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28 août
Saint Augustin, évêque et docteur de l’Église
Saint Augustin et l'ange
Sur la plage d’Hippone, Augustin réfléchissait un jour au mystère de la Trinité. Il repéra un enfant -était-ce un ange ?- qui, avec une coquille, s’appliquait à verser l’eau de la mer dans un trou creusé dans le sable. « O PVER QV/ ID HIC AG/IS, [ô enfant, que fais-tu ?] ET PUER RESPONDENS – TOTAM RIPAR/IAM IN FONTEM AP/PONERE PROPOSUI [Et l’enfant répondit : J’ai décidé de mettre toute l’eau de la mer dans ce trou] »
L’évêque lui fit remarquer, en souriant, la vanité de ses efforts. L’ange lui répliqua qu’il était tout aussi déraisonnable de sa part de chercher l’explication du mystère de la Sainte Trinité. On ne peut pas en effet enfermer le mystère infini dans une formule, obligatoirement réductrice.
Césaire de Heisterbach


Citations attribuées à saint Augustin
Aime, et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour, de cette racine ne peut rien sortir que de bon.
Sermons de Saint Augustin
Mais Toi, tu étais plus profond que le tréfonds de moi-même et plus haut que le très-haut de moi-même
Les Confessions de Saint Augustin
C'est par l'esprit que nous mesurons les temps.
Les Confessions de Saint Augustin
Je n'aimais pas encore mais j'aimais l'amour et par une indigence secrète je m'en voulais de n'être pas assez indigent. Aimant l'amour, je cherchais un objet à mon amour.
Les Confessions, III, 1 de Saint Augustin
Mais peut-être on pourrait dire avec vérité qu'il y a trois temps le présent des choses passées le présent des choses présentes et le présent des choses futures.
Les Confessions de Saint Augustin
La vérité est ce qui est.
Soliloques, V de Saint Augustin
Si je me trompe, je suis.
La Cité de Dieu (420-429), XI, 26 de Saint Augustin
Le meilleur de vos serviteurs est celui qui ne cherche pas à entendre de vous ce qu'il souhaite, mais à souhaiter ce qu'il a entendu.
Les Confessions, X, 27 de Saint Augustin
Notre Dieu ne peut jamais être corrompu, ni par sa volonté, ni par la nécessité, ni par aucun hasard imprévu; parce qu'il est Dieu, que ce qu'il veut pour lui-même est bon, et que lui-même est le bien.
Les Confessions, VII, 4 de Saint Augustin
Et pourtant je péchais, Seigneur mon Dieu, toi qui es à la fois l'ordonnateur et le créateur de tout ce qui existe dans la nature, à l'exception des péchés, dont tu es seulement l'ordonnateur.
Les Confessions, I, 16 de Saint Augustin
J'existe et je vis, pourquoi donc demandé-je que vous veniez à moi, puisque je ne serais pas si vous ne m'étiez toujours présent.
Les Confessions, I, 2 de Saint Augustin
Une vie de bonheur, n'est-ce pas la chose que tout le monde veut et que personne au monde ne refuse? Mais où l'a-t-on connue pour la vouloir tant? Où l'a-t-on vue pour en être si épris?
Les Confessions de Saint Augustin
Quand personne ne me pose la question, je le sais; mais si quelqu'un me la pose et que je veuille y répondre, je ne le sais plus.
Les Confessions, XI de Saint Augustin
Il m'est apparu que le temps n'est rien d'autre qu'une distension; mais de quoi, je ne sais. Il serait étonnant que ce fût pas de l'esprit lui-même.
Les Confessions, XI de Saint Augustin
Le signe est en effet une chose qui, en dehors de l'apparence qu'elle propose aux sens, fait venir quelque chose d'autre à l'esprit.
De doctrina christiana de Saint Augustin
J'ai bien senti que mon âme et son âme n'étaient qu'une seule âme en deux corps.
Les Confessions de Saint Augustin
O abîme de la Providence qui a créé et gouverne le monde! Incompréhensibles sont ses jugements et impénétrables ses voies.
La Cité de Dieu (420-429), I, XXVIII de Saint Augustin
Je feignais d'avoir fait ce que je n'avais pas fait, pour n'être pas jugé d'autant plus méprisable que j'étais plus innocent et tenu pour d'autant plus vil que j'étais plus chaste.
Les Confessions, III de Saint Augustin
Je n'aimais pas encore, mais j'aimais aimer et par une indigence secrète, je m'en voulais de n'être pas encore assez indigent.
Les Confessions, III de Saint Augustin
Je vins à Carthage où j'entendais bouillonner autour de moi la chaudière des amours infâmes.
Les Confessions, III de Saint Augustin
L'amour détruit ou adoucit les peines et les obstacles.
Sermons de Saint Augustin
Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus.
Les Confessions de Saint Augustin
Où il n'y a point de justice, il n'y a point de république.
La Cité de Dieu (420-429) de Saint Augustin
S'il est une consolation parmi les agitations et les peines de la société humaine, c'est la foi sincère et l'affection réciproque de bons et vrais amis.
La Cité de Dieu (420-429) de Saint Augustin
Personne ne vit sans aimer.
Sermon 34 de Saint Augustin
Vous me harceliez d'un aiguillon secret pour nourrir mon inquiétude, jusqu'à ce que, par une vue intérieure, vous fussiez devenu pour moi un objet de certitude.
Les Confessions, VII, 8 de Saint Augustin
Je me suis tourné vers moi-même et je me suis dit: Mais toi qui es-tu? Et j'ai répondu un homme.
Sermons de Saint Augustin
Qu'est-ce donc que le temps? Quand on me le demande pas je le sais mais dès qu'on me le demande et que je tente de l'expliquer, je ne le sais plus.
Sermons de Saint Augustin
Que faisait Dieu avant la création du monde?
Les Confessions de Saint Augustin
Car posséder sans la donner une chose qui se donne sans s'épuiser, c'est ne pas la posséder encore comme il convient.
Sermons de Saint Augustin
Les royaumes sans la justice ne sont que des entreprises de brigandage.
Sermons de Saint Augustin
Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion.
Sermons de Saint Augustin
Qu'est-ce que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais. Si je veux l'expliquer à qui me le demande, je ne le sais plus.
Les Confessions de Saint Augustin
On peut être cruel en pardonnant et miséricordieux en punissant.
Epistolae, CLIII de Saint Augustin
Nous qui sommes nés et qui avons passé notre adolescence au milieu des terres, nous nous sommes fait une idée de la mer à la seule vue d'un peu d'eau dans une petite coupe.
Anthologie maghrébine, Lettre à Nébride de Saint Augustin
L'enfant que j'étais est mort et moi j'existe.
Oeuvres complètes de Saint Augustin
Le lien de la maternité n'aurait servi de rien à Marie, si elle n'avait porté le Christ plus bienheureusement dans son coeur que dans sa chair.
Sur la sainte virginité, III de Saint Augustin
Le mal, c'est la désertion de ce qui est meilleur.
Cité par le révérend père Bruckberger dans Ce que je crois (1981). de Saint Augustin
Parfois une sage-femme, en inspectant de la main la virginité d'une jeune fille, par malice ou maladresse ou malheur, la lui fait perdre.
La Cité de Dieu (420-429), I, XVIII de Saint Augustin
Jésus a perfectionné l'esclave.
Oeuvres complètes de Saint Augustin
Je crois afin de comprendre.
Credo ut intelligam. de Saint Augustin
Je n'aimais pas, j'étais amoureux de l'amour.
Les Confessions de Saint Augustin
Tant qu'il y a de l'inquiétude il reste de l'espoir.
Sermons de Saint Augustin
Il y a une grande différence entre le refoulement du désir par l'âme désespérée et son expulsion de l'âme guérie.
Sermons de Saint Augustin
Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.
Sermons de Saint Augustin
La prière est le plus grand rempart de l'âme.
Sermons de Saint Augustin
Les temps sont mauvais? Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps.
Sermons de Saint Augustin
C'est par l'amour qu'on demande, qu'on cherche, qu'on connaît. Aime donc et fais ce que tu veux.
Sermons de Saint Augustin
La nécessité ne connaît pas de loi.
Solil. Animae ad Deum de Saint Augustin
Quand on aime, ou bien l'on n'a point de peine, ou bien l'on aime jusqu'à sa peine.
Sermons de Saint Augustin
La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure.
Sermons de Saint Augustin
Toute opulence qui n'est pas mon Dieu m'est disette.
Sermons de Saint Augustin
O Dieu! accordez-moi la chasteté, mais pas encore maintenant.
Sermons de Saint Augustin
L'habitude est une seconde nature.
Contre Julien de Saint Augustin
Car si je me trompe, je suis.
La Cité de Dieu (420-429) de Saint Augustin
Si je me trompe, je suis. Car celui qui n'est pas ne peut être trompé.
Sermons de Saint Augustin
Qui ne reculerait d'horreur et ne choisirait la mort, si on lui offrait le choix entre mourir et redevenir enfant!
La Cité de Dieu (420-429) de Saint Augustin
Que chacun devienne conjugal au-dedans de lui-même.
De Genesi contra Manichaeos, 2, 12, 16 de Saint Augustin
On ne connaît personne sinon par l'amitié.
Sermons de Saint Augustin
Nul n'est sage à moins d'être heureux.
De beata vita de Saint Augustin
Ne t'en vas pas au dehors, rentre en toi-même; au coeur de la créature habite la vérité.
Sermons de Saint Augustin
Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.
Sermons de Saint Augustin
Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède.
Sermons de Saint Augustin
L'enfer a été fait pour les curieux.
Les Confessions, XI de Saint Augustin
L'abstinence totale est plus facile que la parfaite modération.
Sermons de Saint Augustin
Heureux celui qui vous aime, qui aime son ami en vous et son ennemi à cause de vous.
Sermons de Saint Augustin
Dieu entend mieux un sanglot qu'un appel.
Sermons de Saint Augustin
Crois et tu comprendras; la foi précède, l'intelligence suit.
Sermons de Saint Augustin
Je crois parce que c'est absurde.
Paroles attribuées à Saint Augustin. de Saint Augustin


« Prière dans l'affliction » de Saint Augustin sur la Miséricorde
Voici la célèbre Prière dans l'affliction pour obtenir la Miséricorde de Dieu « Ô Seigneur, donnez-moi tous les secours dont Vous savez que j'ai besoin » extraite des Méditations de Saint Augustin (354-430) né à Thagaste en Afrique du Nord (Algérie), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique Romaine.
La Prière dans l'affliction de Saint Augustin « Ô Seigneur, donnez-moi tous les secours dont Vous savez que j'ai besoin » :

« Ayez pitié, Seigneur, par votre Bonté infinie, ayez pitié d'un misérable pécheur, qui souffre justement la peine de son injustice, et qui ne souffre sans cesse, que parce qu'il ne cesse de pécher. Si je considère, ô mon Dieu, les maux que j'ai commis, aurai-je lieu de me plaindre des maux que je puis souffrir, quelque grands qu'ils puissent être ? Et qu'est-ce que je souffre pour expier tant de maux ? Vous êtes, Seigneur infiniment Juste, et vos Jugements ne sont pas moins que la Justice et la Vérité même. Vous êtes Vous-même, mon Seigneur et mon Dieu, la souveraine Justice, le souverain Ordre, et l'on ne saurait même trouver en Vous aucune ombre d'iniquité. C'est uniquement par justice, et non par cruauté, que Vous nous affligez en punition de nos péchés. Ô Seigneur Tout Puissant, Dieu de Miséricorde, seul Auteur de notre être, nous nous sommes perdus nous-mêmes par notre faute ; avec quelle Bonté avez-Vous réparé notre perte ? Peut-on trop adorer une telle Miséricorde ! Rien ne se fait par hasard : Vous êtes le seul Auteur de tous les événements de la vie. C'est Vous seul, ô mon Dieu, qui prenez soin de toutes choses, mais principalement de Vos fidèles serviteurs, dont toute l'espérance est fondée sur Votre seule Miséricorde. Ne me traitez donc point selon mes péchés, par où j'ai mérité si justement les effets de Votre colère, mais selon cette Miséricorde infiniment au-dessus de tous les péchés des hommes. Faites-nous souffrir avec une humble et continuelle patience toutes les peines dont Vous nous punissez, et que mon cœur n'en soit que plus porté à publier Vos louanges. Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi, et donnez-moi tous les secours dont Vous savez que j'ai besoin, tant à l'égard de ce corps corruptible, qu'à l'égard de mon âme. Vous savez et pouvez tout, Vous qui Seul vivez, ô mon Dieu, dans toute la durée des siècles ».

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430) - « Méditations de Saint Augustin », Chapitre XXXVIII (38) : Prière dans l'affliction
Prière de Saint Augustin « Absolu du Christ » à Jésus-Christ
La Prière « Absolu du Christ » de Saint Augustin, Evêque d’Hippone, Docteur de l’Eglise († 430) évoque son Amour absolu du Christ.
La Prière « Absolu du Christ » de Saint Augustin :
Seigneur Jésus, me connaître, vous connaître,
ne rien désirer d'autre que vous;
me haïr et vous aimer;
n'agir que pour l'amour de vous,
m'abaisser pour vous grandir.
N'avoir que vous dans ma pensée.
Mourir à moi pour vivre en vous.
Tout recevoir de vous.
Me renoncer pour vous suivre;
désirer vous suivre toujours.
Me fuir, me réfugier en vous,
pour être défendu par vous.
Craindre pour moi et vous craindre,
pour être parmi vos élus.
Me défier de moi, ne me fier qu'à vous
Vouloir obéir à cause de vous;
Ne m'attacher à rien d'autre qu'à vous;
Etre pauvre à cause de vous.
Regardez-moi et je vous aimerai;
Appelez-moi pour que je vous voie
et jouisse de vous éternellement.
Amen.

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière à « tous les Saints » de Saint Augustin pour la Toussaint
Prions « Tous les Saints » avec cette Prière pour la Toussaint de Saint Augustin (354 - 430), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église.
La Prière à « Tous les Saints » de Saint Augustin :

« Reine de tous les Saints, glorieux Apôtres et Evangélistes, Martyrs invincibles, généreux Confesseurs, savants Docteurs, illustres Anachorètes, dévoués Moines et Prêtres, Vierges pures et pieuses femmes, je me réjouis de la gloire ineffable à laquelle vous êtes élevés dans le Royaume de Jésus-Christ, notre divin Maître.
Je bénis le Très-Haut des dons et des faveurs extraordinaires dont il vous a comblés et du rang sublime où il vous élève. Ô amis de Dieu !
Ô vous qui buvez à longs traits au torrent des délices éternelles, et qui habitez cette patrie immortelle, cette heureuse cité, où abondent les solides richesses ! Puissants Protecteurs, abaissez vos regards sur nous qui combattons, qui gémissons encore dans l'exil, et obtenez-nous la force et les secours que sollicite notre faiblesse pour atteindre vos vertus, perpétuer vos triomphes et partager vos couronnes.
Ô Vous tous, bienheureux habitants du ciel, Saints amis de Dieu qui avez traversé la mer orageuse de cette vie périssable, et qui avez mérité d'entrer dans le port tranquille de la paix souveraine et de l'éternel repos !
Ô Saintes âmes du paradis, vous qui, maintenant à l'abri des écueils et des tempêtes, jouissez d'un bonheur qui ne doit pas finir, je vous en conjure, au nom de la charité qui remplit votre coeur, au nom de Celui qui vous a choisis et qui vous a faits tels que vous êtes, écoutez ma prière.
Prenez part à nos travaux et à nos combats, vous qui portez sur vos vos fronts vainqueurs une couronne incorruptible de gloire ; ayez pitié de nos innombrables misères, vous qui êtes à jamais délivrés de ce triste exil ; souvenez-vous de nos tentations, vous qui êtes affermis dans la justice ; intéressez-vous à notre salut, vous qui n'avez plus rien à redouter pour le vôtre ; tranquillement assis sur la montagne de Sion, n'oubliez pas ceux qui gisent encore couchés dans la vallée des larmes.
Puissante armée des Saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des Saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. Tendez-nous une main secourable, détournez de nos têtes coupables la justice irritée de Dieu ; faites entrer par vos prières notre frêle navire dans le port de la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière au « Saint-Esprit » de Saint Augustin au Saint-Esprit
Pour Saint Augustin (354-430), grand théologien de l’Esprit Saint, tant par la place qu’il lui donne dans la vie Trinitaire, que par le rôle qui en découle dans l’Église et dans la vie spirituelle du croyant, le Saint -Esprit est la « communion ineffable du Père et du Fils », l’Esprit « procède du Père et du Fils » et le « lien » du Père et du Fils. Voici sa Prière « Ô divin amour, ô lien sacré qui unissez le Père et le fils ».
La Prière au « Saint-Esprit » de Saint Augustin :

