20 août
Saint Bernard, abbé cistercien et docteur de l’Église
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici une Prière à la Mère de Dieu « Ô Reine bénie, Vous avez porté, allaité et adoré le Roi du Ciel » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de Saint Bernard « Ô Reine bénie, Vous avez porté, allaité et adoré le Roi du Ciel » :
« Vous avez porté, Vous avez allaité, ô Reine bénie, Celui qu’adore et honore la triple Machine du monde. Vous adoriez en L’allaitant ce Dieu fait homme qui nous a purifiés et nous a sauvés en répandant son Sang. Vous Le pressiez contre Votre sein quand Il pleurait pour être allaité. Il remplissait les devoirs du serviteur et Vous ceux de la servante. Que d’angoisses, que de douleurs a éprouvées Votre âme, lorsque le plus pervers des peuples a élevé sur la Croix le souverain Maître ! Que de pleurs, que de souffrances, que de gémissements lorsque le Roi du Ciel a été livré à une mort si cruelle ! »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
« Le Crucifiement de Jésus-Christ » avec Saint Bernard de Clairvaux Mystères Douloureux
Récitons notre Chapelet en méditant « Le Crucifiement de Jésus-Christ », cinquième Mystère Douloureux du Rosaire des mardi et vendredi, avec des textes de Saint Bernard de Clairvaux et la « Catéchèse sur Saint Bernard de Clairvaux » de Benoît XVI.
- Cinquième Mystère Douloureux : « Le Crucifiement de Jésus-Christ »
« Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C'est achevé » et, inclinant la tête, il remit l'esprit. Comme c'était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat - car ce sabbat était un grand jour -, demandèrent à Pilate qu'on leur brisât les jambes et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui. Venus à Jésus, quand ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l'eau. » (Jn 19, 30-34)
« En toi, Seigneur, j'ai mon refuge ! » (Ps 31 (30), 2)
Fruit du Mystère :
le Pardon des offenses
Textes de méditation sur « Le Crucifiement de Jésus-Christ » de Saint Bernard de Clairvaux :
Seul il a goûté la mort, non par une nécessité qui l'obligeait, mais par le seul bon plaisir et le choix de sa volonté. Et il a souffert sa mort, non pour des amis déjà acquis, mais pour des amis à gagner en les transformant d'ennemis en amis. Car, comme dit l'Apôtre, c'est lorsque nous étions encore ennemis que nous avons été réconciliés avec Dieu par le sang de son Fils. Disons plutôt qu'il est mort pour ceux qui étaient déjà ses amis, car si ceux-ci ne l'aimaient pas encore, lui déjà les aimait !
Non content de livrer son âme à la mort et de porter le péché des multitudes, il va de plus prier pour les transgresseurs de la loi afin qu'ils ne périssent pas.
Mais, diras-tu, qu'est-ce que cette justice où l'innocent doit mourir pour l'impie ? Non, ce n'est pas de la justice, c'est de la miséricorde !
Voilà comment aux misères du corps, répondent les miséricordes du cœur. Celles-ci l'emporteront-elles sur celles-là, ou bien les premières vaincront-elles les secondes ? O Seigneur, que tes antiques miséricordes l'emportent, et que ta sagesse triomphe de leur malice ! L'iniquité de tes bourreaux est grande, mais ta bonté ne l'est-elle pas davantage encore, Seigneur ? Oui, elle l'est, et elle l'est au-delà de toute mesure. Seigneur, qu'est-ce que la fosse que les impies peuvent creuser, comparée aux abîmes de ta mansuétude ?
Ceux qui ont crucifié le Seigneur étaient de grands pécheurs, mais ils étaient faibles en jugement. Maintenant, que sont-ils, sinon des malheureux ? Cependant des malheureux dont il faut avoir pitié. La preuve en est dans la douce supplication de celui qui, souffrant sur la croix ne cessait de compatir et disait : « Père, pardonne-leur ».
II a dit : « Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). C'est un mot irrévocable que tu as prononcé là, Seigneur ! Ta parole ne reviendra pas à toi sans avoir produit son effet, mais elle s'accomplira !
J'aperçois le bon larron qui s'accuse, le Christ l'excuse ; et le Seigneur lui fait cette promesse : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » ! (Lc 23, 43).
« Alors, inclinant la tête, celui qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort remit l'Esprit » (Jn 19, 30). Quel homme peut-il s'endormir ainsi à son gré dans les bras de la mort ? Sans doute la mort est la plus grande défaillance, mais vraiment, mourir ainsi, quelle puissance !
Jésus, mon Seigneur a voulu encore qu'on lui perce le côté droit (Jn 19, 34), parce qu'il voulait de ce côté-là épancher sur nous sa grâce, et à sa droite nous préparer un refuge. Puissé-je, telle la colombe, habiter le creux du rocher, dans l'ouverture du côté droit de Jésus-Christ !
Le secret de son cœur apparaît par les ouvertures de son corps !
(Textes extraits des sermons, homélies, lettres et écrits de Saint Bernard de Clairvaux)
1 Pater + 10 Ave + Gloria Patri
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux : « SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie »
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
« SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie » est une prière catholique dédiée à la Vierge Marie. Elle a été composée au XIIe siècle, en 1153, par Saint Bernard de Clairvaux, fondateur de l'Ordre des Cisterciens. La Très Sainte Vierge Marie n’abandonne jamais ceux qui prient son intercession et cette prière permet d’accomplir l’impossible.
La Prière « SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie » de Saint Bernard de Clairvaux :
SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé votre secours, ait été abandonné.
Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je cours vers vous, je viens à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds.
Ô Marie, Mère du Verbe incarné ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière Mariale de « Saint Bernard de Clairvaux » à la Sainte Vierge
Cette Prière Mariale « Par toi, notre Dame, que Dieu nous reçoive ! » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans, est une belle Prière d’intercession auprès de la Très Sainte Vierge Marie pour rencontrer notre Seigneur Jésus-Christ…
Prière Mariale « Par toi, notre Dame, que Dieu nous reçoive ! » de Saint Bernard de Clairvaux :
« Marie, puissions-nous avoir par toi accès auprès de ton Fils, toi qui as eu le bonheur de trouver la grâce, d'enfanter la vie et le salut ! Que celui qui nous a été donné par toi, par toi aussi nous reçoive ! Que ta sainteté excuse auprès de lui la faute de notre corruption, et que ton humilité, qui charme les yeux de Dieu, lui fasse pardonner notre vanité. Que ton immense charité couvre la multitude de nos péchés, et que ta glorieuse fécondité nous rende féconds aussi en bonnes œuvres. O toi, notre Dame, notre avocate, réconcilie-nous avec ton Fils, recommande-nous, présente-nous à lui ; fais, ô bienheureuse Vierge, par la grâce que tu as trouvée, par la prérogative que tu as méritée, par la miséricorde dont tu es la Mère, fais que Jésus, ton Fils et notre Seigneur, nous donne de partager un jour la gloire et le bonheur éternels. Amen ! »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière Mariale de « Saint Bernard de Clairvaux » sur la Louange
Voici la Prière Mariale appelant à la confiance, mise en musique depuis par la Communauté de l’Emmanuel avec le tutoiement « Regarde l’étoile, invoque Marie » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans : une belle Prière de louanges à la Très Sainte Vierge Marie.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Regardez l’étoile, invoquez Marie » :
« Lorsque vous assaillent les vents des tentations, lorsque vous voyez paraître les écueils du malheur, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes ballottés sur les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la calomnie, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, l’avarice, les séductions charnelles viennent secouer la légère embarcation de votre âme, levez les yeux vers Marie. Dans le péril, l’angoisse, le doute, pensez à Marie, invoquez Marie. Que son nom ne quitte ni vos lèvres ni vos cœurs ! Et pour obtenir son intercession, ne vous détournez pas de son exemple. En la suivant, vous ne vous égarerez pas. En la suppliant, vous ne connaîtrez pas le désespoir. En pensant à elle, vous éviterez toute erreur. Si elle vous soutient, vous ne sombrerez pas ; si elle vous protège, vous n’aurez rien à craindre ; sous sa conduite vous ignorerez la fatigue ; grâce à sa faveur, vous atteindrez le but. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô toi, qui que tu sois, appelle Marie » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Ô toi, qui que tu sois, appelle Marie » :
« Ô toi, qui que tu sois, qui te sais vacillant sur les flots de ce monde parmi les bourrasques et les tempêtes, plutôt que faisant route sur la terre ferme, ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre si tu ne veux pas te noyer durant les bourrasques. Si surgissent en toi les vents des tentations, si tu navigues parmi les écueils des épreuves regarde l’étoile, appelle Marie. Si tu es ballotté sur les vagues de l’insolence et de l’ambition, du dénigrement ou de la jalousie, regarde l’étoile, appelle Marie. Si la colère, l’avarice ou les désirs de la chair secouent l’esquif de ton âme, regarde vers Marie. Si, troublé par la démesure de tes crimes, confus par l’infection de ta conscience, terrifié par l’horreur du jugement, tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, l’abîme du désespoir, pense à Marie. Dans les dangers, les angoisses, les incertitudes, pense à Marie, appelle Marie. Qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur. Et pour être sûr d’obtenir le suffrage de ses prières, ne néglige pas l’exemple de sa vie. En la suivant, tu ne t’égares pas ; en la priant tu ne désespères pas ; elle te tient, tu ne t’écroules pas ; elle te protège, tu ne crains pas ; elle te guide, tu ne te lasses pas ; elle te favorise, tu aboutis. Ainsi par ta propre expérience tu sais à quel point se justifie la parole : « Et le nom de la Vierge était Marie ». Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière Mariale de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici une jolie Prière de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) : « Le nom de la Vierge était Marie ».
La Prière « Le nom de la Vierge était Marie » de Saint Bernard de Clairvaux :
« Marie est la noble étoile, dont les rayons illuminent le monde entier, dont la splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers ; Elle illumine le monde et échauffe les âmes, Elle enflamme les vertus et consume les vices. Elle brille par ses mérites et éclaire par ses exemples. Ô toi qui te vois ballotté dans le courant de ce siècle, au milieu des orages et des tempêtes de manière plus périlleuse que si tu marchais sur terre, ne détourne pas les yeux de l'éclat de cet astre si tu ne veux pas sombrer dans les tempêtes. Si les vents de la tentation s'élèvent, si tu rencontres les récifs des tribulations, regarde l'étoile, invoque Marie. Si tu es submergé par l'orgueil, l'ambition, le dénigrement et la jalousie, regarde l'étoile, crie vers Marie. Si la colère, l'avarice ou les fantasmes de la chair secouent le navire de ton esprit, regarde Marie. Si, accablé par l'énormité de tes crimes, confus de la laideur de ta conscience, effrayé par l'horreur du jugement, tu commences à t'enfoncer dans le gouffre de la tristesse, dans l'abîme du désespoir, pense à Marie. Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu'il ne quitte pas ton cœur et, pour obtenir la faveur de ses prières, n'oublies pas les exemples de sa vie. En suivant Marie, on ne dévie pas, en la priant on ne désespère pas, en pensant à elle, on ne se trompe pas. Si elle te tient par la main, tu ne tomberas pas ; si elle te protège, tu ne craindras pas ; si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue ; si elle est avec toi, tu es sûr d'arriver au but : ainsi tu comprendras, par ta propre expérience, combien cette parole est juste : « Le nom de la Vierge était MARIE » (Lc 1, 27). Amen ! »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière « Tu es bon, Seigneur, pour l'âme qui te cherche » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Tu es bon, Seigneur, pour l'âme qui te cherche » :
« Tu es bon, Seigneur, pour l'âme qui te cherche ... mais qu'es-tu pour celle qui te trouve ! Et cependant, chose étrange, personne ne peut te chercher s'il ne t'a déjà trouvé. Tu te laisses trouver pour qu'on te cherche, et tu veux être cherché pour te laisser trouver. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici une Prière dévote à notre Seigneur Jésus et à la Bienheureuse Vierge Marie sa Mère « Mère du Christ, Fils unique et souverain du Père suprême » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Mère du Christ, Fils unique et souverain du Père suprême » :
« Fils unique et souverain du Père suprême, Créateur du monde, Père tendre, jetez sur les pécheurs affligés des regards de bonté. Mère souveraine du Fils suprême, vous qui tenez en main le moyen de nous secourir, tendre mère, nourrissez du lait de vos conseils les pèlerins de cet exil. Ô doux Seigneur, qu’ils trouvent la consolation en respirant en votre nom, vous qui, pour ôter les péchés du monde, avez daigné naître d'une vierge, ô vous qui êtes le père de celle qui vous a donné le jour. Qu'ils soient consolés, ô aimable souveraine, ceux qui ont soif de vos consolations, heureuse femme à qui conviennent les deux noms de Vierge et de mère. Ô figure de la substance du Père, vous êtes la splendeur de la gloire, la véritable lumière de la justice, de qui découle la plénitude de toute grâce. Ô reine du royaume de David; vous êtes la tige de la fleur du Seigneur, vous êtes l'arche du pain des anges, dont notre désert mérite de se nourrir. Force et sagesse du Père, vous qui disposez tout avec douceur, vous n'avez avec lui qu'une seule et même substance, vous partagez avec lui l'honneur et la gloire. Etoile de la mer, reine du monde, vous êtes la mère de ce petit enfant que tous et chacun, que partout et toujours adorent les peuples fidèles. Ô saint admirable des saints, ô vous que tout l'univers désire, homme puissant et Dieu humble, ô mon Seigneur, vous n'avez point, vous n'aurez jamais d'égal. Ô sainte des saintes, très-douce créature, seule digne de produire un si divin rejeton, qui seule avez mérité que de votre chair très-pure sortit la majesté très-haute, l'Homme-Dieu. Jésus-Christ, source intarissable, qui rassasiez le cœur des hommes, dans ma soif je ne soupire qu'après vous ; Fils de Dieu, seul vous me contenterez. Mère du Christ, beauté virginale, qui êtes assise sur un trône dans les airs, votre nom, doux comme le miel, fait fondre mon cœur qui est dur comme le fer. Bien souverain, rempli de douceur, lumière véritable émanée de la lumière véritable, dont le nom prononcé remplit d'une étonnante allégresse le cœur des justes. Le lit de repos du bien suprême, doux cellier renfermant du vin délicieux, que le Roi du ciel, la douceur des doux, s'est fait en lui communiquant sa douceur. Pères au-dessus de tous les pères, réparateur du genre humain, qui avez pris, pour nous, misérables pécheurs, une chair humaine, dans le sein d'une femme. Mère des mères, vierge des vierges, trésor de salut pour les humains, ô vous qui sans souillure aucune avez conçu en vous le souverain Seigneur. Ecoutez ma prière, je vous en conjure, ô vous qui accordez les grâces, et, dans votre miséricorde, pardonnez la misère de ce pécheur, effacez mes péchés. Entendez, je vous en supplie, ô vous qui êtes pleine de grâce, les soupirs de ce pécheur, et, dans votre bonté, ô tendre mère, réconciliez-moi avec Dieu. Père, ayez pour agréables les gémissements d'un malheureux, remettez-moi la dette de mon péché, parce que j'ai augmenté et j'augmente encore mes démérites. Ayez pour agréables, ma mère, les cris attristés d'une coupable, apaisez le Seigneur en ma faveur; qu'il ne soit pas inexorable, ce maître que j'ai offensé. Ô fils d'une mère vierge, entendez les plaintes d'une âme misérable qui, couchée dans la poussière, gémit d'être livrée à la corruption, comme un vil animal. Ô vierge sans tâche, mon âme malheureuse crie, vers vous, cette âme qui, dès l'âge le plus tendre jusqu'à ce jour, ne cesse de se livrer aux crimes les plus atroces. Père miséricordieux, corrigez un fils qui s'égare, tendez-moi, dans ma chute, une main secourable, relavez-moi de la boue du vice, et conduisez-moi dans le chemin de vos commandements. Tendre mère, visitez celui qui vous prie, ayez pour moi des sentiments de bonté dans votre cœur, en présence du clément Jésus, demandez qu'il me pardonne mes péchés. Père, soyez-nous propice, vous qui êtes notre père et notre compagnon, nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous aimons de tout notre cœur. Mère, soyez-nous propice, vous notre sœur et notre compagne faites que nos cœurs soient prompts et fervents à chanter vos louanges. Créateur béni de tous les êtres, bénissez les esprits des fidèles, qui célèbrent votre nom, et que vous avez sauvés par le bienfait de votre mort. Vous qui êtes bénie entre toutes les femmes; bénissez ceux qui célèbrent vos mamelles sacrées, celui que vous avez allaité donne la nourriture à ceux qui sont affamés. Louanges, honneur au Fils de Dieu, salut, force et bénédiction; que bénies soient son incarnation, sa mort et sa résurrection. Béni soit le père des lumières, bénie soit la vierge des vierges; que notre cœur exalte le Seigneur, qu'il soupire après l'éternelle source des douceurs. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux avant, pendant et après la Confession
Voici la superbe Prière de confession d'une âme fervente à Dieu « Ô seigneur Jésus, je Vous confesse tous mes péchés » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de confession de Saint Bernard de Clairvaux « Ô seigneur Jésus, je Vous confesse tous mes péchés » :
