29 avril
Sainte Catherine de Sienne, vierge, tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière pour le Pape Clément VII « Amour éternel, purifie vraiment ton Vicaire pour qu'il donne aux autres l'exemple de la pureté et de l'innocence et qu'il Te serve, les yeux fixés sur ta Grâce » faite à Rome le 21 décembre 1378, le jour de la fête de Saint Thomas Apôtre, par Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique, fêtée chaque 29 avril, le jour de sa mort à 33 ans...
La Prière de Ste Catherine de Sienne pour le Pape Clément VII « Amour éternel, purifie vraiment ton Vicaire pour qu'il donne aux autres l'exemple de la pureté et de l'innocence et qu'il Te serve, les yeux fixés sur ta Grâce » :
« Ô Déité, Déité, éternelle Déité ! Amour véritable, par l'union de l'humanité de ton Verbe Notre-Seigneur Jésus-Christ avec Ta toute-puissante divinité, Tu nous as donné, à nous qui étions perdus, la lumière de la très sainte Foi, qui est la pupille de notre intelligence et grâce à laquelle nous connaissons le véritable objet de notre âme : je veux dire Ton impénétrable Divinité. Tu as fait de ton Fils notre Sacrifice sans tache, offert à Toi pour nous et placé comme la pierre d'angle et la colonne inébranlable qui tient notre Mère l'Église, Ton unique Épouse. Depuis longtemps Tu l'as destinée à renouveler ton Église par des plantes nouvelles et plus fécondes. Dès lors, nul ne peut se mettre en travers de ta Volonté sainte, éternelle et immuable. Ne T'arrête pas à nos péchés : je me reconnais, à cause d'eux, indigne de Te prier. Efface-les, aujourd'hui, ces péchés, par la vertu de ton Saint apôtre Thomas, avec Ta très miséricordieuse Bonté. Purifie mon âme, Dieu suprême, mon Amour, et exauce ta servante qui crie vers Toi. Et quoique Tu sois Feu inextinguible, Tu ne consumes pas les choses qui Te sont agréables, mais seulement celles qui, dans l'âme Te sont étrangères. Brûle donc par le feu de ton Esprit, consume jusqu'à la racine tout attachement charnel les cœurs de ces plantes nouvelles que Tu as voulu greffer sur le Corps mystique de la Sainte Église. Transplante-les des affections mondaines dans le jardin de ton Amour, donne-leur un cœur nouveau avec la vraie connaissance de Ta sainte Volonté, afin qu'apprenant à mépriser et le monde et eux-mêmes, et tout amour-propre, ils se remplissent de la ferveur de ton Amour, du zèle pour la foi et pour la vertu, ils se détachent des désirs trompeurs et du faste de ce monde passager ; bref, qu'ils n'aient plus de pensée que pour Te suivre, Toi, avec une pureté sans tache et une ardente charité. Puisse le nouvel Époux de ton Église, notre guide dans la voie du salut, se laisser lui-même guider par ton Conseil ! Puisse-t-il ne promouvoir, n'agréer et n'écouter que ceux qui sont nets et purs. Quant aux autres, Tes nouvelles pousses, qu'ils soient comme les Anges qui tiennent devant l'Assemblée des Saints : attentifs aux désirs de Notre-Seigneur ton Vicaire terrestre, simple de cœur, parfaits de vie pour réformer selon ton Cœur notre Sainte Mère l'Église. Qu'ils se considèrent comme nouvellement greffés sur le Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont Ton admirable Providence a retranché sans le secours de l'homme, certains rameaux superflus et stériles. Et comme Jésus dès sa Naissance progressa tout ensemble, en âge et en vertu, qu'ainsi ils portent du fruit dans l'Église par leur vie vertueuse et exemplaire. Et comme les greffes nouvelles, par une disposition naturelle qu'elles tiennent de Toi, produisent des fleurs plus embaumées et des fruits plus savoureux, qu'ainsi ils répriment tout attachement charnel, par la vertu de cette Grâce que Tu déversas sur Tes apôtres comme la rosée de l'Esprit-Saint. Que cette Rosée céleste dépose en eux le germe de vertus nouvelles dont le suave parfum monte vers Toi et qu'ils ornent l'Église par des actes vertueux et des œuvres fécondes, afin qu'en eux ton Épouse soit réformée. Amour éternel, purifie vraiment ton Vicaire pour qu'il donne aux autres l'exemple de la pureté et de l'innocence et qu'il Te serve, les yeux fixés sur ta Grâce. Qu'il guide le peuple que Tu lui as confié, et qu'il attire à Toi les infidèles, par ses célestes enseignements et qu'il puisse offrir ainsi des fruits de salut à Ton incompréhensible Majesté. Et afin qu'il Te plaise de nous exaucer, en nous accordant tous ces bienfaits, moi pauvre misérable, je rends grâces à ta Souveraine Bonté, ô seul vrai Dieu ! »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Prière faite à Rome le 21 décembre 1378, le jour de la fête de Saint Thomas Apôtre, pour le Pape Clément VII
L’amour de Dieu, la contemplation du Christ en Croix, le service de l'Église : la Liturgie résume en ces termes la vie et l'action de Sainte Catherine dans la Prière d'ouverture de la Sainte Messe pour sa Fête chaque 29 avril : « Seigneur, Tu as enflammé de ton Amour Sainte Catherine de Sienne en lui faisant contempler la Passion de Jésus et en l'appelant à servir l'Église ; par son intercession, accorde à ton Peuple d'être uni au Mystère du Christ, pour exulter dans la découverte de sa Gloire ». On ne saurait mieux dire. C'est une figure hors-série que celle de Catherine Benincasa, née à Sienne en 1347 et morte à Rome trente-trois ans plus tard en 1380. Elle était très humble, cette fille de Saint Dominique, et brûlée d'une flamme d'amour qui la place au premier rang des mystiques. Aussi fut-elle amenée à vivre au plus profond de son être le drame de l'Église de son temps : l'éloignement de Rome de celui qu'on appelait « le doux Christ de la terre », puis les débuts du grand schisme d'Occident, la dégradation des mœurs du clergé, la discorde incessante entre les cités italiennes et, dans chaque cité, entre factions adverses. Contemplative dont l'austère ascèse ne se relâcha jamais, « toute cachée dans les Blessures du Christ crucifié », elle n’hésitait pas à rappeler aux prêtres oublieux de leurs engagements quel prix le Seigneur avait payé pour les racheter, en même temps qu'elle suppliait les camps adverses de se réconcilier. Elle se rendit auprès du Pape Grégoire Xl pour lui dire qu'il devait « surveiller son troupeau du haut des collines de Rome et non de celles d'Avignon ». On comprend que l'Eglise du XXème siècle, dans son souci de promotion de la femme, ait conféré à Sainte Catherine de Sienne le titre de Docteur en 1970.
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière « Dieu éternel, nous voyons la lumière dans ta Lumière » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Dieu éternel, nous voyons la lumière dans ta Lumière » :
« Dieu éternel, nous voyons la lumière dans ta Lumière. Répands-la donc, cette lumière, je t'en supplie, sur toute créature raisonnable. Rends la lumière aux aveugles, afin que dans ta lumière ils connaissent la vérité et t'aiment. Je te prie aussi pour tous ceux que tu m'as donnés à aimer avec prédilection, avec une particulière sollicitude. Eclaire-les de ta lumière, purifie-les de toute imperfection, en sorte qu'ils travaillent vraiment dans ton jardin dont tu les as faits ouvriers. Je suis celle qui n'est pas. Tu es celui qui est. Rends donc grâce à toi-même en me donnant de pouvoir te louer. Que ta volonté te force à faire miséricorde au monde. Seigneur, j'ai péché. Aie pitié de moi ! Incompréhensible, éternelle Trinité, donne-moi ta douce bénédiction. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière « Ô souveraine et éternelle Trinité, unissez-moi au Corps mystique de la Sainte Église » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), la Réformatrice de la Sainte Église Catholique et sa « courte biographie ».
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô souveraine et éternelle Trinité, unissez-moi au Corps mystique de la Sainte Église » :
« Ô souveraine et éternelle Trinité, Amour ineffable, Vous m'appelez Votre fille, et moi je puis Vous dire : Mon Père ! Vous vous êtes donné à moi en me donnant le Corps et le Sang de votre Fils bien-aimé, qui est Dieu et homme tout ensemble! Unissez-moi aussi, je Vous en conjure, au Corps mystique de la Sainte Église, ma Mère, à la Société universelle de la religion chrétienne ; car le feu de votre Charité m'a fait connaître le désir que Vous avez de voir mon âme se réjouir dans cette Union sacrée. Ô Amour inexprimable, Vous m'avez vue et connue en Vous, et ce sont les rayons de votre Lumière, dont j'étais revêtue, qui Vous ont passionné pour Votre créature ! Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Une « courte biographie » de Sainte Catherine de Sienne :
À Sienne en 1360 chez les Benincasa, artisans dans le textile, une adolescente résiste farouchement à sa mère qui prétend la marier. La jeune Catherine n'aspire qu'à se retirer dans sa « cellule intérieure » pour y retrouver son « créateur et sauveur ». Déterminée, elle se jette à corps perdu dans une folle ascèse et vit en recluse dans la maison paternelle. A 20 ans, le statut de la jeune femme devient problématique et Catherine prend l'habit des Mantellata, les pénitentes de saint Dominique. Dans le même temps, son « doux Jésus », qui la gratifie d'extases et qu'elle a mystiquement épousé, la presse d'agir : « Accomplis désormais, ma fille, avec une force virile et sans tergiverser ce que ma divine Providence te conduira à faire ». À Bologne, les ravages de la peste, les luttes fratricides et l'endurcissement des cœurs rendent urgentes les œuvres de miséricorde. La personnalité fougueuse et charismatique de Catherine ne peut que remuer les âmes. Elle se révèle maîtresse spirituelle, éclaire chacun sur sa situation et conduit à l'union à Dieu, « dans la plaie ouverte du côté du Christ ». La rencontre du dominicain Raymond de Capoue élargit encore son champ d'action et la propulse réformatrice de l'Église. Le visage de cette douce Épouse du Christ est alors quasi lépreux. En cause, les mauvais pasteurs qui se repaissent « de délices, d'honneurs et de richesses », les rivalités intestines de la chrétienté et le péché de chacun. « Au nom de Jésus crucifié et de la douce Marie ». Catherine prend la plume et met toute sa jeune énergie à convaincre le pape Grégoire XI de quitter Avignon pour Rome, afin qu'à partir de la tête enfin remise sur ses épaules, le grand corps malade de l'Église soit guéri et pacifié. Gênes, Sienne, Pise, Florence : les déplacements de Catherine, comme l'intensité de sa prière ou de ses écrits, visent la réformation de l'Église. Appelée à Rome, elle y achève sa course terrestre à 33 ans, blessée à mort par le grand schisme d'Occident, se tenant du matin au soir en prière dans la basilique Saint-Pierre « pour travailler à la barque de la sainte Église Catholique ».
