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28 avril
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, prêtre
« Prière d’invocation à l’Esprit-Saint » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort au Saint-Esprit
Voici une Prière d’invocation à l’Esprit-Saint « Saint-Esprit, souvenez-Vous de produire et former des Saints avec Marie » extraite de la Prière embrasée de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (les Missionnaires de la Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse, pour qui Jésus-Christ doit être la fin dernière de toutes les dévotions.
La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Saint-Esprit, souvenez-Vous de produire et former des Saints avec Marie » :

« Saint-Esprit, souvenez-Vous de produire et former des enfants de Dieu avec Votre Divine et Fidèle Epouse Marie. Vous avez formé le Chef des prédestinés avec Elle et en Elle ; c'est avec Elle et en Elle que Vous devez former tous Ses membres. Vous n'engendrez aucune personne Divine dans la Divinité ; mais c'est Vous seul qui formez toutes les personnes Divines hors de la Divinité, et tous les Saints qui ont été et seront jusqu'à la fin du monde sont autant d'ouvrages de Votre Amour uni à Marie ».

Ainsi soit-il.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
2 conseils pour bien réciter notre Chapelet Chapelets
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans son livre « Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire » nous livre 2 conseils pour bien réciter notre Chapelet : « Prenez surtout garde aux 2 fautes ordinaires que font presque tous ceux qui disent le Chapelet ou le Rosaire...
Premier conseil pour bien réciter notre Chapelet : avoir une intention de Prière

« La première faute ordinaire, c'est de ne prendre aucune intention en disant leur chapelet, en sorte que, si vous leur demandiez pourquoi ils disent leur chapelet, ils ne sauraient vous répondre. C'est pourquoi ayez toujours en vue, en récitant votre Rosaire, quelques grâces à demander, quelque vertu à imiter, ou quelque péché à détruire. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort nous suggère la formulation : « Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette (première) dizaine, en l'honneur de (l'Annonciation), et nous Vous demandons, par ce mystère et par l'intercession de votre Très Sainte Mère, la grâce (de l'humilité) ».

Deuxième conseil pour bien réciter notre Chapelet : ne nous précitons pas !

« La seconde faute qu'on commet ordinairement en récitant le saint Rosaire, c'est de n'avoir point d'autre intention, en le commençant, que de l'avoir bientôt fini. Cela vient de ce qu'on regarde le Rosaire comme une chose onéreuse, qui pèse bien fort sur les épaules lorsqu'on ne l'a pas dit, surtout quand on s'en est fait un principe de conscience, ou quand on l'a reçu par pénitence et comme malgré soi. »

« C'est une pitié de voir comment la plupart disent leur chapelet ou leur Rosaire. Ils le disent avec une précipitation étonnante; ils mangent même une partie des paroles. On ne voudrait pas faire un compliment, de cette manière ridicule, au dernier des hommes, et on croit que Jésus et Marie en seront honorés !... Après cela, faut-il s'étonner si les plus saintes prières de la religion chrétienne restent sans presque aucun fruit; et si, après mille et dix mille Rosaires récités, on n'en est pas plus saint ? »

« Arrêtez, cher confrère du Rosaire, votre précipitation naturelle, en récitant votre Rosaire, et faites quelques pauses au milieu du Pater et de l'Ave, et une plus petite après les paroles du Pater et de l'Ave que j'ai marquées par une croix , ci-après » :

Notre Père qui êtes aux cieux que Votre Nom soit sanctifié que Votre règne arrive que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel †
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et ne nous laissez pas entrer en tentation mais délivrez-nous du mal. Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce le Seigneur est avec Vous Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

« Vous aurez d'abord de la peine à faire ces médiantes, par la mauvaise habitude que vous avez de prier à la hâte; mais aussi une dizaine, dite ainsi posément, vous sera plus méritoire que des milliers de Rosaires récités à la hâte, sans réfléchir ni s'arrêter. »

Saint Jean-Paul II dans sa lettre apostolique « Rosarium Virginis Mariae », au N°31, à l'épiscopat, au clergé et aux fidèles sur le Rosaire évoque l’importance du silence :

« L'écoute et la méditation se nourrissent du silence. Après l'énonciation du mystère et la proclamation de la Parole, il est opportun de s'arrêter pendant un temps significatif pour fixer le regard sur le mystère médité, avant de commencer la prière vocale. La redécouverte de la valeur du silence est un des secrets de la pratique de la contemplation et de la méditation. Dans une société hautement marquée par la technologie et les médias, il reste aussi que le silence devient toujours plus difficile. De même que dans la liturgie sont recommandés des moments de silence, de même, après l'écoute de la Parole de Dieu, une brève pause est opportune dans la récitation du Rosaire, tandis que l'esprit se fixe sur le contenu d'un mystère déterminé. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière à la « Sainte Vierge Marie » de Saint Louis Marie Grignon de Montfort à la Sainte Vierge
Voici plusieurs versions de « l’acte de consécration à la Très Sainte Vierge Marie » de Saint Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (ou Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse.

« Je vous choisis, aujourd’hui, ô Marie, en présence de toute la Cour Céleste, pour ma Mère et ma Reine. Je vous livre et consacre, en toute soumission et amour, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. Amen. »


« Ô Sagesse éternelle et incarnée ! Ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils unique du Père Éternel et de Marie, toujours Vierge ! Je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l’éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre digne Mère, dans le temps de votre incarnation. Je vous rends grâce de ce que vous vous êtes anéanti vous-même, en prenant la forme d’un esclave, pour me tirer du cruel esclavage du démon. Je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie votre sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre, par Elle, votre fidèle esclave. Mais hélas ! Ingrat et infidèle que je suis, je ne vous ai pas gardé les vœux et les promesses que je vous ai solennellement faits dans mon Baptême. Je n’ai point rempli mes obligations. Je ne mérite pas d’être appelé votre enfant ni votre esclave, et comme il n’y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n’ose plus par moi-même approcher de votre sainte et auguste Majesté. C’est pourquoi j’ai recours à l’intercession et à la miséricorde de votre sainte Mère, que vous m’avez donnée pour Médiatrice auprès de vous, et c’est par son moyen que j’espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l’acquisition et la conservation de la Sagesse. Je vous salue donc, ô Marie immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des anges et des hommes ; Je vous salue, ô Reine du ciel et de la terre, à l’empire de qui tout est soumis : tout ce qui est au-dessous de Dieu ; Je vous salue, ô refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde n’a manqué à personne. Exaucez les désirs que j’ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les vœux et les offres que ma bassesse vous présente. Moi, ……, pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd’hui, entre vos mains, les vœux de mon Baptême : Je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n’ai été jusqu’ici. Je vous choisis aujourd’hui, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en qualité d’esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. Recevez, ô Vierge bénigne, cette petite offrande de mon esclavage, en l’honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir de votre maternité, en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur moi, et en action de grâces des privilèges dont la sainte Trinité vous a favorisée. Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses. Ô Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d’esclave éternel, afin que, m’ayant racheté par vous, il me reçoive par vous. Ô Mère de miséricorde, faites-moi la grâce d’obtenir la vraie Sagesse de Dieu et de me mettre, pour cela, au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves. Ô Vierge fidèle ! Rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ votre Fils, que j’arrive par votre intercession et à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux. Ainsi soit-il ! »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)


« O Vierge Marie, O ma Mère, je consacre à ton Coeur Immaculé mon corps et mon âme, mes pensées et mes actions. Je veux être simplement ce que tu veux que je sois et faire uniquement ce que tu veux que je fasse. Je n’ai pas peur car tu es toujours avec moi. Aide-moi à aimer ton Fils Jésus, de tout mon coeur et par-dessus tout. Prends ma main dans la tienne, afin que je puisse être toujours avec toi. Amen. »

Version « recomposée par la communauté Saint Jean » de la Prière de Saint Louis Marie Grignion de Montfort :
« Comme le Père vous a choisie, Ô Marie, pour être son enfant immaculée, l’épouse de Joseph, et la Mère de son Fils bien-aimé et de toute l’Église, dans une communion plénière à l’Esprit Saint, nous vous choisissons aujourd’hui comme Mère et Reine de toute notre famille et nous vous consacrons notre âme et notre corps, toutes nos activités et tout ce qui nous appartient, sans exception. Exercez sur chacun de nous votre miséricorde la plus maternelle. Apprenez-nous à aimer toujours plus Jésus et le Père, et par eux, à nous aimer les uns les autres dans l’Esprit Saint, en nous découvrant toujours plus profondément dans la lumière de Jésus, en nous respectant mutuellement et en nous choisissant chaque jour dans un amour plus divin et plus simple. Ô Marie, donnez à chacun de nous d’accomplir, chaque jour, dans un don personnel, la volonté du Père, pour que toute notre famille témoigne au milieu du monde de l’amour de Jésus victorieux du mal. Amen. »


« Je te choisis aujourd'hui, ô Marie, en présence de toute la cour céleste pour ma mère et ma reine. Je te livre et consacre, en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, te laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient sans exception, selon ton bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu dans le temps et l'éternité. »
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Je Vous salue Marie » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains et des Filles de la Sagesse.
La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Je Vous salue Marie » :

« Je Vous salue Marie, Fille bien-aimée du Père Éternel ; je vous salue, Marie, Mère admirable du Fils ; je vous salue, Marie, Épouse très fidèle du Saint-Esprit ; je vous salue, Marie, ma chère Mère, mon aimable Maîtresse et ma puissante Souveraine, je vous salue, ma joie, ma gloire, mon cœur et mon âme ! Vous êtes toute à moi par miséricorde, et je suis tout à vous par justice. Et je ne le suis pas encore assez : je me donne à vous tout entier de nouveau, en qualité d'esclave éternel, sans rien réserver pour moi ni pour autre. Si vous voyez encore en moi quelque chose qui ne vous appartienne pas, je vous supplie de le prendre en ce moment, et de vous rendre la Maîtresse absolue de mon pouvoir ; de détruire et déraciner et d'y anéantir tout ce qui déplaît à Dieu, et d'y planter, d'y élever et d'y opérer tout ce qui vous plaira. Et que la lumière de votre foi dissipe les ténèbres de mon esprit ; que votre humilité profonde prenne la place de mon orgueil ; que votre contemplation sublime arrête les distractions de mon imagination vagabonde ; que votre vue continuelle de Dieu remplisse ma mémoire de votre présence ; que l'incendie de la charité de votre cœur dilate et embrase la tiédeur et la froideur du mien ; que vos vertus prennent la place de mes péchés ; que vos mérites soient mon ornement et mon supplément devant Dieu. Enfin, ma très chère et bien-aimée Mère, faites, s'il se peut, que je n'aie point d'autre esprit que le vôtre pour connaître Jésus-Christ et ses divines volontés ; que je n'aie point d'autre âme que la vôtre pour louer et glorifier le Seigneur ; que je n'aie point d'autre cœur que le vôtre pour aimer Dieu d'un amour pur et d'un amour ardent comme vous. Ainsi soit-il. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Avant la Sainte Communion » selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort Eucharistie
Voici la Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie avant la Sainte Communion » selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) mort à l’âge de 43 ans, grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (ou Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse.
La Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie avant la Sainte Communion » :

1- Vous vous humilierez profondément devant Dieu.

2- Vous renoncerez à votre fond tout corrompu, et à vos dispositions, quelques bonnes que votre amour-propre vous les fasse voir.

3- Vous renouvellerez votre consécration en disant ce texte de Saint Bonaventure : « Tuus totus ego sum, et omnia mea tua sunt » : « Je suis tout à Vous ma chère Maîtresse, avec tout ce que j'ai ».

4- Vous supplierez cette bonne Mère de vous prêter son cœur, pour y recevoir son Fils dans ses mêmes dispositions. Vous lui représenterez qu'il y va de la gloire de son Fils de n'être pas mis dans un cœur aussi souillé que le vôtre et aussi inconstant, qui ne manquerait pas de lui ôter de sa gloire ou de le perdre ; mais que si elle veut venir habiter chez vous pour recevoir son Fils, elle le peut par le domaine qu'elle a sur les cœurs, et que son Fils sera par elle bien reçu sans souillure et sans danger d'être outragé ni perdu : « Deus in medio ejus non commovebitur » : « Dieu est en elle, elle ne peut chanceler » (Psaume 46 (45), 6). Vous lui direz confidemment que tout ce que vous lui avez donné de votre bien est peu de chose pour l'honorer, mais que, par la sainte communion, vous voulez lui faire le même présent que le Père éternel lui a fait, et qu'elle en sera plus honorée que si vous lui donniez tous les biens du monde ; et qu'enfin Jésus, qui l'aime uniquement, désire encore prendre en elle sa complaisance et son repos, quoique dans votre âme plus sale et plus pauvre que l'étable, où Jésus ne fit pas difficulté de venir parce qu'elle y était. Vous lui demanderez son cœur par ces tendres paroles : « Accipio te in mea ornnia. Praebe mibi cor tuum, ô Maria ! » : « Je vous prends pour mon tout; donnez-moi Votre cœur, ô Marie ! »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Pendant la Sainte Communion » selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort Eucharistie
Voici la Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie pendant la Sainte Communion » selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (ou les Missionnaires de la Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse, qui exhortait les mendiants à faire chaque jour oraison et conseillait aux pauvres paysans de prendre un directeur spirituel.
La Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie pendant la Sainte Communion » :

1- Prêt de recevoir Jésus-Christ, après le Pater, vous lui direz trois fois cette phrase du centurion dans Matthieu 8, 8 : « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea » : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dit seulement une parole et je serais guéri » , comme si vous disiez, la première fois, au Père éternel, que vous n'êtes pas digne, à cause de vos mauvaises pensées et ingratitudes à l'égard d'un si bon Père, de recevoir son Fils unique, mais, que voici Marie, sa servante : « Ecce ancilla Domini » (Luc 1, 38), qui fait pour vous, et qui vous donne une confiance et espérance singulière auprès de sa Majesté : « Quoniam singulariter in spe constituisti me » : « Toi seul, tu me fais demeurer en sécurité » (Psaume 4, 9).

