25 mars
Annonciation du Seigneur
Solennité
Prière d'Origène pour l'Annonciation
Voici une Prière sur l'Annonciation à la Vierge Marie, Mère de Dieu « Salut, pleine de Grâce ! » d'Origène (vers 185-vers 253), Prêtre à Alexandrie en Egypte, Docteur et Père de l'Église surnommé « Adamantius » à cause de son assiduité infatigable au travail, l'auteur le plus fécond des premiers siècles chrétiens.
La Prière d'Origène « Salut, pleine de Grâce ! » :
« Fleur immaculée de la vie, salut, pleine de Grâce, salut, prairie odoriférante. Salut, pleine de Grâce, Vierge toujours fleurie, qui réjouissez les âmes de ceux qui Vous glorifient. C'est Elle qui est le paradis toujours fleuri de l'immortalité, dans lequel a été planté 1'arbre de vie et dont les fruits nous préserveront tous de la mort. C'est Elle qui est la gloire des vierges et la joie des mères ; c'est Elle qui est l'appui des croyants et le modèle des saints : c'est Elle qui est le temple de la vertu et la défense de la justice. Tous ceux qui célébreront dignement l'Annonciation de la Vierge Marie, Mère de Dieu, recevront toute la récompense qui est renfermée dans ces mots : « Salut, pleine de Grâce ! »
Ainsi soit-il.
Origène d’Alexandrie (vers 185-vers 253)
Prière de Dom Petrus Abaelardus pour l'Annonciation
Voici la Prière « Réjouissez-Vous, Vierge la gloire des vierges » (Gaude, virgo virginum gloria) de Dom Pierre Abélard ou Abeilard (1079-1142), Abbé bénédictin de Saint-Gildas de Rhuys dans le Morbihan, théologien et père de la scolastique.
La Prière de Dom Pierre Abeilard « Réjouissez-Vous, Vierge la gloire des vierges » :
« Réjouissez-Vous, Vierge la gloire des vierges ; Mère, l'honneur des mères, soyez heureuse ; c'est Vous qui avez mérité de nous donner Celui qui est l'objet de la joie commune de tous les Saints. Le Seigneur Vous a promise pour Fille aux patriarches et aux rois, c’est Vous que désigne le langage énigmatique de la sainte Loi ; c’est Vous que chantent les oracles des prophètes. C’est Vous que les fidèles invoquent dans leurs vœux ; c’est Vous que tous les cœurs désirent ; après Dieu Vous êtes notre seule Espérance, Vous avez été désignée pour être notre Avocate auprès de Dieu. C’est vers la Mère du Juge que se réfugient ceux qui fuient la colère du Juge ; car cette Mère doit prier pour les pécheurs, puisque c’est pour les pécheurs qu’Elle est devenue Mère »
Ainsi soit-il.
Dom Pierre Abélard (1079-1142)
Prière de Saint Thomas de Villeneuve pour l'Annonciation
Voici une Prière qui fait référence au consentement de l’Annonciation « Ô Vierge Bienheureuse, faites sans cesse descendre Dieu dans mon cœur avec sa divine Grâce » de Saint Thomas de Villeneuve (1486-1555), Religieux de l'ordre de Saint Augustin, Prieur du couvent de Salamanque puis Provincial qui devint en 1544 Archevêque de Valence.
La Prière de Saint Thomas de Villeneuve « Ô Vierge Bienheureuse, faites sans cesse descendre Dieu dans mon cœur avec sa divine Grâce » :
« Je me réjouis avec Vous, ô Vierge Bienheureuse qui, par un seul consentement donné avec tant d’humilité, fîtes descendre des splendeurs éternelles du Père, dans votre sein, le Verbe de Dieu. Ah ! Faites sans cesse descendre Dieu dans mon cœur avec sa divine Grâce, afin que je puisse constamment, du fond de mon âme, bénir ce consentement en m’écriant avec piété : ô consentement puissant ! Ô consentement efficace ! Ô consentement le plus vénérable à tous égards ! »
Ainsi soit-il.
