1. — La plupart des néo-critiques émettent des doutes au sujet de l’institution du collège apostolique. Jésus n’aurait jamais songé à s’entourer d’un nombre limité de disciples intimes, auxquels il se serait proposé de confier une mission spéciale. Il a permis à quelques-uns de ses partisans, sur leur demande personnelle, de l’accompagner plus ou moins longtemps durant ses prédications ; mais c’est seulement après sa mort que la « théologie chrétienne » l’a entouré du collège des Douze. Voici d’ailleurs, sur ce point, les propres paroles de plusieurs écrivains rationalistes. « On peut se demander, dit M. Wellhausen[2209], si les apôtres appartiennent à la vie de Jésus, s’il les a lui-même choisis, et à plus forte raison s’il les a envoyés prêcher l’évangile… Les apôtres n’appartiennent vraisemblablement qu’au début de l’histoire de l’Église. Ils peuvent cependant avoir été les compagnons (de Jésus) à la dernière cène et être ainsi devenus ses exécuteurs testamentaires ». « Il est à peine croyable, ajoute J. Weiss[2210], que le groupe des Douze ait été établi par un acte aussi solennel ».
Quelles raisons oppose-t-on à la tradition évangélique, si nette, si constante, confirmée par le livre des Actes et par les épîtres de saint Paul ? Elle aurait contre elle l’hésitation qu’elle manifeste « au sujet des noms des Douze ». Mais cette hésitation n’existe pas ; du moins, elle n’est qu’apparente[2211], et provient simplement de ce que plusieurs apôtres avaient deux noms différents, comme le démontre une comparaison sérieuse établie entre les quatre listes. Les critiques allèguent aussi le nombre « douze », qui, disent-ils, éveille de légitimes soupçons, d’abord en tant que chiffre symbolique, ensuite parce qu’ « on ne voit pas que Jésus ait attaché une telle importance » à des détails de ce genre[2212].
Il est vrai que le nombre douze était symbolique chez les Hébreux, et c’est précisément en souvenir des douze patriarches qui avaient été les fondateurs du peuple Israélite, que le Sauveur s’est entouré de douze apôtres ; mais nous ne voyons pas en quoi cette circonstance nuirait à l’authenticité du récit. La scène racontée par saint Marc et par saint Luc n’a nullement « le caractère indécis » que lui attribuent les néo-critiques, pour se défaire d’une institution qui gêne celle de leurs théories d’après laquelle Notre-Seigneur n’aurait jamais songé à fonder une Église. Ses moindres traits plaident en faveur de sa réalité.
2. — L’élection de Judas comme membre du collège apostolique a soulevé des objections plus sérieuses. Strauss[2213], et à sa suite quelques-uns de ses adhérents[2214], ont tranché la difficulté en faisant du traître un personnage mythique ou légendaire. Mais, bien que les évangiles ne nous fournissent que fort peu de détails sur Judas, le portrait qu’ils esquissent de lui est trop vivant, trop concret, pour n’être qu’un portrait créé par l’imagination[2215]. Aussi le Dr Brandt, qui a poussé très loin la négation sur le terrain évangélique, condamne-t-il lui-même cette opinion[2216]. On a prétendu[2217], pour la justifier, que la trahison était inutile. Mais cette assertion a été réfutée d’avance par la remarque de saint Luc[2218] : « Les princes des prêtres et les scribes cherchaient comment ils feraient mourir Jésus ; mais ils craignaient le peuple ». Ils avaient donc besoin qu’on leur vînt en aide pour l’arrestation de celui qu’ils avaient d’avance condamné[2219].
Sans nier l’existence historique de Judas, de nombreux rationalistes contemporains sont tombés dans des erreurs plus ou moins graves à son sujet. Au premier rang, nous trouvons ceux qui s’efforcent de l’innocenter à peu près complètement. Ernest Renan est de ce nombre[2220]. Selon lui, « le souvenir d’horreur que la sottise ou la méchanceté de cet homme laissa dans la tradition chrétienne a dû introduire ici quelques exagérations… La haine que Jean (l’évangéliste) témoigne contre Judas » doit particulièrement exciter notre défiance à l’égard des actes qu’il lui reproche. Aussi, « sans nier que Judas Iscariote ait contribué à l’arrestation de son maître, nous croyons que les malédictions dont on le charge ont quelque chose d’injuste. Il y eut peut-être dans son fait plus de maladresse que de perversité… Si la folle envie de quelques pièces d’argent fit tourner la tête au pauvre Judas, il ne semble pas qu’il ait complètement perdu le sens moral, puisque, voyant les conséquences de sa faute, il se repentit et, dit-on, se donna la mort ». — Pour montrer la fausseté de cette argumentation, il suffit de rappeler la démarche spontanée du traître auprès des princes des prêtres, et sa proposition infâme : « Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ?[2221] » Tenir un pareil langage, est-ce l’effet de la « maladresse », ou de la « perversité ? » La réponse à cette question n’est pas douteuse. Aussi plusieurs néo-critiques la formulent-ils en termes non moins sévères que les écrivains orthodoxes : « Par sa conduite envers la figure humaine la plus pure et la plus grande qui ait été manifestée à là claire lumière de l’histoire du monde, cet homme (Judas) est devenu pour nous le type du plus criminel des pécheurs[2222] ». « La trahison de Judas est demeurée, dans l’opinion de la chrétienté, le type de tous les méfaits de ce genre ; elle est un objet de dégoût et d’horreur[2223] ».