2- Vous direz au Fils : « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea » : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dit seulement une parole et je serais guéri » , que vous n'êtes pas digne de le recevoir à cause de vos paroles inutiles et mauvaises et de votre infidélité en son service ; mais cependant que vous le priez d'avoir pitié de vous parce que vous l'introduirez dans la maison de sa propre Mère et de la vôtre, et que vous ne le laisserez point d'aller qu'il ne soit venu loger chez elle : « Tenui eum, nec dimittam, donec introducam ilium in domum matris meae, et in cubiculum genitricis meae » (Cant. 3. 4). Vous le prierez de se lever et de venir dans le lieu de son repos et dans l'arche de sa sanctification : « Surge, Domine, in requiem tuam, tu et arca sanctificationis tuae » : « Lève-toi, Seigneur, vers ton repos, toi et l'arche de ta force » (Psaume 132 (31), 8). Vous lui direz que vous ne mettez aucunement votre confiance dans vos mérites, votre force et vos préparations, comme Esaü, mais dans celles de Marie, votre chère Mère, comme le petit Jacob dans les soins de Rébecca ; que, tout pécheur et Esaü que vous êtes, vous osez vous approcher de sa sainteté, appuyé et orné des mérites et vertus de sa sainte Mère.

3- Vous direz au Saint-Esprit : « Domine, non sum dignus » , que vous n'êtes pas digne de recevoir le chef-d’œuvre de sa charité, à cause de la tiédeur et iniquité de vos actions et de vos résistances à ses inspirations, mais que toute votre confiance est Marie, sa fidèle Épouse ; et direz avec saint Bernard : « Haec maxima mea fiducia, haec tota ratio spei meae » : « Elle est ma grande sécurité; elle est toute la raison de mon espérance » . Vous pourrez même le prier de survenir encore en Marie, son Épouse indissoluble ; que son sein est aussi pur et son cœur aussi embrasé que jamais ; et que sans sa descente dans votre âme, ni Jésus ni Marie n'y seront point formés, ni dignement logés.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Après la Sainte Communion » selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort Eucharistie
Voici la Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie après la Sainte Communion » selon le Traité de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (ou les Missionnaires de la Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse, qui rappelle que notre relation à la Vierge Marie n’est pas facultative : Dieu l’a associée, d’une manière particulière et unique, à l’œuvre du salut.
La Bonne manière de pratiquer la « Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie après la Sainte Communion » :

Après la Sainte Communion, étant intérieurement recueilli, et les yeux fermés, vous introduirez Jésus-Christ dans le Cœur de Marie. Vous Le donnerez à sa Mère, qui Le recevra amoureusement, Le placera honorablement, L'adorera profondément, L'aimera parfaitement, L'embrassera étroitement, et Lui rendra, en esprit et en vérité, plusieurs devoirs qui nous sont inconnus dans nos ténèbres épaisses.

Ou bien vous vous tiendrez profondément humilié dans votre cœur, en la Présence de Jésus résidant en Marie.

Ou vous vous tiendrez comme un esclave à la porte du palais du Roi, où Il est à parler à la Reine ; et tandis qu'ils se parlent l'un à l'autre, sans avoir besoin de vous, vous irez en esprit au ciel et par toute la terre, prier les créatures de remercier, adorer et aimer Jésus et Marie en votre place : « Venite, adoremus, uenite, … » : « Venez et adorons » (Psaume 95 (94), 6).

Ou bien, vous demanderez vous-même à Jésus, en union de Marie, l'avènement de son Règne sur la terre par sa sainte Mère, ou la divine Sagesse, ou l'Amour divin, ou le Pardon de vos péchés, ou quelque autre grâce, mais toujours par Marie et en Marie ; disant en vous regardant de travers : « Ne respicias, Domine, peccata mea » (« Seigneur ne regardez pas mes péchés ») ; « sed oculi tui videant aequitates Mariae » (« mais que Vos yeux ne regardent en moi que les vertus et mérites de Marie ») . Et, en vous souvenant de vos péchés, vous ajouterez : « lnimicus homo hoc fecit » (« C'est moi, qui suis le plus grand ennemi que j'ai sur les bras, qui ai fait ces péchés » Matthieu 13, 28) ; ou bien : « Ab homine iniquo et doloso erue me » (« De l'homme perfide et pervers que je suis, délivre-moi » (Psaume 43, 1) ; ou bien : « Te oportet crescere, me autem minui » (« Mon Jésus, il faut que Vous croissiez dans mon âme et que je décroisse. Marie, il faut que Vous croissiez chez moi, et que je sois moins que je n'ai été »). « Crescite et multiplicamini » : « Ô Jésus et Marie, croissez en moi, et multipliez-Vous au dehors dans les autres ».

Il y a une infinité d'autres pensées que le Saint-Esprit fournit, et vous fournira si vous êtes bien intérieur, mortifié et fidèle à cette grande et sublime Dévotion que je viens de vous enseigner. Mais souvenez-vous que plus vous laisserez agir Marie dans votre Communion, et plus Jésus sera glorifié; et vous laisserez d'autant plus agir Marie pour Jésus, et Jésus en Marie, que vous vous humilierez plus profondément ; et vous Les écouterez avec paix et silence, sans vous mettre en peine de voir, goûter, ni sentir : car le juste vit partout de la foi, et particulièrement dans la Sainte Communion, qui est une action de foi : « Justus meus ex fide vivit » = « Le juste vivra de la foi » (Romains 1, 17). Ce qui compte avant tout, ce n'est pas de « sentir », de « gouter », c'est de croire !

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort à Jésus-Christ
Voici une Prière en latin et en français composée d'extraits des œuvres de Saint Augustin « Ô Jésus-Christ mon Seigneur, pourquoi, durant ma vie, ai-je désiré autre chose que Toi, Jésus mon Dieu ? » par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (les Missionnaires de la Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse, pour qui Jésus-Christ doit être la fin dernière de toutes les dévotions.
La Prière en latin « Christe Jesu, amabilis Domine, cur amavi, quare concupivi in omni vita mea quidquam praeter te Jesum Deum meum ? » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

« Tu es Christus, pater meus sanctus, Deus meus pius, rex meus magnus, pastor meus bonus, magister meus unus, adjutor meus optimus, dilectus meus pulcherrimus, panis meus vivus, sacerdos meus in aeternum, dux meus ad patriam, lux mea vera, dulcedo mea sancta, via mea recta, sapentia mea praeclara, simplicitas mea pura, concordia mea pacifica, custodia mea tota, portio mea bona, salus mea sempiterna ... Christe Jesu, amabilis Domine, cur amavi, quare concupivi in omni vita mea quidquam praeter te Jesum Deum meum ? Ubi eram quando tecum mente non eram ? jam ex hoc nunc, omnia desideria mea, incalescite et effluite in Dominum Jesum ; currite satis hactenus tardastis ; properate quo pergitis ; quaerite quem quaeritis. Jesu, qui non amat te anathema sit ; qui te non amat amaritudinibus repleatur ... O dulcis Jesu, te amet, in te delectur, te admiretur omnis sensus bonus tuae conveniens laudi. Deus cordis mei et pars mea, Christe Jesu, deficiat cor meum spiritu suo, et vivas tu in me, et convalescat in spiritu meo vivus carbo amoris tui, et excrescat in ignem perfectum ; ardeat jugiter in ara cordis mei, ferveat in medullis meis, flagret in absconditis animae meae ; in die consummationis meae consummatus inveniar apud te. Amen. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

La Prière en français « Ô Jésus-Christ mon Seigneur, pourquoi, durant ma vie, ai-je désiré autre chose que Toi, Jésus mon Dieu ? » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

« Tu es, ô Christ, mon Père saint, mon Dieu miséricordieux, mon roi infiniment grand, mon bon pasteur, mon seul maître, mon aide plein de bonté, mon bien-aimé dont la beauté me ravit. Tu es mon pain de vie, mon prêtre pour l'éternité. Tu es celui qui me guide vers la patrie, ma lumière véritable, ma sainte douceur, ma voie droite, ma sagesse dont l'éclat illumine. Tu es ma simplicité pleine de pureté, ma paix et ma douceur, mon rempart, ma part d'héritage, mon salut éternel… Ô Jésus-Christ mon Seigneur, pourquoi, durant ma vie, ai-je désiré autre chose que toi, Jésus mon Dieu ? Où donc étais-je quand mon esprit était loin de toi ? Que du moins, à partir de ce jour je n'aie plus de désirs et d'ardeurs que pour le Seigneur Jésus ; que mon cœur se dilate pour n'aimer que lui seul. Désirs qui habitez ma vie, courez désormais, vous n'avez que trop tardé ; hâtez-vous vers le but auquel vous aspirez, cherchez vraiment celui que vous cherchez. Ô Jésus, qu'il soit anathème, celui qui ne t'aime pas ! Qu'il soit rempli d'amertume, celui-là ! Jésus plein de douceur, sois l'amour, sois l'objet des délices et de l'admiration de tout cœur qui se consacre à ta gloire. Dieu de mon cœur et ma part d'héritage. Jésus-Christ, que mon esprit défaille ; sois toi-même ma vie ; qu'en moi s'allume un charbon brûlant de ton amour, et qu'il m'incendie tout entier d'un feu divin, qu'il brûle sans arrêt sur l'autel de mon cœur, qu'il m'embrase jusqu'au plus intime de mon être, qu'il me consume tout entier ; qu'enfin, à mon dernier jour, je paraisse devant toi entièrement transformé en ton amour. Amen. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort pour les Vocations
Voici la Prière pour demander à Dieu des Missionnaires « Ô grand Dieu, envoyer de bons ouvriers en Votre moisson et de bons Missionnaires en Votre Eglise » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), pour sa Congrégation des Montfortains : les Missionnaires de la Compagnie de Marie dont il est le Fondateur.
La Prière de Louis-Marie Grignion de Montfort pour les Vocations « Ô grand Dieu, envoyer de bons ouvriers en Votre moisson et de bons missionnaires en Votre Eglise » :

Souvenez-Vous Seigneur, souvenez-vous de Votre Congrégation que Vous avez possédée dès le commencement, en pensant à elle dès l'éternité ; que Vous teniez dans Votre main toute-puissante, lorsque, d'un mot Vous tiriez l'univers du néant ; et que Vous cachiez encore dans Votre cœur, lorsque Votre Fils, mourant en croix, l'a consacrée par Sa mort, et l'a confiée comme un dépôt précieux aux soins de Sa très sainte Mère : « Memor esto Congregationis tuæ quam possedisti ab initio » (Ps LXXIII, 2).

Exaucez, Seigneur, les desseins de Votre miséricorde ; suscitez les hommes de Votre droite tels que Vous les avez montrés en donnant des connaissances prophétiques à quelques-uns de Vos plus grands serviteurs, un saint François de Paule, un saint Vincent Ferrier, une sainte Catherine de Sienne, et à tant d'autres grandes âmes dans le dernier siècle passée et même dans celui où nous vivons.

Memento : Dieu tout-puissant, souvenez-Vous de cette Compagnie, en y appliquant la toute puissance de Votre bras, qui n'est pas raccourci, pour lui donner le jour, et pour la conduire à sa perfection. « Innova signa, immuta mirabilia, sentiamus adjutorium brachii tui ». Ô grand Dieu, qui pouvez des pierres brutes faire autant d'enfants d'Abraham, dites une seule parole en Dieu pour envoyer de bons ouvriers en Votre moisson et de bons missionnaires en Votre Eglise.

Memento : Dieu de bonté, souvenez-Vous de Vos anciennes miséricordes, et par ces mêmes miséricordes, souvenez-vous de cette Congrégation ; des promesses réitérées que Vous nous avez faites par vos prophètes et par Votre Fils même, de nous exaucer dans nos justes demandes. Souvenez-Vous des prières que Vos serviteurs et Vos servantes Vous ont faites sur ce sujet depuis tant de siècles ; que leurs vœux, leurs sanglots, leur larmes et leur sang répandu viennent en Votre présence pour solliciter puissamment Votre miséricorde ! Mais souvenez-Vous surtout de Votre cher Fils : « Respice in faciem Christi tui ». Son agonie, Sa confusion et Sa plainte amoureuse au Jardin des Olives, lorsqu'il dit : « Quæ utilitas in sanguine meo ? » Sa mort cruelle et Son sang répandu vous crient hautement miséricorde, afin que, par le moyen de cette Congrégation, Son empire soit établi sur les ruines de celui de Ses ennemis.

