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13 septembre
Saint Jean Chrysostome, évêque et docteur de l’Église
Prière de Saint Jean Chrysostome sur le Paradis
Voici une Prière sur le Bonheur du Ciel « Faites-moi la Grâce, ô mon Dieu, de mériter un jour de jouir du bonheur de Vous voir » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence et Docteur de l'Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Faites-moi la Grâce, ô mon Dieu, de mériter un jour de jouir du bonheur de Vous voir » :

« Ô mon âme, viens et contemple ; un spectacle bien plus imposant t’appelle ; viens contempler une assemblée qui se compose de bienheureux, de qui la magnificence des vêtements l’emporte sur tout l’éclat du soleil. Ce qui le forme, ce sont les anges, les archanges, les trônes, les dominations, les principautés et les puissances. De là, élève-toi jusqu’au Monarque de cet empire, et contemple si tu peux cette ravissante Majesté. Voilà les félicités qui t’attendent. Et parce qu’il t’en coûterait quelque travail d‘un moment, tu renoncerais à sa possession ? Ah ! Fallût-il mourir mille fois à chaque journée, pour le bonheur de contempler Jésus-Christ dans sa Gloire, d’être au nombre des Saints ; non, les maux les plus cruels, mille morts ne sont rien. Ô mon Dieu, si à la vue de votre Transfiguration, Pierre s’écrie : « Seigneur, nous sommes bien ici » ; si la grossière image de la Gloire future absorbe toutes les pensées de l’Apôtre, si elle le pénètre des plus vives impressions de joie et de félicité, que sera-ce de la réalité même ? Que sera-ce alors que vos Tabernacles s’ouvrant tout entiers, Vous découvriront à nos regards ; non plus à nos hommages, mais à notre amour et à nos embrassements ; non plus à travers les voiles de l’énigme, mais tel que Vous êtes, et face à Face ? Faites-moi donc la Grâce, ô mon Dieu, de Vous aimer sur la terre avec tant d’ardeur, que je mérite un jour de jouir, avec les bienheureux, du bonheur de Vous voir et de Vous posséder dans votre immortel triomphe ».

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière à Saint Jean Chrysostôme aux Saints
Voici une Prière à Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople, le Docteur de toutes les Eglises, le vainqueur du monde, le Pasteur inébranlable, le successeur des Martyrs, le prédicateur par excellence, l’admirateur de Paul, l’imitateur du Christ, … « Que de couronnes ornent votre front, ô Chrysostôme ! » de Dom Prosper-Louis-Paschal Guéranger (1805-1875), premier Abbé de l’Abbaye de Solesmes et restaurateur de la vie bénédictine en France.
La Prière à Saint Jean Chrysostôme « Que de couronnes ornent votre front, ô Chrysostôme ! » :

« Que de couronnes ornent votre front, ô Chrysostôme ! Que votre nom est glorieux dans l'Eglise de la terre et dans l'Eglise du ciel ! Vous avez enseigné avec vérité, vous avez combattu avec constance, vous avez souffert pour la justice, vous êtes mort pour la liberté de la Parole de Dieu. Les applaudissements des hommes ne vous ont point séduit ; le don de l’éloquence évangélique, dont l'Esprit-Saint vous avait enrichi, n’était qu‘une faible image de la splendeur et de la force des feux dont le Verbe divin remplissait votre cœur. Vous l'avez aimé, ce Verbe, ce Jésus, plus que votre gloire, plus que votre repos, plus que votre vie. Votre mémoire a été poursuivie par les hommes, des mains perfides ont effacé votre nom des tables de l'autel ; d'indignes passions ont dicté une sentence dans laquelle, comme votre Maître, vous étiez mis au rang des criminels, et vous avez été précipité des degrés de la chaire sacrée. Mais il n’est pas au pouvoir des hommes d'éteindre le soleil, ni d'effacer la mémoire de Chrysostôme. Rome vous a été fidèle ; elle a gardé avec bonheur votre nom, comme aujourd'hui encore elle garde votre corps sacré, près de celui du Prince des Apôtres. Le monde chrétien tout entier vous proclame comme un des plus fidèles dispensateurs de la Vérité divine. En retour de nos hommages, ô Chrysostome, regardez-nous du haut du ciel comme vos brebis ; instruisez-nous, réformez-nous, rendez-nous chrétiens. Comme votre sublime maître Paul, vous ne saviez que Jésus-Christ ; mais c’est en Jésus-Christ que tous les trésors de la science et de la sagesse sont cachés. Révélez-nous ce Sauveur qui est venu à nous, avec tant de charmes et de douceur; faites-nous connaître son Esprit ; enseignez-nous la manière de Lui plaire, les moyens de L’imiter ; faites-Lui agréer notre amour. Comme vous, nous sommes exilés ; mais nous aimons trop le lieu de notre exil ; nous sommes souvent tentés de le prendre pour une patrie. Détachez-nous de ce séjour terrestre, et de ses illusions. Que nous ayons hâte d’être réunis à vous, comme vous fûtes réuni à Basilisque, afin d’être avec Jésus-Christ, en qui nous vous retrouverons pour jamais. Pasteur fidèle, priez pour nos Pasteurs ; obtenez-leur votre esprit, et rendez leurs troupeaux dociles. Bénissez les prédicateurs de la Parole Sainte, afin qu'ils ne se prêchent pas eux-mêmes, mais Jésus-Christ. Rendez-nous l'éloquence chrétienne qui s’inspire des Livres saints et de la prière, afin que les peuples, séduits par un langage du ciel, se convertissent, et rendent gloire à Dieu. Protégez le Pontife Romain dont le prédécesseur osa seul vous défendre ; que son cœur soit toujours l’asile des Evêques persécutés pour la justice. Rendez la vie à votre Église de Constantinople, qui a oublié vos exemples et votre foi. Relevez-la de l’avilissement où elle languit depuis trop longtemps. Touché enfin par vos prières, que le Christ, Sagesse éternelle, se souvienne de son Eglise de Sainte-Sophie, et qu'Il daigne la purifier, et y rétablir l'autel sur lequel Il s’immole durant tant de siècles. Aimez toujours les Eglises de l’Occident, auxquelles votre gloire a constamment été chère. Hâtez la chute des hérésies qui ont désolé plusieurs de nos chrétientés, dissipez les ténèbres de l'incrédulité, ranimez la foi parmi nous et faites fleurir les vertus ».

Ainsi soit-il.

Dom Prosper Guéranger (1805-1875) - L’Année Liturgique « Le Temps de Noël » de Dom Prosper Guéranger, p. 478-480, chez Julien Lanier (1847)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Jésus-Christ
Voici la Prière avant la Communion « Seigneur mon Dieu ! Je sais que je ne suis pas digne » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome avant la Communion « Seigneur mon Dieu ! Je sais que je ne suis pas digne » :

« Seigneur mon Dieu ! Je sais que je ne suis pas digne, ni préparé à ce que Tu entres sous le toit de mon âme, car je suis entièrement vide et en ruine, et Tu n'as pas en moi un lieu convenable où reposer ta Tête. Mais de même qu'à cause de nous Tu es descendu des hauteurs et T'es abaissé, descends à présent jusqu'à ma bassesse. De même que Tu as bien voulu être déposé dans une grotte et dans la crèche d'animaux sans raison, entre dans la crèche de mon âme déraisonnable et de mon corps souillé. De même que Tu as bien voulu entrer et manger avec les pécheurs dans la maison de Simon le Lépreux, daigne entrer dans la maison de mon âme, lépreuse et pécheresse. De même que Tu n'as pas rejeté celle qui était semblable à moi, la courtisane et la pécheresse, quand elle s'approcha de Toi et Te toucha, de même sois-moi miséricordieux, à moi pécheur qui m'approche et qui Te touche. Et comme Tu n'as pas eu en abomination sa bouche souillée et maudite lorsqu'elle Te baisa, n'aie pas non plus en abomination ma bouche qui est plus souillée et plus maudite que la sienne, ni mes lèvres infâmes, impures et profanes, ni ma langue plus impure encore. Mais que le charbon ardent de ton Corps tout saint et de ton Sang très précieux soit pour moi la sanctification, l'illumination et la santé de mon âme et de mon corps, pour l'allégement de mes nombreuses transgressions, pour une protection contre toute influence du démon. Qu'il éloigne mes mauvaises et néfastes habitudes et qu'il leur fasse obstacle pour l'anéantissement de mes passions, l'accomplissement de Tes commandements, la multiplication de Ta grâce divine, et l'admission dans ton Royaume. Car je ne m'approche pas de Toi, à Christ Dieu, avec négligence, mais avec confiance dans Ton ineffable bonté, de peur que, complètement privé de communication avec Toi, je ne sois saisi par le loup mystique ravisseur. Aussi je Te prie, car Tu es le seul Saint, Seigneur, sanctifie mon âme et mon corps, mon esprit et mon cœur, mes reins et mes entrailles, renouvelle-moi tout entier, enracine Ta crainte dans mes membres, et fais que Ta sanctification demeure en moi. Sois mon secours et mon protecteur, dirigeant ma vie dans la paix, et rends-moi digne d'être placé à Ta droite avec Tes saints, par l'intercession et les prières de ta Mère toute pure, des puissances incorporelles et toutes pures qui Te servent, et de tous les saints qui T'ont plu depuis le commencement des siècles. Amen ! »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome avant, pendant et après la Confession
Voici la Prière de confession « Seigneur, ne me privez point de Vos biens célestes » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome de confession « Seigneur, ne me privez point de Vos biens célestes » :

« Seigneur, ne me privez point de Vos biens célestes. Seigneur, délivrez-moi des peines éternelles. Seigneur, j’ai péché par paroles, par pensées, par actions, pardonnez-le-moi. Seigneur, sauvez-moi de toute ignorance, de l’oubli, de la pusillanimité et de l’endurcissement du cœur. Seigneur, daignez me soustraire à toute tentation. Seigneur, éclairez mon âme obscurcie par la convoitise. Seigneur, si j’ai péché comme homme, Vous comme Dieu de miséricorde, qui connaissez l’infirmité de mon âme, ayez pitié de moi. Seigneur, que votre Grâce vienne à mon secours, afin que j’exalte Votre saint nom. Seigneur Jésus-Christ, inscrivez-moi Votre serviteur au livre de vie et accordez-moi une bonne fin. Seigneur, mon Dieu, quoique je n’aie rien fait de bon devant Vous, accordez-moi la grâce de faire le premier pas dans le bien. Seigneur, que mon cœur reçoive la rosée de Votre grâce. Souverain Maître des cieux et de la terre, souvenez-Vous de votre mauvais serviteur, nonobstant son impureté et son ignominie, lorsque sera venu Votre règne éternel. Ainsi soit-il. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome sur la Volonté de Dieu
Voici la Prière d’abandon « Seigneur, que Votre volonté soit faite en moi pauvre pécheur » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome d’abandon « Seigneur, que Votre volonté soit faite en moi pauvre pécheur » :

« Seigneur, recevez-moi dans mon repentir. Seigneur, ne m’abandonnez point. Seigneur, préservez-moi de tout péril. Seigneur, donnez-moi de bonnes pensées. Seigneur, donnez-moi des larmes, et le souvenir de la mort, et la componction. Seigneur, faites naître en moi le désir de confesser mes péchés. Seigneur, donnez-moi l’humilité, la chasteté et l’obéissance. Seigneur, accordez-moi la patience, le courage et la douceur. Seigneur, introduisez dans mon cœur la racine de tous les biens, Votre crainte salutaire. Seigneur, rendez-moi capable de Vous aimer de toute mon âme et de toute ma force, et d’accomplir en toute chose Votre volonté. Seigneur, protégez-moi contre certains hommes, contre les démons, contre les passions et toute autre chose pernicieuse. Vous le savez, Seigneur, qu’il Vous appartient d’accomplir tout ce qui Vous plaît : aussi que Votre volonté soit faite en moi pauvre pécheur ; car vous êtes béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome sur la Parole de Dieu
Voici la Prière avant de lire la Parole de Dieu « Ô Seigneur Jésus-Christ, ouvre les yeux de mon cœur » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome avant de lire la Parole de Dieu « Ô Seigneur Jésus-Christ, ouvre les yeux de mon cœur » :

« Ô Seigneur Jésus-Christ, ouvre les yeux de mon cœur, afin que je puisse entendre Ta parole et comprendre et faire Ta volonté, car je suis un étranger sur la terre. Ne me cache pas Tes commandements, mais ouvre mes yeux, pour que je puisse percevoir les merveilles de Ta loi. Dis-moi les choses cachées et secrètes de Ta sagesse. En Toi je mets mon espoir, ô mon Dieu, pour que Tu éclaires mon esprit et ma compréhension avec la lumière de Ta connaissance, non seulement pour chérir ces choses qui sont écrites, mais pour les accomplir ; que par la lecture de la vie et des paroles des saints, je puisse ne pas pécher, mais que cela serve pour ma restauration, mon illumination et ma sanctification, pour le salut de mon âme, et l'héritage de la vie éternelle. Car Tu es l'illumination de ceux qui se trouvent dans les ténèbres, et de Toi viennent toute bonne action et tout don. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Sermon de Saint Jean Chrysostome sur le « diable tentateur » Sermons - Homélie - Méditations
Voici le Sermon de Saint Jean Chrysostome sur le diable tentateur « Les 5 chemins de la conversion » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
Le Sermon de Saint Jean Chrysostome sur le diable tentateur « Les 5 chemins de la conversion » :

« Voulez-vous que je vous indique les chemins de la conversion ? Ils sont nombreux, variés et différents, mais tous conduisent au ciel. »

« Le premier chemin de la conversion, c'est la condamnation de nos fautes. Commence toi-même par dire tes fautes, pour être justifié. Et c'est pourquoi le Prophète disait : J’ai dit : Je veux confesser au Seigneur les iniquités que j'ai commises ; et toi, tu as pardonné le péché de mon cœur. Condamne donc toi-même les fautes que tu as commises, et cela suffira pour que le Maître t'exauce. Celui qui condamne ses fautes, en effet, craindra davantage d'y retomber. Éveille ta conscience pour avoir ton accusateur en toi-même et ne pas le rencontrer devant le tribunal du Seigneur. Voilà donc un excellent chemin de conversion. »

« Il y en a un deuxième, qui n'est pas inférieur à celui-là : c'est de ne pas garder rancune à nos ennemis, de dominer notre colère pour pardonner les offenses de nos compagnons de service, car c'est ainsi que nous obtiendrons le pardon de celles que nous avons commises contre le Maître ; c'est la deuxième manière d'obtenir la purification de nos fautes. Si vous pardonnez à vos débiteurs, dit le Seigneur, mon Père, qui est au ciel, vous pardonnera aussi. »

« Tu veux connaître le troisième chemin de la conversion ? C'est la prière fervente et attentive que tu feras du fond du cœur. »

« Si tu désires connaître le quatrième chemin, je citerai l'aumône elle a une puissance considérable et indicible. »

« La modestie et l'humilité ne sont pas des moyens inférieurs à ceux que nous avons dits pour détruire les péchés à la racine. Nous en avons pour témoin le publicain qui ne pouvait pas proclamer ses bonnes actions, mais qui les a toutes remplacées par l'offrande de son humilité et a déposé ainsi le lourd fardeau de ses fautes. »

« Nous venons donc d'indiquer cinq chemins de la conversion: d'abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ; le quatrième dans l'aumône le cinquième dans l'humilité. »

« Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère. Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer l'humilité, prier assidûment et condamner tes péchés. Ta pauvreté ne s'y oppose nullement. Mais qu'est-ce que je dis là ? Alors que, sur ce chemin de la conversion où il s'agit de donner ses richesses (c'est de l'aumône que je veux parler), même la pauvreté ne nous empêche pas d'accomplir le commandement. Nous le voyons chez la veuve qui donnait ses deux piécettes. »

« Nous avons donc appris comment soigner nos blessures ; appliquons ces remèdes: revenus à la vraie santé, nous profiterons hardiment de la table sainte et avec beaucoup de gloire nous irons à la rencontre du roi de gloire, le Christ. Obtenons les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur. Amen ! »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Jésus-Christ
Voici la Prière pour notre Salut « Ô Sauveur, je Te demande de me sauver par Ta grâce ! » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome pour le Salut « Ô Sauveur, je Te demande de me sauver par Ta grâce ! » :

« Ô mon Dieu et Seigneur très miséricordieux, Jésus-Christ plein de pitié : par Ton grand Amour Tu es descendu parmi nous, et Tu T'es incarné afin de tous nous sauver. Ô Sauveur, je Te demande de me sauver par Ta grâce ! Si Tu sauvais quiconque à causes de ses œuvres, cela ne serait pas par la Grâce, mais seulement une récompense dûe, mais Tu es compatissant et plein de miséricorde ! Tu as dit, Ô mon Christ : « Celui qui croit en moi, vivra et ne mourra jamais ! » Si la foi en Toi sauve les égarés, alors sauve-moi, Ô mon Dieu et mon Créateur, puisque je crois. Que la seule foi, et non mes œuvres indignes, me soit comptée, Ô mon Dieu ! Car Tu ne trouveras pas en moi d'œuvres qui me rendraient digne. Ô Seigneur, à partir de maintenant, fais que je T'aime, aussi intensément que j'ai aimé le péché, et que j'œuvre pour Toi aussi fermement que j'ai œuvré pour le Malin. Mon Seigneur et Dieu, Jésus-Christ, je promets que je m'efforcerai de faire Ta volonté, tous les jours de ma vie, et à jamais ! Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Dieu le Père
Voici la Prière « Seigneur, ne me retire pas Ta bonté ! » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Seigneur, ne me retire pas Ta bonté ! » :

« Seigneur, ne me retire pas Ta bonté ! Seigneur, délivre-moi de mes tourments perpétuels ! Seigneur, pardonne-moi : j’ai péché en pensées, en paroles et en actes ! Seigneur, libère-moi de l’ignorance, de la négligence, de l’insensibilité et du désespoir ! Seigneur, ne me soumets pas à la tentation ! Seigneur, illumine mon cœur, car des désirs douteux l’ont assombri ! Seigneur, je ne suis qu’une faible créature : aie pitié de moi dans Ta miséricorde ! Seigneur, envoie Ta grâce pour que je puisse glorifier Ton nom ! Seigneur, inscris-moi dans le Livre de Vie et tout aura une fin favorable ! Seigneur Dieu, jusqu’ici je n’ai rien fait de bon à Tes yeux : aide-moi et je pourrai en faire un commencement. Seigneur, arrose mon cœur de la rosée de Ta grâce ! Seigneur des cieux et de la terre, rappelle-Toi de moi dans Ton Royaume : de moi, Ton misérable serviteur plein d’une honteuse impudence. Seigneur, reçois-moi, car enfin je fais pénitence ! Seigneur, ne m’abandonne pas ! Seigneur, ne me laisse pas partir dans le malheur ! Seigneur, ranime en moi les bonnes pensées ! Seigneur, fais-moi pleurer de honte ! Et rappelle-moi que je dois mourir ! Seigneur, fais que je pense à confesser mes péchés ! Seigneur, enseigne-moi l’humilité, la pudeur et l’obéissance ! Seigneur, donne-moi patience, générosité et douceur ! Seigneur, fais pousser Ta crainte dans mon cœur, car elle est la racine de toute bonne action ! Seigneur, fais que je T’aime de tout mon cœur, de toute ma pensée et de toute ma force ! Seigneur, protège-moi des passions et des démons, de certains hommes et des autres malheurs ! Seigneur, je sais que Tu agis comme Tu le veux : que Ta volonté soit donc faite en moi, pauvre rien que je suis ! Toi qui es Béni d’Âge en Âge. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
« Homélie sur la Prière » de Saint Jean Chrysostome sur la Prière
Voici une Homélie sur la Prière « La Prière est la Lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique, brillant orateur pour son éloquence d’où son nom « Chrysostome » = Bouche d'or, surnommé aussi « Docteur de l’Eucharistie » pour avoir laissé son nom à une liturgie de la Messe pratiquée encore aujourd’hui par des millions d’Orientaux.
L’Homélie sur la Prière « La Prière est la Lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes » de Saint Jean Chrysostome :

Le bien suprême, c'est la Prière, l'entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec Lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand ils voient la lumière, ainsi l'âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable Lumière. La Prière n'est donc pas l'effet d'une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jour.