Judas a trouvé des avocats dans une autre direction. Non seulement il n’aurait pas eu l’intention odieuse que lui prêtent les évangélistes et la tradition chrétienne, mais il croyait rendre un véritable service à son Maître, en faisant semblant de le trahir. Le célèbre auteur anglais de Quincy a développé cette théorie[2224], que divers néo-critiques ont adoptée. En voici les principaux traits. Judas n’était pas moins dévoué à Jésus que les autres apôtres, et il éprouvait un ardent désir d’accélérer l’heure de son triomphe. À la fin, voyant que son Maître tardait à proclamer publiquement sa dignité messianique, il recourut à l’expédient d’une trahison apparente, pour l’obliger ainsi à se déclarer. Judas ne doutait pas que le Sauveur n’eût recours à ses pouvoirs miraculeux, pour remporter une éclatante victoire sur ses ennemis. Dans ces conditions, il se serait tristement trompé ; mais on ne pourrait lui reprocher que de s’être laissé entraîner par un enthousiasme exalté. — Est-il besoin de dire que ce système de défense n’a pas le moindre point d’appui dans les documents évangéliques, qui lui donnent au contraire un démenti formel ? Judas n’a-t-il pas lui-même donné à sa conduite le seul nom qu’elle mérite, lorsqu’il disait aux prêtres : « J’ai péché, en livrant le sang innocent[2225] ? » Et s’il n’avait eu d’autres mobiles que ceux qu’on lui prête si étrangement, Jésus aurait-il flétri sa trahison en termes si énergiques[2226] ? M. Réville avait donc pleinement le droit de dire que cette « explication manque de toute vraisemblance[2227] ». En effet, ajoute-t-il, « la manière d’être de Judas, depuis le jour où il s’aboucha avec les chefs du sanhédrin, dénote un esprit froid, sournois, un homme qui possède assez d’empire sur lui-même pour donner le change à Jésus[2228] jusqu’au dernier moment ».
C’est donc à pure perte qu’on essayerait d’exonérer Judas de toute perfidie, de toute infamie. On a du moins tenté d’atténuer sa culpabilité le plus possible, et pour cela, on a cherché, non pas dans les évangiles, mais dans les possibilités psychologiques, ce qui a dû amener peu à peu l’un des Douze à trahir son Maître. Ce serait, en somme, la désillusion. Il n’aurait jamais cru avec certitude au caractère messianique de Jésus[2229], ou bien, après y avoir cru pendant quelque temps, il aurait ensuite perdu la foi. On suppose à l’encontre des documents, qu’il n’aurait été associé qu’assez tard au groupe des disciples intimes, et qu’après avoir tout d’abord conçu les plus belles espérances au sujet de Jésus, dont il attendait personnellement de hautes faveurs, il se serait laissé aller à la déception, puisa des sentiments de haine et de vengeance, par suite de ce désappointement. Non content de ne pas réaliser les magnifiques perspectives qu’il avait fait briller aux yeux de ses partisans, voici que Jésus cessait de multiplier les prodiges ; il n’attirait plus le peuple ; il ne savait plus résister à ses ennemis. Ceux-ci prenaient de plus en plus le dessus, et il devenait clair que ce faux Messie tomberait bientôt entre leurs mains, pour périr misérablement. Ceux qu’on savait lui avoir été plus étroitement associés partageraient évidemment ses dangers. Il fallait donc agir au plus vite et se concilier les autorités juives, tout en gagnant, comme prix de la trahison, la somme qu’on voudrait bien donner. Tels sont, d’une manière générale, les sentiments qui se seraient succédé dans l’âme de Judas et qui auraient fait de lui un traître[2230].
Oscar Holtzmann a la loyauté de reconnaître[2231] que ce sont là de simples hypothèses, dont les documents historiques (les évangiles) ne démontrent nullement la réalité. Mais, si l’on est douloureusement surpris qu’un des apôtres, « après avoir prêché au nom de Jésus la pénitence et l’avènement du royaume des cieux, puis après avoir accompagné son Maître dans ses rudes pérégrinations, … enfin, après n’avoir pas craint d’affronter avec lui tous les périls du voyage à Jérusalem, l’ait trahi dans cette ville[2232] », si la trahison de Judas est un problème psychologique très réel, pourquoi ne pas consentir à résoudre ce problème au moyen des données évangéliques, dont on ne saurait contester sérieusement la sincérité parfaite ? Ces données, malgré leur brièveté, suffisent pour tout expliquer. Il est inutile de s’évertuer pour chercher ailleurs ce qu’on ne réussira pas à découvrir. Il faut faire violence aux textes, pour éliminer l’avarice sordide du caractère de Judas, comme aussi pour prétendre qu’il y eut un motif de jalousie à la base de l’accusation lancée contre lui par le quatrième évangile. Jean jaloux de Judas, c’est véritablement un comble !