« En union avec Votre très amère douleur, ô seigneur Jésus, Vous qui avez pris sur Vous la cause de ma douleur, et avez entrepris de satisfaire pour mes péchés, avec tous ceux qui souffrent, avec tous les vrais pénitents et tous ceux qui cherchent la vérité en Vous, je Vous confesse tous mes péchés, tout le mal que j'ai commis, tout le bien que j'ai omis, ou que j'ai fait sans pureté d'intention, ou avec négligence, selon le nombre, le poids et dans la mesure que Vous connaissez mieux que moi ; tous les jours de ma vie que j'ai perdus en Vous offensant, en diminuant Votre gloire, en m'éloignant de Vous, qui êtes le Souverain bien et en entraînant mon prochain dans ma chute. Recevez donc, Seigneur, les années qui me restent de ma misérable vie; et pour celles que j'ai perdues en vivant mal et pendant lesquelles j'ai vécu en me perdant, ne dédaignez point, ô mon Dieu, un cœur contrit et humble. Mes jours penchent vers leur couchant, ils se sont écoulés sans fruit. Impossible à moi de les rappeler en arrière ; mais daignez trouver bon que je les repasse en esprit dans l'amertume de mon âme. Seigneur, l'abîme de ma profonde misère appelle l'abîme de Votre profonde miséricorde. Ne renfermez point dans les bornes de Votre courroux, Vos miséricordes, et ne permettez pas que pour moi la source en soit tarie, à cause de mes péchés, ô Vous qui avez pitié de tous les hommes, qui n'avez pas de haine pour aucune des créatures de Vos mains, et qui faites comme si Vous ne voyiez point leurs péchés dès qu'elles se repentent. C’est à Vous, Seigneur, de nous remettre nos péchés; ayez pitié de moi pendant que dure le temps de la grâce et de la miséricorde. Et, puisqu'il est temps encore pour moi de faire pénitence, faites-moi la grâce de mériter la gloire de la bénédiction, et de ne point mériter d'entendre une parole de malédiction me frapper au jour où tout sera consommé. Seigneur, faites-moi, je Vous en prie, renoncer à mes péchés d’habitude, et faire ce qui Vous plait. Donnez-moi de déployer désormais, pour accomplir Votre sainte volonté, le zèle que j'ai mis jusqu'à ce jour à Vous offenser. Que Votre grâce surabonde là où le péché a abondé. Je Vous prie par Vous-même et au nom de l'amour de Votre très-pieuse mère, la vierge Marie, et par l'intercession de tous les Saints et tous les élus, de me pardonner mes péchés, mes négligences, et mes ignorances, de ne pas me perdre avec toutes mes iniquités et de ne point garder jusqu'à la fin dans Votre colère le mal que j'ai fait. Rappelez-Vous, Seigneur, qu'il ne Vous convient pas de perdre aucun de ceux que Votre père Vous a donnés, et que, tout au contraire, c'est à Vous de Vous montrer toujours plein de miséricorde, nous épargner et de sauver tout le monde, bien loin de perdre personne. Car Votre Père Vous a envoyé dans le monde non pour juger le monde, mais pour que nous eussions la vie par Vous, pour que Vous fussiez notre propitiation, et notre avocat contre nous-mêmes. Aussi, avez-Vous acquitté la dette que nous avions faite, suppléé ce que nous avions négligé de faire. Que Votre satisfaction abondante ou plutôt surabondante me serve donc, Seigneur, dans l'extrémité où je me vois réduit; que Votre mort amère, le prix inestimable de Votre sang, la mémoire de Votre satisfaction, le vénérable mystère de Votre corps et de Votre sang qui est offert tous les jours dans l'Église pour le salut de vos fidèles serviteurs et dans lequel Vous êtes Vous-même le sacrifice et le sacrificateur, Celui qui offre, et la Victime offerte, que tout cela me serve à me mériter, dans la vie présente, la grâce que je ne mérite point, et, dans la vie future, le repos et la gloire que Votre mort si amère a mérités pour moi. Seigneur Jésus, Votre œil a vu mes imperfections; mais Vous qui êtes bon, miséricordieux, et secourable pour le pécheur, ne me condamnez point à un supplice éternel, Vous qui avez pré-ordonné tout pour le souverain bien et pour le bien parfait avec une bonté, une perfection et une sagesse infinies, ne permettez point que je sois rayé du livre de vie. Donnez-moi plutôt la part d'héritage qui me revient, grâce au bienfait de Votre précieuse passion, par laquelle Vous avez voulu avoir l'homme pour cohéritier dans la terre des vivants. Seigneur, que la considération de la fragilité humaine touche Votre cœur et l'incline à la miséricorde, Vous connaissez la substance de l'homme, et Vous savez que ce n'est pas en vain que Vous l'avez établi sur la terre. Je suis l'œuvre de Votre bonté, conservez-moi. Si Vous ne voulez point avoir travaillé en vain à me faire, et que Votre sang immaculé n'ait coulé en pure perte pour moi, ô Vous qui rendez pur un pécheur, après m'avoir purifié de la souillure de mes péchés et avoir répandu Votre lumière sur la face de mon âme, faites-moi la grâce de Vous connaître et, Vous connaissant, de tendre sans cesse vers Vous, afin que j'aie le bonheur d'arriver enfin à Vous, Jésus-Christ, mon Dieu et mon Seigneur, qui vivez avec le Père et le Saint-Esprit. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière au Cœur de Jésus-Christ souffrant et attaché à la Croix « Cœur du souverain Roi, attirez à Vous mon amour » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Cœur du souverain Roi, attirez à Vous mon amour » :
« Salut, Cœur du souverain Roi, je Vous salue avec un cœur joyeux, je me plais à Vous embrasser : mon cœur ne désire qu'une chose, c'est que Vous m'excitiez à Vous parler. Quel amour Vous transportait, quelle douleur Vous tourmentait, lorsque Vous Vous épuisiez entièrement, quand Vous Vous donniez à nous pour nous délivrer de la mort. Ô combien amère, cruelle et avare fut cette mort, qui entra dans cet appartement où vit la vie du monde, qui attaqua votre Cœur très-doux ! A cause de la mort que Vous avez soufferte, quand Vous avez donné votre Ame pour moi, Cœur bien aimé de mon cœur, attirez à Vous mon amour : c'est là le plus ardent de mes désirs. Ô doux cœur, Cœur aimé par-dessus tout, purifiez mon cœur, la vanité l'a séduit et endurci, rendez-le pieux et timoré, éloignez de lui la dangereuse tiédeur. Par l'intime de mon cœur, quelque pécheur et coupable que je sois, que Votre amour déborde et ravisse tout entier ce cœur languissant et blessé de charité. Dilatez-Vous, ouvrez-Vous, comme une rose d'un merveilleux parfum, unissez-Vous à mon cœur, imbibez-le, pénétrez-le; que souffre celui qui Vous aime ? Il ne sait vraiment que faire, il ne se peut retenir, il n'impose aucune mesure à l'amour; quiconque subit ce sentiment impérieux voudrait mourir de plusieurs morts. C'est de la voix la plus ardente de mon cœur que je dis, cœur plein de douceur, inclinez-Vous vers le mien parce que je Vous aime, qu'il lui soit permis de se coller à Vous, tant ma poitrine est embrasée pour Vous. Qu'il vive dans votre Amour, que la torpeur ne l'engourdisse jamais, qu'il Vous prie, qu'il pleure devant Vous, qu'il Vous adore et Vous rende ses hommages, qu'il jouisse de Vous en tout temps. Rose du cœur, ouvrez-Vous, votre parfum est un baume délicieux ; daignez-Vous épanouir, faites que mon cœur soupire dans la flamme de son désir. Faites que mon cœur s'unisse à votre Cœur, que je sois blessé avec Vous, ô Jésus. Car le mien devient semblable au Vôtre, s'il est percé des flèches des affronts. Faites passer le mien, par Votre poitrine, afin qu'il se rapproche du Vôtre, par l'effet d'une douleur gaiement supportée, dans un vase qui est beau dans sa laideur, qui le contienne à peine. Qu'il se repose en Vous et y fixe son séjour, voilà qu'il s'élance vers Vous, il veut brûler pour Vous, Jésus ne Vous y opposez point, afin qu'il brûle de bons sentiments pour Vous. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière au Visage de Jésus-Christ souffrant et attaché à la Croix « Tête ensanglantée couronnée d'épines, ne me dédaignez pas, moi qui ne suis qu'un pécheur » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Tête ensanglantée couronnée d'épines, ne me dédaignez pas, moi qui ne suis qu'un pécheur » :
« Salut, Tête ensanglantée, couronnée d'épines, brisée, blessée frappée à coups de roseaux, Figure couverte de crachats. Salut, doux Visage, changé et bouleversé, privé de son éclat, tout couvert de pâleur et que la cour céleste désire contempler. Toute force et toute vigueur en a disparu, je n'en suis pas surpris, la mort s'y trouve empreinte, le Seigneur est suspendu défaillant, la face amaigrie. Ainsi épuisé, ainsi méprisé, livré ainsi à la mort pour moi, montrez-Vous à un pécheur indigne avec le signe de l'amour et la face brillante. Dans votre Passion, reconnaissez-moi, bon pasteur, de qui j'ai sucé le miel avec la douceur du lait, plus suave que tous les délices. Ne me dédaignez pas, moi qui ne suis qu'un pécheur, ne me méprisez point malgré mon indignité; Votre mort arrive, inclinez ici votre Tête et placez-la entre mes bras. Je me réjouirai d'être mêlé à votre Passion, de mourir avec Vous sur cette Croix, accordez à celui qui aime ce bois d'expirer à son ombre. Jésus que j'aime, je rends grâces à Votre trépas si amer, Vous qui êtes un Dieu clément, faites que je ne meure point sans Vous. Puisque je ne puis éviter ce sort, ne m'abandonnez pas alors, à cette heure redoutable ; venez, Jésus, venez sans retard, protégez-moi, délivrez-moi. Quand Vous m'ordonnerez de partir, ô bon Sauveur, montrez-Vous à moi, ô Vous que je dois embrasser, montrez-Vous sur votre Croix salutaire. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici une Prière pour le vendredi Saint du Christ qui parle à l'homme du haut de sa Croix « Homme, vois ce que je souffre pour toi » (en latin : Homo vide pro te patior) de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux du Christ qui parle à l'homme du haut de sa Croix « Homme, vois ce que je souffre pour toi » :
« Homme, vois ce que je souffre pour toi : est-il une douleur comparable à ma douleur ? C'est pour toi que je meurs, c'est vers toi que je crie. Vois, mais vois donc mes souffrances, vois ma croix, vois mes clous : la douleur extérieure est bien dure, n'est-ce-pas ? Eh bien ! Ce n'est rien en comparaison de celle du dedans, quand je vois ton ingratitude ! »
En latin :
« Homo vide pro te patior, si dolor est sicut quo crucior. Ad te clamo qui pro te morior : vide poenas quibus afflicior, vide clavos quibus confodior : cum sit tantus dolor exterior, interior planctus est gravior, tam ingratum te dum experior ! »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière du Saint Abbé Bernard de Clairvaux à Dieu le Père
Voici la Prière pour aimer davantage notre Dieu « Mon Dieu, je T'aimerai autant que Tu m'en donneras le pouvoir » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Mon Dieu, je T'aimerai autant que Tu m'en donneras le pouvoir » :
« Je T'aimerai, Seigneur, Toi ma force et mon appui, mon refuge et mon libérateur ! Tu es pour moi tout ce qu'on peut désirer et aimer le plus fort. Mon Dieu, mon soutien, je T'aimerai non certes autant que Tu le mérites mais autant que Tu m'en donneras le pouvoir, ce ne sera pas bien sûr autant que je le dois, mais bien autant que je le peux, car il m'est impossible de T'aimer au-delà de mes forces. Je T'aimerai davantage si Tu m'en donnes le pouvoir, mais ce ne sera jamais autant que Tu es digne d'être aimé. Tes yeux voient mon insuffisance, mais je sais que Tu inscris dans Ton livre ceux qui font ce qu'ils peuvent, lors même qu'ils ne peuvent pas tout ce qu'ils doivent. Ainsi soit-il. »
Autre traduction avec le vouvoiement de la Prière de St Bernard « Mon Dieu, je Vous aimerai autant que Vous m'en donnerez le pouvoir » :
« Je Vous aimerai, Seigneur, ma Force, mon Soutien, mon Refuge, mon Libérateur ! Je Vous aimerai, mon Dieu et mon Secours ! Je Vous aimerai, en reconnaissance de tout ce que Vous avez fait pour moi. Je Vous aimerai à ma manière, bien moins, il est vrai, que Vous ne le méritez, mais ce sera du moins de toutes mes forces ; et si je ne Vous aime pas autant que je le désire, mon impuissance y mettra seule obstacle. Vous pouvez, par votre Grâce, augmenter les facultés de mon âme, mais encore elle ne pourra jamais Vous aimer assez. Ô Seigneur, vos Yeux voient notre faiblesse, et Vous écrivez dans Votre livre ceux qui font tout ce qu'ils peuvent, bien que, dans leur infirmité, ils ne puissent faire ce qu'ils devraient ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière du Saint Moine Cistercien Bernard de Clairvaux à Dieu le Père
Voici la Prière « Je Te remercie du Regard de splendeur que Tu m'adresses » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Je Te remercie du Regard de splendeur que Tu m'adresses » :
« Je Te remercie du Regard de splendeur que Tu m'adresses à travers les décombres. Tu es mon ciel assis dans le creux de ma plaine, Tes yeux s'enfoncent dans mon cœur, exigeante Douceur, Visage trépidant de la vie. Ta face Seigneur me ressuscite ! Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prions : Seigneur, Tu as voulu que saint Bernard, rempli d'amour pour ton Église, soit dans Ta maison la lampe qui brûle et qui éclaire ; accorde-nous, par son intercession, la même ferveur de l'esprit, afin de vivre comme des fils de la lumière. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.
La Vie de Saint Bernard de Clairvaux :
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) a dominé son temps, s'imposant aux papes et aux grands de ce monde aussi bien qu'aux foules qu'il subjuguait. « Rempli d'amour pour l'Eglise », il a été vraiment, comme Jean Baptiste, « la lampe qui brûle et qui éclaire ». Le jeune seigneur de Fontaine-lès-Dijon, qui se présentait à 22 ans à la porte de Cîteaux, appartenait à la race des chercheurs de Dieu ; il quittait tout pour se mettre à l’école du Christ sous la conduite de saint Benoît. Bientôt abbé de Clairvaux (1115), il allait devenir lui-même un guide incomparable pour apprendre à « se laisser saisir d’amour pour le Verbe incarné ». Assoiffé de solitude, afin de s’y livrer à la prière et à la pénitence, il a été constamment contraint par le Seigneur à rejoindre les hommes, à parcourir les routes de France, d'Allemagne et d'Italie, pour leur parler de paix et d'unité, et les entraîner à la croisade (Vézelay, 1146). C'est par amour qu'il est allé vers eux. S'il exerça sur les meilleurs une véritable emprise, ce fut pour les emmener avec lui vers cette solitude, où son chant d’amour montait vers Dieu avec la même intensité que monterait un jour celui de Saint Jean de la Croix : « Lorsque Dieu aime, il ne veut qu'une chose, être aimé, il n’aime que pour qu’on l’aime, sachant que l’amour rendra bienheureux tous ceux qui l’aimeront. C'est une grande chose que l’amour ». L’amour de Dieu, et de Dieu Incarné, Jésus Christ, a fait naître en Bernard l’amour de Marie, la mère de Jésus : non seulement Marie est pureté, humilité, suavité, tendresse, mais « la volonté de Dieu est que nous ayons tout par Marie ». Saint Bernard de Clairvaux a reçu la bénédiction du Seigneur : il a trouvé grâce devant Dieu son Sauveur car il appartient à la race de ceux qui cherchent Dieu !
Prière du Saint Moine Cistercien Bernard de Clairvaux à Dieu le Père
Voici la Prière « Laisse-toi combler par Dieu avant de pouvoir partager avec les autres » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Laisse-toi combler par Dieu avant de pouvoir partager avec les autres » :
« La sagesse consiste pour Toi à jouer le rôle d'un bassin et non pas d'un canal. Un canal rend presqu'immédiatement ce qu'il reçoit. Un bassin au contraire, attend d'être rempli pour communiquer sans dommages ce dont il surabonde... Laisse-toi combler par Dieu avant de pouvoir partager avec les autres. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière du Moine Cistercien Saint Bernard de Clairvaux sur la Miséricorde
Voici la Prière Mariale « Mère de miséricorde » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière Mariale de Saint Bernard de Clairvaux « Mère de miséricorde » :
« Et maintenant, Mère de miséricorde, au nom de l'élan d'amour de ton Esprit très pur, la lune se prosterne à Tes pieds ; dans les ferventes supplications, elle en appelle à Toi, car Tu as été constituée Médiatrice en sa faveur auprès du Soleil de justice, de voir la Lumière et par Ton intervention d'obtenir la grâce du Soleil. Car Il T'a aimée plus que tout autre créature et Il T'a embellie, Te revêtant de la robe de gloire et posant sur Ta tête une Couronne de beauté. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
« Prière pour Noël » de Saint Bernard de Clairvaux pour Noël
Voici une Prière pour Noël sur la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ « Seigneur, voici que la Paix n'est plus promise mais envoyée » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière pour Noël de Saint Bernard de Clairvaux « Seigneur, voici que la Paix n'est plus promise mais envoyée » :
« Seigneur, voici que la Paix n'est plus promise mais envoyée. Un petit enfant nous est donné. En Lui habite la plénitude de la Divinité. Quelle grande preuve de Ton Amour Tu nous donnes, en ajoutant à l'humanité le nom de Dieu. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de l’Abbé de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière à la Vierge Marie, Médiatrice entre Dieu et les hommes, entre le Christ et l'Église « Ô Notre-Dame Médiatrice couronnée de douze Étoiles, revêtue du Soleil avec la lune sous Tes pas » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) extraite de son Sermon des douze Étoiles sur les douze Privilèges de la Vierge Marie. Quelles sont ces douze Étoiles qui composent à Marie un Diadème Royal ?
La Prière de l’Abbé de Clairvaux « Ô Notre-Dame Médiatrice couronnée de douze Étoiles, revêtue du Soleil avec la lune sous Tes pas » :
« Ô Notre-Dame Médiatrice, comme Te voici devenue l'amie du Seigneur, ô Dame ! Combien proche, que dis-je, combien intime à cause de Tes mérites ; quelle grâce Tu as trouvé auprès de Lui ! En Toi Il demeure, et Toi en Lui ; Tu Le revêts et Tu es revêtue par Lui. Tu le revêts de la substance de Ta chair, et Lui, Il Te revêt de la gloire de sa Majesté ; Tu revêts le soleil d'une nuée, et Toi-même Tu es revêtue par le soleil. Et maintenant, ô Mère de Miséricorde, au nom de cette Tendresse même de ton Cœur très pur, la Lune - l'Eglise - prosternée à Tes pieds T'adresse ses pressantes supplications, à Toi la Médiatrice établie pour elle auprès du Soleil de justice, pour obtenir que dans Ta lumière elle voie la Lumière, pour mériter par Ton entremise les bonnes grâces de ce Soleil qui T'a aimée vraiment plus que tout, qui T'a faite si belle en Te parant d'un manteau de gloire et en plaçant sur Ton front la plus belle des couronnes. Nourris aujourd'hui Tes pauvres, ô Notre Dame, car Tu es vraiment la Vierge choisie par avance et destinée au Fils du Très-Haut qui est au-dessus de tout, Dieu béni à jamais. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Quelles sont ces douze Étoiles qui composent à Marie un Diadème Royal ?
Nous pouvons reconnaître, non sans motif, semble-t-il, dans ces douze étoiles, les douze Privilèges de grâce qui font à Marie une Parure unique. En effet, si on distingue en Marie : des Privilèges du ciel, des Privilèges du corps, des Privilèges du cœur ; et si ce trinôme est multiplié par quatre, nous avons à n'en pas douter, la série complète des douze étoiles qui brillent au Diadème de notre Reine.
Pour moi, un éclat particulier rayonne de la Naissance de Marie (1), de la Salutation de l'ange (2), de la venue sur Elle de l'Esprit Saint (3), de l'ineffable Conception du Fils de Dieu(4).
De même resplendissent d'une beauté éclatante : son premier Rang parmi les vierges(1), sa Fécondité sans souillure (2), sa Maternité exempte de fatigue (3), son Enfantement sans douleur (4).
De plus, resplendissent en Marie tout autant : la délicatesse de sa Modestie (1), l'Humilité de son dévouement (2), la magnanimité de sa Foi (3), le Martyre de son cœur (4).