« Ô divin amour, ô lien sacré qui unissez le Père et le fils, Esprit tout puissant, fidèle consolateur des affligés, pénétrez dans les abîmes profonds de mon cœur et faites-y briller votre éclatante lumière. Répandez votre douce rosée sur cette terre déserte, afin de faire cesser sa longue aridité. Envoyez les traits célestes de votre amour jusqu'au sanctuaire de mon âme, afin qu'en y pénétrant ils allument des flammes ardentes qui consument toutes mes faiblesses, mes négligences et mes langueurs. Venez donc, venez doux consolateur des âmes désolées, refuge dans les dangers et protecteur dans la détresse. Venez, vous qui lavez les âmes de leurs souillures et qui guérissez leurs plaies. Venez, force du faible, appui de celui qui tombe. Venez, docteur des humbles et vainqueur des orgueilleux. Venez, père des orphelins, espérance des pauvres, trésor de ceux qui sont dans l'indigence. Venez, étoile des navigateurs, port assuré de ceux qui ont fait naufrage. Venez, force des vivants et salut de ceux qui vont mourir. Venez, ô Esprit-Saint, venez et ayez pitié de moi. Rendez mon âme simple, docile et fidèle, et condescendez à ma faiblesse, avec tant de bonté que ma petitesse trouve grâce devant votre grandeur infinie, mon impuissance devant votre force, mes offenses devant la multitude de vos miséricordes. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, mon Sauveur. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière pour les défunts de Saint Augustin pour les Défunts
Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Eglise affirme : « Il n’est pas d’occupation plus pieuse et plus sainte que de prier pour les fidèles trépassés ». Voici sa Prière pour les défunts « Ne pleure pas si tu m'aimes ».
Parole d’espérance de Saint Augustin :
« Tu me reverras donc, transfiguré par l’extase et le bonheur, non plus en attendant la mort, mais en avançant d’instant en instant. Avec toi qui me tiendras la main, dans les sentiers nouveaux de la lumière et de la vie, buvant avec ivresse auprès de Dieu, un breuvage dont on ne se lasse jamais et que tu boiras avec moi. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes. »

La Prière « Ne pleure pas si tu m'aimes » de Saint Augustin :
« Ne pleure pas si tu m'aimes. Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le Ciel. Si tu pouvais d'ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d'eux. Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche ! Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent. Quoi, tu m'as vu, tu m'as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer dans le pays des immuables réalités ! Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient et, quand un jour que Dieu connaît et qu'il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l'a précédée la mienne, ce jour-là tu me reverras, tu retrouveras mon affection épurée. A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse, infidèles aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenu moins aimant. Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d'instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes. »

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin au Christ à Jésus-Christ
Voici une Prière de Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone, extraite du Traité XV de la Trinité qui est le cri d’un cœur passionné d’amour pour le Christ : « Mon Dieu, mon Seigneur, accorde-moi de T’aimer ».
Prière de Saint Augustin « Mon Dieu, mon Seigneur, accorde-moi de T’aimer » :

« De toutes mes forces, celles que tu m’as données, je T’ai cherché, désirant voir ce que j’ai cru. Et j’ai lutté, et j’ai souffert. Mon Dieu, mon Seigneur, mon unique espoir, accorde-moi de n’être jamais las de te chercher, qu’avec passion sans cesse je cherche ton visage. Toi qui m’as donné de Te trouver, donne-moi le courage de te chercher et d’espérer Te trouver toujours davantage. Devant Toi ma solidité : garde-la. Devant Toi ma fragilité : guéris-la. Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j’ignore. Par là où Tu m’as ouvert, j’entre : accueille-moi. De là où Tu m’as fermé, j’appelle : ouvre-moi. Accorde-moi de ne pas T’oublier, accorde-moi de Te comprendre. Mon Dieu, mon Seigneur, accorde-moi de t’aimer ».

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

Autre Prière de Saint Augustin au Christ « Ne laisse pas mes ténèbres me parler » :

« Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler. Je m'y suis laissé tomber et mon regard s'est obscurci ; mais du fond de ce gouffre, oui de ce gouffre, je t'ai ardemment aimé. Et maintenant, voici que, brûlant, essoufflé, je reviens à ta source. En toi je revis ! Parle-moi, instruis-moi. Je crois en tes livres et leurs paroles ont de profonds mystères. Amen. ».

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin d’Hippone à Dieu le Père
Voici la Prière « C’est à Toi que j’adresse ma Prière » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Eglise, pour entrer dans la Prière.
La Prière « C’est à Toi que j’adresse ma Prière » de Saint Augustin:

« Ô Dieu, qui n’a donné qu’aux cœurs purs de connaître le Vrai ; Dieu, Père de la Vérité, Père de la Sagesse, Père de la Vie véritable et plénière, Père du bonheur, Père du bon et du beau, Père de la lumière intelligible, Père de notre réveil et de notre illumination… C’est Toi que j’invoque, Ô Dieu Vérité, Source, Principe, Auteur de la vérité de tout ce qui est vrai ; Dieu Sagesse, Principe, Auteur de la sagesse de tout ce qui est sage ; Dieu Vie véritable et plénière, Source, Principe, Auteur de la vie de tout ce qui vit véritablement et pleinement ; Dieu Béatitude, Source, Principe, Auteur du bonheur de tout ce qui est heureux ; Dieu du Bien et du Beau, Source, Principe, Auteur du Bien et du Beau dans tout ce qui est bon et beau ; Dieu Lumière intelligible, Source, Principe, Auteur de la lumière intelligible dans tout ce qui brille de cette lumière ; Dieu, dont le royaume est cet univers que les sens ignorent ; Dieu, dont le royaume trace leurs lois aux royaumes de ce monde ; Dieu, de qui on ne se détourne que pour choir, vers qui se tourner c’est se lever de nouveau, et en qui demeurer c’est trouver un solide appui ; sortir de toi, c’est mourir ; revenir à toi, c’est revivre ; habiter en toi, c’est vivre ; Dieu que nul ne perd s’il n’est trompé, que nul ne cherche sans appel préalable, que nul ne trouve s’il ne s’est purifié d’abord ; Dieu, dont l’abandon équivaut à la mort, la recherche à l’amour, la vie à l’entière possession ; Dieu, vers qui la foi nous pousse, vers qui l’espérance nous dresse, à qui la charité nous unit ; Dieu, par qui nous triomphons de l’Ennemi, c’est à Toi que j’adresse ma Prière. Ainsi soit-il ! »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin d’Hippone à Dieu le Père
Voici la Prière « Désormais, Ô mon Père, c'est Toi seul que j'aime » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Eglise.
La Prière de Saint Augustin « Désormais, Ô mon Père, c'est Toi seul que j'aime » :

« Désormais, Seigneur, c'est Toi seul que j'aime, à toi seul que je m'attache, toi seul que je cherche, toi seul que je suis prêt à servir, parce que c'est toi seul qui commandes avec justice. A tes ordres je désire me soumettre ; commande, je t'en prie, commande ce que tu veux, mais guéris-moi, ouvre mes oreilles, afin que je puisse entendre tes paroles. Reçois-moi comme un fugitif, Seigneur, ô Père très bon. J'ai souffert assez longtemps ; assez longtemps j'ai été asservi à tes ennemis et le jouet des mensonges. Reçois-moi comme ton serviteur qui veut s'éloigner de toutes ces choses vaines. Je sens qu'il me faut revenir à toi ; je frappe, ouvre-moi la porte, enseigne-moi comment on parvient jusqu'à toi. C'est vers toi que je veux aller, donne-moi donc les moyens d'arriver jusqu'à toi. Si tu t'éloignes, nous périssons ! Mais tu n'abandonnes personne, parce que tu es le souverain bien ; tous ceux qui te cherchent avec droiture te trouvent. C'est toi qui nous montres comment te chercher avec droiture. Ô mon Père, fais donc que je te cherche, délivre-moi de l'erreur, ne permets pas que, dans ma recherche, je trouve autre chose que toi. Si je ne désire rien d'autre que toi, fais que ce soit toi seul que je trouve, ô mon Père. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin d’Hippone à Dieu le Père
Voici une Prière « Sous vos yeux, ô Seigneur, nous portons le fardeau de nos fautes » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Eglise.
La Prière de Saint Augustin d’Hippone « Sous vos yeux, ô Seigneur, nous portons le fardeau de nos fautes » :

« Sous vos yeux, ô Seigneur, nous portons le fardeau de nos fautes, et nous portons en même temps les plaies qu'elles nous ont faites. Si nous pesons le mal que nous avons fait, ce que nous souffrons n'est rien et nous méritons bien plus. Grave est le mal que nous avons commis ; léger ce que nous avons à souffrir. Nous éprouvons la peine du péché ; et cependant, nous ne renonçons pas à notre obstination dans le péché. Vos châtiments écrasent notre faiblesse, et notre iniquité reste toujours la même. Notre volonté mauvaise se sent torturée, mais nous ne courbons pas la tête. Notre vie se passe dans les soupirs de la douleur, mais elle ne s'amende pas dans ses actions. Si Vous temporisez, point de retour de notre part ; si votre bras vengeur nous frappe, nous nous rebutons. Dans les châtiments, nous confessons nos fautes ; mais à peine Vous êtes-vous éloigné, que déjà nos larmes sont oubliées. Si votre bras s'abaisse, nous promettons tout ; mais le glaive reste-t-il suspendu nous ne tenons plus aucun compte de nos promesses. S'il arrive que Vous frappiez, nos cris de peine s'élèvent vers Vous ; à peine avez-Vous pardonné, que déjà nous provoquons de nouveau votre juste vengeance. Ah ! Seigneur, voilà devant Vous des coupables en aveu : si Vous ne nous faites grâce, nous le savons, une juste sentence nous frappera. Ô Père tout-puissant, nous ne méritons rien, mais accordez-nous ce que nous demandons, Vous qui avez fait de rien les hommes, pour implorer votre Nom ! Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, j’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, j’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois » :

« J’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois Seigneur autant que j’ai pu ; Autant que Tu m’en as donné la force, je T’ai cherché et j’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois et j’ai beaucoup discuté et j’ai peiné. Seigneur, mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi. Ne permets pas que je me lasse de Te chercher mais mets-moi au cœur un désir plus ardent de Te chercher. Me voici devant Toi avec ma force et ma faiblesse, soutiens l’une, guéris l’autre. Devant Toi est ma science et mon ignorance, là où Tu m’as fermé, ouvre à celui qui frappe. Que je me souvienne de Toi ! Que je Te comprenne ! Que je T’aime ! Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô Toi, donne-moi la force de Te chercher » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église.
La Prière de Saint Augustin « Ô Toi, donne-moi la force de Te chercher » :

« Ô Toi, donne-moi la force de Te chercher, Toi qui m’as fait pour Te chercher de plus en plus. Que ce soit de Toi que je me souvienne, Toi que je comprenne, Toi que j’aime ! Augmente en moi ces trois dons, jusqu’à ce que Tu m’aies reformé tout entier. Délivre-moi de l’abondance de paroles dont je souffre à l’intérieur de mon âme : elle n’est que misère devant Ton regard mais elle se réfugie dans Ta miséricorde. Quand nous T’aurons atteint, nous ne dirons plus ces paroles que nous multiplions sans T’atteindre. Tu demeureras seul, Tout en tous. Nous ne dirons sans fin qu’un seul mot, Te louant d’un seul mouvement et ne faisant nous aussi qu’un seul tout avec Toi. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

Autre traduction de cette prière de Saint Augustin « Seigneur, donne-moi la force de Te chercher » :

« Seigneur, donne-moi la force de Te chercher, Toi qui m'as fait Te trouver de plus en plus. Devant Toi est ma force et ma faiblesse : garde l'une, guéris l'autre ; devant Toi est ma science et mon ignorance : où Tu m'as ouvert, accueille celui qui entre, où Tu m'as fermé, ouvre à celui qui frappe. Que ce soit de Toi que je me souvienne, Toi que je comprenne, Toi que j'aime. Augmente en moi ce souvenir, cette intelligence et cet amour jusqu'à ce que Tu me reformes entièrement. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Aime et fais ce que tu veux » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église, dans son commentaire de la première épître de Jean, traité VII, 8.
La Prière de Saint Augustin « Aime et fais ce que tu veux » :
« La seule chose qui établit une différence entre les actions des hommes, c’est la charité qui est à leur racine.
Nombre d’actions peuvent paraître bonnes, cependant elles ne proviennent point, à la racine, de la charité. Les épines elles-mêmes ont des fleurs. Il est des actes qui ont une apparence de dureté, de cruauté même ; cependant ils sont faits dans l’intérêt du bien et sous l’inspiration de la charité.
Une fois pour toutes t’est donc donné ce commandement concis : Aime, et ce que tu veux, fais-le ! Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour ; de cette racine ne peut rien sortir que de bon.
« Voici ce qu’est l’amour. Voici comment s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
Voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 9-10). Ce n’est pas nous qui l’avons aimé les premiers, mais il nous a aimés, afin que nous l’aimions. »


Saint Augustin d’Hippone (354-430)
« Prière à la Sainte Trinité » de Saint Augustin à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Je T'invoque, ô Trinité une » extraite du Livre du Miroir (1. PL 40, 967) de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église, philosophe et théologien chrétien d'origine berbère.
La Prière de Saint Augustin « Je T'invoque, ô Trinité une » :

« C'est pourquoi, Seigneur, je t'invoque avec la foi que dans ta bonté tu m'as donnée pour mon salut. Mon âme vit fidèlement de cette foi, et s'attache par l'espérance à ce qu'elle verra un jour en réalité. Je t'invoque, mon Dieu, avec une conscience pure, et avec tout l'amour de ma foi, cette foi que tu as conduite à l'intelligence de la vérité en déchirant ses ténèbres, cette foi que tu m'as rendue agréable et douce comme le miel en y mettant la douceur de ta charité et en dissipant les amertumes du monde. Je t'invoque, Trinité bienheureuse, à pleine voix, avec l'amour sincère de ma foi, cette foi dont tu m'as nourri dès le berceau à la lumière de ta grâce, et que tu as affermie en moi en l'accroissant par l'enseignement de notre mère l'Eglise. Je t'invoque, Ô Trinité une, bienheureuse, glorieuse et bénie, « Dieu, Seigneur, Paraclet ; charité, grâce, communion ; celui qui engendre, celui qui est engendré, et celui qui donne la vie ; la vraie lumière, la vraie lumière née de la lumière, la véritable illumination ; source, torrent, eau vive ; tout vient d'un seul, par un seul, en un seul. Tout vient de lui, par lui, en lui; vie vivante, vie de la vie, vie qui vivifie la vie ; un seul par lui-même, un seul par lui seul, un seul par les deux seuls; ôn (celui qui est) par lui-même, ôn par le premier, ôn par les deux autres ; Père véridique, Fils-vérité, Saint-Esprit-vérité. Une seule essence Père, Logos, Paraclet, une seule grandeur, une seule bonté. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
« Prière sur la Charité » de Saint Augustin sur la Charité
Voici une Prière sur la Charité « Ô Jésus ! Rappelez-moi le nouveau Testament » extraite du Sermon 25 sur le bonheur dans l'Évangile de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église.
La Prière de Saint Augustin sur la Charité « Ô Jésus ! Rappelez-moi le nouveau Testament » :

« Ô Jésus ! Rappelez-moi le nouveau Testament ; rendez-moi heureux par votre Loi. Lis toi-même et sache que tu n'es pas privé de la Présence du Christ. Écoute ce qu'Il dira au moment du jugement : « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, vous me l'avez fait » (Mt 25, 40). Chacun de vous s'attend à recevoir le Christ assis au Ciel : voyez-Le d'abord gisant sous les portiques ; voyez-Le souffrant la faim et le froid ; voyez-Le indigent et étranger. Faites vos aumônes accoutumées et plus encore. Que les bonnes œuvres croissent avec l'instruction. Vous louez Celui qui vous la donne ; montrez que vous en profitez. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin d’Hippone sur l'Enfer
Voici une Prière à la vue des Souffrances de notre Seigneur Jésus-Christ « Seigneur, préservez-moi des supplices de l’enfer » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église.
La Prière de Saint Augustin à la vue des Souffrances du Christ « Seigneur, préservez-moi des supplices de l’enfer » :

« Ô Dieu qui, pour la rédemption du monde, avez daigné naître et souffrir la circoncision; qui avez voulu être rejeté par les Juifs, trahi par un baiser, garrotté comme un malfaiteur, conduit à la boucherie comme un innocent agneau, traîné ignominieusement devant Anne, Caïphe, Pilate et Hérode, accusé par de faux témoins, flagellé, souffleté , couvert de crachats , couronné d’épines, dépouillé de vos vêtements , crucifié entre deux voleurs , abreuvé de vinaigre et de fiel, et percé d’une lance : par toutes ces ignominies et ces douleurs, dont le mérite est infini, par votre Passion et votre Mort, Seigneur, préservez-moi des supplices de l’enfer, et conduisez-moi là où votre Miséricorde conduisit le bon larron crucifié à Vos côtés, Vous qui, avec le Père et le Saint-Esprit, régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin d’Hippone à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, mon Dieu, je suis comme une plante qui a besoin que Tu l’arroses en la favorisant de Tes grâces » de Saint Augustin (354-430), converti en 387 et baptisé par St Ambroise à Pâques, puis Evêque d’Hippone en 395 et Docteur de l’Église, l’un des plus grands Théologiens Catholiques.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, mon Dieu, je suis comme une plante qui a besoin que Tu l’arroses en la favorisant de Tes grâces » :