Tout en travaillant à disculper le traître, les rationalistes ont parfois rejeté sur Jésus lui-même une partie de la responsabilité de son crime. « S’il était vrai, comme le veut la tradition, que Jésus connaissait d’avance cette trahison, et ne fit rien pour l’empêcher, "en fournissant même à Judas, par la confiance apparente qu’il continuait de lui témoigner, les moyens de la consommer, … on est tenté de se demander si Judas, infime instrument du plan divin, mérite les malédictions dont sa mémoire est restée chargée ». M. Albert Réville[2233] a raison de ne pas insister sur cette objection, et de ne lui attacher qu’une importance secondaire, bien qu’il la formule en un langage presque blasphématoire. Jésus a fait tout ce qu il pouvait pour sauver le malheureux apôtre. Celui-ci a joui de toutes les grâces nécessaires pour demeurer, malgré la tentation, un disciple fidèle. Il est donc seul responsable de sa terrible déchéance et de sa damnation éternelle.
Mais Notre-Seigneur ne s’est-il pas trompé, en faisant entrer cet indigne dans la société de ses apôtres ? Les néo-critiques l’affirment couramment. « Comment Jésus, qui connaissait les cœurs, a-t-il pu se faire illusion au sujet de ce disciple ?[2234] » « Parmi les Douze a pu se glisser un Judas, au sujet du caractère duquel Jésus s’est trompé, à moins qu’on ne préfère dire que son art d’éducateur a échoué dans cette circonstance[2235] ». Le traître, ainsi qu’il a été dit plus haut, ne serait entré que tardivement dans le collège apostolique, et de son propre mouvement ; de sorte que le Sauveur n’aurait pas eu le temps de le connaître. — Non, Jésus ne s’est pas trompé au sujet de Judas, dont il avait prévu dès le début la trahison, et qu’il démasqua de bonne heure[2236]. Son art d’éducateur a échoué dans ce cas, il est vrai : triste histoire dont la grâce divine n’est que trop souvent témoin. Quant à l’élection de Judas, elle eut lieu en même temps que celle des autres apôtres, et le divin Maître en a pris toute la responsabilité.
[2209] Einleitung in die Evangelien, p. 112.
[2210] , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 91. Voir aussi , Jesus, p. 29 ; , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 108.
[2211] , loc. cit.
[2212] , ibid. D’après , Babylonisches im Newen Testam., p. 87-88, ce chiffre ferait allusion aux signes du zodiaque !
[2213] , Leben Jesu, § 130 ; Neues Leben, § 90.
[2214] Cf. , Der Verrath des Judas Ischarloth, eine Sage, 1900.
[2215] Voir , Studies in the Life of Christ, p. 264. On dirait que ce portrait « sort du ciseau du sculpteur ».
[2216] Die evangelische Geschichte, p. 12-14.
[2217] Cf. , Geschichte Jesu erläutert, p. 300.
[2218] Luc., xxii, 2.
[2219] Comparez Matth., xxvi, 4, et Marc., xiv, 2, où les membres du sanhédrin, avant de s’entendre avec Judas, parlent de recourir à la ruse pour s’emparer du Sauveur
[2220] , Vie de Jésus, 1863, p. 380-382. !
[2221] Matth., xxvi, 15.
[2222] , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 175.
[2223] , Jésus de Nazareth, t. II, p. 342,
[2224] Works, t. VI, p. 21-25.
[2225] Matth., xxvii, 4.
[2226] Matth., xxvi, 20-25.
[2227] , Jésus de Nazareth, t. II, p. 344.
[2228] Ou du moins pour essayer de lui donner le change.
[2229] , Leben Jesu, p. 351.
[2230] Voir , Jésus de Nazareth, t. II, p. 345-346 ; , Die evangelische Geschichte und der Ursprung des Christentums, p. 484-487 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 92 ; , Leben Jesu, p. 351-352 ; , Geschichte Jesu von Nazara, t. III, p. 247-248 ; , Jesus von Nazareth in seiner geschichtl. Lebensentwicklung, p. 101-102 ; , op. cit., p. 175-176, etc. Chacun de ces auteurs expose la théorie avec des nuances qui lui sont propres.
[2231] , op. cit., p. 353.
[2232] , ibid.
[2233] , Jésus de Nazareth, t. II, p. 342-343.
[2234] , Das Leben Jesu erläutert, p. 363.
[2235] , Jesus als Charakter, p. 111. De même , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 108, et beaucoup d’autres.
[2236] Joan., vi, 71-72.
Les néo-critiques manifestent généralement, tout au moins en théorie, une vive admiration à l’égard de ce grand discours, et ils lui décernent de sincères éloges. Cependant, il n’a pas échappé à leur esprit d’opposition, qui ne laisse en paix aucune page des évangiles.
