9 août
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix - Edith Stein. Copatronne de l’Europe
Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix pour Noël
Voici la Prière « Et le Verbe s’est fait chair » d’Édith Stein (1891-1942), philosophe allemande juive qui se convertit au Catholicisme en 1922, entra au Carmel en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et canonisée en 1998. Juive, elle voulait rester solidaire de ses frères et mourut martyre gazée au Camp d'Auschwitz le 9 août 1942.
La Prière d’Édith Stein pour Noël « Et le Verbe s’est fait chair » :
« Quand les jours deviennent de plus en plus courts, quand en hiver tombent les premiers flocons de neige, alors, timide et douce, renaît la pensée de Noël. De ce simple mot émane un charme mystérieux auquel un cœur peut difficilement résister. Ceux-là même pour qui le vieux récit de l’Enfant de Bethléem ne signifie rien, croyants d’une autre foi ou incroyants, préparent la fête et cherchent comment allumer ici et là un rayon de joie. Depuis des semaines et des mois, un fleuve d’amour se répand sur toute la terre. Fête de l’amour et de la joie, c’est l’Étoile vers laquelle tous accourent en ce premier mois de l’hiver. Mais pour le chrétien, et en particulier pour le Catholique, Noël est encore autre chose. L’Étoile le conduit à la Crèche, auprès de l’Enfant qui apporte la paix sur la terre. En d’innombrables et gracieuses images, l’art chrétien le représente, et les vieilles mélodies, qui résonnent de tout le charme de l’enfance, le chantent pour nous. Dans le cœur de celui qui vit avec l’Église, les cloches du « Rorate » et les chants de l’Avent réveillent un saint et ardent désir ; et pour celui que désaltère la source intarissable de la liturgie, le grand prophète de l’Incarnation répète, jour après jour, ses puissantes menaces et ses promesses : « Cieux, répandez votre rosée ! Que des nuées descende le salut ! Le Seigneur vient ! Adorons-Le ! Viens, Seigneur, n’attends plus ! – Jérusalem, crie ta joie, car ton Sauveur vient à toi. » Du 17 au 24 décembre, les Grandes Antiennes « Ô » du Magnificat (Ô Sagesse, Ô Adonaï, Ô Fils de la race de Jessé, Ô clef de la Cité de David, Ô Orient, Ô Roi des Nations), toujours plus pressantes et toujours plus ardentes, crient leur appel : « Viens pour nous sauver ! » Et toujours plus lourde de promesse, la réponse parvient : « Voyez, tout est accompli » (dernier Dimanche de l’Avent). Et enfin : « Aujourd’hui vous saurez que le Seigneur va venir, et demain vous Le verrez paraître dans Sa gloire. » Oui, quand au soir les bougies brûlent aux arbres et que les cadeaux sont échangés, un désir inassouvi nous pousse au dehors vers une autre lumière, jusqu’au moment où sonnent les cloches de la Messe de minuit et où, sur les autels ornés de cierges et de fleurs, se renouvelle le Miracle de la Nuit sainte : « Et le Verbe s’est fait chair. » C’est alors l’instant de l’accomplissement bienheureux de notre espérance ».
Ainsi soit-il.
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
« Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum » pour l'Avent
Voici l’Hymne du Quatrième Dimanche de l’Avent en latin « Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum » et en français « Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste » tirée du Livre d'Isaïe (45, 8) qui exprime merveilleusement l’Attente de l’Avènement du Messie promis, Notre-Seigneur Jésus-Christ, chantée à l'aube du jour naissant à la lueur des bougies.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
1 : Ne irascaris Domine, ne ultra memineris iniquitatis. Ecce civitas sancta facta est deserta, Sion deserta est, Jerusalem desolata est, domus sanctificationis tuæ et gloriæ tuæ, ubi laudaverunt te patres nostri.
1 : Ne Vous irritez plus, Seigneur, ne Vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre Culte et à votre Gloire, où nos pères ont chanté vos Louanges.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
2 : Peccavimus, et facti sumus tamquam immundus nos, et cecidimus quasi folium universi. et iniquitates nostræ quasi ventus abstulerunt nos. Abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostræ.