« Seigneur, mon Dieu, Toi qui es la lumière des aveugles et la force des faibles, Toi qui es aussi la lumière des voyants et la force des forts, sois attentif à ma prière, écoute les appels que je lance du plus profond de ma misère. Car si Tu ne m’entends pas et si Tu te détournes de moi, où puis-je aller et à qui m’adresser ? Ô mon Dieu, achève d’illuminer mon esprit : ta Parole est ma joie, plus agréable que toutes les richesses, tous les honneurs et tous les plaisirs. Donne-moi donc ce que j’aime, car il est vrai que je l’aime et c’est Toi qui me l’as fait aimer : ne me laisse point, Seigneur, sans la plénitude de Tes dons ; ne m’abandonne pas, je suis comme une plante qui a besoin que Tu l’arroses en la favorisant de Tes grâces. Seigneur, aie pitié de moi, exauce mon souhait. Fais par ta Miséricorde que je trouve grâce devant Toi, pour me faire découvrir les merveilles de ta Parole. Je Te le demande par notre Seigneur Jésus Christ, ton Fils qui T’interpelle pour nous, Lui en qui sont contenus tous les trésors de sagesse que je cherche dans tes Livres. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
« Saint Joseph » selon Saint Augustin d’Hippone à Saint-Joseph
Voici quelques réflexions sur « la paternité et la chasteté de Saint Joseph » extraites du Sermon 51, PL 38, 338 de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église.
La « paternité et la chasteté de Saint Joseph » selon Saint Augustin :

« Pourquoi le fils de la virginité de Marie ne serait-il pas reçu comme un fils par le chaste Joseph ? Il est chaste mari comme elle est chaste épouse : pourquoi ne serait-il point père, tout vierge qu’il est, de même que Marie a mérité d’être mère sans cesser d’être vierge ? Celui donc qui prétend qu’on ne doit point donner à Joseph le nom de père, parce qu’il n’a pas engendré de fils, cherche dans la génération des enfants la satisfaction de la concupiscence, et non la tendresse de l’affection. Joseph réalisait bien plus parfaitement dans son cœur ce que d’autres désirent accomplir d’une manière charnelle. Sachant qu’il n’était pour rien dans le mystère de Marie, il devait normalement la considérer comme infidèle. Mais parce qu’il était « juste » et qu’il ne voulait pas la diffamer, il résolut de la renvoyer en secret. Époux, le trouble s’empare de lui ; mais « juste » il ne sévit pas. Considérez la « justice » profonde de Joseph. S’il épargnait son épouse, ce n’était pas par le désir de vivre avec elle. Beaucoup, en effet, inspirés par un amour charnel, pardonnent à leurs épouses infidèles, désireux qu’ils sont, malgré leur faute, de les conserver, pour satisfaire ainsi leur propre désir. Cet homme juste, lui, ne veut point conserver son épouse ; son affection n’a donc rien de charnel. Il ne veut pas non plus la punir : c’est l’effet d’un sentiment de miséricorde. Admirez le caractère de ce « juste » : c’est tout-à-fait avec raison qu’il a été choisi comme témoin de la virginité de son épouse. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô Amour qui toujours brûle sans jamais T’éteindre » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église qui fut professeur de littérature à Thagaste en Numidie (sa ville natale), à Carthage et à Rome jusqu’en 386 pour se préparer à son Baptême qu’il reçut le Samedi Saint de l’an 387.
La Prière de Saint Augustin « Ô Amour qui toujours brûle sans jamais T’éteindre » :

« Il ne T'aime pas celui qui aime en même temps que Toi autre chose que Toi et ne l'aime pas pour Toi. Ô Amour qui toujours brûle sans jamais T’éteindre, Charité, mon Dieu, embrase-moi ! Tu me commandes la continence ; donne ce que Tu commandes et commande ce que Tu veux. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici une Prière « Seigneur, aie pitié de moi, exauce mon désir » extraite des « Confessions » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, aie pitié de moi, exauce mon désir » :

« Seigneur, aie pitié de moi, exauce mon désir ; car je pense que son objet n’est pas la terre, ni or, argent, pierres précieuses ou beaux vêtements, ni honneurs, charges ou voluptés de la chair, ni même les choses nécessaires au corps et à cette vie de voyageurs qu’est la nôtre, toutes choses qui nous sont données par surcroît quand nous cherchons ton Royaume et ta Justice. Vois, mon Dieu, quel est l’objet de mon désir ! Les impies m’ont raconté des délices, mais ce n’est rien auprès de Ta loi, Seigneur ! Voilà quel est l’objet de mon désir ! Vois, ô Père, regarde, vois et approuve, et plaise à Toi qu’aux yeux de ta Miséricorde je trouve grâce devant Toi, afin que s’ouvre à moi, quand je frappe, le dedans de Tes paroles ! Je T’en conjure par notre Seigneur, Jésus-Christ, Ton fils, l’homme de Ta droite, le fils de l’homme que Tu as établi près de Toi médiateur entre Toi et nous, par qui Tu nous as cherchés sans que nous Te cherchions, mais Tu nous as cherchés pour que nous Te cherchions ; Ton Verbe par qui Tu as fait tous les êtres et, parmi eux, moi aussi ; Ton fils unique par qui Tu as appelé à l’adoption le peuple des croyants et, parmi eux, moi aussi. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Donne-Toi à moi, ô mon Dieu, pour que ma vie se précipite dans Tes embrassements » extraite des « Confessions » livre XIII de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Donne-Toi à moi, ô mon Dieu, pour que ma vie se précipite dans Tes embrassements » :

« Donne-Toi à moi, ô mon Dieu, rends-Toi à moi, je T'aime ! Si mon amour est encore trop faible, rends-le plus fort ; je ne saurais mesurer ce qui manque à mon amour pour qu'il soit suffisant, pour que ma vie se précipite dans Tes embrassements et ne s'en détache point, qu'elle ne soit absorbée dans le mystère de ton Visage. Tout ce que je sais, c'est que partout ailleurs qu'en Toi, non seulement hors de moi, mais en moi-même, je n'éprouve que malaise, et toute richesse qui n'est pas mon Dieu n'est pour moi qu'indigence. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430) - Livre XIII des « Confessions »
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Fais, ô Père, que je Te cherche et préserve-moi de l'erreur » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Fais, ô Père, que je Te cherche et préserve-moi de l'erreur » :

« Voilà que je n'aime que Toi seul, que je ne suis que Toi seul, que je ne cherche que Toi seul, que je ne veux servir que Toi seul, parce que Toi seul dois être mon Maître ; je désire T'appartenir. Chasse loin de moi la vanité afin que je puisse Te reconnaître. Dis-moi de quel côté il faut regarder pour Te voir, et j'espère accomplir tout ce que Tu ordonneras. Fais, ô Père, que je Te cherche et préserve-moi de l'erreur ; que dans ma recherche rien d'autre que Toi ne se présente à moi. S’il est vrai que je ne désire rien d'autre que Toi, fais, je T’en prie, ô Père, que je Te trouve. Et s'il y avait encore en moi quelque désir superflu, veuille m’en dépouiller Toi-même et rends-moi capable de Te voir. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Dieu créateur de tout l'univers, fais-moi d'abord la grâce de Te bien prier » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Dieu créateur de tout l'univers, fais-moi d'abord la grâce de Te bien prier » :

« Dieu créateur de tout l'univers, fais-moi d'abord la grâce de Te bien prier, puis de me rendre digne d'être exaucé, et enfin d'être délivré. Dieu par qui tout ce qui n'existerait point par soi, tend à l'existence. Dieu qui ne permets pas que même ce qui s'anéantit de soi-même puisse périr. Dieu qui a créé de rien ce monde, dont tous les yeux sentent la parfaite beauté, qui ne fait pas le mal, et qui empêche le mal de tourner au pire. Dieu qui apprend au petit nombre de ceux qui se réfugient vers le vrai, que le mal n'est pas un être. Dieu par qui l'univers est parfait, même avec ses défauts. Dieu dont les œuvres jusqu'aux plus petites n'ont aucune dissonance, parce que ce qui paraît plus imparfait s'harmonise avec ce qu'il y a de plus parfait. Dieu qui aime consciencieusement ou non, tout ce qui peut aimer. Dieu en qui sont toutes choses et qui cependant ne reçois aucun déshonneur de l'opprobre des créatures, aucune atteinte à la malice et que leurs erreurs ne peuvent tromper. Dieu qui n'as accordé la connaissance de la Vérité qu'aux purs. Dieu, Père de la vérité, Père de la sagesse, Père de la vie véritable et souveraine, opère de la vie bien heureuse, Père du beau et du bien, Père de la lumière intelligible, Père de notre réveil et de la lumière qui nous éclaire, Père du gage qui nous averti de revenir à Toi ... Je T'invoque, Dieu-vérité, c'est en Toi, c'est de Toi, c'est par Toi que toutes choses vraies nous reçoivent d'être vraies ... C'est vers Toi que je tends et je Te demande en retour les moyens d'arriver jusqu'à Toi. Car si Tu te retires, c'en est fait de nous ... Fais donc Père que je Te cherche ; délivre-moi de l'erreur et ne permets pas que dans mes recherches, je trouve autre chose que Toi. Si c'est Toi seul que je désire, que ce soit, Toi, Père, que je trouve ... S'il se trouve en moi quelque vain désir, purifie le et rends-moi capable de Te voir. Quant à la conservation de ce corps mortel, je le confie à ta Sagesse et à ta Bonté, Père très sage et très bon et je Te demanderai pour lui ce que Tu m'inspireras dans l'occasion. Je ne demande qu'une chose, c'est que Ta souveraine Clémence me convertisse entièrement à Toi, afin que rien ne s'oppose aux efforts d'une âme qui tend vers Toi. Amen ! »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Tard je T'ai aimée, Beauté ancienne et si nouvelle » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Tard je T'ai aimée, Beauté ancienne et si nouvelle » :

« Tard je T'ai aimée, Beauté ancienne et si nouvelle ; tard je T'ai aimée. Tu étais au-dedans de moi et moi j'étais dehors, et c'est là que je T'ai cherché. Ma laideur occultait tout ce que Tu as fait de beau. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec Toi. Ce qui me tenait loin de Toi, ce sont les créatures, qui n'existent qu'en Toi. Tu m'as appelé, Tu as crié, et Tu as vaincu ma surdité. Tu as montré ta Lumière et ta Clarté a chassé ma cécité. Tu as répandu ton Parfum, je T'ai humé, et je soupire après Toi. Je T'ai goûté, j'ai faim et soif de Toi. Tu m'as touché, et je brûle du désir de ta Paix. Amen ! »

Saint Augustin d’Hippone (354-430) - Les Confessions 10, 27
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, qu'est-ce que j'aime quand je T'aime ? » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, qu'est-ce que j'aime quand je T'aime ? » :

« Je ne doute pas, mais je suis sûr, dans ma conscience, Seigneur que je T'aime. Tu as frappé mon coeur de ton Verbe et je T'ai aimé. De partout, ciel et terre et tout ce qu'ils contiennent me disent de T'aimer et Tu ne cesses de le dire à tous les hommes afin qu'ils n'aient pas d'excuse. Qu'est-ce que j'aime quand je T'aime ? Ce n'est pas la beauté d'un corps ni le vertige d'un moment ni l'éclat de la lumière - cette lumière si chère à mes yeux – ni la douceur des cantilènes, avec leurs variations, ni la senteur des fleurs, des parfums et des arômes, ni la manne ni le miel, ni les membres qui s'enlacent dans les étreintes de la chair ; non ! Ce n'est pas ce que j'aime quand j'aime mon Dieu. Et pourtant, il est une lumière, une voix, un parfum, une nourriture, une étreinte de l'homme intérieur qui est en moi, où brille pour mon âme une lumière que le temps n'emporte pas, où s'exhale un parfum que le vent ne dissipe pas, où se savoure une nourriture que la voracité ne réduit pas, où se nouent les enlacements qu'aucune satiété ne désenlace, voilà ce que j'aime quand j'aime mon Dieu. Amen ! »

Saint Augustin d’Hippone (354-430) - Les Confessions 10, 6-8
Prière Mariale de Saint Augustin à la Sainte Vierge
Voici la Prière de saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église Catholique Romaine, qui contemplait Jésus en sa première enfance pendu aux mamelles de sa Mère : « Lacta, o Virgo, panem nostrum ! » = Allaitez, ô Vierge, votre Fils, nourrissez notre Pain !
La Prière de Saint Augustin « Allaitez, ô Vierge, votre Fils, nourrissez notre Pain ! » :

« Allaitez, ô Vierge, votre Fils, nourrissez notre Pain ! Cet Enfant qui gît entre Vos bras, que Vous pressez sur Votre sein, Vous savez, ô Vierge, qu'il sera notre Pain. Il est encore trop tendre, Il doit avoir Sa maturité et Sa juste grandeur pour nous servir de Nourriture. Prenez donc soin de Le nourrir : donnez-Lui la mamelle afin qu'il croisse. Pensez qu'en allaitant et nourrissant votre Fils, Vous allaitez et nourrissez tous les fidèles, dont Il doit être un jour, dans l'Eucharistie, le lait et la nourriture. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici une Prière pour se sanctifier « Seigneur, soyez-moi plus doux que les séductions qui m’égaraient » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone et Docteur de l’Église Catholique Romaine qui après son Baptême à 33 ans rentra à Thagaste, vendit ses biens et fonda un Monastère.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, soyez-moi plus doux que les séductions qui m’égaraient » :

« Exaucez, Seigneur, ma prière : que mon âme ne défaille pas sous Votre discipline et que je ne défaille pas à Vous confesser vos Miséricordes qui m’ont retiré de toutes mes déplorables voies ! Soyez-moi plus doux que les séductions qui m’égaraient ! Que je Vous aime fortement, et que j’embrasse votre Main de toute mon âme, pour que Vous me sauviez de toute tentation jusqu’à la fin. Et n’êtes-Vous pas, Seigneur, mon Roi et mon Dieu ? Que tout ce que mon enfance apprit d’utile, Vous serve ; si je parle, si j’écris, si je lis, si je compte, que tout en moi Vous serve ; car, au temps où j’apprenais des choses vaines, Vous me donniez la discipline, et Vous m’avez enfin remis les péchés de ma complaisance dans les vanités. Ce n’est point que ces folies ne m’aient laissé le souvenir de plusieurs mots utiles ; souvenir que l’on pourrait devoir à des lectures moins frivoles, et qui ne sèmeraient aucun piège sous les pas des enfants. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430) - Les « Confessions de Saint Augustin » - Livre Premier : enfance de saint Augustin - chapitre XV
Prière de Saint Augustin pour l'Annonciation
Voici une Prière sur l’Annonciation « Ô Vierge bénie ! Hâtes-toi de donner ta parole à l’ambassadeur céleste, et accepte pour ton fils le Verbe éternel » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Ô Vierge bénie ! Hâtes-toi de donner ta parole à l’ambassadeur céleste, et accepte pour ton fils le Verbe éternel » :

« Ô Bienheureuse Marie ! L’univers entier qui gémit dans l’esclavage, sollicite ton Consentement : car il t’a pris pour caution, il t’a fait garant de sa foi, ô puissante Maîtresse ! Ne tardes pas davantage, ô Vierge bénie ! Hâtes-toi de donner ta parole à l’ambassadeur céleste, et accepte pour ton fils le Verbe éternel. Amen. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430) - Sermon 17 de tempore
Prière de Saint Augustin sur la Parole de Dieu
Voici la Prière « Sois un pauvre de Dieu, afin qu'Il t'enrichisse de Lui-même » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Sois un pauvre de Dieu, afin qu'Il t'enrichisse de Lui-même » :

« Garde-toi de ne pas être pauvre et indigent, si tu ne l'es pas, tu ne seras pas exaucé. Rejette bien loin tout ce qui est autour de toi ou en toi et qui pourrait te donner de la présomption. Que Dieu soit ton unique appui, sois pauvre de Lui, afin qu'Il t'enrichisse de Lui-même. Ainsi soit-il. »

L’Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 16, 19-31) :
« En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : « Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise ». - Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous ? Le riche répliqua : « Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j'ai cinq frères : qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture ! » Abraham lui dit : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! » _ Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront ? Abraham répondit : « S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus ? »

Le commentaire de Saint Augustin sur L’Évangile de Luc (Lc 16, 19-31) :
Est-ce bien par le seul mérite de sa pauvreté que le pauvre fut reçu par les anges, et pour le crime d'être riche que l'autre fut jeté dans les tounnents ? Dans ce pauvre, c'est l'humilité qui est glorifiée, et dans ce riche l'orgueil qui est châtié. Et je prouve en un mot que ce n'est pas la richesse, mais bien l'orgueil que Dieu a condamné dans ce riche. Assurément ce pauvre fut porté dans le sein d'Abraham ; mais cet Abraham, au dire de l'Écriture, était un riche de la terre, il avait de l'or, de l'argent (cf. Gn 13, 2). Si le riche est jeté dans les tourments, comment Abraham était-il plus élevé en gloire que le pauvre qu'il recevait dans son sein ? Mais Abraham était humble au milieu de ses richesses ; il tremblait devant les préceptes de Dieu, il s'y soumettait. Il estimait si peu les richesses du monde que, sur l'ordre de Dieu, il allait immoler son fils, l'héritier de ces grands biens (cf. Gn 22, 10).