Je laisse à votre zèle le soin de scruter plus attentivement chacun de ces Privilèges…
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière Mariale de l’Abbé de Clairvaux pour l'Assomption
Voici une Prière pour la fête de l’Assomption de Notre-Dame « Que par Toi, Reine clémente, Jésus-Christ, ton fils, Notre-Seigneur, accorde les dons de sa Grâce » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout une Mère, la Mère de Jésus, la Mère de l'Eglise, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de l’Abbé de Clairvaux pour l’Assomption de Notre-Dame « Que par Toi, Reine clémente, Jésus-Christ, ton fils, Notre-Seigneur, accorde les dons de sa Grâce » :
« Que notre âme assoiffée se hâte donc vers cette Fontaine ; que notre misère vienne et revienne de toute son ardeur puiser à ce Trésor de miséricorde. Voici que jusqu'ici nous T'avons accompagnée de nos vœux, selon nos moyens, dans Ta montée vers ton Fils, et nous T'avons suivie, au moins de loin, Vierge bénie. Désormais c'est à Ta bienveillance de manifester au monde cette grâce que Tu as trouvée auprès de Dieu en obtenant par Tes saintes Prières : le pardon aux coupables, la santé aux malades, la fermeté aux cœurs lâches, l'apaisement aux affligés, secours et délivrance à ceux qui sont en péril. En ce jour enfin, jour de fête et de joie, aux petits serviteurs qui dans leurs chants invoquent le nom très doux de Marie, que par Toi, Reine clémente, Jésus-Christ, ton fils, Notre-Seigneur, accorde les dons de sa Grâce, Lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni à jamais. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô mon Dieu et mon Amour, que Vous m'aimez ! » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), fondateur de l'Abbaye de Clairvaux en Champagne, extraite de son Sermon 17 sur le Cantique des Cantiques.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô mon Dieu et mon Amour, que Vous m'aimez ! » :
« Ô mon Dieu et mon Amour, que Vous m'aimez ! Car en tous lieux Vous Vous souvenez de moi, en tous lieux Vous êtes animé de zèle pour le salut d'un pauvre, d'un misérable, et me protégez non-seulement contre les hommes superbes, mais encore contre les anges rebelles et présomptueux. Dans le ciel et sur la terre, Seigneur, Vous jugez ceux qui me font du mal ; Vous domptez ceux qui s'arment contre moi pour me combattre. Partout Vous me secourez, partout Vous êtes à mes côtés pour empêcher que je ne sois ébranlé. Ce sont ces grandes merveilles qui me porteront à chanter toute ma vie des cantiques au Seigneur, et à célébrer Ses louanges tant que je serai de ce monde. Voilà les miracles qu'il a opérés ; voilà les prodiges qu'il a faits. Voilà le premier et le plus grand de ses jugements que la vierge Marie, qui participe à ses secrets, et à ses mystères, m'a découvert quand Elle s'est écriée : « Il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et a élevé les petits ; il a rempli de biens ceux qui étaient dans la nécessité et dans l'indigence, et a renvoyé vides et pauvres ceux qui étaient riches » (Luc 1, 52-53). Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici une Prière pour la Fête de la Croix Glorieuse du 14 septembre « Seigneur Jésus-Christ, ceux qui portent ta Croix, portent ta Gloire » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) d’une noble famille bourguignonne qui entre au Monastère de Cîteaux à 22 ans. Bientôt Abbé de Clairvaux, St Bernard est à l’origine d’un prodigieux renouveau monastique en Occident caractérisé par l’attachement à la sobriété primitive de la Règle de saint Benoît.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux sur la Croix Glorieuse « Seigneur Jésus-Christ, ceux qui portent ta Croix, portent ta Gloire » :
« Loin de moi la pensée de me glorifier ailleurs que dans la Croix de mon Seigneur Jésus-Christ (Ga 6, 14). La Croix est ta Gloire, la Croix est ta Souveraineté. Voici ta Souveraineté sur Tes épaules (ls 9, 5). Ceux qui portent ta Croix, portent ta Gloire. C'est pourquoi la Croix, qui fait peur aux infidèles, est pour les fidèles plus belle que tous les arbres du Paradis. Le Christ a-t-il craint la Croix ? Et Pierre ? Et André ? Au contraire, ils L'ont désirée. Le Christ s'est avancé vers Elle « comme un champion joyeux de prendre sa course » (Ps 18, 6) : « J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de mourir » (Lc 22, 15). Il a mangé la Pâque en souffrant sa Passion, lorsqu'il est passé de ce monde à son Père. Sur la Croix Il a mangé et Il a bu, Il s'est enivré et s'est endormi. Qui pourrait désormais craindre la Croix ? Je peux, Seigneur, faire le tour du ciel et de la terre, de la mer et des plaines, jamais je ne Te trouverai sinon sur la Croix. Là Tu dors, là Tu pais ton troupeau, là Tu te reposes à l'heure de midi (Ct 1, 7). Sur cette Croix celui qui est uni à son Seigneur chante avec douceur : « Toi Seigneur, bouclier qui m'entoures, ma gloire, Tu me relèves la tête » (Ps 3, 4). Personne ne Te cherche, personne ne Te trouve, sinon sur la Croix. Croix de gloire, enracine-Toi en moi, pour que je sois trouvé en Toi. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - Sermon sur la Nativité de la Vierge
Prière de Saint Bernard de Clairvaux pour l'Annonciation
Voici une Prière sur l’Annonciation « Ô grande Reine ! Donnes-la donc cette réponse et reçois en Toi la Parole éternelle » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Ô grande Reine ! Donnes-la donc cette réponse et reçois en Toi la Parole éternelle » :
« Ô Vierge ! Tu viens de l’entendre, Tu seras Mère, non par le secours d’un homme, mais par l’opération du Saint-Esprit. L’ambassadeur doit retourner vers Dieu qui l’a député, il attend Ta réponse. Nous l’attendons aussi cette réponse favorable, ô notre Souveraine ! Nous qui gémissons sous le poids de notre condamnation. Voici que le prix de notre rançon T’es offert ; si Tu consens, c’en est fait, nous sommes sauvés. Ô Vierge compatissante ! Adam, chassé du paradis terrestre avec toute sa postérité malheureuse, sollicite avec larmes cette réponse ; David et tous les patriarches tes ancêtres, qui habitent les ténébreuses régions de la mort, la demandent avec instances ; le monde entier prosterné à tes genoux l’attend avec ardeur. Ô grande Reine ! Donnes-la donc cette réponse qui tient en suspend la terre, les limbes et les cieux. Prononce une courte parole, et reçois en Toi la Parole éternelle, le Verbe divin. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - (Hom. 4, sup. Missus est)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière « Mon Bien-Aimé m'est un Bouquet de myrrhe, Il demeurera sur ma poitrine » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), fondateur de l'Abbaye de Clairvaux en Champagne et de l'Ordre des Cisterciens qui a été consulté par les princes et les papes et a fait rayonner au XlI siècle l'Ordre Cistercien dans toute l'Europe
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Mon Bien-Aimé m'est un Bouquet de myrrhe, Il demeurera sur ma poitrine » :
« Mon Bien-Aimé m'est un Bouquet de myrrhe, Il demeurera sur ma poitrine. Pour moi, mes frères, dès les débuts de ma conversion, mesurant l'énorme masse des mérites qui me faisaient défaut, j'ai pris soin de serrer sur mon cœur ce bouquet composé de toutes les souffrances du Seigneur. Vous aussi, mes frères, cueillez ce précieux bouquet, mettez-le dans la moelle de vous-mêmes, munissez-en la porte de vos coeurs, et gardez-le fidèlement, non pas derrière vous, entre vos épaules, mais sous vos yeux ; sinon, vous en sentirez peser le faix, sans en respirer le parfum. Souvenez-vous que Siméon le reçut dans ses deux bras tendus ; que Marie le porta dans son sein, le couva dans son giron ; que l'Époux le mit sur sa poitrine. Je suppose que Joseph, l'époux de Marie, le prit souvent sur ses genoux et lui sourit. Tous, ils le tinrent devant eux, et non derrière. Suivez leur exemple. Car si vous gardez sous les yeux celui que vous portez, vous verrez les souffrances du Seigneur et vous tolérerez mieux les vôtres, avec l'aide de l'Époux de l'Église, notre-Dieu, béni dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - (Hom. 4, sup. Missus est)
Prière de St. Bernard de Clairvaux du Matin
Voici la Prière « Ô Marie, Vous éclairez nos ténèbres de la splendeur de Vos vertus » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est Celle qui se lève comme l'aurore, belle comme la lune, et choisie comme le soleil
La Prière de St Bernard « Ô Marie, Vous éclairez nos ténèbres de la splendeur de Vos vertus » :
« Ô Vierge sainte, Vous êtes celle qui se lève comme l'aurore, belle comme la lune, et choisie comme le soleil. Ô Marie, Vous êtes venue au monde comme une aurore resplendissante, et la clarté de votre Sainteté a précédé la venue du soleil de justice ; le jour de votre Apparition dans le monde est bien le jour de grâce et de salut. Vous êtes belle comme l'aurore ; aucune créature ne ressemble plus à Dieu que Vous, de même qu'aucune planète ne ressemble plus au soleil que la lune ; pendant la nuit, elle éclaire de la lumière qu'elle lui emprunte, et Vous, ô Marie, Vous éclairez nos ténèbres de la splendeur de Vos vertus ! Mais Vous êtes plus belle que la lune, car en Vous on ne trouve ni tache ni ombre : Vous êtes choisie comme le soleil, c'est-à-dire, comme ce Soleil qui a créé le soleil ; il a été choisi entre tous les hommes, et Vous avez été choisie entre toutes les femmes, ô douce et grande Dame, ô tout aimable Marie ! On ne peut prononcer votre Nom sans se sentir enflammé d'amour pour Vous, et ceux qui Vous aiment ne peuvent penser à Vous sans être portés à Vous aimer davantage. Accordez-moi la Grâce de me faire éprouver ce sentiment, à moi qui désire tant Vous aimer sur la terre, afin de pouvoir Vous aimer éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux pour l'Assomption
Voici une Prière pour l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie « Ô Marie Reine des anges, daignez nous faire part de Vos grâces » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie » qui entra au Monastère de Cîteaux à 22 ans. Bientôt Abbé de Clairvaux, St Bernard est à l’origine d’un prodigieux renouveau monastique en Occident caractérisé par l’attachement à la sobriété primitive de la Règle de saint Benoît.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô Marie Reine des anges, daignez nous faire part de Vos grâces » :
« Ô Marie, quelle est votre Gloire, et que dirai-je de Vous ? Si je Vous compare au ciel, Vous êtes plus élevée ; si je Vous appelle la Mère des nations, Vous êtes au-dessus de cet éloge ; si je dis que Vous êtes la Reine des anges, tout prouve que Vous méritez ce grand nom. Daignez donc, ô Marie, la plus sublime des créatures, daignez nous faire part de Vos grâces, puisqu'en ce jour Vous en avez été comblée ! Attirez-nous par l'odeur de Vos parfums, en nous faisant imiter Vos vertus, qui seules peuvent nous donner entrée dans le séjour des bienheureux. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard sur l’Annonciation pour l'Annonciation
Voici la Prière « Qu’il me soit fait selon ta Parole » de la Très Sainte Vierge Marie à l’Annonciation selon Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », fondateur de l'Abbaye de Clairvaux en Champagne et de l'Ordre des Cisterciens.
« Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » . Alors l’ange la quitta » (Luc 1, 38)
La Prière de Saint Bernard « Qu’il me soit fait selon ta Parole » :
« Qu’il me soit fait selon ta Parole. Que la Parole fasse de moi ce que dit ta Parole. Que la Parole qui dès l’origine était auprès de Dieu se fasse chair de ma chair selon ta Parole. Que s’accomplisse en moi, je T’en supplie, non pas la parole proférée, qui est transitoire, mais cette Parole que j’ai conçue pour qu’elle demeure : Celle qui s’est revêtue de chair, et non ce vain souffle. Qu’elle ne soit pas seulement perceptible à mes oreilles, mais visible à mes yeux, palpable à mes mains, et que je puisse la porter dans mes bras. Que ce soit non la parole écrite et muette, mais la Parole incarnée et vivante : non pas ces signes inertes tracés sur le parchemin desséché, mais cette Parole à forme humaine, imprimée, vivante dans mes chastes entrailles ; non pas modelée par une plume sans vie, mais gravée par l’opération du Saint-Esprit. Que me soit fait ainsi ce qui jamais n’advint ni n’adviendra à personne. Dieu, jadis, a parlé souvent et de bien des manières aux Patriarches et aux Prophètes ; sa Parole leur a été donnée à entendre, à proclamer ou à pratiquer, par l’oreille, par l’œil, par la main. Quant à moi je demande qu’Elle soit mise dans mes entrailles, selon ta Parole. Je ne souhaite pas la parole proférée de la prédication, ou celle qu’expriment symboles et figures, ou celle qui se communique à l’imagination dans les songes. J’appelle la Parole insufflée en moi dans le silence, incarnée dans une personne, corporellement mêlée à ma chair. Cette Parole n’avait ni la possibilité ni le besoin d’être faite en elle-même : qu’elle daigne donc se faire en moi selon ta Parole. Qu’Elle se fasse pour le monde tout entier, mais qu’en particulier il me soit fait selon ce que m’a annoncé l’ange. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - Quatrième Homélie sur le « Missus Est » et les Louanges de la Vierge Mère
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Marie, c’est en Vous que les anges trouvent la Joie, les justes la Grâce, et les pécheurs le Pardon » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de Bernard de Clairvaux « Ô Marie, c’est en Vous que les anges trouvent la Joie, les justes la Grâce, et les pécheurs le Pardon » :
« Ô Marie ! Tous les yeux sont et seront fixés sur Vous comme le grand ouvrage qui intéresse tous les siècles. Dans Vous les anges trouvent la Joie, les justes la Grâce, et les pécheurs le Pardon. C'est avec justice que toutes les créatures Vous invoquent, parce qu'en Vous et par Vous, la main du Tout-Puissant a comme créé de nouveau ce qu'elle avait déjà créé. Recevez donc le peu que j'ai à offrir à Dieu. Offrez-le-Lui Vous-même, afin qu'il ne soit pas rejeté. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St. Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Marie, Vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Eglise » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô Marie, Vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Eglise » :
« Vous êtes vraiment, ô Marie, cette femme forte en qui le Seigneur a trouvé Son repos, et qu'Il a faite Dépositaire de tous Ses trésors. L'univers honore Votre chaste Sein, comme le véritable Temple de Dieu, où le salut du monde a commencé, où s'est faite la réconciliation entre Dieu et l'homme ; Vous êtes ce verger où le pécheur n'a pas pu pénétrer pour le dévaster ; Vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Eglise, entre autres, la violette de votre Humilité et la rose de votre Charité. Ô Mère de Grâce et de Bonté ! A qui pourrons-nous Vous comparer ? Vous êtes le paradis de Dieu ; de Vous sort la fontaine d'eau vive qui arrose la terre ; mais surtout que de bienfaits n'a pas reçus le monde, quand par Vos souffrances Vous avez mérité sur le Calvaire d'être l'aqueduc salutaire de tout le genre humain ! Faites que nous en éprouvions les heureux effets, afin que, lavés dans ses eaux pures, nous puissions être introduits un jour dans le Royaume éternel, où rien de souillé ne peut entrer. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux pour la Présentation
Voici une Prière au Martyre de la Vierge Marie, la douzième étoile de Sa couronne, selon la prophétie de Syméon lors de la Présentation au temple de notre Seigneur Jésus-Christ « Ô Marie, un glaive a, en effet, percé Votre âme » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui, de noble famille bourguignonne, entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
« Et Vous, votre Âme sera percée d'un glaive » (Lc 2, 35b)
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô Marie, un glaive a, en effet, percé Votre âme » :
« On peut bien dire, en effet, qu'un glaive a percé Votre âme, ô heureuse Mère, car ce n'est qu'en passant par Votre cœur qu'il pouvait pénétrer dans la chair de Votre Fils. Et même quand votre Jésus, le Vôtre par excellence, en même temps que le Nôtre, eut rendu l'esprit, ce n'est plus Son âme qu'atteignit la lance qui, n'épargnant pas même dans les bras de la mort, la victime à qui elle ne pouvait plus faire de mal, perça Son côté de son fer cruel, mais c'est Votre âme elle-même qu'elle frappa. Car, pour Lui, son âme n'était déjà plus là, mais la Vôtre ne pouvait s'arracher de ces lieux. Sa douleur, comme un glaive violent, a donc traversé Votre coeur, et nous pouvons Vous appeler, avec raison, plus que Martyre, puisque, en Vous, le sentiment de la compassion l'emporta si fort sur celui de la passion endurée par le corps. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière « Ô mon aimable Jésus, attirez-moi dans votre Sacré Cœur » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô mon aimable Jésus, attirez-moi dans votre Sacré Cœur » :
« Ô très doux Jésus, que Vous renfermez de richesses dans votre Cœur ! Se peut-il bien faire que les hommes soient si insensibles que de ne pas Vous aimer et qu'ils ne soient pas touchés de la perte qu’ils font par l'oubli et par l'indifférence qu'ils ont pour cet aimable Cœur ! Pour moi, je ne veux rien oublier pour Le gagner ; je Lui consacrerai désormais toutes mes pensées ; Ses sentiments et Ses désirs seront les miens ; enfin je donnerai tout pour acheter ce précieux Trésor. Mais qu'est-il besoin de l'acheter puisqu'il est véritablement à moi, puisqu'il est à mon chef, et ce qui est au chef n'appartient-il pas à tous les membres ? Ce Sacré Cœur sera donc désormais le Temple où je ne cesserai jamais de L’adorer, et la Victime que je lui offrirai sans cesse, et l'autel où je ferai tous mes sacrifices, sur lequel les mêmes flammes du divin Amour dont le Sien brûle, consumeront le mien ; ce sera dans ce Sacré-Cœur que je trouverai un modèle pour régler les mouvements du mien, et un fonds pour m'acquitter de tout ce que je dois à la divine Justice ; un lieu assuré, où étant à couvert des naufrages et des tempêtes, je dirai avec David : « J'ai trouvé mon cœur pour prier Dieu ; oui , je l’ai trouvé ce cœur dans l’adorable Eucharistie, en y trouvant le cœur de mon souverain, de mon père, de mon ami, de mon frère », c'est-à-dire, de mon aimable Rédempteur ; et après cela à qui tiendra-t-il que je ne prie avec confiance et que je n’obtienne ce que j’aurai demandé ? Allons, mes frères, allons dans cet aimable Cœur pour n'en sortir jamais. Mon Dieu, si l'on ressent tant de consolation au seul souvenir de ce Sacré-Cœur, que sera-ce de L'aimer avec tendresse ? Que sera-ce d'y entrer et d'y demeurer toujours ? Attirez-moi tout-à-fait dans votre Cœur, ô mon aimable Jésus ! Ouvrez-Le moi ce Cœur qui a pour moi tant d'attraits ; mais quoi ! ce sein ouvert ne m'en ouvre-t-il pas l'entrée, et la plaie même de ce sacré Cœur ne m'invite-t-elle pas à y entrer ? Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô glorieuse Marie, qui pourra mesurer la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de Votre miséricordieuse Bonté ? » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô glorieuse Marie, qui pourra mesurer la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de Votre miséricordieuse Bonté ? » :
« Ô glorieuse Marie, qui pourra mesurer la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de Votre miséricordieuse Bonté ? Sa longueur s'étend jusqu'aux derniers jours du monde, où Vous exaucerez encore ceux qui Vous invoqueront ; sa largeur enveloppe l'univers entier, et toute la terre est remplie de votre Clémence ; sa hauteur s'élève jusque dans la céleste Jérusalem, dont elle a réparé les ruines ; sa profondeur est descendue jusqu'aux régions des ténèbres ; Elle a porté la rédemption à ceux qui étaient assis à l'ombre de la mort. Ô Marie, par Votre douce Miséricorde, Vous compâtissez avec tendresse à nos misères, et par votre Charité puissante, Vous les soulagez avec efficacité. Ô Vierge bénie, faites-nous sentir la douceur de votre Grâce ; obtenez, par Vos saintes Prières, aux pécheurs leur pardon, aux malades leur guérison, aux faibles le courage, aux affligés la consolation, à tous ceux qui sont dans le danger le secours et la délivrance. Que tous ceux, ô Vierge clémente, que tous ceux qui dans ce jour invoqueront avec confiance le nom si doux de Marie, reçoivent en récompense la Grâce de Jésus-Christ, Votre Fils et Notre Seigneur, qui est le Dieu béni sur toutes choses dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - (Hom. II, Sup. Miss. Serm. IV in Assumpt.)