2 : Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre Face à nos regards, et Vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
3 : Vide Domine afflictionem populi tui, et mitte quem missurus es : emitte Agnum dominatorem terræ, de petra deserti ad montem filiæ Sion, ut auferat ipse jugum captivitatis nostræ.
3 : Voyez, Seigneur, l'affliction de Votre peuple, et envoyez Celui que Vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre; qu’Il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu’Il enlève Lui-même le joug de notre captivité.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
4 : Consolamini, consolamini, popule meus : cito veniet salus tua ; quare mœrore consumeris, quia innovavit te dolor? Salvabo te, noli timere, ego enim sum Dominus Deus tuus, Sanctus Israel, redemptor tuus.
4 : Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
Grandes antiennes « Ô » de l'Avent pour l'Avent
Voici les « 7 Grandes antiennes « Ô » de l'Avent » en français et en latin « Antiphonae Majores » qui encadrent le Magnificat du 17 au 23 décembre à l’Office des Vêpres dans les sept jours qui précèdent Noël. Appelées aussi les « 7 Grandes Ô de l’Avent » parce qu’elles commencent toutes par l’exclamation « Ô » et sont suivies par un Titre donné au Christ qui va naître. Le mystère de l’acrostiche latin « ERO CRAS » des 7 titres christologiques inversés (en miroir) des 7 « Ô » : Sapientia, Adonai, Radix, Clavis, Oriens, Rex, Emmanuel, peut se traduire par « Je serai demain ».
La grande « Ô » du 17 décembre :
« Ô Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, toi qui régis l’univers avec force et douceur : viens nous enseigner le chemin de la vérité » (Sag 8, 1)
« Ô Sapientia, quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ ».
Ô Sagesse de la bouche du Très-Haut : Tout vient du « Très-Haut », de toute éternité, Celui « qui régit l'univers » a décidé de venir nous sauver. Pour que l'homme puisse revenir à Dieu et partager Sa vie divine, le Père lui envoie la « Sagesse de sa bouche ». Belle expression qui anticipe la joie à venir : « Le Verbe s'est fait chair ». Dès l'origine, le terme est envisagé, mais le chemin se révèle, pas à pas, à celui qui prie avec confiance : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 18 décembre :
« Ô Adonaï, et Chef de la maison d’Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent et tu lui donnes la Loi sur la montagne : viens nous délivrer par la vigueur de ton bras » (Ex 3, 2 et 20, 1)
« Ô Adonai, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento ».
Ô Chef de ton peuple Israël : Dieu est un père qui ne brusque pas les hommes qu’Il a créés avec amour et pour l'amour. Il prend le temps de l'éducation. Aussi, au milieu du monde, Il choisit un peuple auquel Il se révèle, comme Dieu dans le « buisson ardent », comme Père en lui donnant la « Loi », comme Sauveur en le délivrant de l'esclavage. Dieu est le « Chef de son peuple », Il le conduit et l'éduque, Il le prépare à L'accueillir et lui apprend les mots de l'attente : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 19 décembre :
« Ô Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant Toi, tandis que les nations t’appellent : viens nous sauver, ne tarde plus » (Is 11, 10)
« Ô Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare ».
Ô Rameau de Jessé : Le dessein de Dieu concerne tous les hommes, et pourtant Il a choisi un peuple particulier, le plus petit parmi les nations, lui confiant la charge de témoigner de sa Présence. Et, au milieu de ce peuple, Dieu choisit une famille particulière, celle de Jessé, un homme sans histoire. Le Roi de l'univers, qui domine toute chose, choisit de plus en plus précisément le lieu où Il va réaliser son Œuvre de Grâce. Pour manifester sa Gloire, Il choisit les plus insignifiants, ceux qui savent crier : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 20 décembre :
« Ô Clé de David, Sceptre de la maison d’Israël, tu ouvres et nul ne fermera, tu fermes et nul n’ouvrira : viens arracher les captifs aux ténèbres de la mort » (Is 22, 22 – Ap 3, 7 – Lc 1, 78)
« Ô Clavis David, et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis ».
