Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Jean (XIV 23-29).
[01] Si l’on demande à l’un d’entre vous s’il aime Dieu, il répondra oui, en toute confiance et sérénité d'âme. Or vous avez entendu ce qui a été dit au début de cette lecture : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole ».
On ne prouve son amour qu'en le manifestant par des actes. D'où cette autre phrase de saint Jean dans son épître : « Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il n'observe pas ses commandements, c'est un menteur » (I
Jean, IV 20).
En effet, nous aimons vraiment Dieu, si, selon ses commandements, nous luttons contre nos passions ; celui qui conserve des désirs interdits n'aime pas Dieu véritablement, puisque sa volonté s'oppose à lui (saint
Grégoire le Grand : homélie XXX sur les péricopes évangéliques).
[04] Le mot «
Paraclet » (du grec
paraklètos) ne désigne pas la nature de quelqu'un, mais sa fonction : celui qui est «
appelé à côté de » (para-kaléo ; ad-vocatus) pour être l’assistant, l’avocat ou le soutien. Cette fonction est tenue auprès de nous à la fois par Jésus qui, au ciel, est «
notre avocat auprès du Père, intercédant pour les pécheurs » (première lettre de saint
Jean, II 1), et par le Saint-Esprit qui, ici-bas, nous révelle et défend Jésus qu’il rend présent. La venue du Paraclet est liée à l’ascension de Jésus à la droite du Père, qui marque une nouvelle forme de la présence de Dieu aux hommes : «
Mieux vaut pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, le vous l’enverrai » (évangile selon saint
Jean, XVI 7). Dans le discours après la Cène, Jésus annonce qu'il viendra de nouveau, non seulement à la fin des temps, mais lors des apparitions pascales qui combleront de joie les disciples. Cependant sa présence parmi les siens ne sera plus d'ordre sensible, mais «
spirituel ». Si jusqu'à présent il «
demeurait auprès » des siens de manière humainement sensible (évangile selon saint
Jean, XIV 25), maintenant, en son nom et sur sa prière, le Père leur donnera «
un autre paraclet » que Jésus enverra lui-même. Cet «
autre paraclet » qui est différent de Jésus, rend Jésus présent et mène cette présence à sa perfection auprès des croyants : comme Jésus, cet «
autre paraclet » est «
en eux » et demeure «
avec » eux à jamais. Le
Paraclet est l’Esprit de vérité, l’Esprit Saint. Dans la communauté des disciples de Jésus qui est l’Église, le
Paraclet glorifie Jésus en rappelant tout ce qu’il a enseigné de manière «
à la Vérité tout entière » (évangile selon saint
Jean, XVI 3) ; c’est par lui que nous comprenons tout ce que Jésus nous révélé et que l’Église nous enseigne. Enfin, le Paraclet ne révèle pas seulement une vérité, il s'oppose à l'erreur qu’il justifie contre le mensonge du monde.