Memento : Souvenez-Vous, Seigneur, de cette Communauté dans les effets de Votre justice. « Tempus faciendi, Domine, dissipaverunt legem tuam » : il est temps de faire ce que Vous avez promis de faire. Votre divine loi est transgressée ; Votre Évangile est abandonné ; les torrents d’iniquité inondent toute la terre et entraînent jusqu'à Vos serviteurs ; toute la terre est désolée ; l'impiété est sur le trône ; Votre sanctuaire est profané, et l'abomination est jusque dans le lieu saint. Laisserez-Vous tout ainsi à l'abandon, juste Seigneur, Dieu des vengeances ? Tout deviendra-t-il, à la fin, comme Sodome et Gomorrhe ? Vous tairez-Vous toujours ? Souffrirez-Vous toujours ? Ne faut-il pas que Votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel, et que Votre règne arrive ? N'avez-Vous pas montré par avance à quelques-uns de Vos amis une future rénovation de Votre Eglise ? Les Juifs ne doivent-ils pas se convertir à la vérité ? N'est-ce pas ce que l'Eglise attend ? Tous les saints du ciel ne Vous crient-ils justice : « Vindica ? » Tous les justes de la terre ne Vous disent-ils pas : « Amen, veni, Domine ? » Toutes les créatures, même les plus insensibles, gémissent sous le poids des péchés innombrables de Babylone, et demandent Votre venue pour rétablir toutes choses. « Omnis creatura ingemiscit », etc...

Seigneur Jésus, memento Congregationis tuæ, Souvenez-Vous de donner à Votre Mère une nouvelle Compagnie, pour renouveler par elle toutes choses, et pour finir par Marie les années de la grâce, comme Vous les avez commencées par elle.

« Da matri tuæ liberos, alioquin moriar » : donnez des enfants et des serviteurs à Votre Mère ; autrement, que je meure !

« Da Matri tuæ ». C'est pour Votre Mère que je Vous prie. Souvenez-Vous de ses entrailles et de ses mamelles, et ne me rebutez pas ; souvenez-Vous de qui Vous êtes Fils, et m'exaucez ; souvenez-Vous de ce qu'elle Vous est et de ce que Vous lui êtes. Qu'est-ce que je Vous demande ? Rien en ma faveur, tout pour Votre gloire. Qu'est-ce que je Vous demande ? Ce que Vous pouvez, et même, je l'ose dire, ce que Vous devez m'accordez comme Dieu véritable que Vous êtes, à qui toute puissance a été donnée au ciel et dans la terre, et comme le meilleur de tous les enfants, qui aimez infiniment Votre Mère. Qu’est-ce que je Vous demande ?

Liberos : Des prêtres libres de Votre liberté, détachés de tout, sans père, sans mère, sans frères, sans sœurs, sans parents selon la chair, sans amis selon le monde, sans biens, sans embarras, sans soins et même sans volonté propre.
Liberos : Des esclaves de Votre amour et de Votre volonté ; des hommes selon Votre cœur qui sans propre volonté qui les souille et les arrête, fassent toutes Vos volontés et terrassent tous vos ennemis, comme autant de nouveaux David, le bâton de la Croix et la fronde du saint Rosaire dans les mains : « In baculo Cruce et in virga Virgine ».
Liberos : Des nues élevées de la terre et pleines de rosée céleste, qui sans empêchement volent de tous côtés selon le souffle du Saint-Esprit. Ce sont eux, en partie, dont vos prophètes ont eu la connaissance, quand ils ont demandé : « Qui sunt isti qui ut nubes volant ? Ubi erat impetus spiritus, illuc gradiebantur ».
Liberos : Des gens toujours à Votre main, toujours prêts à Vous obéir, à la voix de leurs supérieurs, comme Samuel : « Presto sum », toujours prêts à courir et à tout souffrir avec Vous et pour Vous, comme les Apôtres : « Eamus et nos, ut moriamur cum eo ».
Liberos : De vrais enfants de Marie, Votre sainte Mère, qui soient engendrés et conçus par sa charité, portés dans son sein, attachés à ses mamelles, nourris de son lait, élevés par ses soins, soutenus de son bras et enrichis de ses grâces.
Liberos : De vrais serviteurs de la sainte Vierge, qui, comme autant de saints Dominique, aillent partout, le flambeau luisant et brûlant du saint Évangile dans la bouche, et le saint Rosaire à la main, aboyer comme des chiens, brûler comme des feux, et éclairer les ténèbres du monde comme des soleils ; et qui, par le moyen d'une vraie dévotion à Marie, c'est-à-dire intérieure sans hypocrisie, extérieure sans critique, prudente sans ignorance, tendre sans indifférence, constante sans légèreté, et sainte sans présomption, écrasent, partout où ils iront, la tête de l'ancien serpent, afin que la malédiction que Vous lui avez donnée soit entièrement accomplie. « Inimicitias ponam inter te et mulierem, el semen tuum et semen illius ; ipsa conteret caput tuum ».

Il est vrai, grand Dieu, que le démon mettra, comme Vous avez prédit, de grandes embûches au talon de cette femme mystérieuse, c’est-à-dire à cette petite Compagnie de ses enfants qui viendront sur la fin du monde, et qu'il y aura de grandes inimitiés entre cette bienheureuse postérité de Marie et la race maudite mais c'est une inimitié toute divine, et la seule dont Vous soyez l'auteur : « Inimicitias ponam ».
Mais ces combats et ces persécutions, que les enfants de la race de Bélial livreront à la race de votre sainte Mère, ne serviront qu'à faire davantage éclater la puissance de Votre grâce, le courage de leur vertu, et l’autorité de Votre Mère puisque Vous lui avez, dès le commencement du monde, donné la commission d'écraser cet orgueilleux, par l'humilité de son coeur et de son talon : « Ipsa conteret caput tuum ».
« Alioquin, moriar ». Ne vaut-il pas mieux pour moi de mourir que de Vous voir, mon Dieu, tous les jours si cruellement et si impunément offensé, et d'être tous les jours de plus en plus dans le danger d'être entraîné par les torrents d'iniquité qui grossissent ? Mille morts me seraient plus tolérables. Ou envoyez-moi du secours du ciel, ou enlevez mon âme. Si je n'avais pas l'espérance que Vous exaucerez tôt ou tard ce pauvre pécheur, dans les intérêts de Votre gloire, comme Vous en avez déjà exaucé tant d’autres : « Iste pauper clamavit et Dominus exaudivit eum », je Vous prierais absolument avec un prophète : « Tolle animam meam ». Mais la confiance que j'ai en Votre miséricorde me fait dire, avec un autre prophète : « Non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini » ; jusqu'à ce que je puisse dire avec Siméon : « Nunc dimittis servum tuum, Domine,... in pace, quia viderunt oculi mei, etc. ».

Memento : Saint-Esprit, souvenez-Vous de produire et former des enfants de Dieu, avec Votre divine et fidèle Épouse Marie. Vous avez formé le chef des prédestinés avec elle et en elle ; c'est avec elle et en elle que Vous devez former tous ses membres. Vous n'engendrez aucune personne divine dans la Divinité ; mais c'est Vous seul qui formez toutes les personnes divines hors de la Divinité ; et tous les saints, qui ont été et seront jusqu'à la fin du monde, sont autant d'ouvrages de Votre amour uni à Marie. Le règne spécial de Dieu le Père a duré jusqu'au déluge, et a été terminé par un déluge d'eau ; le règne de Jésus-Christ a été terminé par un déluge de sang ; mais votre règne, Esprit du Père et du Fils, continue à présent et sera terminé par un déluge de feu, d'amour et de justice. Quand sera que viendra ce déluge de feu du pur amour, que Vous devez allumer sur toute la terre d'une manière si douce et si véhémente, que toutes les nations, les Turcs, les idolâtres, les Juifs même en brûleront et se convertiront ?
« Non est qui se abscondat a calore ejus. Accendatur » : Que ce divin feu, que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre, soit allumé avant que Vous allumiez celui de Votre colère, qui réduira toute la terre en cendre. « Emitte Spiritum tuum, et creabuntur, et renovabis faciem terræ ! » Envoyez cet Esprit tout de feu sur la terre, pour y créer des prêtres tout de feu, par le ministère desquels la face de la terre soit renouvelée, et Votre Église réformée.

Memento Congregationis tuæ. C'est une congrégation, c'est une assemblée, c'est un choix, c'est une triette de prédestinés, que Vous devez faire dans le monde et du monde : « Ego elegi vos de mundo ». C'est un troupeau d'agneaux paisibles que Vous devez ramasser parmi tant de loups ; une compagnie de chastes colombes et d'aigles royales parmi tant de corbeaux ; un essaim de mouches à miel parmi tant de frelons ; une troupe de cerfs agiles parmi tant de tortues ; un bataillon de lions courageux parmi tant de lièvres timides. Ah ! Seigneur : « Congrega nos de nationibus ! » Assemblez-nous, unissez-nous, afin qu'on en rende toute la gloire à Votre Nom saint et puissant. Vous avez prédit cette illustre Compagnie à votre prophète, qui s'en explique en termes fort obscurs et fort secrets, mais tout divins :

1. Pluviam voluntariam segregabis, Deus, hæreditati tuæ, et infirmata est, tu vero perfecisti eam.
2. Animalia tua habitabunt in ea. Parasti in dulcedine tua pauperi, Deus.
3. Dominus dabit verburn evangelizantibus virtute multa.
4. Rex virtutum dilecti dilecti, et speciei domus dividere spolia.
5. Si dormiatis, inter medios cleros, pennæ columbæ, dearqentatæ, et posteriora dorsi ejus in pallore auri.
6. Dum discernit coelestis reges super eam, nive dealbabuntur in Selmon. Mons. Dei, mons pinguis.
7. Mons coagulatus, mons pinguis ; ut quid suspicamini montes coagulatos ?
8. Mons in quo beneplacitum est Deo habitare in eo, etenim Dominus habitabit in finem.

Ps. LXVII, 10-17 : « Vous avez mis en réserve une pluie volontaire, ô Dieu, pour Votre héritage, et, lorsqu'il a été affaibli, Vous l'avez réconforté. Vos animaux y habiteront ; Vous avez dans votre bonté, ô Dieu, préparé de la nourriture pour le pauvre. Le Seigneur donnera Sa parole à Ses envoyés, avec une grande puissance. Le Roi des vertus, le bien aimé, donnera à celle qui est l'ornement de la maison de partager les dépouilles. Quand vous dormez au milieu de votre héritage, les ailes de la colombe sont argentées, et l'extrémité de son dos a le pâle éclat de l'or. Lorsque le Très-Haut disperse les rois dans les pays, la neige blanchit la cime du Selmon : montagne de Dieu, montagne forte ; montagne coagulé, montagne forte. Pourquoi regardez-vous avec admiration les montagnes puissantes ? C'est une montagne où il a plu à Dieu d'habiter, et le Seigneur y habitera à jamais ».

Quelle est, Seigneur, cette pluie volontaire que avez préparée et choisie pour Votre héritage affaibli, sinon ces saints missionnaires, enfant de Marie, Votre Épouse, que Vous devez assembler et séparer du commun, pour le bien de Votre Eglise, si affaiblie et si souillée par les crimes de ses enfants ? Qui sont ces animaux et ces pauvres qui demeureront en Votre héritage, et qui y seront nourris de la douceur divine que Vous leur avez préparée, sinon ces pauvres missionnaires abandonnés à la Providence, qui regorgeront de Vos plus divines délices ; sinon ces animaux mystérieux d'Ézéchiel, qui auront l'humanité de l'homme, par leur charité désintéressée et bienfaisante envers le prochain ; le courage du lion, par leur sainte colère et leur zèle ardent et prudent contre les démons, les enfants de Babylone ; la force du bœuf, par leurs travaux apostoliques et leur mortification contre leur chair ; et enfin, l’agilité de l'aigle par leur contemplation en Dieu ? Tels seront les missionnaires que Vous voulez envoyer en Votre église. Ils auront un œil d'homme pour le prochain, un œil de lion contre Vos ennemis, un œil de bœuf contre eux-mêmes, et un œil d'aigle pour Vous.