Ô Clé de David : La famille de Jessé est encore un trop grand domaine. Parmi ses sept fils, Dieu choisit le dernier, le plus petit, celui qui garde les troupeaux et que l'on n'a même pas pensé à faire venir en présence du prophète Samuel. La splendeur du dessein de Dieu, sauver l'homme en l'arrachant « aux ténèbres », passe par des voies indéchiffrables selon les critères du monde. La grande figure de David se dresse sur l'humilité d'un pécheur pardonné. Dieu libère ceux qui comme David s'écrient : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 21 décembre :
« Ô Orient, splendeur de la lumière éternelle et Soleil de justice : viens illuminer ceux qui sont assis à l’ombre de la mort » (Ps 106, 10)
« Ô Oriens, splendor lucis æternæ, et sol iustitiæ : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis ».
Ô Soleil levant : À partir d'aujourd'hui, les « antiennes Ô » nous entraînent dans une nouvelle étape. Au long des siècles, le Père a révélé Son dessein d'amour, mais vient le temps de Sa réalisation. Et, pour ce faire, Dieu a suscité des hommes et des femmes attentifs et fidèles à Ses promesses. Zacharie et sa femme Élisabeth sont les premiers à apercevoir les lueurs du « Soleil levant qui illumine ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort », ils nous invitent à prier avec davantage d'insistance pour qu'advienne le salut définitif : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 22 décembre :
« Ô Roi des nations, tant désiré par elles, Pierre angulaire qui unit toutes choses : viens sauver l’homme que tu as tiré du limon » (Ag 2, 8 – Ep 2, 14)
« Ô Rex gentium, et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti ».
Ô Roi des nations :Vers Toi est tourné leur désir. Tous les peuples auront part à l’Alliance, Tu fais d'eux un seul corps dans l'Esprit. Viens renverser les murs qui nous séparent : « Seigneur, ne tarde pas, viens nous sauver ! »
La grande « Ô » du 23 décembre :
« Ô Emmanuel, notre roi et notre Législateur, attente et salut des nations : viens nous sauver, ô Seigneur notre Dieu » (Is 7, 14 et 32, 22)
« Ô Emmanuel, Rex et legifer noster, exspectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster ».
Ô Emmanuel : Le terme de la route est proche. Le Dessein de Dieu prend forme, mais personne n'avait compris jusqu'où allait l'humilité de Dieu. Il se fait « Emmanuel », Dieu-avec nous, un Dieu qui marche avec son peuple, en prenant chair de sa chair. Oui, celui qui vient nous sauver peut être nommé « Sagesse de la bouche du Très-Haut », « Chef de son peuple », « Rameau de Jessé », « Clé de David », « Soleil levant », « Roi de l'univers » et « Désiré des nations » parce qu’Il accomplit toute chose. Une dernière fois, et pour que « l'espérance et le salut des nations » soient réalisés en plénitude, nous implorons le Père d'achever l'œuvre de grâce inaugurée dans le Mystère de Noël : « Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »
Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de La Croix à Jésus-Christ
Voici la Prière à la Sainte Face « Toi qui as aimé les tiens comme jamais aucun homme n’a aimé sur cette terre » d’Edith Stein (1891-1942), Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière « Toi qui as aimé les tiens comme jamais aucun homme n’a aimé sur cette terre » de Sainte Thérèse-Bénédicte de La Croix :
« Toi qui as aimé les tiens comme jamais aucun homme n’a aimé sur cette terre, Tu nous as fait, en quittant la terre, la promesse consolante de rester avec nous jusqu’à la fin des temps. Maintenant, Tu habites caché au milieu de nous. En tous temps et en tous lieux se déversent hors de ta tente consolation, lumière et force dans les âmes ici-bas qui se réfugient auprès de Toi. Elles regardent avec amour vers la petite hostie, image silencieuse de la pureté et de la paix. Pourtant, dans le cœur de ceux qui T’aiment, jamais ne se tait le désir ardent de Te voir en personne, Toi, le plus beau de tous les enfants des hommes, dans ta forme corporelle. Et maintenant, en ces derniers temps, alors que la foi, l’espérance et l’amour ont disparu, Tu as découvert ta Sainte Face, la Face de celui qui souffrit sur la Croix et ferma les yeux dans le sommeil de la mort. Comme derrière un voile nous voyons la souffrance dans ces traits saints, sublimes. Cette souffrance - dépassant toute mesure humaine - est si grande que nous ne pouvons ni la saisir ni la pénétrer. Pourtant, Tu souffris silencieux et en Toi était une force qui maîtrisait l’excès de la souffrance. Tu étais son Seigneur lorsque Tu te livrais à elle. Une paix insondable et profonde coule de ces traits et dit : Tout est accompli. Sur celui à qui Tu t’unis éternellement, Tu jettes le mystérieux voile : il supporte avec Toi, Ta souffrance et souffre comme Toi, caché, silencieux et profondément en paix. Amen. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Edith Stein pour les Malades