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin au Saint-Esprit
Voici la Prière « Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint » :

« Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint. Agis en moi, Saint-Esprit, afin que je fasse ce qui est saint. Attire-moi, Saint-Esprit, afin que j'aime ce qui est saint. Affermis-moi, Saint-Esprit, afin que je garde ce qui est saint. Garde-moi, Saint-Esprit, afin que je ne perde jamais ce qui est saint. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Jésus-Christ
Voici une Prière sur la Passion de Notre-Seigneur-Jésus-Christ « C'est entre Vos bras, ô mon divin Maître, que je veux vivre et que je veux mourir » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « C'est entre Vos bras, ô mon divin Maître, que je veux vivre et que je veux mourir » :

« Toute mon espérance est en la Mort de mon Sauveur. Sa Mort fait tout mon mérite ; Elle est mon unique refuge, mon salut, ma vie, ma résurrection. Je ne puis être épouvanté par la multitude de mes péchés, lorsque la Mort de mon Dieu s'offre à ma pensée, parce que l'énormité de mes crimes ne peut aller aussi loin que sa Miséricorde. La lance et les clous dont Il fut percé me crient que je suis véritablement réconcilié avec Lui, je L'aime avec sincérité. Longis avec sa lance m'a ouvert le côté de mon Rédempteur ; j'y suis entré, et j'y repose en assurance. Que celui qui craint commence d'aimer dès ce moment, parce que l'amour dans l'âme chasse la crainte au-dehors. Non, il n'y a point de Grâce plus efficace, ni plus capable d'éteindre sur-le-champ toute l'ardeur de la concupiscence de la chair, que la pensée de la Mort de mon Sauveur. Jésus-Christ étend ses Bras sur la Croix ; il étend ses Mains, tout prêt à nous embrasser, et par-là invite tous les pécheurs à venir recevoir le Baiser de paix. C'est entre Vos bras, ô mon divin Maître, que je veux vivre et que je veux mourir ; c'est dans cet asile inviolable que je chanterai sans crainte avec le prophète : je publierai hautement Vos louanges, Seigneur, parce que Vous m'avez pris en Votre sauvegarde, et que Vous n'avez pas permis que mes ennemis aient triomphé de ma faiblesse. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, je veux faire la vérité devant Toi par cette « confession » extraite des Confessions de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur, je veux faire la vérité devant Toi par cette « confession » :

« Je Te connaîtrai, ô Toi qui me connais, je Te connaîtrai comme je suis connu de Toi. Tu es la vie de mon âme ; pénètre donc en elle, modèle-la à ton Image qu'elle soit sans tache ni ride pour que Tu l'habites et la possèdes entièrement. Telle est mon espérance, voilà pourquoi je parle, et cette espérance fait ma joie, quand ma joie est saine. Quant aux autres biens de cette vie, plus on les pleure, moins ils méritent d'être pleurés ; moins on pleure sur eux, plus ils méritent d'être pleurés. Voici que Tu as aimé la vérité, puisque Celui qui fait la vérité vient à la lumière. Je veux donc la faire devant Toi, dans mon cœur, par cette « confession », et devant de nombreux témoins par ce livre. Du reste, Seigneur, le gouffre de la conscience humaine est à découvert devant Tes yeux : qu'est-ce qui pourrait donc demeurer caché en moi, même si je ne voulais pas Te le confesser ? C'est Toi que je cacherais à moi-même, sans pouvoir me cacher à Toi. Et maintenant, si mon gémissement témoigne que je me déplais, c'est Toi qui m'illumines, qui me plais, que j'aime et que je désire ; de sorte que j'ai honte de moi, je me rejette moi-même pour Te préférer; je ne veux plaire ni à Tes yeux ni aux miens, sinon pour Toi. Je suis donc à découvert devant Toi, Seigneur, quel que je sois. Et je T'ai dit le fruit que je recherche en Te faisant ma confession. Je ne la fais pas avec des sons et des paroles sensibles, mais avec ces paroles de l'âme, cette clameur de la pensée qui atteignent Ton oreille. Quand je suis mauvais, ma confession envers Toi consiste dans le déplaisir que je me donne; lorsque je suis bon, la confession que je T'adresse consiste à ne pas m'attribuer ce bien, puisque c'est Toi, Seigneur, qui bénis le juste ; mais auparavant, c'est Toi qui en avais fait un homme juste, alors qu'il était un impie. Ainsi ma confession, telle que je la fais devant Toi, mon Dieu, est silencieuse et ne l'est pas. Elle est silencieuse quant aux paroles, mais elle crie du fond du cœur. C'est Toi, Seigneur, qui me juges. Certes, personne, parmi les hommes, ne sait ce qu'il y a dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui. Cependant, il y a dans l'homme quelque chose que l'esprit de l'homme lui-même, qui est en lui, ne sait pas. Mais Toi, Seigneur, Tu sais tout de lui, puisque Tu l'as créé. Quant à moi, bien que, devant Ton regard, je me méprise et me juge terre et poussière, je sais pourtant de Toi quelque chose que j'ignore de moi-même. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir et non pas encore face à face. C'est pourquoi, tandis que je suis en exil loin de Toi, je suis plus près de moi que de Toi. Cependant, je sais que nulle violence ne peut T'atteindre, tandis que, pour moi, j'ignore à quelles tentations je suis capable de résister ou non. Mais voici mon espérance : Tu es fidèle et Tu ne permets pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Avec la tentation, Tu nous donnes aussi le moyen d'en sortir et la force de la supporter. Je vais donc confesser ce que je sais de moi, je vais confesser aussi ce que je ne sais pas de moi. Ce que je sais de moi, je le sais à Ta lumière; et ce que je ne sais pas de moi, je l'ignorerai jusqu'à ce que mon obscurité devienne la lumière de midi sous Ton regard. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô mon Dieu, donne-Toi toujours à moi » extraite des Confessions de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Augustin « Ô mon Dieu, donne-Toi toujours à moi » :

« Donne-Toi à moi, mon Dieu, donne-Toi toujours à moi. Nous nous reposons dans le Don de ton Esprit ; là nous jouissons de Toi, là est notre bien et notre repos. L'amour nous y élève, et ton Esprit qui est Bon exalte notre bassesse, la retirant des portes de la mort (Ps 9, 14). Dans la bonne volonté nous trouvons la paix. Un corps, de par son poids, tend vers son lieu propre ; le poids ne va pas nécessairement en bas, mais à son lieu propre. Le feu tend vers le haut, la pierre vers le bas, chacun vers son propre lieu ; l'huile monte au-dessus de l'eau, l'eau descend sous l'huile. Si quelque chose n'est pas à sa place, elle est sans repos ; mais quand elle a trouvé sa place, elle reste en repos. Mon poids, c'est mon amour : c'est lui qui m'emporte, où qu'il m'emporte. Ton Don nous enflamme et nous emporte en haut ; Il nous embrase et nous partons. Ton Feu, Ton bon Feu, nous fait brûler et nous allons, nous montons vers la Paix de la Jérusalem céleste car j'ai trouvé ma joie quand on m'a dit : « Allons dans la Maison du Seigneur ! » (Ps 121, 1). C'est là où la bonne volonté nous conduira pour être à notre place, là où nous ne désirerons rien de plus que d'y demeurer pour l'éternité. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin (354-430) - Les Confessions, XIII, 9
Prière de Saint Augustin à Jésus-Christ
Voici la Prière « Ô Jésus, qu’au jour de ma mort, je paraisse devant Vous tout consommé de votre Amour » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine. Dans cette prière, toute brûlante de l’Amour de Jésus, Saint Augustin commence par donner à Notre-Seigneur les plus beaux Titres qui le recommandent à notre amour. Puis il se reproche d’avoir été si longtemps insensible à Ses charmes. Enfin, il lâche la bride à ses désirs pour qu’ils se portent uniquement sur Jésus.
La Prière de Saint Augustin « Ô Jésus, qu’au jour de ma mort, je paraisse devant Vous tout consommé de votre Amour » :

« Vous êtes, ô Christ, mon Père saint, mon Dieu plein de miséricorde, mon Roi infiniment grand ; Vous êtes mon Pasteur charitable, mon unique Maître, mon Aide plein de bonté, mon Bien-aimé d’une beauté ravissante, mon Pain de vie, mon Prêtre éternel ; Vous êtes mon Guide vers la patrie, ma vraie Lumière, ma Douceur toute sainte, ma Voie sans détour ; Vous êtes ma Sagesse brillante par son éclat, ma Simplicité sans tâche, ma Paix et ma Douceur ; Vous êtes enfin toute ma Sauvegarde, mon Héritage précieux, mon Salut éternel.

Ô Jésus-Christ, aimable Maître, pourquoi, dans toute ma vie, ai-je aimé, pourquoi ai-je désiré autre chose que Vous, Jésus, mon Dieu ? Où étais-je quand je ne pensais pas à Vous ? Ah ! du moins, à partir de ce moment, que mon coeur n’ait de désirs et d’ardeurs que pour le Seigneur Jésus ; qu’il se dilate pour n’aimer que Lui seul. Désirs de mon âme, courez, désormais, c’est assez de retard ; hâtez-vous d’atteindre le but auquel vous aspirez, cherchez en vérité Celui que vous cherchez.

Ô Jésus, anathème à qui ne Vous aime pas ! Que celui qui ne Vous aime pas soit rempli d’amertume ! Ô doux Jésus, soyez l’amour, les délices et l’admiration de tout coeur dignement consacré à votre Gloire. Dieu de mon coeur et mon partage, divin Jésus, que mon coeur tombe dans une sainte défaillance ; soyez Vous-même ma vie ; que dans mon âme s’allume un charbon brûlant de votre Amour et qu’il y soit le principe d’un incendie tout divin ; qu’il brûle sans cesse sur l’autel de mon coeur, qu’il embrase le plus intime de mon être, qu’il consume le fond de mon âme ; qu’enfin, au jour de ma mort, je paraisse devant Vous tout consommé de votre Amour. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur mon Dieu, fais que toujours je cherche ardemment ta Face » de Saint Augustin (354-430), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Augustin « Seigneur mon Dieu, fais que toujours je cherche ardemment ta Face » :

« Dirigeant mes efforts d'après la règle de foi, autant que je l'ai pu, autant que Tu m'as donné de le pouvoir, je T'ai cherché ; j'ai désiré voir par l'intelligence ce que je croyais ; j'ai beaucoup étudié et beaucoup peiné. Seigneur mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi de peur que, par lassitude, je ne veuille plus Te chercher, mais fais que toujours je cherche ardemment ta Face. Ô Toi ! Donne-moi la force de Te chercher, Toi qui m'as fait Te trouver et qui m'as donné l'espoir de Te trouver de plus en plus. Devant Toi est ma force et ma faiblesse : garde ma force, guéris ma faiblesse. Devant Toi est ma science et mon ignorance : là où Tu m'as ouvert, accueille-moi quand je veux entrer ; là où Tu m'as fermé, ouvre-moi quand je viens frapper. Que ce soit de Toi que je me souvienne, Toi que je comprenne, Toi que j'aime ! Augmente en moi ces trois dons, jusqu'à ce que Tu m'aies réformé tout entier. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin (354-430) - La Trinité XV, 28, 51
Prière de Saint Augustin avant, pendant et après la Confession
Voici une Prière de confiance en la Rédemption de Jésus-Christ après la Confession « Ô mon Dieu, regardez-moi avec Miséricorde pour l’Amour de votre Fils bien-aimé » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Ô mon Dieu, regardez-moi avec Miséricorde pour l’Amour de votre Fils bien-aimé » :

Voici, ô mon Seigneur, voici le bon Pasteur qui Vous ramène la brebis que Vous Lui aviez confiée. Cette brebis ingrate s'était éloignée de Votre heureux troupeau ; elle s'était égarée, elle s'était perdue ; mais Jésus entendit ses cris plaintifs : Il descendit du ciel pour la chercher ; Il n'épargna ni Ses fatigues, ni Ses sueurs, ni Son sang, ni Sa vie même, pour la guider au bercail du salut ; Il la poursuivit avec Amour à travers les hauteurs des montagnes et dans le creux des vallées ; enfin Il la retrouva fatiguée de son long exil et sur le point de mourir. Il la chargea sur Ses épaules sacrées, lui donna le baiser de paix, la pressa contre son Cœur, et la rapporta ainsi parmi les brebis fidèles. Ce bon Pasteur a réconcilié avec Vous, ô mon Dieu, Votre ingrate créature ; Il a rendu à l'ouvrage de Vos mains Sa première beauté ; Il a ramené dans Vos bras l'enfant prodigue qui avait abandonné la maison de son Père, et cet esclave rebelle qui avait fui bien loin de Vous. Ô Père de toute sainteté, ne me rejetez pas, comme je ne le mérite que trop à cause de mes fautes passées ; mais regardez-moi avec Miséricorde pour l’Amour de votre Fils bien-aimé. Voyez les Mérites infinis de Son sanglant Sacrifice, et que l'éclat de Ses bienheureuses Plaies voile à Vos yeux l'horreur de mes blessures : que le Sang adorable dont Son côté est encore teint, efface les souillures de mon corps et de mon âme. Ô mon Dieu, je Vous conjure, par les peines infinies que votre Fils unique a bien voulu souffrir pour moi, de me réconcilier avec Vous. Accordez à Sa tendresse pour Vous le pardon de mes nombreux péchés ; à Son humilité, celui de mon orgueil ; à Sa douceur, celui de mes colères. Faites que je cesse de Vous offenser, et que je commence enfin à observer Vos commandements ; accordez-moi la Grâce de régler si saintement ma vie, que je puisse avoir la consolation de la voir se terminer par une mort heureuse en votre Paix.

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin sur la Pénitence
Voici une Prière/méditation sur ce qu’apporte la Confession « Celui qui fait l'aveu de ses fautes avec un abaissement profond et une contrition sincère se trouve sauvé par la pure Miséricorde de Dieu » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Celui qui fait l'aveu de ses fautes avec un abaissement profond et une contrition sincère se trouve sauvé par la pure Miséricorde de Dieu » :

« Dieu ne rejette pas un cœur contrit : « Quand bien même vos péchés seraient semblables à la pourpre, je saurai les rendre blancs comme la neige », dit le Seigneur. Elle a une grande vertu cette componction qui peut nous rendre semblable à la neige et en donner à notre âme toute la blancheur, après que le péché l'avait longtemps défigurée en lui enlevant sa première beauté. Oui, celui qui s'humilie se trouve sauvé, non pas toujours pour avoir pratiqué les vertus ni fidèlement accompli les préceptes divins, mais par la pure Miséricorde de Dieu, lorsque ce pécheur, devenu pénitent, fait l'aveu de ses fautes avec un abaissement profond et une contrition sincère. Oui, si cette pauvre âme, embarrassée dans les filets du démon, peut néanmoins faire un retour sur elle-même, déplorer son état, montrer à Dieu qu'une douleur intime et profonde habite dans son cœur, s'attacher à Lui par la prière, et baiser en quelque sorte, par toutes ces bonnes œuvres, les Pieds invisibles du Sauveur ; alors le Seigneur dit à Ses anges ce qu'Elisée disait de la femme sunamite : « Laissez-la venir à moi, et ne la repoussez pas ». Quoiqu'elle ne se sente encore appuyée d'aucune vertu qui puisse lui préparer un accès auprès de moi et lui donner confiance en ma Miséricorde, néanmoins, puisque je suis témoin de la tristesse dont son cœur est pénétré, parce que je la vois prosternée sans cesse en ma présence et y verser des torrents de larmes, son attitude humble et pénitente m'émeut de compassion ; je cède à ce sentiment, je la reçois et je la sauve ».

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin pour les Malades
Voici une Prière du matin et du soir pour un Chrétien malade « C’est Vous, Seigneur, qui êtes le Médecin » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « C’est Vous, Seigneur, qui êtes le Médecin » :

« Seigneur Jésus, mon Espérance unique, accordez-moi de gouverner et de conduire si bien ma vie, que je m'endorme un jour dans la Paix et me repose en Vous. Que ce moment soit plein de repos ; que ce repos soit plein de sécurité ; que cette sécurité soit éternelle. Lève-toi, Lumière, lève-toi sur cet aveugle qui est aujourd'hui assis dans les ombres de la mort. Faites, Seigneur, que je puisse trouver ce chemin de la Paix qui me conduira à l'entrée de Vos admirables Tabernacles, dans la Maison de Dieu. Pitié Seigneur, pitié pour celui dont les jours sont un néant. Malade, je crie vers le médecin ; aveugle, je me précipite vers la lumière ; mort, je soupire vers la vie. Or, c'est Vous, Seigneur, qui êtes le Médecin, c'est Vous qui êtes la Lumière, c'est Vous qui êtes la Vie ; Jésus de Nazareth, fils de David, Source de Miséricorde, ayez pitié de moi. Prêtez l'oreille, Seigneur, aux cris de ce pauvre malade. Lumière qui passez, attendez cet aveugle. Donnez-lui la main, ô Père, afin qu'il puisse venir jusqu'à Vous et voir soudain la Lumière dans la Lumière ».