Ces imitateurs des Apôtres prêcheront « virtute rnulta, virtute magna », avec une grande force et vertu, et si grande, et si éclatante, qu'ils remueront tous les esprits et les cœurs des lieux où ils prêcheront. C'est à eux à qui Vous donnerez Votre parole : « Dabit verbum » ; Votre bouche même et Votre sagesse : « Dabo vobis os et sapientiam, cui non poterunt résistere omnes adversarii vestri », à laquelle aucun de leurs ennemis ne pourra résister.
C'est parmi ces bien-aimés que Vous, en qualité de Roi des vertus de Jésus-Christ le bien aimé, Vous prendrez Vos complaisances, puisqu'ils n'auront point d'autre but, dans toutes leurs missions, que de Vous donner toute la gloire des dépouilles qu'ils remporteront sur Vos ennemis : « Rex virtutum dilecti dilecti, et speciei domus dividere spolia ».
Par leur abandon à la Providence et leur dévotion à Marie, ils auront les ailes argentées de la colombe : « inter medios cleros, pennæ columbæ deargentatæ », c’est-à-dire la pureté de la doctrine et des mœurs ; et leur dos doré : « et posteriora dorsi ejus in pallore auri », c'est-à-dire une parfaite charité envers le prochain pour supporter ses défauts, et un grand amour pour Jésus-Christ, pour porter Sa Croix.
Vous seul, comme le Roi des cieux et le Roi des rois, séparerez du commun ces missionnaires, comme autant de rois, pour les rendre plus blancs que la neige sur la montagne de Selmon, montagne de Dieu, montagne abondante et fertile, montagne forte et coagulée, montagne dans laquelle Dieu Se complaît merveilleusement et dans laquelle Il demeure et demeura jusqu’à la fin.
Qui est, Seigneur, Dieu de vérité, cette mystérieuse montagne dont Vous nous dites tant de merveilles, sinon Marie, Votre chère Épouse, dont Vous avez mis les fondements sur les cimes des plus hautes montagnes ? « Fundamenta ejus in rnontibus sanctis. Mons in vertice montium ».
Heureux et mille fois heureux les prêtres que Vous avez si bien choisis et prédestinés pour demeurer avec Vous sur cette abondante et divine montagne, afin d'y devenir des rois de l'éternité, par leur mépris de la terre et leur élévation en Dieu ; afin d'y devenir plus blancs que la neige par leur union à Marie, Votre Épouse toute belle, toute pure et toute immaculée ; afin de s'y enrichir de la rosée du ciel et de la graisse de la terre, de toutes les bénédictions temporelles et éternelles dont Marie est toute remplie.
C'est du haut de cette montagne d'où, comme des Moïses, ils lanceront, par leurs ardentes prières, des traits contre leurs ennemis, pour les terrasser ou convertir.
C'est sur cette montagne où ils apprendront, de la bouche même de Jésus-Christ qui y demeure toujours, l’intelligence de Ses huit béatitudes.
C’est sur cette montagne de Dieu qu'ils seront transfigurés avec Lui comme sur le Thabor, qu'ils mourront avec Lui comme sur le Calvaire, et qu'ils monteront au ciel avec Lui comme sur la montagne des Oliviers.

Memento Congregationis tuæ. C'est à Vous seul à faire par Votre grâce cette assemblée ; si l'homme y met le premier la main, rien ne sera fait ; s'il y mêle du sien avec Vous, il gâtera tout, il renversera tout. « Tuæ Conregationis » : c'est Votre ouvrage, grand Dieu ; « Opus tuum fac » : faites Votre œuvre tout divin ; amassez, appelez, assemblez de tous les lieux de Votre domination Vos élus pour en faire un corps d'armée contre Vos ennemis.
Voyez-vous, Seigneur, Dieu des armées, les capitaines qui forment les compagnies complètes, les potentats qui font des armées nombreuses, les navigants qui forment des flottes entières, les marchands qui s'assemblent en grand nombre dans les marchés et les foires ! Que de larrons, d'impies, d'ivrognes et de libertins s’unissent en foule contre Vous tous les jours, et si facilement et si promptement ! Un coup de sifflet qu'on donne, un tambour qu’on bat, une pointe d'une épée émoussée qu'on montre, une branche sèche de laurier qu'on promet, un morceau de terre jaune ou blanche qu’on offre ; en trois mots, une fumée d’honneur, un intérêt de néant, et un chétif plaisir de bête, qu'on a en vue, réunit en un instant les voleurs, ramasse les soldats, joint les bataillons, assemble les marchands, remplit les maisons et les marchés, et couvre la terre et la mer d'une multitude innombrable de réprouvés, qui, quoique tous divisés les uns d’avec les autres, ou par l'éloignement des lieux, ou par la différence des humeurs, ou leur propre intérêt, s’unissent cependant tous ensemble jusqu'à la mort, pour Vous faire la guerre sous l'étendard et la conduite du démon.

Et Vous, grand Dieu ! Quoiqu’il y ait tant de gloire, de douceur et de profit à Vous servir, quasi personne ne prendra Votre parti en main ? Quasi aucun soldat ne se rangera sous Vos étendards ? Quasi aucun saint Michel ne s'écriera, du milieu de ses frères ; en zélant votre gloire : « Quis ut Deus ? » Ah ! Permettez-moi de crier partout : Au feu ! Au feu ! Au feu ! A l’aide ! À l’aide ! À l’aide ! Au feu dans la maison de Dieu ! Au feu dans les âmes ! Au feu jusque dans le sanctuaire ! A l'aide de notre frère qu'on assassine ! À l'aide de nos enfants qu'on égorge ! A l’aide de notre bon père qu'on poignarde !

« Si quis est Domini, jungatur mihi » : que tous les bons prêtres qui sont répandus dans le monde chrétien, soit qu'ils soient actuellement dans le combat ou qu'ils se soient retirés de la mêlée dans des déserts et des solitudes, que ces bons prêtres viennent et se joignent à nous : « Vis unita fit fortior », afin que nous fassions, sous l'étendard de la Croix, une armée, bien rangée en bataille et bien réglée, pour attaquer de concert les ennemis de Dieu qui ont déjà sonné l'alarme : « Sonuerunt, frenduerunt, fremuerunt, multiplicati sunt ».

« Dirumpamus vincula eorum et projiciamus a nobis jugum ipsorurn. Qui habitat in coelis irridebit eos Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus. Exsurge, Domine, quare obdormis ? Exsurge ».

Seigneur, levez-Vous ! Pourquoi semblez-Vous dormir ? Levez-Vous dans Votre toute-puissance, Votre miséricorde et Votre justice pour Vous former une compagnie choisie de garde-corps, pour garder Votre maison, pour défendre votre gloire et sauver Vos âmes, afin qu'il n'y ait qu'un bercail et qu'un pasteur, et que tous Vous rendent gloire dans Votre temple : « Et in templo ejus ornnes dicent gloriam ». AMEN.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort au Saint-Esprit
Voici la Prière « Parlez, Saint-Esprit, pour faire une fontaine en mon cœur » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains et des Filles de la Sagesse.
La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Parlez, Saint-Esprit, pour faire une fontaine en mon cœur » :

« Parlez, Saint-Esprit, pour faire une fontaine en mon cœur, dont l'eau pure et salutaire sauve le plus grand pécheur, guérit le plus incurable en lui dessillant les yeux, et pardonne au plus coupable en rejaillissant aux cieux. Pire que la Madeleine, que Lazare au tombeau et que la Samaritaine, je vous demande cette eau : j'en veux boire, j'en demande, j'en sais le don précieux ; plus cette faveur est grande, plus vous serez glorieux. Soutenez mon impuissance, je suis un roseau vivant. Arrêtez mon inconstance, je change plus que le vent. Dissipez mon ignorance, je suis aveugle-né. Amen. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Le « Secret de la Dévotion Mariale » selon Saint Louis-Marie Grignon de Montfort Sermons - Homélie - Méditations
Voici le « Secret de la Dévotion Mariale » selon Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716) révélé par l’Esprit-Saint pour obtenir de Dieu la grâce nécessaire pour devenir Saint.
Le « Secret de Marie » selon Saint Louis-Marie Grignon de Montfort :

Ame prédestinée, voici un secret que le Très-Haut m'a appris, et que je n'ai pu trouver en aucun livre ancien ou nouveau. Je vous le confie par le Saint-Esprit, à condition :

1. Que vous ne le confierez qu'aux personnes qui le méritent par leurs oraisons, leurs aumônes, leurs mortifications, persécutions, et zèle du salut des âmes et détachement;

2. Que vous vous en servirez pour devenir saint(e) et céleste; car ce secret ne devient grand qu'à mesure qu'une âme en fait usage. Prenez bien garde de demeurer les bras croisés, sans travail; car mon secret vous deviendrait poison et serait votre condamnation...

3. A condition que vous remercierez Dieu, tous les jours de votre vie, de la grâce qu'il vous a faite de vous apprendre un secret que vous ne méritez pas de savoir.

Et à mesure que vous vous en servirez dans les actions ordinaires de votre vie, vous en connaîtrez le prix et l'excellence que vous ne connaîtrez d'abord qu'imparfaitement, à cause de la multitude et de la grièveté de vos péchés et de vos attaches secrètes à vous-même.
Avant de passer outre dans un désir empressé et naturel de connaître la vérité, dites dévotement, à genoux, l'Ave, maris Stella et le Veni Creator pour demander à Dieu la grâce de comprendre et goûter ce mystère divin...
A cause du peu de temps que j'ai pour écrire, et du peu que vous avez à lire je dirai tout en abrégé...

Comment devenir Saint ?

Ame, vivante image de Dieu et rachetée du Sang précieux de Jésus Christ, la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez sainte comme lui dans cette vie, et glorieuse comme lui dans l'autre. (Mt 5, 48 ; 1P 1, 15 ; Lv 19, 2)
L'acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée; et c'est là que toutes vos pensées, paroles et actions, vos souffrances et tous les mouvements de votre vie doivent tendre; ou vous résistez à Dieu, en ne faisant pas ce pour quoi il vous a créée et vous conserve maintenant.
Oh ! Quel ouvrage admirable ! La poussière changée en lumière, l'ordure en pureté, le péché en sainteté, la créature en le Créateur et l'homme en Dieu ! Ô ouvrage admirable ! Je le répète, mais ouvrage difficile en lui-même et impossible à la seule nature; il n'y a que Dieu qui, par une grâce, et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout; et la création de tout l'univers n'est pas un si grand chef-d’œuvre que celui-ci...

Les Moyens pour vivre de la Grâce

Ame, comment feras-tu ? Quels moyens choisiras-tu pour monter où Dieu t'appelle ? Les moyens de salut et de sainteté sont connus de tous, sont marqués dans l'Evangile, sont expliqués par les maîtres de la vie spirituelle, sont pratiqués par les saints et nécessaires à tous ceux qui veulent se sauver et arriver à la perfection ; tels sont : l’humilité de cœur, l'oraison continuelle, la mortification universelle, l'abandon à la divine providence, la conformité à la volonté de Dieu (Rm 8, 1-13)
Pour pratiquer tous ces moyens de salut et de sainteté, la grâce et le secours de Dieu est absolument nécessaire, et cette grâce est donnée à tous plus ou moins grande ; car Dieu quoique infiniment bon, ne donne pas sa grâce également forte à tous, quoiqu'il la donne suffisante à tous. L'âme fidèle à une grande grâce fait une grande action, et avec une faible grâce fait une petite action. Le prix et l'excellence de la grâce donnée de Dieu et suivie de l'âme fait le prix et l'excellence de nos actions. Ces principes sont incontestables.

Rôle spécial de Marie, pleine de grâce

Tout se réduit donc à trouver un moyen facile pour obtenir de Dieu la grâce nécessaire pour devenir saint ; et c'est celui que je veux vous apprendre. Et, je dis que pour trouver la grâce de Dieu, il faut trouver Marie parce que :

1. C'est Marie seule qui a trouvé grâce devant Dieu, et pour soi, et pour chaque homme en particulier. Les patriarches et les prophètes, tous les saints de l'ancienne loi n'ont pu trouver cette grâce (Ga 4, 4)

2. C'est elle qui a donné l'être et la vie à l'Auteur de toute grâce, et, à cause de cela, elle est appelée Mère de la grâce, Mater gratiae.

3. Dieu le Père, de qui tout don parfait et toute grâce descend comme de sa source essentielle (Jc 1, 17) en lui donnant son Fils, lui a donné toutes ses grâces; en sorte que, comme dit Saint Bernard, la volonté de Dieu lui est donnée en lui et avec lui.

4. Dieu l'a choisie pour la trésorière, l'économe et la dispensatrice de toutes ses grâces ; en sorte que toutes ses grâces et tous ses dons passent par ses mains ; et, selon le pouvoir qu'elle en a reçu, comme elle veut, quand elle veut et autant qu'elle veut, les grâces du Père éternel, les vertus de Jésus-Christ et les dons du Saint Esprit.

5. Comme, dans l'ordre naturel, il faut qu'un enfant ait un père et une mère, de même, dans l'ordre de la grâce, il faut qu'un vrai enfant de l'Eglise ait Dieu pour père et Marie pour mère ; et, s'il se glorifie d'avoir Dieu pour père, n'ayant point la tendresse d'un vrai enfant pour Marie, c'est un trompeur qui n'a que le démon pour père...

6. Puisque Marie a formé le Chef des prédestinés, qui est Jésus-Christ, c'est à elle aussi de former les membres de ce Chef, qui sont les vrais chrétiens : car une mère ne forme pas le chef sans les membres, ni les membres sans le chef. Quiconque donc veut être membre de Jésus-Christ, plein de grâce et de vérité (Jn 1, 14) doit être formé en Marie par le moyen de la grâce de Jésus-Christ, qui réside en elle en plénitude, pour être communiquée en plénitude aux vrais membres de Jésus-Christ et à ses vrais enfants.

7. Le Saint-Esprit ayant épousé Marie (Lc 1, 35) et ayant produit en elle, et par elle, et d'elle, Jésus-Christ, ce chef-d’œuvre, le Verbe incarné, comme il ne l'a jamais répudiée, il continue à produire tous les jours en elle et par elle, d'une manière mystérieuse, mais véritable, les prédestinés.

8. Marie a reçu de Dieu une domination particulière sur les âmes pour les nourrir et faire croître en Dieu. Saint Augustin dit même que dans ce monde les prédestinés sont tous enfermés dans le sein de Marie, et qu'ils ne viennent au jour que lorsque cette bonne Mère les enfante à la vie éternelle. Par conséquent, comme l'enfant tire toute sa nourriture de sa mère, qui la rend proportionnée à sa faiblesse, de même les prédestinés tirent toute leur nourriture spirituelle et toute leur force de Marie.