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Ô Trinité éternelle » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée les Mantellates du fait de leurs habits noirs (mantellata en italien) et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Trinité éternelle » :
« Ô Trinité éternelle, ô Déité, qui, par l'union de votre nature divine, avez donné un si grand prix au sang de votre Fils unique. Ô Trinité éternelle, vous êtes une mer profonde où plus je me plonge, plus je vous trouve, et plus je vous trouve, plus je vous cherche. Vous êtes inépuisable, et en rassasiant l'âme dans vos profondeurs, vous ne la rassasiez jamais ; elle est toujours affamée de vous, éternelle Trinité ; elle désire vous voir avec la lumière dans votre lumière. Comme le cerf soupire après l'eau vive des fontaines, mon âme désire sortir de l'obscure prison de son corps pour vous voir dans la vérité de votre Etre. Combien de temps encore votre visage sera-t-il caché à mes regards, ô éternelle Trinité. Feu et abîme de charité, dissipez donc ce nuage de mon corps, car la connaissance que vous m'avez donnée de vous-même dans votre Vérité m'a fait violemment désirer de déposer le fardeau de mon corps, et de donner ma vie pour l'honneur et la gloire de votre nom. J'ai goûté et j'ai vu avec la lumière de l'intelligence, dans votre lumière, l'abîme de votre Trinité éternelle et la beauté de votre créature. En me regardant en vous, j'ai vu que j'étais votre image, puisque vous m'avez fait participer à votre puissance. Ô Père éternel, vous avez communiqué à mon intelligence la sagesse qui appartient à votre Fils unique, et le Saint-Esprit, qui procède de vous et de votre Fils, m'a donné la volonté qui me rend capable d'aimer. Ô Trinité éternelle, vous êtes le Créateur ; je suis votre créature, et j'ai connu, par la création nouvelle, que vous m'avez donnée dans le sang de votre Fils, combien vous vous êtes passionné pour la beauté de votre créature. Ô Abîme, ô Déité éternelle, ô Mer profonde, pouvez-vous me donner plus qu'en vous donnant vous-même ? Revêtez-moi, revêtez-moi de vous-même, éternelle Vérité, afin que je parcoure cette vie mortelle avec la véritable obéissance et la lumière de la sainte foi, dont vous enivrez de plus en plus mon âme. Grâces à Dieu. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Annonciation
Voici la Prière faite à Rome en 1379, le jour de l'Annonciation de la Sainte Vierge, « Ô Marie ! Temple de la Trinité » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée les Mantellates du fait de leurs habits noirs (mantellata en italien) et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Marie ! Temple de la Trinité » :
« Ô Marie ! Marie, temple de la Trinité, Marie, foyer du feu divin, Marie, Mère de la miséricorde, vous avez porté le fruit de vie ; vous avez sauvé le genre humain, puisque c'est avec votre chair que le Christ nous a rachetés. Oui, le Christ nous a rachetés par sa Passion, et vous, par les douleurs de votre âme et de votre corps : la sainte Vierge contribua réellement à notre rédemption par sa maternité divine et par ses souffrances au Calvaire. Elle pouvait bien dire comme saint Paul : « Gaudeo in passionibus pro vobis, et adimpleo ea quae desunt passionum Christi in carne mea pro corpore ejus, quod est Ecclesia » (Coloss. I, 24).). Ô Marie, océan tranquille, Marie, source de la paix ! Marie, vous êtes l'arbre nouveau qui nous a donné cette fleur odorante, ce Verbe, ce Fils unique de Dieu, qui vous a choisie comme une terre fertile. Vous êtes la terre et vous êtes l'arbre. Ô Marie, char de feu, vous avez conservé et caché le feu dans la cendre de notre humanité. Marie, vase d'humilité, où brillait la lumière de la vraie science qui vous a élevée au-dessus de vous-même, vous avez charmé le Père céleste, et il vous a ravie ; il vous a captivée dans les liens d'un amour ineffable, et par cette lumière, cette ardeur de votre charité, cette flamme de votre humilité, vous l'avez vaincu vous-même, et vous avez forcé sa divinité à descendre en vous. Sa bonté infinie pour les hommes était d'ailleurs votre complice. Ô Marie, grâce à la lumière que vous aviez, vous n'avez pas été une-vierge folle, mais une vierge prudente ; car vous avez demandé à l'ange, comment ce qu'il vous annonçait pourrait se faire ? Vous n'ignoriez pas que tout était possible à la toute-puissance de Dieu, et vous n'aviez aucun doute à cet égard. Pourquoi disiez-vous : « Je ne connais pas d'homme ? » (Luc, 1, 34 ). Ce n'était pas le manque de foi, mais votre humilité profonde qui vous le faisait dire ; vous croyiez à la puissance de Dieu, mais vous ne pensiez qu'à votre indignité. Marie, vous avez été troublée par les paroles de l'ange ; il me semble, dans la lumière de Dieu, que ce n'était pas de crainte, mais d'admiration. Et qu'admiriez-vous ? Vous admiriez l'immensité de la bonté de Dieu, et vous étiez troublée en voyant combien vous étiez indigne de la grâce qu'il voulait vous faire. Cette comparaison de votre indignité et de votre faiblesse avec le miracle ineffable de la grâce divine, vous remplissait de confusion. Votre demande prouvait votre humilité profonde ; vous étiez, non pas effrayée, mais étonnée de l'immensité de la bonté de Dieu, que vous compariez à votre petitesse et au néant de votre vertu. Aujourd'hui, ô Marie, vous êtes le livre où notre règle est écrite. Car en vous brille la sagesse du Père céleste, en vous paraît la dignité, la force, la liberté de l'homme. Oui, j'y vois la dignité de l'homme ; car, lorsque je vous contemple, ô Marie, je vois que le Saint Esprit a représenté en vous la sainte Trinité en y formant le Verbe incarné, le Fils unique de Dieu. Il y a montré la Sagesse éternelle, qui est le Verbe ; la puissance du Père, qui a pu faire une si grande chose ; et la clémence du Saint-Esprit, par la grâce et la charité duquel s'est accompli cet ineffable mystère. Si je médite sur cet acte de vos conseils, ô éternelle Trinité, je découvre que vous avez pris en considération la noblesse et la dignité du genre humain. L'amour vous avait forcé à le créer, l'amour vous a forcé à le racheter et à le sauver. Vous aviez bien prouvé que vous aimiez l'homme avant qu'il fût, puisque vous avez voulu le tirer de vous par amour ; mais vous avez prouvé bien davantage cet amour, lorsque vous vous êtes donné à lui, en vous revêtant des haillons de son humanité. Pouviez-vous donner plus que vous-même, et n'avez-vous pas le droit de lui dire : Que te devais-je ? et ce que je pouvais, ne l'ai-je pas fait ? Oui, tout ce que, dans vos conseils, la Sagesse éternelle avait jugé nécessaire pour sauver le genre humain, votre clémence ineffable l'a voulu, et votre puissance l'a accompli, au jour de l'Annonciation. Votre infinie miséricorde voulait le salut de votre créature, ô éternelle Trinité ! et vous désiriez lui donner le bonheur parfait qui lui était destiné, puisque vous l'aviez créée pour qu'elle fût unie à vous, et qu'elle en jouît pleinement ; mais votre justice s'y opposait, en vous disant que, si vous étiez miséricordieux, vous étiez juste aussi, et que votre justice ne devait pas changer. La justice ne laisse jamais le mal sans châtiment et le bien sans récompense. L'homme ne pouvait être sauvé s'il ne satisfaisait pas à la justice pour sa faute. Alors, qu'avez-vous fait ? Qu'avez-vous décidé ? Comment votre sagesse éternelle et incompréhensible est-elle restée dans la vérité, en faisant à la fois miséricorde et justice ? Quel moyen avez-vous pris pour nous sauver ? Ce moyen a été de nous donner le Verbe, votre Fils unique. Il a revêtu notre humanité qui vous avait offensé, afin qu'en souffrant dans notre chair il peut satisfaire à votre justice, non pas par la vertu de l'humanité mais par celle de la Divinité unie à l'humanité. L'homme qui avait péché, s'acquitta envers la justice, parce que la miséricorde lui prêta, pour payer sa dette, la divinité du Verbe. Ô Marie, le Verbe qui s'est incarné eu vous, est resté cependant uni à son Père, comme la parole intérieure de l'homme, lorsqu'elle s'exprime et qu'elle se communique, ne se sépare pas du cœur. N'est-ce point une preuve de la dignité de l'homme, pour qui Dieu a. fait de si grandes et de si nombreuses merveilles ? Nous voyons encore aujourd'hui en vous, ô Marie, la force et la liberté de l'homme ; car c'est après la délibération de l'auguste Trinité qu'un ange vous est envoyé pour vous annoncer le mystère des conseils divins, et pour vous demander votre consentement. Avant de descendre en votre sein, le Fils de Dieu s'adresse à votre liberté ; il attend à la porte de votre volonté, il vous soumet le désir qu'il a d'habiter en vous, et il n'y serait jamais entré, si vous ne lui aviez dit : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole » (Luc, I, 38). N'est-ce pas là une grande preuve de la force et de la liberté de la volonté ? Rien de bien ou de mal ne peut se faire sans elle. Le démon ni aucune créature ne la forcent au mal, si elle ne devient pas leur complice ; et personne ne peut la contraindre au bien, si elle veut résister. La volonté de l'homme est donc libre. Ô Marie, le Dieu tout puissant frappait à votre porte, et si vous ne lui aviez pas ouvert votre volonté, il n'eût pas pris la nature humaine. Ô mon âme, sois remplie de confusion, en voyant que Dieu fait avec toi un pacte et une alliance en Marie. Tu dois maintenant comprendre que celui qui t'a faite sans toi, ne peut pas sans toi te sauver, puisqu'il s'adresse à la volonté de Marie et qu'il attend son consentement. Ô Marie, amour délicieux de mon âme ! en vous est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de vie ; vous êtes le tableau qui nous le représente et qui nous l'explique. Dès que la Sagesse, le Fils unique de Dieu, a été dans votre sein, il y a trouvé la croix du désir ; et toute son ambition a été de mourir pour le genre humain, qu'il voulait sauver en prenant notre nature. C'était une grande croix que cette ambition qu'il voulait satisfaire. Ô Marie, j'ai recours à vous et je vous offre mes prières pour l'Epouse de notre doux Sauveur, votre Fils bien-aimé ; je vous implore pour son Vicaire, afin qu'il reçoive la lumière qui lui est utile pour discerner les meilleurs moyens de réformer l'Église. Unissez-lui les fidèles ; rendez leur cœur semblable au sien, et qu'ils ne se révoltent jamais contre leur chef. Il est, mon Dieu, comme une enclume ; ses nombreux ennemis l'attaquent par leurs paroles et lui nuisent tant qu'ils peuvent. Je vous prie aussi pour ceux que vous m'avez donnés ; enflammez-les, qu'ils soient des charbons ardents que consument votre amour et celui du prochain. Qu'ils aient, aux jours de l'épreuve, leurs barques bien fournies et bien disposées, pour eux et pour les autres. Je vous prie pour ceux que vous m'avez donnés : au lieu de les édifier, je les ai toujours scandalisés, au lieu d'être pour eux un modèle de vertus, je ne leur ai donné que des exemples d'ignorance et de négligence. Mais je m'adresse hardiment à vous en ce jour de grâce, parce que je sais, ô Marie, que rien ne peut vous y être refusé. Aujourd'hui, ô Marie, votre terre a produit notre Sauveur. Hélas! Je vous ai offensé toute ma vie, ô mon amour ; oui, j'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi. Ô Marie, soyez bénie entre toutes les femmes, pendant tous les siècles, car vous nous avez donné aujourd'hui votre substance. La Divinité s'est tellement unie et incorporée par vous à notre humanité, que rien maintenant ne peut l'en séparer, pas même la mort et notre Ingratitude. Car, comme la Divinité est restée unie au corps dans le sépulcre, et à l'âme de Jésus-Christ dans les limbes, puis à son âme et à son corps après la Résurrection, notre alliance avec elle n'a jamais été rompue, et elle ne le sera jamais pendant toute l'éternité. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Prière du 25 mars 1379 (Élévation 21)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Ô Trinité éternelle, nous sommes des arbres de mort et Vous êtes l'arbre de vie » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée les Mantellates du fait de leurs habits noirs (mantellata en italien) et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Trinité éternelle, nous sommes des arbres de mort et Vous êtes l'arbre de vie » :
« Ô Trinité éternelle, Dieu tout-puissant, nous sommes des arbres de mort et Vous êtes l'arbre de vie. Dieu infini, quel spectacle de voir dans votre lumière l'arbre de votre créature ! Pureté suprême, vous aviez donné à cet arbre pour rameaux les puissances de l'âme qui sont l'intelligence, la mémoire et la volonté. Et quels fruits devaient porter ces rameaux ? La mémoire devait vous retenir, l'intelligence vous comprendre, la volonté vous aimer. Ô arbre dans quel heureux état le jardinier divin t'avait planté ! Hélas ! Ô mon Dieu, cet arbre est tombé. Arbre de vie, il est devenu un arbre de mort, et il ne pouvait plus porter que des fruits empoisonnés. Mais éternelle Trinité, vous vous êtes passionnée jusqu'à la folie pour votre Créature. Lorsque vous avez vu que cet arbre ne devait plus produire que des fruits de mort, parce qu'il était séparé de vous qui êtes la Vie, vous l'avez sauvé par ce même amour qui vous avait poussé à le créer: vous avez greffé votre divinité sur l'arbre perdu de notre humanité. Bonne et bienfaisante greffe, vous avez mêlé votre douceur à notre amertume, la splendeur aux ténèbres, la sagesse à la folie, la vie à la mort, l'infini au fini. Après l'injure que votre créature vous avait faite, qui donc a pu vous forcer à cette union qui nous rend la vie ? C'est l'amour, le seul amour. Et cette greffe mystérieuse a vaincu la mort. Mais cela ne suffisait pas aux ardeurs de votre charité, ô Verbe éternel : vous avez voulu arroser cet arbre de votre propre Sang. Ce sang, par sa chaleur, fait fructifier l'arbre dès que l'homme consent à s'unir et à vivre en vous. Son cœur et ses affections doivent être liés à la greffe céleste par les liens de la charité et de l'obéissance. Dès que nous vous sommes unis, les rameaux portent leurs fruits. Ô Amour infini, quelles merveilles vous opérez dans vos créatures ! Pourquoi les hommes ne viennent-ils pas à la fontaine où est le Sang qui doit arroser leur arbre ? La vie éternelle coule pour nous, pauvres créatures qui l'ignorons et n'en profitons pas. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ! Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici la Prière « Mon Seigneur, abaisse le regard de ta miséricorde » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée le « Chantre de la Miséricorde ».
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Mon Seigneur, abaisse le regard de ta miséricorde » :
« Je sais que la Miséricorde t'appartient en propre. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve que ta Miséricorde. Voilà pourquoi j'accours à Toi, criant devant ta Miséricorde : ô Dieu, fais miséricorde au monde !»
« Mon Seigneur, abaisse le regard de ta miséricorde sur ton peuple et sur le corps mystique de la sainte Eglise. Je ne sortirai point de ta présence que je ne te voie faire miséricorde. Ô abîme de charité ! Quel cœur n'éclatera à la vue de ta grandeur descendant jusqu'à notre humanité ! Nous sommes ton image; et toi, tu es devenu notre image par l'union contractée avec l'homme quand tu voilas la Divinité éternelle sous la nuée de la chair corrompue d'Adam. Quelle en est la raison? L'Amour. Toi, ô Dieu, tu t'es fait homme, et l'homme est devenu Dieu. C'est par cet amour ineffable que je te prie de faire miséricorde' à tes créatures. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici la Prière, véritable Hymne à la Miséricorde « Ô éternelle miséricorde, Tu couvres les fautes de tes créatures » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée le « Chantre de la Miséricorde ».
