Lettre encyclique Ad diem illum laetissimum sur la dévotion à la Très Sainte Vierge donnée par Pie X le 2 février 1904.
Certes, Nous traversons une époque funeste, et nous avons le droit de pousser cette plainte du Prophète : Il n'est plus de vérité, il n'est plus de miséricorde, il n'est plus de science sur la terre. La malédiction et le mensonge et l'homicide et le vol et l'adultère débordent de partout (Osée IV 1-2). Cependant, du milieu de ce qu'on peut appeler un déluge de maux, l'oeil contemple, semblable à un arc-en-ciel, la Vierge très clémente, arbitre de paix entre Dieu et les hommes. Je placerai un arc dans la nue et il sera un signe d'alliance entre moi et la terre (Genèse IX 13). Que la tempête se déchaîne donc, et qu'une nuit épaisse enveloppe le ciel : nul ne doit trembler, la vue de Marie apaisera Dieu et il pardonnera. L'arc-en-ciel sera dans la nue, et à le voir je me souviendrai du pacte éternel (Genèse IX 16). Et il n'y aura plus de déluge pour engloutir toute chair (Genèse IX 16). Nul doute que si Nous Nous confions, comme il convient, en Marie, surtout dans le temps que nous célébrons avec une plus ardente piété son Immaculée Conception, nul doute, disons-Nous, que Nous ne sentions qu'elle est toujours cette Vierge très puissante qui, de son pied virginal, a brisé la tête du serpent (Office de l'Immaculée Conception).