9. C'est à Marie que Dieu le Père a dit : « In Jacob inhabita » : Ma fille, demeurez en Jacob, c'est-à-dire dans mes prédestinés figurés par Jacob (Si 24). C'est à Marie que Dieu le Fils a dit : « In Israel haereditare » : Ma chère Mère, ayez votre héritage en Israël, c'est-à-dire dans les prédestinés. Enfin, c'est à Marie que le Saint Esprit a dit : « In electis meis mitte radices » : Jetez, ma fidèle épouse, des racines en mes élus. Quiconque donc est élu et prédestiné, a la Saint Vierge demeurante chez soi, c'est-à-dire dans son âme, et il la laisse y jetter les racines d'une profonde humilité, d'une ardente charité et de toutes les vertus...

10. Marie est appelée par Saint Augustin, et est, en effet, le moule vivant de Dieu, « forma Dei », c'est-à-dire que c'est en elle seule que Dieu fait homme a été formé au naturel, sans qu'il lui manque aucun trait de la Divinité, et c'est aussi en elle seule que l'homme peut être formé en Dieu au naturel, autant que la nature humaine en est capable, par la grâce de Jésus-Christ.
Un sculpteur peut faire une figure ou un portrait au naturel en deux manières :
1) se servant de son industrie, de sa force, de sa science et de la bonté de ses instruments pour faire cette figure en une matière dure et informe ;
2) il peut la jeter en moule.
La première est longue et difficile et sujette à beaucoup d'accidents : il ne faut souvent qu'un coup de ciseau ou de marteau donné mal à propos pour gâter tout l'ouvrage. La seconde est prompte, facile et douce, presque sans peine et sans coût, pourvu que le moule soit parfait et qu'il représente au naturel ; pourvu que la matière dont il se sert soit bien maniable, ne résistant aucunement à sa main.
Marie est le grand moule de Dieu, fait par le Saint-Esprit, pour former au naturel un Homme Dieu par l'union hypostatique, et pour former un homme Dieu par la grâce. Il ne manque à ce moule aucun trait de la divinité ; quiconque y est jeté et se laisse manier aussi, y reçoit tous les traits de Jésus-Christ, vrai Dieu, d'une manière douce et proportionnée à la faiblesse humaine, sans beaucoup d'agonie et de travaux ; d'une manière sûre, sans crainte d'illusion, car le démon n'a point eu et n'aura jamais d'accès en Marie, sainte et immaculée, sans ombre de la moindre tâche de péché (Ap 12, 1)
Oh ! chère âme, qu'il y a de différence entre une âme formée en Jésus-Christ par les voies ordinaires de ceux qui, comme les sculpteurs, se fient en leur savoir-faire et s'appuient sur leur industrie, et entre une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue, et qui, sans aucun appui sur elle-même, se jette en Marie et s'y laisse manier à l'opération du Saint-Esprit ! Qu'il y a de tâches, qu'il y a de défauts, qu'il y a de ténèbres, qu'il y a d'illusions, qu'il y a de naturel, qu'il y a d'humain dans la première âme; et que la seconde est pure, divine et semblable à Jésus-Christ !
Il n'y a point et il n'y aura jamais créature où Dieu soit plus grand, hors de lui-même et en lui-même, que dans la « divine » Marie, sans exception ni des bienheureux, ni des chérubins, ni des plus hauts séraphins, dans le paradis même...
Marie est le paradis de Dieu et son monde ineffable, où le Fils de Dieu est entré pour y opérer des merveilles, pour le garder et s'y complaire. Il a fait un monde pour l'homme voyageur, c'est celui-ci ; il a fait un monde pour l'homme bienheureux et c'est le paradis ; mais il en a fait un autre pour lui, auquel il a donné le nom de Marie ; monde inconnu presque à tous les mortels ici-bas et incompréhensible à tous les anges et les bienheureux, là-haut dans le ciel, qui, dans l'admiration de voir Dieu si relevé et si reculé d'eux tous, si séparé et si caché dans son monde, la divine Marie, s'écrient jour et nuit : Saint, Saint, Saint.
Heureuse et mille fois heureuse est l'âme ici-bas, à qui le Saint-Esprit révèle le secret de Marie pour le connaître ; et à qui il ouvre ce jardin clos pour y entrer, cette fontaine scellée (Ct 4, 12) pour y puiser et boire à longs traits les eaux vives de la grâce ! Cette âme ne trouvera que Dieu seul, sans créature, dans cette aimable créature ; mais Dieu en même temps infiniment saint et relevé, infiniment condescendant et proportionné à sa faiblesse. Puisque Dieu est partout, on peut le trouver partout, jusque dans les enfers ; mais il n'y a point de lieu où la créature puisse le trouver plus proche d'elle et plus proportionné à sa faiblesse qu'en Marie, puisque c'est pour cet effet qu'Il y est descendu. Partout ailleurs, Il est la Pain des forts et des anges ; mais en Marie, Il est le Pain des enfants...
Qu'on ne s'imagine donc pas, avec quelques faux illuminés, que Marie, étant créature, soit un empêchement à l'union au Créateur, ce n'est plus Marie qui vit, c'est Jésus-Christ seul, c'est Dieu seul qui vit en elle. Sa transformation en Dieu surpasse plus celle de saint Paul et des autres saints, que le ciel ne surpasse la terre en élévation (Ga 2, 20)
Marie n'est faite que pour Dieu, et tant s'en faut qu'elle arrête une âme à elle-même, qu'au contraire elle la jette en Dieu et l'unit à Lui avec d'autant plus de perfection que l'âme s'unit davantage à elle. Marie est l'écho admirable de Dieu, qui ne répond que : Dieu, lorsqu'on lui crie: Marie, qui ne glorifie que Dieu, lorsque, avec sainte Elisabeth, on l’appelle bienheureuse (Lc 1, 45). Si les faux illuminés, qui ont été misérablement abusés par le démon jusque dans l'oraison, avaient su trouver Marie, et par Marie Jésus et par Jésus Dieu, ils n'auraient pas fait de si terribles chutes. Quand on a une fois trouvé Marie, et, par Marie, Jésus, et par Jésus, Dieu le Père, on a trouvé tout bien, disent les saintes âmes : Inventa, etc. Qui dit tout n'excepte rien : toute grâce et toute amitié auprès de Dieu ; toute sûreté contre les ennemis de Dieu ; toute vérité contre le mensonge ; toute facilité et toute victoire contre les difficultés du salut ; toute douceur et toute joie dans les amertumes de la vie.

Ce n'est pas que celui qui a trouvé Marie par une vraie dévotion soit exempt de croix et de souffrances, tant s'en faut ; il en est plus assailli qu'aucun autre, parce que Marie, étant la mère des vivants, donne à tous ses enfants des morceaux de l'Arbre de vie, qui est la Croix de Jésus, mais c'est qu'en leur taillant de bonnes croix, elle leur donne la grâce de les porter patiemment et même joyeusement ; en sorte que les croix qu'elle donne à ceux qui lui appartiennent sont plutôt des confitures ou des croix confites que des croix amères ; ou s'ils en sentent pour un temps l'amertume du calice qu'il faut boire nécessairement pour être ami de Dieu, la consolation et la joie, que cette bonne Mère fait succéder à la tristesse, les animent infiniment à porter des croix encore plus lourdes et plus amères.

La difficulté est donc de savoir trouver véritablement la divine Marie, pour trouver toute grâce abondante. Dieu étant maître absolu peut communiquer par Lui-même ce qu'il ne communique ordinairement que par Marie ; on ne peut nier, sans témérité, qu'il ne fasse même quelquefois, cependant, selon l'ordre que la divine Sagesse a établi, il ne se communique ordinairement aux hommes que par Marie dans l'ordre de la grâce, comme dit Saint Thomas. Il faut, pour monter et s'unir à lui, se servir du même moyen dont il s'est servi pour descendre à nous, pour se faire homme et pour nous communiquer ses grâces; et ce moyen est une vraie dévotion à la Sainte Vierge.

Le secret de cette dévotion Mariale

Il y a, en effet, plusieurs véritables dévotions à la très sainte Vierge et je ne parle pas ici des fausses.

La première consiste à s'acquitter des devoirs du chrétien, évitant le péché mortel, agissant plus par amour que par crainte et priant de temps en temps la Sainte Vierge et l'honorant comme la Mère de Dieu, sans aucune dévotion spéciale envers elle.

La seconde consiste à avoir pour la Saint Vierge des sentiments plus parfaits d'estime, d'amour, de confiance et de vénération. Elle porte à se mettre des confréries du saint Rosaire, du Scapulaire, à réciter le chapelet et le saint Rosaire, à honorer ses images et ses autels, à publier ses louanges et s'enrôler dans ses congrégations. Et cette dévotion, excluant le péché, est bonne, sainte et louable; mais elle n'est pas si parfaite ni si capable de retirer les âmes des créatures et de les détacher d'elles-mêmes pour les unir à Jésus-Christ...

La troisième dévotion à la Sainte Vierge, connue et pratiquée de très peu de personnes est celle-ci que je vais découvrir.

Ame prédestinée, elle consiste à se donner tout entier, en qualité d'esclave, à Marie et à Jésus par elle ; ensuite, à faire toute chose avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie. J'explique ces choses.

Il faut choisir un jour remarquable pour se donner, se consacrer et sacrifier volontairement et par amour, sans contrainte, tout entier, sans aucune réserve, son corps et son âme ; ses biens extérieurs de fortune, comme sa maison, sa famille et ses revenus ; ses biens intérieurs de l'âme ; savoir ses mérites, ses grâces, ses vertus et satisfactions.

Il faut remarquer ici qu'on fait sacrifice, par cette dévotion, à Jésus par Marie, de tout ce qu'une âme a de plus cher et dont aucune religion n'exige le sacrifice, qui est du droit qu'on a de disposer de soi-même et de la valeur de ses prières, de ses aumônes, de ses mortifications et satisfactions; en sorte qu'on en laisse l'entière disposition à la très Sainte Vierge, pour appliquer selon sa volonté à la plus grande gloire de Dieu qu'elle seule connaît parfaitement.

On laisse en sa disposition toute la valeur satisfactoire et impétratoire de ses bonnes œuvres : ainsi, après l'oblation qu'on en a faite, quoique sans aucun vœux, on n'est plus maître de tout le bien qu'on fait ; mais la très Sainte Vierge peut l'appliquer, tantôt à une âme du purgatoire, pour la soulager ou délivrer, tantôt à un pauvre pécheur pour le convertir.

On met bien, par cette dévotion, ses mérites entre les mains de la Sainte Vierge ; mais c'est pour les garder, les augmenter, les embellir, parce que nous ne pouvons nous communiquer les uns aux autres les mérites de la grâce sanctifiante, ni de la gloire...
Mais on lui donne toutes ses prières et bonnes œuvres, en tant qu'impétratoires et satisfactoires, pour les distribuer et appliquer à qui il lui plaira ; et si, après s'être ainsi consacré à la Sainte Vierge, on désire soulager quelque âme du purgatoire... sauver quelque pécheur, soutenir quelqu'un de nos amis par nos prières, nos aumônes, nos mortifications, nos sacrifices, il faudra le lui demander humblement, et s'en tenir à ce qu'elle en déterminera, sans le connaître; étant bien persuadé que la valeur de nos actions, étant dispensée par la même main dont Dieu se sert pour nous dispenser ses grâces et ses dons, ils ne peuvent manquer d'être appliqués à sa plus grande gloire.

J'ai dit que cette dévotion consiste à se donner à Marie en qualité d'esclave. Il faut remarquer qu'il y a trois sortes d'esclavage :
Le premier est l'esclavage de la nature ; les hommes bons et mauvais sont esclaves de Dieu en cette manière.
Le second, c'est l'esclavage de contrainte ; les démons et les damnés sont les esclaves de Dieu en cette manière.
Le troisième, c'est l'esclavage d'amour et de volonté ; et c'est celui par lequel nous devons nous consacrer à Dieu par Marie, de la manière la plus parfaite dont une créature se puisse servir pour se donner à son Créateur.
Remarquez encore qu'il y a bien de la différence entre un serviteur et un esclave ! Un serviteur veut des gages pour ses services; l'esclave n'en a point. Le serviteur est libre de quitter son maître quant il voudra et il ne le sert que pour un temps ; l'esclave ne le peut quitter justement, il lui est livré pour toujours. Le serviteur ne donne pas à son maître droit de vie et de mort sur sa personne; l'esclave se donne tout entier, en sorte que son maître pourrait le faire mourir sans qu'il en fût inquiété par la justice.
Mais il est aisé de voir que l'esclave de contrainte a la plus étroite des dépendances, que ne peut proprement convenir qu'à un homme envers son Créateur. C'est pourquoi les chrétiens ne font point de tels esclaves ; il n'y a que les Turcs et les idôlatres qui en font de la sorte.
Heureuse et mille fois heureuse est l'âme libérale qui se consacre à Jésus par Marie, en qualité d'esclave d'amour, après avoir « secouté » par le Baptême l'esclavage tyrannique du démon !