Voici la Prière « Mon Dieu, Bénis l'esprit brisé des souffrants » de Sainte Edith Stein (1891-1942), Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière de Sainte Edith Stein « Mon Dieu, Bénis l'esprit brisé des souffrants » :
« Mon Dieu, Bénis l'esprit brisé des souffrants, la lourde solitude des hommes, l'être qui ne connaît nul repos, la souffrance qu'on ne confie jamais à personne. Bénis la misère des hommes qui meurent en cette heure. Donne-leur, mon Dieu, une bonne fin. Bénis les cœurs, Seigneur, les cœurs amers. Avant tout donne aux malades le soulagement, enseigne l'oubli à ceux que Tu as privés de leur bien le plus cher. Ne laisse personne, sur la terre entière dans la détresse. Bénis ceux qui sont dans la joie, Seigneur, protège-les. Moi, Tu ne m'as jamais, à ce jour, délivrée de la tristesse. Elle me pèse parfois beaucoup. Néanmoins Tu me donnes Ta force et je peux ainsi la porter. Ainsi soit-il. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix à Dieu le Père
Voici la Prière « Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir sur les chemins qui sont les Tiens » de Sainte Edith Stein (1891-1942), Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix « Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir sur les chemins qui sont les Tiens » :
« Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir sur les chemins qui sont les Tiens. Je ne veux pas savoir où Tu me conduis. Ne suis-je pas Ton enfant ? Tu es le Père de la Sagesse et aussi mon Père. Même si Tu me conduis à travers la nuit, Tu me conduis vers Toi. Seigneur, laisse arriver ce que Tu veux : je suis prête, même si jamais Tu ne me rassasies en cette vie. Tu es le Seigneur du Temps. Fais tout selon les plans de ta Sagesse. Quand doucement Tu appelles au sacrifice, aide-moi, oui, à l'accomplir. Laisse-moi dépasser mon petit moi, pour que morte à moi-même, je ne vive plus que pour Toi. Ainsi soit-il. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix au Saint-Esprit
Voici la Prière « Qui es-Tu douce Lumière ? » de Sainte Edith Stein (1891-1942), Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix « Qui es-Tu douce Lumière ? » :
« Qui es-Tu douce Lumière qui me combles et illumines la ténèbre de mon cœur ? Comme la main d'une mère, Tu me conduis et, si Tu me lâchais, je ne saurais faire un pas de plus. Tu es l'espace environnant mon être et l'abritant en Toi. Le rejetterais-tu, il coulerait à pic dans l'abîme du néant d’où Tu le tiras pour l'élever vers la lumière. Toi, qui m'es plus proche que je ne le suis moi-même, qui m'es plus intérieur que mon propre cœur, et pourtant insaisissable, inconcevable, au-delà de tout nom, Saint-Esprit, éternel Amour ! N'es-tu pas la douce manne qui déborde du cœur du Fils dans mon cœur, Nourriture des anges et des bienheureux ? Lui qui s'éleva de la mort à une vie nouvelle m'a éveillée aussi du sommeil de la mort à une vie nouvelle et me donne vie nouvelle jour après jour. Sa Plénitude viendra un jour m'inonder, Vie de Ta vie, oui Toi-même Esprit Saint, Vie éternelle. Es-tu le rayon qui jaillit du trône du Juge éternel et fait irruption dans la nuit de l'âme, qui jamais ne se connut elle-même ? Miséricordieux, impitoyable, il pénètre les replis cachés. Effrayée à la vue d'elle-même, elle est saisie d'une crainte sacrée, le commencement de cette Sagesse, qui nous vient d'en haut et nous ancre solidement dans les hauteurs par Ton action qui nous crée à neuf, Esprit Saint, Rayon qui pénètre tout. Es-Tu la plénitude de l'esprit et de la force par laquelle l'Agneau délie les sceaux de l'éternel dessein de Dieu ? Envoyés par Toi, les messagers du jugement chevauchent de par le monde et séparent d'un glaive acéré le royaume de la Lumière du royaume de la nuit. Alors le ciel devient nouveau et nouvelle la