Des fêtes qui tombent pendant le temps du pèlerinage.
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Après avoir parlé des fêtes qui arrivent pendant le temps de la Réconciliation, temps reproduit par l’Église de Pâques à l’octave de la Pentecôte, il reste à s'occuper des fêtes qui arrivent dans le temps du pèlerinage; l’Église le reproduit depuis l’octave de la Pentecôte jusqu'à l’Avent. Ce temps ne commence pas toujours ici, car il varie d'après la fête de Pâques.
Tiré des Actes de sainte Cécile.
Urbain vient d'urbanité, ou bien de ur, flambeau ou feu, et de banal, réponse. Ce fut un flambeau par l’honnêteté de sa conduite, un feu par son ardente charité, une réponse par sa doctrine. Il fut un flambeau ou une lumière, parce que la lumière est agréable à la vue, immatérielle en essence, céleste en situation, très utile pour agir. De même ce saint fut aimable dans sa conversation, immatériel dans son mépris du monde, céleste en contemplation, utile dans sa prédication.
Urbain succéda au pape Calixte. De son temps, il s'éleva une très grande persécution contre les chrétiens. Enfin Alexandre devint empereur et sa mère Mammée avait été convertie au christianisme par Origène. Ses prières vraiment maternelles obtinrent de son fils qu'il cesserait de persécuter les fidèles. — Cependant Almachius, préfet de la ville, qui avait fait trancher la tête à sainte Cécile, sévissait avec fureur contre les chrétiens; il fit donc rechercher avec soin saint Urbain; par le moyen d'un de ses officiers nommé Carpasius; on le trouva dans un antre avec trois prêtres et trois diacres. Tous furent jetés en prison. Almachius fit comparaître Urbain devant son tribunal, et lui reprocha d'avoir séduit cinq mille hommes avec la sacrilège Cécile et les illustres personnages Tiburce et Valérien : il lui réclama aussi les trésors de Cécile.
Urbain lui répondit : « Ainsi que je le vois, c'est plutôt la cupidité qui te porte à sévir contre les saints que l’honneur des dieux. Le trésor de Cécile est monté au ciel par les mains des pauvres. u Comme saint Urbain et ses compagnons étaient fouettés avec des lanières garnies de plomb, Urbain se mit à invoquer le nom du Seigneur en disant Elijon (D'après saint Isidore de Séville (liv. VII, ch. I, des Etymologies), ce mot hébreu est un des noms de Dieu et signifie élevé, grand, le Très-Haut.). Le préfet souriant : « Ce vieillard, dit-il, veut passer pour savant, voilà pourquoi il parle de manière à ne pouvoir être compris. » Or, comme on ne pouvait pas les vaincre, ils furent reconduits en prison, où saint Urbain donna le baptême à trois tribuns qui vinrent le trouver, et au geôlier Anolin. Le préfet ayant appris que ce dernier était devenu chrétien, le fit amener à son tribunal et comme il refusa de sacrifier, il fut décapité.
Quant à saint Urbain il fut traîné devant une idole avec ses compagnons et forcé de lui offrir de l’encens : alors le saint se mit en prières et l’idole tomba en tuant vingt-deux prêtres chargés d'entretenir le feu. On déchira cruellement tés chrétiens, et on les conduisit ensuite pour sacrifier : mais ils crachèrent sur l’idole, firent sur leur front le signe de la croix et après s'être donné l’un à l’autre le baiser de paix, ils reçurent la couronne du martyre en ayant la tête coupée, sous l’empire d'Alexandre, vers l’an du Seigneur 220. Carposius fut saisi aussitôt par le malin esprit, blasphéma ses dieux, et malgré lui, il fit un grand éloge des chrétiens; enfin il fut suffoqué par le démon. À cette vue, sa femme Arménie reçut le baptême, avec sa fille Lucine et toute sa famille, des mains du saint prêtre Fortunat. Après quoi elle ensevelit les corps des martyrs avec honneur.
Martyrologe d'Adon.
Pétronille, dont saint Marcel a écrit la vie, était la fille de l’apôtre saint Pierre. Elle était d'une beauté extraordinaire et elle souffrait de la fièvre par la volonté de son père; or, un jour que les disciples logeaient chez saint Pierre, Tite lui dit : « Puisque vous guérissez tous les infirmes, pourquoi laissez-vous Pétronille souffrante ? » « C'est, répondit saint Pierre, que cela lui vaut mieux : néanmoins, pour que l’on ne puisse pas conclure de mes paroles qu'il est impossible de la guérir, il lui dit : « Lève-toi promptement, (127) Pétronille, et sers-nous. » Elle fut guérie aussitôt, se leva et les servit. Quand elle eut fini de les servir saint Pierre lui dit : « Pétronille, retourne à ton lit. » Elle y revint aussitôt et la fièvre la reprit comme auparavant : mais dès qu'elle eut eu acquis la perfection dans l’amour de Dieu, il la guérit complètement. Le comte Flaccus vint la trouver afin de la prendre pour femme à cause de sa beauté. Pétronille lui dit donc : « Si tu désires m’avoir pour épouse, fais-moi venir des vierges qui me conduisent jusqu'à ta maison. » Comme il s'en occupait, Pétronille se livra au jeûne et. à la prière, reçut le corps du Seigneur, se coucha et trois jours après elle rendit son âme à Dieu. Flaccus, se voyant déçu, s'adressa à Félicula, compagne de Pétronille, et lui intima ou de l’épouser ou de sacrifier aux idoles.
Comme elle refusait de consentir à aucune de ces deux propositions, le préfet la fit mettre en prison oie elle n'eut ni à manger ni à boire pendant sept jours; après quoi il la fit tourmenter sur le chevalet, la tua et jeta son corps dans un cloaque. Cependant saint Nicodème l’en retira et lui donna la sépulture.
En conséquence, le comte Flaccus fit appeler Nicodème et comme celui-ci refusait de sacrifier, il le battit avec des cordes chargées de plomb. Son corps fut jeté dans le Tibre; mais son clerc Juste l’en ôta et l’ensevelit avec honneur.