Prière de St Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Marie, Vous êtes plus belle que la lune parce qu'en Vous il n'y a ni tache ni ombre » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô Marie, Vous êtes plus belle que la lune parce qu'en Vous il n'y a ni tache ni ombre » :
« C'est de Vous qu'il est dit : Quelle est Celle qui s'avance brillante comme l'aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil ? Vous êtes donc venue au monde, ô Marie, comme une aurore resplendissante, précédant par la lumière de votre Sainteté le lever du soleil de justice. Le jour où Vous êtes apparue au monde peut bien s'appeler un jour de Salut, un jour de Grâce. Vous êtes belle comme la lune, car de même qu'il n'y a point de planète plus semblable au soleil que la lune, il n'est pas non plus de créature plus que Vous semblable à Dieu. La lune éclaire la nuit avec la lumière qu'elle reçoit du soleil, mais Vous êtes plus belle que la lune, parce qu'en Vous il n'y a ni tache, ni ombre. Vous êtes pure comme le Soleil : j'entends ce Soleil qui a créé le soleil : Il a été choisi entre tous les hommes, et Vous entre toutes les femmes. Ô douce, ô grande, ô toute aimable Marie ! On ne peut prononcer votre Nom, sans avoir le cœur embrasé d'amour : et ceux qui Vous aiment ne peuvent penser à Vous qu'ils ne se sentent portés à Vous aimer davantage. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Parlez à votre Fils pour nous, ô notre Sainte Dame » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Parlez à votre Fils pour nous, ô notre Sainte Dame » :
« Ô notre puissante Souveraine, venez au secours de notre faiblesse, parlez pour nous à Notre Seigneur Jésus-Christ. Qui peut mieux le faire que Vous, qui avez joui si intimement de Ses entretiens sur la terre, et qui maintenant Le possédez pleinement dans le Ciel ? Parlez à votre Fils pour nous, ô notre Sainte Dame, puisqu'Il Vous écoute et que Vous êtes sûre d'obtenir tout ce que Vous voulez : demandez pour nous un grand Amour de Dieu, la persévérance dans Sa sainte Grâce, et le bonheur de mourir dans son Amitié, afin de Vous voir et de Vous bénir avec Lui éternellement. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Mère de Miséricorde, ouvrez la porte de votre Cœur très bénin aux prières que nous Vous faisons » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Ô Mère de Miséricorde, ouvrez la porte de votre Cœur très bénin aux prières que nous Vous faisons » :
« Ouvrez, ô Mère de Miséricorde ! Ouvrez la porte de votre Cœur très bénin aux prières que nous Vous faisons avec soupirs et gémissements. Vous ne rejetez point et n'avez point en horreur le pécheur, quand même il serait tout pourri de crimes, s’il soupire vers Vous et s'il implore Votre intercession avec un cœur contrit et pénitent. Et ce n'est pas merveille, ô ma Reine ! Si le Sanctuaire de votre Cœur est rempli d'une si grande abondance de Miséricorde, puisque cette Œuvre incomparable de Miséricorde, ordonnée de Dieu avant tous les siècles pour notre rédemption, a été accomplie dans Vos sacrées Entrailles, dans lesquelles il a plu à Dieu de faire Sa demeure, s'étant bâti une maison de substance immaculée de Votre chair virginale, maison qu’Il a appuyée de sept colonnes d'argent, et dans laquelle Il a mis un reposoir d'or, reclinatorhim aurciim, qui est Votre divin Cœur, dans lequel Il prend Son très doux Repos. Les sept Colonnes d'argent sont les sept Dons du Saint-Esprit, et Vous êtes cette unique et divine Femme dans laquelle seule Il a trouvé un parfait et très agréable repos. C'est dans Votre très pur Sein et dans Votre très aimable Cœur qu’Il a versé pleinement et sans mesure tous les Trésors de sa Puissance et de son Amour. De là vient que le Saint-Esprit a pris une merveilleuse complaisance en Vous, ô admirable Marie ! Lorsqu’Il a bien voulu consacrer Vos entrailles par des Mystères si divins ; car cet adorable Esprit est un feu consumant qui a enflammé et embrasé en soi-même toute Votre très sainte Ame, et par conséquent tout Votre divin Cœur, qui Vous a toute remplie des splendeurs de Sa divine Majesté ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici une Prière de dévotion envers le Sacré Cœur de Jésus « Comment avez-Vous pu m'aimer ainsi, ô mon Dieu ! » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de l’Abbaye de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Comment avez-Vous pu m'aimer ainsi, ô mon Dieu ! » :
« Ah ! Qu’il est bon d'habiter dans le Cœur de Jésus ! Puissé-je y demeurer tous les jours de ma vie ! Ce Cœur a été entr'ouvert, afin que nous puissions y trouver un asile. Ah ! Comment Jésus pouvait-Il nous témoigner plus clairement son Amour ? Comment avez-Vous pu m'aimer ainsi, ô mon Dieu ! Comment avez-Vous pu m'aimer ainsi ! »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux pour les Personnes agées
Voici la Prière d'un vieillard « Demeurez avec nous, Seigneur, car le jour baisse, il se fait tard et déjà se fait le soir de ma vie » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de l’Abbaye de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Demeurez avec nous, Seigneur, car le jour baisse, il se fait tard et déjà se fait le soir de ma vie » :
« Demeurez avec nous, Seigneur, car le jour baisse, et il se fait tard. Ô Vous, la Paix, le Refuge et la Consolation des cœurs troublés, demeurez avec nous, de peur que notre charité ne se refroidisse, et que notre lumière ne s'éteigne dans la nuit : car le jour baisse, et il se fait déjà tard ! Déjà se fait le soir de ma vie ; déjà mon corps cède à la violence des douleurs; la mort m'environne, ma conscience se trouble ; je frémis à la pensée de Votre jugement ; Seigneur, Seigneur, il se fait tard, le jour baisse : demeurez avec nous. Je remets mon esprit entre Vos mains ; en Vous seul est mon salut, vers Vous seul s'élèvent mes regards. Demeurez avec nous, et qu'à ma dernière heure, mon âme étant affranchie, par la ferveur, du joug des tribulations et du péché, la prière et l'amour lui préparent une douce hospitalité dans le Sein de Dieu. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St Bernard de Clairvaux pour l'Avent
Voici une Prière pour le Temps de l’Avent « Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ! » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de l’Abbaye de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St Bernard de Clairvaux « Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ! » :
« Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ; que Votre divine Présence nous réjouisse. Nous avons besoin de conseils, de secours, de protection. Si nous voulons discerner entre le bien et le mal, nous sommes trop facilement trompés ou séduits. Si nous essayons de faire le bien, nous manquons de courage ; si nous nous efforçons de résister au mal, nous ne faisons que trop la triste expérience de notre fragilité. Nous sommes vaincus, nous succombons. Venez donc remédier à notre aveuglement, aider notre faiblesse, protéger notre fragilité. Venez, ô Splendeur de la Gloire de Dieu, ô Sagesse de Dieu, ô Force de Dieu. Changez nos ténèbres en lumière, préservez nous des périls qui nous menacent, soulagez-nous dans les difficultés que nous traversons, affermissez notre courage dans les combats qui nous sont livrés, afin qu'après nous avoir tenus comme par la main et conduits, selon votre Volonté, dans cette carrière que nous avons à parcourir ici-bas, Vous nous receviez un jour dans la Cité permanente dont Vous êtes le Fondateur et l’Architecte. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - Sermon de « Adventu Domini »
Prière de St. Bernard de Clairvaux avant, pendant et après la Confession
Voici la Prière d'une âme pénitente « Ô Jésus-Christ mon Seigneur, je Vous confesse tous mes péchés et toutes les mauvaises actions que j'ai faites » composée par Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de l’Abbaye de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St Bernard « Ô Jésus-Christ mon Seigneur, je Vous confesse tous mes péchés et toutes les mauvaises actions que j'ai faites » :
« Ô Jésus-Christ mon Seigneur, c'est en union des douleurs que Vous avez souffertes pour nous délivrer de celles que nous souffrions, et nous retirer de nos péchés ; c'est en union de toutes les personnes qui ont une vraie douleur et un regret sincère de Vous avoir offensé, et qui Vous cherchent dans la Vérité, que je Vous confesse tous mes péchés, toutes les mauvaises actions que j'ai faites, et toutes les bonnes que j'ai omises, ou que je n'ai pas faites avec assez de pureté, ni avec assez d'attention ; ainsi, que cela Vous est connu, Vous, ô mon Dieu, qui savez parfaitement le nombre, le poids et la mesure de toutes choses, et qui avez compté les jours que j'ai perdus en Vous offensant, en Vous déshonorant, en me retirant de Vous qui êtes mon souverain Bien, et en faisant tomber avec moi mon prochain par une même chute. Recevez donc, Seigneur, le reste des années de ma misérable vie ; et à l'égard de celles que j'ai perdues en vivant mal, ne méprisez pas, s'il Vous plaît, un cœur contrit et humilié. Mes jours se sont écoulés, et se sont perdus inutilement pour moi. Je ne puis plus les rappeler ; mais agréez que je les repasse devant Vous dans l'amertume de mon âme. Seigneur, que l'abîme profond de mes misères attire l'abîme profond de Vos miséricordes. N'en arrêtez pas le cours dans Votre colère. Ne permettez pas que la Source inépuisable de Vos bontés tarisse pour moi à cause de mes péchés. Vous qui avez pitié de tous, qui ne haïssez rien de ce que Vous avez fait, et qui dissimulez les péchés des hommes, afin qu'ils fassent pénitence. C'est à Vous, Seigneur, à remettre les péchés. Ayez pitié de moi, parce que c'est pendant cette vie qui est un temps de Grâce qu'on en peut obtenir le pardon ; et puisque Vous me donnez encore le temps de me convertir ; rendez-moi digne de Vos bénédictions de peur qu'au jour du Jugement Vos malédictions ne tombent sur moi, et que je n'en sois accablé. Seigneur, faites, s'il Vous plait, qu'en renonçant à mes mauvaises habitudes, je ne fasse que des actions qui Vous plaisent ; que par le Secours de votre Grâce je m'applique dorénavant à faire votre Volonté, autant que je me suis appliqué à Vous offenser par mes péchés, afin qu'il y ait une surabondance de Grâce où il y a une abondance de péché. Je Vous conjure par votre Miséricorde infinie, par l’Amour de la glorieuse Vierge Marie votre Mère, et par l'intercession de tous vos Saints, de me pardonner tous mes péchés, toutes mes négligences, et toutes mes ignorances. Ne me perdez pas avec mes iniquités, Seigneur, et ne réservez pas à la fin de ma vie à me punir dans Votre colère de tous les maux que j'ai faits. Souvenez-Vous divin Jésus, que non seulement Vous ne voulez rien perdre de tout ce que votre Père Vous a donné, mais que Vous aimez surtout à faire Miséricorde, et à pardonner, qu'au lieu de perdre les hommes, Vous êtes toujours porté à les sauver. Car votre Père Vous a envoyé en ce monde non pour juger le monde, mais afin que nous ayons la vie par Vous, et que Vous soyez pour nous, et non contre nous. Vous qui avez payé pour nous ce que nous devions, qui avez souffert pour les péchés que nous avions commis, et qui avez suppléé a toutes nos négligences. Vos yeux ont vu ce qu'il y avait d'imparfait en moi, mais Vous mon Dieu, dont la Miséricorde passe notre malice, ne me l'imputez pas pour m'en punir un jour, Vous qui avez disposé si sagement, si parfaitement, si miséricordieusement toutes choses pour les conduire à leur dernière perfection, ne m'effacez pas du livre de vie. Donnez-moi la part que Vous m'avez destinée pour suppléer aux souffrances de votre Passion, par Laquelle Vous avez voulu que l'homme fût Votre cohéritier dans la terre des vivants. Que la vue de la fragilité de notre nature Vous touche, et Vous excite à avoir pitié dé moi. Vous savez ce que c'est que l'homme, et que Vous ne l'avez pas mis en vain sur la terre. Conservez-moi donc, puisque je suis l'ouvrage de Votre bonté. Que tout ce que Vous avez fait et enduré pour moi ne soit point inutile, et que votre Sang précieux n'ait pas été répandu en vain pour moi. Vous, mon Dieu, qui nous purifiez de nos péchés faites qu'étant lavé de toutes mes souillures, et qu'ayant l'esprit éclairé de votre Lumière, je Vous connaisse, et qu'en Vous connaissant dans la droiture de mon cœur je tende et je soupire sans cesse vers Vous ; afin que par une heureuse mort je mérite enfin de parvenir jusqu'à Vous, et de jouir de Votre gloire, Vous qui avec le Père et le Saint Esprit, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St. Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Oui, Mère bénie, un glaive a transpercé Ton âme » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) qui entra au Monastère de Cîteaux en 1112 pour devenir le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre » (Lc 2, 34-35).
La Prière du Chantre de la Vierge Marie « Oui, Mère bénie, un glaive a transpercé Ton âme » :
« Oui, Mère bénie, un glaive a transpercé Ton âme : il n'aurait pu, sans transpercer Celle-ci, pénétrer dans la Chair du Fils. C'est vrai : ce Jésus qui est le Tien — qui est à tous, certes, mais à Toi tout particulièrement —, après avoir remis Son esprit, ne fut pas atteint dans Son âme par la lance meurtrière sans épargner un mort, auquel elle ne pouvait pourtant plus faire de mal, elle Lui ouvrit le Côté ; mais c'est Ton âme qu'elle transperça. La Sienne assurément n'était plus là mais la Tienne ne pouvait s'enfuir. Ton âme, c'est la force de douleur qui L'a transpercée, aussi pouvons-nous très justement Te proclamer plus que Martyre, puisque ta Souffrance de compassion aura certainement dépassé la souffrance qu'on peut ressentir physiquement. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) – « Homélie de S. Bernard pour le Dimanche après l’Assomption »
Prière de Saint Bernard de Clairvaux pour les Conversions
Voici une Prière sur la cause pour laquelle plusieurs ne se convertissent point à Dieu « Ô gens de peu de foi, pourquoi craignez-vous qu’Il ne veuille pas vous pardonner vos péchés puisqu’Il les a affichés avec Ses mains en la Croix ? » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St. Bernard « Ô gens de peu de foi, pourquoi craignez-vous qu’Il ne veuille pas vous pardonner vos péchés puisqu’Il les a affichés avec Ses mains en la Croix ? » :
« La cause pour laquelle plusieurs ne se convertissent point à Dieu, est parce qu'ils se figurent un Dieu plein de rigueur et de sévérité, qui n'a pourtant que de la Douceur et de la Bénignité ; un Dieu terrible et implacable, et qui est néanmoins tout plein d’Amour et de Miséricorde. Ô gens de peu de foi ! Pourquoi craignez-vous qu’Il ne veuille pas vous pardonner vos péchés, puisqu’Il les a affichés avec Ses mains en la Croix ? Pourquoi appréhendez-vous de vous présenter devant Lui ? C'est votre frère et votre chair. C'est Marie qui vous L'a donné pour votre frère. Mais peut-être que vous redoutez en Lui sa divine Majesté, parce que, quoiqu’Il se soit fait homme, Il est toujours demeuré Dieu ? Mais voulez-vous avoir un avocat auprès de Lui ? Ayez recours à Marie, Elle trouvera toujours Grâce devant Lui. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de St. Bernard de Clairvaux pour les Malades
Voici une Prière pour les personnes malades « Faut-il donc, ô bon Jésus, que ma vie entière s'écoule dans la douleur ? » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans, Abbé de Clairvaux à 25 ans et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens qui fut malade toute sa vie.
La Prière de St. Bernard « Faut-il donc, ô bon Jésus, que ma vie entière s'écoule dans la douleur ? » :
« Faut-il donc, ô bon Jésus, que ma vie entière s'écoule dans la douleur, et mes années dans les gémissements ? Mieux vaudrait mourir, mais mourir au milieu, de mes frères, de mes enfants, de mes bien-aimés. La mort dans ces conditions est bien plus douce et plus sûre. Et même, il y va de votre Bonté, Seigneur, de m'accorder cette consolation, avant que je quitte à jamais ce monde. Je ne suis pas digne de porter le nom de père. Mais daignez permettre à des enfants de fermer les yeux de leur père, de voir sa fin, de consoler son passage, d'accompagner de leurs prières son âme au séjour des bienheureux, si Vous l'en jugez digne, et d'ensevelir ses restes mortels auprès de ceux dont il a partagé la pauvreté. Cela, Seigneur, si j'ai trouvé Grâce à Vos yeux, je désire de tout cœur l'obtenir par les prières et les mérites de mes frères. Cependant, que votre Volonté se fasse et non la mienne ; car ce n'est pas pour moi que je veux vivre et mourir. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Saint Bernard de Clairvaux était d'une nature extrêmement tendre et délicate ; il écouta sa générosité beaucoup plus que ses forces, de sorte que, presque au début de sa vie religieuse ; il tomba malade et ne cessa plus de l'être. Quand il se présenta devant l'Evêque de Châlons pour être ordonné Abbé, il était déjà tout exténué et paraissait mourant. II se remit par obéissance entre les mains d'un empirique, qui acheva de le rendre malade, en lui faisant servir des mets auxquels un homme robuste et pressé par la faim eût à peine voulu toucher. Le Saint prenait tout avec indifférence, il trouvait tout également bien. Un resserrement du gosier qui ne laissait guère passer que du liquide, un estomac très faible, les entrailles dans un état déplorable, c'étaient ses trois infirmités permanentes. D'autres maux venaient s'y joindre à l'occasion. Souvent il rejetait les aliments comme il les avait pris ; le peu qu'il en gardait le soutenait vaille que vaille en le torturant. Et, malgré tant de souffrances qui l'exténuaient, il broyait son corps par des jeûnes sévères, des veilles extrêmement prolongées, les travaux les plus durs. Se considérant toujours comme un commençant, il lui fallait, disait-il, la régularité d'un novice, la sévérité de l'Ordre et la rigueur de la discipline. Il dut cependant se faire un régime que son estomac pût supporter; l'esprit de sacrifice et la pauvreté n'y perdirent rien, loin de là. D'un courage à peine croyable, il était avec la communauté, au chœur, au travail, partout. S'il y avait des besognes qu'il ne sût pas faire, il bêchait la terre, coupait du bois, le portait sur ses épaules; et, quand ses forces le trahissaient, il choisissait les occupations les plus viles, afin de compenser la fatigue par l'humilité. Il ne s'absentait des exercices communs que sous la pression de la nécessité. Il le fallut bien cependant. Un temps vint même où, ne pouvant que difficilement se tenir debout, il restait assis presque continuellement, et ne remuait que très rarement. Ce qu'il ne pouvait plus faire, il le compensait en se livrant plus que jamais à la prière, aux pieuses lectures, à l'étude et à la composition ; il se donnait tout à ses religieux par la prédication et la direction. Et, quand l’Eglise avait besoin de ses services, il oubliait son état d'épuisement, affrontait la fatigue des voyages, négociait les affaires, prêchait tant et plus, et suffisait à tout. Puis il revenait plus malade encore, mais aussi plus affamé de sa chère vie de pénitence et de contemplation. Une telle existence n'était guère qu'une mort prolongée. On plaignait le Saint. Ses religieux le suppliaient de prendre quelque ménagement. Il levait les yeux sur le Crucifié sanglant, couvert de plaies ; et, plus docile à la leçon de l'amour qu'aux conseils de la prudence, il faisait taire la voix de la tendresse filiale, et savourait davantage les amertumes du calice. La maladie l'a-t-elle empêché d'être un parfait cistercien, plus utile que tout autre à sa Communauté, et même à l'Eglise entière ?
Prière de St. Bernard de Clairvaux à Dieu le Père
Voici la Prière « Ton amour, ô Bien suprême, est Ta souveraine Bonté » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St. Bernard « Ton amour, ô Bien suprême, est Ta souveraine Bonté » :
« Ton amour, ô Bien suprême, est ta Bonté ; et Ta souveraine Bonté est l’Esprit-Saint qui procède du Père et du Fils... Il s’offre à toutes les âmes, Il attire tout à Lui par Ses inspirations et Ses aspirations, écartant le mal, produisant le bien, unissant Dieu à nous et nous à Dieu. Aussi, ô Seigneur aimable, Tu T’aimes Toi-même en Toi-même lorsque le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, le Saint-Esprit qui est un tel Amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, qu’Il fait leur Unité ; et cette Unité est si grande que la Personne du Saint-Esprit a la même Substance que le Père et le Fils. C’est pourquoi, Tu T’aimes Toi-même en nous, lorsque Tu donnes à nos cœurs l’Esprit du Fils qui, par la véhémence très douce de ton Amour en nous crie : Abba Pater ! »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) – « De amore Dei », chap. VII et VIII.
Prière de St. Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière du pécheur pénitent qui demande l’Intercession de la Très Sainte Vierge Marie « C'est à Vous, ô Madame, que nous adressons les larmes de nos yeux » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de St. Bernard « C'est à Vous, ô Madame, que nous adressons les larmes de nos yeux » :
« Nous sommes tous pécheurs, tremblant de frayeur devant la Face formidable du souverain Juge dont la terrible Main, armée du glaive de Son ire, est étendue sur nos têtes pour nous exterminer. Qui est-ce qui La détournera ? Il n'y a personne qui soit si capable de le faire que Vous, ô La Bien-Aimée de Dieu, qui êtes la Première par qui nous avons reçu en la terre la Miséricorde de Sa divine Majesté. C'est à Vous, ô Madame, que nous adressons les larmes de nos yeux ; c'est à Vous que nous crions du plus profond de nos cœurs Vous suppliant d'éteindre l'ire de votre Fils que nous avons allumée par nos péchés, et de nous remettre en Grâce avec Lui. Voyez, Dame très pitoyable, voyez les plaies de nos âmes que nous exposons avec confiance devant les Yeux de votre Miséricorde. Nous honorons votre Dignité incomparable et votre Maternité admirable. Vous avez passé au milieu de ce monde plein de venin et de corruption sans avoir été souillée d'aucune tâche de péché, au contraire, Vous êtes ornée d'une Sainteté si merveilleuse que Vous êtes l’Unique qui avez approché immédiatement du Trône du Roi éternel ; et néanmoins Vous ne méprisez point et Vous n'avez point en horreur le pécheur, s'il soupire après Vous, et si d'un cœur pénitent il implore Votre secours : Votre main très bénigne le retire du gouffre du désespoir, et Vous employez toutes sortes de moyens pour le réconcilier avec son Juge. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Hymne de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici une Hymne inspirée du Cantique des cantiques « Jubilus de nomine Jesu » attribuée à Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
L’Hymne de Saint Bernard « Jubilus de nomine Jesu » :
« De Jésus, le seul souvenir
Si doux, met au cœur la vraie joie :
Mais plus douce encore que miel,
Plus que tout, douce est Sa présence.