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin pour les Conversions
Voici la Prière d’un converti « II fut un temps, Seigneur, où je ne Vous connaissais pas » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « II fut un temps, Seigneur, où je ne Vous connaissais pas » :

« II fut un temps, Seigneur, où je ne Vous connaissais pas. Ah ! Maudit soit ce temps où je ne Vous voyais point ! Mais, grâce à votre Miséricorde, qui s'obstine à ne pas m’abandonner, Vous avez illuminé mon aveuglement, Vous m'avez illuminé, ô Lumière du monde, et je Vous ai vue, et je Vous ai aimée. Car pour Vous aimer, ô mon Dieu, il faut Vous voir, et pour Vous voir, il faut Vous aimer. Mais je Vous ai aimée bien tard, ô Beauté si ancienne et si nouvelle tout ensemble. Oh ! que je Vous ai aimée tard ! Il y avait sur les yeux de mon âme une grande nuit, une nuit tellement épaisse que je ne voyais pas, que je ne pouvais voir le Soleil de la Justice, la Lumière de la Vérité. J'étais plongé dans cette obscurité, et j'aimais mon aveuglement, et j'allais de ténèbres en ténèbres. Qui donc m'a tiré de cette nuit quand j'étais un misérable aveugle, assis dans l'ombre de la mort ? Qui donc a pris ma main et m'a fait sortir de cette nuit ? Quel est donc enfin mon illuminateur ? Vous, c'est Vous, ô mon Dieu : Vous m'avez arraché de ces ténèbres de la mort et m'avez appelé à Votre admirable Lumière. Ah ! Je vois, Seigneur, je vois, je vois... Merci, mille et mille fois merci, mon doux Donneur de Lumière ! »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin sur la Foi
Voici la Prière de Profession de Foi Générale « C'est nous, Catholiques, et nous Seuls qui reconnaissons la perfection de la Sainteté de Dieu » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « C'est nous, Catholiques, et nous Seuls qui reconnaissons la perfection de la Sainteté de Dieu » :

« C'est nous, Catholiques, qui reconnaissons Dieu comme un être Un dans Sa nature, Trine dans Ses personnes, Absolu dans Son existence, Indépendant dans Son action, Tout Puissant dans Sa parole, Éternel dans Sa durée. Être toujours ancien et qui ne compte pas d'âge ; toujours nouveau et qui ne connait pas de commencement ; toujours libre et qui ne change jamais ; toujours immuable et qui opère toujours ; qui compatit, mais sans faiblesse ; qui se repent, mais sans regret ; qui punit, mais sans colère; qui récompense, mais sans partialité. Être toujours subsistant, et qu'aucun temps ne mesure ; présent partout, et qu'aucun espace ne circonscrit ; prévoyant tout, et qu'aucune prévoyance ne trouble ; mouvant tout, et qu'aucun mouvement n'altère ; gouvernant tout, et qu'aucune entreprise n'occupe ; faisant tout, et qu'aucune action ne fatigue ; s'abaissant à tout, et qu'aucun abaissement ne dégrade ; donnant tout, et qu'aucune donation n'appauvrit ; se communiquant à tout, et ne communiquant jamais aucune partie de Lui-même. C'est nous, Catholiques, et nous Seuls qui reconnaissons la perfection de la Sainteté de Dieu, les profondeurs de Sa sagesse, l'abime de Ses jugements, la sévérité de Sa justice, l'abondance de Sa miséricorde, l'économie de Sa grâce, les richesses de Sa bonté. C'est nous, Catholiques, nous Seuls, qui reconnaissons la majesté du Dieu Créateur, le dévouement du Dieu Rédempteur, les dons du Dieu Sanctificateur, en un mot cette Unité absolue par laquelle est Tout ce qui est, et qui Seule est tout par Elle-même, se suffisant Seule à Elle-même, toujours heureuse d’Elle-même, parfaitement Infinie et infiniment Parfaite... »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin sur la Volonté de Dieu
Voici la Prière « Ô Marie, Vous avez accompli parfaitement la Volonté du Père céleste » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Ô Marie, Vous avez accompli parfaitement la Volonté du Père céleste » :

« Ô Marie, Vous avez accompli parfaitement la Volonté du Père céleste. Votre plus grand Honneur, Votre plus grande Béatitude, ce n'est pas d'avoir été la Mère, mais le Disciple du Christ. Bienheureuse êtes-Vous d'avoir écouté le Verbe de Dieu et de L'avoir conservé en Votre cœur. Vous avez gardé la Vérité du Christ en Votre intelligence plus encore que Sa chair en Votre sein. Il ne saurait Vous comparer aux femmes de l'Ancien Testament, à Anne, à Suzanne. A quelle hauteur ne Vous élevez-Vous pas au-dessus d'elles ? Encore ne parlons-nous ici que de la sainte Virginité. Mais Vos autres Vertus, ô Marie, y a-t-il au monde quelqu'un qui les ignore ? Pour l'enseignement de toutes les femmes, il convient seulement de ne pas oublier Votre sainte et admirable Modestie. Vous avez été jugée digne d'enfanter le Fils du Très Haut, et Vous êtes restée néanmoins la plus Humble de toutes les créatures. Par cela même que Vous faites sans cesse la Volonté de Dieu, Vous êtes selon la chair et selon l'esprit, la Mère du Christ ; sa Mère et sa Sœur. Femme unique, Vous êtes, de la sorte, Mère et Vierge. Vous l'êtes corporellement et spirituellement ; Mère de notre Chef qui est le Sauveur, Vous êtes Mère aussi et parfaitement Mère de tous les membres du Christ (et ces Membres, c'est nous), parce que Vous avez coopéré par Votre charité à la naissance des fidèles dans l'Eglise. Seule entre toutes les femmes, Vous êtes, encore un coup, Mère et Vierge : Mère du Christ et Vierge du Christ. C'est par Vous, ô Mère du Seigneur, que la dignité virginale a pris commencement sur la terre ; par Vous, ô Marie, qui avez mérité d'avoir un Fils, mais qui n'avez pas mérité de L'avoir en cessant d'être Vierge. Pour l'honneur du Sauveur Jésus, je ne veux pas qu'il soit seulement question de Vous, ô Sainte Marie quand il s'agit du péché. Nous savons que, pour vaincre le péché et le vaincre entièrement, il a été donné plus de Grâce à Celle qui fut digne de concevoir et d'enfanter l'Impeccable. La Beauté et la Dignité de la terre, c'est Vous, ô Vierge qui avez été sans cesse la figure de la Sainte Eglise. Par une femme la mort ; par une femme la vie. Cette Dernière c'est Vous, ô Mère de Dieu. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin sur l'Humilité
Voici la Prière « Ô vraie Humilité qui a enfanté Dieu aux hommes » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Ô vraie Humilité qui a enfanté Dieu aux hommes » :

« Ô vraie Humilité, qui a enfanté Dieu aux hommes ct qui a donné la Vie aux mortels. L'humilité de Marie est l'échelle du ciel par laquelle Dieu est descendu en la terre ; car qu'est-ce que dire « respexit », il a regardé, sinon « approbavit », il a approuvé ? Il y en a plusieurs qui paraissent humbles devant les hommes, mais leur humilité n'est point regardée de Dieu ; car s'ils étaient véritablement humbles, ils ne se plairaient pas dans les louanges des hommes, et leur esprit ne se réjouirait point en l'applaudissement de ce monde, mais en Dieu. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin à la Sainte Vierge
Voici la Prière Mariale « Ô Vierge Très Bénite qui avez mérité de porter le Rédempteur du monde » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de Sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Ô Vierge Très Bénite qui avez mérité de porter le Rédempteur du monde » :

« Ô Très Heureuse Marie ! Qui est-ce qui Vous pourra rendre les reconnaissances et les actions de grâces qui Vous sont dues, pour le secours que Vous avez donné par Votre consentement à tout le monde qui était perdu ? Quelles louanges Vous pourront être présentées par la faiblesse de notre nature, laquelle étant perdue a trouvé par Votre entremise le commencement de sa délivrance. Recevez donc, s'il Vous plaît, ces très humbles actions de grâces, quoique chétives et indignes de Vos mérites, et, acceptant nos vœux, excusez nos péchés par Vos prières. Recevez ce que nous Vous offrons, donnez ce que nous Vous demandons, excusez ce que nous craignons, d'autant que Vous êtes l'unique Espérance des pécheurs ; par Vous, nous espérons le pardon de nos fautes, et en Vous est l'attente de tout notre bonheur. Sainte Marie, secourez les misérables, aidez les pusillanimes, fortifiez les faibles, priez pour le peuple, intervenez pour le clergé, intercédez pour le dévot sexe féminin ; que tous ceux qui célèbrent Votre mémoire ressentent les effets de Votre assistance ; soyez favorable aux vœux de ceux qui ont recours à Votre clémence et octroyez-leur l'accomplissement de leurs désirs ; qu'il Vous plaise de prier incessamment pour le peuple fidèle, Vous, ô Vierge Très Bénite ! Qui avez mérité de porter le Rédempteur du monde, qui vit et règne dans le siècle des siècles. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
« Prières pour l’Épiphanie » de Saint Augustin pour l'Épiphanie
Voici deux Prières pour l’Épiphanie où l’Église Catholique célèbre la manifestation de Dieu aux hommes en la personne de Jésus-Christ « Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur » et « Approche-toi de Lui, et sois illuminé ! » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de Sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière pour l’Épiphanie de St Augustin « Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur » :

« Je Te connaîtrai comme Tu me connais. Je Te verrai, Lumière de mes yeux. Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur. Je Te trouverai enfin, ô mon Dieu, je Te retiendrai, Toi que je désire. Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur. Illumine mes yeux, ô Lumière divine, que je ne voie plus les vanités... Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur. Donne-moi un cœur qui pense à Toi, une intelligence qui Te comprenne... Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon cœur. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)

La Prière pour l’Épiphanie de St Augustin « Approche-toi de Lui, et sois illuminé ! » :

« Fais-moi venir à Toi, ô Christ, Toi sans qui personne ne va au Père. Approche-toi de Lui, et sois illuminé ! Je veux être toujours auprès de Toi, que ta Lumière chasse mes ténèbres ! Approche-toi de Lui, et sois illuminé ! Tu T'es montré à Tes disciples ; viens convaincre l'incrédule que je suis. Approche-toi de Lui, et sois illuminé ! »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin pour la Paix
Voici la Prière « Ô mon Dieu, venez apaiser les agitations de mon cœur » de Saint Augustin (354-430), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Augustin « Ô mon Dieu, venez apaiser les agitations de mon cœur » :

« Ô mon Dieu, mon cœur est comme une vaste mer toujours agitée par les tempêtes : qu’il trouve en Vous la paix et le repos. Vous avez commandé aux vents et à la mer de se calmer, et à Votre voix ils se sont apaisés ; venez apaiser les agitations de mon cœur, afin que tout en moi soit calme et tranquille, afin que je puisse Vous posséder, Vous mon unique Bien, et Vous contempler, douce Lumière de mes yeux, sans trouble et sans obscurité. Ô mon Dieu, que mon âme, délivrée des pensées tumultueuses de ce monde-ci, « se cache à l’ombre de Vos ailes » (Ps 16, 8). Qu’elle trouve près de Vous un lieu de rafraîchissement et de paix ; toute transportée de joie, qu’elle puisse chanter : « En Vous maintenant je peux m’endormir et me reposer en paix en Vous » (Ps 4, 9). Qu’elle se repose, je Vous prie, mon Dieu, qu’elle se repose du souvenir de tout ce qui est sous le ciel, éveillée pour Vous seul, comme il est écrit : « Je dors, mais mon cœur veille » (Ct 5, 2). Mon âme ne peut être en paix et en sûreté, mon Dieu, que sous les ailes de Votre protection (Ps 90, 4). Qu’elle demeure donc éternellement en Vous et qu’elle soit embrasée de votre Feu. Que, s’élevant au-dessus d’elle-même, elle Vous contemple et chante Vos louanges dans la joie. Au milieu des troubles qui m’agitent, que Vos dons soient ma douce consolation, jusqu’à ce que je vienne à Vous, ô Vous la Paix véritable. Ainsi soit-il. »

Saint Augustin (354-430) - Méditations, ch. 37
Prière de Saint Augustin avant, pendant et après la Confession
Voici une Prière pour se préparer à la Confession « Ô moi misérable, comment mon cœur est-il si endurci » de Saint Augustin (354-430), Evêque d’Hippone en Algérie, fils de Sainte Monique et Docteur de l’Église Catholique Romaine.
La Prière de St Augustin « Ô moi misérable, comment mon cœur est-il si endurci » :

« Pardon, mon Dieu, pardon, mon Sauveur : Pardon et Miséricorde. Pardonnez à mes ignorances et à toutes mes imperfections. Ne me rejetez pas comme un téméraire, de ce que j'ose m'adresser à Vous, moi qui ne suis que Votre chétive créature, et inutile, et méchante : et encore plus méchante, de ce que j'ose louer, bénir et adorer mon Dieu Tout-Puissant, Terrible, et Très-Redoutable, sans une contrition de cœur, sans une source de larmes, et sans la révérence et le tremblement qui devraient m’accompagner. Car si les Anges en Vous adorant et en Vous louant tremblent, même parmi leurs admirables joies, moi pécheur, lorsque je me présente à Vous, et que je Vous loue, comment se peut-il faire que mon cœur ne soit point palpitant, que mon visage ne soit point pâle, que tout mon corps ne frémisse et que je ne verse devant Vous un torrent de pleurs ? Ô moi misérable, comment mon âme est-elle devenue si insensible, qu'elle ne soit point horriblement épouvantée, lors qu'elle se présente à son Dieu, et qu'elle ose chanter Ses louanges ? Ô moi misérable, comment mon cœur est-il si endurci, qu'il n'envoie à mes yeux deux fleuves de larmes, cependant que le serviteur parle à son Maistre, l'homme à son Dieu, la créature à son Créateur, et celui qui est fait de boue, à Celui qui de rien a fait toutes choses ? Percez ma chair des traits de Votre crainte, ô mon Seigneur, et que mon cœur n'ait autre joie qu'en la crainte de votre Nom. Que mon âme pècheresse ne Vous craint-elle, comme celle de ce saint Roy qui disait : J'ai toujours redouté mon Dieu, comme je redouterais des flots élevez sur ma tête, et prêts à m'abîmer ? Malheur à moi misérable, quand viendra le jour du Jugement, et que les livres des consciences seront ouverts, et qu'on dira de moi : voilà l'homme et ses œuvres. Que ferai-je alors, mon Seigneur mon Dieu, quand les Cieux révèleront mon iniquité, et que la terre se soulèvera contre moi ? Je ne pourrai rien répondre ; mais en baissant la tête, je demeurerai devant Vous tremblant et confus. Ne Vous souvenez-pas alors de Votre justice et de Votre colère, Vous qui rendez à chacun selon ses œuvres ; mais souvenez-Vous de votre Miséricorde, Vous, mon Dieu, qui ne voulez point la mort du pécheur ; mais qu'il se convertisse, et qu'il vive. Seigneur Jésus qui avez voulu être crucifié, et mourir pour les pécheurs, soyez Vous-même mon Aide contre votre Justice même, et dites à mon âme, « Je suis ton salut ». Vous mon Seigneur, qui voulez que l'on Vous demande Grâce, faites que je La reçoive. Vous qui donnez conseil de La chercher, faites que je La trouve. Vous qui enseignez que l'on frappe à Votre porte, ouvrez à celui qui y frappe : guérissez un malade, rappelez une de Vos brebis égarée, et ressuscitez une de Vos créatures qui est morte. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Prière de Saint Augustin sur le Paradis
Voici la Prière « Vous chercher, Seigneur, c'est chercher la Vie bienheureuse » de Saint Augustin (354-430) né à Thagaste en Afrique du Nord (Algérie), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique, extraite de ses « Confessions », le Livre spirituel le plus lu après la Bible jusqu’au XVIème siècle.
La Prière de Saint Augustin « Vous chercher, Seigneur, c'est chercher la Vie bienheureuse » :

« Vous chercher, Seigneur, c'est chercher la Vie bienheureuse. Oh ! Que je Vous cherche, pour que mon âme vive, Elle est la vie de mon corps, et Vous êtes sa vie. Est-ce donc ainsi que je cherche la Vie bienheureuse ? Car je ne l'ai pas trouvée, tant que je n'ai pas dit là où il faut le dire : c'est assez ! Mais n'est-ce pas cette vie heureuse après laquelle tous les hommes soupirent et que nul ne dédaigne ? Où l'ont-ils connue pour la désirer ainsi ? Où l'ont-ils vue pour l'aimer ? Il faut donc qu'elle soit avec nous : il faut qu'elle soit en nous ; mais à différentes mesures. L’heureux en espérance la possède, moins que l'heureux en réalité, plus que celui qui est déshérité et de la réalité et de l'espérance. Mais celui-là même la possède à un certain degré, puisqu'il la désire, et d'un désir incontestable. »

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
Lettre de Saint Augustin sur la Prière
Voici la Lettre à Proba (veuve de Probus) sur la Prière « Prier sans cesse » de Saint Augustin (354-430) né à Thagaste en Afrique du Nord (Algérie), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique.
La Lettre de Saint Augustin sur la Prière « Prier sans cesse » :

Cette belle Lettre (Lettre CXXX au commencement de l'année 412) forme comme un livre sur la prière ; elle est adressée à une veuve romaine, d'un sang illustre, qui avait été femme de Probus, préfet du prétoire et consul ; elle était aïeule de Démétrias à qui saint Jérôme écrivit une lettre célèbre sur la virginité, et belle-mère de Juliana qui eut Démétrias pour fille. Proba, surnommée Faltonie, s'était retirée en Afrique après le sac de Rome. Saint Jérôme s'exprime ainsi sur l’aïeule de la jeune vierge romaine : « Proba, ce nom plus illustre que toute dignité et que toute noblesse dans l'univers romain ; à Proba qui, par sa sainteté et sa bonté envers tous, s'est rendue vénérable aux Barbares mêmes, et qui s'est peu inquiétée des consulats ordinaires de ses trois fils, Probinus, Olybrius et Probus ; cette femme, pendant que tout est esclave à Rome au milieu de l'incendie et de la dévastation, vend, dit-on, en ce moment, les biens qu'elle tient de ses pères, et se fait, avec l'unique Mammone, des amis qui puissent la recevoir dans les tabernacles éternels. » Voilà ce qu'était la veuve à laquelle Saint Augustin parle de la Prière avec tant d'âme, de charme et d'élévation. Les gens du monde et surtout les riches de la terre qui ont le goût de la Vie Chrétienne ne peuvent rien lire de meilleur et de plus nourrissant que cet écrit de l'évêque d'Hippone.