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô éternelle miséricorde, Tu couvres les fautes de tes créatures » :
« Ô éternelle miséricorde, Tu couvres les fautes de tes créatures. Ô miséricorde qui procède de ta Divinité, Père éternel, qui avec ta puissance gouverne le monde entier ! C'est dans ta miséricorde que nous avons été créés et dans ta miséricorde que le sang de ton Fils nous a recréés. Ta miséricorde nous conserve ; ta miséricorde donne la vie. Elle distribue la lumière qui fait connaître ta clémence pour toute créature, les justes et les pécheurs. Dans la hauteur des cieux, ta miséricorde éclate sur tes saints. Si je regarde la terre, ta miséricorde y abonde. Même dans les ténèbres de l'enfer la miséricorde luit encore, car tu n'infliges pas aux damnés toute la peine qu'ils ont méritée. Ta miséricorde adoucit la justice. Par miséricorde tu nous as lavés dans le sang. Par miséricorde tu as voulu vivre avec tes créatures. Ô miséricorde, le cœur s'enflamme à penser à toi. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve que ta Miséricorde. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière d’invocation à la Sainte Trinité « Ô Esprit Saint, viens dans mon cœur » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique, surnommée les Mantellates du fait de leurs habits noirs (mantellata en italien) et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Esprit Saint, viens dans mon cœur » :
« Ô Esprit Saint, viens dans mon cœur : par ta puissance, attire-le à toi, ô Dieu vrai, et accorde-moi la charité en même temps que la crainte. Ô Christ, garde-moi de toute mauvaise pensée : réchauffe-moi et embrase-moi de ton très doux amour, et toute peine me semblera légère. Ô mon Père saint, mon doux Seigneur, maintenant aide-moi dans toutes mes actions. Christ Amour ! Christ Amour ! Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière faite à Avignon pour le rétablissement de la paix dans l'Église « Ô Déité, Déité, ineffable Déité ! » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI. Cette Prière fut recueillie pendant l'extase de Sainte Catherine de Sienne, par Thomas Pétra, sténographe de Grégoire XI puis secrétaire du Pape Urbain VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Déité, Déité, ineffable Déité ! » :
« Ô Déité, Déité, ineffable Déité ! Bonté suprême qui par amour seulement nous avez faits à votre image et ressemblance, vous ne vous êtes pas contenté de dire, lorsque vous avez créé l'homme, le fiat qui tira les autres créatures du néant ; mais vous avez dit : Faisons l'homme à notre image et ressemblance (Genèse, 1, 26 ), afin que la Trinité tout entière concourût à notre existence et imprimât sa forme dans les puissances de notre âme. Et en effet, ô Père éternel qui conservez tout en vous, notre mémoire vous ressemble, puisqu'elle retient et conserve tout ce que l'intelligence voit et comprend de vous-même. Cette connaissance la fait participer à la sagesse de votre Fils unique. Vous nous avez aussi donné la volonté du Saint Esprit, qui surabonde de votre amour et saisit tout ce que l'intelligence connaît de votre ineffable bonté, pour remplir de vous notre mémoire et notre cœur. Oh ! oui, je vous rends grâces de cet amour infini que Vous avez manifesté au monde, en nous donnant l'intelligence pour vous connaître, la mémoire pour vous retenir, la volonté pour vous aimer par-dessus toutes choses, comme vous le méritez ; et cette puissance, cet amour, ni le démon, ni aucune créature ne peuvent nous les ravir sans notre consentement. Que l'homme rougisse de se voir tant aimé, et de ne pas aimer son Créateur, sa vie véritable. Ô éternelle Bonté! Vous me faites comprendre l'immensité de votre amour. Lorsque, après la désobéissance de notre Père, notre faiblesse nous eut entraînés dans la corruption du péché, l'amour vous a forcé de jeter sur nous des regards de miséricorde, et vous nous avez envoyé dans notre détresse votre Fils, le Verbe incarné, caché sous les voiles de notre chair misérable et revêtu de notre mortalité. Et vous, Jésus, notre réconciliateur, notre réformateur, notre rédempteur, Verbe et Amour du Père, vous êtes intervenu entre l'homme et son Créateur, et vous avez changé la guerre qui les séparait en une paix profonde. Vous avez puni la désobéissance d'Adam et nos iniquités sur votre corps sacré, en vous faisant obéissant jusqu'à la mort ignominieuse de la Croix. Sur la Croix, ô doux Jésus ! Vous avez satisfait d'un seul coup à l'offense de votre Père et à notre faute ; vous les avez expiées sur vous-même. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ! De quelque côté que je me tourne je rencontre votre ineffable amour. Comment excuser celui qui ne vous aime pas ? Car, ô Dieu fait homme pour que je vous aime, vous m'avez aimé avant ma naissance, et vous m'avez fait capable de connaître et de sentir votre infinie puissance et votre bonté. Tout ce que je puis aimer et tout ce qui a l'être, je le trouve en vous ; le péché seul ne s'y trouve pas, et puisqu'il n'est pas en vous, il n'est pas digne d'être aimé. Si nous voulons aimer Dieu comme nous le devons, nous trouvons en vous ses infinies perfections ; si nous voulons aimer l'humanité, vous l'avez en vous dans son indicible pureté. Si nous voulons aimer un maître, c'est vous, qui nous avez rachetés de votre sang, et qui, par ce prix inestimable, nous avez tirés de la servitude du péché. Oui, nous vous appartenons, car vous avez été notre père, notre frère, notre maître, notre ami, notre compagnon, avec une incompréhensible charité. Ô Dieu éternel ! Votre Fils, fidèle à votre volonté, a répandu son Sang précieux pour nous, misérables, sur l'arbre de la sainte Croix. Comment vous remercier de tant de bienfaits, moi misérable créature, et vous la Sagesse, la Puissance, la Bonté même. Vous êtes la Beauté par essence, et moi je ne suis que la bassesse, l'abjection. Vous êtes la Vie éternelle, moi la mort ; vous la Lumière, moi l'obscurité ; vous la Sagesse, moi la folie ; vous l'Infini, moi la fragilité même. A chaque instant je puis mourir, ô Médecin, vous voyez le mal qui m'accable. J'ai perdu mon âme et ma vie en ne vous aimant pas, vous qui nous avez faits pour vous et qui nous attirez sans cesse par votre grâce ; vous qui nous uniriez à vous si nous y consentions, si notre volonté ne se révoltait pas contre votre Majesté sainte. Ah ! Seigneur, j'ai péché, ayez pitié de moi ! Que votre éternelle Bonté ne s'arrête pas à ces souillures que nous avons contractées en nous séparant de vous, et en éloignant nos âmes de leur objet véritable. J'implore votre miséricorde, qui est sans bornes, et je vous supplie de jeter un regard de clémence et de tendresse sur l'Église, votre unique Épouse. Éclairez votre Vicaire en ce monde, afin qu'il ne vous aime pas et ne s'aime pas pour lui-même, mais qu'il s'aime et qu'il vous aime pour vous. S'il vous aime et s'il s'aime pour lui, nous périrons ; car il est notre perte ou notre salut, puisque nous sommes ses brebis et qu'il doit nous sauver de nos égarements. Mais s'il vous aime et s'il s'aime pour vous, nous vivrons, puisque nous recevrons du Bon Pasteur la vie de l'exemple. Ô Dieu suprême et ineffable ! J'ai péché et je ne suis pas digne de vous prier, mais vous pouvez m'en rendre moins indigne. Punissez, Seigneur, mes péchés, et ne regardez pas ma misère. J'ai reçu de vous un corps que je vous rends et que je vous offre. Voici ma chair et mon sang ; frappez, détruisez, réduisez mes os en poussière, mais accordez ce que je vous demande pour le souverain Pontife, l'unique époux de votre unique Epouse. Qu'il connaisse toujours votre volonté, qu'il l'aime et qu'il la suive, afin que nous ne périssions pas. Donnez-lui, mon Dieu, un cœur nouveau ; que votre grâce augmente toujours en lui ; qu'il soit infatigable à porter l'étendard de votre sainte Croix, et qu'il dispense aux infidèles les trésors de votre miséricorde comme à nous-mêmes, qui jouissons de la Passion et du Sang de l'Agneau sans tache, votre Fils bien-aimé. J'ai péché, Seigneur ; Dieu éternel, ayez pitié de moi ! Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière pour l’Église Catholique faite à Rome, le jour de la Chaire de saint Pierre apôtre « J'ai recours à vous, Médecin suprême » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « J'ai recours à vous, Médecin suprême » :
« J'ai recours à vous, Médecin suprême, Amour inexprimable de mon âme ; je soupire avec ardeur vers vous, Trinité éternelle, infinie, moi si peu de chose ! Je m'adresse à vous dans le corps mystique de votre sainte Église pour que vous purifiiez par votre grâce toutes les taches de mon âme. Ne tardez pas davantage, je vous le demande par les mérites de saint Pierre, que vous avez chargé de conduire votre Barque. Secourez votre Épouse, qui espère dans le feu de votre charité et l'abîme de votre admirable sagesse. Ne méprisez pas les désirs de vos serviteurs, mais dirigez vous-même la Barque sainte. Vous qui faites la paix, attirez à vous tous les fidèles ; dissipez les ténèbres de l'orage, afin que l'aurore de votre lumière brille sur les champs de votre Église et y ramène le zèle pour le salut des âmes. Ô Père tendre et miséricordieux, vous nous avez donné des liens pour enchaîner le bras de votre justice ; ce sont les humbles prières et les ardents désirs de vos ardents serviteurs, que vous avez promis d'exaucer, lorsqu'ils vous demanderaient d'avoir pitié du monde. Je vous rends grâces, Ô Dieu puissant et éternel, du repos que vous voulez bien promettre à votre Épouse. Oui, j'entrerai dans ses jardins et je n'en sortirai pas avant d'avoir vu l'accomplissement de vos promesses qui ne trompent jamais. Effacez aujourd'hui nos péchés, Seigneur, et purifiez nos âmes avec le Sang que votre Fils unique a versé pour nous, afin que, la joie sur le visage et la pureté dans l'âme, nous lui rendions amour pour amour, en mourant à nous-mêmes et en vivant pour lui. Exaucez aussi les prières que nous vous adressons pour le Pontife qui garde la Chaire sacrée dont nous célébrons la fête ; rendez-le l'imitateur et le digne successeur de votre petit vieillard Pierre, et donnez-lui tout ce qui lui est nécessaire pour gouverner l'Église. Vous le savez, vous avez promis de satisfaire bientôt mes désirs : ainsi je m'adresse à vous avec confiance, mon Dieu ; ne tardez pas davantage à accomplir vos promesses. Et vous, mes frères bien-aimés, travaillons, tandis que nous le pouvons, pour l'Église du Christ, qui est notre mère dans la foi. Vous avez été placés dans l'Église comme ses colonnes ; aidez-la de vos ferventes prières et de vos œuvres ; détruisez en vous tout amour-propre et toute paresse. Cultivons avec ardeur le champ sacré de la Foi, afin que nous accomplissions la volonté de Dieu, qui nous a donné cette tâche pour notre salut, pour celui des autres, et pour l'unité de l'Église, qui doit être le salut de nos âmes. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière « Dieu éternel, mon bon Maître » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) après son terrible accident dans la nuit du lundi de la Septuagésime (ancien temps liturgique qui s’étendait de l'Épiphanie jusqu’au Carême) lorsque sa famille la pleura comme morte.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Dieu éternel, mon bon Maître » :
« Dieu éternel, mon bon Maître, qui avez formé le vaisseau du corps de votre créature avec le limon de la terre ; ô très doux Amour, vous l'avez formé d'une chose si vile, et vous y avez mis un si grand trésor, l'âme faite à votre image et ressemblance, ô Dieu éternel ! Oui, mon bon Maître, mon doux Amour, vous êtes le maître de faire et de refaire, de briser et de refondre ce vase fragile comme le voudra votre Bonté. Ô Père, moi votre misérable servante, je vous offre de nouveau ma vie pour votre douce Epouse. Vous pouvez, toutes les fois que le voudra votre Bonté, me séparer de mes sens et m'y ramener toujours d'une manière de plus en plus douloureuse, pourvu que je voie la réformation de votre douce Épouse, la sainte Église. Je vous recommande cette Épouse, Dieu éternel ; je vous recommande aussi mes fils bien-aimés, et je vous prie, ô Père suprême, s'il plaît à votre miséricordieuse bonté de me retirer enfin de mon corps, je vous prie de ne pas les laisser orphelins, mais de les visiter par votre grâce et de les faire vivre morts dans la vraie et parfaite lumière. Unissez-les ensemble par les liens de votre douce charité, afin qu'ils meurent anéantis dans cette douce Épouse. Je vous prie, ô Dieu éternel, qu'aucun ne me soit ravi : pardonnez-nous toutes nos fautes ; pardonnez-moi mon extrême ignorance et la grande négligence que j'ai à me reprocher envers votre Église, puisque je n'ai pas fait tout ce que j'aurais dû et pu faire pour elle. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ; je vous offre et vous recommande mes fils bien-aimés, car ils sont mon âme ; et, s'il plaît à votre Bonté de me faire rester dans mon corps, Médecin suprême, guérissez-le, réparez-le ; car il est tout déchiré. Donnez, Père éternel, donnez-nous votre douce bénédiction. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière « Tu veux, Père éternel, que nous Te servions selon Ton bon plaisir » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Tu veux, Père éternel, que nous Te servions selon Ton bon plaisir » :