Rien à chanter de plus suave.
Rien qui sonne de plus joyeux,
Rien à méditer de plus tendre
Que Lui, Jésus le Fils de Dieu.
Jésus, espoir des repentants,
Pitoyable à toute demande,
Toi si bon pour ceux qui Te cherchent
Que sera-ce à qui Te découvre !
Ô Jésus, douceur de nos cœurs,
Eau vive, lumière des âmes,
Toi qui surpasses toutes joies,
Toi l’Au-delà de tout désir.
La parole ne peut le dire,
Ni l’écriture le traduire;
Seul le croit qui put l’éprouver,
Ce que c’est, Jésus, de T’aimer.
Partout, je chercherai Jésus,
Dans la foule, ou seul au repos ;
Dans le secret d’un cœur, bien clos,
Mon amour Le cherche assidu.
Avec Marie, avant l’aurore,
J’irai Le chercher au sépulcre,
Criant la plainte de mon cœur.
Cherchant d’esprit et non des yeux,
Mes pleurs arroseront Sa tombe,
Mes sanglots rempliront l’espace.
À Ses pieds je me jetterai
Les tenant bien fort embrassés.
Jésus, Roi sublime, admirable,
Triomphateur plein de noblesse,
J’aspire, douceur ineffable,
À Te posséder tout entier.
Ah ! Demeure avec nous, Seigneur,
Nous illuminant à Ta flamme.
Chasse la brume de nos âmes,
Remplis le monde de douceur.
Quand Tu visites notre cœur,
Alors la vérité l’éclaire.
Vide et pauvre apparaît le monde,
Tandis qu’en nous flambe l’amour.
Si doux est l’amour de Jésus,
Et si parfaitement suave !
Et mille fois plus ravissant
Qu’il est possible de le dire !
Preuve en est faite en sa Passion,
Preuve en l’effusion de son Sang,
Qui nous obtient la Rédemption,
Dieu Lui-même à contempler.
Vous tous, reconnaissez Jésus :
Venez demander Son amour ;
Par votre quête passionnée,
Vous vous enflammerez pour Lui.
À Celui qui nous aime ainsi,
Rendez donc amour pour amour ;
Courez, séduits par Son parfum,
Que vos vœux répondent aux Siens.
Jésus, auteur de la bonté,
Gage pour nous de toute joie,
Source de douceur et de grâce,
Vrai délice de notre cœur,
Mon bon Jésus, fais que je sente
Ton amour en sa plénitude.
Accorde-moi par Ta présence
De pouvoir contempler Ta gloire.
De Toi, je ne puis bien parler,
Et pourtant pourrais-je me taire ?
Ton amour me permet d’oser
Puisque Toi seul me rends joyeux.
C’est Ton amour à Toi, Jésus,
Qui suavement nourrit l’âme ;
N’apportant jamais de dégoût,
Il nous affame de désir.
Ceux qui Te goûtent ont faim de Toi,
Ceux qui Te boivent ont encore soif ;
Ils ne savent plus désirer
Que Toi, Jésus, leur bien-aimé.
Ton amour enivrant fait voir
Combien Jésus est savoureux.
Heureux celui qu’il rassasie !
Son désir ne cherche rien d’autre.
Ô Jésus, beauté angélique,
À nos oreilles doux cantique,
Dans notre bouche, miel exquis,
Pour nos cœurs, céleste breuvage.
Vois l’infini de mon désir !
Mon Jésus, quand vas-Tu venir ?
Pour quand la joie, pour quand la grâce
De me rassasier de ta Face ?
Car ton Amour est sans relâche.
D’amour je défaille sans cesse ;
C’est un fruit à saveur de miel
Qui reste toujours vivifiant ;
Jésus, souveraine douceur,
Joie merveilleuse de mon cœur,
Incompréhensible bonté,
Étreins-moi de Ta charité !
Mon bonheur, c’est aimer Jésus
Et ne rien chercher au-delà,
Mourir entièrement à moi,
Afin de vivre pour Lui seul.
C’est vers Toi, mon très doux Jésus,
Qu’espère en soupirant mon âme ;
Mes larmes d’amour Te réclament
Et le cri du fond de mon cœur.
Ou que je puisse me trouver,
Je veux mon Jésus avec moi
Quelle joie à Le découvrir,
Quel délice à Le posséder !
Ce sont alors embrassements !
Ce sont baisers plus doux que miel !
Et fusion bienheureuse au Christ !
Mais que la durée en est brève !
Ce que j’ai cherché, je le vois,
Je tiens ce que j’ai convoité ;
Son amour me fait défaillir,
Mon cœur en est tout incendié.
Et lorsqu’on aime ainsi Jésus,
Cet amour-là ne s’éteint plus ;
Il ne tiédit pas, ne meurt pas,
Sans cesse il grandit et s’embrase.
Cet amour, ce feu continu,
Est d’une douceur admirable ;
La saveur en est délicieuse,
Que ce délice rend heureux !
Cet Amour envoyé du Ciel
Adhère à la moelle des os,
Ravage l’âme de son feu,
Et comble l’esprit de délices.
Ô quel incendie de bonheur !
Ardeur brûlante du désir !
Ô le doux rafraîchissement
Que notre amour du Fils de Dieu !
Jésus, fleur d’une mère vierge,
Ô Toi qu’il nous est doux d’aimer,
Que gloire soit à Ta puissance !
Étends Ton règne de bonheur.
Viens, viens donc; Roi très bon, ô Père
Dont la gloire n’a pas de mesure.
Avive en brillant, Ta lumière :
Je T’ai déjà trop attendu !
Jésus, plus clair que le soleil,
Et plus suave que le baume,
Doux par-delà toute douceur,
Tu dépasses toute tendresse.
Toi dont le goût est si prenant
Dont l’odeur est si tonifiante,
En Toi tout mon esprit défaille,
Toi seul suffis au cœur aimant.
Toi, l’enchantement de l’esprit,
En Toi seul s’achève l’amour,
Mon titre de gloire est en Toi,
Comme en Toi le salut du monde.
Retourne donc mon bien-aimé
Posséder la droite du Père ;
Heureux vainqueur de l’ennemi,
Jouis, au Ciel, de Ton royaume.
Où que Tu ailles, je suivrai,
Tu ne peux plus m’être arraché ;
N’as-Tu pas emporté mon cœur,
Jésus, gloire de notre race ?
Habitants des cieux, accourez,
Pour faire surhausser vos portes ;
Clamez à Celui qui triomphe :
« Salut, Jésus, ô Roi illustre. »
Roi très puissant, Roi glorieux,
Roi victorieux et magnifique,
Jésus qui prodigues la grâce !
Honneur de l’assemblée céleste.
Fontaine de miséricorde,
Lumière de la vraie patrie,
Chasse les ombres de tristesse,
Nous donnant l’éclat de Ta gloire.
Célébré par le chœur céleste
Répétant sans fin Ses louanges,
Jésus réjouit l’univers
Et nous met en paix avec Dieu.
Jésus commande dans la paix
Qui dépasse tout sentiment,
Vers elle mon esprit soupire,
Hâté d’en jouir à son tour.
Jésus a donc rejoint son Père,
Gravi le Royaume des cieux ;
Loin de moi mon cœur est passé,
Après Jésus s’en est allé.
Accompagnons-Le de louanges,
De vœux, d’hymnes et de prières,
Pour qu’Il nous donne de jouir,
Avec Lui du séjour céleste. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux sur le Pardon
Voici une Prière pour se libérer de l'angoisse de ne pas être pardonné « Ô doux Jésus, de quelle amertume ne m'as-Tu pas délivré ? » attribuée à Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de l’Abbé de Clairvaux « Ô doux Jésus, de quelle amertume ne m'as-Tu pas délivré ? » :
« Ô doux Jésus, de quelle amertume ne m'as-Tu pas délivré quand si souvent Tu es venu me visiter ! Que de fois, me voyant verser des larmes d'angoisse, gémir et sangloter plus qu'on ne peut dire, n'es-Tu pas venu répandre dans mon âme meurtrie le baume de ta Miséricorde et l'huile de Ta joie ! Que de fois ai-je commencé ma prière au bord du désespoir, pour la terminer dans une joie exultante, et sûr de ton Pardon ! »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Saint Bernard de Clairvaux, la conversion du désir :
En 1112, Bernard de Fontaines (1090-1153) entre au Nouveau Monastère de Cîteaux (Côte-d’Or). L’enthousiasme de ce jeune homme de 22 ans a entraîné à sa suite frères, cousins et amis dans l’aventure cistercienne. Pour les moines de Cîteaux, ce souffle nouveau marque l’éclosion de la plante qu’ils avaient laborieusement semée et arrosée depuis 1098. Elle ne cessera dès lors d’étendre ses rameaux dans l’Église. De cette expansion, Saint Bernard est regardé comme la figure de proue. Sa forte personnalité, sa doctrine spirituelle toute de feu, son charisme de guide ont fait de lui le conseiller des grands de son époque ; il reste aujourd’hui pour tous un guide éclairé sur les Chemins de Dieu.
Enfance : Bernard naquit en 1090 au château de Fontaines-lès-Dijon (Côte-d’Or). Ses parents, Tescelin et Aleth, eurent sept enfants. De son enfance et de sa jeunesse, nous savons peu de choses certaines. La biographie qu’écrivirent de lui ses amis et proches, de son vivant et à son insu, rapporte des faits légendaires qui disent surtout ce que Bernard deviendra et la façon dont il fut regardé par ses contemporains. Dame Aleth, alors enceinte de lui, le vit en songe comme un petit chien qui aboyait avec force : son fils sera un fidèle gardien de la maison du Seigneur. Une nuit de Noël, Bernard enfant vit l’Enfant Dieu naissant du sein de la Vierge : sa vie spirituelle restera profondément marquée par la contemplation du Mystère de l’Incarnation et de la place de la Vierge Marie.
Un jeune meneur d’hommes : Alors que ses frères se formaient pour le métier des armes, Bernard fut envoyé étudier auprès des Chanoines de Saint-Vorles, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), études dont il profita abondamment. Sa mère mourut en 1103 alors qu’il était encore adolescent. Elle avait eu sur lui et ses frères un grand ascendant. Son souvenir sera très présent au moment où chacun se décidera pour la vie monastique. Au milieu de ses camarades jeunes nobles, il se montre différent, habité par un appel intérieur de plus en plus pressant. Devant son désir de vie monastique, sa famille tente de le détourner vers la cléricature. C’est finalement lui qui convaincra ses proches de le suivre. Déjà Bernard se montre un véritable meneur d’hommes. Quand ils se présentent à Cîteaux en 1112 ils sont, raconte-t-on, une trentaine. L’abbé Étienne Harding (1050-1134) préside à la formation de tout ce groupe. Après une première fondation en 1113 à La Ferté (Saône-et-Loire), Cîteaux envoie Bernard et douze frères fonder Clairvaux (Aube) en 1115. Le jeune abbé a 25 ans. Il était Prêtre, mais on ne sait pas quand il fut ordonné.
Le noyau d’une spiritualité cistercienne : Bernard n’a pas une santé robuste. Lorsque, épuisé, il doit se reposer durant un an, Guillaume, Abbé bénédictin de Saint-Thierry (Marne), lui-même malade, le rejoint. Une profonde amitié se noue entre ces deux grands spirituels ; Guillaume sera le premier biographe de Bernard mais mourra avant lui. Des heures entières ils parlent de théologie spirituelle ; le Cantique des cantiques est au cœur de leurs entretiens. Ce dialogue se poursuivra à travers leurs écrits respectifs. Deux autres auteurs cisterciens formeront avec eux le noyau d’une spiritualité typiquement cistercienne : Guerric d’Igny (v. 1070-1157) et Aelred de Rievaulx (1110-1167). Dans une même recherche ardente de Dieu, chacun montre une approche très personnelle : Bernard apporte une note nuptiale, là où Guillaume se montre contemplatif ; Aelred est connu comme docteur de la charité et de l’amitié spirituelle tandis que Guerric exprime l’expérience de Dieu sous la forme de la maternité spirituelle. Les amitiés solides cultivées par Bernard tout au long de sa vie s’étendent largement au-delà du cercle cistercien. Il sait reconnaître la valeur spirituelle des personnes et faire avec elles un chemin d’élévation mutuelle vers Dieu, quand bien même leurs avis divergent.
La naissance de l’Ordre cistercien : Après un début d’abbatiat difficile, Clairvaux devient rapidement le centre du rayonnement croissant de son Abbé. Bernard voyage aux alentours de son abbaye, appelé par les grands du monde ou de l’Église pour régler des affaires matérielles, politiques, ramener la paix entre seigneurs… De ses déplacements, il ramène des jeunes recrues pour le service de Dieu. De nouveaux Monastères sont fondés à partir de Clairvaux (Trois-Fontaines (Marne) 1118, Fontenay (Côte-d’Or) 1119, Foigny (Aisne) 1121…) tandis que Cîteaux continue à essaimer (Pontigny (Yonne) 1114, Morimond (Haute-Marne) 1115…). Le mouvement continuera tout au long de la vie de Bernard ; ce seront des fondations directes ou des affiliations de monastères existants. Des « quatre Filles » de Cîteaux (les Monastères de Clairvaux, Morimond, Pontigny et La Ferté, premières fondations de Cîteaux, tous situés autour de la Bourgogne), Clairvaux devient largement la plus active. À la mort de Bernard en 1153, la filiation de Clairvaux comptera plus de 160 Monastères répandus dans toute la chrétienté. L’Ordre cistercien est en train de naître. Les traits fondamentaux de la vie monastique cistercienne sont alors mis par écrit. Ils manifestent l’intuition des fondateurs de Cîteaux, mais aussi l’influence de Bernard et de ses compagnons
Un homme à l’influence grandissante : C’est un tiraillement intérieur pour celui qui se voulait éperdument moine, vaquant à Dieu seul dans la solitude du cloître, et se retrouve parcourant les routes de France d’abord, puis de l’Italie vers Rome pour étendre finalement son influence sur l’Église entière ; paradoxe d’un homme passionné de Dieu, véritable « chimère de son siècle » comme il se définira lui-même. Il ressent profondément en lui les joies et les souffrances de son temps et porte à tous les hommes, ses frères, la Parole entendue dans le secret. Son action ne sera pas toujours comprise, ni bien reçue, elle sera critiquée ou louée, couronnée de succès ou tournant à l’échec ; mais toujours elle portera la marque de l’audace prophétique, de la recherche de la vérité et de la paix. On le trouve dans des conciles et synodes régionaux, il s’occupe du différend entre le roi de France et les évêques de Paris et Sens, soutient le pape Innocent II durant le schisme d’Anaclet, réconcilie les cités de Pise et de Gênes (Italie), intervient dans les nominations d’évêques… Lorsqu’en 1144, un ancien moine de Clairvaux, Bernardo Paganelli di Montemagno, est élu Pape sous le nom d’Eugène III, Bernard est chargé par lui de prêcher la seconde croisade. Le discours de Vézelay (Yonne) le jour de Pâques (31 mars) 1146 est resté célèbre, tout comme l’échec retentissant de cette aventure, qui donnera pourtant à l’abbé de Clairvaux l’occasion de défendre les juifs de Rhénanie menacés par des fanatiques. Saint Bernard proclame en Allemagne : « Ne touchez pas aux Juifs, ils sont la chair et les os du Seigneur ! » ; « Celui qui touche à un Juif pour le tuer, c’est comme s’il touchait à Jésus lui-même ».
Un phare dans la nuit : L’aura dont bénéficie Bernard le désigne pour affronter les pensées nouvelles ou hérétiques qui germent à cette époque. Dans ce domaine, il ne montre aucun empressement ; ses enseignements sont conçus comme un accompagnement de l’âme dans sa quête spirituelle, non comme une base pour les controverses doctrinales. Il ne répond pas lorsqu’il est sollicité pour prendre position contre Guillaume de Conches. Il faudra l’insistance de Guillaume de Saint-Thierry pour qu’il rédige son Traité contre les erreurs d’Abélard et accepte de relever le défi d’une confrontation publique lancée par le maître. Bernard est aussi présent au concile de Reims en mars 1148 qui condamne les thèses sur la Trinité de Gilbert de la Porrée (qui séparait de manière artificielle la nature de Dieu et ses attributs) ; il en retient l’humilité de l’évêque de Poitiers qui accepte l’avis de l’assemblée et se réconcilie avec ses dénonciateurs. L’époque de Bernard voit fleurir des mouvements divers qui allient une forme de révolte contre la société à des doctrines hérétiques dont le point central est de considérer les créatures comme mauvaises. Ces groupes, auxquels on a donné le nom générique de cathares, s’organisaient de façon plus ou moins sectaires. Lorsqu’Ebervin de Steinfeld avertit Bernard et lui demande de réfuter leurs erreurs doctrinales, l’abbé de Clairvaux insère sa réponse dans ses sermons sur le Cantique (SCt 65-66), mais aussi part prêcher dans la région de Toulouse afin de ramener les hérétiques à la foi « non par les armes, mais par les arguments ». Là, s’arrête son action envers les cathares. D’autres prendront la relève ; Cisterciens, puis Dominicains seront fortement impliqués dans ce combat qu’ils estimeront d’abord spirituel, là où les seigneurs locaux déraperont en répression sanglante, mêlant aux considérations doctrinales des objectifs plus politiques.
L’idéal d’un moine passionné de Dieu : Cependant ces actions extérieures de l’abbé de Clairvaux ne constituent pas – loin s’en faut – la part la plus importante de son héritage. Car Bernard est d’abord un moine, un chercheur passionné de Dieu, un père et un guide pour ceux qui s’engagent à la suite du Christ. Sur la vie religieuse de son temps, son influence est double : par sa prédication et ses écrits, il répand un souffle de ferveur renouvelée, appuyée sur une doctrine solide ; par ses interventions et son exemple, il agit au niveau des institutions. Son époque voit, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, une diversification des modes de vie religieuse, avec l’apparition de multiples groupements de monastères. Cîteaux est l’un d’entre eux, mais aussi Cluny, Obazine, Prémontré, la Chartreuse… sans oublier les ordres de chevalerie, ces Templiers pour lesquels Bernard écrit l’Éloge de la nouvelle chevalerie. C’est dans son « Apologie » adressée à Guillaume de Saint-Thierry que l’abbé de Clairvaux dessine la vie monastique telle qu’il la conçoit, telle qu’il la répandra. Pour vivre intégralement la recherche de Dieu, Bernard pose des conditions radicales pour permettre à chaque moine de réaliser cet idéal. Rupture avec les modèles économiques et sociaux d’une époque marquée par la féodalité, pauvreté réelle et manifeste, simplicité sans précédent dans la liturgie, les ornements ou l’architecture… Tout est mis en œuvre pour favoriser l’intériorité, dans une vie fraternelle au sein d’une communauté stable qui cherche à retrouver l’authenticité de la vie selon la Règle de Saint Benoît.
Un écrivain talentueux : On a écrit que Bernard avait renoncé à tout « sauf à l’art de bien écrire ». Servies par une écriture magnifique, ses œuvres se veulent d’abord pastorales. Il fraie pour ses moines, mais aussi pour les autres, un itinéraire de retour à Dieu qui emprunte le chemin que Dieu Lui-même a pris à la rencontre de l’homme : le Christ, Verbe fait chair dans le temps, Verbe qui visite l’âme assoiffée de Lui, Verbe attendu dans l’espérance. C’est d’expérience que Bernard parle : la sienne, celle de ses lecteurs, celle qu’il décrypte dans les Livres Saints devenus comme son milieu naturel. Son enseignement est incarné, intégré dans la vie. Il est lecture de la Parole divine dans l’existence réelle des hommes, de chaque âme individuelle et de toutes les âmes unies en Église ; chemin de conversion qui réordonne l’homme tout entier dans le Désir même de Dieu.
