Après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : «
Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger
[02]. Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart
[03]. Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent.
Alors, à pied
[04], de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux
[05]. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux
[06], parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement
[07].
[01] Ce passage de l’évangile selon saint Marc est plein de vie et de mouvement. D'abord les apôtres qui reviennent enthousiastes de leur première mission, se rassemblement auprès de Jésus pour lui rapporter tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Jésus qui connaît leur fatigue et leurs besoins, propose à ses apôtres de prendre du repos et de s'en aller en barque, loin de la foule qui les presse, accourant de partout. Pendant que Jésus et ses apôtres voguent, les gens tâchent de les rejoindre par la terre. En débarquant, Jésus «
pris de pitié » se met à les enseigner longuement. Le récit de saint Marc repose sur cette tension entre le repos qui nécessaire aux apôtres, et la mission qui est nécessaire à la foule. «
Tout ce qu'ils ont fait et enseigné. » Saint Marc résume ici toute la mission des apôtres en deux aspects : faire et enseigner. C'est aussi les deux traits de la mission de Jésus : des actes de miséricorde et de l'enseignement. «
Venez à l'écart et reposez-vous un peu. » Cette invitation suggère que Jésus désire pour les apôtres le même rythme d'activité publique et de solitude que pour lui. Plusieurs fois, saint Marc, dans son évangile, souligne que Jésus se retire dans les lieux déserts pour prier. Sur ce point, les apôtres sont invités à faire comme lui. «
En débarquant, Jésus vit une grande foule. » Cette retrouvaille des disciples avec Jésus devient impossible à cause de la foule ; Jésus se doit à elle, comme les disciples qui seront bientôt poussés à l'action. «
Il fut saisi de pitié envers eux. » Cette «
pitié », dans les évangiles, est employée surtout à propos de Jésus, et suggère un sentiment profond qui prend aux entrailles pour se traduire par un geste de miséricorde, un geste de salut. «
Parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. » Les relations de Dieu avec son peuple, dans l'Ancien Testament, ont été décrites sous ce symbole. Jésus se comporte ici comme le Messie promis. Et ont peut même dire qu'il prend la place de Dieu, car c'était Dieu le vrai berger d'Israël. «
Il se mit à les enseigner longuement. » Cette foule sans berger, laissée à l'abandon, va devenir un peuple constitué grâce à la Parole, à l'enseignement. Une fois de plus, Marc ne nous dit pas le contenu de cet enseignement, comme s'il voulait nous suggérer que le contenu, c'est la personne même de Jésus.