« Tu veux, Père éternel, que nous Te servions selon Ton bon plaisir, et Tu conduis tes serviteurs de différentes façons et par diverses voies. Ainsi Tu montres que d’aucune manière nous ne pouvons ni ne devons juger les intentions de l’homme par des actes que nous percevons de l’extérieur, mais en chacun nous devons considérer Ta volonté. Plus spécialement doivent le faire Tes serviteurs qui sont unis à elle et, par elle, sont transformés. L’âme, qui dans Ta lumière voit la lumière (Ps 35, 10), se réjouit de contempler en chacun des hommes Tes manières variées, Tes voies innombrables. Car bien qu’ils cheminent par différentes voies, ils ne courent pas moins tous sur la route de Ton ardente charité. Sans cela, ils ne suivraient d’ailleurs pas vraiment Ta vérité. Aussi nous voyons certains courir sur le chemin de la pénitence, établis dans la mortification corporelle ; d’autres établis sur l’humilité et la mortification de leur volonté propre ; d’autres sur une foi vive ; d’autres sur la miséricorde ; et d’autres tout dilatés dans l’amour du prochain, après s’être quittés eux-mêmes. Par cette manière de voir, l’âme, qui a mis en œuvre avec sollicitude sa lumière naturelle, se développe et acquiert la lumière surnaturelle par laquelle elle découvre la largeur sans mesure de Ta bonté. Comme ils ont le sens du réel, ceux qui voient Ta volonté en toutes choses ! En toute action des hommes, ils considèrent Ta volonté sans juger celle des créatures. Ils ont bien compris et reçu la doctrine de Ta vérité, lorsqu’elle dit : « Ne jugez pas selon les apparences ». Ô Vérité éternelle, quel est Ton enseignement ? Par quelle voie veux-Tu que nous allions au Père ? Quelle voie nous convient-il de suivre ? Je ne puis voir d’autre route que celle que Tu as pavée avec les vraies et réelles vertus de Ton ardente charité. Toi, Verbe éternel, Tu l’as aspergée de Ton sang : c’est elle la voie ! Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière « Je proclame que Ta toute puissance est capable de secourir l’Église et d’arracher Ton peuple aux mains de Satan » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Je proclame que Ta toute puissance est capable de secourir l’Église et d’arracher Ton peuple aux mains de Satan » :
« Ô puissance du Père éternel, aide-moi ! Sagesse du Fils, éclaire le regard de mon intelligence. Douce clémence du Saint-Esprit, embrase-moi et unis mon cœur à Toi, ô Père éternel, je proclame que Ta toute puissance est capable de secourir l’Église et d’arracher Ton peuple aux mains de Satan ; elle peut faire cesser la tribulation de la sainte Eglise, et m’obtenir à moi, victoire et supériorité sur mes ennemis. Je le confesse, la sagesse de ton Fils, qui est une même chose avec Toi, peut éclairer mon intelligence et celle de ton peuple et discerner les ténèbres qui enveloppent ta chère Epouse. Je confesse, ô douce et éternelle bonté de Dieu, que la clémence de ton Esprit Saint, que ta charité de feu veulent embraser mon cœur pour se l’unir, mon cœur et celui de toute créature raisonnable ! Puis donc que tu sais, que tu peux et que tu veux, j’adjure ta puissance, ô Père éternel, j’adjure la sagesse de ton Fils, par son précieux Sang, j’adjure la clémence de l’Esprit Saint, brasier et abîme de charité qui tint ton fils cloué à la Croix, de faire enfin miséricorde au monde et de rendre à la sainte Eglise la paix et l’union avec l’ardeur de la charité. Hélas ! Je ne veux pas que tu tardes davantage ; je t'en supplie, que ta volonté t'empêche de fermer l'œil de ta miséricorde sur ta sainte Epouse ! Doux Jésus ! Jésus amour ! Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici la Prière « Ô Père éternel, faites miséricorde au monde, ne tardez plus ! » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Père éternel, faites miséricorde au monde, ne tardez plus ! » :
« Ô Père éternel, faites miséricorde au monde, ne tardez plus, laissez-Vous fléchir, exaucez enfin le désir de Vos serviteurs. Si on frappe à la porte, Votre charité ne doit pas, ne peut pas, refuser d’ouvrir à qui insiste avec persévérance. Ouvrez donc ! Elargissez, brisez les cœurs endurcis de Vos créatures. Voyez, ils sont là, à la porte de Votre vérité, et ils appellent ! Et que demandent-ils ? Le sang de votre Vérité, qui est elle-même la porte. Vous ne pouvez pas, Vous ne voulez pas refuser à qui Vous demande. C’est Vous le Bon Pasteur qui nous avez donné le Vrai Pasteur, votre Fils unique : sur Votre commandement, il a donné sa Vie pour nous et nous a lavés dans son Sang. Père éternel, Vous avez dit Vous même que, pour l’amour que Vous portez à vos créatures, Vous aurez égard aux prières de vos serviteurs, à leurs travaux, aux souffrances qu’ils endurent sans avoir péché. C’est ce qu’attendent vos serviteurs. Ne tardez donc plus à jeter sur nous le regard de Votre miséricorde ! Ouvrez la porte de Votre charité sans limite, cette Charité que Vous nous avez déjà donnée par votre Fils. En vérité, je sais que déjà Vous ouvrez avant même que nous frappions ! Ouvrez donc ! Pour la gloire et l’honneur de votre Nom, pour le salut des âmes. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière « La Trinité en nourriture » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui par sa dévotion à la Trinité et ses prières aux Trois Personnes en font une Sainte Trinitaire par excellence.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « La Trinité en nourriture » :
« Ô Trinité ! Éternelle Trinité ! Ô Feu, ô abîme d'Amour ! Flamme d'Amour ! Ne suffisait-il pas de nous créer à votre image et ressemblance, de nous faire renaître à la grâce dans le sang de votre Fils? Fallait-il encore nous donner toute la Trinité en nourriture ! C'est votre Amour qui l'a voulu. Ô Trinité éternelle ! Non seulement Vous avez donné votre Verbe dans la Rédemption et dans l'Eucharistie, mais Vous Vous êtes donnée toute entière par amour de votre créature. Oui, l'âme Vous possède parce que Vous êtes Bonté suprême. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Ô puissante et éternelle Trinité ! Vous nous avez aimés avant que nous fussions » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui par sa dévotion à la Trinité et ses prières aux Trois Personnes en font une Sainte Trinitaire par excellence.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô puissante et éternelle Trinité ! Vous nous avez aimés avant que nous fussions » :
« Ô puissante et éternelle Trinité ! Ô très douce et ineffable Charité ! Qui ne s'enflammerait à tant d'Amour ? Quel cœur se pourrait défendre de se consumer pour Vous ? Ô abîme de Charité ! Vous êtes donc si éperdument attachée à vos créatures qu'il semble que Vous ne puissiez vivre sans elles ! Et pourtant Vous êtes notre Dieu ! Vous n'avez nul besoin de nous. Notre bien n'ajoute rien à votre Grandeur, puisque Vous êtes immuable. Notre mal ne saurait Vous causer aucun dommage, à Vous qui êtes la souveraine et éternelle Bonté ! Qui donc Vous entraîne à tant de miséricorde ? L’Amour. Car Vous n'avez aucune obligation envers nous, Vous n'avez de nous nul besoin. Qui Vous porte, Vous, le Dieu infini, vers moi, petite créature ? Nul autre que Vous-même, ô Feu d'Amour ! L’Amour toujours, l'Amour seul. Car Vous nous avez aimés avant que nous fussions. Ô grandeur éternelle ! Ô grandeur de bonté ! Vous Vous êtes abaissée ; Vous Vous êtes faite petite pour faire l'homme grand. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Notre Dame, gardez ma virginité pour Lui seul » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui a sept ans voulut se donner à Jésus telle une fiancée et prononça son engagement devant une Image de la Madone ; les idées principales de cette Consécration sont restées gravées dans sa mémoire et elle en a fait confidence plus tard à ses confesseurs ou à ses disciples.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Notre Dame, gardez ma virginité pour Lui seul » :
« Ô Notre Dame, sainte Mère de Dieu, qui, la première entre toutes les femmes, avez consacré par vœu votre virginité au Seigneur, je vous conjure de m'obtenir de votre Fils la grâce de le prendre dès ce jour pour l'époux de mon âme. Je vous promets aujourd'hui à Lui et à vous, de n'avoir jamais d'autre époux que Lui et de faire tout ce qui dépendra de moi afin de me conserver pour Lui seul pure et sans tache, jusqu'à la fin de mes Jours. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Toi, éternelle Trinité, Tu es comme un océan profond » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui par sa dévotion à la Trinité et ses prières aux Trois Personnes en font une Sainte Trinitaire par excellence.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Toi, éternelle Trinité, Tu es comme un océan profond » :
« Toi, éternelle Trinité, Tu es comme un océan profond : plus j'y cherche et plus je Te trouve ; plus je trouve et plus je Te cherche. Tu rassasies insatiablement notre âme car, dans Ton abîme, Tu rassasies l'âme de telle sorte qu'elle demeure indigente et affamée, parce qu'elle continue à souhaiter et à désirer Te voir dans ta Lumière (Ps 35,10), ô Lumière, éternelle Trinité... J'ai goûté et j'ai vu avec la lumière de mon intelligence et dans ta Lumière, éternelle Trinité, à la fois l'immensité de Ton abîme et la beauté de Ta créature. Alors, j'ai vu qu'en me revêtant de Toi, je deviendrais Ton image (Gn 1,27), parce que Tu me donnes, Père éternel, quelque chose de ta Puissance et de ta Sagesse. Cette Sagesse est l'attribut de ton Fils unique. Quant au Saint Esprit, qui procède de Toi, Père, et de ton Fils, Il m'a donné la volonté qui me rend capable d'aimer. Car Toi, éternelle Trinité, Tu es le Créateur, et moi la créature ; aussi ai-je connu, éclairée par Toi, dans la nouvelle création que Tu as faite de moi par le sang de ton Fils unique, que Tu as été saisie d'amour pour la beauté de ta créature. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière « Ô Marie, je recours à Toi pour le Vicaire de l’Eglise de Ton Fils » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI, morte à 33 ans en offrant sa vie pour l’Eglise.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Marie, je recours à Toi pour le Vicaire de l’Eglise de Ton Fils » :
« Ô Marie, je recours à Toi ! A Toi je présente ma prière pour la douce Epouse de ton très cher Fils et pour son Vicaire en cette terre. Je demande pour lui la Lumière qui lui fera discerner, avec une exacte mesure, les moyens les plus efficaces pour la réforme de la Sainte Eglise. Fais que son peuple lui demeure uni, que le coeur du peuple soit en accord avec le sien et qu'il ne s'insurge jamais contre son chef. Il me semble, ô Dieu éternel, que Tu as fait de lui une enclume : à coups de langue et à coups de main, tous s'acharnent contre lui à qui mieux mieux. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô Père très doux, je Te prie pour ceux que Tu m’as confiés » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) née Catherine Benincasa, Sœur de la Pénitence de Saint Dominique et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI, morte à 33 ans en offrant sa vie pour l’Eglise.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Père très doux, je Te prie pour ceux que Tu m’as confiés » :
« Ô Père très doux, ô Amour indicible, je Te prie pour ceux que Tu as confiés Toi-même à mon désir, avec un amour de prédilection. Enflamme leur cœur, ne laisse pas leur ardeur s'éteindre : qu'ils soient des charbons toujours allumés dans le brasier de ta Charité et qui se consument pour Toi et pour le prochain. Qu'ainsi au temps de l'épreuve, ils aient leurs barques bien gréées et bien ravitaillées, pour eux et pour les autres. Je Te prie pour ceux que Tu m’as donnés, bien que jamais je ne les ai portés au bien. Trop souvent j'ai été pour eux une cause de mal au lieu d'être pour eux un miroir de vertus, je leur ai donné le spectacle de mes nombreuses ignorances et de mes négligences. Mais aujourd'hui je Te prie avec hardiesse. Seigneur, j'ai péché, aie pitié de moi ! Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici la Prière « Divine et éternelle Charité, je Te supplie de faire Miséricorde à Ton peuple » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) née Catherine Benincasa, Sœur chez les Mantellates des Tiers-Ordre Dominicain et Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI, morte à 33 ans en offrant sa vie pour l’Eglise.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Divine et éternelle Charité, je Te supplie de faire Miséricorde à Ton peuple » :
« Divine et éternelle Charité, je Te supplie de faire Miséricorde à Ton peuple. Je ne sortirai point de ta Présence que je ne Te voie lui faire Miséricorde. Et que me servirait d'avoir la vie si Ton peuple est dans la mort, si les ténèbres se lèvent sur ton Épouse... Je veux donc et Te demande en grâce que Tu aies pitié de Ton peuple. Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô Père éternel, pouvais-Tu venir plus près de ta créature qu'en se revêtant de son humanité ? » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Sœur chez les Mantellates du Tiers-Ordre Dominicain à 20 ans après avoir mené d'abord chez elle, dans la maison de ses parents, une vie de prières et de rigoureuse pénitence, en proie à l'incompréhension et l'opposition de sa mère.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Père éternel, pouvais-Tu venir plus près de ta créature qu'en se revêtant de son humanité ? » :
« Ô Père éternel ! Ô Feu ! Ô abîme de Charité ! Ô éternelle Beauté ! Ô éternelle Sagesse ! Ô éternelle Bonté ! Ô éternelle Clémence ! Ô Espérance ! Ô Refuge des pécheurs ! Ô Largesse inestimable ! Ô Bien éternel et infini ! Ô Fou d'amour ! Pourquoi t’éprendre de ta créature, lui donner tes Complaisances, prendre en elles tes Délices ? Il est en Toi comme une ivresse, ce désir de son salut : elle Te fuit, et Tu pars à sa recherche ; elle s'éloigne, et Toi, Tu te rapproches. Pouvais-Tu venir plus près d'elle qu'en se revêtant de son humanité ? Amen. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici la Prière « Ô Père éternel, Tu ne peux pas refuser ta Miséricorde à qui Te La demande » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Tertiaire Dominicaine (Sœur de la Pénitence de Saint Dominique), première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI et Co patronne de l'Europe.