Les Fruits De Cette Dévotion

Il me faudrait beaucoup de lumières pour décrire parfaitement l'excellence de cette pratique, et je dirai seulement en passant :

1) Que se donner ainsi à Jésus par les mains de Marie, c'est imiter Dieu le Père qui ne nous a donné son Fils que par Marie, et qui ne nous communique ses grâces que par Marie ; c'est imiter Dieu le Fils qui n'est venu à nous que par Marie, et qui, nous ayant donné l'exemple pour faire comme il a fait, nous a sollicités à aller à Lui par le même moyen par lequel il est venu à nous, qui est Marie ; c'est imiter le Saint-Esprit qui ne nous communique ses grâces et ses dons que par Marie. N'est-il pas juste que la grâce retourne à son auteur, dit saint Bernard, par le même canal par lequel elle nous est venue ?

2) Aller à Jésus-Christ par Marie, c'est véritablement honorer Jésus-Christ, parce que c'est marquer que nous ne sommes pas dignes d'approcher de sa sainteté infinie directement par nous-mêmes, à cause de nos péchés, et que nous avons besoin de Marie, sa sainte Mère, pour être notre avocate et notre médiatrice auprès de Lui, qui est notre médiateur. C'est en même temps s'approcher de Lui comme de notre médiateur et notre frère, et nous humilier devant Lui comme devant notre Dieu et notre juge : en un mot, c'est pratiquer l'humilité qui ravit toujours le coeur de Dieu...

3) Se consacrer ainsi à Jésus par Marie, c'est mettre entre les mains de Marie nos bonnes actions qui, quoiqu'elles paraissent bonnes, sont très souvent souillées et indignes des regards et de l'acceptation de Dieu devant qui les étoiles ne sont pas pures (Jb 15, 15).
Ah ! prions cette bonne Mère et Maîtresse que, ayant reçu notre pauvre présent, elle le purifie, elle le sanctifie, elle l'élève et l'embellisse de telle sorte qu'elle le rende digne de Dieu. Tous les revenus de notre âme sont moindres devant Dieu, le père de famille, pour gagner son amitié et sa grâce, que ne serait devant le roi la pomme véreuse d'un pauvre paysan, fermier de sa Majesté, pour payer sa ferme. Que ferait le pauvre homme, s'il avait de l'esprit et s'il était bien venu auprès de la reine ? Amie du pauvre paysan et respectueuse envers le roi, n'ôterait-elle pas de cette pomme ce qu'il y aurait de véreux et de gâté et ne la mettrait-elle pas dans un bassin d'or entouré de fleurs; et le roi pourrait-il s'empêcher de la recevoir, même avec joie, des mains de la reine qui aime ce paysan... « Modicum quid offerre desideras ? manibus Mariae tradere cura, si non vis sustinere repulsam ». Si vous voulez offrir quelque peu de chose à Dieu, dit saint Bernard, mettez-le dans les mains de Marie, à moins que vous ne vouliez être rebuté.
Bon Dieu que tout ce que nous faisons est peu de chose ! Mais mettons-nous dans les mains de Marie par cette dévotion. Comme nous nous serons donnés tout à fait à elle, autant qu'on se peut donner, en nous dépouillant de tout en son honneur, elle nous sera infiniment plus libérale, elle nous donnera « pour un oeuf un bœuf », elle se communiquera toute à nous avec ses mérites et ses vertus ; elle mettra nos présents dans le plat d'or de sa charité, elle nous revêtira comme Rébecca fit Jacob (Gn 27, 15), des beaux habits de son Fils aîné et unique Jésus-Christ, c'est-à-dire de ses mérites qu'elle a en sa disposition : et ainsi, comme ses domestiques et ses esclaves, après nous être dépouillés de tout pour l'honorer, nous aurons doubles vêtement : « Omnes domestici ejus vestiti sunt duplicibus » (Pr 31, 21) : vêtements, ornements, parfums, mérites et vertus de Jésus et Marie dans l'âme d'un esclave de Jésus et Marie dépouillé de soi-même et fidèle en son dépouillement.

4) Se donner ainsi à la Sainte Vierge, c'est exercer dans le plus haut point qu'on peut la charité envers le prochain, puisque se faire volontairement son captif, c'est lui donner ce qu'on a de plus cher, afin qu'elle en puisse disposer à sa volonté en faveur des vivants et des morts.

5) C'est par cette dévotion qu'on met ses grâces, ses mérites et vertus en sûreté, en faisant Marie la dépositaire et lui disant : « Tenez, ma chère Maîtresse, voilà ce que, par la grâce de votre cher Fils, j'ai fait de bien ; je ne suis pas capable de le garder à cause de ma faiblesse et de mon inconstance, à cause du grand nombre et de la malice de mes ennemis qui m'attaquent jour et nuit. Hélas ! Si l'on voit tous les jours les cèdres du Liban tomber dans la boue, et des aigles, s'élevant jusqu'au soleil, devenir des oiseaux de nuit ; mille justes de même tombent à ma gauche et dix mille à ma droite, mais ma puissante et très puissante Princesse, gardez tout mon bien, de peur qu'on ne me le vole, tenez-moi, de peur que je ne tombe ; je vous confie en dépôt tout ce que j'ai : « Depositum custodi - Scio cui credidi » (1Tm 6, 20 ; 2Tm 1, 12). Je sais bien qui vous êtes, c'est pourquoi je me confie tout à vous ; vous êtes fidèle à Dieu et aux hommes, et vous ne permettez pas que rien périsse de ce que je vous confie ; vous êtes puissante, et rien ne peut vous nuire, ni ravir ce que vous avez entre les mains. « Ipsam sequens non devias ; ipsam rogans non desperas ; ipsam cogitans non erras ; ipsa tenete, non corruis ; ipsam protegente, non metuis ; ipsa duce, non fatigaris ; ipsa propitia, pervenis » (Lorsque vous la suivez, vous ne faites pas fausse route ; lorsque vous la priez, vous ne perdez pas espérance ; lorsqu'elle occupe votre pensée, vous êtes à l'abri de l'erreur ; lorsqu'elle vous soutient, vous ne tombez pas ; lorsqu'elle vous protège, vous ne craignez pas ; lorsqu'elle vous conduit, vous ne vous fatiguez pas ; lorsqu'elle vous est favorable, vous arrivez au port de salut). Et ailleurs : « Detinet Filium ne percutiat ; detinet diabolum ne noceat ; detinet virtutes ne fugiant ; detinet merita ne pereant ; detinet gratiam ne effluat » (Elle empêche son Fils de punir ; elle empêche le diable de nuire ; elle empêche les vertus de ses dissiper, les mérites de périr et les grâces de se perdre). Ce sont les paroles de saint Bernard qui expriment en substance tout ce que je viens de dire. Quand il n'y aurait que ce seul motif pour m'exciter à cette dévotion, comme étant le moyen de me conserver et augmenter même dans la grâce de Dieu, je ne devrais respirer que feu et flammes pour elle.

6) Cette dévotion rend une âme vraiment libre de la liberté des enfants de Dieu (Rm 8, 30). Comme pour l'amour de Marie, on se réduit volontairement en l'esclavage, cette chère maîtresse, par reconnaissance, élargit et dilate le coeur, et fait marcher à pas de géant dans la voie des commandements de Dieu. Elle ôte l'ennui, la tristesse et le scrupule. Ce fut cette dévotion que Notre Seigneur apprit à la chère Agnès de Langeac religieuse morte en odeur de sainteté, comme un moyen assuré pour sortir des grandes peines et perplexités où elle se trouvait : « Fais-toi, lui dit-il, esclave de ma Mère et prends la chaînette »; ce qu'elle fit ; et, dans le moment, toutes ses peines cessèrent.

Pour autoriser cette dévotion, il faudrait rapporter ici toutes les bulles et les indulgences des papes et les mandements de évêques en sa faveur, les confréries établies en son honneur, l'exemple de plusieurs saints et grand personnages qui l'on pratiquée ; mais je passe tout cela sous silence...

L'esprit Véritable de cette Dévotion

J'ai dit ensuite que cette dévotion consistait à faire toutes choses avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie.

Ce n'est pas assez de s'être donné une fois à Marie, en qualité d'esclave ; ce n'est pas même assez de le faire tous les mois, et toutes les semaines : ce serait une dévotion trop passagère, et elle n'élèverait pas l'âme à la perfection où elle est capable de l'élever. Il n'y a pas beaucoup de difficulté à s'enrôler dans une confrérie, à embrasser cette dévotion et à dire quelques prières vocales tous les jours, comme elle prescrit ; mais la grande difficulté est d'entrer dans l'esprit de cette dévotion qui est de rendre une âme intérieusement dépendante et esclave de la très Sainte Vierge et de Jésus par elle.
J'ai trouvé beaucoup de personnes, qui, avec une ardeur admirable, se sont mises sous leur saint esclavage, à l'extérieur ; mais j'en ai bien rarement trouvé qui en aient pris l'esprit et encore moins qui y aient persévéré.

1) La pratique essentielle de cette dévotion consiste à faire toutes ses actions avec Marie, c'est-à-dire à prendre la Sainte Vierge pour le modèle accompli de tout ce qu'on doit faire. C'est pourquoi, avant d'entreprendre quelque chose, il faut renoncer à soi-même et à ses meilleures vues, il faut s'anéantir devant Dieu, comme de soi incapable de tout bien surnaturel et de toute action utile au salut ; il faut recourir à la très Sainte Vierge, et s'unir à elle et à ses intentions, quoique inconnues; il faut s'unir par Marie aux intentions de Jésus-Christ, c'est-à-dire se mettre comme un instrument entre les mains de la très Sainte Vierge afin qu'elle agisse en nous, de nous et pour nous, comme bon lui semblera, à la plus grande gloire de son Fils, et par son Fils, Jésus, à la gloire du Père ; en sorte qu'on ne prenne de vie intérieure et d'opération spirituelle que dépendamment d'elle...

2) Il faut faire toutes choses en Marie, c'est-à-dire qu'il faut s'accoutumer peu à peu à se recueillir au-dedans de soi-même pour y former une petite idée ou image spirituelle de la très Sainte Vierge. Elle sera à l'âme l'Oratoire pour y faire toutes ses prières à Dieu, sans craindre d'être rebutée ; la Tour de David pour s'y mettre en sûreté contre tous ses ennemis (Ct 4, 4) ; la lampe allumée pour éclairer tout l'intérieur et pour brûler de l'amour divin (Mt 5, 15) ; le Reposoir sacré pour voir Dieu avec elle ; et enfin son unique Tout auprès de Dieu, son recours universel. Si elle prie, ce sera en Marie; si elle reçoit Jésus par la sainte communion, elle le mettra en Marie pour s'y complaire; si elle agit, ce sera en Marie; et partout et en tout elle produira ses actes de renoncement à elle-même...

3) Il faut n'aller jamais à Notre-Seigneur que par son intercession et son crédit auprès de lui, ne se trouvant jamais seul pour le prier...

4) Il faut faire toutes ses actions pour Marie c'est-à-dire qu'étant esclave de cette auguste Princesse, il faut qu'elle ne travaille plus que pour Elle, que pour son profit, que pour sa gloire, comme fin prochaine, et pour la gloire de Dieu, comme fin dernière. Elle doit donc en tout ce qu'elle fait, renoncer à son amour propre, qui se prend presque toujours pour fin d'une manière presque imperceptible, et répéter souvent du fond du cœur : « Ô ma chère Maîtresse, c'est pour vous que je vais ici ou là, que je fais ceci ou cela que je souffre cette peine ou cette injure ! »
Prends bien garde, âme prédestinée, de croire qu'il est plus parfait d'aller tout droit à Jésus, tout droit à Dieu dans ton opération et intention ; si tu veux y aller sans Marie, ton opération, ton intention sera de peu de valeur; mais y allant par Marie, c'est l'opération de Marie en toi, et, par conséquent, elle sera très relevée et très digne de Dieu.
De plus, prend bien garde de te faire violence pour sentir et goûter ce que tu dis et fais : dis et fais tout dans la pure foi que Marie a eue sur la terre, qu'elle te communiquera avec le temps ; laisse à ta Souveraine, pauvre petite esclave, la vue claire de Dieu, les transports, les joies, les plaisirs, les richesses, et ne prends pour toi que la pure foi, pleine de dégoûts, de distractions, d'ennuis, de sécheresse ; dis : Amen, Ainsi soit-il, à ce que fait Marie, ma Maîtresse, dans le ciel : c'est ce que je fais de meilleur pour le présent...
Prends bien garde encore de te tourmenter si tu ne jouis pas sitôt de la douce présence de la Sainte Vierge en ton intérieur. Cette grâce n'est pas faîte à tous ; et quand Dieu en favorise une âme par grande miséricorde, il lui est bien aisé de la perdre si elle n'est pas fidèle à se recueillir souvent ; et si ce malheur t'arrivait, reviens doucement et fais amende honorable à ta Souveraine.