Saint Thomas de Villeneuve (1486-1555)
Prière du Saint Pape Pie VI pour l'Annonciation
Voici la Prière explicative qui paraphrase la Salutation angélique « Je Vous salue, Marie » du Pape Pie VI (1717-1799) qui après 24 années de Pontificat va mourir prisonnier de la triste République Française à Valence lors de la Révolution Française.
La Prière paraphrasée de Saint Pie VI sur la Salutation angélique « Je Vous salue, Marie » :
Je Vous salue, Marie
Permettez-moi, Très-Sainte Vierge, de Vous saluer avec le Saint Archange, et de me réjouir de cœur à cause de Votre grande Dignité, à laquelle Vous avez été choisie de Dieu par préférence à toutes les autres créatures. Votre très-honorable Nom de Marie excite en moi la vénération et la confiance ; car il marque, que Vous êtes une Dame et Reine, que le Tout-Puissant a élevée au-dessus du Ciel et de la Terre ; ce Nom marque, que Vous nous éclairez dans l'obscurité de notre pèlerinage ; que Vous êtes l'Étoile qui nous guide sur la mer orageuse de ce monde.
Pleine de Grâce
Ce Titre d'honneur Vous est dû avant tous les autres Saints ; ceux-ci étaient pleins de grâce comme de petites rivières ; mais Vous en êtes remplie comme une mer spacieuse. Mais souvenez-Vous, ô Marie, que Vous êtes pleine de Grâce, pas pour Vous seule, mais aussi pour nous. C'est pourquoi, je Vous prie, jetez Vos yeux miséricordieux sur moi, qui suis dans la misère, et rempli de péchés, de fautes et de mauvaises inclinations. Ah ! Par Votre puissante Intercession obtenez-moi ces Grâces surnaturelles, qui me sont les plus utiles et les plus efficaces pour opérer mon salut : surtout intercédez pour moi, afin que j'avance tous les jours de plus en plus dans la Grâce sanctifiante, et que je La conserve fidèlement jusqu'à la fin de ma vie.
Le Seigneur est avec Vous
Que pouvait-il Vous annoncer de plus agréable l'Ange Gabriel, que ces paroles : « Le Seigneur est avec Vous ». Ces paroles, ô Marie, Vous ont assurée de l'Amitié de Dieu. L'Ange voulait dire : « Le Seigneur est avec Vous d'une manière toute particulière », savoir : Dieu le Père, comme avec Sa très chère Fille ; Dieu le Fils, comme avec sa Mère Vierge ; le Saint-Esprit, comme avec son Épouse immaculée : car c'est en Vous que, pour le salut du monde, la Très-Sainte Trinité a opéré les plus grands et les plus incompréhensibles Mystères de sa Puissance, de sa Sagesse et de son Amour. Ah ! Vierge pleine de Grâce, faites que le Seigneur soit aussi avec moi par sa Sagesse, pour me gouverner, par son Amour, pour m'embraser, encourager et sanctifier.
Vous êtes bénie entre les Femmes
Ô Marie, Vous avez été vraiment clouée de prérogatives, qu'aucune de toutes les Saintes Femmes du vieux et du nouveau Testament n'a jamais reçues. Vous seule avez été exempte du péché originel ; Vous seule avez écrasé la tête du serpent, et par-là Vous avez changé en Bénédiction la malédiction d'Eve notre première Mère ; Vous seule avez conçue sans tache le Fils de Dieu ; Vous L'avez enfanté sans douleur, et Vous êtes toujours demeurée une Vierge immaculée. Faites donc, Vous, qui êtes bénie entre toutes les femmes, faites-moi participant de cette Bénédiction de Grâce, que Vous nous avez procurée, comme une meilleure et plus heureuse Mère, afin, qu'étant ainsi fortifié dans le bien, je devienne digne d'entendre au Jugement universel ces Paroles consolantes : « Venez les bénis de mon Père, possédez le Royaume qui vous est préparé ».