1. — Plusieurs d’entre eux affirment que ce discours n’a jamais été prononcé par le Sauveur. Il aurait été composé en entier, sinon directement, par les deux évangélistes qui nous l’ont conservé, du moins par les auteurs des documents d’après lesquels ils les ont reproduits[2237]. Toutefois, ils admettent en grand nombre que la plupart des paroles citées ici par saint Matthieu et par saint Luc appartiennent réellement à Jésus, qui les avait prononcées en différentes occasions[2238]. Mais, dans son ensemble, le discours serait « une composition libre », « une anthologie d’aphorismes », qui auraient été groupée, tels qu’on les lit aujourd’hui dans les deux rédactions spécialement dans celle de saint Matthieu, vers le début de l’ère chrétienne, pour former comme un Manuel de piété, un recueil de règles de conduite.
Nous avons reconnu que saint Matthieu a peut-être ajouté çà et là au discours quelques pensées émises en d’autres circonstances, et que saint Luc l’a certainement abrégé. Mais rien n’autorise à supposer que nous n’aurions ici qu’une « compilation[2239] ». Une telle hypothèse méconnait de la façon la plus absolue le respect que les évangélistes et les premières générations chrétiennes nourrissaient à l’égard de la vérité historique, en particulier lorsqu’il s’agissait de la vie du divin Maître. Du reste, nous l’avons dit également, le Sermon sur la montagne, tel que saint Matthieu nous l’a transmis, répond exactement à ce qu’on pouvait attendre de Jésus à cette époque de son ministère. Quoi de plus naturel que de l’entendre donner alors à ses disciples, devenus nombreux, et aussi aux multitudes sympathiques qui accouraient à lui de toutes parts, un résumé de son enseignement, et tracer l’idéal à réaliser par quiconque désirait acquérir le droit de cité dans le royaume des cieux ? Et qui donc, si ce n’est le Christ lui-même, et lui seul, aurait été capable de créer une composition littéraire d’une telle unité, d’une telle beauté, dont la marche est si naturelle et si vraie, dont les pensées se rattachent si aisément les unes aux autres de manière à former un tout inimitable[2240] ? L’hypothèse rationaliste est donc invraisemblable à priori. De plus, on ne peut l’appuyer sur aucun argument solide[2241].
2. — En général, les rationalistes n’éprouvent pas une moindre aversion pour le dogme que pour le miracle. Aussi les voyons-nous lutter de toutes leurs forces contre ces deux éléments des évangiles. Or, quelques-uns d’entre eux avouent que l’absence (prétendue) de tout dogme dans le Sermon sur ta montagne est un des principaux motifs de la prédilection que cette pièce d’éloquence leur inspire. À cela, on a répondu avec beaucoup d’à-propos[2242] : « Messieurs les rationalistes, qui aimez tant, qui écoutez si volontiers la morale de \ Oratio montana, de grâce, écoutez aussi le dogme qu’il vous enseigne ». Les pensées dogmatiques sont loin, en effet, d’en être entièrement absentes
À cette erreur, ou peut rattacher celle de A. Harnack et d’autres néo-critiques, qui traitent le Discours sur la montagne comme s’il contenait la substance entière du christianisme, et qui, par suite de ce faux principe, traitent tous les développements postérieurs de la doctrine chrétienne, qu’ils soient contenus dans les autres portions des évangiles, dans le reste du Nouveau Testament ou dans la tradition, comme s’ils n’appartenaient point à l’essence de l’enseignement de Jésus[2243]. Mais où donc ces critiques ont-ils vu que le Sauveur avait le dessein de condenser dans ces quelques pages toutes les instructions théoriques et morales qu’il apportait aux hommes ? Il y a surtout inséré des régles de conduite appropriées à ses disciples ; mais, sur ce point comme au sujet du dogme chrétien, il a très largement complété son enseignement en mainte autre occasion.
3. — D’autres rationalistes ont attaqué l’authenticité de l’un des passages les plus importants du discours, celui dans lequel Jésus déclare solennellement qu’il est venu, non pas pour détruire la loi juive, mais pour l’accomplir, la perfectionner[2244]. « Jésus, demande A. Loisy[2245], a-t-il eu occasion de définir ainsi sa position à l’égard de la loi ? » Il répond : « On peut croire sans témérité que, dans aucune circonstance, il n’a eu à le faire et ne l’a fait systématiquement et scolastiquement, comme dans le présent discours, en établissant d’abord un principe universel, et en énumérant ensuite les diverses applications que ce principe comportait[2246] ». Pour réfuter cette opinion, nous ne dirons pas, avec un autre néo-critique[2247], que Jésus « n’a jamais eu l’intention de se séparer du judaïsme et de fonder une religion nouvelle », qu’il « voulait simplement infuser un nouvel esprit dans les formes existantes » de la religion juive d’alors, et que, par conséquent, rien ne s’oppose à ce qu’il ait proclamé officiellement son respect pour tout ce qui la constituait. Ce serait, en effet, tomber dans une autre erreur. Il suffira de renvoyer encore à M. Loisy, qui, revenant sur sa pensée, dont il sentait la faiblesse, reconnaît que le Sauveur a fort bien pu formuler lui-même un jour le principe dont il s’agit. Nous ajouterons, et c’est notre argument principal en cet endroit comme en beaucoup d’autres, que l’authenticité de tout ce passage du premier évangile est trop bien attestée par la critique textuelle, pour qu’on puisse lui opposer autre chose que des préjugés arbitraires[2248].