1. Je me rappelle que vous m'avez demandé et que je vous ai promis de vous écrire quelque chose sur la prière : grâce à Celui que nous prions, j'en ai le temps et le pouvoir ; il faut donc que je vous paye ma dette et que je serve votre zèle pieux dans la charité du Christ. Je ne puis vous dire combien je me suis réjoui de votre demande même ; elle m'a fait connaître quel soin vous prenez d'une si grande chose. Quelle plus grande affaire dans votre veuvage, que de persévérer dans la prière, la nuit et le jour, selon le conseil de l'Apôtre : « Celle qui est véritablement veuve et abandonnée, dit saint Paul, a mis son espérance dans le Seigneur et persévère dans la prière, la nuit et le jour » (I Tim. V, 5). Ce qui peut paraître admirable, c'est que noble selon le siècle, riche, mère d'une si grande famille, veuve, mais sans être abandonnée, votre cœur ait fait de l'oraison son occupation principale et le plus important de ses soins ; mais vous avez sagement compris que, dans ce monde et dans cette vie, il ne peut y avoir de repos pour aucune âme.

2. Celui qui vous a donné cette pensée, c'est assurément ce divin Maître qui répondit à Ses disciples que ce qui est impossible aux hommes est facile à Dieu (Matth. XIX, 24-26) ; le Seigneur leur fit cette admirable et miséricordieuse Réponse, après qu’Il leur eut dit qu’Il était plus aisé à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux ; car ces Paroles les avaient attristés, non pour eux, mais pour le genre humain ; ils n'espéraient pas que personne pût être sauvé. Celui donc à qui il est facile même de faire entrer un riche dans le royaume des cieux, vous a inspiré le pieux désir de me demander comment il faut prier. Durant sa vie mortelle, Il a ouvert le Royaume des Cieux au riche Zachée (Luc, XIX, 9) ; et, après sa Résurrection et son Ascension, Il a fait de plusieurs riches, éclairés de l'Esprit Saint, des contempteurs de ce siècle, et les a d'autant plus enrichis, qu'ils ont plus entièrement éteint dans leurs cœurs la soif des biens humains. Comment vous appliqueriez-vous ainsi à prier Dieu, si vous n'espériez pas en Lui ! et comment espéreriez-vous en Lui si vous mettiez votre confiance dans des richesses incertaines, si vous méprisiez ce salutaire précepte de l'Apôtre : « Ordonne aux riches de ce monde de n'être point orgueilleux, de ne pas mettre leur confiance dans des richesses incertaines, mais dans le Dieu vivant qui nous donne tout en abondance pour en jouir; afin qu'ils deviennent riches en bonnes œuvres, qu'ils donnent et répandent aisément, et qu'en se préparant ainsi un trésor qui soit un bon fondement pour l'avenir, ils arrivent à la possession de la véritable Vie ? » (I Tim., VI, 17-19)

3. Quel que soit donc votre bonheur dans ce siècle, vous devez vous y croire comme abandonnée, si vous songez avec amour à la vie future ; de même, en effet, qu'elle est la véritable vie en comparaison de laquelle la vie présente, qu'on aime tant, ne mérite pas qu'on l'appelle une vie, quelque joie qu'on puisse y trouver; ainsi, la consolation véritable est celle que le Seigneur promet lorsqu’Il dit par son prophète : «Je lui donnerai la vraie consolation, une paix au-dessus de toute paix » (Isaïe, LVII, 18, 19, version des Septante) ; et sans laquelle il y a dans tous les adoucissements humains plus de peine que de douceur. Les richesses et les hautes dignités, les grandeurs de ce genre par lesquelles se croient heureux les mortels qui n'ont jamais connu la vraie félicité, que peuvent-elles donner de bon, puisque mieux vaut ne pas en avoir besoin que d'y briller, et qu'on est bien plus tourmenté de la crainte de les perdre qu'on ne l'était du désir d'y parvenir ? Ce n'est point par de tels biens que les hommes deviennent bons, mais ceux qui le sont devenus d'ailleurs changent en biens ces richesses périssables par le bon usage qu'ils en font. Là ne sont donc pas les vraies consolations, elles sont plutôt là où est la vraie vie ; car il est nécessaire que l'homme devienne heureux par ce qui le rend bon.

4. Mais, même dans cette vie, les hommes bons donnent de grandes consolations. Est-on pressé par la pauvreté ou sous le coup d'un deuil, en proie à la maladie ou condamné aux tristesses de l'exil, ou livré à tout autre malheur ? Que les hommes bons soient là ; ils ne partagent pas seulement la joie de ceux qui se réjouissent, mais ils pleurent avec ceux qui pleurent (Rom, XII, 15), et, par leur manière de dire et de converser, adoucissent ce qui est dur, diminuent le poids de ce qui accable, et aident à surmonter l'adversité. Celui qui fait cela, en eux et par eux, est Celui-là même qui les a rendus bons par son Esprit. Supposez, au contraire, qu'on nage dans l'opulence, qu'on n'ait rien perdu de ce qu'on aime, qu'on jouisse de la santé et qu'on demeure sain et sauf dans son pays, mais qu'on ne soit entouré que d'hommes méchants dont on doive toujours craindre et endurer la mauvaise foi, la tromperie, la fraude, la colère, la dérision, les pièges : toutes ces choses ne perdent-elles pas de leur prix et leur reste-t-il quelque charme, quelque douceur ? C'est ainsi que, dans toutes les choses humaines, quelles qu'elles soient, il n'y a rien de doux pour l'homme sans un ami. Mais combien en trouve-t-on dont on soit sûr en cette vie pour le cœur et les mœurs ? Car personne n'est connu d'un autre comme il l'est de lui-même ; et encore personne ne se connaît assez pour être sûr de ce qu'il sera le lendemain. Aussi, quoique plusieurs se fassent connaître par leurs fruits, et que la bonne vie des uns soit une joie et la mauvaise vie des autres soit une affliction pour le prochain, cependant, à cause des secrets et des incertitudes des cœurs humains, l'Apôtre nous avertit avec raison de ne pas juger avant le temps et d'attendre que le Seigneur soit venu, qu'il mette en vive lumière ce qui est caché dans les ténèbres et qu'il découvre les pensées du cœur ; alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due (I Cor. IV, 5).

5. Dans les ténèbres de cette vie où nous cheminons comme des étrangers loin du Seigneur, appuyés sur la foi et non point illuminés par la claire vision (II Cor. V, 8), l'âme chrétienne doit donc se regarder comme abandonnée, de peur qu'elle ne cesse de prier; il faut qu'elle apprenne à attacher l'œil de la foi sur les saintes et divines Ecritures, comme sur une lampe posée en un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour brille et que l'étoile du matin se lève dans nos cœurs (II Pierre, I, 19). Car cette lampe emprunte ses clartés à la Lumière qui luit dans les ténèbres, que les ténèbres n'ont pas comprise et qu'on ne peut parvenir à voir qu'en purifiant son cœur par la foi : « Heureux ceux qui ont le cœur pur » dit l'Evangile, « car ils verront Dieu » (Matth. V, 8), « Nous savons que quand il apparaîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu'il est » (I Jean, III, 2). Alors commencera la vraie vie après la mort, la vraie consolation après la désolation : cette vie délivrera notre âme de la mort, cette consolation sèchera pour jamais nos larmes (Ps. CXIV, 8) ; et comme il n'y aura plus de tentation, le Psalmiste ajoute que ses pieds seront préservés de toute chute (Ibid. V. 9). Or, s'il n'y a plus de tentation, il n'y aura plus besoin de prière; nous n'aurons plus à attendre un bien promis, mais à contempler le bien accordé. Voilà pourquoi il est dit : « Je plairai au Seigneur dans la région des vivants » (Ibid, 8, 9), où nous serons alors, et non pas dans le désert des morts où maintenant nous sommes. « Car vous êtes des morts, dit l'Apôtre, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu; mais lorsque le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez avec lui dans la gloire » (Coloss. III, 3, 4). Telle est la vraie vie qu'il est ordonné aux riches d'acquérir par les bonnes œuvres ; là est la vraie consolation, sans laquelle la veuve reste maintenant désolée, même celle qui a des fils et des neveux, qui gouverne pieusement sa maison et qui, amenant tous les siens à mettre en Dieu leur confiance, dit dans son oraison : « Mon âme a soif de vous, et combien ma chair aussi soupire vers vous dans cette terre déserte, sans chemin et sans eau ! » (Ps. LXII, 2, 3). Cette vie mourante n'est rien de plus, quelles que soient les consolations mortelles qui s'y mêlent; quel que soit le nombre de ceux avec qui l'on marche, quelle que soit l'abondance des biens qu'on y trouve. Car vous savez combien toutes ces choses sont incertaines ; et ne le fussent-elles pas, on devrait encore les compter pour rien à côté de la félicité qui nous est promise.

6. Je vous parle ainsi parce que, veuve, riche et noble, mère d'une si grande famille, vous avez désiré une instruction de moi sur la prière ; je voudrais que, même au milieu des soins et des services de ceux qui vous environnent, vous vous regardassiez comme abandonnée en cette vie, tant que vous ne serez pas arrivée à l'immortalité future où est la vraie et certaine consolation, où s'accomplit cette prophétique parole : « Nous avons été dès le matin rassasiés par votre miséricorde; et nous avons tressailli et nous avons été satisfaits dans tous nos jours. Nous avons eu des jours de joie à proportion de nos jours l'humiliation et des années où nous avons vu les maux » (Ps. LXXXIX, 14, 15).

7. Avant donc que cette consolation arrive, n'oubliez pas, malgré l'abondance de vos félicités temporelles, n'oubliez pas que vous êtes abandonnée, pour que vous persévériez jour et nuit dans la prière. Ce n'est pas à toute veuve, quelle qu'elle soit, que l'Apôtre attribue ce don, « c'est à la veuve qui l'est véritablement, qui a mis son espérance dans le Seigneur et qui prie jour et nuit. » Prenez bien garde à ce qui suit : « Quant à celle qui vit dans les délices, elle est morte quoique vivante encore » (2. I Tim. V, 5, 6) car l'homme vit dans ce qu'il aime, dans ce qu'il désire, dans ce qu'il croit être son bonheur. Aussi ce que l'Ecriture a dit des richesses, je vous le dis des délices : « Si elles abondent autour de vous, n'y placez pas votre cœur » (Ps. LXI, 11). Ne tirez point vanité de ce que les délices ne manquent pas à votre vie, de ce qu'elles se présentent à vous de toutes parts, de ce qu'elles coulent pour vous comme d'une source abondante de terrestre félicité. Dédaignez et méprisez en voles ces choses, et n'y cherchez que ce qu'il faut pour entretenir la santé du corps ; car nous devons en prendre soin à cause des nécessités de la vie, en attendant que ce qu'il y a de mortel en nous soit revêtu d'immortalité (I Cor. XV, 54), c'est-à-dire d'une santé vraie, parfaite et perpétuelle, ne pouvant plus défaillir par l'infirmité terrestre et n'ayant plus besoin d'être réparée par le plaisir corruptible, mais subsistant par une force céleste et tirant sa vigueur d'une éternelle incorruptibilité. « Ne cherchez pas à contenter la chair dans ses désirs, » dit l'Apôtre (Rom. XIII, 14) ; nous ne devons avoir soin de notre corps, que pour le besoin de la santé. « Car personne, dit encore l'Apôtre, n'a jamais haï sa propre chair » (Ephés. V, 29). Voilà pourquoi il avertit Timothée, qui apparemment châtiait trop durement son corps, d'user d'un peu de vin à cause de son estomac et de ses fréquentes souffrances (I Tim. V, 23).

8. Beaucoup de Saints et de Saintes, se défiant, en toute manière, de ces délices dans lesquelles une veuve ne peut mettre son cœur, sans qu'elle soit morte quoique vivant encore, rejetèrent les richesses comme étant les mères de ces délices, en les distribuant aux pauvres, et c'est ainsi qu'ils les cachèrent plus sûrement dans les trésors célestes. Si, liée par quelque devoir d'affection, vous ne pouvez en faire autant, vous savez le compte que vous avez à rendre à Dieu à cet égard ; car nul ne sait ce qui se passe dans l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui-même (I Cor. II, 11). Nous ne devons, quant à nous, rien juger avant le temps, jusqu'à ce que le Seigneur vienne; il éclairera ce qui est caché dans les ténèbres, découvrira les pensées du cœur, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due (Ibid. IV, 5). Toutefois il appartient à vos devoirs de veuve, si les délices abondent autour de vous, de ne pas vous y attacher, de peur qu'une corruption mortelle n'atteigne ce cœur qui ne peut vivre qu'en se tenant élevé vers le ciel. Comptez-vous au nombre de ceux dont il est dit : « Leurs cœurs vivront éternellement » (Ps. XXI, 27).

9. Vous avez entendu comment vous devez être pour prier ; voici maintenant ce que vous devez demander en priant ; c'est principalement sur cela que vous avez cru devoir me consulter, parce que vous êtes en peine de ces paroles de l'Apôtre : « Car nous ne savons pas comment prier pour prier comme il faut » (Rom. VIII, 26) et que vous avez craint qu'il ne vous soit plus nuisible de ne pas prier comme il faut que de ne pas prier du tout. Ceci peut se dire brièvement : demandez la vie heureuse. Tous les hommes veulent l'avoir; ceux qui vivent le plus mal, le plus vicieusement, ne vivraient pas de la sorte s'ils ne pensaient pas y trouver le bonheur. Que faut-il donc que vous demandiez, si ce n'est ce que désirent les méchants et les bons, mais ce que les bons seuls obtiennent ?

10. Ici, vous demandez, peut-être, ce que c'est que la vie heureuse elle-même. Cette question a fatigué le génie et les loisirs de bien des philosophes ; ils ont pu d'autant moins découvrir la vie heureuse qu'ils out rendu moins d'hommages et d'actions de grâces à Celui qui en est la source. C'est pourquoi voyez d'abord s'il faut adhérer au sentiment de ceux qui disent qu'on est heureux en vivant selon sa propre volonté. Mais à Dieu ne plaise que nous croyions cela vrai ! Si on voulait vivre dans l'iniquité, ne serait-on pas d'autant plus misérable qu'on accomplirait plus aisément les inspirations de sa mauvaise volonté ? C'est avec raison que ce sentiment a été repoussé par ceux-là même qui ont philosophé sans la connaissance de Dieu. Le plus éloquent d'entre eux a dit : « Il en est d'autres qui ne sont pas philosophes, mais qui aiment la dispute, et selon lesquels le bonheur consiste à vivre comme on veut. Cela est faux, car rien n'est plus misérable que de vouloir ce qui ne convient pas, et il n'est pas aussi misérable de ne pas atteindre à ce qu'on veut que de vouloir atteindre à ce qu'il ne faut pas » (Cicéron. Hortensius). Que vous en semble ? Quel que soit l'homme qui ait prononcé ces paroles, n'est-ce pas la vérité elle-même qui les a dictées ? Nous pensons donc dire ici ce que dit l'Apôtre d'un certain prophète crétois (celui dont les Crétois parlaient comme d'un prophète, au dite de saint Paul, c'est le poète grec Epiménides) dont une sentence lui avait plu : « Ce témoignage est véritable » (I Tite,1, 13).

11. Celui-là est heureux qui a tout ce qu'il veut et ne veut que ce qui convient. S'il en est ainsi, voyez ce qu'il convient aux hommes de vouloir. L'un veut se marier, l'autre, devenu veuf, choisit une vie de continence, un autre veut garder la continence et ne se marie même pas. Si, parmi ces conditions diverses, il en est de plus parfaites les unes que les autres, nous te pouvons pas dire cependant qu'il y ait dans aucune d'elles quelque chose qu'il ne soit pas convenable de vouloir. Il est également dans l'ordre de souhaiter d'avoir des enfants qui sont le fruit du Mariage, et de souhaiter vie et santé aux enfants qu'on a reçus : ces derniers veaux restent souvent au cœur même de ceux qui passent leur veuvage dans la continence, car si, rejetant le Mariage, ils ne désirent plus avoir d'enfants, ils désirent pourtant conserver sains et saufs ceux qu'ils ont. La vie virginale est affranchie de tous ces soins. Tous ont cependant des personnes qui leur sont chères et auxquelles il leur est permis de souhaiter la santé. Mais, après que les hommes l'auront obtenue pour eux et pour ceux qu'ils aiment, pourrons-nous dire qu'ils sont heureux ? Ils auront, en effet, quelque chose qu'il n'est pas défendu de vouloir ; mais s'ils n'ont pas d'autres biens plus grands et meilleurs, d'une utilité plus vraie et d'une plus vraie beauté, ils restent encore bien éloignés de la vie heureuse.