Moi, Je vous dis : « demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira » (Lc 11, 9-10)
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Père éternel, Tu ne peux pas refuser ta Miséricorde à qui Te La demande » :
« Ton Fils, ta Vérité, a dit que si nous appelions il nous serait répondu, que si nous frappions il nous serait ouvert, que si nous demandions il nous serait donné : Ô Père éternel, vers Toi tes serviteurs clament Miséricorde. Réponds-leur donc. Car Tu ne peux pas refuser ta Miséricorde à qui Te La demande. Tes serviteurs frappent à la porte de ta Vérité, ton Fils (Jean 14, 6), pour connaître l'amour ineffable que Tu éprouves pour l'homme. Le feu de ta Charité ne peut pas ne pas ouvrir à ceux qui frappent avec persévérance. Ouvre donc, dilate, brise les cœurs endurcis de ceux que Tu as créés. Exauce Tes serviteurs qui frappent, Père éternel... Ouvre la porte de ta Charité illimitée, venue jusqu'à nous par la porte du Verbe. Oui, je sais que Tu ouvres avant que nous ne frappions pour ton Honneur et le salut des âmes. Donne-leur donc le Pain de vie, c'est à dire le fruit du Sang de ton Fils unique. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne d'action de Grâce
Voici une Prière sur la Providence miséricordieuse pour le salut des âmes « Je Te rends grâces, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Tertiaire Dominicaine (Sœur de la Pénitence de Saint Dominique), première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI et Co-patronne de l'Europe.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Je Te rends grâces, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée » :
« Ô Père éternel ! Ô Feu et Abîme de charité, ô éternelle Beauté, ô éternelle Sagesse, ô éternelle Bonté, ô éternelle Clémence, ô Espérance, Refuge des pécheurs, ô Largesse inestimable, ô Bien éternel et infini, ô Fou d'amour ! As-Tu donc besoin de Ta créature ? On le dirait, car Tu agis comme si Tu ne pouvais vivre sans elle, Toi qui es la Vie, Source de toute vie et sans laquelle tout meurt. Pourquoi donc es-Tu si fou d'amour ! Pourquoi T'éprendre de Ta créature, lui donner Tes complaisances, prendre en elle Tes délices ? Elle est en Toi comme une ivresse, ce désir de se salut : elle Te fuit et Tu pars à sa recherche ; elle s'éloigne et Toi, Tu te rapproches. Pouvais-Tu venir plus près d'elle qu'en Te revêtant de son humanité ? Et que dirai-je ? Je ferai comme le bègue, je dirai « a », « a », puisque je ne sais rien dire d'autre et que des mots finis ne sauraient exprimer le sentiment de l'âme qui infiniment ne désire que Toi. Il me semble que je pourrais répéter la Parole de Paul : Ni la langue ne peut dire, ni l'oreille entendre, ni l'œil voir, ni le cœur penser ce que j'ai vu. Et qu'as-tu vu ? Les Mystères de Dieu. Que dirai-je donc ? Pas de sentiments grossiers ici. Disons seulement, ô mon âme, que tu as goûté et vu l'abîme de la souveraine et éternelle Providence. Et je Te rends grâces, à Toi, Seigneur, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée, à moi si misérable et indigne de toute Grâce. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Dialogue 153
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici une Prière qui fait appel à la Miséricorde en faveur de l'Église et de toutes les âmes rachetées par le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ « Mon Seigneur, abaisse le regard de ta Miséricorde sur Ton peuple et sur le corps mystique de la Sainte Église » extraite du Dialogue de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Tertiaire Dominicaine (Sœur de la Pénitence de Saint Dominique), première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI et Co-patronne de l'Europe.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Mon Seigneur, abaisse le regard de ta Miséricorde sur Ton peuple et sur le corps mystique de la Sainte Église » :
« Mon Seigneur, abaisse le regard de ta Miséricorde sur Ton peuple et sur le corps mystique de la Sainte Église. Si Tu pardonnes à tant de créatures et si Tu les éclaires, elles Te rendront plus de gloire en chantant Ton infinie Bonté qui les aura délivrées des ténèbres du péché mortel et de l'éternelle damnation, que je ne saurais jamais T'en donner, moi misérable, coupable de tant de fautes, occasion et instrument de tout mal. Je Te supplie donc, éternelle et divine Charité, d'exercer sur moi Ta vengeance et de faire Miséricorde à Ton peuple. Je ne sortirai point de Ta présence que je ne Te voie lui faire Miséricorde. Et que me servirait-il d'avoir la vie si Ton peuple était dans la mort, si les ténèbres se levaient sur ton Épouse, qui est Lumière ; et tout cela, surtout à cause de mes fautes ! Je veux donc, je Te demande en grâce, que Tu prennes pitié de Ton peuple, par l'éternelle charité qui Te poussa à créer l'homme à Ton image et ressemblance ; car Tu l'as dit : « Faisons l'homme à notre image et ressemblance ». Et si Tu as fait cela, c'est que Tu voulais, ô Trinité éternelle, que l'homme Te participât tout entier, Toi, souveraine, éternelle Trinité. Tu lui donnas la mémoire pour retenir Tes bienfaits, et par elle il participe à Ta puissance, ô Père éternel. Tu lui donnas l'intelligence pour connaître Ta bonté, et par elle il participe à la Sagesse de ton Fils unique ; Tu lui donnas la Volonté pour aimer ce que l'intelligence voit de Ta vérité, et par elle il participe à l'amour de l'Esprit Saint. Quelle est donc la raison qui T'a fait constituer l'homme en si grande dignité ? L'amour. L'amour inexprimable avec lequel Tu as regardé la créature en Toi-même. Tu T'es énamouré d'elle. Tu l'as créée par amour, Tu l'as faite capable de goûter dans la joie Ton bien éternel. Le péché, il est vrai, lui a fait perdre sa dignité première ; sa révolte l'a mise en guerre contre Ta clémence et nous sommes devenus Tes ennemis. Mais ce même feu qui T'avait poussé à le créer, T'a porté à offrir le moyen de réconciliation au genre humain tombé dans la grande guerre, afin que de la grande guerre sortît la grande paix. Et Tu nous a donné le Verbe ton Fils unique, notre Médiateur. Il fut notre justice : Il punit nos injustices sur Lui-même. Il accomplit l'obéissance que Tu lui avais imposée, ô Père éternel, lorsqu'Il avait revêtu notre humanité et pris notre image. Ô abîme de charité ! Quel cœur n'éclatera à la vue de la grandeur descendant à tant de bassesse, jusqu'à notre humanité ! Nous sommes ton Image ; et Toi, Tu es devenu notre Image par l'union contractée avec l'homme quand Tu voilas la Divinité éternelle sous la nuée misérable de la chair corrompue d'Adam. Quelle en est la raison ? L'Amour. Toi, ô Dieu, Tu t'es fait homme, et l'homme est devenu Dieu. C'est par cet Amour ineffable que je veux Te contraindre, que je Te prie de faire Miséricorde à Tes créatures. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Dialogue
« Hymne à la Miséricorde » de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici une Prière, un véritable Hymne à la Miséricorde « Ô Miséricorde, mon cœur s'enflamme à penser à Toi » extrait du « Dialogue » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Tertiaire Dominicaine (Sœur de la Pénitence de Saint Dominique), première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI et Co-patronne de l'Europe.
L’Hymne à la Miséricorde de Sainte Catherine de Sienne « Ô Miséricorde, mon cœur s'enflamme à penser à Toi » :
« Ô éternelle Miséricorde, Tu couvres les fautes de Tes créatures. Je ne suis pas étonnée de T'entendre dire à ceux qui sortent du péché mortel pour revenir à Toi : « Je ne me souviendrai jamais plus de tes offenses ». Ô Miséricorde ineffable, non, je ne puis m’étonner que Tu parles ainsi à ceux qui sortent du péché mortel quand je T'entends dire de Tes persécuteurs : « Je veux que vous me priiez pour eux afin que je leur fasse miséricorde ». Miséricorde qui procède de ta Divinité, Père éternel, et qui avec ta Puissance gouverne le monde entier ! C'est dans ta Miséricorde que nous avons été créés et dans ta Miséricorde que le Sang de ton Fils nous a recréés ; ta Miséricorde nous conserve ; ta Miséricorde fit lutter ton Fils sur le bois de la Croix, la vie luttant contre la mort et la mort contre la vie. Combat où la vie vainquit la mort du péché, mais où la mort du péché arracha la vie corporelle à l'Agneau immaculé. Qui demeura vaincu ? La mort. Quelle en fut la cause ? Ta Miséricorde. Ta Miséricorde donne la vie ; elle distribue la lumière qui fait connaître ta Clémence pour toute créature, les justes et les pécheurs. Dans les hauteurs des cieux, ta Miséricorde éclate sur Tes saints ; si je regarde la terre, ta Miséricorde y abonde ; même dans les ténèbres de l'enfer la Miséricorde luit encore, car Tu n'infliges pas aux damnés toute la peine qu'ils ont méritée. Ta Miséricorde adoucit la justice. Par Miséricorde Tu nous as lavés dans le sang ; par Miséricorde Tu as voulu vivre avec Tes créatures. Ô Fou d'amour ! Il ne Te suffisait donc pas de T’incarner, qu'encore Tu aies voulu mourir ! Ce n'était pas assez de la mort, que Tu sois descendu aux enfers pour en retirer les saints Patriarches et accomplir en eux ta Vérité et ta Miséricorde. Ta Bonté avait promis le bonheur à Tes serviteurs : aussi descendis-Tu aux limbes pour tirer de peine ceux qui T'avaient servi et leur donner le fruit de leurs travaux. Ta Miséricorde T'a forcé à faire à l’homme un don plus grand encore : Tu T'es laissé en nourriture afin que nous, débiles, recevions réconfort et que les plus ignorants et les plus oublieux ne puissent perdre le souvenir de Tes bienfaits. Et chaque jour Tu Te donnes à nous, toujours présent au Sacrement de l'autel, dans le Corps mystique de la sainte Église. Qui a fait cela ? Ta Miséricorde. Ô Miséricorde, le cœur s'enflamme à penser à Toi. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve que la Miséricorde. Ô Père éternel, pardonne à mon ignorance assez présomptueuse pour parler devant Toi : l'amour de ta Miséricorde sera mon excuse devant Ta bénignité. L'âme se confond devant l'infinie Bonté. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Dialogue
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Providence
Voici une Prière sur la Providence miséricordieuse pour le salut des âmes « Je Te rends grâces, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée » extrait du « Dialogue » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) où cette Sainte Dominicaine s'humilie devant l'immensité de l'Amour de Dieu et loue encore une fois l'absolue gratuité de ses Dons.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Je Te rends grâces, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée » :
« Ô Père éternel ! Ô Feu et Abîme de charité, ô éternelle Beauté, ô éternelle Sagesse, ô éternelle Bonté, ô éternelle Clémence, ô Espérance, ô Refuge des pécheurs, ô Largesse inestimable, ô Bien éternel et infini, ô Fou d'amour ! As-Tu donc besoin de Ta créature ? On le dirait, car Tu agis comme si Tu ne pouvais vivre sans elle, Toi qui es la Vie source de toute vie et sans laquelle tout meurt. Pourquoi donc es-Tu si fou d'amour ? Pourquoi T'éprendre de Ta créature, lui donner Tes complaisances, prendre en elle Tes délices ? Elle est en Toi comme une ivresse, ce désir de ce salut : elle te fuit et Tu pars à sa recherche ; elle s'éloigne et Toi, Tu te rapproches. Pouvais-Tu venir plus près d'elle qu'en Te revêtant de son humanité ? Et que dirai-je ? Je ferai comme le bègue, je dirai a, a, … puisque je ne sais rien dire d'autre et que des mots finis ne sauraient exprimer le sentiment de l'âme qui infiniment ne désire que Toi. Il me semble que je pourrais répéter la parole de Paul : « Ni la langue ne peut dire, ni l'oreille entendre, ni l'œil voir, ni le cœur penser ce que j'ai vu ». Et qu'as-tu vu ? Les Mystères de Dieu. Que dirai-je donc ? Pas de sentiments grossiers ici. Disons seulement, ô mon âme, que tu as goûté et vu l'abîme de la souveraine et éternelle Providence. Et je Te rends grâces, à Toi, Seigneur, Père éternel, pour la Bonté sans mesure que Tu m'as témoignée, à moi si misérable et indigne de toute grâce. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) – « Dialogue » (chapitre 153)
Prière de Sainte Catherine de Sienne à la Sainte Trinité
Voici une Prière reprise dans la Liturgie des Heures « Ô Océan profond, plus j'y cherche et plus je Te trouve et plus je trouve et plus je Te cherche » extraite des « Dialogues » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui à l’âge de 20 ans prend l'habit des « Mantellata », les pénitentes de Saint Dominique, pour devenir la grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Océan profond, plus j'y cherche et plus je Te trouve et plus je trouve et plus je Te cherche » :
« Ô Divinité éternelle, ô éternelle Trinité, par l'union de la divine nature Tu as donné un si grand prix au Sang de ton Fils unique ! Toi, éternelle Trinité, Tu es comme un Océan profond : plus j'y cherche et plus je Te trouve ; plus je trouve et plus je Te cherche. Tu rassasies insatiablement notre âme car, dans Ton abîme, Tu rassasies l'âme de telle sorte qu'elle demeure indigente et affamée, parce qu'elle continue à souhaiter et à désirer Te voir dans Ta lumière, ô Lumière, éternelle Trinité. J'ai goûté et j'ai vu avec la lumière de mon intelligence et dans Ta lumière, éternelle Trinité, et l'immensité de Ton abîme et la beauté de Ta créature. Alors, j'ai vu qu'en me revêtant de Toi, je deviendrais Ton image, parce que Tu me donnes, Père éternel, quelque chose de Ta puissance et de Ta sagesse. Cette Sagesse est l'attribut de ton Fils unique. Quant au Saint-Esprit, qui procède de Toi, Père, et de ton Fils, Il m'a donné la volonté qui me rend capable d'aimer. Car Toi, éternelle Trinité, Tu es le Créateur, et moi la créature ; aussi ai-je connu, éclairée par Toi, dans la nouvelle création que Tu as faite de moi par le Sang de ton Fils unique, que Tu as été saisie d'amour pour la beauté de Ta créature. Abîme ! Éternelle Trinité ! Divinité ! Océan profond ! Et que pourrais-Tu me donner de plus grand que Toi-même ? Tu es le Feu qui brûle toujours et ne s'éteint jamais ; Tu consumes par Ton ardeur tout amour égoïste de l'âme. Tu es le Feu qui dissipe toute froideur, et Tu éclaires les esprits de Ta lumière, cette lumière par laquelle Tu m'as fait connaître Ta vérité. C'est dans la foi, ce miroir de la lumière, que je Te connais : Tu es le souverain Bien, Bien qui surpasse tout bien, Bien qui donne le bonheur, Bien qui dépasse toute idée et tout jugement ; Beauté au-dessus de toute beauté, Sagesse au-dessus de toute sagesse : car Tu es la Sagesse elle-même, Tu es l'aliment des anges qui, dans l'ardeur de Ton amour, s'est donné aux hommes. Tu es le vêtement qui couvre ma nudité, Tu nourris les affamés de Ta douceur, car Tu es douce, sans nulle amertume, ô éternelle Trinité. Ainsi soit-il. »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Foi
Voici la Prière « Ô Trinité éternelle, que ma vie mortelle s'écoule dans la Lumière de la très sainte Foi dont Tu as enivré mon âme » de la conclusion de tout le « Dialogue » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) qui à l’âge de 20 ans prend l'habit des « Mantellata », les pénitentes de Saint Dominique, pour devenir la grande Réformatrice de l’Église Catholique. Cette oraison, l'une des plus parfaites, est une action de grâces pour le don de la foi. La sainte crainte et un amour ardent s'y unissent pour remercier le Seigneur, avec des accents émouvants, du don de la foi, clef de la vie spirituelle.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Trinité éternelle, que ma vie mortelle s'écoule dans la Lumière de la très sainte Foi dont Tu as enivré mon âme » :