En effet, il ne convient pas seulement que la pensée se porte rapidement vers Dieu lorsqu'elle s'applique à la Prière; il faut aussi, même lorsqu'elle est absorbée par d'autres occupations - comme le soin des pauvres ou d'autres soucis de bienfaisance -, y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin que tout demeure comme une nourriture très savoureuse, assaisonnée par l'amour de Dieu, à offrir au Seigneur de l'univers. Et nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.

La Prière est la Lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes.

Par Elle, l'âme s'élève vers le ciel, et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable; assoiffée du lait divin, comme un nourrisson, Elle crie avec larmes vers sa mère. Elle exprime ses volontés profondes et Elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible.

Car la Prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l'âme.

Lorsque je parle de prière, ne t'imagine pas qu'il s'agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l'Apôtre parle ainsi : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables ».

Une telle Prière, si Dieu en fait la grâce à quelqu'un, est pour lui une richesse inaliénable, un aliment céleste qui rassasie l'âme. Celui qui l'a goûté est saisi pour le Seigneur d'un désir éternel, comme d'un feu dévorant qui embrase son cœur.

Lorsque tu la pratiques dans sa pureté originelle, orne ta maison de douceur et d'humilité, illumine-la par la justice; orne-la de bonnes actions comme d'un revêtement précieux; décore ta maison, au lieu de pierres de taille et de mosaïques, par la foi et la patience. Au-dessus de tout cela, place la Prière au sommet de l'édifice pour porter ta maison à son achèvement. Ainsi tu te prépareras pour le Seigneur comme une demeure parfaite. Tu pourras l'y accueillir comme dans un palais royal et resplendissant, toi qui, par la grâce, le possèdes déjà dans le temple de ton âme.

« Celui qui demande reçoit »

C'est une arme puissante que la Prière, un trésor indéfectible, une richesse intarissable, un port à l'abri des tempêtes, un réservoir de calme ; la Prière est la racine, la source et la mère de biens innombrables... Mais la Prière dont je parle n'est ni médiocre, ni négligente ; c'est une Prière ardente, jaillie de l'affliction de l'âme et de l'effort de l'esprit. Voilà la prière qui monte jusqu'au ciel... Écoute ce que dit l'écrivain sacré : « J'ai crié vers le Seigneur quand j'étais dans l'angoisse, et il m'a exaucé » (Ps 119,1). Celui qui prie ainsi dans son angoisse pourra, après la prière, goûter en son âme une grande joie.

Par « prière » j'entends non pas celle qui est seulement dans la bouche, mais celle qui jaillit du fond du cœur. Comme les arbres dont les racines s'enfoncent profondément ne sont ni brisés ni arrachés, même si les vents déchaînent mille assauts contre eux, parce que leurs racines sont fortement enserrées dans les profondeurs de la terre, de même les prières qui sortent du fond du cœur, ainsi enracinées, montent vers le ciel en toute sûreté et ne sont détournées par aucune pensée de manque d'assurance ou de mérite. C'est pourquoi le psalmiste dit : « Des profondeurs j'ai crié vers toi, Seigneur » (Ps 129,1)

Si le fait de raconter à des hommes tes malheurs personnels et de leur décrire les épreuves qui t'ont frappé apporte quelque soulagement à tes peines, comme si à travers les paroles s'exhalait une brise rafraîchissante, à combien plus forte raison si tu fais part à ton Seigneur des souffrances de ton âme trouveras-tu en abondance consolation et réconfort ! En effet, souvent les hommes supportent difficilement ceux qui viennent se plaindre et pleurer auprès d'eux ; ils les écartent et les repoussent. Mais Dieu n'agit pas ainsi ; au contraire il te fait approcher et t'attire à Lui ; et même si tu passes toute la journée à Lui exposer tes malheurs, il n'en sera que mieux disposé à t'aimer et à exaucer tes supplications. Ainsi soit-il !

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Homélie sur la « Moisson Abondante » de Saint Jean Chrysostome Sermons - Homélie - Méditations
Voici l’Homélie sur la Moisson Abondante « Quand l'agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson » de Saint Jean Chrysostome (345-407) Évêque patriarche de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence.
Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc 10, 1-9 :

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : « Paix à cette maison ». S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : « Le règne de Dieu s’est approché de vous ». (Lc 10, 1-9)

L’Homélie sur la Moisson Abondante de Saint Jean Chrysostome « Quand l'agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson » :

« Quand l'agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n'envisage ni les peines ni les difficultés qu'il pourra rencontrer. Ayant en tête la moisson qui va lui revenir, il court, il se hâte de faire la récolte annuelle. Absolument rien ne peut le retenir, l'empêcher ou le faire douter de l'avenir : ni pluie, ni grêle, ni sécheresse, ni légions de sauterelles malfaisantes. Ceux qui s'apprêtent à moissonner ne connaissent pas ces inquiétudes, si bien qu'ils se mettent au travail en dansant et en bondissant de joie. Vous devez être comme eux et aller par toute la terre avec une joie beaucoup plus grande encore. C'est la moisson qui l'emporte. La moisson que vous avez à faire est très facile, elle vous attend sur des champs tout préparés. Le seul effort qui vous est demandé est de parler. Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi. C'est pourquoi il envoie ses disciples en disant : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). C'est lui qui rendait faciles les choses difficiles. Les apôtres réalisaient d'une manière visible la parole du prophète : « Moi, je marcherai devant toi et j'aplanirai les hauteurs » (Is 45,2). Le Christ marchait devant eux, et il rendait la route facile. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
« Prière de Réconciliation » de Saint Jean Chrysostome sur le Pardon
Voici la Prière « Seigneur Jésus Christ, remets, efface, purifie et pardonne toutes les fautes et transgressions de ton serviteur inutile » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique qui mourut en exil pour avoir été un témoin intrépide de l’Évangile et un défenseur des pauvres face au luxe insolent des riches.
La Prière de Réconciliation de Saint Jean Chrysostome « Seigneur Jésus Christ, remets, efface, purifie et pardonne toutes les fautes et transgressions de ton serviteur inutile » :

« Seigneur Jésus Christ, mon Dieu, remets, efface, purifie et pardonne toutes les fautes et transgressions de ton serviteur inutile, indigne et pécheur, commises depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour, que ce soit avec connaissance ou par ignorance, en paroles, en actions, en pensées, en imagination, par habitude et par chacun de mes sens. Par l’intercession de Celle qui T’a enfanté sans semence, La toute immaculée et toujours Vierge Marie, Ta mère, qui Seule est ma sûre espérance, ma protection et ma sauvegarde, rends-moi digne de recevoir sans condamnation Tes purs, immortels, vivifiants et redoutables Mystères, pour le pardon de mes péchés et la Vie éternelle, pour la sanctification, l’illumination, la force, la guérison et la santé de mon âme et de mon corps, pour qu’ils fassent disparaître et éliminent complètement mes mauvaises pensées, mes desseins pervers, mes préjugés et les fantasmes nocturnes venant des esprits des ténèbres. Car à Toi appartiennent le règne, la puissance, l’honneur et l’adoration, avec le Père et le Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome sur la « Bonté de Dieu » sur l'Espérance
Voici la Prière « Ne désespérez pas, gardez-vous du désespoir » de Saint Jean Chrysostome (345-407) surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence, Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome sur la Bonté de Dieu « Ne désespérez pas, gardez-vous du désespoir » :

« Ne désespérez pas, gardez-vous du désespoir. Je le répéterai mille fois : si vous péchez tous les jours, faites pénitence tous les jours... Oui, tu seras sauvé ! Parce que le Seigneur a pour les hommes une grande Bonté. Mon espoir n'est pas fondé sur ta pénitence. Ta pénitence ne peut effacer tes crimes, mais bien la Clémence de Dieu qui s'y joint aussitôt, qui n'a pas de mesure, qu'aucune parole ne peut expliquer. Ta malice est celle d'un homme, elle est bornée, la Miséricorde qui pardonne est celle de Dieu, Elle n'a pas de bornes, Elle est infinie. La malice de l'homme est à la bonté de Dieu ce qu'une étincelle tombant dans l'Océan est à l'Océan. Non, moins encore. L'Océan a des rives, la Bonté de Dieu n'en a aucune. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Dieu le Père
Voici une Prière de bénédiction avant les repas « Sois béni, mon Dieu, Toi qui me nourris depuis mon enfance » de Saint Jean Chrysostome (345-407) baptisé à l'âge adulte qui fut ascète, puis moine cénobite, et pratiqua deux ans I'érémitisme avant d'être élevé au diaconat pour être ordonné Prêtre, puis Évêque de Constantinople et aujourd’hui Docteur de l'Église Catholique.
La Prière avant les repas de Saint Jean Chrysostome « Sois béni, mon Dieu, Toi qui me nourris depuis mon enfance » :

« Sois béni, mon Dieu, Toi qui me nourris depuis mon enfance et donnes nourriture à toute chair ; remplis nos cœurs de joie et d'allégresse, afin qu'ayant chaque jour le nécessaire, nous soyons riches en toutes sortes de bonnes œuvres, par Jésus-Christ Notre-Seigneur avec qui soit à Toi la gloire, l'honneur et la puissance, avec le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome d'action de Grâce
Voici une Prière d’action de grâce après les repas « A Toi la gloire, Seigneur qui nous as procuré la nourriture pour notre joie » de Saint Jean Chrysostome (345-407) Évêque patriarche de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence dont l’intransigeance morale et la fermeté lui valurent d'être condamné à l'exil ; il mourut à Comane dans le Pont le 14 septembre 407 ; son œuvre oratoire est extrêmement étendue.
La Prière après les repas de Saint Jean Chrysostome « A Toi la gloire, Seigneur qui nous as procuré la nourriture pour notre joie » :

« A Toi la gloire, Seigneur ; à Toi la gloire, Saint ; à Toi la gloire, Roi. Tu nous as procuré la nourriture pour notre joie. Remplis-nous de ton Saint-Esprit pour que nous soyons trouvés dignes en Ta présence, et que nous n'ayons pas de honte lorsque Tu viendras rendre à chacun selon ses œuvres. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Dieu le Père
Voici la Prière « Accorde-nous, Seigneur, d'observer cette règle de vie : vouloir ce que Tu veux » de Saint Jean Chrysostome (345-407) Évêque patriarche de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Accorde-nous, Seigneur, d'observer cette règle de vie : vouloir ce que Tu veux » :

« Accorde-nous, Seigneur, d'observer cette règle de vie : vouloir ce que Tu veux. Viens en aide aux pauvres résolutions de notre volonté. Elle a le désir d'accomplir ce que Tu ordonnes, mais la faiblesse du corps l'entrave. Tends la main à ceux qui voudraient courir mais qui ne font que boiter. Notre âme a des ailes, mais la chair l'attire en bas ; elle est prompte à tendre vers les réalités d'en-haut, mais elle est alourdie, elle est inclinée vers les réalités de la terre. Que Ton secours nous vienne en aide ; ce qui paraissait impossible deviendra alors aisé. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome à Dieu le Père
Voici la Prière « Dieu, Ami des hommes, délivre-nous du jugement » de Saint Jean Chrysostome (345-407) baptisé à l'âge adulte qui fut ascète, puis moine cénobite, et pratiqua deux ans I'érémitisme avant d'être élevé au diaconat pour être ordonné Prêtre, puis Évêque de Constantinople et aujourd’hui Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Dieu, Ami des hommes, délivre-nous du jugement » :

« Quelle louange, quelle hymne, quelle action de grâce, ou quelle récompense T'offrirons-nous, Toi le seul Dieu, Ami des hommes ? Car, lorsque nous fûmes condamnés à la destruction et immergés dans nos péchés, Tu nous as accordé la liberté, et Tu nous as donné l'immortelle et céleste nourriture du Corps et du Sang de Ton Christ. C'est pourquoi nous Te prions avec les serviteurs qui Te servent, délivre-nous du jugement. Garde-nous avec eux dans l'honneur et dans une vie sainte, et ceux qui prient avec nous, et qui ont été participants à Ta Cène mystique, préserve-les libres de condamnation jusques à leur dernier souffle. Que cela soit pour eux pour eux une sanctification de l'âme et du corps, pour la garde de Tes commandements, et ainsi, puisse nous être accordé d'atteindre Ton royaume céleste, de concert avec tous ceux qui Te furent agréables dans tous les siècles, par les prières et les intercessions de notre sainte, toute pure, très bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie et de tous Tes Saints, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »

Saint Jean Chrysostome (345-407)
« Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome sur le Mariage
Voici la première Homélie sur le Mariage d’après les Paroles de Saint Paul « à cause de la fornication que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari » (1 Co 7, 2) de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique, brillant orateur pour son éloquence d’où son nom « Chrysostome » (Bouche d'or). Saint Jean Chrysostome s’élève contre les abus du démon qui accompagnent la Célébration du Mariage et annonce les châtiments des époux adultères en ce monde et dans l'Autre.
La première « Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome :

Je veux encore aujourd'hui vous conduire par la main vers les sources de miel, le miel étant une chose dont on ne peut se lasser. Telle est la nature des paroles de Paul, et tous ceux qui s'abreuvent à ces sources, parlent sous l'inspiration du Saint-Esprit; ou plutôt, la douceur du miel n'est rien auprès du charme attaché aux paroles divines. Et c'est ce que le prophète exprime en ces termes : « Que tes paroles sont douces à mon gosier ; ma bouche les préfère au miel » (Ps 118, 103). Mais ce n'est pas seulement le miel que passe en douceur le charme des célestes paroles, c'est l'or, ce sont les pierres les plus rares qui lui cèdent en valeur, c'est l'argent le plus raffiné qui lui cède en pureté. Les paroles du Seigneur, dit le même, sont des paroles pures, un argent passé au feu, purgé de sa terre, sept fois purifié. Voilà ce qui faisait dire à un sage : Il n'est pas bon de manger beaucoup de miel ; mais il faut honorer les paroles glorieuses (Pr 25, 27). En effet, le miel peut causer une maladie à l'homme sain, tandis qu'à l'aide de ces paroles, l'homme infirme peut se guérir ; de plus, le miel se corrompt dans la digestion, tandis que les paroles divines, lorsqu'on les digère, deviennent encore plus agréables et plus salutaires, et pour ceux qui les ont goûtées, et en même temps pour beaucoup d'autres. Enfin, celui qui s'assied à une table matérielle où règne le luxe, la quitte souvent avec des nausées qui le rendent incommode à tout ce qui l'entoure : au contraire, celui qui exhale l'odeur de l'instruction spirituelle, délecte ceux qui l'approchent par des parfums enivrants. Aussi David, qui goûtait sans cesse à ce festin béni, a-t-il pu dire : « Mon coeur a exhalé le parfum de la bonne parole ». En effet, il est aussi une mauvaise parole, dont on peut exhaler l'odeur. Et comme dans les festins du corps, la nature des aliments détermine la qualité de l'odeur qui revient à la bouche des convives ; ainsi, quand il s'agit de paroles, la qualité de celles dont on s'est nourri se reconnaît généralement à l'arrière-goût qu'elles laissent après elles. Par exemple, vous allez vous asseoir sur les degrés d'un théâtre, vous entendez des chansons lubriques : vos conversations sentiront encore les propos que vous aurez entendus. Mais vous venez à l'église, vos oreilles participent aux discours spirituels ; votre bouche en rendra le parfum. De là cette parole du prophète : « Mon coeur a exhalé le parfum de la bonne parole, par où il veut nous faire entendre l'aliment dont il avait coutume de se nourrir ». Et Paul, sur la foi du prophète, nous exhortait en ces termes : « Qu'aucun discours mauvais ne sorte de votre bouche ; que s'il en sort quelqu'un, qu'il soit bon » (Ep 4, 29). Et qu'est-ce qu'un discours mauvais ? dira-t-on ; si vous apprenez ce que c'est qu'un bon discours, vous connaîtrez en même temps ce que c'est qu'un discours mauvais, car ces deux choses sont ici opposées l'une à l'autre. Ce que c'est qu'un bon discours ! Il n'est pas besoin que je vous l'apprenne, car Paul lui-même nous en a expliqué la nature. En effet, après ces mots : « qu'il soit bon », il ajoute, « propre à édifier l'Eglise », montrant par là qu'un bon discours est celui qui édifie le prochain. Par conséquent, si le bon discours est celui qui édifie, le discours mauvais et condamnable est celui qui détruit.