Et Béni est le Fruit de Votre ventre,
Jésus, Il mérite d'être béni infiniment au-dessus de tout ce qui est créé, le Chef suprême des Anges et des Hommes, le Fils unique de Dieu, qui est l'Auteur et la Source des Grâces et de toutes les Bénédictions. Mais ce même Sauveur du monde Jésus-Christ a pris de Vous, ô Bienheureuse Vierge, la substance de Sa chair, qu’Il a merveilleusement unie à Sa divinité ; et Jésus-Christ est Votre véritable Fruit, que Vous avez donné au monde. Plût à Dieu que ce Très-Saint Fruit de Vos chastes entrailles fut honoré, aimé et béni de tous les hommes, comme Il le mérite ; oh ! Si je pouvais toujours recevoir ce Fruit dans la Sainte Communion avec la foi, l'humilité la pureté et la préparation, avec lesquelles Vous le conçûtes, lorsque Vous répondîtes à l'Ange : « Voici la Servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole ».
Sainte Marie, Mère de Dieu
Je reconnais, que Vous êtes Sainte, et plus Sainte que tous les Hommes et les Anges, ainsi qu'il convenait, parce que Vous étiez cette Vierge choisie, qui avez porté dans Votre très-chaste Corps la Sainteté infinie même, qui s'est incarnée. C'est pourquoi je confesse aussi, que Vous êtes vraiment une Mère de Dieu ; et pour confirmer cette Vérité de foi, je suis prêt à sacrifier ma vie. Mais quoique je Vous aie honoré comme une Mère du Très-Haut, Vous êtes encore une Mère commune de tous les fidèles parce que votre Fils mourant sur la Croix Vous a donné comme telle à nous tous, par les Paroles qu’Il adressa à son Disciple bien-aimé : « Voilà votre Mère ». Là, sur le Mont du Calvaire, Vous nous avez, pour ainsi dire, enfantés d'une manière spirituelle, et Vous nous avez adoptés pour Vos enfants, faites-nous donc voir, que Vous êtes une Mère de Grâce, pleine de Bonté et de Sollicitude ; recevez-nous dans votre Cœur plein d'amour : mais principalement jetez Vos yeux miséricordieux sur moi, qui ai été si longtemps un enfant dénaturé, et ne permettez pas, que je périsse éternellement.
Priez pour nous, pauvres pécheurs
Ah ! Vierge Marie, j'avoue que ma Prière n'est pas telle qu'elle doit être ; je reconnais, qu'à cause du grand nombre de mes péchés, je ne suis pas digne d'être exaucé de Votre divin Fils, et d'obtenir ses Grâces ; c'est pourquoi, ô Mère Miséricordieuse, intercédez pour moi, priez pour moi et pour les autres pécheurs, nous qui sommes pauvres en vertus, pauvres en mérites, pauvres en grâces, et obtenez-nous une conversion prompte, vraie et constante : montrez, que Vous êtes un Refuge des pécheurs.
Maintenant et à l’heure de notre mort
Priez pour moi maintenant : Vous connaissez, ô Mère de Grâce, les péchés et les mauvaises habitudes qui me dominent, Vous connaissez les tentations, les périls et les occasions auxquelles je suis exposé. Priez pour moi maintenant, afin que j'observe les Commandements de Dieu, que je remplisse les devoirs de ma vocation et de mon état, que je pratique les véritables vertus, et que je montre en tout ma fidélité envers Dieu ; mais surtout à l’heure du trépas, lorsque l'approche de la mort m'effraiera, que le jugement prochain me jettera dans l'angoisse, et que l'enter furieux m'assaillira, alors ne m'abandonnez pas, alors assistez-moi : alors consolez, protégez et fortifiez-moi, afin que je finisse heureusement mon pèlerinage, et que j'atteigne mon dernier terme et ma fin.
