Saint Dominique à Paris
Saint Dominique envoya sept de ses premiers disciples à la conquête de l'université de Paris où ils arrivèrent le 12 septembre 1217 : Matthieu, ancien prieur de Toulouse, originaire d'Ile-de-France, qui, à la croisade de 1209, avait été chapelain de Simon de Montfort ; Bertrand ; Jean de Navarre, Laurent l'Anglais, Mannès, propre frère de saint Dominique ; l'espagnol Michel ; le frère convers normand, Authier. D'abord logés dans une maison proche de la cathédrale, entre le palais épiscopal et l'Hôtel-Dieu, il reçurent de l'Université et de Jean de Barastre, Doyen de Saint-Quentin, un petit hospice, rue Saint-Jacques, en face de Saint-Etienne-des-Grès, où ils s'établirent le 6 août 1218.
Saint Dominique, dit-on, vint à Paris avec Bertrand de Garrigue, aux premiers jours de mai 1219 : il entra par la porte d'Orléans pour rejoindre la maison de la rue Saint-Jacques qui comptait alors une trentaine de religieux. On pense qu'il disposa lui-même le cloître, le réfectoire et les dortoirs du couvent, qu'il prêcha la Saint-Jean à Notre-Dame, qu'il donna l'habit à Guillaume de Montferrat et à Henri le Teutonique, qu'il convertit Jourdain de Saxe et Reginald, qu'il rencontra Edme de Cartorbéry alors étudiant en théologie. Avant de partir, il aurait envoyé Philippe à Reims, Guerric à Metz, Guillaume à Poitiers, Pierre Calain à Limoges, Mannès avec Michel de Fabra en Espagne et d'autres frères à Orléans. C'est de Bologne qu'il envoya vers Paris le célèbre canoniste, maître Renaud (Réginald de Saint-Gilles) ; ancien doyen de Saint-Aignan d'Orléans, Renaud après été un des grands décrétistes parisiens, s'en était allé à Rome où, saint Dominique l'ayant guérit miraculeusement, il se fit dominicain ; Renaud mourut en 1220 et comme les Dominicains n'avaient pas encore de cimetière parisien, il fut enterré dans celui des Bénédictins de Notre-Dame-des-Champs.