Ainsi donc, mon cher auditeur, si tu as quelque chose à dire qui soit propre à rendre meilleur celui qui t'écoute, ne reste pas bouche close en cette occasion de salut : mais si tu n'as rien de pareil, et seulement des propos répréhensibles et dissolus, tais-toi, ne parle point contre l'intérêt du prochain. Car, c'est là un discours mauvais, puisque non-seulement il n'édifie pas l'auditeur, mais encore fait tout le contraire. En effet, si cet auditeur pratique la vertu, de tels propos lui inspirent souvent de l'orgueil; et s'il est nonchalant pour le bien, il redouble son indifférence. Si tu dois prononcer quelque parole licencieuse et grossièrement risible, tais-toi. Car ce discours est mauvais qui rend plus déréglés et celui qui le profère et celui qui l'écoute et qui ravive en chacun les ardeurs coupables. Comme le bois est la matière et l'aliment de la flamme, ainsi les mauvaises pensées sont attisées par les paroles. Il ne faut donc pas dire indistinctement tout ce que nous avons dans l'esprit ; mais travaillons sérieusement à bannir de notre esprit même, et les désirs coupables, et toute pensée honteuse. Que si par hasard, et à notre insu, nous laissons pénétrer en nous quelque sale imagination, gardons-nous de la produire indiscrètement, et plutôt étouffons-la sous le silence. Voyez, en effet, les animaux farouches et les reptiles pris au piège ; s'ils trouvent quelque issue pour s'échapper, ils deviennent plus féroces après leur évasion; si au contraire ils restent enfermés sans répit dans leur prison, bientôt, pour une cause ou une autre, ils sont détruits et exterminés. Ainsi des pensées coupables : notre bouche, nos discours leur offrent-ils quelque issue, leur flamme intérieure en reçoit de nouvelles forces. Mais si l'on ferme sur elles la porte du silence, elles s'affaiblissent, et, réduites par notre retenue à une sorte d'inanition, elles meurent emprisonnées dans notre âme. Par conséquent, alors même que tu éprouverais quelque honteuse convoitise, si tu sais t'abstenir de paroles honteuses, tu éteins dans ton coeur la convoitise elle-même. Ta pensée n'est point pure, du moins que ta bouche le soit ; garde-toi de jeter ces ordures à ta porte, de peur de nuire à d'autres et à toi-même. En effet, les paroles honteuses souillent non-seulement ceux qui les prononcent, mais encore ceux qui les entendent. Je t'invite donc et t'exhorte à fermer, non-seulement ta bouche, mais encore tes oreilles à tous propos de ce genre, et à rester attaché d'une manière inébranlable à la loi divine. Telle est la conduite de l'homme que proclame heureux le Prophète : « Heureux l'homme qui n'a point marché dans le conseil des impies, qui ne s'est point tenu debout dans la voie des pécheurs, qui ne s'est point assis dans la chaire de pestilence; mais sa volonté est dans la loi du Seigneur, et dans sa loi il méditera le jour et la nuit » (Ps 1, 2).

Dans les conversations du siècle, s'il se glisse parfois quelques bonnes paroles, c'est au milieu de mille propos méprisables, qui laissent à peine de la place pour un discours sensé. Il en est tout autrement des saintes Ecritures : là, vous n'entendrez rien qui soit mauvais, rien qui ne soit salutaire et rempli d'une profonde sagesse : tel est, par exemple, le texte qui nous a été lu aujourd'hui. Ce texte, quel est-il ? « Quant aux choses dont vous m'avez écrit, il est avantageux à l'homme de ne toucher aucune femme. Mais à cause de la fornication, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari » (1 Co 7, 1-2). Paul décrète en cet endroit, au sujet des Mariages ; il n'en rougit pas, il n'en éprouve point de honte. En effet, si son Maître a daigné assister à un Mariage, si, loin de s'en abstenir par pudeur, il a au contraire honoré la cérémonie de sa présence et de son cadeau (et nul ne se montra plus généreux que lui pour les époux, puisqu'il changea l'eau en vin), comment l'esclave aurait-il rougi de décréter au sujet des Mariages ? Ce n'est pas le Mariage qui est une mauvaise chose, c'est l'adultère, c'est la fornication. Or le Mariage est un remède contre la fornication.

Evitons donc de le déshonorer par des pompes diaboliques, et que, à l'exemple des mariés de Cana en Galilée, ceux qui prennent femme aujourd'hui aient pareillement entre eux Jésus-Christ. Mais comment, dira-t-on, cela peut-il se faire ? Par le simple ministère des prêtres. En effet, il est écrit : « Celui qui vous reçoit me reçoit » (Mt 10, 40). Si donc vous chassez loin de vous le diable, les chansons lubriques, les poésies voluptueuses, les danses déréglées, les paroles obscènes, et tout cet appareil diabolique , et ce tumulte , et ces rires à gorge déployée ; si vous bannissez enfin toute indécence et que vous introduisiez les saints serviteurs du Christ, le Christ lui-même, en leur personne, sera là, n'en doutez point, avec sa mère et ses frères. Car il est écrit : « Quiconque fait la volonté de mon Père, celui-là est mon frère, et ma soeur et ma mère » (Mt 12, 50). Je sais que quelques-uns trouvent importunes et fatigantes ces exhortations, ainsi que nos efforts pour déraciner un antique usage. Je ne m'en inquiète nullement, car je n'ai pas besoin de vous plaire, mais seulement de vous être utile: je n'ai pas besoin de vos applaudissements ni de vos éloges, mais de votre avancement et de votre instruction. Qu'on ne vienne donc point me dire que c'est un usage : dès que le péché se commet, cessez de parler d'usage. Si l'usage ne vaut rien, détruisez-le, quelque ancien qu'il puisse être ; s'il est innocent, vous fût-il inconnu d'ailleurs, il faut l'introduire et l'implanter. Mais la preuve que ces pratiques indécentes ne proviennent point d'un antique usage, et sont au contraire des nouveautés, vous la trouverez en vous rappelant la manière dont Isaac épousa Rébecca, dont Jacob épousa Rachel. En effet, l'Ecriture raconte leurs mariages ; elle nous apprend comment les jeunes femmes furent conduites chez leurs époux, et elle ne mentionne rien de pareil. Seulement le festin fut plus brillant que le repas habituel, et les parents furent invités à la noce : quant aux flûtes, aux cymbales, aux danses d'ivrognes, à toutes les indécences qui sont à la mode aujourd'hui, elles furent laissées à la porte.

Chez nous, l'on danse en chantant des hymnes en l'honneur d'Aphrodite, on entonne des chansons où il n'est question que d'adultères, d'épouses séduites, d'amours illégitimes, d'accouplements monstrueux, enfin d'impiétés et d'infamies de tout genre, et cela dans un pareil jour ; et c'est en état d'ivresse, c'est à la suite de tous ces dérèglements, c'est au milieu de propos obscènes que l'on fait cortège publiquement à la jeune épouse. Et comment donc, dis-moi, peux-tu exiger d'elle la chasteté, quand, dès le premier jour, tu lui donnes de pareilles leçons d'effronterie ; quand tu exposes à sa vue et à son oreille des spectacles, des propos dont le récit ferait horreur à des esclaves un peu réservés ? Quand le père, conjointement avec la mère, a consacré si longtemps toute sa sollicitude à veiller sur sa fille vierge, à empêcher qu'elle ne dît rien, qu'elle n'entendît rien de pareil; quand il a multiplié pour cela les précautions : chambres particulières, appartements réservés, gardiens, portes, verrous, soin de tout fermer le soir, défense de se laisser voir, même aux parents, que sais-je encore ? Tu arrives, et dans un jour tu détruis tout cet ouvrage, tu dépraves toi-même ta femme par une ignoble cérémonie, tu ouvres son âme au langage de la corruption ! Et d'où viennent, si ce n'est de là, les maux dont on se plaint ensuite ? D’où viennent les adultères et les jalousies ? D'où viennent les stérilités , les veuvages, les morts qui font de petits orphelins ? Quand vous appellerez les démons par vos refrains, quand vous comblerez leurs désirs par vos discours licencieux, quand vous introduirez dans vos demeures des mimes, d'infâmes histrions et tous les scandales du théâtre ; quand vous remplirez votre maison de prostituées et que vous y mettrez en fête et en branle toute la troupe des démons, quel salut, dites-moi, pouvez-vous encore espérer ? Mais pourquoi faire venir des prêtres, quand le lendemain c'est une pareille fête que vous devez célébrer ?

Voulez-vous déployer votre munificence d'une manière profitable ? Invitez des pauvres en guise de danseurs. Mais vous avez honte, je crois, vous rougissez ? Et quelle pire déraison que d'attirer le diable chez vous comme s'il n'y avait rien là de honteux, et de rougir quand on vous parle d'y laisser entrer le Christ ! Car, de même que les pauvres, en entrant, sont accompagnés du Christ, de même, au milieu des danses que forment ces mimes et ces infâmes, le diable est là qui prend part à la fête. En outre, de tels frais ne rapportent rien, ou plutôt ils produisent un grand dommage, tandis que la dépense dont je vous parle ne vous laissera pas longtemps sans une riche récompense. — Mais personne dans toute la ville ne s'est comporté de la sorte. — Eh bien ! Songe à donner l'exemple et à prendre l'initiative de cette noble coutume, afin que ceux qui viendront ensuite t'en reportent l'honneur. Si l'on t'imite, si l'on t'emprunte cette pratique, les petits-neveux et les enfants des petits-neveux pourront dire à ceux qui en rechercheront l'origine : Un tel, le premier, a mis en honneur ce bel usage. Voyez ce qui se passe dans le inonde au sujet des jeux publics : c'est à qui, dans les festins, célébrera ceux qui se sont acquittés avec munificence de ces stériles devoirs, envers l'Etat. A plus forte raison cette fonction spirituelle vaudra-t-elle des éloges et des actions de grâces unanimes à celui qui en aura pris l'admirable initiative et elle lui vaudra, en même temps, une réputation de munificence et profit. En effet, si d'autres suivent ce bon exemple, c'est à toi, qui auras semé, que reviendra le prix de la moisson. Ce mérite fera que tu seras bientôt père ; il protégera ensuite tes enfants et sera cause que l'époux vieillira aux côtés de son épouse. En effet, si Dieu ne cesse de menacer les pécheurs, s'il leur dit : « Vos enfants seront orphelins et vos femmes seront veuves » (Ex 22, 24) ; à ceux qui lui obéissent en toutes choses il promet et une vieillesse heureuse, et tous les biens avec celui-là.

Paul nous apprend encore que les morts prématurées résultent souvent du grand nombre des péchés. C'est pour cela, nous dit-il, « qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de languissants, et que beaucoup s'endorment » (1 Co 11, 30). Mais, que la nourriture donnée aux pauvres prévient ces accidents, ou, dans le cas d'un malheur imprévu, y porte promptement remède, c'est ce que vous prouvera l'exemple de la jeune fille de Joppé. Elle gisait privée de vie, mais les pauvres nourris par elle l'entouraient : leurs larmes la réveillèrent et la rendirent à la vie (Ac 9, 36). Tant il est vrai que la prière des veuves et des pauvres est préférable à tous les rires et à toutes les danses ! - Ici, un plaisir éphémère : là un profit durable et constant. Songe au prix que valent tant de bénédictions réunies sur la tête d'une jeune femme, au moment où elle entre dans la maison de son époux. Combien de couronnes ne faudrait-il point pour en effacer l'éclat ! Combien d'or pour en égaler la valeur ! Aussi vrai que la mode actuelle est insensée et absurde au suprême degré. En effet, en admettant que nulle punition, nul châtiment, ne soit le prix de pareilles indécences, songez si ce n'est pas déjà un cruel supplice, que de supporter ce torrent d'injures en public, devant une foule qui les entend, de la part d'hommes ivres qui n'ont plus l'usage de leur raison. Les pauvres bénissent la main qui leur fait l'aumône, et forment mille voeux pour leur bienfaiteur ; au contraire, les gens dont je parle ne quittent la table où ils se sont enivrés et repus que pour lancer les quolibets les plus orduriers à la tête des époux, et apporter à ce jeu je ne sais quelle émulation diabolique : on dirait que les mariés sont des ennemis, tant leurs parents semblent faire assaut à qui profèrera sur leur compte les plus inconvenants sarcasmes ; c'est comme une bataille rangée : et cette lutte entre les invités a pour résultat de remplir l'époux et l'épouse de honte et de confusion.

Faut-il maintenant, dites-moi, chercher une autre preuve que ce sont les démons qui, agitant leurs âmes, leur font tenir cette conduite et ce langage ? Et qui donc pourrait contester, désormais, que ce soit l'impulsion du démon qui les incite à parler et à agir de la sorte ? Personne assurément, car ce sont bien là les rémunérations du diable : injures, ivresse, déraison. Si maintenant quelqu'un tire un présage de l'invitation adressée de préférence aux pauvres, et juge que ce serait entrer en ménage sous de fâcheux auspices, je veux lui apprendre à mon tour que ce n'est pas l'accueil fait aux pauvres et aux veuves, mais celui qu'on fait à des infâmes et à des prostituées qui présage des afflictions de tout genre et des milliers de maux. Plus d'une fois, en effet, ce jour même vit un jeune époux arraché à sa nouvelle famille par les mains d'une courtisane qui, du même coup, éteignit en lui tout amour pour son épouse, ruina l'harmonie du ménage, rompit ses liens avant qu'ils fussent formés, et y jeta les semences de l'adultère. Voilà ce que devraient craindre les parents, ne craignissent-ils rien autre chose ! Et ce serait assez pour qu'on dût interdire l'accès des noces aux mimes et aux danseurs. Car le Mariage n'a pas été institué dans l'intérêt de la débauche et de la fornication, mais dans celui de la chasteté. Voici du moins ce que dit Paul : « A cause des fornications, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari ». En effet, il y a deux raisons pour lesquelles le mariage a été institué : c'est à savoir, afin que nous soyons chastes, et afin que nous devenions pères : mais de ces deux motifs, le plus important est celui de la chasteté. C'est du jour où s'est introduite la concupiscence que s'est introduit le mariage, qui coupe court à l'incontinence, et amène l'homme à se contenter d'une femme. Car pour la procréation, ce n'est point tant l'effet du mariage que de cette parole de Dieu qui dit : « Croissez et multipliez, et remplissez la terre » (Ge 1, 28). Témoins tant d'hommes qui ont usé du mariage et ne sont point devenus pères. En sorte que la raison dominante est celle de la chasteté, surtout aujourd'hui que notre espèce a couvert la terre habitable. Dans le principe, chacun devait désirer d'avoir des enfants, afin de laisser un souvenir et une trace de son existence. En effet, lorsqu'il n'y avait point encore d'espérances de résurrection, et que c'était le règne de la mort, et que les mourants pensaient être anéantis à l'issue de leur carrière terrestre, Dieu donna aux hommes cette consolation de la paternité, en sorte que ceux qui partaient se survécussent dans de vivantes images, que notre race se conservât, et que ceux qui allaient mourir aussi bien que leurs familles eussent dans leurs rejetons un sujet incomparable de soulagement.

Et pour vous faire bien comprendre que c'était ce motif surtout qui faisait désirer des enfants, je vous citerai la plainte de la femme de Job à son mari, dans leur adversité : Voilà, dit-elle, que tout souvenir de toi a disparu de la terre, tes fils comme tes filles. (Jb 13, 17). Et de même Saül dit à David : « Jure-moi dans le Seigneur que tu n'extermineras pas ma race et mon nom après moi » (1 R 24, 22). Mais puisque désormais la résurrection nous attend à la porte, que la mort ne compte plus pour rien, que nous nous acheminons de cette vie vers une vie meilleure, tout soin de ce genre est superflu. En effet, si tu souhaites des enfants, il en est de bien meilleurs, de bien plus souhaitables, dont il ne tient qu'à toi d'être le père, maintenant qu'il existe des gestations spirituelles, des enfantements d'un ordre supérieur, et des bâtons de vieillesse d'une espèce plus précieuse. En conséquence, le mariage n'a qu'une fin, empêcher la fornication : et c'est pour ce mal qu'a été inventé ce remède. Mais si tu devais, même après le mariage, te laisser aller à la fornication, c'est en vain que tu aurais eu recours au mariage, c'est inutilement, c'est sans profit. Que dis-je ? Ce n'est pas seulement pour rien, c'est plutôt pour ton malheur. En effet, la faute n'est point la même à commettre la fornication quand on n'a point de femme, et à y retomber après le mariage : dès lors ce n'est plus fornication, c'est adultère. Ce que je dis peut paraître étrange c'est vrai pourtant.