4. — Nous avons à exposer plus longuement une objection qui a été fréquemment formulée de nos jours par des écrivains Israélites, et à laquelle se sont associés plusieurs théologiens Protestants. Elle concerne l’origine du Sermon sur la montagne, qu’on a prétendu pouvoir rattacher, d’une manière à peu prés exclusive, aux écrits de l’Ancien Testament, et davantage encore à la littérature rabbinique. Des volumes entiers ont été composés par des Juifs pour démontrer cette thèse[2249], sans parler des articles insérés dans les dictionnaires[2250] et les revues, ni des assertions isolées, faites à tout propos. Quelques citations montreront jusqu’où sont allées, sous ce rapport, les prétentions juives et autres. Le rabbin A. Geiger[2251] n’a pas craint de dire que « Jésus était un pharisien qui marcha sur les traces d’Hitlel[2252] », et qui « n’a pas exprimé une seule pensée nouvelle ». M. Rodrigues annonce dans sa préface[2253] que son but est de « démontrer aux yeux qui ne craignent pas la lumière, que ce qu’on appelle la morale chrétienne n’est autre chose que la morale Israélite ». Il cite[2254] cette parole de son coreligionnaire Munk »[2255] : « On s’étonne du peu d’effet produit à Jérusalem par le discours de la montagne. Comment en aurait-il pu être autrement ? Le discours de la montagne courait les rues de Jérusalem[2256], bien avant qu’il eût été prononcé ». Et il ajoute : « Rien de plus facile que de refaire ce discours avec les documents antérieurs à son époque ». L’ouvrage du « rabbin prédicateur » Benamozegh qui tout gonflé de propos déclamatoires et superficiels. On y rencontre des titres semblables aux suivants : « Supériorité prétendue (de la morale chrétienne) sur le judaïsme ; absurdité de cette hypothèse, son impiété. Inconvénients et faiblesses de la morale chrétienne ». Un autre rabbin, E. Schreiber, écrivait de son côté[2257] que « le discours sur la montagne est un assemblage de passages du Talmud ».
Des savants chrétiens, très au courant de la littérature rabbinique[2258], ont fait bonne justice de ce langage prétentieux. Personne ne songe à nier qu’il existe des relations de parenté entre la morale de Jésus et celle de l’Ancien Testament, entre les règles de conduite proposées par le Christ et celles qu’on peut lire en certains endroits des livres de Moïse, des Psaumes, des Prophètes et des Hagiographes. Jésus lui-même n’a-t-il pas affirmé publiquement cette analogie ? et n’est-ce point un fait manifeste que de nombreux préceptes contenus dans le Sermon de la montagne ont, sinon toujours leur équivalent, du moins leur base dans la loi ancienne ? Et pourtant, quelle différence ! D’un côté, il est bon de le redire, c’est le germe et la racine ; de l’autre, c’est la plante dans tout son épanouissement, avec son feuillage, ses fleurs et ses fruits. En outre, les beautés morales qui ne se présentent qu’isolément dans les écrits de l’ancienne Alliance sont groupées ici d’une manière unique, Jésus les ayant réunies en un corps de doctrine qui n’a nulle part ailleurs de parallèle. S’il était vrai que le Christ n’a rien ajouté à l’enseignement moral de la loi et des prophètes, comment expliquer l’admiration enthousiaste avec laquelle ses compatriotes accueillirent ses instructions ? Il faut insister sur ce point : Jésus a transformé, transfiguré la morale juive, soit en la complétant par des préceptes nouveaux, plus parfaits, soit en attirant l’attention de ses disciples sur l’esprit et la portée des commandements divins, alors qu’auparavant on s’était trop arrêté à la lettre seule, les scribes se contentant d’ordinaire d’insister sur l’obéissance extérieure.