terre et tout vient à sa juste place Sous Ton souffle Esprit Saint, Force victorieuse. Es-Tu le maître qui édifie la Cathédrale éternelle, qui de la terre s'élève dans les cieux ? Vivifiées par Toi, les colonnes s'enlacent bien haut et se dressent à jamais inébranlables. Marquées du nom éternel de Dieu, elles se haussent dans la lumière et portent la coupole puissante qui couronne la Cathédrale sacrée, Ton œuvre qui embrasse le monde, Esprit Saint, Main de Dieu qui façonne. Est-ce Toi qui créas le miroir clair tout proche du trône du Très-Haut, pareil à une mer de cristal, où la Divinité se contemple avec amour ? Tu Te penches sur la plus belle œuvre de Ta création, reflet lumineux de Ton propre rayonnement et de tous les êtres, pure beauté Unie à la figure aimable de la Vierge, Ton épouse immaculée Esprit Saint, Créateur de l'univers. Es-tu le doux cantique d'amour et de crainte sacrée qui retentit près du trône de La Trinité, qui marie en Lui le son pur de tous les êtres ? Harmonie qui assemble les membres à la Tête, et se répand plein d'allégresse, libre de toute entrave dans Ton jaillissement Esprit Saint, Allégresse éternelle. Ainsi soit-il. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix pour les Défunts
Voici la Prière « Dieu notre Père, donne à tous les morts le repos dans Ta paix éternelle » de Sainte Edith Stein (1891-1942), Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix « Dieu notre Père, donne à tous les morts le repos dans Ta paix éternelle » :
« Dieu notre Père, bénis l’esprit humilié de ceux qui sont oppressés par la souffrance, la solitude pesante des âmes profondes, l’être inquiet des hommes et la souffrance qu’une âme n’ose confier à aucune âme sœur. Et bénis cette bande d’exaltés ténébreux qui ne craignent pas le fantôme de chemins inconnus. Bénis la détresse des hommes qui meurent en cette heure, donne-leur, Dieu de bonté, une fin paisible, bienheureuse. Bénis tous les cœurs, surtout les cœurs affligés. Seigneur, aux malades donne soulagement ; aux tourmentés, la paix. À ceux qui emportent leur amour dans la tombe, apprends-leur à oublier. Ne laisse aucun cœur dans la peine du péché sur toute la terre. Bénis ceux qui sont heureux, Seigneur. Garde-les sous Ta protection. Tu ne m’as pas encore enlevé le vêtement de deuil. Il pèse parfois lourdement sur mes épaules fatiguées mais si Tu donnes la force, alors je le porterai, expiant, jusqu’à la tombe. Bénis ensuite mon sommeil, le sommeil de tous les morts. Souviens-toi de la souffrance que Ton Fils endura pour moi dans son angoisse mortelle. Ton Être plein de miséricorde pour toutes les détresses humaines donne à tous les morts le repos dans Ta paix éternelle. Ainsi soit-il. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière d’Édith Stein à Jésus-Christ
Voici la Prière « Mon Seigneur et mon Dieu, rien ne pourra jamais me séparer de Ton Amour » de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) né Édith Stein, Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La Prière d’Édith Stein « Mon Seigneur et mon Dieu, rien ne pourra jamais me séparer de Ton Amour » :
« Mon Seigneur et mon Dieu, Tu m’as conduite sur un long chemin, obscur, pierreux et dur. Maintes fois mes forces faillirent m’abandonner, à peine j’espérais voir un jour la Lumière. Pourtant, au plus profond de la douleur où mon cœur se figeait, une étoile claire et douce se leva pour moi. Elle me conduisit fidèlement ; je la suivis d’abord hésitante, puis de plus en plus confiante, je me tenais enfin à la porte de l’Église. Elle s’ouvrit ; je demandai d’entrer. Est-il possible, Seigneur, que renaisse celui qui a franchi la moitié de sa vie ? Tu l’as dit, et pour moi c’est devenu réalité. Le fardeau d’une longue vie de fautes et de souffrances est tombé de moi. Oh ! Aucun cœur d’homme ne peut comprendre ce que Tu réserves à ceux qui T’aiment. Maintenant je T’ai et ne Te lâcherai plus. Où que conduise le chemin de ma vie, Tu es toujours auprès de moi, rien ne pourra jamais me séparer de Ton Amour. Amen. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
La « Lettre à Pie XI » d’Édith Stein pour la Paix
Voici la « Lettre à Pie XI du 12 avril 1933 » de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) né Édith Stein, Allemande d'origine Juive devenue Religieuse Carmélite qui fut déportée au camp d'Auschwitz.