Je le sais, beaucoup de gens s'imaginent qu'on ne se rend adultère que par la séduction d'une femme en puissance de mari. Et moi je prétends que quiconque, étant marié, a des rapports coupables et illicites avec une femme, fût-ce une fille publique, une servante, une personne quelconque non mariée, commet un adultère. En effet, ce n'est pas seulement la personne déshonorée, c'est encore l'auteur de son déshonneur, dont la qualité constitue l'adultère. Et n'allez point, en ce moment, m'alléguer les lois du monde qui traînent les épouses séduites devant les tribunaux et leur font subir un jugement, tandis qu'elles ne demandent point de comptes aux hommes mariés qu'ont débauchés des courtisanes. Moi, je vous lirai la loi de Dieu, qui sévit également contre l'homme et contre la femme, et les déclare pareillement adultères. Après ces mots : « Et que chaque femme ait son mari », viennent les suivants : « Que le mari rende à sa femme l'affection qu'il lui doit » (1 Co 7, 3). Que veut-il faire entendre par ces mots ? Qu'il faut avoir l'oeil à ses revenus ? Garder sa dot intacte ? Lui fournir de riches vêtements ? Une table somptueusement servie ? Une suite brillante ? Une nombreuse maison ? Que veux-tu dire ? Quelle est cette affection que tu prescris ? Aussi bien toutes ces choses sont-elles des preuves d'affection. Rien de tout cela, répondra Paul : « je ne prescris que la continence et la chasteté ». La personne de l'époux n'appartient plus à l'époux, mais à l'épouse, qu'il lui garde donc intacte cette propriété, qu'il n'en dérobe rien, qu'il ne la dissipe point. En effet, on dit qu'un serviteur a de l'affection pour ses maîtres, lorsque, chargé de gérer leurs biens, il n'en laisse rien se perdre. Puis donc que la personne du mari est la propriété de l'épouse, l'homme doit montrer son affection en veillant bien sur ce dépôt. Et la preuve que tel est le sens de ces paroles de Paul : « Qu'il lui rende l'affection qui lui est due », c'est qu'il ajoute aussitôt : « La femme n'a pas puissance sur son corps, c'est le mari ; de même le mari n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme » (1 Co 7, 4). Par conséquent, si vous voyez une courtisane vous tendre des pièges, chercher à vous attirer, s'éprendre de votre personne, dites-lui : « Ce corps n'est pas à moi, mais à ma femme ; je ne puis en abuser, ni le livrer à une autre femme ». Et que de son côté la femme agisse de même. En effet, sur ce point, les droits des deux sexes sont égaux. D'ailleurs, Paul accorde dans le reste une grande prééminence au mari, comme l'attestent ces paroles : « Que chacun de vous aime sa femme comme lui-même ; mais que la femme craigne son mari » (Ep 5, 33) ; et ailleurs : « L'homme est le chef de la femme » et enfin : « La femme doit être soumise à son mari » (Ep 5, 22). De même dans l'Ancien Testament : « Ton recours est en ton mari, et il sera ton maître » (Ge 3, 16). Comment donc a-t-il pu établir sur ce point une réciprocité parfaite d'esclavage et de, domination ? En effet, cette maxime : « La femme n'a pas puissance sur son corps, c'est le mari; de même le mari n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme », annonce l'intention d'établir une complète égalité ; et de même que l'homme est le maître du corps de la femme, de même la femme, à son tour, est maîtresse du corps de l'homme. D'où vient donc qu'il ait institué une égalité si parfaite ? C'est que dans tout le reste la prééminence est indispensable. Au contraire, dès qu'il y va de la continence et de la chasteté, l'homme n'a plus aucune prérogative à l'égard de la femme, et encourt le même châtiment, s'il vient à enfreindre les lois du mariage. Cela s'explique parfaitement. En effet, si ta femme est venue à toi, si elle a quitté son père, sa mère, et toute sa famille, ce n'est pas pour que tu l'outrages, pour que tu lui substitues une vile courtisane, pour qu'elle soit en butte à une guerre perpétuelle : tu l'as prise pour qu'elle fût ta compagne, ton associée, pour qu'elle fût libre, et jouît des mêmes droits que toi-même. N’est-il pas étrange que la dot qu'elle t'apporte soit l'objet de toute ta sollicitude, que tu évites soigneusement d'en rien distraire ; et que ces trésors, bien plus précieux qu'une dot, je veux dire la continence et la chasteté, et ta propre personne, qui est sa propriété, tu les prodigues et les corrompes ? S'il t'arrive de toucher à la dot, c'est à ton beau-père que tu rends tes comptes. Mais si tu attentes à la chasteté, c'est Dieu qui te les demandera, Dieu qui a institué le Mariage, et de qui tu tiens ton épouse. Si vous en voulez une preuve, écoutez ce que dit Paul au sujet des adultères : « Celui qui méprise ces préceptes, méprise non pas un homme, mais Dieu, qui nous a donné son Esprit saint » (1 Th 4, 8).

Voyez-vous combien les preuves abondent à l'appui de notre proposition qu'il y a adultère, non seulement quand on séduit une femme en puissance de mari, mais encore quand on a commerce avec une concubine quelconque, dès lors qu'on est marié ? En effet, de même que nous appelons la femme adultère, soit que son complice soit un valet ou tout autre, dès qu'elle est infidèle à son mari ; ainsi nous devons donner le même nom à tout homme infidèle à son épouse, fût-ce avec une courtisane, ou la première venue des femmes publiques. Veillons donc à notre salut, et ne livrons point notre âme au diable par ce péché. De là les ruines, de là les guerres sans fin dans les ménages ; par-là fuit la tendresse, par-là s'évanouit l'affection. En effet, s'il est impossible qu'un homme chaste dédaigne sa femme et la méprise jamais, il est également impossible qu'un homme livré à la débauche et à l'incontinence aime son épouse, quand bien même elle aurait des charmes incomparables. De la chasteté naît la tendresse, et de la tendresse des biens sais nombre. Considérez donc les autres femmes comme étant de pierre, dans la conviction qu'une fois marié, vous ne pouvez jeter un regard d'incontinence sur une autre femme, épouse ou fille publique, sans tomber sous le grief d'adultère. Répétez-vous chaque jour ces paroles au fond de vous-même ; et si vous voyez que la convoitise d'une autre femme est éveillée pour vous, et que cela vous fait trouver votre épouse déplaisante, entrez dans votre chambre, ouvrez ce livre, et par la médiation de Paul, par la vertu de ces paroles constamment répétées, éteignez cette ardeur.

Par-là vous reprendrez de l'amour pour votre femme, en l'absence de toute passion qui diminue votre attachement pour elle; et non-seulement votre femme vous semblera plus aimable, mais vous paraîtrez vous-même bien plus digne de respect et de considération. Car il n'est rien, non, rien de plus vil qu'un homme marié qui tombe dans la fornication. Ce n'est point seulement devant son beau-père, devant ses amis, devant ceux qu'il rencontre, c'est devant ses propres serviteurs qu'il est forcé de rougir. Que dis-je ? Ce n'est rien encore ; mais sa maison même lui paraît plus affreuse que le plus odieux cachot, parce que ses regards et son imagination sont constamment tournés vers la concubine qu'il aime.

Voulez-vous vous faire une juste idée de cette misère ? Considérez l'existence que mènent ceux qui soupçonnent leurs femmes, combien ce qu'ils mangent, combien ce qu'ils boivent leur paraît insipide. On dirait que leur table est chargée de poisons mortels. Ils fuient comme la peste une maison où ils ne trouvent que chagrins. Plus de sommeil pour eux, plus de nuits tranquilles, plus de réunions d'amis ; les rayons mêmes du soleil ne luisent plus pour eux ; il n'est pas jusqu'à la lumière, dont ils ne se trouvent importunés, et cela, non-seulement lorsqu'ils ont surpris leurs femmes en flagrant délit, mais sur un simple soupçon. Eh bien ! Songez que ces souffrances sont également celles de votre femme, si elle vient à apprendre de quelqu'un, ou seulement à soupçonner que vous vous êtes abandonné à une concubine. Que cette pensée vous fasse éviter non-seulement l'adultère, mais jusqu'au soupçon de ce crime ; que si votre femme vous soupçonne injustement, calmez-la, persuadez-la. Car ce n'est point par haine ou par déraison, c'est par sollicitude qu'elle agit de la sorte, c'est par un excès de crainte pour sa propriété. Car, ainsi que je l'ai déjà dit, votre corps est sa propriété, et une propriété plus précieuse que tout ce qui lui appartient d'ailleurs. Craignez donc de commettre à son égard la plus grande des injustices, craignez de lui porter le coup mortel. Si vous la méprisez, à tout le moins, redoutez le Seigneur, qui punit les adultères, le Seigneur qui a prononcé contre les fautes de ce genre les plus terribles arrêts. Car pour cette classe de coupables, ainsi qu'il est écrit : « Le ver ne mourra point et le feu ne s'éteindra pas » (Mc 9, 47).

Mais si vous vous mettez peu en peine de l'avenir, que le présent du moins vous épouvante. En effet beaucoup d'hommes après s'être livrés à des courtisanes ont succombé justement et misérablement aux intrigues dont les avaient circonvenus ces prostituées, jalouses de les détacher de leur constante et légitime épouse, et de les enchaîner complètement à leur propre amour; elles mettent en oeuvre les sortilèges, préparent des philtres, organisent mille enchantements, et souvent, par-là , causent à leurs amants d'accablantes infirmités, les jettent dans la langueur et dans la consomption, les précipitent dans un abîme de maux où ils trouvent la fin de leur vie terrestre. Si tu ne crains pas la géhenne, toi qui m'entends, redoute les enchantements de ces femmes. Lorsque par ton incontinence tu t'es privé de l'appui du Seigneur, quand tu t'es dépouillé toi-même de sa céleste protection, c'est alors que ta concubine, te trouvant sans appui, peut impunément, avec l'aide de ses démons qu'elle invoque, des amulettes qu'elle fabrique, des embûches qu'elle dresse; c'est alors, dis-je, qu'elle peut sans nulle peine consommer ta perte, après avoir fait de toi un objet d'opprobre et de risée pour toute la ville, au point qu'il ne te reste plus même la consolation d'être plaint. Car il est écrit : « Qui donc aura pitié de l'enchanteur mordu par un serpent et de tous ceux qui approchent des bêtes féroces ? » (Qo 12, 13).

Je passe sous silence les pertes d'argent, les défiances quotidiennes, l'arrogance, l'orgueil, l'insolence dont les courtisanes accablent leurs folles victimes, supplice mille fois plus douloureux que la mort. Tu ne supportais pas de ta femme une parole un peu vive, et tu courbes la tête sous les soufflets d'une prostituée. Et tu ne sens point de honte, tu ne rougis pas, tu ne souhaites pas que la terre s'entrouvre pour t'engloutir ? Comment oseras-tu venir à l'église, et élever les mains vers le ciel ! Comment invoquer Dieu avec cette bouche souillée par les baisers d'une courtisane ? Et tu n'as pas peur, tu ne trembles pas, dis-moi, que la foudre, tombant du ciel, n'embrase ce front sans pudeur ? Tu as pu cacher à ta femme ta trahison, mais tu ne la cacheras pas à l'œil qui ne s'endort point ; car, à cet adultère qui disait Les ténèbres et des murs m'entourent ; qu'ai-je à craindre ? Le Sage a répondu que les yeux du Seigneur ont mille fois plus de lumière que le soleil, pour regarder les oeuvres des hommes. Voilà pourquoi Paul a dit toutes ces choses : « Que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari ; que le mari rende à sa femme l'affection qu'il lui doit, et pareillement la femme à son mari » (1 Co 7, 2-3). Un miel, découle des lèvres de la courtisane, lequel, sur le moment, flatte ton gosier; mais plus tard tu le trouveras plus amer que le fiel, et plus acéré qu'un glaive à deux tranchants (Pr 5, 3-4).

Il y a du poison dans le baiser de la courtisane, un poison secret et dissimulé. Pourquoi donc courir après un plaisir réprouvé, pernicieux, qui cause des plaies incurables, au lieu de vivre dans le bonheur et dans la sécurité ? Auprès de ta femme légitime tu trouves à la fois plaisir, sûreté, délassement, respect, considération et bonne conscience ; là, au contraire, tout est amertume, tout est dommage, et tu es sous le coup d'une accusation perpétuelle. Car, à supposer même que personne ne t'ait vu, ta conscience ne cessera de porter témoignage contre toi ; vers quelque lieu gaie tu t'échappes, partout te suivront les reproches, les cris formidables de cet implacable accusateur. Si donc vous recherchez le plaisir, fuyez le commerce des courtisanes. Car il n'y a rien de plus pénible que cette fréquentation, rien de plus intolérable que ces rapports, rien de plus infâme que cette société. Qu'elle soit ta biche la plus chère, ton faon de prédilection ; que ta fontaine soit la source où tu puises (Pv 5, 19 et 15). Quand tu as sous la main une source d'eau limpide ; pourquoi courir à un marais fangeux qui exhale l'odeur de la géhenne et des inexprimables tourments ? Quelle est ton excuse ? Ton titre à la miséricorde ? Si ceux qui, tombent dans la fornication avant le mariage sont punis et expient leur faute, comme celui, qui était revêtu d'habits sordides, à plus forte, raison les fornicateurs mariés. Car, dans ce cas, le grief est double et triple, et parce que, les consolations dont ils jouissent ne les ont pas empêchés de se jeter dans de pareils désordres, et parce que leur crime n'est plus compté seulement pour fornication, mais encore pour adultère, ce qui est le plus grave des péchés.

Ne cessons donc point de nous répéter à nous-mêmes et de répéter à nos femmes ces maximes ; et c'est pourquoi je veux finir moi-même sur ces paroles : « A cause de la fornication, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari. Que le mari rende à sa femme l'affection qui lui est due, et pareillement la femme à son mari. La femme n'a pas puissance sur son corps ; c'est le mari. De même, le mari n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme ». Conservons précieusement ces paroles dans notre mémoire; sur la place publique, à la maison, le jour, le soir, à table, au lit, partout enfin ; méditons-les, habituons nos femmes à nous les citer, à se les entendre citer par nous, afin qu'avant passé chastement, la vie présente, nous soyons admis au royaume des cieux, par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui et avec qui, gloire au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
« Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome sur le Mariage
Voici la deuxième Homélie sur le Mariage d’après les Paroles de Saint Paul aux Corinthiens « La femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son mari ; que si son mari s'endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais seulement, selon le Seigneur. Cependant elle sera plus heureuse si, selon mon conseil, elle demeure comme elle est : or, je pense que, j'ai, moi aussi, l'Esprit du Seigneur » (1 Co 7, 39-40) de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique. Saint Jean Chrysostome traite de la répudiation, de l’adultère et du veuvage en remontant jusqu’aux prophètes Moïse, Isaïe, Malachie, …
La deuxième « Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome :

L'autre jour, le bienheureux Paul nous formulait la Loi du Mariage, et nous en exposait les vrais principes ; vous avez entendu ce qu'il écrivait, ce qu'il disait aux Corinthiens : « Quant aux choses dont vous m'avez écrit, il est avantageux à l'homme de ne toucher aucune femme. Mais, à cause de la fornication, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari » (1 Co 7, 1-2). Aussi avons-nous consacré nous-même tout entretien à ces paroles. Or aujourd'hui il faut encore que nous revenions sur le même sujet puisque Paul nous en parle encore aujourd'hui. En effet, vous avez entendu avec quelle force il nous crie : « La femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son mari ; que si son mari s'endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais seulement, selon le Seigneur. Cependant elle sera plus heureuse si, selon mon conseil, elle demeure comme elle est : or, je pense que, j'ai, moi aussi, l'Esprit du Seigneur » (1 Co 7, 39-40). Attachons-nous donc à ses pas encore aujourd'hui, et entretenons-nous de ce sujet ; car en marchant sur la trace de Paul, c'est vraiment le Christ que nous suivrons en sa personne, puisque l'Apôtre a écrit constamment, non par lui-même, mais sous la dictée du Seigneur. En effet, ce n'est pas une affaire de peu d'importance qu'un Mariage selon les règles; et mille infortunes attendent ceux qui n'en usent point comme il convient. La femme, qui est une auxiliaire, devient parfois un ennemi secret. Le Mariage, qui est un port, peut aussi devenir un écueil, non en vertu de sa nature propre, mais par la faute de ceux qui ne savent pas en faire un bon usage. En effet, l'époux qui se conforme aux Lois conjugales trouve dans sa maison, dans sa femme, une consolation, un asile contre tous les maux, publics ou autres, qui peuvent le frapper. Au contraire, celui qui traite légèrement et sans réflexion, cette seule affaire, quand la place publique serait pour lui sans orages, ne verra plus en rentrant chez lui que récifs et rochers dangereux. Il faut donc, puisqu'il y va pour nous de si grands intérêts, apporter une grande attention à ces paroles ; il faut que celui qui veut prendre femme commence par se conformer en cela aux Lois de Paul, disons mieux, aux Lois du Christ. Je le sais, ce précepte paraît nouveau et extraordinaire à un bon nombre. Je ne me tairai point pour cela, mais, après vous avoir lu d'abord la Loi, je m'efforcerai ensuite de lever la contradiction qu'on croit y trouver. Quelle est donc la Loi que Paul nous impose ? La femme, dit-il, est liée à la Loi ; donc, tant que son mari est en vie, elle ne doit pas s'en séparer, ni prendre un autre époux, ni convoler en secondes noces. Et voyez avec quelle exactitude, avec quelle justesse de termes il s'exprime ! Il ne dit pas : Elle doit habiter avec son mari tant qu'il est en vie; mais bien, la femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son mari, de telle sorte que, à supposer même que son mari lui ait donné un acte de répudiation, qu'elle ait alors quitté la maison et soit allée habiter chez un autre, elle est liée à la Loi, elle est coupable d'adultère.