12. Voulons-nous qu'ils souhaitent, par-dessus la santé, des honneurs et du pouvoir pour eux et pour ceux qu'ils aiment? Ils peuvent désirer ces dignités, pourvu que ce ne soit pas pour elles-mêmes, ruais pour le bien qu'elles aident à accomplir et pour l'avantage de ceux qui vivent sous leur dépendance; litais si c'est pour l'amour d'un vain faste et d'une pompe inutile ou même dangereuse, ils font mal. Peuvent-ils vouloir pour eux, pour leurs proches ou leurs amis, de quoi suffire aux besoins de la vie? « C'est une grande richesse, dit l'Apôtre, que la piété avec ce qui suffit ; car nous n'avons rien apporté en ce monde et nous n'en pouvons rien emporter : ayant notre nourriture et notre vêtement, contentons-nous en. Parce que ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation, les pièges, les désirs insensés et dangereux qui précipitent les hommes dans la mort et la perdition. Car la passion des richesses est la racine de tous les maux ; quelques-uns, en étant possédés, se sont écartés de la foi et se sont jetés en beaucoup de douleurs » (Tim. VI, 6-10). Celui qui veut donc le nécessaire, et rien de plus, n'est pas répréhensible ; il le serait en voulant davantage, puisqu'alors ce ne serait plus le nécessaire qu'il voudrait. C'est ce que demandait et c'est pour cela que priait celui qui adressait à Dieu ces paroles : « Ne me donnez ni les richesses ni la pauvreté ; accordez-moi seulement ce qui m'est nécessaire pour vivre, de peur que, rassasié, je ne tombe dans le mensonge et je ne dise : Qui me voit ? ou de peur que, pauvre, je ne vole, et que je n'outrage, par un parjure, le nom de mon Dieu » (Prov. XXX, 8, 9).Vous voyez assurément que ce n'est pas pour lui-même qu'on recherche le nécessaire, mais pour la conservation de la santé et ce convenable entretien de la personne de l'homme, sans quoi on ne pourrait pas paraître décemment au milieu de ceux avec qui des devoirs mutuels nous obligent à vivre.

13. Dans toutes ces choses on ne désire pour elles-mêmes que la santé et l'amitié; c'est pour elles qu'on cherche le nécessaire, quand on le cherche convenablement. La santé comprend à la fois la vie, le bon état et l'intégrité du corps et de l'esprit. Nous ne devons pas non plus réduire l'amitié à d'étroites limites ; elle embrassé tous ceux à qui sont dus l'attachement et l'affection, quoiqu'on ait plus de penchant pour les uns que pour les autres; elle s'étend jusqu'à nos ennemis pour lesquels il nous est même ordonné de prier. Il n'y a donc personne dans le genre humain à qui l'affection ne soit due ; si ce n'est point par amitié réciproque, que ce soit par le devoir que nous imposent les liens d'une commune nature. Mais ceux-là nous plaisent beaucoup, et à juste titre, qui nous payent de retour par un amour pur et saint. Quand nous avons de telles amitiés, il faut prier Dieu qu'il nous les garde ; si nous n'en avons pas, il faut prier pour en avoir.

14. Est-ce là tout ce qui fait le fond de la vie heureuse ? Et n'y a-t-il pas quelque autre chose que la vérité nous apprend à préférer à tous ces biens ? Car le nécessaire et la santé, pour soi ou pour ses amis, ne durent qu'un temps, et nous devons les dédaigner en vue de l'éternelle Vie ; on ne peut pas dire d'un esprit, ni peut-être du corps, qu'il est en bon état quand il ne préfère pas les choses éternelles aux choses passagères ; et c'est vivre inutilement dans le temps que de ne pas s'y proposer de mériter l'éternité. Ce qu'il est utile et permis de désirer doit donc, et sans aucun doute, se rapporter à cette seule vie par laquelle on vit avec Dieu et de Dieu. Car aimer Dieu c'est nous aimer nous-mêmes ; et, fidèles à un autre commandement, nous aimons véritablement notre prochain comme nous-mêmes si, autant qu'il est en nous, nous le conduisons à un semblable amour de Dieu. Ainsi, nous aimons Dieu pour Lui-même, et, pour Lui-même encore, nous et notre prochain. En vivant ainsi, gardons-nous de nous croire établis dans la vie heureuse, comme s'il ne nous restait plus rien à demander : comment serions-nous déjà heureux, puisqu'il nous manque encore ce qui demeure le seul but de notre pieuse vie ?

15. Pourquoi donc aller à tant de choses et chercher ce que nous avons à demander, de peur de ne pas prier comme il faut ? Pourquoi ne pas dire tout de suite avec le Psalmiste : « J'ai demandé une seule chose au Seigneur, je la redemanderai, c'est d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, afin que je contemple les délices de Dieu et que je visite son temple ? » (Ps., XXVI, 4). Là les jours ne viennent pas et ne passent pas comme sur la terre, et le commencement de l'un n'est pas là ou de l'autre ; les jours y sont tous ensemble et sans fin ; ils composent une vie qui, elle aussi, ne doit pas finir. Dans le but de nous faire acquérir cette vie heureuse, celui qui est la vraie Vie heureuse nous a appris à prier, mais non pas en beaucoup de paroles ; ce n'est point parce que nous aurons beaucoup parlé que nous serons plus exaucés; Celui que nous prions sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le Lui ayons demandé; le Seigneur Lui-même l'a dit (Matth. VI, 7, 8). Aussi pourrait-on s'étonner qu'après avoir défendu de prier en de longs discours, le Seigneur, qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le Lui demandions, nous ait exhortés à la prière au point de dire : « Il faut toujours prier et ne pas se lasser » et nous ait proposé l'exemple d'une veuve qui, désirant avoir raison de la partie adverse, finit par se faire écouter du juge à force d'importunités : elle en était venue à bout non point par justice ou miséricorde, mais par ennui. Cet exemple doit nous faire comprendre combien nous sommes sûrs d'être exaucés d'un Dieu miséricordieux et juste en Le priant sans cesse, puisque les importunités de la veuve ont triomphé d'un juge inique et impie ; et si elle réussit à exercer la vengeance qu'elle méditait, avec quelle bonté et quelle miséricorde Dieu accomplira les bons désirs de ceux qu’Il sait avoir pardonné les injustices d'autrui (Luc, XVIII, 1-8). Rappelons-nous aussi cet homme qui, n'ayant rien à offrir à un ami arrivé chez lui, alla demander à son voisin trois pains, par lesquels peut-être étaient figurées les trois personnes divines d'une même substance ; il trouva ce voisin endormi avec ses serviteurs et, grâce à ses instances incommodes et fatigantes, obtint de lui les trois pains qu'il voulait : ce voisin encore céda bien plus au désir de s'en débarrasser qu'à la pensée de l'obliger. Ceci doit nous faire entendre que si un homme endormi est forcé de donner ce qu'on lui demande après qu'on l'a éveillé malgré lui, avec quelle bonté donnera celui qui ne dort jamais et qui nous éveille pour que nous lui demandions (Ibid. XI, 5-8) !

16. De là encore ces Paroles : « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve, et l'on ouvre à qui frappe. Or, quel homme, parmi vous, donne une pierre à son fils qui lui demande du pain, ou lui donne un sergent s'il demande un poisson, ou un scorpion s'il lui demande un oeuf ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous ne donnez à vos enfants que ce qui est bon, combien plus donnera votre Père céleste à ceux qui lui demandent ! » (Luc, XI, 5-13) L'Apôtre recommande trois vertus (I Cor. XIII, 13) : l'une, la Foi, est représentée par le poisson, soit à cause de l'eau du Baptême, soit parce que la Foi demeure entière au milieu des flots orageux de ce monde ; le contraire de la Foi, c'est le serpent dont la tromperie persuada qu'il ne fallait pas croire à la Parole de Dieu. La seconde vertu est l'Espérance ; l'œuf en est le symbole, parce que la vie du poussin n'y est pas encore, mais y sera; on ne la voit pas, mais on l'espère ; car une espérance qui se voit n'est pas une espérance (Rom. VIII, 24) ; on lui oppose le scorpion, parce que celui qui espère l'éternelle vie oublie ce qui est derrière lui et s'élance en avant (Phil. III, 13) ; il lui serait nuisible de regarder en arrière ; mais c'est par là qu'il faut prendre garde au scorpion, car là est son venin et son aiguillon. La troisième vertu, la Charité, est représentée par le pain ; c'est la plus grande des vertus (I Cor. XIII, 13), comme le pain, par son utilité, l'emporte sur tout ce qui se mange ; l'opposé du pain, c'est la pierre, parce que les cœurs durs repoussent la charité. Quelque meilleure signification qu'on puisse donner à ces trois choses, elles nous apprennent toujours que Celui qui sait donner à ses enfants les dons parfaits, nous oblige de demander, de chercher et de frapper à la porte.

17. Pourquoi Dieu fait-Il cela, Lui qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le Lui demandions ? Nous. pourrions nous en inquiéter si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n'attend point que nous Lui apprenions ce que nous voulons, car Il ne l'ignore pas; mais les Prières excitent le désir par lequel nous pouvons recevoir ce que Dieu nous prépare, car ce que Dieu nous réserve est grand, et nous sommes petits et étroits pour le recevoir : voilà pourquoi il nous a été dit : « Dilatez-vous; ne vous mettez pas sous le même joug que les infidèles » (II Cor. VI, 13, 14). Cette grande chose, 1'œil ne l'a point vue, parce qu'elle n'a pas de couleur ; l'oreille ne l'a pas entendue, parce qu'elle n'est pas un son ; elle n'est pas montée dans le cœur de l'homme (I Cor II, 9), parce que c'est vers elle que le cœur de l'homme doit monter ; mais nous serons d'autant plus capables de la recevoir, que notre foi s'y portera plus vivement, que noue l'espérerons plus fortement, que nous la désirerons plus ardemment.

18. Toujours désirer dans la même Foi, la même Espérance, la même Charité, c'est toujours prier. Mais à certains intervalles d'heures et de temps, nous prions Dieu avec des paroles ; ces paroles doivent nous avertir, nous aider à comprendre quels progrès nous avons faits dans ce religieux désir des biens éternels, et nous exciter à l'accroître dans nos âmes. L'oraison est d'autant plus efficace qu'elle est précédée d'un plus fervent amour. Lorsque l'Apôtre nous dit : « Priez sans cesse » (Thess. V, 17) n'est-ce pas comme s'il disait : Demandez sans cesse la vie heureuse, qui n'est autre que l'éternelle vie, à celui qui seul peut la donner ? Demandons-la donc toujours au Seigneur Dieu, et prions toujours. Mais les soins et les affaires d'ici-bas attiédissent nos pieux désirs, et c'est pourquoi nous les interrompons pour prier à des heures marquées. Par les paroles que nous prononçons alors, nous nous avertissons nous-mêmes de reprendre nos élans, et nous empêchons, par des excitations fréquentes, que ce qui est tiède ne se refroidisse, et que la flamme religieuse ne finisse par s'éteindre en nous. C'est pourquoi, quand le même apôtre nous dit : « Que vos demandes se manifestent devant Dieu » (Philip. IV, 6) cela ne signifie point qu'il faille les lui apprendre, puisqu'il les savait avant qu'elles fussent ; mais cela signifie que c'est auprès de Dieu, par la patience, et non point auprès des hommes, par l'ostentation, que nous connaissons si nos demandes sont bonnes. Peut-être aussi faut-il par-là entendre que nos prières doivent être connues des anges qui sont avec Dieu, afin qu'ils les Lui présentent en quelque sorte, Le consultent et qu'après avoir pris Ses ordres, ils nous apportent sensiblement ou à notre insu et comme Dieu le veut, les Grâces qu’Il accorde à nos instances ; car un ange a dit à un homme : « Et tout à l'heure, quand, vous et Sara, vous avez prié, j'ai présenté votre oraison devant sa gloire » (Tobie, XII, 12).

19. Cela étant, il n'est ni mauvais, ni inutile de prier longtemps quand on le peut, c'est-à-dire quand on n'en est pas empêché par d'autres bonnes œuvres et des devoirs essentiels ; du reste, je l'ai dit, dans l'accomplissement de ces devoirs, le désir religieux doit être comme une prière continuelle. Prier longtemps, ce n'est pas, comme des gens le pensent, prier en beaucoup de paroles ; autre chose est un long discours, autre chose est un long amour. Il est écrit que Notre-Seigneur Lui-même a passé la nuit en prière et qu’Il a longtemps prié (Luc, III, 12 ; XXII, 43) ; y a-t-il là autre chose qu'un exemple qu'il nous donnait ? Médiateur salutaire, il priait pour nous dans le temps, et dans l'éternité il nous exauce avec son Père.

20. On dit que nos frères en Egypte prient fréquemment, mais brièvement et par élan ; ils agissent ainsi pour éviter que l'attention et la ferveur, si nécessaires à la prière, s'évanouissent et s'éteignent en des oraisons trop prolongées. Par là aussi ils montrent assez que s'il ne faut pas s'exposer à l'affaiblissement de cette ferveur, quand elle ne peut durer, il ne faut pas l'interrompre trop tôt, quand elle se soutient. Tant que dure cette vive et sainte application du cœur, écartez de l'oraison les longues paroles, mais priez, priez longtemps. Beaucoup parler en priant, c'est faire une chose nécessaire avec des paroles inutiles. Beaucoup prier, c'est frapper à la porte de celui qu'on implore avec un long et pieux mouvement du cœur. C'est là le plus souvent une affaire qui se traite plus avec des gémissements qu'avec des discours, plus avec des larmes qu'avec des entretiens. Dieu met nos larmes devant sa Présence ; nos soupirs ne restent pas ignorés de Celui qui a tout créé par sa Parole et n'a que faire des paroles humaines.

21. Les paroles nous sont nécessaires pour nous exciter à ce que nous demandons et y être attentifs, non pour apprendre à Dieu nos besoins ni pour le fléchir. Ainsi lorsque nous disons : « Que votre Nom soit sanctifié », nous nous avertissons nous-mêmes qu'il faut désirer que son Nom, toujours Saint, le soit toujours aux yeux des hommes, c'est-à-dire que ce Nom ne soit point méprisé : ce qui est profitable non pas à Dieu mais aux hommes. Lorsque nous disons : « Que votre Règne arrive » nous excitons notre désir vers ce règne qui arrivera, que nous le voulions ou non, et nous demandons qu'il vienne pour nous et que nous méritions d'y avoir part. Lorsque nous disons : « Que votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel » nous Lui demandons la Grâce de Lui être soumis, pour que nous fassions sa Volonté comme les anges La font dans le Ciel. Lorsque nous disons : « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien », le mot aujourd'hui désigne le temps de notre vie pour lequel nous demandons, ou bien le nécessaire en le désignant par le pain qui en est la partie principale, ou bien le Sacrement des fidèles qui nous est nécessaire dans cette vie, non pour être heureux ici-bas, mais pour obtenir l'éternelle félicité. Lorsque nous disons : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » nous, nous avertissons de ce qu'il faut demander et de ce qu'il faut faire pour l'obtenir. Lorsque nous disons : « Ne nous abandonnez pas à la tentation » nous nous avertissons que nous devons demander à Dieu de ne pas nous priver de son Secours, de peur que la séduction ou l'accablement ne nous fasse succomber. Lorsque nous disons : « Délivrez-nous du mal » (Matth. VI, 9-13) nous nous avertissons qu'il faut penser que nous ne sommes pas encore en possession de ce bien où l'on ne souffre plus aucun mal. Cette fin de l'oraison dominicale a un sens si étendu qu'un chrétien, quelle que suit sa tribulation, y trouve l'expression de tous ses gémissements et le sujet de toutes ses larmes ; c'est par là qu'il commence, c'est par là qu'il continue, c'est par là qu'il achève sa prière. Il fallait que ces paroles recommandassent les choses elles-mêmes à notre mémoire.

22. En effet, quelles que soient les paroles que nous prononcions, pour marquer l'intention de notre prière ou en accroître la pieuse ardeur, nous ne disons rien de plus que ce qui se trouve dans l'oraison dominicale, si nous prions comme il faut. Mais quiconque, s'adressant à Dieu, dirait des aloses qui ne pourraient pas se rapporter à cette prière évangélique, lors même qu'il ne demanderait rien de mauvais, prierait charnellement ; et je ne sais pas pourquoi cela ne serait pas jugé mauvais, puisqu'il ne convient pas à ceux qui ont été régénérés par l'Esprit de prier autrement que selon l'Esprit. Ainsi, par exemple, dire : « Soyez glorifié dans toutes les nations comme vous l'êtes parmi nous » ; de plus : « Que vos prophètes soient trouvés fidèles » (Ecclesias. XXXVI, 4, 18) n'est-ce pas dire : « Que votre nom soit sanctifié ? » Dire : « Dieu des vertus, convertissez-nous, et montrez- nous votre face, et nous serons sauvés » (Ps. XXLIX, 4) n'est-ce pas dire : « Que votre règne arrive ? » Dire : « Dirigez nos pas selon votre parole, et qu'aucune iniquité ne domine en moi » (Ps. CXVIII. 133) n'est-ce pas dire : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ? » Dire : « Ne me donnez ni la pauvreté ni les richesses » (Prov. XXX, 6) n'est-ce pas dire : « Donnez-nous aujourd'hui, notre pain quotidien ? » Dire : « Seigneur, souvenez-vous de David et de toute sa douceur » (Ps. CXXX, 1) ou bien : « Seigneur, si j'ai fait cela, si l'iniquité est dans mes mains, si j'ai rendu le mal pour le mal » (Ps. VII, 4) n'est-ce pas dire : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ? » Dire : « Eloignez de nous les concupiscences de la chair, et qu'aucun mauvais désir ne me saisisse » (Ecclés. XXIII, 6) n'est-ce pas dire : « Ne nous abandonnez point à la tentation ? » Dire : « Tirez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, et délivrez-moi de ceux qui s'élèvent contre moi » (Ps. LVIII, 2) est-ce autre chose que : « Délivrez-nous du mal ? » Si vous parcourez toutes les Paroles des Prières des saintes Ecritures, vous ne trouverez rien qui ne soit contenu et enfermé dans l'oraison dominicale. On est libre de demander les mêmes choses en d'autres termes, mais on n'est pas libre de demander autre chose.