La « Lettre à Pie XI du 12 avril 1933 » d’Édith Stein :
Saint Père !
Comme fille du peuple juif, qui par la grâce de Dieu est devenue depuis onze ans fille de l'Eglise catholique, j'ose exprimer au Père de la chrétienté ce qui préoccupe des millions d'Allemands.
Depuis des semaines nous sommes spectateurs en Allemagne, d'événements qui montrent un total mépris de la justice et de l'humanité, pour ne pas parler de l'amour du prochain.
Depuis des années, les chefs du National Socialisme ont prêché la haine contre les juifs.
Maintenant qu'ils ont détenu le pouvoir et armé leurs fidèles-parmi lesquels figurent des éléments criminels connus, ils recueillent le fruit de la haine qu'ils ont semée…
Tout ce qui est arrivé et ce qui arrive quotidiennement vient d'un gouvernement qui se définit « chrétien ».
Non seulement les juifs, mais aussi des milliers de fidèles catholiques de l'Allemagne - et, je pense, du monde entier - attendent depuis des semaines et espèrent que l'Eglise du Christ fasse entendre sa voix contre un tel abus du nom du Christ.
L'idolâtrie de la race et du pouvoir de l'Etat, avec laquelle la radio martèle quotidiennement les masses, n'est-elle pas une hérésie ouverte ?
Cette guerre d'extermination contre le sang juif n'est-elle pas un outrage à la très sainte humanité de notre Sauveur, de la bienheureuse Vierge et des Apôtres ?...
N'est-ce pas une tache noire sur l'histoire de cette Année Sainte qui aurait dû devenir l'année de la paix et de la réconciliation ?...
La guerre contre le catholicisme se développe en sourdine et avec des moyens moins brutaux que contre le judaïsme, mais pas moins systématiquement.
Il ne se passera pas beaucoup de temps avant qu'aucun catholique ne puisse plus avoir un emploi à moins qu'il ne se soumette sans conditions au nouveau courant.
Aux pieds de Votre Sainteté, demandant la bénédiction apostolique.
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix à la Sainte Vierge
Voici la Prière à Marie, Reine du Carmel « Aujourd'hui près de Toi je demeure au Calvaire » de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) né Édith Stein, philosophe allemande qui se convertit au catholicisme en 1922, entra au Carmel en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et canonisée en 1998. Juive, elle voulait rester solidaire de ses frères et mourut martyre au camp d'Auschwitz en 1942.
La Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix à Marie, Reine du Carmel « Aujourd'hui près de Toi je demeure au Calvaire » :
« Aujourd'hui près de Toi je demeure au Calvaire et là jamais autant mon âme n'a senti qu'à l'ombre de la Croix Tu devins notre Mère. Oh ! Comme tout cœur maternel prend soin d'accomplir d'un fils les volontés dernières ! Mais Toi, Tu fus l'humble servante du Seigneur, dans le don total de ton être et ta vie à l'Être et la vie du grand Dieu incarné : et c'est ainsi que Tu pris les tiens en ton coeur, par le sang précieux de tes douleurs amères achetant à nos âmes une nouvelle vie. Tu connais chacun : ses blessures, ses peines, mais aussi la gloire que l'Amour du Fils veut épandre sur nous en clartés éternelles. Tu guides ainsi nos pas, attentive et fidèle ; aucun prix n'est trop haut pour nous mener au terme. Mais ceux choisis par Toi pour former ton escorte et T'entourer un jour près du Trône immortel devront ici-bas T'assister au Calvaire et du sang de leur cœur broyé sous les tourments achèteront le ciel pour les âmes si chères confiées par le Fils en suprême héritage. Amen. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Édith Stein à Dieu le Père
Voici la Prière « Tu plonges plein d'Amour ton Regard dans le mien » de Sainte Édith Stein (1891-1942), philosophe allemande qui se convertit au catholicisme en 1922, entra au Carmel en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et canonisée en 1998. Juive, elle voulait rester solidaire de ses frères et mourut martyre au Camp d'Auschwitz en 1942.