Une intense dévotion Mariale : Sur la route qui mène au Christ, Marie, Mère du Fils de Dieu, occupe une place primordiale. La Sainte Vierge accomplit en sa personne les prophéties qui l’annonçaient ; toute pure, toute libre dans son consentement, intimement associée à son Fils, Elle est pour nous le canal des Grâces divines. Saint Bernard est l’auteur de sermons sur Marie, de la prière du Memorare « Souvenez-vous, ô Très Miséricordieuse Vierge Marie » et d’une prière appelant à la confiance, mise en musique à l’époque contemporaine par la Communauté de l’Emmanuel « Regarde l’étoile, invoque Marie » . Bernard meurt à Clairvaux le 20 août 1153 à l’âge de 63 ans. Canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III, il a été déclaré Docteur de l'Église par Pie VIII par décret du 17 juillet 1830. On le fête le 20 août.
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici une Prière pour suivre Jésus partout où Il ira « Ô Chef glorieux, Tu passes le premier à travers l'ouverture étroite de la Passion » attribuée à Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Ô Chef glorieux, Tu passes le premier à travers l'ouverture étroite de la Passion » :
« Mon bonheur c'est de Te rester uni, ô Chef glorieux et béni pour les siècles, que les anges brûlent du désir de contempler ! Je Te suivrai partout où Tu iras : si Tu traverses les flammes, je ne Te quitterai point ; je ne redouterai aucun mal, si Tu es avec moi. Tu portes mes douleurs, Tu souffres pour moi, Tu passes le premier à travers l'ouverture étroite de la Passion, afin d'y frayer à Tes membres une large entrée. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici une Prière de requête à la T-S-V-Marie « Ô Souveraine, donne à manger des miettes à Tes pauvres petits chiens que nous sommes » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Ô Souveraine, donne à manger des miettes à Tes pauvres petits chiens que nous sommes » :
« Tu es pleine de Grâce, pleine de la Rosée céleste, appuyée sur ton Bien-aimé, et comblée de délices. Et maintenant donne à manger à Tes pauvres, ô Souveraine, que les petits chiens puissent avoir des miettes de Ta table. Ne donne pas à boire seulement au serviteur d'Abraham, mais aux petits chiens que nous sommes, car Tu es vraiment la Fiancée choisie et préparée pour le Très-Haut, qui est le Dieu béni dans les siècles. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux pour les Prêtres
Voici une Prière sur les Bénédictions de douceur que Dieu donne aux âmes religieuses « Vera sunt omnia quae dixisti, Domine Jesu » (Toutes vos Paroles, ô mon Dieu, sont véritables) de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Vera sunt omnia quae dixisti, Domine Jesu » (Toutes vos Paroles, ô mon Dieu, sont véritables) :
« Toutes vos Paroles, ô mon Dieu, sont véritables ; Vous m'avez promis le centuple, et je le goûte actuellement, puisque rien n'égale la joie dont je suis pénétré, en me regardant comme une victime que Vous avez choisie et agréée. Non, Seigneur, tout ce que j'endure ne m'empêche point de convenir que Vous Vous acquittez de Vos promesses au-delà même de mes souhaits, et de protester que je suis pleinement content de Vous. Aveu peu nécessaire à Votre gloire, mais qui néanmoins est le plus grand hommage que Vous puissiez recevoir de Votre créature, puisqu'il n'y a qu'un Dieu comme Vous, qui, dans l'état de mes souffrances, puissiez non-seulement me contenter, mais me combler des plus abondantes Consolations ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) – « Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus », Troisième Sermon sur l'état religieux : le renoncement religieux et les récompenses qui lui sont promises, page 201, chez J. A. Lebel (1812)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici la Prière Mariale « Nous élevons les yeux vers Vous, ô Reine du monde » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Nous élevons les yeux vers Vous, ô Reine du monde » :
« Nous élevons les yeux vers Vous, ô Reine du monde. Nous devons comparaître devant notre Juge, après tant de révoltes ; qui pourra L'apaiser ? Il n'est personne qui le puisse mieux que Vous, ô Vierge Sainte, qui aimez tant ce Juge et en êtes si tendrement aimée. Ouvrez donc, ô Mère de Miséricorde, les oreilles de votre Cœur à nos soupirs et à nos prières. Nous nous réfugions sous votre Patronage, apaisez le courroux de votre Fils et faites-nous rentrer en Grâce avec Lui. Vous ne reculez pas à l'aspect du pécheur, quelque infection qu'il exhale, Vous ne le méprisez pas s’il soupire vers Vous, et que repentant il Vous demande votre Protection : de Votre main compatissante Vous éloignez de lui le désespoir : Vous l'encouragez à espérer, Vous le fortifiez et Vous ne l'abandonnez pas avant que Vous ne l'ayez réconcilié avec le Juge. Vous êtes cette Femme unique dans laquelle le Sauveur a trouvé son Repos, et a déposé sans mesure tous ses Trésors. Voilà pourquoi le monde entier, ô ma sainte Reine, honore Votre chaste sein, comme le Temple de Dieu, dans Lequel a été commencé le Salut du monde. C'est là que s'est faite la Réconciliation entre Dieu et l'homme. Mère auguste de Dieu, Vous êtes ce Jardin fermé dans Lequel la main souillée par le péché n'a jamais pénétré pour en cueillir les fleurs. Vous êtes le beau Jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent l'Église, et entre autres la violette de l'humilité, le lys de Votre pureté et les roses de Votre charité. A qui pourrons-nous Vous comparer, ô Mère de Grâce et de Beauté ? Vous êtes le Paradis de Dieu. De Vous est sortie la Source d'eau vive qui arrose la terre entière. Oh ! Que de bienfaits Vous avez apportés au monde, en méritant de devenir un Aqueduc si salutaire ! C'est de Vous qu'il est dit : « Quelle est Celle qui s'avance brillante comme l'aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil » ? Vous êtes donc venue au monde, ô Marie, comme une Aurore resplendissante, précédant par la lumière de Votre sainteté la levée du soleil de justice. Le jour où Vous êtes apparue au monde peut bien s'appeler un jour de Salut, un jour de Grâce. Vous êtes belle comme la lune, car de même qu'il n'y a point de planète plus semblable au soleil que la lune, ainsi il n'est pas de créature plus que Vous semblable à Dieu. La lune éclaire la nuit avec la lumière qu'elle reçoit du soleil, mais Vous êtes plus belle que la lune, parce qu'en Vous il n'y a ni tâche, ni ombre. Vous êtes pure comme le soleil : j'entends ce soleil qui a créé le soleil : il a été discerné entre tous les hommes, et Vous entre toutes les femmes. Ô douce, ô grande, ô toute aimable Marie ! On ne peut prononcer votre Nom, sans avoir le cœur embrasé d'amour : et ceux qui Vous aiment ne peuvent penser à Vous qu'ils ne se sentent portés à Vous aimer davantage. Ô Sainte Reine, assistez notre faiblesse. Eh ! Qui est plus à même de parler à notre Seigneur Jésus-Christ que Vous qui êtes admise à goûter si intimement les douceurs de Sa conversation ? Parlez, parlez, Reine du Ciel, votre Fils vous écoute, et Vous obtiendrez tout ce que Vous Lui demanderez ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) – Prière extraite des « Œuvres complètes du Bienheureux Saint Alphonse-Marie de Liguori », pages 308-310, chez Parent-Desbarres (1835)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à Jésus-Christ
Voici la Prière « Que votre Cœur, ô aimable Jésus, est un riche Trésor ! » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Que votre Cœur, ô aimable Jésus, est un riche Trésor ! » :
« Puisque nous sommes tombés sur le Cœur tout aimable de Jésus-Christ, et qu'il fait si bon d'y demeurer, ne souffrons pas qu'on nous en sépare ; le souvenir de ce Cœur divin est une source de consolations et d'allégresse : ô qu'il est bon, ô qu'il est doux de faire sa demeure dans ce Cœur ! Que votre Cœur, ô aimable Jésus, est un riche Trésor ! Que c'est une précieuse Perle ! C'est dans ce Temple, c'est dans ce Sanctuaire, c'est devant cette Arche du testament que j'adorerai et louerai le nom du Seigneur, je dirai avec David : « J'ai trouvé le cœur de Jésus mon Roi, mon frère, mon ami », et avec ce Cœur toujours dans mon esprit, comment ne L'adorerais-je point ? Ce Cœur, j'ose le dire, est le mien. Car, si Jésus-Christ est mon Chef, comment ce qui est à mon Chef ne serait-il pas aussi à moi ? Ayant donc trouvé votre Cœur et le mien, ô aimable Jésus ! Je Vous prierai, Vous qui êtes mon Dieu ; souffrez que mes prières soient admises dans ce divin Sanctuaire pour être exaucées. Retirez-moi tout entier dans ce Cœur, et afin que je puisse faire ma demeure ; tous les jours de ma vie, lavez-moi de mes péchés, purifiez-moi de toutes mes tâches. Ô divin Jésus ! Votre sacré Côté n'a été percé que pour nous ouvrir l'entrée de votre Cœur et ce Cœur Lui-même n'a été ouvert qu'afin que nous puissions habiter en Lui dans une parfaite liberté exempts de tout ce qui peut troubler notre repos. Ce Cœur adorable a été blessé, afin que par cette Plaie visible nous connaissions la Plaie invisible que l'Amour y a faite : ah ! Comment Jésus pouvait-Il nous marquer plus efficacement son Amour, qu'en voulant que non seulement son Corps, mais encore son propre Cœur fût percé ? Qui pourra donc ne pas aimer un Cœur blessé de la sorte pour nous, et qui pourra n'être pas sensible à son Amour ? »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux du Matin
Voici la Prière « Ô Jésus, sois notre Lumière en ce jour » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière du matin de Saint Bernard « Ô Jésus, sois notre Lumière en ce jour » :
« Ô Jésus, quand je pense à Toi,
La paix emplit mon cœur.
Puissé-je vivre sous ta Loi,
Près de Toi, mon Sauveur !
Aucune voix ne peut chanter
Nul cœur ne peut trouver
Un mot plus doux que Ton saint Nom,
Ô Seigneur du pardon.
Ô Toi, l’espoir du cœur contrit,
Toi, l’ami du pécheur,
Tu répands sur nous ton Esprit,
Ton Amour rédempteur.
Jésus, Toi, notre seul amour,
Toi, notre liberté,
Sois notre Lumière en ce jour
Et pour l’éternité ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Prière de Saint Bernard de Clairvaux à la Sainte Vierge
Voici une Prière d’intercession à Notre-Dame, notre Avocate et notre Médiatrice « Ô notre Médiatrice, recommandez-nous à votre Fils » extraite du deuxième Sermon de l'Avent de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
La Prière de Saint Bernard « Ô notre Médiatrice, recommandez-nous à votre Fils » :
« Donnez-nous accès auprès de votre Fils, Vous, Bénie, Vous qui avez trouvé Grâce, Mère de la Vie, Mère du salut ; qu'Il nous reçoive de Vous, Celui qui par Vous nous a été donné. Que votre Intégrité soit l'excuse de notre souillure ; que votre Humilité, si agréable à Dieu, obtienne le pardon de notre vanité ; que Votre abondante Charité couvre la multitude de nos péchés, et que Votre glorieuse Fécondité nous procure la plénitude des mérites. Ô Notre Dame, notre Médiatrice, notre Avocate, réconciliez-nous avec votre Fils, recommandez-nous à votre Fils, présentez-nous à votre Fils. Faites, ô bénie Vierge, par la Grâce que Vous avez trouvée, par la prérogative que Vous avez méritée, par la Miséricorde dont Vous êtes la Mère, que Celui qui par Votre moyen a daigné se faire participant de notre infirmité et de notre misère, nous rende, par votre Intercession, participants de sa Gloire et de sa Béatitude ».
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - L'Année Liturgique : « Le Temps de l’Avent » de Prosper Guéranger, pages 143-144, chez Julien Lanier Cosnard et Cie éditeurs (1858)
Le Mystère Joyeux de l' « Annonciation » avec Saint Bernard de Clairvaux Mystères Joyeux
Récitons notre Chapelet en méditant l' « Annonciation de notre Seigneur Jésus Christ à la Vierge Marie » , premier Mystère Joyeux du Rosaire des lundi et samedi, avec des textes de Saint Bernard de Clairvaux.
- Premier Mystère Joyeux : « L’Annonciation de notre Seigneur Jésus Christ »
Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole ! » et l'ange la quitta... (Lc 1, 38)
« Fais-moi vivre selon ta parole ! » (Psaume 119 (118), 107)
Fruit du Mystère :
L’Humilité
Textes de méditation sur l’ « Annonciation de notre Seigneur Jésus Christ à la Vierge Marie » de Saint Bernard de Clairvaux :
« L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth » (Lc 1,26). Ici tout est plein des Mystères d'en haut, chaque mot déborde d'une céleste douceur.
Tu t'étonnes que Nazareth, une ville si petite, soit honorée par la visite du messager d'un si grand Roi ? Et quel messager ! Cependant, grand est le trésor caché dans cette petite ville ! Caché, dis-je, oui aux hommes, mais non à Dieu ! Marie n'est-elle pas le trésor de Dieu ? Là où elle se trouve, là est le coeur de Dieu ; toujours et partout les yeux du Seigneur sont abaissés sur elle, regardant l'humilité de sa servante.
Elle a été choisie depuis le commencement des siècles, elle était connue longtemps d'avance par le Très Haut qui l'avait préparée pour lui; elle était gardée par les anges, signalée par les patriarches et promise par les prophètes.
Étant entré chez elle, chez Marie évidemment, l'ange lui dit : « Je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28). Entré où chez elle ? Dans le secret de sa chambre, car probablement, ayant fermé la porte sur elle, elle priait son Père dans le secret. Les anges ont coutume de se tenir auprès de ceux qui prient, de prendre leurs délices, en ceux qui lèvent dans la prière des mains pures.
Approchez l'oreille de la muraille, écoutez ce que l'ange lui dit ; peut-être les paroles que vous entendrez, vous consoleront-elles ?
Et toi, Adam, ô notre père, réjouis-toi ! Livre-toi aussi à l'allégresse, ô Eve, notre mère ! Consolez-vous maintenant l'un et l'autre, consolez-vous, dis-je, en cette fille, puisque c'est une telle fille pour vous ! Voilà une femme qui prend la place d'une autre femme. Aussi, au lieu de t'offrir, ô Adam, du fruit de l'arbre de mort, elle te donne à goûter du fruit de l'arbre de vie ! Ecrie-toi : « Seigneur, la femme que tu m'as donnée m'a présenté du fruit de l'arbre de vie et j'en ai mangé ; je l'ai trouvé plus doux que le miel à mon palais, parce que dans ce fruit tu m'as donné la vie ! » Ô femme singulièrement respectable, admirable par dessus toutes les autres femmes, tu répares le mal qu'ont fait nos aïeux et tu rends la vie à tous leurs descendants !
Ouvre, bienheureuse Vierge, ton coeur à la foi, tes lèvres à la reconnaissance, ton sein à ton Créateur. Le Désiré de toutes les nations frappe à ta porte. Oh ! Si tu tardais et qu'il s'en aille !
L'ange maintenant n'attend plus que ta réponse, il faut qu'il retourne à Dieu ! Ô Notre Dame, nous attendons aussi cette réponse de miséricorde ! Le monde entier à tes genoux, attend ton consentement. De toi, en effet, dépend la consolation des affligés, la rédemption des captifs, la délivrance des coupables, le salut des enfants d'Adam, de toute ta propre race !
« Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole ! » (Lc l, 38)
(Textes extraits des sermons, homélies, lettres et écrits de Saint Bernard de Clairvaux)
1 Pater + 10 Ave + Gloria Patri
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux : « SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie »
Le Mystère Joyeux de la « Nativité » avec Saint Bernard de Clairvaux Mystères Joyeux
Récitons notre Chapelet en méditant la « Nativité de notre Seigneur Jésus Christ » , troisième Mystère Joyeux du Rosaire des lundi et samedi, avec des textes de Saint Bernard de Clairvaux.
- Troisième Mystère Joyeux : « La Nativité de notre Seigneur Jésus Christ »
« Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu… Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 1 et 14)
« Alors j'ai dit : Voici, je viens ! » (Psaume 40 (39), 8)
Fruit du Mystère :
L’Esprit de Pauvreté, le Dénuement
Textes de méditation sur la « Nativité de notre Seigneur Jésus Christ » de Saint Bernard de Clairvaux :
De toute sa hauteur, il a daigné descendre dans l'horreur de notre prison d'ici-bas ! Qui pourrait encore mettre en doute qu'une grande cause fût en jeu pour qu'une telle Majesté, et de si loin, daigne descendre dans un lieu tellement indigne d'elle ? Oui, une grande cause, car grande est cette miséricorde, immense cette compassion, débordante cette charité. Admirable faveur d'un Dieu qui daigne ainsi se mettre en quête de l'homme, et grande dignité de l'homme cherché de cette manière !
La grandeur de la grâce qu'il nous fait montre assez quelle était notre indigence !
II est temps de considérer aussi le temps même où le Sauveur est advenu. La Sagesse a pris ses dispositions pour apporter son secours juste au moment où il serait plus nécessaire. Oui, en vérité, le soir tombait, et le jour touchait à son terme, le Soleil de justice avait plus ou moins disparu, et, par suite de l'iniquité croissante, la ferveur de l'amour s'était refroidie. L'ange avait cessé d'apparaître et le prophète de parler, comme s'ils étaient vaincus par la désespérance, face à l'extrême dureté des hommes et à leur obstination. « Alors moi, dit le Fils, maintenant j'ai dit : voici je viens ! » (Ps39, 8).
Une voix joyeuse a retenti sur notre terre, une voix d'exultation et de salut a résonné sous les tentes des pécheurs. Une bonne parole a été entendue, parole de consolation, pleine de joie et vraiment digne d'être reçue de tous. Montagnes, criez de joie ; arbres des forêts, applaudissez devant la face du Seigneur, car il vient ! (Ps 95, 15). Cieux, écoutez ! et que la terre l'entende ! Que toute la création admire et chante, mais toi surtout, ô homme !
Jésus-Christ, Fils de Dieu, naît à Bethléem de Juda !
Quel cœur serait assez dur pour ne pas se fondre à cette parole ? Que pouvait-on annoncer de plus doux ?... A-t-on jamais entendu chose semblable ? Le monde a-t-il jamais reçu pareille nouvelle ?
Jésus-Christ, Fils de Dieu, naît à Bethléem de Juda !
O brève parole qui annonce la Parole qui s'est comme abrégée, parole débordante de toute la suavité du ciel ! Sans en trouver les mots, l'amour cherche à répandre l'abondance de cette douceur de miel. Si grande est la beauté de cette parole qu'on enlève aussitôt de sa saveur, si l'on y change le moindre iota.
Jésus-Christ, Fils de Dieu, naît à Bethléem de Juda !
O vous qui gisez dans la poussière, réveillez-vous et louez le Seigneur. Voici qu'il vient ! Respirez, ô vous qui étiez perdus : Jésus vient chercher et sauver ce qui avait péri. Malades, revenez à la santé : le Christ vient guérir par l'abondance de sa miséricorde les cœurs brisés. Tressaillez de joie, vous tous qui aspirez à de grandes choses : le Fils de Dieu descend vers vous pour vous faire cohéritiers de son Royaume...
Le Verbe s'est fait chair et il a demeuré parmi nous. Que lui reste-t-il à réaliser ? Il s'est fait lui-même avec toi une seule chair, il te fera avec lui un seul et même esprit.