Ainsi soit-il
Que tout, ô Vierge Marie ! Ce que je Vous ai présenté en esprit d'humilité, soit ainsi. Amen. Qu'il soit fait selon Votre bon Plaisir maternel ; car c'est à Vous, à Votre tendre Sollicitude et à Votre généreuse Bienveillance que je m'abandonne entièrement avec une confiance filiale. Ainsi soit-il.
Pape Pie VI (1717-1799) – « Esprit de l'oraison ou prières choisies, paraphrasées et expliqués par Pie VI ; Paraphrase et explication du « Je Vous salue Marie », p. 14-22, Chez G. Huyghe (1796).
Prière de Saint Grégoire de Néocésarée pour l'Annonciation
Voici une Prière de l’Archange Gabriel à la Très Sainte Vierge « Ne craignez point, ô Marie, car Vous avez trouvé Grâce devant Dieu » de Saint Grégoire le Thaumaturge (213-270), Évêque de sa ville natale Néocésarée du Pont en Cappadoce, l’actuelle Turquie, qui durant la persécution de Dèce préféra se cacher pour aider les plus faibles dans la Foi.
La Prière de St Grégoire de Néocésarée « Ne craignez point, ô Marie, car Vous avez trouvé Grâce devant Dieu » :
« Ne craignez point, ô Marie, car Vous avez trouvé Grâce devant Dieu, et non seulement il n'y a pour Vous aucun sujet de crainte, mais plutôt de confiance et de consolation ; car toutes les puissances célestes, ô très sainte Vierge, m'ont chargé de Vous présenter un très humble salut de leur part ; et Celui qui est le Monarque du ciel, Vous a choisie entre toutes les créatures, comme la plus remplie de Grâce ; et a résolu que cette brillante et très précieuse Perle, qui doit être employée pour le Salut de tout le monde, soit conçue et formée en Vos très pures, très chastes et très saintes Entrailles ; d'autant que par sa Grâce Vous avez été rendue plus pure, plus sainte et plus glorieuse que toute la nature humaine. »
Ainsi soit-il.
Saint Grégoire le Thaumaturge (213-270)
Prière de Saint Amédée de Clermont pour l'Annonciation
Voici une Prière sur l’Annonciation à la Très Sainte Vierge Marie « Aujourd’hui, le Seigneur invisible s’est rendu visible » de Saint Amédée de Clermont (1110-1159), dit de Lausanne, qui entra à Clairvaux à l'âge de quinze ans, fut formé par Saint Bernard qui l’envoya à Hautecombe en 1139 comme Abbé et fut enfin sacré Évêque de Lausanne en 1145 par le Pape Eugène III.
La Prière de Saint Amédée de Lausanne « Aujourd’hui, le Seigneur invisible s’est rendu visible » :
« Aujourd’hui, le Seigneur invisible s’est rendu visible. Alors qu’Il ne peut être enfermé dans nos limites humaines, Il a voulu y être contenu. Aujourd’hui, Il s’est enfermé dans le sein d’une Mère, Lui qui, en Son immensité, enveloppe ciel et terre. Aujourd’hui, Celui que le ciel lui-même ne peut contenir, Marie L’embrasse en Ses entrailles. Tu te demandes, peut-être, comment cela s’est accompli ? Écoute l’Ange qui parle : il explique à Marie comment va se dérouler le Mystère : « L’Esprit Saint va venir sur Toi ; la Force du Très-Haut va Te prendre sous Son ombre » (Lc 1, 35). Sois donc dans la joie, Marie, Tu vas concevoir d’un souffle. Tu seras enceinte de l’Esprit-Saint. Toi, l’épouse de Joseph, c’est l’Esprit de Dieu qui Te saisit, le premier. Lui qui T’a créée, Il T’a marquée de Son empreinte, Il T’a réservée pour Lui. C’est ton Créateur en personne qui se fait ton Époux. Il s’est épris de Ta beauté. Écoute-Le qui T’appelle en Te disant : « Viens ma bien-aimée, l’hiver est passé ; c’en est fini maintenant » (Ct 2, 10-11). Marie, Celui qui désire Ta beauté veut s’unir à Toi ; Il ne peut plus attendre ; Il a hâte de venir à Toi. Lève-Toi, car Il va venir, non seulement vers Toi, mais en Toi-même. Il veut Te contempler de plus près, T’inspirer un Amour plein de reconnaissance. Par une action intime, le Verbe plein de bonté vient vers Toi, répandant le Salut. Certes, l’Esprit Saint est déjà venu et Il reviendra encore. Mais en Toi, Il va survenir, parce qu’Il T’a choisie. »
Ainsi soit-il.