Si donc le mari veut renvoyer sa femme, ou la femme quitter son mari, il faut que celle-ci se rappelle ce précepte, qu'elle se représente Paul la suivant et lui criant aux oreilles : « La femme est liée à la Loi ». Ainsi que les serviteurs fugitifs traînent encore leur chaîne derrière eux après s'être évadés de la maison de leur maître, ainsi les femmes, même après qu'elles ont quitté leur mari, restent enchaînées par la Loi qui les condamne, qui les accuse d'adultère, elles et leurs complices. Ton époux vit encore, dit-elle, et ton acte est un adultère. Car la femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son, mari. Et, « quiconque épouse une femme répudiée commet un adultère » (Mt 5, 32). Mais, quand donc, dira-t-on, lui sera-t-il permis de convoler en secondes noces ? Lorsqu’elle sera délivrée de sa chaîne, lorsque son époux sera mort. Cependant voulant exprimer cela, Il n'a pas dit si son mari meurt, elle est libre d'épouser qui elle voudra, mais si son mari s'endort, comme s'il voulait consoler la femme en son veuvage, et lui persuader de s'en tenir à son premier époux, de n'en pas prendre un second. Ton mari n'est pas mort, il dort seulement. Qu'est-ce qui n'attend pas un homme endormi ? Voilà pourquoi il dit : « S'il s'endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra. Il n'a pas dit qu'elle se marie, pour ne point paraître la forcer, la contraindre. Il ne l'empêche pas de contracter, si elle le veut, un second Mariage, il ne l'y engage pas si elle ne le veut point ; il se borne à lui lire la Loi : Elle est libre de se marier à qui elle voudra. Mais, en disant qu'elle est devenue libre par la mort de son mari, il montre qu'avant cela, et de son vivant, elle était esclave ; or, tant qu'elle est esclave et soumise à la Loi, quand même elle aurait reçu mille actes de répudiation, elle tombe sous le coup de la Loi qui concerne l'adultère. Les serviteurs peuvent quitter leurs maîtres pour d'autres du vivant des premiers, mais les femmes ne peuvent changer de maris tant que leur premier époux est en vie, car c'est un adultère. Ne viens donc pas me lire les Lois qui sont à l'usage du monde, les Lois qui prescrivent de donner un acte de répudiation, et de divorcer ensuite. Car ce n'est point d'après ces Lois-là que Dieu doit te juger au grand jour, mais d'après celles que lui-même a promulguées. Que dis-je ? Les Lois mêmes du siècle n'établissent point cela d'une manière absolue, ni comme article principal; elles-mêmes punissent ce péché, ce qui témoigne assez qu'elles le réprouvent. Elles dépouillent de tous ses biens et chassent, sans lui laisser de ressources, l'épouse qui a mérité d'être congédiée, et punissent de la perte de sa fortune celui qui a été l'occasion du divorce ; et certes, si elles statuent ainsi sur ce fait, c'est qu'elles ne l'approuvent point.

Et Moïse ? Il a statué de même pour un pareil motif ; mais écoutez ce que dit le Christ : « Si votre justice n'est pas plus abondante que celle des Scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux » (Mt 5, 20). Ecoutez encore cette autre parole : « Quiconque renvoie sa femme, hors le cas d'adultère, la rend adultère ; et quiconque épouse une femme renvoyée commet un adultère » (Mt 5, 32). Si le Fils unique de Dieu est venu sur la terre, s'il a pris la forme d'un esclave, s'il a versé son précieux sang, s'il a détruit la mort, s'il a éteint le péché, s'il a répandu plus libéralement le bienfait de l'Esprit, c'est pour vous initier à une sagesse plus profonde. Et d'ailleurs, si Moïse a porté cette Loi, ce n'est point comme une Loi fondamentale ; c'est parce qu'il était forcé de condescendre à la faiblesse des siens. Les voyant prêts au meurtre, accoutumés à souiller leurs foyers du sang des leurs, à n'épargner ni parents ni étrangers, et craignant qu'ils n'égorgeassent leurs femmes, s'ils étaient forcés de les garder contre leur gré, il leur a permis de les renvoyer, afin d'empêcher un mal plus grand, les meurtres multipliés. Ce qui prouve que les Juifs étaient homicides, ce sont ces paroles des prophètes eux-mêmes : « Edifiant Sion dans le sang, et Jérusalem dans les iniquités » (Mi 3, 10) ; et encore : « Ils mêlent le sang au sang » (Os 6, 2) ; et ailleurs : « Vos mains sont pleines de sang » (Is 1, 15). Et ce n'est pas seulement contre les étrangers, c'est encore contre leurs poches que se déchaînait leur fureur, comme le montrent ces mots du Prophète : « Et ils ont immolé leurs fils et leurs filles aux démons » (Ps. 105, 37) ; or ceux qui n'épargnaient pas leurs enfants n'auraient pas davantage épargné leurs femmes. C'est donc afin d'empêcher cela qu'il accorda cette permission ; aussi le Christ, lorsque les Juifs lui demandèrent : Comment donc Moïse a-t-il permis de donner à sa femme un acte de répudiation ? Voulant montrer que la Loi de Moïse ne contredisait point la sienne, répondit à peu près en ces termes : « Moïse a parlé ainsi à cause de la dureté de vos cœurs ; mais au commencement il n'en fut pas ainsi ; Celui qui fit l'homme au commencement les fit mâle et femelle » (Mt 19, 8 et 4). Si cela était honnête, veut-il dire, Dieu n'aurait pas fait un homme et une femme seulement ; après avoir fait un seul homme, Adam, Il aurait créé deux femmes, pour le cas où celui-ci aurait voulu renvoyer l’une et prendre l'autre ; mais, par le mode même de sa création, il a établi la Loi que je promulgue maintenant. Quelle est donc cette Loi ? C’est que l'homme conserve jusqu'à la fin la femme qui lui est échue d'abord ; cette Loi ? Elle est plus ancienne que l'autre, et cela, de toute la distance qui sépare Adam de Moïse. Par conséquent je n'innove point, je n'introduis point de dogmes étrangers, mais des dogmes anciens et antérieurs à Moïse.

Mais il faut entendre la Loi même de Moïse sur ce sujet : « Si quelqu'un, dit-il, a pris une femme et qu'il ait habité avec elle ; si elle ne trouve pas grâce devant lui, parce qu'il aura trouvé en elle un fait d'ignominie, il lui écrira un acte de répudiation, et le lui donnera entre les mains » (Dt 24, 1). Voyez ! Il n'a pas dit qu'il écrive, qu'il lui donne : que dit-il donc ? Il lui écrira un acte de répudiation et le lui donnera entre les mains. C'est bien différent. En effet, dire qu'il écrive, qu'il donne, c'est un ordre, une injonction. Mais dire : Il écrira un acte de répudiation, et le lui donnera entre les mains, c'est annoncer un fait, et non pas introduire une Loi qu'on a imaginée. « Si quelqu'un, dit-il encore, a congédié sa femme, et l'a renvoyée de sa maison, et qu'après l'avoir quitté elle ait appartenu à un autre homme, et que ce dernier homme aussi l'ait prise en haine, et qu'il lui ait écrit un acte de répudiation, et qu'il le lui ait remis entre les mains, et qu'il l'ait renvoyée de sa maison, ou que l'homme soit mort qui l'avait prise pour femme, l'homme qui l'aura précédemment renvoyée ne pourra la rappeler et la prendre pour épouse » (Dt 5, 2-4). Ensuite, voulant montrer qu'il n'approuve pas cette conduite , que ce n'est pas ainsi qu'il entend le Mariage, et qu'il ne fait que condescendre à la faiblesse des Juifs, après ces mots : « L'homme qui l'aura précédemment renvoyée ne pourra la prendre pour femme, il ajoute : Après qu'elle aura été souillée » (Dt 5, 4) : façon de parler qui indique suffisamment que ce second Mariage, contracté du vivant du premier époux, est une souillure plutôt qu'un Mariage. Voilà pourquoi il n'a pas dit : Après qu'elle se sera remariée. Voyez-vous comme ses paroles concordent avec celles du Christ ? Après cela, il ajoute la raison : « Parce que c'est une abomination devant Dieu » (Dt 5, 2-4). Voilà pour ce qui regarde Moïse. Mais le prophète Malachie indique la même chose bien plus explicitement, ou plutôt ce n'est point Malachie, c'est Dieu par la bouche de Malachie ; et voici ses paroles : « Est-il convenable de jeter les yeux sur votre sacrifice, ou d'agréer quelque chose sortant de vos mains ? » (MI 2, 13). Puis, après la réponse : « Pourquoi as-tu abandonné la femme de ta jeunesse ? (MI 2, 14) Enfin, faisant voir l'énormité de cette faute, et refusant toute miséricorde à celui qui l'a commise, il renforce encore l'accusation par ce qu'il ajoute : « Et celle-ci était ta compagne, et la femme de ton pacte, et le reste de ton esprit, et ce n'est pas une autre qui l'a faite (MI 2, 14). Voyez que de titres il allègue ! D’abord l'âge, la femme de ta jeunesse; puis l'intimité : Et celle-ci était ta compagne ; puis le mode de création : Le reste de ton esprit.

Mais à la suite de tout cela, vient quelque chose de bien plus considérable, la majesté de celui qui l'a faite. Car c'est là ce que signifie : ce n'est pas un autre qui l'a faite. Tu ne peux objecter, veut-il dire, que tu as été fait par Dieu, tandis qu'elle n'a pas été faite par lui, mais par quelque être inférieur ; c'est un même et unique Créateur qui vous a donné l'existence à tous deux ; de telle sorte que, par égard pour ce titre, sinon pour les autres, tu dois lui garder ta tendresse. En effet, si l'on voit souvent des esclaves, après une querelle, se réconcilier par cette seule raison qu'ils doivent obéissance à un seul et même maître, à plus forte raison doit-il en être ainsi de nous, quand nous n'avons, à nous deux, qu'un Créateur et qu'un Maître.

Vous voyez comment l'Ancien Testament lui-même prélude déjà, pour ainsi dire, aux règles de la nouvelle sagesse. En effet, lorsque les Juifs vivaient depuis longtemps sous l'ancienne Loi ; qu'il fallait les amener à des préceptes plus parfaits, que leur constitution approchait déjà de sa fin, dès lors le prophète, profitant des circonstances, les achemine à cette nouvelle sagesse. Obéissons donc à cette belle Loi, affranchissons-nous de tout ce qui nous déshonore, interdisons-nous et de renvoyer nos femmes, et de recevoir celles que d'autres auront renvoyées. Et de quel front, verras-tu le mari de cette femme ? De quel œil les amis de cet homme, ses serviteurs ? Si celui qui épouse la femme d'un mort éprouve un sentiment de peine et de dépit pour peu qu'il ait vu l'image du défunt, quelle sera l'existence de celui qui aura sous les yeux l'époux, encore vivant, de sa femme ? Dans quelles dispositions rentrera-t-il chez lui ? Avec quels sentiments, avec quels yeux verra-t-il cette femme d'un autre qui est devenue la sienne ?

Mais plutôt ne l’appelons ni l'épouse d'un autre ni la sienne ; une prostituée n'est la femme de personne. Elle a foulé aux pieds le pacte qui l'unissait à son premier mari ; et elle est venue à toi sans l'aveu des Lois qui l'obligeaient. Quelle folie ne serait-ce pas d'introduire chez vous un si dangereux fléau ? Est-ce qu'il y a disette de femmes ? Pourquoi, lorsqu'il y en a tant que nous pouvons épouser sans enfreindre les Lois ni porter le trouble dans nos consciences, courons-nous à celles qui nous sont interdites, pour causer la ruine de nos maisons, y introduire la guerre civile, exciter de toutes parts des haines contre nous, déshonorer notre propre vie, et, ce qui est bien plus terrible que tout le reste, nous préparer une punition sans appel au jour du jugement ? En effet, que répondrons-nous à celui qui doit nous juger, quand, après avoir mis la Loi sous nos yeux et l'avoir lue, il nous dira : Je t'ai enjoint de ne pas prendre une femme renvoyée, ajoutant que cette action est un adultère. Comment donc as-tu osé contracter un Mariage défendu ? Que dire alors et que répondre ? Il ne s'agira point là-bas d'alléguer les décrets des législateurs du siècle : muets, enchaînés, il faudra nous voir emmener au feu de la géhenne avec les adultères et ceux qui n'ont pas respecté chez les autres les droits du Mariage. Car celui qui a répudié sauf le motif indiqué, celui d'adultère, et celui qui épouse une femme répudiée, du vivant de son mari, sont punis pareillement, ainsi que la femme répudiée. Je vous avertis donc, je vous prie et vous conjure : hommes, de ne point renvoyer vos femmes, femmes, de ne point quitter vos maris, mais de prêter l'oreille à la parole de Paul : « La femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son mari; que si son mari s'endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais seulement selon le Seigneur ».

En effet, quelle indulgence peuvent espérer ceux qui, lorsque Paul autorise les secondes noces après la mort de l'époux, et donne de si grandes facilités, osent passer outre avant cette époque ? Quelle excuse reste-t-il, soit à ceux qui, épousent les femmes d'hommes vivants, soit aux hommes mariés qui fréquentent les filles publiques ? Car c'est encore une espèce d'adultère d'avoir commerce avec des courtisanes, quand on a une femme à soi. Et de même que la femme mariée, si elle se livre à un homme, libre ou esclave, qui soit célibataire, n'en tombe pas moins sous le coup de la Loi qui concerne l'adultère, de même le mari quand bien même il pèche avec une fille publique ou avec toute autre femme non marié est réputé coupable dû même crime. Fuyons donc aussi cette forme de l'adultère. En effet, qu'aurons-nous à dire, à alléguer après une pareille faute ? Quel prétexte spécieux pourrons-nous produire ? Les appétits de la nature ? Mais la femme qui nous est échue est là, près nous, et nous ôté ce moyen de défense. Si le Mariage a été institué, c'est pour prévenir la fornication. Mais ce n'est pas seulement la femme, ce sont tant d'autres créatures d'une nature pareille à la nôtre qui nous interdisent cet appel à l’indulgence. Lorsque ton compagnon d'esclavage, dont le corps ressemble au tien, dont les passions sont les tiennes, dont les besoins ne diffèrent point de ceux qui te poussent, ne jette les yeux sur aucune autre femme que la sienne et lui reste fidèles en quoi les passions que tu allègues pourront-elles servir ta justification ? Et encore je ne parle que des hommes mariés. Mais songe un peu à ceux qui passent leur vie tout entière dans le célibat, qui n'ont jamais connu le Mariage et se sont montrés parfaitement chastes. Quand d'autres sont chastes sans être mariés, quelle miséricorde obtiendras-tu, toi qui vis, étant marié, dans la fornication ? Hommes et femmes, veuves et les épouses, écoutez tous ces paroles : car c'est à tout le monde que s'adressent Paul et la Loi qui dit : « La femme est liée à la Loi aussi longtemps que vit son mari ; que si son mari s’endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais seulement selon le Seigneur ». Les épouses, les filles, les veuves, les femmes remariées, toutes enfin ont profit à tirer de ces paroles. L'épouse ne voudra pas, du vivant de son mari, être à un autre, sachant qu'elle est liée tant que son époux est en vie. Celle qui, après avoir perdu son mari, voudra convoler en secondes noces, ne formera pas cette union à la légère ni sans réflexion, mais elle se conformera aux Lois de Paul qui dit : « Elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais seulement selon le Seigneur, c'est-à-dire suivant les règles de la pudeur et de la chasteté. Que si par hasard elle préfère demeurer fidèle à ses engagements envers le défunt, elle apprendra quelles couronnes lui sont réservées, et sera encouragée par-là dans sa résolution ; car elle sera plus heureuse, dit Paul, si elle demeure comme elle est ».

Voyez-vous comment ce langage est profitable à tous, en ce que d'une part il condescend à la faiblesse de certaines femmes, tandis qu'il ne frustre pas les autres des éloges qui leur sont dus ? Paul, au sujet du premier et du second Mariage, tient ici la même conduite qu'à l'égard du Mariage et de la virginité. Il n'interdit point le Mariage, de peur de surcharger les faibles ; il n'en fait point non plus une obligation, afin de ne point priver de leurs futures couronnes ceux qui préfèrent garder leur virginité ; mais il montre d'un côté que le Mariage est une belle chose, et, de l'autre, fait voir que la virginité est encore préférable. De même, dans cette nouvelle matière, il pose encore des degrés; il nous montre qu'il y a plus de grandeur et d'excellence dans le veuvage, mais qu'à la seconde place et à un rang plus bas viennent les secondes noces ; de cette façon, il augmente la vigueur des forts, de ceux qui veulent rester où ils sont, tout en prévenant la chute des faibles. Car, après qu'il a dit : Cependant elle est plus heureuse si elle demeure comme elle est, de peur que vous ne voyiez là une Loi humaine, en l'entendant dire : selon mon conseil, il ajoute : Or, je pense que j'ai, moi aussi, l'Esprit du Seigneur. Ainsi vous ne pouvez dire que ce soit là la pensée d'un homme : c'est une révélation due à l'Esprit, c'est une Loi divine. N'allons donc pas croire que c'est Paul qui nous parle ainsi : c'est le Paraclet qui promulgue cette Loi à notre usage. Que s'il dit je pense, ce n'est point par ignorance qu'il parle ainsi, mais par modestie et par humilité. Il dit donc que la femme sera plus heureuse dans le veuvage ; mais comment sera-t-elle plus heureuse ? C’est ce qu'il ne dit pas, parce qu'il a donné une preuve suffisante en montrant que c'est l'Esprit qui lui a dicté son affirmation. Voulez-vous maintenant vérifier cela par la réflexion ? Les preuves ne vous manqueront point, et vous trouverez que la veuve est plus heureuse, non-seulement dans l'éternité d'outre-tombe, mais encore dans la vie présente. Paul savait parfaitement cela, lui qui fit entendre la même chose encore en parlant des vierges. Voulant recommander et conseiller la virginité, il s'exprime à peu près en ces termes : « Je pense qu'il est avantageux à l'homme d'être ainsi à cause de la nécessité pressante » (1 Co 7, 26) Et ailleurs : « Si une vierge se marie, elle ne pèche pas » (1 Co 5, 28). Par ce mot : vierge, il entend ici non point celle qui a renoncé, mais seulement celle qui n'est point mariée, sans s'être assujettie par un vœu à l'obligation d'une virginité perpétuelle. Toutefois ces personnes auront les tribulations de la chair ; pour moi, je voudrais vous les épargner.

