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LETTRES AUX THESSALONICIENS

INTRODUCTION

Thessalonique est l’une des premières villes d’Europe visitées par Paul et Silas. C’est une cité cosmopolite où il y a une communauté juive et de nombreux cultes rendus aux idoles. C’est surtout l’une des premières communautés fondées par l’Apôtre sur le sol européen. Le séjour est sans doute de courte durée, d’autant que Paul en est chassé par les Juifs (Ac 17).

Deux lettres, écrites collégialement par Paul, Silvain et Timothée, sont adressées à la communauté de Thessalonique : l’authenticité de la première n’a pas été contestée, tandis que celle de la deuxième a été suspectée jusqu’à la faire dater de la fin du Ier siècle à cause de l’importance donnée à l’apocalyptique. Ces deux lettres se ressemblent et peuvent être traitées ensemble, même si la seconde présente des affirmations sans rapport avec la première, en particulier au sujet de la venue du Seigneur. Elles représentent toutes deux le point de départ de la réflexion paulinienne.

Première lettre aux Thessaloniciens

La première est écrite vers 50-51, peu de temps après le départ précipité de l’Apôtre (1 Th 2,17), alors que Paul est à Corinthe. Elle est non seulement la première lettre de Paul mais aussi le premier écrit chrétien, antérieur à la rédaction des Évangiles. Elle exprime l’attachement et l’affection de Paul à la communauté, une communauté jeune où les païens sont nombreux. Cette lettre, dominée par la joie et l’action de grâce, est un encouragement dans la foi, et une exhortation à faire de nouveaux progrès dans la vie chrétienne. Une place importante est accordée à la Parole et surtout au jour où le Seigneur viendra. Le terme « Église » est appliqué pour la première fois à l’assemblée des croyants (1 Th 1,1). Le Christ est présenté comme celui qui est auprès du Père, et dont la communauté et Paul lui-même attendent avec ardeur le prompt retour (1 Th 1,9-10 ; 2,19 ; 3,13 ; 4,13-18 ; 5,1-11). La venue du Seigneur (la « parousie ») est décrite à l’aide des catégories théophaniques et apocalyptiques. Ce jour-là, les vivants comme « ceux qui se sont endormis » seront « pour toujours avec le Seigneur » (1 Th 4,13-17). Ainsi le retour du Seigneur est vu dans une perspective de consolation et ouvre sur l’espérance (1 Th 5).

Deuxième lettre aux Thessaloniciens

La Deuxième lettre, si elle est envoyée par Paul, Silvain et Timothée, peut être datée des années 51-52 ; sinon, elle peut être largement postérieure, ce qui est difficile à préciser. Elle reprend le thème de la venue du Seigneur en mettant explicitement en garde contre le danger de croire que « le jour du Seigneur est arrivé » (2 Th 2,2). Elle décrit les signes qui précéderont sa venue et fait allusion au « mystère d’impiété » qui doit se révéler auparavant (2 Th 2,1-12). Les trois missionnaires remercient le Seigneur d’avoir choisi les Thessaloniciens et leur souhaitent des grâces de persévérance (2 Th 2,13 – 3,5). La lettre se termine par une exhortation à ne pas se désengager des réalités du monde, notamment de l’exigence du travail (2 Th 3,6-15).