Amédée de Lausanne (1110-1159)
Prière de Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet pour l'Annonciation
Voici la Prière « Ô Mère de Miséricorde, donnez-nous de Vos mains le Fruit de Vos bénites entrailles » extraite du troisième Sermon pour la Fête de l’Annonciation de Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), Évêque de Meaux surnommé l'Aigle de Meaux après avoir été le précepteur du dauphin Louis de France pendant 11 années.
La Prière de Bossuet « Ô Mère de Miséricorde, donnez-nous de Vos mains le Fruit de Vos bénites entrailles » :
« Ô sainte, ô incomparable Marie, nous crions, nous gémissons après Vous, misérables bannis enfants d’Eve : « Ad te clamamus ». Car à qui auront leurs recours les enfants captifs d’Eve l’exilée, sinon à la Mère des libres ? Et si telle est la doctrine des anciens Pères, si telle est la foi des martyrs, que Vous soyez l’avocate d’Eve, ne prendrez-Vous pas aussi la défense de sa postérité condamnée ? Si donc Eve inconsidérée nous a présenté autrefois le fruit empoisonné qui nous tue, est-il rien de plus convenable que nous recevions de Vos mains le Fruit de Vos bénites entrailles, qui nous donne la vie éternelle ? Ne nous le refusez pas, ô Mère de Miséricorde ; si indignes que nous en soyons, donnez-Le-nous, sur la terre, en attendant qu’Il daigne Lui-même se donner à nous pour toujours au plus haut des cieux. Ainsi soit-il. »
Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704)
Prière de Dom Pierre Abélard pour l'Annonciation
Voici la Prière sur l'Annonciation de la Sainte Vierge en français et en latin « Recevez, ô Vierge, le Dépôt de Dieu » (Virgo suscipias dei depositum) de Dom Pierre Abélard ou Abailard (1079-1142), Religieux Bénédictin Abbé de Saint-Gildas de Rhuys dans le Morbihan, théologien et père de la scolastique.
La Prière de Dom Pierre Abélard « Recevez, ô Vierge, le Dépôt de Dieu » :
« Dans son Amour pour l’homme, Dieu députe à la Vierge, non un Ange ordinaire, mais l’Archange appelé Force de Dieu. Qu’il se hâte d’envoyer pour nous le vaillant messager ; que la nature soit vaincue par l’enfantement d’une vierge. Que le Roi de gloire, dans sa naissance, triomphe de la chair ; qu’il règne et commande ; qu’il enlève des cœurs le levain et la rouille du péché. Qu’il foule aux pieds le faste des fronts superbes ; qu’il marche dans sa force sur les têtes altières, le Dieu puissant dans les combats. Qu’il chasse dehors le prince du monde ; qu’il partage avec sa Mère le commandement qu’il exerce avec le Père. Pars, Ange, annonce ces biens ; et par ton puissant message, lève le voile de la lettre antique. Approche d’elle, et parle ; dis-lui en face : « Je vous