Saint Dominique vu par sainte Catherine
Si tu regardes la barque de ton Père Dominique, mon fils bien-aimé, tu verras qu'il y a parfaitement tout disposé pour m'honorer et sauver les âmes par la lumière de la science... Il prit la charge du Verbe, mon Fils unique, et il parut comme un apôtre dans le monde, tant il sema ma parole avec ardeur, dissipant les ténèbres et répandant partout la lumière. Ce fut un flambeau que je donnai aux hommes par l'intermédiaire de Marie pour détruire les hérétiques... Ton Père Dominique a mis à sa barque trois cordages, qui sont la chasteté, l'obéissance et la vraie pauvreté ; il a mis dans sa règle une grande modération, puisqu'il n'y a pas obligé les âmes sous peine de péché mortel... Dominique est ainsi d'accord avec ma Vérité, puisqu'il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Aussi, sa religion est toute large, toute joyeuse, toute parfumée. C'est un jardin de délices, mais ceux qui n'en observent pas la règle le rendent inculte et sauvage. La vertu y répand à peine quelque odeur, et la lumière de la science s'affaiblit en ceux qui s'y nourrissent. Ce jardin si désirable n'était point ainsi dans son principe ; les fleurs y abondaient, et les religieux y étaient d'une grande perfection... Oui, Dominique et François étaient véritablement les deux colonnes de l'Eglise : François par la pauvreté, et Dominique par la science.
Sainte Catherine de Sienne - Dialogue CLVIII