Par cette seule et simple parole, il laisse aux auditeurs à repasser dans leur âme les maux de l'enfantement, les soins de la maternité, les inquiétudes, les maladies, les morts prématurées, les brouilles les querelles, l'obéissance à mille caprices, la responsabilité des fautes d'autrui, les chagrins sans nombre appesantis sur une seule âme. Elle échappe à tous ces maux, celle qui fait choix de la continence, et, outre l'exemption de ces ennuis, une magnifique récompense lui est réservée dans la vie future. Tâchons donc, nous qui savons tout cela, de nous en tenir au premier Mariage. Que si néanmoins nous avons le dessein d'en contracter un second, que ce soit suivant les formes et les règles prescrites, suivant les Lois de Dieu. Voilà pourquoi Paul a dit : Elle est libre de se marier à qui elle voudra, et, tout de suite après : mais seulement selon le Seigneur. Par-là, en même temps qu'il donne une permission, il l’a protégé contre l'abus ; en même temps qu'il accorde une faculté, il l’a circonscrit entre les limites des Lois dont il l'enceint de toutes parts ; de sorte que, par exemple, la femme n'introduise point dans la maison des hommes dissolus et sans mœurs, des histrions, des fornicateurs ; mais qu'elle observe les règles de la pudeur, de la chasteté, de la piété, afin que toutes choses tournent à la gloire de Dieu. C'est parce qu'on avait vu souvent des femmes, rendues libres par la mort de leurs époux, lesquelles, précédemment adultères, persistaient, en s'unissant à d'autres, dans ce genre de liaison, et imaginaient d'autres pratiques abominables ; c'est pour cela, dis-je, que Paul ajoute : Mais seulement dans le Seigneur. Cela, afin que le second Mariage n'offre rien de pareil : car, à cette condition seule, il pourra être innocent. En effet, le mieux est d'attendre le mort, de rester fidèle à ses engagements envers lui, de garder la continence, de rester auprès des enfants qu'il a laissés, et de mériter ainsi une plus abondante part dans les bontés de Dieu. Si l'on veut cependant s'unir à un second époux, que ce soit suivant les règles de la chasteté, de la pudeur, suivant les Lois établies ; car cela est permis, il n'y a d'interdit que la fornication et l'adultère.

Fuyons donc ces crimes, que nous soyons ou non mariés ; ne déshonorons point notre vie, n'exposons point notre existence au mépris, ne souillons point notre corps, n'introduisons aucun remords dans notre conscience. Et comment oserais-tu entrer dans l'église en sortant de chez les prostituées ? Comment élever au ciel ces mêmes bras dont tu étreignais une courtisane, comment remuer cette langue, comment prononcer une invocation avec cette bouche qui touchait ses lèvres ? De quel œil regarderas-tu ceux de tes amis qui ont quelque pudeur ? Que dis-je ? Tes amis ! Quand bien même personne ne connaîtrait ta faute, c'est devant toi surtout qu'il te faudra rougir de confusion, et rien ne t’inspirera plus de dégoût que ton propre corps. Sinon pourquoi courir au bain après ce péché ? N'est-ce point que te juges toi-même plus impur que le plus immonde bourbier ? Quelle autre preuve plus convaincante veux-tu de l'impureté de ton acte et quel verdict dois-tu attendre du Seigneur quand toi-même, toi, le coupable, tu portes pareil jugement sur ta conduite ?

Ils ont raison de se trouver impurs et je les approuve ; mais ils ne recourent point au vrai moyen de se purifier ; c'est pourquoi je les blâme et les accuse. Si la souillure était corporelle, c'est avec raison que vous chercheriez à vous en purifier par le bain ; mais c'est votre âme que vous avez souillé, que vous avez rendue impure : cherchez donc un moyen de purification qui soit propre à laver sa tâche. Or, quel est le bain qui convient pour un tel péché ? Un torrent de larmes brûlantes, des gémissements sortis du fond de poitrine, une perpétuelle componction, des prières assidues, des aumônes, d'abondantes aumônes, le repentir du péché commis, l'attention à n'y point retomber : c'est ainsi que se lave le péché, c'est ainsi que l'âme se purifie de ce qui la souille. Si nous négligeons ces moyens, c'est en vain que nous traverserions le courant de tous les fleuves : nous n'y laisserions pas la moindre parcelle de notre péché. Le mien sans doute, est de ne plus s'exposer à commettre cet abominable péché. Mais si par hasard le pied nous a manqué, employons ces remèdes, après avoir fait vœu d'abord de ne point retomber dans la même faute. Car, si au moment du péché nous condamnons ce que nous venons de faire, et qu'ensuite nous recommencions, c'est en vain que nous aurons voulu nous purifier. Se baigner pour retourner ensuite à se rouler au même bourbier, détruire ce qu'on a édifié, et réédifier ensuite, cela ne sert à rien qu'à perdre son temps et sa peine. Et nous, de notre côté, si nous ne voulons prodiguer inutilement notre vie, purifions-nous de nos péchés précédents, et passons tout le reste de notre vie dans la chasteté, dans la réserve, dans toutes les vertus enfin : afin qu'ayant Dieu favorable, nous obtenions le royaume des cieux, par grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, auquel gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
« Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome sur le Mariage
Voici la troisième Homélie sur le Mariage qui traite du « choix d'une épouse » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique. Saint Jean Chrysostome nous parle ici des exigences du Mariage, de l'amour qu'on doit à son épouse, de l’obligation de patience du mari, qu'il faut préférer sa femme à ses parents et que celle-ci doit être l'auxiliaire de son époux, … au travers d’exemples comme le Mariage d'Isaac, le modèle du père par Abraham et de Rébecca pour les épouses.
La troisième « Homélie sur le Mariage » de Saint Jean Chrysostome :

J'ai manqué à votre précédente réunion, et j'en ai été fâché : mais le festin n'en a été que plus somptueux et je m'en suis réjoui. Celui qui partage avec moi le soin de cultiver vos âmes est celui qui l'autre jour a ouvert le sillon : sa riche éloquence a versé la graine; son infatigable sollicitude a fait l'œuvre du laboureur. Vous avez vu la pureté de ce langage, vous avez ouï l'élégance de cette diction ; vous avez été abreuvés de l'eau qui jaillit vers la vie éternelle ; vous avez vu la source qui lance des torrents d'or pur. On cite un fleuve qui porte des paillettes d'or aux habitants de ses rives, non que les eaux aient la vertu de donner naissance à l'or ; mais comme les sources de ce fleuve traversent par hasard des montagnes renfermant des mines, le courant, dans son trajet, s'enrichit aux dépens de cette terre fortunée, et devient un trésor pour les riverains qui n'ont qu'à recueillir ces présents du hasard. Pareil à ce fleuve, le maître qui vous a parlé l'autre jour, en parcourant la mine des saintes Écritures, y a recueilli les pensées, incomparablement plus précieuses que l'or, dont il a fait largesse à vos âmes. Les miennes, je le sais, vous paraissent aujourd'hui bien peu de chose. L'homme habitué à une table indigente s'est-il vu admettre par hasard à un banquet moins frugal : s'il lui faut maintenant retourner à son ancien régime, il n'en sentira que mieux sa pauvreté.

Néanmoins je ne reculerai point devant ma tâche. Car vous savez, pour l'avoir appris de Paul, manger et souffrir la faim, avoir du superflu et manquer du nécessaire, admirer le riche et ne point mépriser le pauvre. Et de même que ceux qui aiment à boire font fête au bon vin, sans dédaigner celui qui ne le vaut pas ; de même, dans votre passion pour la céleste parole ; vous prisez le talent chez vos maîtres, mais ceux qui sont moins habiles n'en rencontrent pas moins en vous une ardeur et un zèle peu communs. En effet, l'homme indolent et dissolu manque d'appétit, même devant une table bien servie ; au contraire, l'homme actif et sobre, celui qui a faim et soif de la justice, court avec joie s'asseoir à un repas frugal. Et que mes paroles ne sont point flatterie, c'est ce que vous-mêmes avez bien fait voir dans notre précédent entretien. Nous vous parlions longuement du mariage : nous vous montrions que c'est un véritable adultère que de répudier sa femme, ou d'épouser une femme répudiée, du vivant de son premier mari ; nous vous lisions la loi du Christ ainsi conçue : « Quiconque épouse une femme répudiée se rend coupable d'adultère ; quiconque répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, la rend adultère » (Mt. 5, 32). Je vis alors beaucoup d'entre vous baisser la tête, se frapper le visage, n'oser lever les yeux ; alors, portant mes regards au ciel, je n'écriai : « Loué soit le Seigneur de ce que notre voix ne frappe point des oreilles privées de vie, de ce que nos paroles saisissent les esprits de nos auditeurs, et les ébranlent si fortement ! » Le mieux sans doute est de ne point pécher du tout : mais c'est quelque chose encore, à l'égard du salut, que d'être contristé après le péché, de porter condamnation contre son cœur, de flageller sa conscience avec un scrupule acharné ; un tel repentir fait partie de la justification, et c'est le chemin qui mène à ne plus jamais pécher. Voilà pourquoi Paul se réjouissait quand il avait affligé ses auditeurs, non de les avoir affligés, mais de les avoir corrigés en les affligeant : « Je me réjouis », dit-il, « non de vous voir affligés, mais de vous voir dans cette affliction qui mène au repentir ; car toute affliction selon Dieu produit un repentir de salut » (2 Cor. 7, 9-10). Que ce soient vos péchés ou ceux des autres qui vous aient jetés dans la tristesse, je ne puis dire combien vous méritez d'éloges. Pleurer sur le sort d'autrui, c'est montrer des entrailles apostoliques, c'est imiter l'Esprit-Saint dont voici les paroles : « Qui peut souffrir, sans que je souffre ? Qui peut être scandalisé sans que je sois dans les angoisses ? » (2 Cor. 11, 29). Avoir du regret de ses propres péchés, c'est éteindre la flamme préparée pour le châtiment de ses fautes antérieures, c'est se rendre pour l'avenir, grâce à ce chagrin, moins sujet à tomber. Et c'est pour cela que moi-même, vous voyant baisser la tête, sangloter, vous frapper le visage, je me réjouissais en songeant au fruit de cette douleur : c'est pour cela qu'aujourd'hui encore, je vous entretiendrai du même sujet, afin que ceux qui veulent entrer en ménage réfléchissent mûrement à ce qu'ils vont faire. En effet, s'agit-il pour nous d'un achat de maisons ou de serviteurs, nous prenons mille peines, nous tournons autour du possesseur actuel, des précédents propriétaires. Il nous faut connaître dans un cas l'état du mobilier, dans l'autre la constitution physique et les principes moraux. A plus forte raison, avant de se marier, doit-on prendre autant et bien plus de précautions.

On peut revendre une maison dont on est mécontent ; on peut renvoyer un serviteur incapable à la personne qui s'en est défaite, mais une épouse, on ne peut la rendre à ceux dont on la tient ; de toute nécessité il faut la garder chez soi pour toujours, ou, si l'on s'en débarrasse en la chassant, être convaincu d'adultère selon les lois de Dieu. Ainsi, quand tu voudras te marier, ne te bornes pas à lire les lois qui sont faites pour le monde : lis d'abord, lis celles qui ont force parmi nous. Car c'est d'après celles-ci, et non pas sur les autres, que dans le grand jour Dieu te jugera : en négligeant ces dernières, c'est une perte d'argent que souvent l'on encourt, mais celles dont je parle appellent sur leurs transgresseurs les supplices éternels et la flamme inextinguible de l'enfer.

Cependant quand vous voulez vous marier, vous n'avez rien de plus pressé que de courir chez les jurisconsultes du siècle ; là, vous vous installez, vous vous enquérez minutieusement de ce qui arrivera si la femme meurt sans enfants, ou, au contraire, si elle laisse un, deux, trois enfants ; de ce que deviendront ses biens selon qu'elle aura encore son père, ou qu'elle l'aura perdu ? Quelle part de son héritage doit revenir à ses frères, quelle part à son mari ? Dans quel cas celui-ci aura t-il droit à la totalité, et pourra-t-il s'opposer à ce qu'il en soit rien distrait en faveur de personne ? Et mille autres questions pareilles dont vous harcelez des légistes : démarches, précautions, rien ne vous coûte pour empêcher les parents de la femme de s'immiscer à aucun titre dans ses affaires; et pourtant, comme je l'ai dit plus haut, dût-il advenir quelque accident imprévu, il ne s'agirait que d'une perte d'argent, ce qui ne vous empêche pas de mettre en œuvre toute votre vigilance. Eh bien ! Si pour éviter un préjudice pécuniaire, nous déployons tant d'activité , ne serait-il pas absurde, quand il est question du péril de notre âme et des comptes qui se règlent là-haut, de ne donner aucun soin à une affaire qui réclame, avant toute autre, notre zèle, notre empressement et notre sollicitude ?

En conséquence, j'invite et j'exhorte ceux qui veulent se marier à prendre conseil du bienheureux Paul, à lire les lois qu'on trouve chez lui au sujet des mariages, à s'instruire d'abord des recommandations qu'il adresse à l'homme auquel est échue une femme vicieuse, corrompue, adonnée au vin , acariâtre, sans jugement, ou frappée de quelque autre imperfection ; et alors seulement à entrer en pourparlers au sujet du mariage. Si tu vois que Paul te permet, pour peu que tu découvres chez ta femme un de ces défauts, de la répudier et d'en prendre une autre, il n'y a plus aucun risque et tu peux te rassurer. Mais s'il te refuse ce droit et t'ordonne au contraire de tout endurer chez ta femme, hormis la prostitution, et de la garder chez toi, quels que soient ses défauts, alors affermis-toi dans cette pensée qu'il te faudra subir tous les vices de ta femme ; que si cette obligation te paraît rigoureuse et intolérable, n'épargne ni tes soins, ni ta peine pour te pourvoir d'une épouse bonne, sage et docile, et ne perds point de vue cette alternative imposée au mari d'une femme vicieuse, ou de supporter les ennuis qu'elle lui cause, ou, s'il s'y refuse et la répudie, d'avoir à répondre d'un adultère. Car il est écrit : « Quiconque répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, la rend adultère; et quiconque épouse une femme répudiée se rend coupable d’adultère » (Mt 5, 32). Une fois bien pénétrés, avant le mariage, de ces réflexions et bien instruits de ces lois, nous mettrons tous nos soins à faire choix, tout d'abord, d'une femme vertueuse et bien assortie à notre humeur ; cela fait, nous n'y gagnerons point seulement de ne la répudier jamais, mais encore de l'aimer avec une profonde tendresse, ainsi que Paul le recommande. En effet, il ne se borne pas à dire : « Hommes, aimez vos femmes » (Ep. 5, 25) ; mais il indique encore le degré de cette affection en ajoutant : « Comme le Christ a aimé l'Église ». Mais comment, dis-moi, le Christ L'a-t-Il aimée ? Jusqu'à se sacrifier pour elle. Ainsi, fallût-il mourir pour ta femme, ne marchande point. Si le Seigneur a aimé son esclave au point de se donner pour elle, à plus forte raison dois-tu le même amour à ta compagne d'esclavage. Mais peut-être est-ce la beauté de l'épouse qui a entraîné l'époux, ou les vertus de son âme ? On ne saurait le prétendre, car la suite montre qu'elle était laide et sordide ; écoutez plutôt : Il s'est sacrifié pour elle, vient-il de dire, et il ajoute : « Afin de la sanctifier en la purifiant par l'eau ». Par ce mot purifier, il fait entendre qu'elle était impure et souillée, et non point d'une souillure comme une autre, mais d'une extrême impureté ; ce n'était que graisse, que fumée, que sang; que taches de toute espèce. Et cependant il n'a pas eu dégoût de sa laideur, il a remédié à ses disgrâces, il a changé sa figure, corrigé ses formes, réparé ses imperfections ; c'est l'exemple que tu dois suivre. Quelques fautes que ta femme puisse commettre à ton égard, oublie tout, pardonne tout. A-t-elle un mauvais caractère, réforme-le à force de douceur et de bonté, comme a fait le Christ à l'égard de l'Église. Car, non content de laver ses taches, il l'a encore débarrassée de la vieillesse, en lui faisant dépouiller le vieil homme, ce composé d'iniquités. Et c'est à quoi Paul encore fait allusion, en disant : « Afin de se faire une Eglise glorieuse, qui n'eût ni taches, ni rides » (Ep. 5, 27). En effet, c'est peu de l'avoir embellie ; il l'a rajeunie, non selon le corps et la nature, mais selon l'âme et la volonté. Et ce qu'il faut admirer, ce n'est pas seulement que, l'ayant reçue laide, repoussante, difforme et décrépite, loin de prendre en dégoût sa laideur, il se soit livré lui-même au trépas et l’ait transformée par là au point de la rendre admirablement belle ; c'est que, dans la suite, en dépit des taches et des souillures qui reviennent souvent la ternir, il ne la répudie point, ne s'en sépare point, et qu'il persiste à l'entourer de ses soins et à la corriger. Combien, dites-moi, ont péché après avoir reçu la foi ? Et pourtant il ne les a point repoussés avec dégoût. Par exemple ce fornicateur connu des Corinthiens était membre de l'Église, cependant le Christ n'a point coupé ce membre : il l'a redressé. L'Église des Galates tout entière s'emporta hors de la voie et tomba dans le judaïsme, néanmoins il ne l'a pas rejetée non plus : il lui a donné ses soins par le ministère de Paul et l'a ramenée ainsi dans sa première famille. Et nous aussi, de même que, si nous tombons malades, nous ne coupons pas le membre, mais travaillons à chasser la maladie ; c'est ainsi que nous devons agir à l'égard d'une épouse. Si elle a quelque défaut, au lieu de la répudier, c'est son vice qu'il faut tâcher d'expulser. D'ailleurs on peut amener une femme à s'amender, tandis qu'il est bien des cas où un membre attaqué ne peut se guérir. Néanmoins, bien que nous connaissions le membre infirme pour incurable, nous ne le retranchons point pour cela. Combien d'hommes ont un pied de travers, une jambe boiteuse, un bras paralysé et perclus, un œil privé de lumière, qui ne se font point extraire cet œil, couper cette jambe, amputer ce bras, et qui, sans méconnaître que ces parties de leur corps lui sont désormais inutiles et ne servent qu'à le défigurer, les gardent néanmoins par égard pour la solidarité qui les attache aux autres. Mais si, quand la guérison est impossible et que l'utilité est nulle, nous montrons tant de circonspection à abandonner le malade, alors qu'il reste de l'espérance et des chances nombreuses de changement, n'est-ce pas le comble de l'absurdité ? Les infirmités naturelles laissent l’homme sans recours ; mais une volonté pervertie est susceptible d'amélioration.