salue ». Dis-lui : « Ô pleine de grâce ». Dis : « Le Seigneur est avec vous ». Dis encore : « Ne craignez point. Recevez, ô Vierge ! Le dépôt de Dieu, par lui vous consommerez votre chaste dessein, et votre vœu demeurera intact ». La Vierge entend, et accepte le message ; elle croit, elle conçoit, elle enfante un fils, un fils admirable, Le Conseiller de la race humaine, le Dieu-homme, le Père du siècle futur, l’immuable Pacificateur. Veuille ce Dieu immuable assurer notre stabilité, de peur que l’humaine faiblesse n’entraine dans l’abîme nos pas indécis. Mais que l’auteur du pardon, qui est le Pardon lui-même, que la grâce obtenue par la Mère de grâce, daigne habiter en nous. Qu’il nous octroie la remise de nos péchés : qu’il efface nos méfaits ; qu’il nous donne une patrie dans la cité du ciel. Amen. »
Dom Pierre Abélard (1079-1142)
La Prière de Dom Pierre Abailard sur l'Annonciation de la Sainte Vierge en latin « Virgo suscipias dei depositum » :
« Mittit ad virginem non quemvis angelum sed fortitudinem suum archangelum amator hominis. Fortem expediat pro nobis nuntium naturae faciat ut praejudicium in partu virginis. (Naturam superet natus rex gloriae regnet et imperet et zyma scoriae tollat de medio. Superbientium terat fastigia colla sublimium calcans vi propria potens in proelio. Foras ejiciat mundanum principem secumque faciat matrem participem patris imperii. Exi qui mitteris haec dona discere revela veteris velamen litterae virtute nuntii. Accede nuntia dic Ave cominus dic plena gratia dic tecum Dominus et dic ne timeas. Virgo suscipias dei depositum in quo perficias castum propositum et votum teneas. Audit et suscipit puella nuntium credit et concipit et parit filium sed admirabilem. Consiliarium Humani generis et deum fortium et patrem posteris in pace stabilem. Cujus stabilitas nos reddat stabiles ne nos labilitas humana labiles secum praecipitet. Sed dator veniae concessa venia per matrem gratiae obtenat gratia in nobis habitet. Qui nobis tribuat peccati veniam reatus deleat et donet patriam in arce siderum. Amen. »
Dom Pierre Abélard (1079-1142)
Prière de Saint Dimitri de Rostov pour l'Annonciation
Voici la Prière extraite d'une homélie sur l'Annonciation « La Toute-Bénie et Toute-Pure Vierge Marie » de Dimitri de Rostov (1651-1709), parfois latinisé en Démétrius ou Démètre de Rostov, Higoumène (abbé) en Ukraine au monastère de Saint-Cyrille de Kiev puis métropolite de Rostov-sur-le-Don où il fonda un séminaire pour la formation théologique des Prêtres, reconnu Saint par l'Église orthodoxe russe qui avait une ardente dévotion à la Passion du Christ et qui fut aussi un fervent dévot de la Très Sainte Vierge Marie.