23. Voilà ce que nous devons demander sans hésitation pour nous, pour les nôtres, pour les étrangers et même pour nos ennemis, quoique, dans la prière, le cœur soit autrement porté vers les uns que vers les autres, selon les liaisons de parenté ou d'amitié. Mais celui qui, dans l'oraison, dit par exemple : « Seigneur, augmentez mes richesses », ou bien : « Donnez-m'en autant que vous en avez donné à celui-ci ou à celui-là » ; ou bien : « Augmentez mes honneurs, faites-moi puissant et illustre dans ce siècle » ; celui qui dit cela ou quelque autre chose dans ce genre et qui aspire aux dignités et aux richesses parce qu'il en a l'ardente soif, et non parce qu'il voudrait en tirer parti, selon Dieu, pour l'avantage des hommes, celui-là ne trouve pas, je le crois, dans l'oraison dominicale, de quoi exprimer de pareils vœux. C'est pourquoi qu'il ait honte au moins de demander ce qu'il n'a pas honte de désirer ; ou bien, s'il en a honte, mais si la cupidité l'emporte, ne vaut-il pas beaucoup mieux qu'il demande d'en être délivré à Celui à qui nous disons : « Délivrez-nous du mal ! »

24. Vous savez maintenant, je pense, comment vous devez être pour prier et ce que vous devez demander ; ce n'est pas moi qui vous l'ai appris, c'est Celui qui a daigné nous instruire tous. Il faut chercher la vie heureuse, il faut la demander à Dieu. On a beaucoup disserté pour savoir ce que c'est que d'être heureux mais nous, qu'avons-nous besoin d'interroger les philosophes et d'étudier les systèmes ? Il a été dit en peu de mots et avec vérité dans l'Ecriture de Dieu : « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu » (Ps. CXLIII, 15). Pour appartenir à ce même peuple, pour arriver jusqu'à contempler ce Dieu et à vivre éternellement avec lui, que faut-il ? « La charité qui est la fin de la loi, la charité partie d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi non feinte » (I Tim. 1, 5). Dans ces trois choses, la bonne espérance est exprimée par la conscience. La foi, l'espérance et la charité conduisent donc à Dieu celui qui prie, c'est-à-dire celui qui croit, qui espère, qui désire et qui considère dans l'oraison dominicale ce qu'il doit demander à Dieu. Les jeûnes, les autres mortifications de la chair, qu'il ne faut pas pousser jusqu'à compromettre la santé, les aumônes, les aumônes surtout, aident beaucoup à la prière ; nous pourrons dire alors : «J'ai cherché Dieu au jour de mon affliction ; je l'ai cherché la nuit avec mes mains, et n'ai pas été trompé » (Ps. LXXVI, 2). Comment cherche-t-on avec les mains un Dieu incorporel et impalpable, si ce n'est avec les œuvres ?

25. Peut-être demandez-vous encore le sens de ces paroles de l'Apôtre : Nous ne savons « pas ce que nous devons demander » (Rom, VIII, 26). Car on ne peut pas croire que l'Apôtre ni ceux à qui il s'adressait ignorassent l'oraison dominicale. Pourquoi donc ce langage de celui qui n'a rien pu dire de téméraire ni de contraire à la vérité ? Pourquoi donc a-t-il parlé ainsi ? N’est-ce point parce que les peines et les tribulations temporelles servent souvent à guérir de l'orgueil, à éprouver et exercer la patience pour lui obtenir une récompense plus glorieuse et plus abondante, ou à châtier et à effacer les péchés; et ignorant jusqu'à quel point ces épreuves nous sont avantageuses, nous demandons d'en être délivrés ? L'Apôtre montre qu'il n'était pas exempt lui-même de cette ignorance et peut-être ne savait-il pas ce qu'il devait demander à Dieu, lorsque le Seigneur, voulant l'empêcher de s'enorgueillir par la grandeur de ses révélations, lui donna l'aiguillon de la chair et permit que l'ange de Satan le souffletât ; il pria Dieu trois fois de l'en délivrer, ne sachant pas demander ce qu'il fallait. Enfin ce grand homme entendit la réponse de Dieu qui lui disait pourquoi il ne convenait pas qu'il exauçât sa prière : « Ma grâce vous suffit, car la vertu se perfectionne dans la faiblesse » (II Cor XII, 7-9).

26. Nous ne savons donc pas ce qu'il faut demander sous le coup de ces tribulations qui peuvent servir et nuire ; et cependant comme elles sont dures, pénibles et qu'elles effrayent notre faiblesse, nous demandons par toute la volonté humaine d'en être délivrés. Mais s'il plaît au Seigneur notre Dieu de ne pas nous tirer de ces épreuves, nous devons à son amour de ne pas croire qu'il nous abandonne, mais d'espérer plutôt de plus grands biens par une pieuse résignation dans les maux : c'est ainsi que la vertu se perfectionne dans la faiblesse. Ce que le Seigneur Dieu refusa à l'Apôtre dans sa Miséricorde, Il l'accorde quelquefois dans sa Colère à ceux qui ne peuvent rien souffrir. Les Livres Saints nous apprennent ce que demandèrent les Israélites et comment ils furent exaucés ; mais leur concupiscence une fois rassasiée, leur impatience fut sévèrement châtiée (Nombr. XI). Ils demandaient un roi, il leur en donna un selon leur cœur, comme il est écrit, et non selon son cœur (I Rois, VIII, 5, 7). Il accorda au démon ce qu'il sollicitait et lui permit de tenter son serviteur (Job, I, 12 ; II, 6). Des esprits immondes lui ayant demandé de se jeter dans un troupeau de pourceaux, il le permit à une légion de démons (Luc, VIII, 32). Cela a été écrit pour que nous ne nous élevions pas, quand nos impatientes prières sont exaucées en des choses qu'il nous serait plus avantageux de ne pas obtenir; ou pour que nous ne nous méprisions pas et que nous ne désespérions point de la Miséricorde divine, quand Dieu repousse nos prières et qu'il écarte des veaux dont l'accomplissement serait pour nous une affliction plus cruelle, ou une prospérité qui nous corromprait et nous perdrait entièrement. Dans de telles rencontres nous ne savons donc pas demander ce qu'il faut. Et s'il arrive le contraire de ce que nous avons souhaité, nous devons le supporter patiemment, rendre grâces à Dieu en toutes choses, et reconnaître que la Volonté de Dieu a été meilleure pour nous que ne l'eût été notre propre volonté. Le divin médiateur nous a laissé un exemple de cette soumission ; après avoir dit à son Père : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi, s'identifiant ainsi la volonté humaine qu'il avait prise en se faisant homme », il ajouta aussitôt : « Mais cependant que ce soit, non comme je le veux, mais comme vous le voulez » (Matth. XXVI, 39). Voilà pourquoi il a été dit avec raison que plusieurs ont été établis justes par l'obéissance d'un seul (Rom. V, 19).

27. Mais celui qui demande et redemande à Dieu cette chose unique (Ps. XXI, 4), le fait avec certitude et sécurité ; il ne craint pas qu'il lui nuise d'être exaucé, parce que, sans ce bien auquel il aspire, tout ce qu'il pourrait demander en priant ne servirait de rien. Ce bien, c'est la seule vraie et heureuse vie ; il faut que, devenus immortels et incorruptibles de corps et d'esprit, nous contemplions éternellement les délices du Seigneur ; c'est pour cette unique chose qu'il est permis de demander le reste. Celui qui l'aura aura tout ce qu'il voudra et ne pourra rien désirer que de bon. Car là est la source de vie ; il faut dans la prière que nous en ayons soif, tant que nous vivons en espérance sans voir encore ce que nous espérons ; tant que nous sommes protégés par les ailes de celui en présence de qui tous nos désirs tendent à s'enivrer de l'abondance de sa maison et à se plonger dans le torrent de ses délices ; oui, c'est en Lui qu'est la Source de la Vie et c'est dans sa Lumière que nous verrons la Lumière (Ps. XXXV, 8-10) quand toutes nos aspirations seront rassasiées, quand il n'y aura plus rien à chercher en gémissant, et que nous n'aurons qu'à rester en possession de nos joies. Cependant, comme ce bien unique est la paix qui surpasse tout entendement, nous ne savons pas non plus le demander comme il faut dans nos prières, car ce que nous ne pouvons pas nous représenter comme cela est, nous ne le connaissons pas ; mais nous rejetons, nous méprisons, nous condamnons toute image qui s'en offre à notre pensée ; nous reconnaissons que ce n'est pas ce que nous cherchons, quoique nous ne sachions pas encore ce que c'est.

28. Il y a donc en nous comme une savante ignorance, une ignorance instruite par l'Esprit de Dieu qui soutient notre faiblesse. Après que l'Apôtre a dit : « Si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience », il ajoute : « De même l'Esprit de Dieu soutient notre faiblesse ; car nous ne savons pas ce qu'il faut demander dans nos prières ; mais l'Esprit Lui-même prie pour nous par des gémissements ineffables. Celui donc qui scrute les cœurs sait ce que comprend l'Esprit, parce qu'il ne prie pour les saints que selon Dieu » (Rom. VIII, 25-27). Ceci ne doit pas s'entendre de façon à nous faire croire que le Saint-Esprit, Dieu immuable dans la Trinité et ne faisant qu'un Dieu avec le Père et le Fils, prie pour les Saints comme quelqu'un qui ne soit pas Dieu ; on dit qu'il prie pour les Saints parce qu'il fait prier les Saints, comme il est dit : « Le Seigneur votre Dieu vous éprouve pour savoir si vous L'aimez » (Deutér. XIII, 3), c'est-à-dire pour vous le faire savoir. Il fait donc prier les Saints par des gémissements ineffables, en leur inspirant le, désir de cette grande chose encore inconnue que nous attendons par la patience (Rom. VIII, 25). Comment parler de ce qu'on ignore quand on le désire ? Et, véritablement si on l'ignorait tout à fait, on ne le souhaiterait pas ; et d'un autre côté, si on, Le voyait, on ne Le désirerait pas, on ne Le rechercherait pas par des gémissements.

29. En considérant toutes ces choses et d'autres encore que le Seigneur pourra vous inspirer et qui ne se sont pas présentées à moi ou qu'il eût été trop long d'exposer, efforcez-vous de vaincre ce Monde par l'oraison ; priez en espérance, priez avec foi et amour, priez avec instance et patience, priez comme une veuve du Christ. Quoique le devoir de la prière regarde tous Ses membres, c'est-à-dire tous ceux qui croient en Lui et qui sont unis à son Corps, comme Il l’a enseigné Lui-même, cependant Il nous marque dans ses Ecritures que ce soin appartient surtout aux veuves. Les Saints Livres mentionnent avec honneur deux femmes du nom d'Anne, l'une mariée et qui mit au monde le saint prophète Samuel, l'autre veuve et qui connut le Saint des saints lorsqu'il était encore enfant. Celle qui était mariée pria dans la douleur de son âme et l'affliction de son cœur, parce qu'elle n'avait pas d'enfants ; elle obtint alors Samuel et rendit à Dieu ce fils qu'elle en avait reçu, car elle le lui avait consacré en le demandant (I Rois, I). Mais il n'est pas aisé de trouver comment sa prière est comprise dans l'oraison dominicale, à moins de la rapporter à ces paroles : « Délivrez-nous du mal », on regardait, en effet, femme un assez grand mal d'être marié et privé du fruit du Mariage, dont la seule excuse est la naissance des enfants. Pour ce qui est d'Anne veuve, voyez ce qui est écrit : « Elle ne sortait pas du temple, jeûnant et priant nuit et jour » (Luc, II, 36, 37). L'Apôtre ne parle pas autrement dans ces paroles que j'ai citées plus haut : « Celle qui est véritablement veuve et abandonnée, a mis son espérance dans le Seigneur, et persévère dans les prières la nuit et le jour » (I Tim. V, 5). Et le Seigneur, voulant nous exhorter à toujours prier sans nous lasser, nous a cité l'exemple de la veuve dont les importunités vinrent à bout d'un juge inique et impie, contempteur de Dieu et des hommes (Luc, XVIII, 1-8). Ce qui montre combien le devoir de la prière est particulièrement imposé aux veuves, c'est que les saints livres mettent sous nos yeux des exemples de veuves pour nous convier tous à l'oraison.

30. Mais pourquoi les veuves sont-elles marquées pour cette sorte d'œuvre, si ce n'est à cause de leur abandon et de leur délaissement ? Aussi toute âme qui se regardera dans ce monde comme abandonnée et désolée, tant que dure son voyage loin du Seigneur, mettra, pour ainsi dire, son veuvage sous la garde de Dieu et Lui demandera, par d'instantes prières, d'être son Défenseur. Priez donc comme une veuve du Christ, ne jouissant pas encore de Celui dont vous implorez le secours. Et quoique vous soyez bien riche, priez comme si vous étiez pauvre : vous ne possédez pas encore les vraies richesses du siècle futur où vous n'aurez plus rien à craindre. Quoique vous ayez des enfants et des neveux et une famille nombreuse, comme il a été dit plus haut, priez comme une délaissée : car toutes les choses du temps sont incertaines, lors même qu'elles nous resteraient pour notre consolation jusqu'à la fin de cette vie. Si vous cherchez et si vous aimez ce qui est en haut, vous désirez les choses solides et éternelles ; tant que vous ne les avez pas, vous devez vous croire comme abandonnée, bien que tous les vôtres vous soient conservés et respectueusement soumis. Ainsi devez-vous vivre, et, sûrement aussi, à votre exemple, votre très-pieuse belle-fille (Juliana, mère de Démétrias), et les autres saintes veuves et vierges que vous gouvernez toutes les deux avec tant de sécurité pour elles : plus vous dirigez pieusement votre maison, plus vous devez redoubler d'ardeur dans la prière, ne vous occupant des choses de la vie présente que dans la mesure des besoins religieux.

31. Souvenez-vous aussi de prier beaucoup pour nous. Nous ne voulons pas que, trop préoccupées de notre dignité épiscopale, si périlleuse à porter, vous nous traitiez de façon à nous priver d'un secours dont nous savons que nous avons tant besoin. La Famille du Christ (l’Eglise) a prié pour Pierre, a prié pour Paul; vous êtes de cette famille, à notre grande joie, et nous avons incomparablement plus besoin que Pierre et Paul des prières de nos frères. Priez à l'envi dans l'émulation d'un saint accord ; ce n'est pas lutter les uns contre les autres, mais contre le démon, ennemi de tous les saints. Les jeûnes et les veilles, et tous les genres de mortification, aident beaucoup à la prière (Tobie, XII, 8), que chacune de vous fasse ce qu'elle pourra ; ce que l'une ne peut pas, elle le fait dans une autre qui le peut, si elle aime en elle ce que ses propres forces ne lui permettent pas d'accomplir; ainsi donc que celle qui peut moins n'empêche pas celle qui peut plus, et que la plus forte ne presse pas la plus faible. Car vous devez votre conscience à Dieu, mais ne devez rien à personne d'entre vous, si ce n'est de vous aimer les unes les autres (Rom. XIII, 8). Que Dieu vous exauce, Lui qui est assez Puissant pour faire au-delà de ce que nous demandons et de ce que nous comprenons (Ephés. III, 20).

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)
« Prière pour sa maman » de Saint Augustin
Voici une Prière pour le repos de l'âme de sa mère que l’on peut dire également pour son père, son frère, sa sœur, etc. en faisant appel à la Miséricorde de Dieu « Seigneur, je viens Vous prier de remettre à ma mère ses péchés » de Saint Augustin (354-430) né à Thagaste en Afrique du Nord (Algérie), Évêque d'Hippone et Docteur de l'Église Catholique, pour sa mère Sainte Monique.
La Prière de Saint Augustin pour sa mère Sainte Monique « Seigneur, je viens Vous prier de remettre à ma mère ses péchés » :

« Ce qui fait couler les larmes, Seigneur, que je répands devant Vous pour votre servante, c'est l'appréhension qui s'empare de moi, quand je considère les périls de toute âme qui meurt dans la condition des enfants d'Adam. Car, quoique ma mère ait reçu en Jésus-Christ une vie nouvelle, et qu'avant de quitter sa chair, elle ait vécu de telle sorte qu'on puisse louer votre Nom pour la pureté de sa foi et de ses mœurs, je n'oserai dire cependant que, depuis sa régénération par le Baptême, il ne fût sorti de sa bouche aucune parole contraire à Vos saints Commandements. Malheur à l'homme, quelque louable que soit sa vie, si Vous jugez sans Miséricorde ! Je viens donc Vous prier de remettre à ma mère ses péchés. Ecoutez-moi par les Mérites de Jésus, qui fut cloué à la Croix pour se faire le Remède de toutes nos plaies, et qui, assis maintenant à Votre droite, intercède sans cesse pour nous. Je sais que ma mère a usé de miséricorde et pardonné du fond de son cœur à ceux qui l'avaient offensée ; pardonnez-lui donc aussi les fautes qu'elle a pu commettre envers Vous pendant les années qu'elle a vécu depuis son Baptême ; pardonnez-les-lui, Seigneur, je Vous en supplie ; pardonnez-les-lui, et n'entrez point avec elle en jugement. Que votre Miséricorde l'emporte sur votre Justice, puisque votre Parole est vraie, et que Vous avez promis Miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux ».

Ainsi soit-il.

Saint Augustin (354-430)