« Grâces, grâces Te soient rendues, Père éternel de ne m'avoir pas méprisée, moi, Ta créature, de n'avoir pas détourné de moi ta Face ni repoussé mes désirs. Toi, la Lumière, Tu es venu à moi ténèbres ; Toi, la Vie, à moi qui suis la mort ; Toi Médecin, à mes graves infirmités ; Toi, Pur et éternelle, à moi pleine de la boue d'innombrable péchés ; Toi, l'Infini, à moi, finie ; Toi, la Sagesse, à moi qui suis folie. Malgré la gravité et le nombre de mes fautes et de mes misères, ni ta Sagesse, ni ta Bonté, ni ta Clémence, ni ta Perfection infini ne m'ont méprisée. Ta Clémence m'a permis de connaître ta Vérité, de trouver ton Amour et celui du prochain. Et qui donc T'a poussé ? Certes, pas mes vertus, uniquement ton Amour. C'est ton Amour qui T'a contraint à éclairer mon intelligence de la lumière de la foi pour que je pusse connaître la vérité que Tu as révélée. Donne à ma mémoire qu'elle conserve Tes bienfaits, à ma volonté qu'elle brûle du feu de ton Amour, et que ce Feu de ton Amour fasse mon sang bouillonner et se répandre pour Toi, et qu'avec mon sang versé pour l'amour du Sang, et avec la clef de l'obéissance, je puisse enfin ouvrir la porte du ciel. Et je Te demande même cette Grâce de tout mon cœur pour toutes les créatures raisonnables, pour chacune d'elles en particulier et pour le Corps mystique de la Sainte Église. Je confesse, et je ne nie pas, que Tu m'as aimée avant même que je ne fusse, et que Tu m'aimes ineffablement, comme si Tu étais fou de Ta créature. Ô Trinité éternelle ! Ô Déité, Nature divine, Déité qui as donné tant de prix au Sang de ton Fils ! Trinité éternelle, Tu es une mer sans fond, oh plus je me plonge, plus je Te trouve, et plus je Te trouve, plus je Te cherche encore. De Toi on n'est jamais rassasié ; elle se remplit de Toi, dans Tes profondeurs, l'âme, mais sans apaiser sa soif, car elle continue à Te désirer, ô Trinité éternelle, elle veut Te voir dans ta Lumière. Comme le cerf soupire après l'eau vive des sources, ainsi mon âme a désiré sortir de la prison ténébreuse du corps pour Te voir en vérité ! Oh ! Combien de temps encore ta Face sera-t-elle cachée à mes yeux, Trinité éternelle ! Ô Feu, ô Abîme de charité, dissous aujourd'hui même le nuage de mon corps ! La connaissance que Tu m'as donnée de Toi-même, dans ta Vérité, excite le violent désir de déposer le fardeau de ma chair et de donner ma vie pour la gloire et la louange de ton Nom, maintenant que j'ai goûté et vu, avec mon intelligence éclairée de ta Lumière, ton Abîme, ô éternelle Trinité, et la beauté de Ta créature. En me contemplant en Toi, j'ai vu que j'étais Ton image, Tu m'as donné Ta puissance. Père éternel, et à mon intelligence Ta sagesse qui est appropriée à ton Fils unique ; l'Esprit-Saint qui procède de Toi et de ton Fils, m'a donné la volonté et je suis capable d'aimer. Trinité éternelle, Tu es le Créateur ; je suis Ton œuvre et quand Tu m'as réparée par le Sang de ton Fils, j'ai compris que Tu es épris d'amour pour la beauté de Ta créature. Ô Abîme ! Déité éternelle ! Océan sans fond ! Pouvais-Tu me donner davantage que Te donner Toi-même ? Tu es le Feu qui brûle toujours et jamais ne s'éteint. Tu es le Feu qui consume l'amour-propre de l'âme. Tu es le Feu qui fond toute glace. Tu illumines. A ta Flamme j'ai connu la vérité. Tu es cette Lumière au-dessus de toute lumière qui éclaire surnaturellement l’œil de l'intelligence, avec une telle abondance et une telle perfection que Tu clarifies la lumière de la foi ; dans cette foi, je vois que mon âme a la vie, et dans cette lumière je Te reçois, Toi, ô Lumière. Par la lumière de la foi, je possède la sagesse dans la Sagesse du Verbe ; par la lumière de la foi, je suis forte, constante et persévérante ; par la lumière de la foi j'espère et je ne me laisse pas défaillir en route. Cette Lumière m'enseigne la vraie voie ; sans elle, j'irais dans les ténèbres. Aussi Te supplie-je, Père éternel, de m’éclairer de la Lumière de la très sainte Foi. Vraiment cette Lumière est un océan, car elle nourrit l'âme de Toi. Océan de paix, ô éternelle Trinité. L'eau en est limpide. L'âme qui y navigue n’à point peur, car elle y est dans la vérité. Mer transparente qui laisse voir les trésors cachés en ses profondeurs ; aussi là où abonde la très puissante Lumière de la foi, l'âme a, pour ainsi dire, l'évidence de ce qu'elle croit. Elle est un miroir, et quand, prenant ce miroir avec la main de l'amour, j'y regarde, je m'y vois en Toi, et je Te vois en moi à cause de l'union de la Divinité avec notre humanité. C'est dans cette Lumière que je Te connais et Te contemple, ô Bien suprême et infini, Bien au-dessus de tout bien, Bien source de félicité, Bien incompréhensible. Bien inestimable ; Beauté au-dessus de toute beauté, Sagesse au-dessus de toute sagesse, que dis-je ? La Sagesse même. Toi, le Pain des anges, dans le feu de ton Amour Tu t'es donné aux hommes. Tu es le Vêtement qui couvre toute nudité. Tu es le Pain dont la douceur nourrit ceux qui ont faim, ô Douceur sans amertume. Ô Trinité éternelle, dans la Lumière que Tu m'as donnée avec la très sainte Foi, j'ai connu la voie de la grande perfection. Tu me l'as montrée afin que je Te serve dans la lumière et non dans les ténèbres, que je sois un miroir de bonne et sainte vie et que je m'arrache enfin à la misérable existence que je mène, par ma faute, dans les ténèbres. Je ne connaissais pas Ta vérité et je ne l'ai pas aimée. Mais pourquoi ne T'ai- je pas connu ? Parce que je ne Te regardais pas dans la glorieuse Lumière de la très sainte Foi ; la nuée de l'amour-propre obscurcissait le regard de mon intelligence. Mais ta Lumière, ô Trinité éternelle, a dissipé les ténèbres. Qui pourra s'élever jusqu'à Ta hauteur, pour Te remercier du Don inappréciable de la Vérité ? Réponds Toi-même, Seigneur. C'est Toi qui as donné, à Toi de remercier et de satisfaire, en me remplissant d'une Lumière surnaturelle qui me fasse capable de Te rendre grâces. Revêts-moi, ô Vérité éternelle, revêts-moi de Toi afin que ma vie mortelle s'écoule dans l’Obéissance véritable et la Lumière de la très sainte Foi dont Tu as enivré mon âme. Deo Gratias ! »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Miséricorde
Voici une Prière sur l’Amour incompréhensible de Dieu pour l'humanité « Ô mon très doux Seigneur, faites gracieusement Miséricorde à Vos misérables créatures » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô mon très doux Seigneur, faites gracieusement Miséricorde à Vos misérables créatures » :
« Mon très doux Seigneur, de grâce, tourne Tes regards miséricordieux vers Ton peuple et le corps mystique de ton Église. Car une plus grande gloire s'attachera à ton Nom, si Tu pardonnes à une telle multitude de Tes créatures et non pas à moi seule, misérable, qui ai tellement offensé Ta majesté. Comment pourrais-je me consoler en croyant que je possède la vie, alors que Ton peuple serait dans la mort, en voyant les ténèbres des péchés envelopper Ton épouse tout aimable, à cause de mes défauts et de ceux de Tes autres créatures ? Je veux donc et je demande comme une grâce sans pareille que Tu lui fasses miséricorde, par cet Amour incompréhensible qui T'a poussé à créer l'homme à Ton image et ressemblance. Quel motif avais-Tu d'établir l'homme dans une telle dignité ? Certainement, c'est uniquement l’Amour incompréhensible par lequel Tu as considéré Ta créature en Toi-même et Tu T'en es épris. Mais je sais bien que la faute du péché lui a fait perdre, en toute justice, la dignité dans laquelle Tu l'avais établie. Mais Toi, poussé par le même Amour, en voulant réconcilier gracieusement le genre humain avec Toi, Tu nous as donné la Parole de ton Fils unique, qui a vraiment été entre nous et Toi un Réconciliateur et un Médiateur. Il a été notre Justice parce qu’Il a châtié en les prenant sur Lui toutes nos injustices et nos crimes, en vertu de l'obéissance que Toi, Père éternel, Lui as imposée lorsque Tu as décidé qu’Il revêtirait notre humanité. Abîme incompréhensible de ton Amour ! Quel cœur pourrait être assez dur pour rester indifférent et ne pas être déchiré en considérant qu'une telle Grandeur est descendue jusqu'à une telle profondeur, une telle bassesse, celle de notre humanité ! Nous sommes Ton image et Tu es devenu notre image par Ton union avec l'homme ; Tu as voilé Ta divinité éternelle en prenant la chair d'Adam, misérable et pécheresse. D'où vient cela ? Uniquement de ton Amour inexprimable. C'est donc par cet Amour incompréhensible que j'implore humblement Ta majesté, de toutes les forces de mon âme, pour que Tu fasses gracieusement miséricorde à tes misérables créatures ».
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Persévérance
Voici une Prière sur la persévérance de Sainte Marie Madeleine « Ô Marie Madeleine, c'est la persévérance qui vous a fait trouver votre Maître » de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Sainte Catherine de Sienne « Ô Marie Madeleine, c'est la persévérance qui vous a fait trouver votre Maître » :
« Madeleine s'humilia et se connut elle-même ; elle se reposa avec tant d'amour aux Pieds de notre doux Sauveur ! Et si nous disons qu'elle Lui montra beaucoup d'amour, nous le voyons bien à la Sainte Croix du Calvaire. Je vous dis aussi qu'elle eut la vertu de persévérance, et elle le montra, cette douce Madeleine, lorsqu'elle chercha son doux Maître, et qu'elle ne Le trouva pas dans son lieu où on L'avait placé. Ô Madeleine ! Vous étiez folle d'amour, vous n'aviez plus votre cœur, car il était enseveli avec votre doux Maître, avec notre doux Sauveur ; mais vous avez pris le bon moyen pour trouver le doux Jésus ; vous persévérez et vous n'apaisez pas votre immense douleur. Oh ! Que vous faites bien, car vous voyez que c'est la persévérance qui vous a fait trouver votre Maître ».
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Lettre à Sœur Agnès Donna, extrait des « Lettres », Éd. Téqui
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour les Prêtres
Voici une Prière faite à Avignon pour les Ministres de l'Église Catholique « Seigneur, je Vous demande de diriger vers Vous les cœurs et les volontés des Ministres de notre Sainte Mère l'Église » lors d’une extase de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Catherine de Sienne « Seigneur, je Vous demande de diriger vers Vous les cœurs et les volontés des Ministres de notre Sainte Mère l'Église » :
« Je le reconnais, ô Dieu éternel, Vous êtes un Océan tranquille, où vivent et se nourrissent les âmes ; elles y trouvent leur repos dans l'union de l'amour, parce qu'elles suivent en tout votre Volonté souveraine, qui ne veut d'autre chose que notre sanctification. Dès qu'elles se comprennent, elles se renoncent pour se revêtir de Vous-même. Ô doux Amour, le signe véritable de ceux qui demeurent en Vous est de se détacher de leur volonté propre et des créatures qui trompent ; c'est de faire ce que Vous voulez, en suivant Votre bon Plaisir et non leur inclination ; c'est de se réjouir moins dans les choses heureuses de ce monde que dans les contraires ; car l'adversité est un moyen entre les âmes et Vous ; Elle les éprouve comme l'or dans la fournaise, et montre si c'est par amour qu'elles accomplissent votre Volonté. Il faut aimer l'adversité comme les autres choses que Vous avez créées ; tout est bon et digne d'être aimé, excepté le péché, que seul Vous n'avez pas fait. Hélas ! Malheureuse, en aimant le péché, j'ai perdu le temps qui Vous appartenait ; j'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi. Punissez mes péchés, effacez mes iniquités, purifiez-moi, ô Dieu éternel et ineffable ; exaucez Votre pauvre servante ; qui Vous demande de diriger vers Vous les cœurs et les volontés des Ministres de notre Sainte Mère l'Église, votre Épouse, afin qu'ils suivent l'Agneau, votre Fils, dans le chemin de la Croix, et qu'ils imitent Sa pauvreté, Sa douceur, Son humilité, non pas imparfaitement, mais d'une manière surhumaine et divine. Qu'ils soient des anges sur la terre, puisqu'ils doivent consacrer et distribuer le Corps et le Sang de votre Fils unique, la Victime sans tâche. Qu'ils ne s'en rendent pas indignes, comme des animaux sans raison ; mais unissez les dans votre Amour, ô Vous qui donnez la Paix ; purifiez-les dans l'océan tranquille de Votre miséricordieuse Bonté, afin qu'ils ne perdent pas un temps précieux, en n'utilisant pas le présent pour l'avenir. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ; entendez ma prière, et exaucez votre pauvre servante qui Vous implore, ô tendre Père, pour tous ceux que Vous m'avez donnés, et que je voudrais tous aimer dans la perfection de Votre infinie Charité, ô grand, éternel, ineffable, véritable Dieu ! »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Catherine de Sienne, la Sainte qui a « le plus aimé l’Église » :
L’engagement au service de l’Église et du monde est, pour tout chrétien, une nécessité découlant de sa vocation baptismale. La Toscane Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), venue voir le Pape à Avignon, le manifeste totalement, jusqu’à en recevoir la sainteté. Bel exemple pour chacun, invité à se laisser habiter par la Grâce de l’évangélisation.
La sainteté d’une enfant modeste : Catherine Benincasa est née à Sienne (Toscane, en Italie centrale) le 25 mars 1347, qui était à la fois dimanche des Rameaux et jour de l’Annonciation. Elle en gardera un lien mystique avec le Christ et une dévotion spéciale pour Marie, sa « douce mère ». Elle vient au monde avec une jumelle qui ne lui survivra que quelques jours ; elles sont les 23e et 24e enfants de la famille qui en comptera au final 25. Le père est teinturier, la mère tient la maison que l’on peut encore voir dans le quartier Fontebranda, dans le nord de Sienne. Et déjà se pose la question sur celle qui deviendra sainte Catherine de Sienne : comment cette jeune femme, laïque, illettrée, d’un milieu modeste, en arrivera à être l’interlocuteur des grands du monde de son temps (papes, cardinaux, rois, reines, etc.) ? La réponse tient dans sa sainteté. Catherine a bénéficié très tôt de grâces mystiques, et sa vie est une réponse continue à réaliser la volonté de Dieu, à un point tel que sa volonté et celle de Dieu sont identiques. Pour en arriver là – c’est son enseignement spirituel – pas d’autres voies que de tuer sa volonté propre et son amour propre qui sont un poison et les racines de tous les maux du monde.
Une relation intime avec le Christ : Son expérience spirituelle commence par une vision qu’elle aperçoit dans le ciel, au-dessus de l’église des Dominicains à Sienne : le Christ lui apparaît revêtu des ornements pontificaux, avec les apôtres Pierre, Jean et Paul. Catherine est toute jeune, elle a six ans, mais cette vision la marquera à jamais. Dans l’une de ses apparitions, Jésus ôta le cœur de la poitrine de Catherine et mit le sien à sa place. Dans une autre, elle reçut les stigmates. Il paraît qu’à plusieurs reprises au moment de la Communion, l’hostie s’échappait des mains du prêtre pour s’envoler vers Catherine. Sa vie entière fut un miracle. D’une part, sa relation avec le Christ sera une intimité de tous les instants, telle qu’on la décrit dans cette parole du Christ : « Pense à moi, je penserai à toi. » D’autre part, le Christ aux vêtements pontificaux sera l’origine d’un qualificatif pour parler du Pape : le Souverain Pontife sera appelé « le doux Christ sur la terre ». Ainsi, grâce à son engagement pour l’Église, elle sera qualifiée de « sainte qui a sans doute le plus aimé l’Église ».