Quant au Talmud, une dose singulière de bonne volonté serait nécessaire pour le regarder, même de très loin, comme la source du Sermon sur la montagne et de la morale prêchée par Notre-Seigneur. On peut assurément découvrir, à travers les traités interminables dont il se compose, quelques perles, quelques grains d’or, épars çà et là ; nous voulons dire, quelques préceptes moraux qui ne sont pas sans ressemblance avec telles et telles paroles du Sauveur. Il y a eu, en effet, de bons rabbins, aux âmes nobles et pieuses, et il serait surprenant que, nourris de la Bible, ils n’eussent pas exprimé quelques belles pensées. Nous en avons cité plusieurs à propos du discours que nous étudions, et nous les avons rapprochées de celles de Jésus. Les suivantes appartiennent à la même catégorie[2259]. Quelques rabbins disaient aussi qu’on ne devait pas enlever une seule lettre au texte de la loi mosaïque[2260]. D’autres établissaient, comme Jésus, une distinction entre les préceptes « lourds », c’est-à-dire importants, et les préceptes « légers », ou moins importants. Rabbi Chanina (au IIIe siècle de notre ère) disait : « Il en est trois qui descendent en enfer : celui qui fait le mal avec la femme d’un autre : celui qui insulte son prochain en public et celui qui donne à son prochain un sobriquet (injurieux)[2261] ». Selon Rab Huna, « pour les justes, leur Oui est oui, leur Non est non[2262] ». Suivant un autre rabbin, « quiconque a un pain dans son panier et dit : Que mangerai-je demain ? est un homme de peu de foi[2263] ». On prète à R. Tarphon (fin du Ie siècle) cette parole : « Si quelqu’un disait à un autre : Enlève l’écharde qui est dans ton œil, celui-ci répondrait : Enlève la poutre qui est dans ton œil[2264] ».
On a surtout contesté l’originalité de l’Oraison dominicale, dont, au dire de Hamburger[2265], « chaque phrase se rencontre dans les prières et les instructions des rabbins juifs qui ont été consignées dans le Talmud, de sorte que cette oraison toute entière a son domicile sur le terrain du judaïsme. En preuve de cette affirmation on allègue, indépendamment de phrases décousues, recueillies dans les écrits des rabbins, les demandes suivantes, contenues dans le Kaddisch et le Schemôné Esré, prières juives que nous avons eu déjà l’occasion de mentionner : « Que son nom sublime (de Dieu) devienne grand et soit sanctifié dans le monde… Qu’il laisse dominer sa domination royale, durant notre vie et de nos jours… Écoute les prières et les souhaits de la maison d’Israël[2266]. Tu es saint et ton nom est terrible… Pardonne-nous, notre Père, … et délivre-nous à cause de ton nom…, et rassasie le monde des trésors de la bonté, et sois roi sur nous, Seigneur, mais en grâce et en miséricorde[2267] ».
Nous ne contestons pas ces ressemblances, plus ou moins réelles, plus ou moins vagues. Elles peuvent impressionner des lecteurs qui ne connaissent pas la littérature rabbinique dans son ensemble, et qui ne la jugent que par des citations de ce genre : mais elles sont sans valeur pour prouver que le Sermon sur la montagne est dénué de toute originalité, et que Jésus en a puisé à pleines mains les pensées chez les rabbins. Au reste, il ne s’agit pas de savoir si le Talmud contient des préceptes moraux de bon aloi, mais si, même en réunissant en une seule composition tout ce qu’il a de meilleur, on parviendrait à reproduire le chef-d’œuvre unique que nous a conservé saint Mathieu. Où trouver, dans tous les écrits juifs, des morceaux comparables aux Béatitudes, au Pater noster, aux paroles de Jésus qui concernent le détachement des biens de ce monde et la confiance en Dieu ? On n’y réussirait certainement jamais.
Allons donc au fond de la question, et ne nous contentons ni d’allégations superficielles ni de fausses conclusions. Nous dirons d’abord que les ressemblances qui existent entre le Sermon sur la montagne et les écrits rabbiniques peuvent s’expliquer facilement, en dehors de toute supposition d’emprunt de la part de Notre-Seigneur. « Alors même que l’on démontrerait que Jésus a employé des expressions figurées, des idées populaires, des formules proverbiales, qui, avant lui, s’étaient trouvées sur les lèvres de tel ou tel rabbin, il faudrait manquer d’esprit critique pour conclure de la qu’il est sous la dépendance des rabbins. En effet, quiconque veut être compris du peuple doit parler le langage du peuple, et quand on a grandi dans un milieu déterminé, on se sert, même sans y faire attention, du langage de ce milieu[2268] ». En soi, il serait donc naturel que Jésus, sans rien emprunter aux docteurs juifs, se soit rencontré parfois avec eux, sur le terrain religieux et moral.
Mais il faut tout dire, et, puisque ceux qui revendiquent pour les rabbins la propriété de la plupart des textes du Sermon sur la montagne le font avec tant de présomption, ne craignons pas de signaler leurs exagérations outrancières, et leur manque complet de méthode scientifique. Le Talmud renferme tout l’évangile, s’écrient-ils fièrement ; toutes les instructions morales de Jésus ont été empruntées aux anciens docteurs juifs. Les savants chrétiens dont nous avons cité les noms, très versés dans la littérature talmudique, ont relevé le gant et étudié un à un les textes que l’on prétend avoir servi de source aux pensées de Jésus. Quel a été le résultat de ces patientes recherches ? Elles ont révélé la plus déplorable légèreté. Souvent, en traduisant les paroles des rabbins auxquelles Jésus, dit-on, aurait fait des emprunts, on accentue, volontairement ou inconsciemment, leur ressemblance avec le texte évangélique, de manière à faire pencher la balance en faveur des rabbins. Bien que le Talmud soit composé de parties fort disparates, et qui, sous leur forme définitive, datent de plusieurs siècles différents, on le traite dans son ensemble comme si toutes ses portions étaient antérieures aux évangiles ; on cite les rabbins sans s’inquiéter de l’époque où ils vivaient. Par des procédés de ce genre, on fausse totalement les preuves, qui pour la plupart, perdent toute leur force. C’est ainsi que MM. Nork, Hamburger, Friedmann, etc., font faire à Jésus des emprunts à des rabbins du ive siècle de notre ère, et même à des écrits du Moyen Âge[2269]. En agissant ainsi, ils peuvent réussir à jeter de la poudre aux yeux de quelques ignorants ; mais ils détruisent de leur propres mains leur thèse.