En vain tu objecterais que le mal de ta femme est incurable, qu'en dépit de tes soins elle s'obstine à suivre ses propres penchants ce n'est pas encore une raison suffisante pour la répudier ; car, de ce qu'on ne peut guérir un membre, il ne s'ensuit pas qu'on doive le couper. Or c'est un de tes membres que ta femme : « Ils seront deux dans une chair », dit l'Écriture (Gn. 2, 24). Mais quand c'est d'un membre qu'il s'agit, il n'y a nul profit à le soigner, une fois que les progrès de la maladie ont rendu la médecine impuissante. Au contraire, si le malade est ta femme, quand bien même sa maladie serait incurable, compte que tu seras bien récompensé de tes leçons et de tes soins paternels. Et dût-elle n'en recueillir aucun fruit, Dieu saura bien rémunérer notre patience, parce que c'est sa crainte qui nous aura excités à montrer tant de persévérance à supporter avec douceur les défauts de notre compagne, à diriger ce membre de nous-mêmes : « Membre de nous-mêmes », dis-je, et « membre inséparable » : aussi devons-nous l'aimer avec prédilection. C'est ce que nous enseigne encore le même Paul en disant : « Les hommes doivent aimer leurs femmes comme ils aiment leurs corps. Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et l'entoure de soins comme a fait le Christ pour l'Eglise, car nous sommes membres de son corps, de sa chair, de ses os » (Ep. 5, 28-30).

Il veut dire que, comme Eve est née de la côte d'Adam, ainsi nous sommes nés de la côte du Christ. En effet, c'est ce que signifie « De sa chair et de ses os ». Mais, pour ce qui est d'Eve, nous savons tous qu'elle est née de la côte d'Adam, et l'Écriture dit clairement que Dieu envoya le sommeil sur Adam, prit une de ses côtes, et en façonna la femme. Maintenant, sur quoi se fonder pour prétendre que l'Église aussi est formée de la côte du Christ ? C'est encore l'Écriture qui nous l'indique. En effet, lorsque le Christ fut élevé sur la Croix, y fut attaché et mourut, un des soldats s'approchant Lui perça le flanc, et il en sortit du sang et de l'eau (Jn 19, 34). Eh bien ! C’est de ce sang et de cette eau que toute l'Église est formée. Jésus lui-même l'atteste par ces paroles : « Quiconque ne sera point régénéré par l'eau et l'esprit, ne pourra entrer dans le royaume des cieux » (Jean 3, 5). Le sang, c'est l'esprit. Nous naissons grâce à l'eau du Baptême, et c'est par le sang que nous sommes nourris. Voyez-vous comment nous provenons de ses os et de sa chair, enfantés, nourris par son sang, par son eau ? Et de même que, pendant le sommeil d'Adam, la femme fut façonnée, ainsi, le Christ mort, l'Église fut formée de son côté. Mais, s'il faut aimer sa femme, ce n'est pas seulement parce que notre femme est membre de nous-mêmes, et que nous avons fourni la matière dont elle a été créée : c'est encore parce que Dieu a promulgué à ce sujet une loi que voici : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une chair » (Gn. 2, 24). C'est pour cela que Paul aussi nous a lu cette loi, afin de nous pousser de toutes parts à cet amour. Observez ici la sagesse apostolique ! Ce n'est point exclusivement au nom des lois divines, ni des lois humaines, qu'il nous invite à aimer nos épouses ; mais il fait parler les unes et les autres tour à tour : de telle façon que les esprits élevés et philosophiques soient amenés à aimer par les motifs célestes, les esprits faibles au contraire par les raisons terrestres et naturelles. Dans cette vue, il s'appuie d'abord sur la sagesse du Christ et commence son exhortation en ces termes : « Aimez vos femmes ainsi que le Christ a aimé l'Église ». Mais ce qui vient après est humain : Les hommes doivent aimer leurs femmes autant que leurs propres corps. La suite est du Christ : Nous sommes membres de son corps, de sa chair, de ses os. Mais ceci vient des hommes : L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme. Et après avoir lu cette loi, il ajoute : Voilà le grand mystère. En quoi, grand ? Demanderez-vous. En ce qu'une jeune fille, enfermée jusque-là dans sa chambre, peut aimer et chérir du premier jour, comme son propre corps, l'époux qu'elle n'avait jamais vu auparavant ; en ce que l'homme qu'elle n'a jamais vu préfère du premier jour à toutes choses, une femme avec laquelle il n'avait pas précédemment échangé un propos, qu'il la préfère, dis-je, à ses amis, à ses proches, à son père et à sa mère... Parlons maintenant des parents : viennent-ils, hors ce seul cas, à éprouver quelque perte d'argent, les voilà dans le chagrin ; dans la peine ; ils traînent devant les tribunaux celui qui leur a fait tort : et voici qu'un homme que souvent ils n'ont jamais vu, qu'ils ne connaissent pas, reçoit d'eux avec leur fille une dot considérable. Que dis-je ? C’est une fête pour eux, bien loin qu'ils imputent cet événement à la mauvaise fortune. Au moment où ils se voient enlever leur fille, ils n'éprouvent ni regret de l'intimité passée, ni dépit, ni douleur : loin de là, ils rendent grâces, et jugent leurs vœux exaucés, quand il leur est donné de voir leur fille quitter leur maison, et avec elle s'en aller une partie de leur fortune. Paul remarquant tout cela, considérant que les deux époux quittent leurs parents pour s'attacher l'un à l'autre, et qu'une si longue habitude a dès lors moins d'emprise que cette liaison fortuite, réfléchissant de plus que ce n'est pas là un fait humain, et que c'est Dieu qui sème ces amours dans les âmes, qui inspire cette joie aux parents des époux, comme aux époux eux-mêmes, Paul, en conséquence, a écrit : « Voilà le grand mystère ». Et, pour prendre un exemple chez les enfants, comme le petit enfant qui vient de naître reconnaît tout d'abord ses parents en les voyant, avant de savoir parler : ainsi l'époux et l'épouse, sans que personne les rapproche, les exhorte, les instruise de leurs devoirs, n'ont qu'à se voir pour être unis. Puis, observant que la même chose est arrivée pour le Christ, et principalement pour l’Église, il s'étonne, il admire. Et comment donc la même chose est-elle arrivée pour le Christ et pour l'Église ? De même que le mari quitte son père pour aller trouver sa femme, de même le Christ a quitté le trône paternel pour aller vers son épouse. Au lieu de nous appeler là-haut, il est descendu lui-même vers nous. (D'ailleurs par ces mots il a quitté, n'allez pas entendre un déplacement, mais bien une condescendance ; en effet, même étant avec nous, il était encore avec son Père). Aussi Paul dit-il : « Voilà le grand mystère ». Grand sans doute, même à ne regarder que les hommes. Mais quand je vois que cela est encore vrai à l'égard du Christ et de l'Église, alors je m'étonne, alors j'admire. Lui-même après ces mots : « Voilà le grand mystère », ajoute ceci : « Je parle à l'égard du Christ et de l'Église ». Tu sais maintenant quel mystère c'est que le mariage ; tu sais de quelle grande chose il est le symbole, songes-y donc mûrement et avec circonspection ; et ne cherche pas la richesse quand tu voudras prendre femme. Ne regarde pas le mariage comme un trafic, mais comme l'association de deux existences.

J'ai souvent ouï dire : Un tel était pauvre son mariage l'a enrichi, il a épousé une femme riche : il vit maintenant dans le luxe et l'opulence. Que dis-tu là, mon ami ? Tu veux que ta femme te rapporte de l'argent ? Tu peux dire cela sans avoir honte, sans rougir ? Et tu ne vas pas te cacher au fond de la terre, toi, qui peux imaginer de pareilles spéculations ? Est-ce là le langage d'un époux ? Tu n'as rien à demander à ta femme que de veiller sur tes épargnes, d'administrer tes revenus, d'avoir soin de ta maison. Dieu te l'a donnée pour t'aider en cela comme dans toutes les choses du même genre. Attendu que deux sortes d'affaires se partagent notre vie, les affaires publiques et les affaires privées, le Seigneur a divisé la tâche entre l'homme et la femme : à celle-ci il a départi le gouvernement de la maison, à celui-là toutes les affaires de l'État, toutes celles qui se traitent sur la place publique, jugements, délibérations, commandements d'armées, et le reste. La femme est incapable de diriger un javelot, de lancer un trait, mais elle est capable de manier la quenouille, de tisser une toile, de faire régner le bon ordre, dans toute la maison. Elle est incapable d'ouvrir un avis dans un conseil ; mais elle est capable d'ouvrir un avis à la maison, et souvent, dans les soins domestiques que son mari partage avec elle, elle montre plus de clairvoyance que lui-même. Elle est incapable de bien gérer les deniers publics, mais elle est capable de bien élever ses enfants, ce trésor précieux entre tous ; elle est capable d'observer les manquements des servantes, de surveiller les mœurs des serviteurs, de procurer à son époux plus de sécurité, de la décharger de tous les soins qu'exige un ménage, j'entends ceux de l'office, du filage, de la cuisine, de la toilette : enfin, elle prend sur elle tous les travaux dont il ne serait ni convenable, ni facile à l'homme de s'occuper, quelque difficile à contenter qu'il puisse être. En effet, c'est un trait de la générosité et de la sagesse divines, que celui qui excelle dans les grandes choses, se montre dans les petites insuffisant et incapable, de telle sorte que l'homme ait besoin de la femme. En effet, si Dieu avait créé l'homme également propre aux deux emplois, le sexe féminin n'aurait été qu'un objet de mépris : et, d'autre part, s'il avait permis aux femmes des fonctions plus relevées et plus sérieuses, il leur aurait inspiré des prétentions extravagantes. Aussi, a-t-il évité de donner les deux aptitudes à la même créature, de peur que l'un des sexes ne fût éclipsé et ne parût inutile : et il n'a pas voulu non plus faire la part égale aux deux sexes, de peur que cette égalité n'engendrât des conflits, des querelles, et que les femmes n'élevassent leurs prétentions jusqu'à disputer aux hommes le premier rang ; mais conciliant le besoin de paix avec les convenances de la hiérarchie, il a fait dans notre vie deux parts, dont il a réservé à l'homme la plus essentielle et la plus sérieuse, en assignant à la femme la plus petite et la plus humble : de telle sorte que les nécessités de l'existence nous la fassent honorer, sans que l'infériorité de son ministère lui permette d'entrer en révolte contre son mari.

En conséquence, cherchons tous désormais une seule chose, la vertu, un bon naturel, afin de jouir de la paix, de goûter les délices d'une concorde et d'une affection perpétuelles. Epouser une femme riche, c'est prendre un souverain plutôt qu'une femme. Par elles-mêmes, déjà, les femmes ont assez de vanité, assez de penchant à briller : s'il leur survient encore le renfort dont je parle, comment leurs maris pourront-ils y tenir désormais ? Au contraire, celui qui prend une femme de sa condition, ou plus pauvre que lui, prend une auxiliaire ; une alliée : et c'est vraiment le bonheur qu'il introduit dans sa maison. La gêne que cause à l'épouse sa pauvreté lui inspire toutes sortes de soins et d'attentions pour son mari, l'obéissance, une soumission parfaite, et supprime toutes les causes de disputes, de querelles, d'extravagances, de rébellion : elle unit les deux époux dans la paix, la concorde, la tendresse, l'harmonie. Ce n'est donc pas l'argent que nous devons chercher, mais la paix, si nous voulons trouver le bonheur. Le mariage n'est pas fait pour remplir notre maison de luttes et de combats, pour nous faire vivre au milieu des disputes et des querelles, pour mettre la division dans le ménage et nous rendre l'existence insupportable, mais pour nous procurer une aide, pour nous ouvrir un port, un asile, pour nous consoler dans l'affliction, pour que nous trouvions de l'agrément dans la conversation de notre femme. Combien n'a-t-on pas vu de riches, enrichis encore par la dot de leurs femmes, mais privés du même coup, pour jamais, de la paix et de la félicité, par un mariage qui faisait de leur table une arène, un théâtre de querelles journalières ? Combien, au contraire, ne voit-on pas de pauvres, unis à des femmes plus pauvres encore, qui jouissent de la paix, et sont heureux de voir la lumière, tandis que plus d'un riche, au sein de l'abondance, souhaite la mort pour être délivré de sa femme, et ne demande qu'à déposer le fardeau d'une telle vie ? Tant il est vrai que l'argent ne sert à rien, faute d'une compagne vertueuse ! Mais, pourquoi parler de paix et de concorde ? Celui-là même qui ne songe qu'à gagner de l’argent, se trouve mal, souvent, d'avoir épousé une femme plus riche que lui. Quand il a augmenté son luxe en proportion de la dot reçue, une mort prématurée n'a qu'à venir l'obliger de restituer la dot entière aux parents : alors, pareil à ces naufragés dont la personne seule échappe aux flots, ce malheureux, au bout de tant de querelles, de luttes, de révoltes, de procès, a grand peine à se tirer d'affaire avec ses quatre membres et sa liberté. Et comme on voit des trafiquants insatiables, pour avoir encombré leur vaisseau de marchandises et lui avoir imposé un fardeau au-dessus de ses forces, causer la submersion de leur équipage, et perdre toute leur cargaison : ainsi, ces ambitieux qui font des mariages démesurément riches, dans la pensée d'augmenter beaucoup leur avoir, grâce à leurs femmes, perdent souvent jusqu'à ce qu'ils possédaient en se mariant : il suffit d'un instant et du choc d'une vague pour faire enfoncer le navire ; ainsi, la mort prématurée de la femme a suffi pour apporter la ruine avec le deuil à son mari.

Considérons bien tout cela, et, au lieu de chercher la fortune, cherchons la vertu, l'honnêteté, la modestie. Une femme modeste, vertueuse et sage, fût-elle sans fortune, saura tirer parti de la pauvreté mieux qu'une autre de la richesse : au contraire, une femme gâtée, intempérante, acariâtre, trouvât-elle au logis des milliers de trésors, les aura bientôt dissipés avec la vitesse du vent, et précipitera son mari dans d'innombrables maux, outre la ruine. Ce n'est donc pas l'opulence que nous devons rechercher, mais une femme qui sache bien employer l'argent du ménage.