(Textes extraits des sermons, homélies, lettres et écrits de Saint Bernard de Clairvaux)
1 Pater + 10 Ave + Gloria Patri
La Prière de Saint Bernard de Clairvaux : « SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie »
Sermon sur « L'HUMILITÉ » de Saint Bernard de Clairvaux Sermons - Homélie - Méditations
Voici le Sermon XXXIV sur l’humilité et la patience « Humble est celui qui tourne l'humiliation en humilité » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
Le Sermon XXXIV sur l’humilité et la patience de Saint Bernard de Clairvaux « Humble est celui qui tourne l'humiliation en humilité » :
1. « Si vous ne vous connaissez pas vous-même, ô la plus belle de toutes les femmes, sortez, et allez après les troupeaux de vos compagnons, et paissez vos boucs auprès des tentes des pasteurs » (Cant. I,7). Autrefois Moïse, présumant beaucoup de la grâce et de la familiarité de Dieu, aspirait à une grande vision, et disait à Dieu ; « Si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, montrez-vous vous-même à moi » (Exod. XXXIII, 43). Mais, au lien de cette vision qu'il demandait, il en eut une moindre, par laquelle toutefois il pouvait un jour arriver à celle qu'il désirait. De même les enfants de Zébédée, dans la simplicité de leur âme, conçurent aussi un souhait bien hardi, mais ils furent ramenés au degré par où ils devaient monter pour arriver à ce qu'ils demandaient; de même ici l'Épouse, comme elle semble demander une grande chose, se voit humiliée, par une réponse sévère, mais utile néanmoins et pleine d'affection. Car il faut que celui qui aspire à de grandes choses ait d'humbles sentiments de soi; puisque, en s'élevant au-dessus de soi, il peut tomber même de l'état où il était auparavant s'il n'est solidement affermi dans la vraie humilité. Et, parce que les plus grandes grâces ne s'obtiennent que par le mérite de l'humilité, il faut que celui qui doit les recevoir soit humilié, par de sévères réprimandes, afin qu'il se rende digne, par son humilité, des faveurs qu'il désire. Lors donc que vous voyez qu'on vous humilie, prenez cela pour une bonne marque et pour une preuve certaine que la grâce de Dieu est proche. Car, comme l'âme s'élève par l'orgueil avant de tomber, il faut qu'elle s'abaisse par l'humilité avant d'être élevée. Aussi, lisez-vous également ces deux vérités, que Dieu résiste aux superbes, et qu'il donne sa grâce aux humbles (Jacob. IV, 6). Et ne voyons-nous pas encore que lorsqu'il veut récompenser libéralement son serviteur Job, après cette insigne victoire remportée sur le démon, et cette patience si longue et si éprouvée, il a soin de l'humilier auparavant par plusieurs demandes assez rudes, afin de le préparer à recevoir l'abondance des bénédictions qu'il a dessein de répandre sur lui !
2. Mais c'est peu que nous souffrions volontiers que Dieu nous humilie par lui-même si nous n'avons le même sentiment, lorsqu'il nous humilie par les hommes. Écoutez sur ce sujet un grand exemple de David. Un jour, un homme, et cet homme était un de ses serviteurs, l'outragea de paroles; mais lui ne sentit point les injures dont on le couvrait, car il pressentait la grâce de Dieu (Il Reg. XV1,10). « De quoi vous souciez-vous, enfants de Servia ? » Ô homme vraiment selon le cœur de Dieu, qui cru : devoir plutôt se fâcher contre celui qui voulait le venger, que contre celui qui lui adressait de sanglantes injures ! Aussi sa conscience ne lui reprochait-elle rien lorsqu'il disait : « Si j'ai rendu le mal qu'on m'a fait, c'est avec justice que je succomberai sous l'effort de mes ennemis » (Psal. VII, 4). Il défendit donc qu'on empêchât celui qui l'outrageait avec insolence, de le charger d'injures, parce qu'il les regardait comme un gain pour lui. Il ajoute même : « C'est le Seigneur qui l'a envoyé pour maudire David ». Certes il était bien selon le cœur de Dieu, puisqu'il connaissait si bien ce qu'il y avait dans son cœur. Une langue méchante le déchirait cruellement, et lui avait l'œil sur les secrets jugements de Dieu. La voix de celui qui le maudissait frappait ses oreilles, et son âme s'humiliait pour recevoir des bénédictions. Est-ce que Dieu était dans la bouche de ce blasphémateur? A Dieu ne plaise. Mais il se servait de lui pour humilier David. Et le Prophète ne l'ignorait pas, car Dieu lui avait découvert les secrets les plus cachés de sa sagesse; aussi a-t-il dit : « Ce m'est un grand bien que vous m'ayez humilié, afin que je sois justifié » (Psal. LLXVIII, 71).
3. Voyez-vous comme l'humilité nous justifie ? Je dis l'humilité, non pas l'humiliation. Que de gens sont humiliés, et ne sont pas humbles ! Les uns ont de l'aigreur de se voir humiliés, les autres le souffrent avec patience, et les autres avec joie. Les premiers sont coupables ; les autres sont innocents; et les derniers sont justes ; l'innocence est bien une partie de la justice ; mais l'humilité seule en fait la perfection. Celui qui peut dire : « Je me trouve bien de ce que vous m'avez humilié » est vraiment humble ; celui qui soutire de se voir humilié, ne peut pas dire cela, et encore moins celui qui en murmure. Nous ne promettons la récompense de l'humiliation ni à l'un ni à l'autre, quoiqu'ils soient bien différents entre eux, et que l'un possède son âme par la patience, au lieu que l'autre la perd par son murmure. Et quoiqu'il n'y en ait qu'un qui soit digne de colère, ni l'un ni l'autre néanmoins ne méritent la grâce, parce que Dieu ne la donne pas à ceux qui sont humiliés, mais à ceux qui sont humbles. Or celui-là est humble qui tourne l'humiliation en humilité, et c'est lui qui dit à Dieu : « Je me trouve bien de ce que vous m'avez humilié » (Jacob. IV. 6). Ce qu'on souffre avec patience, évidemment n'est pas un bien, mais une chose fâcheuse. Or nous savons que Dieu aime celui qui donne gaiement (2 Cor. IV. 9). C'est pour cela que lorsque nous jeûnons, on nous ordonne de nous parfumer la tête et de nous laver visage (Matth. VI. 17), afin que nos bonnes œuvres soient assaisonnées d'une certaine joie spirituelle, et que nos holocaustes soient gras et parfaits. Car la seule humilité qui est parfaite mérite la grâce de Dieu. Tandis que celle qui est contrainte ou forcée, comme est l'humilité de celui qui se contient avec patience, si elle obtient la vie, à cause de la patienté, elle ne saurait avoir la grâce (Saint Bernard entend parler ici de la grâce spéciale promise aux humbles en ces termes : « Dieu donne la grâce aux humbles, » grâce non-seulement intérieure mais encore extérieure, qui consiste dans l'exaltation qui leur est réservée même en cette vie) à cause de la tristesse qui l'accompagne. Car cette parole de l'Écriture : « que l'humble se glorifie de son élévation » ne convient point à celui qui est en cet état, parce qu'il n'est pas humilié de bon cœur et avec joie.
4. Mais voulez-vous voir un humble qui se glorifie comme il faut, et qui est vraiment digne de gloire ? « Je me glorifierai volontiers, dit l'Apôtre, dans mes infirmités, afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi » (2 Cor. XII. 9). Il ne dit pas qu'il souffre patiemment ses infirmités, mais qu'il s'en glorifie volontiers, témoignant ainsi qu'il lui est avantageux d'être humilié, et qu'il ne lui suffit pas de posséder son âme en patience, et de souffrir patiemment d'être humilié, s'il ne reçoit encore la grâce, de se réjouir de l'être. Écoutez une règle générale sur ce sujet : « Quiconque s'humilie sera élevé » (Luc. XIV, 11). Par où Jésus-Christ marque certainement qu'il ne faut pas entendre que toute sorte d'humilité doit être élevée, mais qu'il n'y a que celle qui part d'une volonté libre, non celle qui est accompagnée de tristesse ou qui vient de nécessité. De même, dans le sens contraire, ce ne sont pas tous ceux qui sont élevés qui doivent être humiliés, mais ceux-là seulement qui s'élèvent eux-mêmes par un mouvement de vanité volontaire. Ce n'est donc pas celui qui est humilié, mais celui qui s'humilie volontairement, qui sera élevé à cause du mérite de sa volonté. Car quoique la matière de l'humilié lui soit fournie par un autre, par exemple, par les opprobres, les pertes, les supplices, cela ne fait pas qu'on puisse dire que c'est un autre qui l'humilie, plutôt qu'il ne s'humilie lui-même, s'il se résout à souffrir toutes ces choses sans rien dire et avec joie pour l'amour de Dieu.
5. Mais je m'emporte trop loin. Je sais bien que vous souffrez avec patience mes longueurs en vous parlant de l'humilité et de la patience. Revenons à notre point de départ, car nous n'avons dit tout cela qu'à l'occasion de la réponse dont l'Époux a cru devoir humilier l'Épouse, qui présume de s'élever à de grandes choses. Et ce n'est pas pour lui en faire un reproche, mais pour lui donner sujet de montrer davantage son humilité, et pour la rendre plus digne de choses plus excellentes, et plus capable de recevoir celles même qu'elle demandait. Mais puisque nous ne sommes qu'au commencement de ce verset, nous en remettrons l'explication à une autre fois, si vous le voulez bien, de peur que les paroles de l'Époux ne soient traitées ou entendues avec ennui. Ce dont veuille préserver ses serviteurs, Jésus-Christ Notre-Seigneur qui est Dieu par-dessus tout, et béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Méditation sur la « Miséricorde de la Très Sainte Vierge Marie » de Saint Bernard de Clairvaux sur la Miséricorde
Voici une Méditation sur la Miséricorde de la Très Sainte Vierge Marie qui remplit toute la terre « Qui donc pourra de Ta miséricorde, ô Bénie, mesurer la longueur et la largeur, la sublimité et la profondeur ? » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le « Chantre de la Vierge Marie », le « Chevalier de Notre Dame » pour qui la Très Sainte Vierge Marie est avant tout notre Mère de la Miséricorde, Médiatrice entre le Christ et ses membres.
La Méditation de Saint Bernard de Clairvaux sur la Miséricorde de la Très Sainte Vierge Marie « Qui donc pourra de Ta miséricorde, ô Bénie, mesurer la longueur et la largeur, la sublimité et la profondeur ? » :
« Qu'on ne parle plus de Ta miséricorde, Vierge bienheureuse, si quelqu'un se rappelle T'avoir invoquée dans ses difficultés sans que Tu sois venue à son secours. Nous, Tes petits serviteurs, nous Te félicitons de Tes autres Vertus, mais de ta Miséricorde, nous nous en félicitons nous-mêmes. La Virginité, nous La louons, l'humilité, nous L'admirons, mais la Miséricorde a, pour des malheureux, une saveur plus douce. La Miséricorde, nous L'étreignons avec plus de tendresse, nous nous en souvenons plus souvent, nous L'appelons avec plus de fréquence. C'est Elle, en effet, qui obtint que le monde entier fût restauré, qui arracha par ses prières le salut de tous les hommes. Il est bien évident qu'elle était en souci pour le genre humain tout entier, Celle à qui il fut dit : Ne crains pas, Marie, tu as trouvé la grâce, celle précisément que tu cherchais. Qui donc pourra de Ta miséricorde, ô Bénie, mesurer la longueur et la largeur, la sublimité et la profondeur ? Sa longueur, jusqu'à la fin du monde, se porte au secours de tous ceux qui l'invoquent ; sa largeur enveloppe le globe terrestre au point que, de ta Miséricorde à Toi aussi, la terre est toute remplie. Ainsi encore sa sublimité a provoqué la renaissance de la cité céleste et sa profondeur a obtenu le rachat de ceux qui sont assis dans les ténèbres et les ombres de la mort. C'est par Toi que le ciel se remplit, que l'enfer se vide, que la Jérusalem céleste se relève de ses ruines, que la vie perdue est rendue aux malheureux dans l'attente. Ainsi la charité toute-puissante et toute aimante abonde tout à la fois en compassion affective et en assistance effective, elle se montre aussi riche d'un côté que de l'autre. Ainsi soit-il. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Le « Pouvoir de Marie sur Dieu » selon St Bernard de Clairvaux Sermons - Homélie - Méditations
Voici le Sermon sur la Nativité de la Vierge « Du plus profond de nos entrailles, vénérons Marie » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) d’une noble famille bourguignonne qui entre au Monastère de Cîteaux à 22 ans. Bientôt Abbé de Clairvaux, St Bernard est à l’origine d’un prodigieux renouveau monastique en Occident caractérisé par l’attachement à la sobriété primitive de la Règle de saint Benoît.
Le Sermon de Saint Bernard de Clairvaux sur la Nativité de la Vierge « Du plus profond de nos entrailles, vénérons Marie » :
« Du plus profond de nos entrailles, vénérons Marie : telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie. Tu craignais d’approcher le Père ? Il t’a donné Jésus pour médiateur. Que n’obtiendrait un tel Fils auprès d’un tel Père ? Aurais-tu peur encore de ce Fils ? Il est ton frère, il est ta chair, tenté en tout hormis le péché, pour qu’il devienne miséricordieux. C’est Marie qui te l’a donné pour frère. Mais peut-être crains-tu tout de même en lui sa majesté divine, car même s’il s’est fait homme, il n’en demeure pas moins Dieu ? Alors veux-tu un avocat auprès de lui ? Recours à Marie. En Marie, assurément, l’humanité est pure, non seulement pure de toute souillure, mais humanité pure et simple. Je l’affirme sans aucun doute : Marie sera exaucée à cause de la considération qui lui est due ; de toute façon le Fils exaucera la Mère, et le Père exaucera le Fils. Mes petits-enfants, voilà l’escalier des pécheurs, voilà ma plus grande confiance, voilà tout le fondement de mon espérance. Eh quoi ? Le Fils pourrait-il refuser ou essuyer un refus ? Le Fils pourrait-il ne pas écouter ou ne pas être écouté ? Ni l’un ni l’autre, assurément. « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu », dit l’ange. Bravo ! Marie trouvera toujours grâce, et nous, nous n’avons jamais besoin que de la grâce. La Vierge prudente n’a pas, comme Salomon, demandé la sagesse, les richesses, les honneurs ou la puissance, mais la grâce de Dieu, cette grâce seule par laquelle nous sommes sauvés. Dieu a voulu dépendre de Marie en toute chose, comme un enfant dépend de sa mère. Pourquoi ? L’amour n’a aucun compte à rendre, et nous devons simplement nous incliner devant cette volonté, qui bouleverse totalement l’idée que les hommes se font habituellement de Dieu : du plus profond de nos entrailles, vénérons Marie : telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie. Les choses étant ainsi, saint Bernard résume le rôle de Marie dans le mystère de Jésus : C’est Marie qui te l’a donné pour frère. « Dieu marche avec l’homme au pas de l’homme », dira saint Jean de la Croix. Marie a mis Dieu au pas de l’homme, elle a sur lui tous les droits d’une mère sur son enfant. Et cela, répétons-le, non pas parce qu’elle serait en-dehors et au-dessus de notre condition humaine, mais parce que Dieu a voulu qu’il en soit ainsi. Dieu a voulu que nous ayons tout par Marie. Le mystère chrétien est celui de cette élection que Dieu fait de certains qui vont porter le salut de tous les autres. Dieu n’aime pas l’humanité en général mais chaque homme en particulier : il choisit ses enfants un par un, et assigne à chacun sa place dans le déploiement de son amour. Et la place de Marie est celle de sa mère et de notre mère. Marie est le chemin par lequel Dieu vient à nous. Prier Marie, imiter Marie, loin de remplacer notre foi au Christ, la renforce : escalier des pécheurs, elle nous conduit à Dieu par son humanité pure et simple, nous invitant à entrer en petits enfants dans le Royaume des cieux. Amen. »
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - Sermon sur la Nativité de la Vierge
Le Sermon XXXV de Saint Bernard de Clairvaux Sermons - Homélie - Méditations
Voici le Sermon XXXV sur les deux réprimandes que l'Époux fait à l'Épouse dans le Cantique des cantiques « Écoutez donc l'Époux, qui condamne clairement et ouvertement dans l'Épouse l’ignorance de soi-même » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans et Abbé de Clairvaux à 25 ans qui est le Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
Le Sermon XXXV de Saint Bernard de Clairvaux « Écoutez donc l'Époux, qui condamne clairement et ouvertement dans l'Épouse l’ignorance de soi-même » :
1. « Si vous ne vous connaissez pas, sortez » (Cant. I, 17). Cette réprimande est dure et âpre, puisqu'il lui dit de sortir. Car c'est de cette façon que les maîtres ont coutume d'en user envers les serviteurs, lorsqu'ils sont irrités contre eux, et que les maîtresses parlent à leurs servantes, lorsqu'elles en ont été gravement offensées. Sortez d'ici, disent-ils, allez, que je ne vous voie plus, retirez-vous de ma maison. L'Époux se sert, en parlant à l'Épouse, d'une parole aussi rude et aussi amère, si toutefois elle ne se connaît pas elle-même. Car il ne lui pouvait rien dire de plus fort, ni de plus capable de l'effrayer, que de la menacer de la faire sortir. Ce que vous remarquerez aisément, si vous prenez garde d'où il lui commande de sortir, et où il veut qu'elle aille. Car d'où et où pensez-vous que ce soit, sinon de l'esprit à la chair, des biens de l'âme au désir du siècle, d'un repos intérieur, au bruit du monde, et au tracas des soins extérieurs ? Toutes choses où il n'y a que travail, douleur et affliction d'esprit, car l'âme qui a une fois appris du Seigneur, et reçu de Lui, la grâce de rentrer en elle-même, de soupirer après la Présence de Dieu dans le fond de son coeur, et de chercher toujours sa Face adorable, (car Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui le cherchent marchent et vivent selon l'esprit, non selon la chair) cette âme, dis-je, ne croira-t-elle point qu'il est moins horrible et moins insupportable d'éprouver, pour un temps, le feu de l'enfer, que de s'abandonner de nouveau après avoir goûté une fois la douceur de ces exercices, aux attraits, ou plutôt aux tourments de la chair, et à la curiosité insatiable des sens, de l'œil, par exemple, qui, comme dit l'Écclésiaste, « ne se lasse jamais de voir non plus que l'oreille d'ouïr » (Eccles. 1, 25). Écoutez un homme qui avait expérimenté ce que nous disons : « Vous êtes bon, Seigneur, à ceux qui espèrent en vous, à l'âme qui vous cherche » (Thren. III, 25) ! Si quelqu'un eût voulu ôter à cette âme sainte la jouissance de ce bien, je crois qu'elle l'eût pris comme si on l'avait arrachée du paradis et de l'entrée de la gloire. Écoutez-en encore un autre, qui est semblable à celui-ci : « Tous les désirs de mon cœur tendent vers vous, mes yeux vous cherchent sans cesse ; je chercherai, Seigneur, la beauté de votre visage » (Psal. XXVI, 8). Aussi, disait-il encore : « Ce m'est un grand bien d'être attaché à Dieu » (Psal. LXXII, 28). Et en parlant à son âme : « Goûtez le repos, mon âme, puisque le Seigneur vous a comblée de ses biens » (Psal. LLXIV, 7). Je dis donc que celui qui a une fois reçu cette faveur, n'appréhende rien tant que d'être abandonné de la grâce, et de se trouver obligé de retourner vers les consolations, ou plutôt les désolations de la chair, et de supporter encore les tumultes des sens.
2. C'est pourquoi cette menace est terrible et redoutable : « Sortez et paissez vos boucs ». Car c'est comme s'il disait : sachez que vous êtes indigne de la contemplation douce et familière des choses célestes, intellectuelles et divines, dont vous jouissez. C'est pourquoi, sortez de mon sanctuaire, qui est votre cœur, où vous avez coutume de puiser avec plaisir, les sens secrets et sacrés de la vérité et de la sagesse et, comme une personne toute séculière, appliquez-vous à repaître et à réjouir les sens de votre chair. Car, par ce mot « boucs », on entend le péché, et, au jugement dernier, ils doivent être placés à la gauche, ils figurent les sens du corps qui sont volages et insoumis, et, comme autant de fenêtres par lesquelles le péché et la mort sont entrés dans l'âme. A quoi se rapporte fort bien ce qui suit : « Auprès des tentes des pasteurs » (Cant. I, 8). Car les boucs ne paissent pas comme les agneaux au-dessus, mais auprès des tentes des pasteurs. En effet, si les pasteurs qui sont vraiment tels ont des tentes faites de terre et placées sur la terre, je veux parler de leurs corps, tant qu'ils combattent encore, ils n'ont pas coutume néanmoins de repaître de terre les troupeaux du Seigneur, mais de pâturages célestes, parce qu'ils ne leur prêchent pas leur propre volonté, mais celle du Seigneur. Quant aux boucs, qui sont les sens du corps, ils ne cherchent point les choses célestes ; mais, auprès des tentes des pasteurs dans tous les biens sensibles de ce monde, qui est la région des corps, ils prennent de quoi irriter plutôt que rassasier leurs désirs.