En somme, il n’existe pas un seul cas où l’on puisse dire que. Jésus, dans le Sermon sur la montagne ou ailleurs, soit sous la dépendance du Talmud. Le Christ et les rabbins ! « Il n’existe entre eux que de profondes différences. Jésus appuie son enseignement moral sur celui de la loi ancienne ; il ne doit absolument rien au Talmud[2270] ».
5. — Enfin, quelques néo-critiques, insistant sur les faits que nous avons signalés lorsque nous expliquions le principe « Je ne suis pas venu pour détruire la loi, mais pour l’accomplir », prêtent à Jésus deux attitudes différentes relativement à la législation mosaïque. Au fond, dit J. Weiss[2271], d’après l’ensemble de ses paroles et de sa conduite, il était plein de respect pour la loi juive ; mais (admirons ce rapprochement !), de même que Luther « voulait être et demeura un fidèle enfant de son Église, alors qu’il avait depuis longtemps émis des propositions qui menaçaient de mettre en pièces le système du moyen âge », de même le Sauveur « croyait encore avoir ses racines dans le sol de sa patrie, alors que son esprit l’avait depuis longtemps lancé dans des contrées nouvelles ». C’est donc pour ainsi dire « à son insu », comme l’écrivait le Dr Pfleiderer[2272], et entraîné par la chaleur de ses luttes avec les pharisiens, qu’il aurait prononcé des paroles dont la véritable portée ne tendait pas seulement à supprimer les abus, mais à anéantir la loi elle-même.
D’autres, comme A. Neumann[2273], distinguent plusieurs périodes dans la position prise par Jésus à l’égard de la loi. En premier lieu, il se proposait de la perfectionner intérieurement : à la place de la lettre, il mettait la religion de l’esprit. Ensuite, à l’instar des anciens prophètes, il a placé au premier plan les préceptes moraux de la loi, et rejeté à l’arrière-scène la partie cultuelle. Enfin, il est allé jusqu’à porter directement atteinte à la loi, d’abord sans doute d’une manière inconsciente, puis avec une intention très expresse. « En commençant, il dut lui en coûter beaucoup pour abandonner, pièce par pièce, ce qu’il avait, regardé depuis sa jeunesse comme l’expression de la volonté de Dieu ». Néanmoins, « sur ce point il n’est jamais arrivé à une décision franche et claire… C’est Paul., qui a déclaré nulle et de nulle valeur la loi juive, qu’il n’était plus possible d’accomplir[2274] ».
Mais ce sont là des hypothèses arbitraires, qui n’ont d’autres fondement que l’attitude, en apparence différente, prise par le Sauveur à l’égard de la loi ancienne. Nous avons donné une explication suffisante de ces variations. La position de Jésus relativement à la loi juive n’a jamais été contradictoire et « paradoxale[2275] ». Lorsque, dans le Sermon sur la montagne, en tête des détails par lesquels il se présente comme un réformateur de la loi, il mettait le grand principe : « Je ne suis pas venu pour détruire… », il avait conscience que ces détails n’étaient pas en contradiction avec le principe. En vérité, il n’a pas détruit ; mais il n’était pas possible que la législation mosaïque n’évoluât pas entre ses mains, et celles de ses apôtres. Toutefois, cette évolution a toujours été un développement, une transfiguration. Il est bien évident que les lois juridiques et constitutionnelles, qui avaient en vue l’existence à part du peuple juif, n’étaient pas destinées à une durée permanente, pas plus, d’ailleurs, que la plupart des règles qui regardaient le culte. Déjà les prophètes avaient travaillé avec zèle au perfectionnement de la loi du Sinaï ; Jésus a fait comme eux, et cent fois mieux encore. Grâce à lui, l’ancienne loi continue de subsister, et elle exerce toute sa force dans l’Église chrétienne, mais sous une forme suréminente, définitive, de même que notre corps ressuscité sera distinct de notre corps mortel, sans cesser de lui être identique.
[2237] Ainsi pensent, avec des nuances diverses, Weizsäcker, Apostolische Geschichte, 2e éd., p. 380-381 ; , dans , Encyclop. biblica, t. II, col. 1886 ; , Die Synoptiker, p. 99 ; , Einleitung in das Neue Testament, 3e éd., p. 232 ; , Hergpredigt, t. I, p. 39 ; , « Matthäus » dans , Handbuch zum Neuen Testament, p. 179-180 ; , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 535-536.