La Prière de Saint Dimitri de Rostov « La Toute-Bénie et Toute-Pure Vierge Marie » :
« Lorsque le temps fut accompli, la libération de l’humanité qui devait être réalisée par l’Incarnation de Dieu, s’approcha. Il fallait trouver une Vierge pure, sainte, et immaculée, qui fût digne de servir le Mystère de notre Salut, en cachant dans son sein l’Incarnation de l’Incorporel. Et voici qu’une telle Vierge fut trouvée ! Plus pure que toute pureté, plus sainte que toute sainteté, c’était la plus immaculée de toutes les créatures douées d’intelligence : la Toute-Bénie et Toute-Pure Vierge Marie, le Rameau d’une racine infructueuse, l’Enfant des saints et justes ancêtres de Dieu Joachim et Anne, le Fruit de la prière et du jeûne ! Dieu dépêcha l’un des esprits qui se tiennent le plus près de Son trône, l’Archange Gabriel, afin qu’il servît le Mystère caché de toute éternité, que les anges mêmes ignoraient. A l’Archange Gabriel fut confiée la mission d’annoncer à la Vierge Toute-Pure l’étonnante conception du Fils de Dieu, Mystère qui surpasse la nature humaine et toute intelligence. Six mois après la conception de Saint Jean le Précurseur, l’Ange, qui avait annoncé à Zacharie la bonne nouvelle de la naissance de Jean, fut envoyé à la Vierge Toute-Pure pour lui annoncer une autre bonne nouvelle : la conception du Christ. L’ange fut envoyé dans une ville de Galilée appelée Nazareth (Luc 1, 26). Voyez avec quelle révérence l’archange s’approche de la Vierge divine, avec quelle crainte et quel respect il entreprend d’aborder la Souveraine du monde entier ! Voyez comme il s’exerce à lui dire les paroles de joie ! Mais il y a encore bien d’autres sujets d’émerveillement : remarquons qu’il ne l’a pas trouvée en dehors de sa maison ou de sa chambre, sur une place de la ville, au milieu du peuple et des conversations séculières, qu’il ne l’a pas trouvée non plus à réfléchir dans sa chambre à une cause mondaine ! Il l’a trouvée dans le silence, la prière et la lecture. Les icônes de l’Annonciation ne la représentent-elles pas parfois devant un livre ouvert, à l’étude, les pensées tournées vers Dieu ? C’est alors que le messager céleste, l’archange Gabriel, s’approcha d’elle doucement, comme le décrit Saint André : « Il entra dans la maison, s’avança vers la chambre intérieure où demeurait la Vierge, s’approcha petit à petit des portes, et, une fois à l’intérieur, s’adressa à la Vierge d’une voix douce : « Réjouis-toi, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi ! Celui qui était avant toi est à présent avec toi, et bientôt, sortira de toi ! Avant, c’était avant le temps, à présent, c’est dans le temps ! Ô amour sans mesure de Dieu pour l’homme ! Ô miséricorde ineffable ! Il ne suffisait pas que l’ange manifestât une simple joie, il fallait encore qu’il exprimât la joie du Créateur qui s’apprête à descendre dans le sein de la Vierge. Le Seigneur est avec toi ! Voilà la présence royale ouvertement manifestée ! Tout en prenant de la Vierge un corps d’homme, Dieu ne s’est en rien éloigné de Sa gloire naturelle ! Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! Réjouis-toi, instrument de joie, digne de tous les honneurs ! Par toi le coup porté par la triste malédiction se change en un joyeux édit d’allégresse ! Réjouis-toi, car en vérité, Tu es bénie ! Réjouis-toi, Vierge exquise ! Réjouis-toi, temple merveilleux de la gloire céleste ! Réjouis-toi, palais sanctifié du Roi ! Réjouis-toi, chambre nuptiale dans laquelle le Christ se fiance, et épouse l’humanité ! Tu es bénie entre toutes les femmes, toi qu’Isaïe a vue de ses yeux de Prophète, toi qu’il a nommée prophétesse, vierge, livre mystérieusement scellé ! Tu es bénie, en vérité, Toi qu’Ezéchiel a appelée étoile du matin et porte fermée par laquelle Dieu seul est passé ! Tu es bénie, en vérité, toi que l’homme des désirs et le merveilleux Habacuc ont nommée montagne ombragée, toi que le roi David ton ancêtre a chantée comme la montagne de Dieu, la montagne fertile, la montagne féconde sur laquelle Dieu a bien voulu habiter ! Tu es bénie entre toutes les femmes, toi que Zacharie, qui contempla jadis les mystères divins, vit comme un chandelier d’or surmonté d’un vase à sept lampes : les sept dons du Saint Esprit ! Tu es bénie en vérité, car à l’instar du Paradis, tu loges en toi le Christ, nouveau jardin d’Eden, qui, dans sa puissance ineffable, jaillit de ton sein comme une rivière d’eau vive, pour abreuver la face de la terre de ses quatre sources évangéliques ! Amen. »
Saint Dimitri de Rostov (1651-1709)