature Lui réponde en toute liberté. Saint Bernard de Clairvaux, dans un de ses sermons les plus célèbres, « représente » l’attente de la part de Dieu et de l’humanité du « oui » de Marie, en se tournant vers elle avec une supplique : « L’ange attend ta réponse, parce qu’il est déjà temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé. Donne ta réponse, ô Vierge, hâte-toi, ô Souveraine, donne cette réponse que la terre, que les enfers, que les cieux aussi attendent. Autant il a convoité ta beauté, autant il désire à cette heure le « oui » de ta réponse, ce oui par lequel il a résolu de sauver le monde. Lève-toi, cours, ouvre ! Lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement (In laudibus Virginis Matris, Hom. IV, 8). Dieu demande la libre adhésion de Marie pour devenir homme. Certes, le « oui » de Marie est le fruit de la grâce divine. Mais la grâce n’élimine pas la liberté, au contraire elle la crée et la soutient. La foi n’enlève rien à la créature humaine, mais ne permet pas la pleine et définitive réalisation.
Chers frères et sœurs, en ce pèlerinage, qui parcourt à nouveau celui du Bienheureux Jean XXIII – et qui a lieu de manière providentielle, le jour de la fête de Saint François d’Assise, véritable « évangile vivant » –, je voudrais confier à la très Sainte Mère de Dieu toutes les difficultés que vit notre monde à la recherche de la sérénité et de la paix, les problèmes de tant de familles qui regardent l’avenir avec préoccupation, les désirs des jeunes qui s’ouvrent à la vie, les souffrances de ceux qui attendent des gestes et des choix de solidarité et d’amour. Je voudrais confier aussi à la Mère de Dieu ce temps spécial de grâce pour l’Église, qui s’ouvre devant nous. Toi, Mère du « oui », qui a écouté Jésus, parle-nous de Lui, raconte-nous ton chemin pour le suivre sur la voie de la foi, aide-nous à l’annoncer pour que tout homme puisse l’accueillir et devenir demeure de Dieu. Amen !
25 décembre : Nativité de Jésus-Christ (Veille)

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