[2238] , op. cit., p. 535 : Les éléments du discours sont « presque tous empruntés à la tradition la plus authentique ».
[2239] , op. cit., p. 536. Le même auteur ajoute, sans aucune raison sérieuse : « La forme actuelle de ce morceau accuse un travail de composition successive et ne représente pas simplement la parole de Jésus.
[2240] Quelques néo-critiques se sont pour ainsi dire scandalisés de cette unité. Mais, comme l’avoue l’un d’eux, « Jésus n’a jamais parlé sans donner un clair enchaînement à ses pensées. L’opinion d’après laquelle les sentences et les raisonnements auraient jailli sans suite » de ses lèvres, est en contradiction avec la vérité (W. Hess, Jesus von Nazareth in seiner geschichtl. Lebens-enlwicklung, p. 24).
[2241] Voir , Commentary on the Gospel according to St Matthew, p. 56.
[2242] , Die Reden des Herrn Jesu, in h. loc.
[2243] Cf. , Das Wesen des Christentums, 1903, passim.
[2244] Matth., v, 17-20.
[2245] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 563.
[2246] Voir, dans le même sens, , Die Anfänge unserer Religion, 2e éd., p. 59. Déjà Marcion, ce grand ennemi du judaïsme, affirmait que la rédaction actuelle du texte en question provenait d’une falsification exercée par les Juifs. Sa forme primitive aurait été : « Pensez-vous que je suis venu pour accomplir la loi ? … Je suis venu pour détruire, et non pour accomplir ». Cf. , Epist., i, 371 ; , Contra Celsum, ii, 15.
[2247] , Jesus von Nazareth, t. II, p. 25.
[2248] On voit par là ce que vaut l’assertion du Dr , Neutestament. Theologie, 1re éd., t. I, p. 152-153, d’après laquelle essayer de prouver l’authenticité du passage Matth., v, 17-18, c’est « chercher la quadrature du cercle ».
[2249] Qu’il suffise de mentionner les suivants : , Jésus-Christ et sa doctrine, 1864 ; , Les Déicides ; examen de la vie de Jésus et des développements de l’Église chrétienne dans leurs rapports avec le judaïsme, 1864 ; , Les origines du Sermon sur la montagne, 1868 ; , Die Principien des Judentums verglichen mil denen des Christentums, 1877 ; , Morale juive et morale chrétienne, 1878 ; , Jüdische Moral und christl. Staat, 1894 ; , Rabbinische Quellen und Parallelen zu neulestam. Schriftstellen, 1899 ; , The jewish Sources οf the Sermon on the Mount, 1911. On trouvera une bibliographie beaucoup plus étendue dans l’ouvrage de M. Bischoff, que nous signalerons bientôt.
[2250] Par exemple, dans , Real-Encyclopädie für Bibel und Talmud, 1884-1892, et dans la Jewish Encyclopedy, publiée récemment à New-York.
[2251] , cité par , Jesus und Hillel, 2e éd., p. 7.
[2252] E. Renan s’est approprié cette assertion.
[2253] , op. cit., p. 1-2.
[2254] Ibid., p. 11.
[2255] Savant Israélite qui vivait au xixe siècle.
[2256] C’est M. Rodrigues lui-même qui souligne.
[2257] , op. cit., p. 10.
[2258] En particulier (rabbin converti), The Life and Times of Jesus the Messiah, t. I, p. 524-541, et davantage encore , Jesus und die Rabbinen ; Jesu Bergpredigt und "Himmelreich" in ihrer Unabhängigkeit vom Rabbinismus, 1905. Voir aussi , Jesus und Hillel.
[2259] , op. cit., en mentionne beaucoup d’autres qui se rapportent toutes au Discours sur la montagne.
[2260] Schemolh Rabba, 6.
[2261] Baba mezia, 59, a. Cf. Matth., v, 22.
[2262] Ruth R. iii, 18. Cf. Matth., v, 37.
[2263] Sota, 42, b. Cf. Matth., vi, 25.
[2264] Arachin, 16, b. Cf. Matth., vii, 3-5.
[2265] op. cit., t. III, p. 55.
[2266] Extrait du Kaddisch.
[2267] Extrait du Sch’môné Esré.
[2268] , Jesus und die Rabbinen, p. 4.
[2269] Voir , loc. cit., p. 3 ; , Jesus und die Rabbinen, p. 4-6 ; , Die Worte Jesu, p. 62.
[2270] Voir , The Life and Times of Jesus the Messiah, t. I, p. 524.
[2271] , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 248.
[2272] , Die Entstehung des Christentums. Voir aussi , Einleitung in die Evangelien, p. 113.
[2273] , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 140-142.
[2274] , Jesu Stellung zum Alten Testam., 1904, p. 25, parle dans le même sens.
[2275] , Jesus, p. 65, emploie cette dernière épithète.