La Prière de Sainte Édith Stein « Tu plonges plein d'Amour ton Regard dans le mien » :
« Tu plonges plein d'Amour ton Regard dans le mien, et Tu prêtes ton Oreille à mes faibles paroles, et emplis de Paix le tréfonds de mon cœur. Pourtant ton Amour ne se rassasie point dans cet échange qui laisse subsister une séparation. Ton Cœur désire bien davantage. Ton Corps traverse mystérieusement le mien et ton Âme s'unit à la mienne : voilà que je ne suis plus ce que j'ai été naguère. Tu viens et Tu vas mais Tu laisses derrière Toi la semence que Tu répandis pour la gloire à venir, enfouie dans un corps de poussière. Amen. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Édith Stein du Soir
Voici la Prière « Seigneur, ne veux-Tu pas éclairer la nuit pour moi ? » de Sainte Édith Stein (1891-1942), philosophe allemande qui se convertit au catholicisme en 1922, entra au Carmel en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et canonisée en 1998. Juive, elle voulait rester solidaire de ses frères et mourut martyre au Camp d'Auschwitz en 1942.
La Prière de Sainte Édith Stein « Seigneur, ne veux-Tu pas éclairer la nuit pour moi ? » :
« Seigneur, les vagues sont déchaînées et la nuit est sombre. Ne veux-Tu pas l'éclairer pour moi, qui veille en solitaire ? Tiens ferme la main sur le gouvernail et sois confiante et paisible. Ton petit bateau m'est cher, et je veux le piloter jusqu'au but. Garde seulement fidèlement ton attention constamment fixée sur la boussole, elle aide à gagner le but à travers tempêtes et nuit. Sois donc confiante et paisible : la Volonté de Dieu conduit fidèlement à travers tempête et nuit, quand la conscience veille. Amen. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Prière de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Notre-Dame des Douleurs, c’est au pied de la Croix que Vous êtes devenue notre Mère » de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (1891-1942) né Édith Stein, philosophe allemande juive qui se convertit au Catholicisme en lisant la vie de Sainte Thérèse d’Avila en 1922, entra au Carmel de Cologne en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse Bénédicte de la Croix et fut canonisée en 1998.
La Prière d’Édith Stein « Notre-Dame des Douleurs, c’est au pied de la Croix que Vous êtes devenue notre Mère » :
« Aujourd'hui avec Vous, Notre-Dame des Douleurs, au pied de la Croix, j'ai senti plus profondément que jamais que là, et là seulement Vous êtes devenue notre Mère. Les mères d'ici-bas elles-mêmes accomplissent fidèlement les dernières volontés de leurs fils. Mais Vous êtes devenue la Servante du Seigneur ; votre Vie a été toute dédiée à la Vie et à l’Être du Dieu fait homme. Et Vous avez caché Vos enfants dans votre Cœur et acheté une vie nouvelle pour chacun d'eux du sang de Vos amères douleurs. Vous nous connaissez tous, avec nos plaies et nos défauts ; mais Vous connaissez aussi l'éclat céleste dont l'Amour de votre Fils nous enveloppera là-haut. Aussi guidez-Vous attentivement nos pas chancelants et ne trouvez-Vous aucun prix trop élevé pour nous conduire au Ciel. Mais ceux que Vous avez choisis comme compagnons pour entourer avec Vous le Trône éternel doivent ici-bas se tenir au pied de la Croix, et du sang de leurs amères douleurs acheter la Gloire céleste pour les âmes que le Fils de Dieu leur a confiées. Ainsi soit-il. »
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix : Édith Stein est la benjamine d'une riche famille juive orthodoxe de sept enfants élevés par leur seule mère. Philosophe d'une acuité remarquable, elle se convertit au catholicisme, se fait baptiser à 31 ans puis devient carmélite à Cologne. Envoyée au carmel d'Echt, aux Pays-Bas, elle est arrêtée par les nazis avec sa sœur Rosa. Toutes deux sont déportées et meurent gazées à Auschwitz. Cette « fleur d'Israël » est béatifiée en 1987.
