« Malachie » signifie en hébreu « mon messager ». La Bible grecque dite « la Septante » l’a compris ainsi, et la tradition y voit le nom propre du prophète. Dieu peut dire de son prophète : « mon messager » (Ml 3,1).
Les indices fournis dans le livre permettent de situer le prophète aux environs de 450 av. J.-C. Le Temple a été reconstruit, et le culte fonctionne depuis longtemps. C’est un temps de grand scepticisme. Les espérances soulevées par Aggée et Zacharie ne se sont pas réalisées. Les Israélites tombent dans le découragement.
Le livre consiste en une série d’oracles du Seigneur, souvent en dialogue avec les questions des auditeurs, sur le culte, les mariages mixtes entre Juifs et païens, le jugement des infidèles. La première prédication de Malachie rappelle l’élection et l’amour de Dieu pour Israël. Le chapitre 3 annonce que le Seigneur va envoyer son Messager purifier la ville et ses habitants. Ce Messager est identifié à la fin du livre (Ml 3,23) avec le prophète Élie, figure eschatologique dans le judaïsme. L’Évangile selon Matthieu a reconnu ce messager dans la personne de Jean Baptiste (Mt 11,10).
Malachie invite avec vigueur ses auditeurs à la conversion, à mettre au centre de leur vie quotidienne l’alliance avec le Seigneur, dont les exigences sont exprimées dans le Deutéronome.