L’épouse du Christ : En réponse à cette vision, Catherine fait vœu de virginité et elle se soumet à une ascèse faite de pénitence, de prière et de solitude dans une pièce retirée de la maison paternelle. Mais sa famille, souhaitant la marier, lui impose les tâches ménagères comme dérivatif à ces mortifications. Les relations entre Catherine et ses parents sont particulièrement mauvaises. C’est à ce moment qu’elle fait l’expérience spirituelle de la « cellule intérieure » du cœur, lieu inviolable où, quelles que soient les circonstances extérieures, le Christ est toujours présent. Catherine a toujours manifesté une grande admiration pour les Frères Prêcheurs, fondés par saint Dominique en 1216. Elle demande son admission chez les Mantellate (sorte de tiers-ordre dominicain), une confrérie de femmes, veuves et âgées pour la plupart, qui l’accueillent alors qu’elle a juste 16 ans ! Ses parents ont, en effet, enfin compris et accepté la vocation de leur fille. Revêtue de l’habit blanc et du manteau noir, elle veut vivre les exigences dont ils sont les symboles : pureté et pénitence. Les grâces mystiques abondent jusqu’aux noces mystiques avec son époux, le Christ, en 1368. Jésus lui apparaît et lui remet un anneau, symbole de leur union spirituelle.
Ambassadrice de la paix : Catherine va honorer les deux dimensions de la vie dominicaine : contemplation et action. Son activité apostolique commence avec le secours aux indigents, les visites aux malades et les soins aux pestiférés. Puis, elle fait montre d’un authentique charisme de réconciliation entre les personnes, les familles, les clans et les cités divisés ; mais aussi pour la réconciliation des pécheurs avec Dieu. Sa mission devient bientôt publique : elle se verra confier des ambassades plus ou moins officielles pour négocier la paix. On peut dire que son champ d’investigation s’élargit de Sienne pour atteindre Florence et Avignon, où siège le Pape. Accompagnée de disciples formant une bella brigata, une famille qui la reconnaît comme leur Mamma, elle sillonne l’Italie et le Sud de la France.
Fidèle au Pape : L’Église vit alors une période délicate. En raison de l’instabilité de Rome au début du XIVe siècle, le pape français Clément V, élu en 1305, décida de s’installer à Avignon, cité commerciale que la papauté possède depuis 1274. Sept papes se succèdent pendant 70 ans ; la construction du Palais des Papes témoigne de leur installation durable. Cependant, les rumeurs de scandales s’accumulent et les Romains protestent contre cet exil à Avignon, qui n’a pas de légitimité à rester la capitale de la chrétienté. Partant au printemps 1376 rencontrer le pape Grégoire XI à Avignon, Catherine lui fait part de son désir de le voir revenir à Rome, d’où il devrait procéder à la réforme de l’Église en commençant par la tête, c’est-à-dire par les cardinaux, évêques, prélats… et lancer une croisade vers les lieux saints afin de fédérer les différentes factions ennemies en Italie vers un but commun. Malgré l’opposition des cardinaux qui préfèrent Avignon, Grégoire XI part pour Rome dès septembre. Arrivé à Rome en janvier 1377, il meurt l’année suivante. Son successeur, Urbain VI, voit une partie des cardinaux qui l’ont élu se détourner de lui et élire à Avignon un autre pape, Clément VII, en septembre. C’est le début d’un grand schisme qui durera 40 ans, pendant lequel la chrétienté aura deux voire trois papes simultanément ! Catherine prend fait et cause pour Urbain VI, pape légitimement élu.
Docteur de l’Église : Son activité apostolique d’une rare densité ne l’a pas empêchée d’être auteur et reconnue Docteur de l’Église par le pape Paul VI le 3 octobre 1970. Elle devient ainsi la seconde femme à obtenir cette distinction dans l'Église (après Thérèse d'Avila et avant Thérèse de Lisieux). Pourtant, elle n’a pas eu de formation scolaire ou académique, elle savait à peine lire et a appris à écrire sur le tard. Mais elle n’a eu de cesse de chercher, de questionner, de s’entourer de théologiens confirmés, afin de rendre compte de son expérience spirituelle. Son œuvre se présente sous trois formes. D’une part, la correspondance. Nous avons 378 lettres qu’elle a adressées aux personnes les plus diverses : papes, cardinaux, évêques, rois, reines, religieux, gens de toute condition. Toutes ses lettres commencent par la formule : « Au nom de Jésus crucifié et de la douce Marie. Moi, Catherine, servante … ». Cela indique qu’elle agit pour le Christ et que ses avis sont à recevoir comme l’expression de la volonté divine. D’autre part, Catherine est à l’origine de 26 oraisons, dont certaines en état d’extase. Ce sont ses disciples qui les ont recueillies alors qu’elle priait, visiblement à haute voix. Enfin, il y a le Dialogue, l’œuvre la plus étonnante, qui relate des conversations entre Dieu le Père et Catherine de Sienne ; une synthèse de sa spiritualité qu’elle dicte entre 1377 et 1378.
Fin de vie : Catherine de Sienne finit sa vie à Rome, portant sur ses frêles épaules la barque de l’Église. Elle meurt le 29 avril 1380. Son procès en canonisation commence dès 1411, mais est suspendu du fait du Grand Schisme d'Occident. C'est le pape Pie II qui déclare Catherine de Sienne sainte le 29 juin 1461, jour de la fête des apôtres Pierre et Paul. En 1628, le pape Urbain VIII déplace sa fête au 30 avril. Par ailleurs, il reconnaît à Catherine de Sienne la véracité des stigmates. Le 18 juin 1939, Pie XII déclare Catherine de Sienne sainte patronne principale d'Italie, au même niveau que saint François d'Assise.
Co-patronne de l’Europe : Le Pape Saint Jean-Paul II fait de Sainte Catherine de Sienne la co-patronne de l’Europe, avec sainte Brigitte de Suède et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, le 1er octobre 1999. À cette occasion, il rappelle l’attitude de sainte Catherine de Sienne en insistant sur plusieurs points, dont son activité apostolique : « Ses lettres se répandirent à travers l’Italie et l’Europe elle-même. En effet, la jeune Siennoise entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes ecclésiaux de son époque. » Ensuite, il parle de son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation : « Désignant le Christ crucifié et la douce Marie aux adversaires, elle montrait que, pour une société qui s'inspirait des valeurs chrétiennes, il ne pouvait jamais y avoir de motif de querelle tellement grave que l'on puisse préférer le recours à la raison des armes plutôt qu'aux armes de la raison. » Et surtout, le Pape évoque son souci de l’évangélisation : « Catherine savait bien que l'on ne pouvait aboutir efficacement… si les esprits n'avaient pas été formés auparavant par la vigueur même de l'Évangile » ; sans oublier son amour indéfectible pour l’Église : « C'était là (dans la recherche passionnée de la communion) l'idéal suprême qui avait inspiré toute sa vie, dépensée sans réserve au service de l'Église. C'est elle-même qui en témoignera devant ses fils spirituels sur son lit de mort : « Tenez pour certain, mes très chers, que j'ai donné ma vie pour la sainte Église ».
Frère Norbert-Marie Sonnier (o.p.) - Dominicain de Rennes
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour les Agonisants
Voici une Prière pour un malade obstiné se moquant des salutaires conseils du Ministre de Jésus-Christ qui l'exhortait à se confesser « Ô mon doux Seigneur, accordez-moi la conversion de ce mourant endurci » que récita à son chevet Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique. Sa Prière toucha, le cœur du pécheur obstiné. Tout à coup on entend le malade pousser des cris, et supplier ceux qui l'entourent d'appeler un Prêtre. Surpris d'un changement si inespéré, on court chercher un Confesseur. L'homme de Dieu arrive, le mourant fait l'aveu de ses fautes avec toutes les marques du plus sincère repentir, et il s'endort du sommeil des justes.
La Prière de Ste Catherine de Sienne pour un malade obstiné « Ô mon doux Seigneur, accordez-moi la conversion de ce mourant endurci » :
« Ô mon doux Seigneur, je sais que si Vous considérez nos iniquités, personne ne pourra échapper à la damnation éternelle ! Mais souvenez-Vous que Vous avez souffert le supplice honteux de la Croix, non pour punir nos crimes, mais pour les pardonner. Je n'ai d'autre consolation en ce monde que de voir les pécheurs revenir à Vous. Accordez-moi la conversion de ce mourant endurci. Son âme est entre Vos mains. »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne pour l'Eglise Catholique
Voici une Prière « Ô Père Tout Puissant, je Vous en conjure, que votre Vicaire suive en tout votre Volonté » faite à Gênes au moment où le Pape Grégoire XI voulait retourner à Avignon par Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Ste Catherine de Sienne pour le Pape Grégoire XI « Ô Père Tout Puissant, je Vous en conjure, que votre Vicaire suive en tout votre Volonté » :
« Ô Père Tout Puissant, Dieu éternel, douce et ineffable Charité, je vois en Vous et je comprends par mon cœur que Vous êtes la Voie, la Vérité, la Vie. C'est par Vous, que tout homme qui Vous désire doit arriver ; et c'est votre Tendresse qui l'éclaire et le dirige par la connaissance de votre Fils bien-aimé Notre Seigneur Jésus-Christ. Vous êtes le Dieu éternel et incompréhensible, qui, poussé par Votre seul Amour et votre Miséricordieuse Bonté, nous avez envoyé, après la perte du genre humain, Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils unique, revêtu de notre chair mortelle. Vous avez voulu qu'Il vienne, non pas dans les jouissances et les grandeurs de ce siècle périssable, mais dans l'abaissement, la pauvreté et la douleur ; Il a connu et accompli votre Volonté pour notre salut ; Il a méprisé les dangers du monde et les efforts du démon, et Il a vaincu la mort par la mort, en se faisant obéissant jusqu'à la mort cruelle de la Croix. Maintenant, Amour incompréhensible, qui êtes toujours le Même, Vous envoyez votre Vicaire pour sauver Vos enfants qui périssent par leur rébellion contre la sainte Église, votre unique Épouse. Vous l'envoyez au milieu des périls et des angoisses, comme Vous avez envoyé votre Fils bien-aimé, notre Rédempteur, pour sauver Vos enfants morts par la désobéissance d'Adam et par le péché. Hélas ! Ces pauvres hommes que Vous avez créés se laissent égarer par l'orgueil et la sensualité. L'ennemi les trompe, et ils s'opposent à Votre sainte Volonté, qui doit les sauver ; ils détournent le souverain Pontife de ses desseins si utiles et si nécessaires à l'Église. Ô amour éternel, ces infortunés craignent la mort du corps, et non celle de l'âme ; ils écoutent leurs sens et leur amour-propre, et non la vérité de vos Jugements et la profondeur de Votre Sagesse infinie. Vous êtes cependant notre Règle unique, le Chemin que nous devons suivre. Vous nous l'avez dit : il faut nous réjouir au milieu des difficultés et des peines, car c'est là notre vocation. Votre admirable Providence a voulu que le monde et la chair ne produisent que des fruits d'amertume, afin que nous n'y placions pas nos joies et nos espérances, mais que nous n'ambitionnions que les Fruits de salut et les Grâces d'en haut. Que votre Vicaire se réjouisse de suivre votre Volonté et les traces de Jésus-Christ, qui a livré et sacrifié pour nous Son très saint Corps, et qui, dans son Amour, a versé tout son Sang pour laver nos péchés et nous sauver. C'est Lui qui a donné à votre Vicaire les clefs qui lient et qui délient nos âmes, afin que nous suivions en tout votre Volonté et vos Exemples. J'implore pour lui Votre souveraine Clémence ; purifiez son âme, et que son cœur brûle du désir de ramener ceux qui sont égarés, et de les sauver par votre Puissance. Si ses lenteurs Vous déplaisent, ô amour éternel, punissez-les sur mon corps qui Vous appartient, et que je Vous offre, afin que vous l'affligiez et le détruisiez selon Votre bon Plaisir. Seigneur, j'ai péché, ayez pitié de moi. Dieu éternel, Vous Vous êtes passionné pour Votre créature avec une Miséricorde sans bornes ; Vous avez envoyé votre Vicaire pour retrouver ce qui était perdu, et je Vous en rends grâces, malgré mon indignité et ma bassesse, ô Dieu véritable ! Bonté infinie, Charité qui ne peut se comprendre, comment l'homme, que votre Amour a racheté au prix du Sang de votre Fils unique, n'a-t-il pas honte de résister à votre Volonté, qui n'a d'autre but que notre sanctification ! Ô Dieu ! Vous Vous êtes fait homme pour nous ; Vous Vous unissez à nous, et Vous avez établi votre Vicaire le dispensateur des Grâces nécessaires à notre sanctification et au salut de Vos enfants égarés ; faites, je Vous en conjure, qu'il suive en tout votre Volonté, qu'il n'écoute pas les conseils de la chair et de l'amour-propre, et qu'il ne soit arrêté par aucune crainte, aucun obstacle. Hors de Vous, Seigneur, tout est imparfait : aussi ne regardez pas mes péchés que je Vous confesse, mais exaucez Votre pauvre servante qui espère en votre Miséricorde infinie. Lorsque Vous nous avez quittés, Vous n'avez pas voulu nous laisser orphelins, et Vous nous avez donné votre Vicaire, qui nous purifie dans le Saint Esprit, non seulement par le Baptême, qui nous rend une première fois l'innocence, mais encore par la Pénitence, qui lave et efface sans cesse la multitude de nos péchés. Vous êtes venu à nous, et Vous n'avez reçu que des outrages ; nous nous sommes éloignés de Vous, parce que nous avons jugé selon la chair et l'amour-propre. Ô Jésus ! Votre Face s'est obscurcie, parce que Vos créatures abusent de vos Grâces, et qu'elles dépouillent l'Eglise, Votre unique Epouse. Faites, ô éternelle Bonté, que votre Vicaire ait soif de nos âmes, et qu'il brûle du désir de votre Gloire ; qu'il s'attache à Vous, qui êtes la souveraine et infinie Miséricorde. Guérissez par lui nos infirmités, rétablissez votre Épouse par la sagesse de ses conseils et l'efficacité de ses œuvres, ô mon Dieu ! Réformez aussi la vie de ceux qui l'entourent, afin qu'ils s'attachent à Vous seul dans la simplicité de leur cœur et la perfection de leur volonté ; ne vous arrêtez pas à l'indignité de Votre pauvre servante, qui Vous prie pour eux, mais placez-les dans les jardins de votre Volonté. Ô Père ! Je Vous bénis, afin que Vous bénissiez Vos serviteurs ; qu'ils se méprisent eux-mêmes pour l'amour de Vous, et qu'ils suivent la lumière de votre Volonté, qui seule est sainte et éternelle. Ô Dieu ! Recevez, pour tous, mes humbles actions de grâces. »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
« Hymnes à Sainte Catherine de Sienne » du Pape Pie II aux Saints
Voici deux Hymnes à Sainte Catherine de Sienne « Tes exemples, ô Catherine, rayonnent par toute la terre », « Tu as droit, vierge illustre, à tous les triomphes » du Pape Pie II (1405-1464) né Enea Silvio Piccolomini et généralement connu dans la littérature sous son nom latin Æneas Sylvius qui fut le 210ᵉ Pape de l'Église Catholique et qui canonisa Catherine de Sienne le 29 juin 1461 au milieu de grandes festivités.