3. Quel honteux changement de goût après avoir nourri son âme de méditations sacrées pendant son pèlerinage et son exil, comme des biens célestes, après avoir le bon plaisir de Dieu et les secrets de sa volonté, pénétré les cieux par sa ferveur, et s'être promené en esprit dans les demeures des saints, après avoir salué les pères, les apôtres, et les chœurs des prophètes, admiré les triomphes des martyrs, et contemplé avec étonnement les ordres des anges, de quitter toutes ces choses, de s'assujettir comme un vil esclave à la servitude du corps, d'obéir à la chair, de satisfaire ses passions brutales et déshonnêtes, et de mendier par toute la terre, de quoi apaiser, en quelque sorte, sa curiosité insatiable, par la figure du monde qui passe en un moment. Que mes yeux versent un torrent de larmes sur cette âme qui, après avoir été nourrie des mets les plus excellents (Job XIV, 21), se jette maintenant sur des choses immondes. Car, selon l'expression du saint homme Job, il nourrit une femme stérile, et il n'a point soin d'une pauvre veuve (Cant. I. 7). Et remarquez que l'Époux ne dit point simplement « sortez; mais sortez, et allez après les troupeaux de vos compagnons, et paissez vos boucs ». En quoi il me semble qu'il nous avertit d'une chose bien considérable. Et qu'est-ce que c'est ? Hélas ! C’est qu'il ne permet pas seulement à cette belle créature qu'il avait jadis placée dans son troupeau, et qui maintenant s'est précipitée dans un état plus déplorable, de demeurer, au moins dans ses troupeaux, mais il lui commande d'aller derrière. Comment cela se fait-il, dites-vous ? De la façon que vous lisez dans le Prophète : « L'homme étant dans l'honneur n'a pas compris, il est devenu semblable aux bêtes brutes » (Psal. XLVIII, 1). Voilà comment une si belle créature a été mise à la suite des troupeaux de bêtes. Je crois que si les bêtes de somme pouvaient parler, elles diraient : « Voici Adam qui est devenu comme l'une de nous, tandis qu'il était dans l'honneur » (Gen. III, 22), dit le Prophète. Si vous demandez en quel honneur il habitait dans le paradis, et il vivait dans un lieu de délices. Il ne souffrait aucune peine ni aucune privation. Il était environné de fruits odoriférants, couché sur les fleurs, couronné d'honneur et de gloire, et établi sur tous les ouvrages sortis des mains du créateur. Il excellait surtout à cause de l'éclat qu'il tirait de sa ressemblance avec Dieu, et il avait commerce et société avec la troupe des anges, et avec toute la milice de l'armée céleste.
4. Mais il a changé la gloire de sa ressemblance avec Dieu, « en la ressemblance d'un veau qui mange de l'herbe ». De là vient que le pain des anges est devenu comme le foin qu'on porte à l'étable, et a été placé devant nous comme devant des bêtes de somme. En effet, le Verbe s'est fait chair (Jean I, 14). Or, selon le Prophète, « toute chair n'est que du foin » ( Isa. XXXX, 6). Mais ce foin ne s'est point séché, et la fleur n'en est point tombée, parce que l'esprit du Seigneur s'est reposé dessus. Aussi, si autrefois la fin de toute chair arriva par le déluge ce fut parce que l'esprit de vie s'était retiré. Car Dieu dit : « Mon esprit ne demeurera plus jamais en l'homme, parce qu'il n'est que chair » (Gen. VI, 3). Par le nom de chair c'est le vice qui est marqué en cet endroit, non pas la nature. Car ce n'est pas la nature, mais le péché qui chasse l'esprit. C'est donc à cause du péché que toute chair est du foin, et que toute sa gloire est comme la fleur du foin. Le foin, dit-il, s'est séché, et sa fleur est tombée (Isa. XXXX, 6). Mais il n'est pas question là de la fleur qui pousse du rejeton et de la racine de Jessé, puisque l'esprit du Seigneur s'est reposé sur elle ; ni du foin que le Verbe a été fait, puisque le proverbe ajoute ensuite « Mais le Verbe du Seigneur demeure éternellement » (Ibid. 7). Car si le Verbe est du foin, et que le Verbe demeure éternellement, il faut aussi que le foin demeure éternellement. Autrement, comment donnerait-il la vie éternelle s'il ne demeurait éternellement ? En effet : « Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra à jamais ». Et il déclare de quel pain il entend parler, lorsqu'il ajoute : « Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair ». Comment donc ce qui fait vivre éternellement pourrait-il n'être pas éternel ?
5. Mais souvenez-vous, s'il vous plaît, avec moi de ce que le Fils dit au Père dans le psaume : « Vous ne permettrez pas que votre saint éprouve la corruption » (Psal. XV, 10). Il n'y a point de doute qu'il n'entende parler de son corps, qui était couché sans âme dans le sépulcre. Car c'est ce saint que l'ange annonça à la Vierge, lorsqu'il lui dit « Et le saint qui naîtra de vous sera appelé fils de Dieu » (Luc I, 35). Comment, en effet, ce foin qui était saint pourrait-il éprouver la corruption, puisqu'il venait des chastes entrailles de Marie, comme de prairies toujours verdoyantes, et qu'il attire sans cesse sur lui les regards des anges qui le contemplent avec un plaisir immortel ? Ce foin perdra sa verdeur, si Marie perd jamais sa virginité. La nourriture de l'homme s'est donc changée en celle des bêtes, quand l'homme lui-même s'est changé en bête. Hélas ! changement triste et lamentable, l'homme qui était l'habitant du paradis, le maître de la terre, le citoyen du ciel, le domestique du Seigneur des armées, le frère des esprits bienheureux, et le cohéritier des Vertus célestes, par un soudain changement, s'est trouvé couché dans une étable à cause de sa ressemblance avec les bêtes, et se vit lié à un râtelier à cause de sa fureur indomptable, selon ce qui est écrit : « Serrez-lui la bouche avec un mors et une bride, car autrement vous n'en viendrez pas à bout » (Psal. XXXI, 9). Reconnais pourtant, ô bœuf, ton possesseur, et toi âne reconnais l'étable de ton maître, afin que les prophètes de Dieu soient trouvés justes dans la prédiction de ces merveilles, devenu bête, reconnais celui que tu n'as pas connu lorsque tu étais homme. Adore dans l'étable celui que tu fuyais dans le paradis. Honore l'étable de celui dont tu as méprisé le commandement. Mange ce foin que tu as rejeté avec dégoût, lorsqu'il était pain, et pain des anges.
6. Vous me demanderez peut-être quelle a été la cause d'un si grand abaissement. Il n'y en a certainement point d'autre que celle que j'ai déjà alléguée, c'est que l'homme étant dans l'honneur n'a pas compris. Que n'a-t-il pas compris ? Le Prophète ne le dit point, mais nous le dirons : se trouvant établi dans l'honneur, il n'a pas compris qu'il n'était que limon et que boue, et a pris plaisir dans son élévation. Aussitôt il a éprouvé en lui-même ce que l'un des enfants de la captivité a remarqué avec sagesse et écrit avec beaucoup de vérité longtemps après, en disant : « Celui qui n'étant rien croit être quelque chose, se trompe lui-même » (Gal. VI, 3). Malheur à cet infortuné qu'il ne se soit point trouvé quelqu'un pour lui dire alors : Pourquoi, terre et cendre, t'enorgueillis-tu ? Voilà comment une créature si belle s'est confondue dans un troupeau ; voilà comment sa ressemblance avec Dieu s'est échangée en une ressemblance avec la bête ; voilà comment, au lieu de la compagnie des anges, elle est tombée dans la société des bêtes de somme. Voyez-vous combien nous devons fuir une ignorance qui a été la source de tous les maux du genre humain ! Car le Prophète dit qu'il est devenu semblable aux bêtes brutes, parce qu'il n'a point compris. Il faut donc éviter l'ignorance à tout prix, de peur que, si nous ne comprenons point encore, après avoir été châtiés si sévèrement, nous ne tombions dans des maux encore plus grands et plus nombreux que les premiers, et qu'on ne dise de nous : « Nous avons traité Babylone, et elle n'est point guérie » (Jer. LI, 9). Et cela avec raison, puisque le châtiment ne nous aurait point donné d'intelligence.
7. Peut-être même est-ce pour cela que l'Époux, afin de détourner sa bien-aimée de l'ignorance par le tonnerre le ses réprimandes, ne dit pas : Sortez avec les troupeaux ou pour aller rejoindre tes troupeaux, mais : « Sortez après les troupeaux de vos compagnons ». Pourquoi s'exprime-t-il ainsi ? Sans doute pour montrer que la seconde ignorance est plus redoutable et plus honteuse que la première, puisque, si l'un avait rendu l'homme semblable aux bêtes, l'autre le leur rend inférieur. Car les hommes ignorés de Dieu, c'est-à-dire réprouvés à cause de leur ignorance, paraîtront à ce jugement épouvantable, pour êtres livrés aux flammes éternelles, peine que ne souffriront point les bêtes. Or, il n'y a point de doute que la condition de ceux qui seront en cet état ne soit de beaucoup pire que celle des êtres qui ne seront plus du tout. Il lui aurait été plus avantageux, dit le Sauveur, de n'être jamais né homme ; non pas de n'être point né du tout, mais de n'être point né homme, mais, par exemple, d'être né bête, ou quelque autre créature qui, n'ayant point reçu de jugement, ne devait point comparaître au jugement de Dieu, ni, par conséquent, être condamné aux supplices éternels. Que l’âme raisonnable, qui rougit que la première ignorance l'ait rendue compagne des bêtes dans la jouissance des biens de la terre, sache donc qu'elle ne les aura plus même pour compagnes dans les tourments de l'enfer, et qu'alors elle sera même chassée avec honte de leur troupeau, ne sera plus avec elles, mais après elles, puisque celles-ci ne sentiront plus aucun mal, au lieu qu'elle sera exposée à toute sorte de souffrances, et n'en sera jamais délivrée, parce qu'elle a ajouté, une seconde ignorance à la première. C'est ainsi que l'homme sort, et marche solitaire à la suite des troupeaux de ses compagnons, puisqu'il n'y a que lui de précipité au fond de l'enfer. Ne vous semble-t-il pas que celui qui est jeté pieds et mains liés dans les ténèbres extérieures se trouve relégué au dernier rang ? Assurément le dernier état de cet homme sera bien pire que le premier, puisque, au lieu d'être égal aux bêtes, il est maintenant au-dessous d'elles.
8. Bien plus, si vous voulez y prendre garde, je pense que vous trouverez que même, en cette vie, l'homme est au-dessous des bêtes. En effet, l'homme qui est doué de raison, et qui ne vit pas selon la raison, ne vous semble-t-il pas en quelque sorte plus bête que les bêtes mêmes ? Si la bête ne se gouverne pas par la raison, elle a pour excuse que la nature ne l'en a point pourvue, mais l'homme ne peut s'excuser ainsi, puisque la raison est chez lui une prérogative de sa nature. C'est donc avec justice que l'homme doit être estimé, puisqu'il n'y a que lui parmi les animaux qui, dégénérant de sa condition, viole les droits de la nature, et qui, doué de raison, imite ceux qui en sont tout à fait privés. Il est donc évident qu'il marche après les troupeaux de bêtes, en cette vie, par la dépravation de sa nature, et, après cette vie, par les peines extrêmes qui l'attendent.
9. Voilà comment sera maudit l'homme qui sera trouvé dans l'ignorance de Dieu : est-ce de Dieu ou de soi-même que je devrais dire ? De l'un et l'autre, et l'une des deux suffit pour le perdre. Voulez-vous vous convaincre que cela est ainsi ? Or, pour ce qui est de l'ignorance de Dieu, je crois que vous n'en doutez point ; si néanmoins vous croyez que certainement il n'y a point d'autre vie éternelle que de reconnaître le Père pour le Dieu véritable, et Jésus-Christ qu'il a envoyé au monde (Jean XVII, 3) Écoutez donc l'Époux, qui condamne clairement et ouvertement dans l'Épouse l’ignorance de soi-même. Car que dit-il ? Mais, « si vous ne vous connaissez pas vous-même », et le reste. Il est donc évident que celui qui est dans l'ignorance sera méconnu, que cette ignorance soit à l'égard de Dieu ou à l'égard de lui-même. Nous pouvons parler utilement de ces deux ignorances, si néanmoins Dieu nous en fait la grâce. Je ne le ferai pourtant pas maintenant, de peur qu'étant fatigués, et n'ayant pas selon la coutume fait précéder ce discours de vos prières, je n'explique avec moins de soin, ou vous n'écoutiez avec moins d'attention une chose si nécessaire, et qu'il ne faut entendre qu'avec un grand désir. Car si la nourriture du corps, quand on la prend sans appétit, et lorsqu'on est rassasié, non-seulement ne profite point, mais nuit beaucoup ; à plus forte raison, le pain de l'âme, s'il est pris avec dégoût, n'est-il pas une nourriture, mais un tourment pour la conscience. Ce que veuille détourner de nous l'Époux de l'Église, Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu par-dessus toutes choses et béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Sermon de Saint Bernard de Clairvaux Sermons - Homélie - Méditations
Voici le troisième Sermon pour le Jour de la Purification de la Sainte Vierge, la Fête de la Présentation du Seigneur Jésus au Temple « L'enfant Jésus, Marie et Joseph » de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Moine cistercien de Cîteaux à l'âge de 22 ans, Abbé de Clairvaux à 25 ans et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.
Le Sermon de Saint Bernard pour la Présentation du Seigneur au Temple « Ô Vierge Bienheureuse, présentez au Seigneur le Fruit béni de Votre ventre » :
« Nous célébrons aujourd'hui la purification de la Sainte Vierge qui eut lieu, selon la loi de Moïse (Lv 12, 2) quarante jours après la Naissance du Seigneur. D'après la loi, toute femme qui, devenue grosse des œuvres d'un homme, avait mis un fils au monde, était impure l'espace de sept jours, son enfant devait être circoncis le huitième ; à partir de ce jour, toute entière au soin de se laver et de se purifier, elle devait se tenir un mois entier éloignée du temple, après quoi elle allait offrir son fils au Seigneur avec des présents. Mais qui ne comprend que, par les premiers mots de cette loi, la mère du Seigneur se trouvait exemptée de s'y soumettre ? En effet, ne pensez-vous pas que Moïse eut peur en disant simplement, toute femme qui mettra un fils au monde, sera impure, de passer pour blasphémer contre la mère du Seigneur, et que c'est pour cela qu'il ajoute ces mots : « Toute femme devenue grosse des œuvres d'un homme ? » S'il n'avait pas prévu qu'une vierge concevrait un jour sans le secours de l'homme, pourquoi aurait-il parlé de celles qui conçoivent par ce moyen ? Il est donc évident que la loi de Moïse ne regardait pas la sainte Vierge, car elle n'a pas mis au monde un fils conçu par l'opération d'un homme, ainsi d'ailleurs que Jérémie l'avait annoncé en disant : « Le Seigneur doit faire un nouveau prodige sur la terre » (Jr 31, 22). Vous me demandez de quel nouveau prodige il veut parler ? Le voici « Une femme enceindra, un homme ». Elle ne recevra pas dans son sein un homme par l'opération d'un autre homme, elle ne recevra pas un fils selon les lois de la nature, mais elle renfermera un homme dans son sein demeuré intact et vierge, si bien que, soit en entrant, soit en sortant, selon le mot d'un autre prophète Ezéchiel, le Seigneur laissera la porte de l'Orient constamment close. Ne vous semble-t-il point, par conséquent, que Marie aurait pu protester dans son cœur et s'écrier : « Qu'ai-je besoin de purification ? » Pourquoi m'abstiendrais-je d'aller au temple, moi dont le sein que l'homme n'a point touché, est devenu le temple du Saint-Esprit ? Pourquoi enfin, ne pourrais-je entrer au temple du Seigneur même du temple ? Dans cette conception, dans cet enfantement, il n'y eut rien, absolument rien d'impur, car le fruit de mes entrailles est là source même de la pureté, et n'est venu que pour laver les souillures des péchés. Qu'est-ce que la purification légale purifiera en moi, qui suis devenue parfaitement pure par mon enfantement immaculé ? C'est vrai, ô Vierge Bienheureuse, oui il n'y a pour Vous aucun motif de Vous purifier, nul besoin de purification. Mais votre Fils avait-il besoin d'être circoncis ? Soyez donc parmi les femmes comme l'une d'entre elles, puisque votre Fils a été comme l'un d'entre nos enfants. Il a voulu être circoncis, pourquoi ne voudrait-Il pas plus encore être offert ? Offrez donc votre Fils, Vierge consacrée, et présentez au Seigneur le Fruit béni de Votre ventre ; oui, offrez pour notre réconciliation à tous, cette hostie Sainte et agréable à Dieu. Certainement Dieu le Père aura pour agréable cette Victime nouvelle, cette Hostie infiniment précieuse dont Il a dit Lui-même : « celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j'ai mis toute mes complaisances » (Mt 3, 17). Mais il me semble, mes frères, que cette offrande est bien douce, car on se contente de Le présenter au Seigneur, puis on Le rachète pour quelques oiseaux et on Le remporte. Un jour viendra où Il ne sera point racheté par un sang étranger, mais où Il cachettera les autres par Son propre Sang, car son Père L'a envoyé pour être la Rédemption de Son peuple. Cette seconde Oblation sera celle du Sacrifice du soir, celle d'aujourd'hui est l'offrande du sacrifice du matin, celle-ci est plus douce, celle-là sera plus complète. L'une se fait aux premiers jours de Sa vie, l'autre se trouve dans la plénitude de l'âge, mais dans l'un et l'autre cas on peut dire avec le Prophète . « Il a été offert parce qu'il l'a bien voulu » (Is 53, 7). En effet, Il est offert aujourd'hui, non parce qu'Il avait besoin de l'être, non parce que la loi l'atteignait, mais uniquement parce qu'il l'a bien voulu; et sur la Croix, il n'en fut pas moins offert également parce qu'il l'a bien voulu encore, non pas parce qu'il avait mérité de l'être, ou parce que le Juif avait le moindre pouvoir sur lui. Aussi, je vous offrirai volontiers mon sacrifice, Seigneur, parce que vous vous êtes vous-même offert volontairement pour mon salut, non point pour votre propre nécessité. Mais qu'offrons-nous à Dieu, mes frères, et que lui rendons-nous pour tous les biens qu'ils nous a donnés ? Pour nous, il a offert l'hostie la plus précieuse qu'il y ait, et même il n'aurait pu en trouver de plus précieuse que celle-là ; faisons donc aussi de notre côté tout ce que nous pouvons, offrons-lui ce que nous avons de meilleur, offrons-lui tout ce que nous sommes. Il s'est offert : qui êtes-vous donc, mon frère, pour hésiter à vous offrir de même ? Ah, qui me fera la grâce de voir mon offrande acceptée d'une si grande Majesté ? Seigneur, je n'ai que deux choses, mon corps et mon âme, elles sont de bien peu de valeur, plaise au ciel que je puisse vous les offrir, parfaitement, en sacrifice de louange ! Car, s'il est quelque chose de bon, de glorieux, d'avantageux pour moi, c'est bien que je vous sois offert, plutôt que de me voir laissé par vous à moi-même. Abandonnée à elle-même, mon âme est dans le trouble, mais, en vous, Seigneur, si elle vous est véritablement offerte, elle est au comble du bonheur. Mes frères, au Seigneur qui devait être immolé un jour, le Juif n'offrait que des victimes immolées, mais aujourd'hui, dit le Seigneur, « Je suis vivant, et je ne veux point la mort du pécheur, je veux plutôt qu'il se convertisse et qu'il vive » (Ez 33, 11). Le Seigneur ne veut donc point ma mort, et ce ne serait qu'à regret que je lui offrirais ma vie ? C'est là pourtant une hostie propitiatoire, agréable à Dieu et vivante. Mais dans l'offrande du Seigneur, nous trouvons trois choses, de même le Seigneur veut rencontrer trois choses aussi dans les nôtres. Ainsi, à la Présentation de Jésus, se trouvait Joseph, l'époux de la Mère du Seigneur, celui dont Jésus passait pour être le fils ; il y avait aussi la Vierge Mère, et enfin on y voyait l'enfant Jésus Lui-même qu'ils venaient offrir. Qu'il y ait ainsi dans notre offrande une constance virile, une chair continente, et une humble conscience. Oui, qu'on y retrouve la résolution virile de persévérer dans l'état que nous avons embrassé, une chasteté virginale dans la continence, et dans notre conscience, une simplicité et une humilité d'enfant. »
Ainsi soit-il.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) - Troisième Sermon pour le Jour de la Purification de la Sainte Vierge