Prière d’Édith Stein à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, est-il possible à quelqu'un de renaître une fois écoulée la moitié de sa vie ? » de Sainte Édith Stein (1891-1942), philosophe allemande juive qui se convertit au Catholicisme en 1922, entra au Carmel en 1933 prenant le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et canonisée en 1998. Juive, elle voulait rester solidaire de ses frères et mourut martyre gazée au Camp d'Auschwitz le 9 août 1942.
La Prière d’Edith Stein « Seigneur, est-il possible à quelqu'un de renaître une fois écoulée la moitié de sa vie ? » :
« Seigneur, est-il possible à quelqu'un de renaître une fois écoulée la moitié de sa vie ? Tu l'as dit, et c'est pour moi devenu réalité. Le poids des fautes et des peines de ma longue vie m'a quittée. Debout j'ai reçu le manteau blanc placé sur mes épaules, symbole lumineux de la pureté ! J'ai porté à la main le cierge dont la flamme annonce qu'en moi brûle Ta vie sainte. Mon cœur est désormais la crèche qui attend Ta présence. Marie, Ta mère, qui est aussi la mienne, a déposé en mon cœur Son enfant nouveau-né. Oh ! Nul cœur humain ne peut concevoir ce que Tu prépares à ceux qui T'aiment. Tu es à moi désormais et jamais plus je ne Te quitterai. Où que puisse aller la route de ma vie ».
Ainsi soit-il.
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)
Été 1921 : la jeune philosophe allemande Édith Stein emporte dans ses bagages l'autobiographie de sainte Thérèse d'Avila. Elle la lit souvent. À voix haute. Pourtant, à 14 ans, Édith s'est déclarée athée et a coupé délibérément avec la foi juive de sa mère. Étudiante en philosophie, passionnée par le « réel précis de l'âme humaine », elle vit douloureusement sa recherche de la vérité. Infirmière au début de la Grande Guerre, elle a vu de près ce que peut l'homme. À l'université de Gôttingen, sa thèse sur l'empathie, perception intuitive du vécu d'autrui, a été remarquée. Arrive la mort absurde de son ami, le philosophe Adolf Reinach, converti à la foi évangélique et tombé au front en 1917. Comment soutenir sa femme Anna ? Édith est interloquée. La jeune veuve à l'espérance rayonnante console les autres. « Pour la première fois, je rencontrai la croix et cette force qu'elle communique à ceux qui la portent. Mon incrédulité céda » . Alors, le récit vivant que Thérèse d'Avila livre de sa vie, son cœur à cœur avec Dieu bouleverse Édith. L’Être capable d'empathie, serait-il Dieu ? « Quand je refermai le livre, je me dis : ceci est la vérité ». Baptisée le 1er janvier 1922, Édith songe déjà au Carmel, mais ne le rejoint qu'onze ans plus tard, alors que le IIIe Reich a pris possession de l'Allemagne. Un soir de Carême 1933, un collègue universitaire catholique, ignorant les origines d'Édith, l'informe des exactions commises contre les juifs, révélées par la presse américaine. « Je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi le mien ». Au carmel de Cologne, elle prend le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix. Littéralement « Thérèse bénie de la Croix ». Arrêtée le 2 août 1942 en Hollande, où elle est réfugiée depuis la Nuit de cristal (1938), elle est déportée à Auschwitz et gazée le 9 août. « La science de la Croix - titre de l'un de ses ouvrages - peut être apprise seulement si l'on ressent tout le poids de la Croix. De cela j'étais convaincue depuis le premier instant ».