L’Hymne à Sainte Catherine de Sienne du Pape Pie II « Tes exemples, ô Catherine, rayonnent par toute la terre » :
« Les cantiques d'honneur que nous chantons en chœur à ta louange, dans la joie que nous inspire ta Fête, ô vierge Catherine, présente-les au Ciel. S'ils ne sont pas dignes d'y être accueillis, daigne pardonner à notre faiblesse ; c'est que notre génie ne saurait s'élever à la hauteur de tes mérites, ô vierge remplie de bonté ! Mais qui a pu jamais porter ton éloge aussi haut que tes mérites ? Quel mortel en ce monde pourrait, dans des vers impérissables, chanter dignement tes grandeurs, ô femme dont rien n'a pu vaincre le courage ? Tes exemples, ô Catherine, rayonnent par toute la terre ; ta vertu supérieure est à l'égal de ta sagesse ; en toi brillent la tempérance, la force, la piété, la justice, la prudence; et tu montes dans les Cieux. Nul ici-bas n'ignore ta vertu, tes nobles actions ; nul en ce monde n'a surpassé ta sainteté ; ta compassion envers le Christ souffrant a imprimé sur tes membres jusqu'à ses Blessures. Pauvre, affligée, menant une vie remplie de toutes les douleurs, ton cœur généreux a méprisé tout ce que les hommes estiment précieux ; le Ciel pouvait seul être un séjour digne de toi. Rendons avec transport nos actions de grâces à l'auguste Fils de l'éternel Père ; offrons à l'Esprit-Saint l'hommage de notre adoration ; aux Trois, louange égale ! »
Ainsi soit-il.
L’Hymne à Sainte Catherine de Sienne du Pape Pie II « Tu as droit, vierge illustre, à tous les triomphes » :
« Tu as droit, vierge illustre, à tous les triomphes ; car tes vertus ont été du Ciel plutôt que de la terre. C'est au Ciel aussi que tu reçois le prix de ta sainte vie, la récompense de ta vertu, que tu es comblée de tous les biens. Tu vénères le Père de l'Ordre des Prêcheurs, cet homme comblé de mérites donné en exemple à l'univers entier, d'une piété sans égale ; et tu deviens toi-même la gloire de son Ordre. Les plaisirs d'ici-bas, les parures mondaines, l'éclat de la beauté n'eurent aucun prix à tes yeux ; ta seule étude fut de fuir avec soin le péché qui rend la vie coupable. Assidue à châtier ton corps avec rigueur, des ruisseaux de sang coulent sur tes membres déchirés par les fouets ; les crimes des hommes t'arrachent des larmes continuelles. Tu intercèdes pour tous ceux qui, dans le monde entier, sont en proie à l'infortune, pour tous ceux dont l'âme est agitée par de cruels soucis. Pour célébrer dignement tes louanges, il nous faudrait rappeler tous les bienfaits dont tu es la source, toi dont la sainteté dépasse de si loin celle des autres. On vit le soldat farouche céder à ta parole, les chefs ennemis qui menaçaient la vie des habitants de Sienne, déposer à tes pieds leur fureur. Ton puissant génie se livra à la science des choses sacrées ; les villes les plus célèbres conservent encore avec respect les lettres gracieuses et pleines de doctrine que tu daignas leur écrire. Tes exhortations relèvent ceux qui sont tombés, tu donnes à tous les conseils de la vertu ; tu leur apprends que l'honnêteté est la seule source du bonheur. La mort et ses terreurs n'excitent que ton mépris ; la menace du trépas ne t'effraie jamais ; à tes yeux il n'est que la récompense d'une vie sainte. C'est dans cette pensée qu'à l'heure où tu allais quitter ton corps sacré et livrer tes cendres à la tombe, prête à monter au Ciel, tu exhortais encore ceux qui, baignés de larmes, entouraient ta couche. Adorant profondément le divin Corps du Christ, tu reçois en versant des pleurs l'Hostie du salut, et tes dernières paroles enseignent encore la véritable vie à tes disciples. Rendons avec transport nos actions de grâces à l'auguste Fils de l'éternel Père ; offrons à l'Esprit-Saint l'hommage de notre adoration ; aux Trois, louange égale ! »
Ainsi soit-il.
Pape Pie II (1405-1464) - L'Année Liturgique : « Le Temps Pascal », tome II, du R. P. Dom Prosper Guéranger, pages 461-464, chez Fleuriot, 1862
Prière de Sainte Catherine de Sienne sur la Volonté de Dieu
Voici une Prière pour demander la lumière et la force du Saint-Esprit pour accomplir les Volontés de Dieu « Esprit Saint, venez en mon cœur » faite à Gênes au moment où le Pape Grégoire XI voulait retourner à Avignon par Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Ste Catherine de Sienne pour accomplir les Volontés de Dieu « Esprit Saint, venez en mon cœur » :
« Esprit Saint, venez en mon cœur ; attirez-le à Vous par votre Puissance, mon Dieu, et donnez-moi la crainte et la charité. Ô Christ ! Gardez-moi de toute mauvaise pensée ; réchauffez-moi, enflammez-moi de Votre très doux Amour, et toute peine me semblera légère ! Mon Père, mon doux Seigneur, assistez-moi dans toutes mes actions ! Jésus Amour, Jésus Amour. »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Prière de Sainte Catherine de Sienne avant, pendant et après la Sainte Communion
Voici la Prière « Bénissez, ô mon Dieu, celui qui m'a donné la sainte Communion » faite à Rome le Vendredi 18 février 1379 pendant une extase qui suivit la Communion de Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Pénitente de Saint Dominique et grande Réformatrice de l’Église Catholique.
La Prière de Ste Catherine de Sienne après la sainte Communion « Bénissez, ô mon Dieu, celui qui m'a donné la sainte Communion » :
« Ô souveraine et éternelle Trinité, Amour ineffable, Vous m'appelez votre fille, et moi je puis Vous dire : Mon Père ! Vous Vous êtes donné à moi en me donnant le Corps et le Sang de votre Fils bien-aimé, qui est Dieu et homme tout ensemble! Unissez-moi aussi, je Vous en conjure, au Corps mystique de la Sainte Église, ma Mère, à la société universelle de la religion chrétienne ; car le feu de votre Charité m'a fait connaître le désir que Vous avez de voir mon âme se réjouir dans cette union sacrée. Ô Amour inexprimable, Vous m'avez vue et connue en Vous, et ce sont les rayons de votre Lumière, dont j'étais revêtue, qui Vous ont passionné pour Votre créature ! Vous l'avez tirée de Vous-même, Vous l'avez créée à votre Image et à votre Ressemblance ; et moi, cependant, pauvre créature, je ne pouvais Vous connaître qu'en voyant en moi votre Image et votre Ressemblance. Mais, afin que je puisse Vous voir et Vous connaître en moi, Vous Vous êtes uni à nous ; Vous êtes descendu des hauteurs de Votre divinité jusqu'aux dernières infirmités de notre nature. Comme la faiblesse de mon intelligence ne pouvait comprendre et contempler votre Grandeur, Vous Vous êtes fait petit, et Vous avez caché vos Splendeurs admirables sous les voiles infimes de notre humanité. Vous Vous êtes manifesté par la Parole de votre Fils unique, et je Vous ai connu en moi-même. Ô abîme de charité ! Oui, c'est ainsi, Trinité adorable, que Vous Vous êtes manifestée, que Vous nous avez montré votre Vérité ; c'est surtout par l'effusion de votre Sang que nous avons vu votre Puissance, puisque Vous avez pu nous laver de nos fautes. Nous avons vu votre Sagesse, puisque, sous la chair de notre humanité, Vous avez caché la force de votre Divinité, qui a vaincu le démon et l'a dépouillé de sa puissance. C'est votre Sang qui nous a montré votre Charité, puisque par la seule ardeur de votre Amour Vous nous avez rachetés, lorsque Vous n'aviez pas besoin de nous. Ainsi s'est manifestée votre Vérité, qui nous a créés pour nous donner la Vie éternelle. Oui, Votre créature a connu la vérité par le Verbe, votre Fils unique. Sans Lui, elle était inaccessible à nos regards obscurcis par le péché. Rougis donc, ô créature ; rougis d'être ainsi aimée et honorée par ton Dieu, et de ne pas Le connaître, Lui que sa Charité infinie a fait descendre des hauteurs de sa Gloire jusqu'à la bassesse de la nature, pour que tu Le connaisses en toi. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi. Ô Mystère admirable ! Vous connaissiez Votre créature en Vous avant qu'elle fût créée ; Vous voyiez qu'elle devait commettre l'iniquité, qu'elle devait s'écarter de votre Vérité, et cependant Vous l'avez créée. Ô Amour incompréhensible ! Vous me dites : mon âme, et moi je Vous dis : Mon Père ! Ô Père si plein de Miséricorde, je Vous en conjure, unissez tous Vos serviteurs dans le feu de votre Charité ; disposez-les à recevoir les inspirations et les enseignements que répand et veut répandre la lumière de votre Charité. Votre Vérité a dit : « Cherchez, et vous trouverez ; demandez, et vous recevrez ; frappez, et il vous sera ouvert » (Matth. VII, 7). Eh bien ! Moi, pauvre et misérable, je frappe à la porte de votre Vérité, je m'adresse à votre Majesté, j'implore votre Clémence, et je Lui demande Miséricorde pour le monde, et surtout pour la Sainte Eglise ; car je sais par votre Fils qu'il faut me nourrir sans cesse de cette Nourriture ; puisque Vous le voulez, ne me laissez pas périr de faim. Ô mon âme ! Que fais-tu ? Ne sais-tu pas que le Seigneur ton Dieu te voit sans cesse ? Ne sais-tu pas que rien ne peut fuir son Regard, et que ce qui échappe à l'œil de la créature ne peut jamais éviter le Sien ? Ne commets donc plus l'iniquité, et relève-toi de tes fautes. J'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ; il est temps de secouer le sommeil. Ô éternelle Trinité ! Vous voulez que nous avancions, et si nous ne nous réveillons pas dans la prospérité, Vous nous envoyez l'adversité. Comme un habile médecin, Vous brûlez avec le feu de la tribulation les plaies que n'a pu guérir le baume des consolations. Ô Père ! Ô Charité incréée ! Je n'admirerai jamais assez ce que m'a révélé votre Lumière ! Vous m'avez vue et connue, Vous avez vu et connu toutes les créatures raisonnables, en général et en particulier, avant que nous ayons l'être. Vous avez vu Adam, le premier homme ; Vous avez connu sa faute et celles qui devaient en être la suite, en lui et dans sa postérité. Vous avez su que le péché s'opposerait à votre Vérité, et qu'il empêcherait les créatures raisonnables d'atteindre la fin à laquelle Vous les aviez destinées. Vous avez vu les tourments que votre Fils devrait subir pour sauver le genre humain et réparer la Vérité en nous. Oui, Vous me l'avez dit, votre Prescience Vous avait tout annoncé. Comment se fait-il, Père éternel, que Vous ayez créé Votre créature ? Ô Mystère adorable, incompréhensible ! Oui, Vous n'aviez pas d'autres raisons que l'Amour dans notre création ; Vous nous avez vus de Vous-même, et votre Charité Vous a forcé à nous créer malgré toutes les iniquités que nous devions commettre contre Vous. Vous n'avez pu résister, ô Amour éternel ; Vous aperceviez dans votre Lumière toutes les offenses de Votre créature contre Votre infinie Bonté, mais Vous avez paru ne pas les voir, Vous ne Vous êtes arrêté qu'à la beauté de votre Œuvre ; Vous l'avez aimée, Vous Vous êtes passionné pour elle, et Vous l'avez tirée de Votre sein pour la créer à votre Image et à votre Ressemblance. Ô Vérité éternelle ! Vous Vous êtes révélée à Votre indigne servante. Vous lui avez appris que c'est l'amour qui Vous a forcé à lui donner l'être. Vous voyiez qu'elle devait Vous offenser, mais votre Charité a détourné vos Regards de ses offenses pour les fixer uniquement sur la beauté de Votre créature ; car la vue de l'offense pouvait empêcher l'amour de répandre la vie. Vous le saviez, et Vous n'avez écouté que l'amour, parce que Vous n'êtes qu'un foyer d'amour. Et moi, mes fautes m'ont empêchée de Vous connaître ; mais accordez-moi la Grâce, ô très doux Amour, de l'épandre en votre Honneur tout le sang de mon corps ; faites que je me dépouille entièrement de moi-même. Bénissez aussi, ô mon Dieu, celui qui m'a donné la sainte Communion ; détachez-le de lui-même, revêtez-le de votre Volonté, fixez-le en Vous par des liens indissolubles, afin qu'il soit une plante répandant son parfum dans le jardin de la sainte Église. Accordez-nous, je Vous en conjure, ô Père très Clément, Votre douce Bénédiction ; lavez nos âmes dans le Sang de votre Fils. Ô Amour, Amour, je Vous demande la mort ! »
Ainsi soit-il.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) - Prière faite à Rome pendant une extase qui suivit la Communion, le Vendredi 18 février 1379