Les Effets de cette Dévotion Mariale

L'expérience t'en apprendra infiniment plus que je ne t'en dis, et tu trouveras, si tu as été fidèle au peu que je t'ai dit, tant de richesse et de grâces en cette pratique que tu en seras surprise et ton âme en sera toute remplie d'allégresse...
Travaillons donc, chère âme, et faisons en sorte que, par cette dévotion fidèlement pratiquée, l'âme de Marie soit en nous pour glorifier le Seigneur, que l'esprit de Marie soit en nous pour se réjouir en Dieu son Sauveur. Ce sont là les paroles de saint Ambroise : « Sit in singulis anima Mariae ut magnificet Dominum, sit in singulis spiritus Mariae ut exsultet in Deo ». Et ne croyons pas qu'il y eut plus de gloire et de bonheur à demeurer dans le sein d'Abraham, qui est le Paradis, que dans le sein de Marie, puisque Dieu y a mis son trône. Ce sont les paroles du saint abbé Guerric : « Ne credideris majoris esse felicitatis habitare in sinu Abrahae, qui vocatur Paradisus, quam in sinu Mariae in quo Dominus thonum suum posuit ».

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Prière de Salomon » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur la Sagesse
Voici la Prière de Salomon pour obtenir la divine Sagesse « Ô Seigneur, donnez-moi cette Sagesse qui est assise auprès de Vous » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains : la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire et des Filles de la Sagesse dont la vie spirituelle est basée sur l’unique et ardente recherche de la Sagesse éternelle et Incarnée.
Voilà la manière dont il faut prier pour avoir la Sagesse ; et infailliblement, tôt ou tard, Dieu, qui veut être importuné, se lèvera, ouvrira la porte de sa Miséricorde et nous donnera les trois pains de la Sagesse : le pain de vie, le pain d'entendement et le pain des Anges.
- Le pain de vie, c'est-à-dire : toute grâce abondante, la vie divine du Christ communiquée avec magnificence.
- Le pain d'entendement, c'est-à-dire : l'intelligence du Christ et de ses mystères ; des grandeurs, du rôle et des pouvoirs de Marie ; de la vie chrétienne et de la vie religieuse.
- Le Pain des Anges, c'est-à-dire : le Christ lui-même, connu et aimé de l’âme ; donné en nourriture et en jouissance à l'âme, et faisant l'objet de ses admirations et de ses louanges, spécialement dans le grand sacrement de son Amour : la Sainte Eucharistie.

La Prière de Salomon sur la Sagesse de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Ô Seigneur, donnez-moi cette Sagesse qui est assise auprès de Vous » :

« Dieu de mes pères, Dieu de miséricorde, qui ayez fait tout par votre Parole ; qui avez formé l'homme par votre Sagesse, afin qu'il eût la domination sur les créatures que Vous avez faites, afin qu'il gouvernât le monde dans l'équité et la justice et qu'il prononçât les jugements avec un cœur droit, donnez-moi cette Sagesse qui est assise auprès de Vous, dans votre trône ; ne me rejetez pas du nombre de vos enfants, parce que je suis votre serviteur et le fils de votre servante, un homme faible à la vie éphémère et peu capable d'entendre les lois et de bien juger. Car, encore que quelqu'un paraisse consommé parmi les enfants des hommes, il sera néanmoins considéré comme rien, si votre Sagesse n'est point en lui. Votre Sagesse est celle qui conçoit vos ouvrages, qui était présente lorsque Vous formiez le monde et qui sait ce qui est agréable à vos yeux et quelle est la rectitude de vos préceptes. Envoyez-la donc de votre Sanctuaire qui est dans le ciel et du Trône de votre grandeur, afin qu'elle soit et qu'elle travaille avec moi et que je sache ce qui Vous est agréable ; car elle a la science et l'intelligence de toutes les choses, elle me conduira dans toutes mes oeuvres avec une exacte circonspection, et elle me protégera par sa puissance. Ainsi mes actions seront agréées de Vous. Je conduirai votre peuple avec justice et je serai digne du trône de mon Père ; car qui est l'homme qui puisse connaître les desseins de Dieu, ou qui pourra pénétrer ce que Dieu désire ? Les pensées des hommes sont timides et nos prévoyances sont incertaines, parce que le corps qui se corrompt appesantit l'âme, et cette demeure terrestre abat l'esprit dans la multiplicité des soins qui l'agitent. Nous ne comprenons que difficilement ce qui se passe sur la terre et nous ne discernons qu'avec peine ce qui est devant nos yeux ; mais qui pourra découvrir ce qui se passe dans le ciel, qui pourra connaître votre pensée, si Vous ne donnez Vous-même la Sagesse et si Vous n'envoyez votre Esprit-Saint du plus haut des cieux, afin qu'il redresse les sentiers de ceux qui sont sur la terre et que les hommes apprennent ce qui Vous est agréable ? Car c'est par la Sagesse, ô Seigneur, que tous ceux qui Vous ont plu dès le commencement ont été guéris. Amen. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur la Sagesse
Voici une Prière sur les désirs de la Sagesse « Sagesse, venez donc, par la foi de Marie » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains : la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire et des Filles de la Sagesse dont la vie spirituelle est basée sur l’unique et ardente recherche de la Sagesse éternelle et Incarnée.
La Prière pour désirer la Sagesse de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Sagesse, venez donc, par la foi de Marie » :

« Ô Sagesse, venez, le pauvre vous en prie, par le sang de mon doux Jésus, par les entrailles de Marie. Nous ne serons point confondus ! Pourquoi prolongez-vous si longtemps mon martyre ? Je vous recherche nuit et jour ! Venez, mon âme vous désire, venez, car je languis d'amour ! Ma bien-aimée, ouvrez, l'on frappe à votre porte, ah ! Ce n'est pas un étranger, c'est un coeur que l'amour transporte qui n'a que chez vous où loger ! Si vous ne voulez pas que je vous appartienne, laissez-moi vous importuner, laissez-moi toujours dans la peine de vous chercher sans vous trouver. Je me jette en esprit au pied de votre trône, si vous ne voulez pas de moi, du moins donnez-moi quelque aumône pour les pauvres remplis de foi. Sagesse, que je crains qu'un malheur ne m'arrive ! C’est d'être lâche et négligent, c'est de manquer d'une foi vive, pour vous aimer éperdument. Digne Mère de Dieu, Vierge pure et fidèle, communiquez-moi votre foi, j'aurai la Sagesse par elle, et tous les biens viendront en moi. Sagesse, venez donc, par la foi de Marie, Vous n'avez pu lui résister, elle vous a donné la vie, elle vous a fait incarner. Je crois sans hésiter : rien ne m'est impossible. En moi la Sagesse viendra, Dieu l'a dit, il est infaillible ! Qui prie en croyant recevra, qui frappe en croyant entrera, qui cherche en croyant trouvera ! Amen. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Cantique sur la Sagesse » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur la Sagesse
Voici le Cantique sur les désirs de la divine Sagesse incarnée ou de l'enfant-Jésus « Ô Sagesse, venez chez moi » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains : la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire et des Filles de la Sagesse dont la vie spirituelle est basée sur l’unique et ardente recherche de la Sagesse éternelle et Incarnée.
Le Cantique sur la Sagesse de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Ô Sagesse, venez chez moi » :

« Pardon, divine Sagesse de mon ardeur, car vous êtes la maîtresse de tout mon coeur. Accourez à mon secours, prêtez l'oreille à mon discours. Fils de Dieu, beauté suprême, venez chez moi. Sans vous, on est anathème, venez chez moi. Avec vous je serai roi, mais roi soumis à votre loi. Ô Verbe, égal à son Père, venez chez moi. Lumière de la lumière, venez chez moi. Avec vous, je verrai clair et ferai tête à tout l'enfer. Jésus, Sagesse incréée, venez chez moi. Jésus, Sagesse incarnée, venez chez moi. Avec vous, quoi de plus doux ? Mais quel enfer d'être sans vous ! Ô Sagesse, Dieu fait homme, venez chez moi. Je vous connais, je vous nomme, venez chez moi. Avec vous et votre croix, je suis plus content que les rois. Ô ma puissante princesse ! Venez chez moi. Ô ma charmante maîtresse, venez chez moi. Avec vous plus de plaisir, que notre coeur n'a de désir. Ô mon Epouse immortelle, venez chez moi. Ô ma belle, ô ma fidèle, venez chez moi. Avec vous, on est plus fort, que tout l'enfer et que la mort. Sagesse, on vous persécute, venez chez moi. On vous rejette et rebute, venez chez moi. Avec vous d'un même accord, je veux vivre jusqu'à la mort. Ô mes plus grandes richesses ! Venez chez moi. Ô mes plus douces tendresses ! Venez chez moi. Avec vous qu'on est joyeux ! Qu'on est riche et qu'on est heureux ! Vos yeux font trembler la terre, venez chez moi. Vos mains roulent le tonnerre, venez chez moi. Avec vous jamais de peur, de coup fatal, ni de malheur. Je brûle de votre flamme, venez chez moi. Votre trône est dans mon âme, venez chez moi. Avec vous, et votre amour, je suis heureux et nuit et jour. Mille fois je vous désire, venez chez moi, sans vous je souffre un martyre, venez chez moi. Avec vous j'aurai tout bien, sans crainte de manquer de rien. Votre folie est sagesse, venez chez moi. Votre disette est richesse, venez chez moi. Avec vous, que de trésors dans notre âme et dans notre corps. Vos rigueurs sont des délices, venez chez moi. Vos maux sont des sacrifices, venez chez moi. Avec vous, l'on est heureux et sur la terre et dans les cieux. Vos mépris sont pleins de gloire, venez chez moi. Mais on ne veut pas vous croire, venez chez moi. Avec vous, plus de grandeur que n'en ont tous les empereurs. Vous ne logez qu'au Calvaire, venez chez moi. La croix seule est votre chaire, venez chez moi. Avec vous je souffrirai, et puis, après, je régnerai. Les croix sont vos récompenses, venez chez moi. Vous n'aimez que les souffrances, venez chez moi. Avec vous, quel doux plaisir de souffrir tout et de mourir. Vos amis versent des larmes, venez chez moi. Les croix sont leurs seules armes, venez chez moi. Mais pardon de mes péchés, et puis coupez, taillez, tranchez. Vous cherchez une demeure, venez chez moi. Sans tarder et tout à l'heure, venez chez moi. Avec vous, qu'il y fait bon ! Que mon coeur soit votre maison. Mille fois je dis sans crainte : venez chez moi. Mon âme en deviendra sainte, venez chez moi. Avec vous vont les vertus et les grandeurs du Bon Jésus. Toutes les vertus vous suivent, venez chez moi. Avec nous elles arrivent, venez chez moi. Avec vous, est la charité, la pureté, l'humilité. Vous êtes l'incomparable, venez chez moi. Devant vous l'or n'est que sable, venez chez moi. Avec vous, et sans argent, on est très riche et très content. Ô ma vie et ma lumière, venez chez moi. Ô mon Epouse et ma Mère, venez chez moi. Avec vous j'aurai la paix, la grâce et la gloire à jamais. Sagesse inconnue au monde, venez chez moi. Quoi qu'on dise, quoiqu'on gronde, venez chez moi. Avec vous, tous les mépris me seront des pièces de prix. Adieu, les beautés mortelles, venez chez moi. Les vôtres sont éternelles, venez chez moi. Avec vous, en vérité, je vivrai dans l'éternité. Je veux vous gagner, Sagesse, venez chez moi. Fi de l'argent ! Je le laisse, venez chez moi. Avec vous, je veux jouer pour perdre tout et vous trouver. Nous chanterons la victoire, venez chez moi. Vous seul en aurez la gloire, venez chez moi. Avec vous je parlerai, en parlant je triompherai. Je veux marcher sur vos traces, venez chez moi. Voilà la grâce des grâces, venez chez moi. Avec vous, j'irai joyeux jusqu'à la croix et jusqu'aux cieux. Jésus, Enfant de Marie, venez chez moi. C'est Elle qui vous en prie. Venez chez moi. Avec vous, dans mon exil j'aurai tout bien. Ainsi soit-il. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
« Prière d’oraison » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur la Sagesse
Voici une Prière d’oraison pour demander la Sagesse « Douce Vierge Marie, obtenez-nous de Dieu la divine Sagesse » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains : la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire et des Filles de la Sagesse dont la vie spirituelle est basée sur l’unique et ardente recherche de la Sagesse éternelle et Incarnée.
La Prière pour demander la Sagesse de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Douce Vierge Marie, obtenez-nous de Dieu la divine Sagesse » :

« Ô Père tout-puissant, ô Dieu plein de bonté, envoyez-nous des Cieux la divine Sagesse, donnez-nous-La, donnez, la charité nous presse. Exaucez, exaucez les soupirs de notre pauvreté. Douce Vierge Marie, exaucez Vos enfants, obtenez-nous de Dieu la divine Sagesse, priez pour nous, priez, la charité nous presse. Laissez-Vous attendrir à nos besoins pressants. Ainsi soit-il. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prière de St Louis-Marie Grignion de Montfort à Jésus-Christ
Voici une Prière sur la Flagellation de notre Seigneur Jésus-Christ « Ô Sauveur, par ce corps meurtri de coups, pardonnez-nous à tous ! » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Grand Apôtre de la Très Sainte Vierge Marie et Fondateur des Montfortains.
« Pilate fit flageller Jésus, et il le livra pour qu’il soit crucifié » (Mt 27,26)

La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur la Flagellation « Ô Sauveur, par ce corps meurtri de coups, pardonnez-nous à tous ! » :

