Nahoum avait acclamé la chute des Assyriens. Mais les Chaldéens de Babylone qui prirent leur place comme maîtres du Proche-Orient ne furent pas moins cruels. C’est dans ce contexte qu’intervint le prophète Habacuc, aux environs de 605 av. J.-C. Les trois chapitres du livre ne nous renseignent guère sur l’identité du prophète.
Le livre se compose de trois temps : un dialogue entre le Seigneur et le prophète (Ha 1,2 – 2,5), partie la plus originale, une série de paroles de malheur (Ha 2,6-20) et un psaume, au chapitre 3, qui conclut sur une note de confiance le dialogue entre Habacuc et Dieu.
Ce dialogue entre le prophète et Dieu comprend deux questions violentes d’Habacuc sous forme de complainte : « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? Crier vers toi : “Violence !”, sans que tu sauves ? » (Ha 1,2). Le prophète ne comprend pas le mal qui l’entoure et la non-intervention de Dieu. Comment Juda, certes coupable, peut-il être puni par un peuple encore plus coupable et pécheur que lui ? Jusqu’où va-t-on aller si le peuple qui punit est encore plus coupable que le précédent ? Habacuc est, dans son désarroi, proche de Jérémie, de certains des Psaumes et de Job. À ces vastes questions, la réponse de Dieu est simplement : « Le juste vivra par sa fidélité » (Ha 2,4), affirmation dont Paul s’inspirera dans les Lettres aux Romains (Rm 1,17) et aux Galates (Ga 3,11) à la lumière de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.
Ce prophète peut nous rejoindre par la modernité de son questionnement : que fait Dieu ? Il semble bien passif au milieu de la violence et de l’injustice ambiantes…