« Ils Le couvrent de blessures et Le déchirent de coups, on ne voit que meurtrissures, que cicatrices, que trous. Considérez qu’il endure cet effroyable tourment sans qu’il s’en plaigne ou murmure, tant son Amour est ardent. Pécheurs, ce sont nos offenses et nos sensualités qui causent tant de souffrances à cet Objet de pitié. Viens dans le sang de Ses veines rencontrer ta guérison, et n’augmente pas les peines en suivant ta passion. Ô Sauveur tout débonnaire, par ce corps meurtri de coups apaisez Votre colère et pardonnez-nous à tous ! Ainsi soit-il. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

Louis Grignion est né le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu, petit village à l’ouest de Rennes. Grand missionnaire apostolique, il sillonne l’Ouest de la France et enseigne comment aller « à Jésus par Marie » grâce à une consécration qui entraîne à vivre par Marie, en Marie et avec Marie, dans un cœur-à-cœur intime qui nous conduit très sûrement au Christ. Il meurt le 28 avril 1716 en pleine mission à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il n’avait que 43 ans et 16 ans de Sacerdoce. Cette année 2016 nous célébrons le tricentenaire de sa mort.
Prière de St Louis-Marie Grignion de Montfort à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec Vous » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), breton formé chez les jésuites de Rennes qui fut l'homme des missions paroissiales de l'ouest de la France. Fondateur de plusieurs congrégations, Louis-Marie Grignion de Montfort est surtout connu pour son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, revendiqué à ce titre par saint Jean-Paul Il comme l'un de ses maîtres spirituels.
La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec Vous » :

« Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec Vous et ne peut être sans Vous ; autrement, Elle cesserait d'être ce qu'Elle est. Elle est tellement transformée en Vous par la Grâce, qu'Elle ne vit plus, qu'Elle n'est plus : c'est Vous seul, mon Jésus, qui vivez et régnez en Elle, plus parfaitement qu'en tous les anges et les bienheureux. Elle vous est si intimement liée, qu'on séparerait plutôt la lumière du soleil, la chaleur du feu, je dis plus, on séparerait plutôt tous les anges et les saints de Vous que la divine Marie, parce qu'Elle Vous aime plus ardemment et Vous glorifie plus parfaitement que toutes Vos autres créatures ensemble. Ainsi soit-il. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
Prières de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort pour les Agonisants
Voici une Prière pour bien mourir « Les Sept Oraisons de dévotion pour la réception du Sacrement de l’Extrême-Onction » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Fondateur des Montfortains, la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire.
Les « 7 Oraisons de dévotion pour la réception du Sacrement de l’Extrême-Onction » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

Aux yeux : Montrez, doux Jésus, je Vous prie, par les larmes que Vous avez versées de vos yeux, d’effacer les péchés que j’ai commis par le dérèglement de ma vue, afin qu’ayant achevé la course de ma vie, je puisse voir la beauté de votre divin visage, qui fait le paradis de mes regards.

Aux oreilles : Montrez, doux Jésus, je Vous prie, par la pureté céleste de vos oreilles, de laver l’impureté des miennes, afin qu’à l’heure de ma mort, ne craignant point d’ouïr un arrêt funeste de votre bouche, je me présente avec joie devant votre Trône, pour recevoir la couronne et pour entendre ces douces paroles : « Venez les bénis de mon Père, possédez le Royaume qui vous est préparé dès le commencement du monde ».

Aux narines : Mon doux Jésus, je Vous prie, par la douce odeur de vos vertus, et par la patience avec laquelle Vous souffrîtes la puanteur du Calvaire pour me délivrer de celle de l’Enfer, de me pardonner les péchés que j’ai commis par ma délicatesse et par les dépenses superflues que j’ai faites pour contenter mon odorat, afin qu’à l’heure de ma mort rien ne m’empêche de Vous dire : « Attirez-moi à Vous, nous courons à l’odeur de vos parfums ».

À la bouche : Montrez, doux Jésus, je Vous prie, par la puissante vertu des paroles sacrées qui sont sorties de votre bouche, de me pardonner l’intempérance de ma bouche et l’incontinence de ma langue, afin que sortant de cet exil, j’entre avec joie dans le Temple de votre gloire, pour chanter éternellement vos louanges.

Aux mains : Montrez, doux Jésus, je Vous prie, par les sacrées Plaies de vos mains, d’anéantir tous les désordres des miennes, afin qu’après mon décès, je puisse Vous embrasser très étroitement, et m’unir à Vous pour jamais.

Aux pieds : Mon très doux Jésus, je Vous prie, par les sacrées Plaies de vos pieds, de me pardonner tous les pas que j’ai faits dans les voies de l’iniquité, afin que mon âme étant dérangée du poids de ce corps mortel, prenne son vol vers Vous, qui êtes son centre et le lieu de son repos.

Aux reins : Mon très doux Jésus, je Vous prie, par la douce plaie de votre Cœur, et par l’innocence de votre très sainte vie, de me pardonner les excès honteux de ma concupiscence ; faites-moi, s’il Vous plaît, un bain de votre Sang, en qui seul je mets toute mon espérance ; appliquez-moi les mérites de l’Eau qui sortit de votre sacré Côté, pour laver les taches de mon corps et de mon âme, afin qu’étant parfaitement purifié, en sortant de cette misérable captivité, je me trouve heureusement en Vous, qui êtes le vrai Paradis des délices éternelles.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)- Dispositions pour bien mourir, Chapitre II, nos 27 à 33, pp. 1778-1780
Prière de St Louis-Marie Grignion de Montfort à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Marie, je Vous demande la Grâce de dire tous les jours trois fois « Ainsi soit-il » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), connu pour son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge et Fondateur des Montfortains, la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire.
La Prière de St Louis-Marie Grignion de Montfort « Ô Marie, je Vous demande la Grâce de dire tous les jours trois fois « Ainsi soit-il » :

« Je ne Vous demande ni visions, ni révélations, ni goûts, ni plaisirs même spirituels. C'est à Vous de voir clairement sans ténèbres ; c'est à Vous de goûter pleinement, sans amertume ; c'est à Vous de triompher glorieusement à la droite de votre Fils dans le ciel, sans aucune humiliation ; c'est à Vous de commander absolument aux anges et aux hommes et aux démons, sans résistance, et enfin de disposer, selon Votre volonté, de tous les Biens de Dieu, sans aucune réserve. Voilà, divine Marie, la très bonne part que le Seigneur Vous a donnée et qui ne Vous sera jamais ôtée ; et ce qui me donne une grande joie. Pour ma part, ici-bas, je n'en veux point d'autre que celle que Vous avez eue. À savoir : de croire purement, sans rien goûter ni voir ; de souffrir joyeusement, sans consolation des créatures ; de mourir continuellement à moi-même sans relâche ; et de travailler fortement jusqu'à la mort, pour Vous, sans aucun intérêt, comme le plus vil de Vos esclaves. La seule Grâce que je Vous demande, par pure miséricorde, c'est que, tous les jours et moments de ma vie, je dise trois fois Amen : Ainsi soit-il, à tout ce que Vous avez fait sur la terre, lorsque Vous y viviez ; Ainsi soit-il, à tout ce que Vous faites à présent dans le ciel ; Ainsi soit-il, à tout ce que Vous faites en mon âme, afin qu'il n'y ait que Vous à glorifier pleinement Jésus en moi pendant le temps et l'éternité ».

Ainsi soit-il.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) - Le Secret de Marie
Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort à la Sainte Vierge
Voici une Prière pour une véritable et entière dévotion à la Très Sainte Vierge Marie pour le plus grand plaisir de son Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ « Seigneur, faites-moi la grâce de louer dignement Votre sainte Mère » (Dominus, fac me digne tuam Matrem collaudare) de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), connu pour son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge et Fondateur des Montfortains, la Compagnie de Marie composée de Prêtres Missionnaires et de Frères Co-adjudicateurs qui s’adonnent à l’apostolat missionnaire.
La Prière pour une totale dévotion Mariale de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Seigneur, faites-moi la grâce de louer dignement Votre sainte Mère » :

« Ô mon aimable Maître, n'est-ce pas une chose étonnante et pitoyable, de voir l'ignorance et les ténèbres de tous les hommes d'ici-bas, à l'égard de Votre sainte Mère ? Je ne parle pas tant des idolâtres et païens qui, ne Vous connaissant pas, n'ont garde de La connaître ; je ne parle pas même des hérétiques et schismatiques, qui n'ont garde d'être dévots à Votre sainte Mère, s'étant séparés de Vous et de Votre sainte Église ; mais je parle des Chrétiens Catholiques, et même des docteurs parmi les Catholiques, qui, faisant profession d'enseigner aux autres les vérités, ne Vous connaissent pas, ni Votre sainte Mère, si ce n'est d'une manière spéculative, sèche, stérile et indifférente. Ces Messieurs ne parlent que rarement de Votre sainte Mère et de la dévotion qu'on Lui doit avoir, parce qu'ils craignent, disent-ils, qu'on n'en abuse, qu'on ne Vous fasse injure en honorant trop Votre sainte Mère. S'ils voient ou entendent quelque dévot à la Sainte Vierge parler souvent de la dévotion à cette bonne Mère, d'une manière tendre, forte et persuasive, comme d'un moyen assuré sans illusion, d'un chemin court sans danger, d'une voie immaculée sans imperfection, et d'un secret merveilleux pour Vous trouver et Vous aimer parfaitement, ils se récrient contre lui, et lui donnent mille fausses raisons pour lui prouver qu'il ne faut pas qu'il parle tant de la Sainte Vierge, qu'il y a de grands abus en cette dévotion, et qu'il faut travailler à les détruire, et parler de Vous plutôt que de porter les peuples à la dévotion à la Sainte Vierge qu'ils aiment déjà assez. On les entend quelquefois parler de la dévotion à Votre sainte Mère, non pas pour L'établir et La persuader, mais pour en détruire les abus qu'on en fait ; tandis que ces Messieurs sont sans piété et sans dévotion tendre pour Vous, parce qu'ils n'en ont pas pour Marie : regardant le rosaire, le scapulaire, le chapelet, comme des dévotions propres aux esprits faibles et aux ignorants, sans lesquelles on peut se sauver ; et s'il tombe en leurs mains quelque dévot à la Sainte Vierge, qui récite son chapelet ou ait quelque autre pratique de dévotion envers Elle, ils lui changeront bientôt l'esprit et le cœur ; au lieu du chapelet, ils lui conseilleront de dire les sept psaumes ; au lieu de la dévotion à la Sainte Vierge, ils lui conseilleront la dévotion à Jésus-Christ. Ô mon aimable Jésus, ces gens ont-ils votre Esprit ? Vous font-ils plaisir d'en agir de même ? Est-ce Vous plaire que de ne pas faire tous ses efforts pour plaire à votre Mère, de peur de Vous déplaire ? La dévotion à Votre sainte Mère empêche-t-elle la Vôtre ? Est-ce qu'Elle s'attribue l'honneur qu'on Lui rend ? Est-ce qu'Elle fait bande à part ? Est-Elle une étrangère qui n'a aucune liaison avec Vous ? Est-ce Vous déplaire que de vouloir Lui plaire ? Est-ce se séparer ou s'éloigner de votre Amour, que de se donner à Elle et de L'aimer ? Cependant, mon aimable Maître, la plupart des savants n'éloigneraient pas plus de la dévotion à Votre sainte Mère et n'en donneraient pas plus d'indifférence, que si tout ce que je viens de dire était vrai. Gardez-moi, Seigneur, gardez-moi de leurs sentiments et de leurs pratiques, et donnez-moi quelque part aux sentiments de reconnaissance, d'estime, de respect et d'amour que Vous avez à l'égard de Votre sainte Mère, afin que je Vous aime et glorifie d'autant plus que je Vous imiterai et suivrai de plus près. Comme si, jusqu'ici, je n'avais encore rien dit en l'honneur de Votre sainte Mère, « faites-moi la grâce de La louer dignement » (Fac me digne tuam Matrem collaudare), malgré tous Ses ennemis qui sont les Vôtres et que je leur dise hautement avec les Saints : « Que celui-là ne présume pas recevoir la Miséricorde de Dieu qui offense Sa sainte Mère » (Non praesumat aliquis Deum se habere propitium qui benedictam Matrem offensam habuerit). Pour obtenir de votre Miséricorde une véritable dévotion à Votre sainte Mère, et pour L'inspirer à toute la terre, faites que je Vous aime ardemment ».

Ainsi soit-il.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) - Discernement de la vraie dévotion à la sainte Vierge
« Prière à l’Esprit-Saint » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort au Saint-Esprit
Voici une Prière à l’Esprit-Saint « Venez Saint-Esprit » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (les Missionnaires de la Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse, pour qui Jésus-Christ doit être la fin dernière de toutes les dévotions.
La Prière de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort « Venez Saint-Esprit » :

« Venez, Père des lumières, venez Dieu de Charité,
Formez en moi mes prières, montrez-moi la Vérité,
Faites descendre en mon âme un charbon de votre Feu
Qui la pénètre de flamme et la remplisse de Dieu.

Venez Saint-Esprit, qui faites les martyrs, les confesseurs,
Les apôtres, les prophètes, les grands héros, les grands cœurs,
C’est Votre seule Conduite que mon Sauveur a suivie ;
Afin donc que je L’imite, conduisez-moi comme Lui ».

Ainsi soit-il.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)