Apprends d'abord quelle est la raison du mariage, quel dessein l'a fait introduire dans notre existence, et n’en demande pas davantage. Quel est donc l'objet du mariage, et dont quelle vue Dieu l'a-t-il institué ? Écoute ce que dit Paul : « De peur des fornications, que chacun ait une femme à soi » (1 Cor. 7, 2). Il n'a pas dit : remédier à sa pauvreté ni pour se mettre dans l'aisance. Pourquoi donc ? Afin que nous évitions les fornications, afin que nous réprimions notre concupiscence, afin que nous vivions dans la chasteté, afin que nous nous rendions agréables à Dieu en nous contentant de notre propre femme. Voilà le présent que nous fait le mariage, et voilà le fruit, en voilà le bénéfice. Ne lâche donc pas le plus pour courir après le moins ; car l'argent est peu de chose au prix de la chasteté. Le seul motif qui doive nous déterminer au mariage, c'est la résolution de fuir le péché, d'échapper à toute fornication ; tout le mariage doit donc tendre à ce but, de nous aider à la chasteté. Or il en sera ainsi, si nous épousons des femmes capables de nous inspirer beaucoup de piété, beaucoup de retenue, beaucoup de sagesse. En effet, la beauté du corps, quand elle n'a point la vertu pour compagne, peut bien retenir un mari vingt ou trente jours, mais au delà elle perd son empire, laisse voir les vices qu'elle cachait d'abord, et dès lors tout le charme est rompu. Au contraire, celles en qui reluit la beauté de l’âme, n'ont rien à craindre de la fuite du temps, qui leur fournit chaque jour de nouvelles occasions de découvrir leurs belles qualités ; l'impur de leurs époux n'en devient que plus ardent, et l'attachement mutuel ne fait que se resserrer. Dans cet état de choses et devant l'Obstacle de cette ardente et légitime affection, toute espèce d'amour impudique est rejetée bien loin ; l'idée même de l'incontinence n'entrera jamais chez ce mari attaché à sa femme par l'amour ; jusqu'à la fin il lui reste fidèle, et ainsi, par sa chasteté, appelle sur toute sa maison la bienveillance et la protection divines. Voilà les unions que formaient nos bustes des anciens temps, plus attentifs à la vertu qu'à la fortune. Pour le prouver par un exemple, je vous rappellerai un de ces mariages : Abraham déjà vieux et avancé en âge dit au plus âgé de ses serviteurs qui gérait tous ses biens : Pose ta main sous ma cuisse afin que je te fasse jurer au nom du Seigneur Dieu du ciel et de la terre, de ne pas donner pour femme, à mon fils Isaac une des filles des Chananéens, parmi lesquels j'habite, mais tu te rendras dans la terre où je suis né, au milieu de ma tribu, et tu choisiras là une épouse pour mon fils (Gn 24, 1-4). Voyez-vous quelle sollicitude chez cet homme vertueux, chez ce juste, au sujet du mariage ; il n'a pas recours, comme cela se pratique aujourd'hui, à des entremetteuses, à des négociatrices, à de vieilles conteuses de fables ; c'est à son propre serviteur qu'il confie cette affaire. Et ceci même est une grande marque de la prudence de ce patriarche, qu'il ait su former assez bien un serviteur pour le rendre capable d'un pareil ministère. Ensuite la femme qu'il lui faut n'est ni une femme riche, ni une belle femme, mais une femme vertueuse ; et c'est pour cela qu'il prescrit un aussi long voyage à son messager. Considérez aussi l'intelligence du serviteur : il ne dit point : quelle commission me donnes-tu là ! Quand nous sommes entourés d'un si grand nombre de nations, chez lesquelles se trouvent en grand nombre des filles d'hommes riches, distingués, illustres, tu m'envoies dans un pays aussi lointain, parmi des hommes inconnus ? A qui m'adresser ? Qui me connaîtra ? Et s'ils me tendent des embûches ? S'ils me trompent ? Car il n'y a rien de si facile à prendre au piège qu'un étranger. Il ne fit aucune de ces objections, mais négligeant toutes ces difficultés, il s'arrêta seulement au soupçon qui se présente tout d'abord à l'esprit : en ne résistant pas à son maître, il avait montré son obéissance ; en demandant seulement ce dont il fallait principalement s'informer, il manifesta son intelligence et sa prévoyance. A quoi fais-je allusion ? Et quelle est donc cette question qu'il adressa à son maître ? Si la femme, dit-il, ne veut point partir avec moi, ramènerai-je ton fils dans le pays d'où tu es sorti ? Abraham répondit : Ne ramène pas mon fils en ce pays. Le Seigneur Dieu du ciel et de la terre qui m'a tiré de la maison de mon père et de la terre où je suis né, qui m'a parlé et m'a dit avec un serment ces paroles : Je donnerai cette terre à toi et à ta postérité, ce même Dieu enverra son ange devant toi, et t'aplanira le chemin (Gn 24, 4-7). Voyez-vous la foi du patriarche ? Au lieu de faire appel à ses amis, à ses parents, ou à toute autre personne, c'est Dieu même qu'il donne pour interprète et pour compagnon de route à son messager. Puis, voulant rassurer ce serviteur, au lieu de dire simplement le Seigneur Dieu du ciel et de la terre, il ajoute : qui m'a tiré de la maison de mon père. Souviens-toi, lui dit-il, comment nous avons fait ce long voyage, comment après avoir abandonné notre propre pays, nous avons trouvé sur la terre étrangère plus de ressources et de félicité, comment l'impossible est devenu possible. Et ce n'est pas seulement en ce sens qu'il dit : Qui m'a tiré de la maison de mon père ; il veut encore indiquer que Dieu est son débiteur. Nous sommes ses créanciers, dit-il, il a dit lui-même : Je donnerai cette terre à toi et à ta postérité. De sorte que, tout indignes que nous sommes ; en considération de la promesse qu'il nous a faite de sa bouche, et dans la vue de l'accomplir, il nous assistera, aplanira devant nous tous les obstacles, et mènera à consommation ce qui est l'objet de nos vieux. Cela dit, il congédia son messager.

Parvenu au pays qui lui avait été désigné, celui-ci n'aborda aucun des habitants de la ville, il n'entra pas en conversation avec les hommes, il n'appela point les femmes ; mais remarquez comment il resta fidèle, lui aussi, à l'intermédiaire qui lui avait été donné, comment il s'adressa à lui seul. Il se lève pour prier, et dit : Seigneur, Dieu de mon maître Abraham, aplanis, aujourd'hui le chemin devant moi (Gn. 24, 12). Il ne dit pas : Seigneur mon Dieu ; que dit-il donc ? Seigneur, « Dieu de mon maître Abraham ». Je ne suis qu'un misérable, un objet de rebut ; mais je me couvre de mon maître ; car ce n'est pas pour moi que je viens, je ne suis que son ministre ; aie donc égard à sa vertu, et aide-moi à accomplir jusqu'au bout la tâche prescrite.

Maintenant, pour que vous n'alliez pas croire qu'il parle en créancier qui réclame ce qui lui est dû , écoutez les paroles qui suivent : » Et prends en miséricorde mon maître Abraham » (Gen. 24, 12). Quand nous aurions des milliers de mérites, nous voulons devoir à la grâce notre salut, et tenir tout de ta bonté, rien à titre d'acquittement ou de restitution. Et que demandes-tu donc ? Voici, répond-il, que je me tiens debout auprès de la fontaine, et les filles des habitants de la ville sortiront pour venir puiser de l'eau. Donc la jeune fille à qui je dirai : prête-moi ta cruche afin que je boive, et qui me répondra : bois, et je donnerai de plus à boire à tes chameaux jusqu'à ce qu'ils soient abreuvés, c'est celle que tu as préparée pour ton serviteur Isaac, et par là je reconnaîtrai que tu as pris en miséricorde mon maître Abraham. Remarquez la sagesse du serviteur, au signe qu'il choisit. Il ne dit pas : si j'en vois une portée sur un char attelé de mules, traînant à sa suite un essaim d’eunuques, entourée de nombreux esclaves, belle et resplendissante de tout l'éclat de la jeunesse, c'est celle que tu as préparée pour ton serviteur. Que dit-il donc ? Celle à qui je dirai : Prête-moi la cruche afin que je boive. Que fais-tu, mon ami ? C'est une femme de cette sorte que tu cherches pour ton maître, une femme qui porte de l'eau, et qui daigne te parler ? Oui, répond-il : car il ne m'a pas envoyé chercher la richesse, ni la noblesse de la naissance, mais les qualités de l'âme. On trouve souvent des porteuses d'eau qui possèdent une vertu parfaite, tandis que d'autres, nonchalamment assises dans de riches demeures, sont pleines de vices et très-mauvaises. —Mais à quoi reconnaîtra-t-il la vertu de cette femme ? — Au signe qu'il a indiqué. Mais que vaut ce signe pour distinguer la vertu ? — Il est excellent et infaillible. Car il manifeste clairement la charité, de façon à rendre toute autre preuve superflue. Ses paroles reviennent donc à ceci, bien qu'il ne le dise pas en propres termes : Je cherche une vierge tellement charitable, qu'elle rende tous les services dont elle est capable. Et ce n'est point sans réflexions qu'il cherchait une telle épouse : mais, étant d'une maison où florissait surtout l'hospitalité, il voulait avant toute chose trouver une femme assortie à l'humeur de ses maîtres. C'est comme s'il disait : Nous voulons faire entrer chez nous un femme dont les mains soient ouvertes pour les hôtes ; afin qu'il n'y ait pas de guerre et de querelles lorsque le mari fera largesse de son bien à l'exemple de son père, et accueillera les étrangers : ce qui arriverait si la femme était regardante, et ne voulait pas laisser faire, comme c'est le cas dans bien des maisons ; dès maintenant je veux m'assurer si elle est hospitalière, car c'est de là que viennent toutes nos prospérités.

C'est par là que mon maître a obtenu du ciel celui qu'il va marier, par là qu'il est devenu père. Il a sacrifié un veau, et il a reçu un enfant ; il a pétri la farine, et Dieu lui a promis de lui donner des descendants aussi nombreux que les étoiles. Puis donc que c'est d'une telle source que découlent toutes nos prospérités, je recherche cette qualité avant toutes tes autres. Pour nous, ne nous arrêtons pas à ceci qu'il ne demandait que de l'eau : considérons plutôt que c'est la marque d'un cœur bien hospitalier, de ne pas se borner à donner ce qu'on demande, mais d'offrir plus que ce qui est demandé. Et il arriva ceci, dit l'Ecriture, qu'avant qu'il eût fini de parler, Rébecca sortait de la ville, et ainsi se trouva accomplie cette parole du Prophète : Tu n'auras pas fini de parler que je dirai : me voici (Isaïe 58, 9).

Voilà les prières des hommes vertueux : avant qu'elles soient finies, Dieu a, déjà consenti à les exaucer. Et toi aussi, par conséquent, lorsque tu voudras te marier, n'aie point recours aux hommes, ni à ces femmes qui font métier du malheur d'autrui, et ne se proposent qu'un but, à savoir, de gagner un salaire. Aie recours à Dieu. Il ne dédaigne point de présider lui-même à ton mariage. C'est lui-même qui en a fait la promesse en ces termes : « Cherchez le royaume des cieux, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33). Et garde-toi de dire : Mais comment puis-je voir le Seigneur ? Est-ce qu'il peut m'adresser la parole, et s'entretenir avec moi visiblement, de telle façon que je puisse aller à lui et l'interroger ? Pensées d'une âme sans foi. Un instant suffit à Dieu, et la parole ne lui est pas nécessaire pour exécuter tout ce qu'il veut : et c'est justement ce qui eut lieu pour le serviteur d'Abraham. Il n'ouït aucune voix, ne vit aucune apparition. Debout auprès de la fontaine, il pria, et sur-le-champ fut exaucé. Il arriva ceci, qu'avant qu'il eût fini de parler, il vit sortir de la ville Rébecca, fille de Bathuel, fils de Melcha ; portant une cruche sur l'épaule : cette vierge était très-belle ; elle était vierge, aucun homme ne l'avait connue. Mais à quoi bon me parler de sa beauté ? C'est afin que tu comprennes à quel point elle était chaste, et quelle beauté elle avait dans l'âme. C'est une chose admirable que la chasteté, mais bien plus admirable encore, quand elle est jointe à la beauté. C'est pourquoi l'Ecriture, avant de raconter l'histoire de Joseph et de sa chasteté, parle d'abord de ses avantages corporels : elle nous apprend qu'il était beau et dans tout l'éclat d'une jeunesse florissante, et c'est alors seulement qu'elle nous entretient de sa chasteté, et fait voir que cette beauté ne l'avait point précipité dans l'incontinence. En effet, la beauté ne provoque pas plus nécessairement la débauche, que la laideur ne fait la chasteté. Beaucoup de femmes parées de tous les charmes du corps ont brillé, grâce à la chasteté, d'un éclat encore plus vif tandis que d'autres qui étaient difformes et repoussantes ont eu dans l'âme encore plus de difformité, et se sont souillées d'innombrables prostitutions. Ce n'est pas dans le corps, c'est dans l'âme et dans la volonté que résident les principes de ce vice comme de cette vertu.

Ce n'est pas sans intention qu'il lui applique deux fois le nom de vierge. Rappelez-vous qu'après avoir dit : Cette vierge était très-belle, il ajoute : Elle était vierge, aucun homme ne l'avait connue. C'est parce qu'il ne manque pas de vierges qui, tout en conservant leur corps intact, ouvrent l'accès de leur âme à tous les désordres, coquetteries, manèges pour attirer de toutes parts une foule d'amants autour d'elles, regards propres à enflammer les espérances des jeunes gens, gouffres et embûches de toutes sortes ; c'est pour cela, dis-je, que Moïse, voulant indiquer que Rébecca n'était pas semblable à ces filles, mais qu'elle était vierge à la fois de corps et d'âme, prend soin d'ajouter : Elle était vierge, aucun homme ne l'avait connue. Cependant ce n'est pas faute d'occasions qu'aucun homme ne l'avait connue : je dis cela d’abord à cause de sa beauté ; et en second lieu, à cause de l'office qu'elle remplissait. Si elle était restée perpétuellement dans sa chambre, comme les jeunes filles d'aujourd'hui, si elle ne s'était jamais montrée sur la place, si elle n'était jamais sortie de la maison paternelle, l'éloge eût été moins grand à dire qu'aucun homme ne l'avait connue. Mais si vous vous la représentez allant sur la place, obligée de se rendre chaque jour à la fontaine, une fois, deux fois et plus, et que vous songiez ensuite qu'aucun homme ne la connut, c'est alors que vous comprendrez parfaitement la valeur de l'éloge. On a vu plus d'une jeune fille qui n'était ni belle ni gracieuse, et qu'escortaient une quantité de suivantes, perdue néanmoins pour avoir passé une fois ou, deux sur la place publique. Que direz-vous donc de celle qui sort chaque jour seule de la maison paternelle, et cela, non-seulement pour aller sur la place, mais pour se rendre à la fontaine et rapporter de l'eau, courses qui l'exposent nécessairement à mille rencontres ? N'est-elle pas vraiment digne de toute notre admiration, lorsque ni ces sorties, continuelles, ni les charmes qui l'embellissent, ni les passants qui s'offrent partout à sa vue, rien, en un mot, ne peut porter atteinte à sa pureté, lorsqu'elle sait maintenir son âme et son corps à l'abri de la corruption, garder plus strictement la chasteté que les femmes qui restent enfermées chez elles, se montrer enfin pareille à celle que Paul demande en ces termes : « Qu'elle soit sainte de corps et d'esprit ? » (1 Cor. 7, 34). Etant donc descendue ài la fontaine, elle remplit d'eau sa cruche et remonta ; alors le serviteur courut à sa rencontre et lui dit : Laisse-moi boire un peu â ta cruche. Elle répondit : Bois, seigneur, et elle s'empressa de prendre sa cruche sur son bras, et elle lui donna à boire jusqu'à ce qu'il fût désaltéré. Puis elle ajouta : je puiserai aussi pour tes chameaux, jusqu'à ce que tous aient bu. Et elle s'empressa de vider sa cruche dans l'abreuvoir : et elle courut au puits afin de tirer de l'eau pour tous les chameaux (Gn. 24, 16-20).

Grande était la charité de cette femme, grande sa chasteté ; ces deux points sont bien établis, tant par ses actions que par ses paroles. Vous avez vu comment sa chasteté ne nuisait point en elle à la charité, comment d'autre part la charité ne compromettait point sa chasteté. Ne s'être point précipitée au-devant de l'étranger, ne lui avoir point parlé la première, voilà pour la chasteté ; n'avoir point résisté par signes ou paroles à sa demande, c'est le fait d'une charité et d'une humanité peu communes. En effet, de même qu'elle aurait fait paraître de l'effronterie et de l'impudence si elle était allée à sa rencontre ou lui avait parlé avant qu'il eût rien dit ; de même, si elle l'avait repoussé quand il invoquait son assistance, elle se serait montrée dure et inhumaine. Mais elle sut éviter ces deux écueils : la chasteté ne l'a pas rendue infidèle aux lois de l'hospitalité ; son hospitalité n'a pas su davantage diminuer les éloges dus à sa chasteté ; c'est dans leur intégrité qu'elle a manifesté ces deux vertus : la, chasteté, en attendant la demande de l'étranger ; l'hospitalité, une hospitalité au-dessus de toute louange, en lui fournissant ce qu'il demandait. Hospitalité au-dessus de toute louange, ai-je dit; comment nommer, en effet, celle qui, non contente d'accorder ce qu'on demande, offre encore quelque chose de plus. Sans doute, son présent n'était que de l'eau ; mais c'est tout ce qu'elle avait alors sous la main. Or l'usage est de mesurer la générosité des hôtes, non à la richesse de leur don, mais aux ressources sur lesquelles ils le prélèvent. C'est ainsi que Dieu a loué l'homme qui avait donné un verre d'eau fraîche, et a dit que la femme qui avait offert deux petites pièces de monnaie avait donné plus que personne, parce qu'elle avait sacrifié tout ce qu'elle possédait alors. De même Rébecca fit largesse à ce brave étranger de tout ce qu'elle avait à lui offrir. Ce n'est pas sans intention que le texte emploie ces expressions ; elle se hâta, elle courut, et autres semblables ; c'est pour montrer le zèle avec lequel elle agit en personne qui n'est ni contrainte, ni forcée, qui agit sans hésitation ni répugnance. Ceci n'est pas insignifiant : n'avons-nous pas vu plus d'une fois un passant que nous prions de s'arrêter un instant et de pouvoir laisser allumer notre torche à la sienne, ou de nous donner, pour nous désaltérer, un peu de l'eau qu'il portait, s'y refuser et nous repousser avec brusquerie ? Rébecca, au contraire, non contente d'incliner sa cruche en faveur de l'étranger, va jusqu’à prendre la peine de puiser de l'eau pour tous les chameaux, mettant ainsi avec la plus grande bonté, sa personne même au service de la charité. Ce n'est pas seulement son action, mais encore son empressement qui témoigne de sa vertu ; elle appelle seigneur un inconnu qu'elle voit pour la première fois. Et de même que son futur beau-père Abraham ne demandait pas aux voyageurs : qui êtes-vous ? De quelle famille ? Où allez-vous ? D’où venez-vous ? Et profitait sans retard de l'occasion offerte à sa charité ; de même Rébecca ne demanda pas : qui es-tu ? De quelle famille ? Quel est le motif qui t'amène ? Mais pressée de saisir l'aubaine qui se présentait à son zèle, elle négligeait toutes ces questions superflues. Ceux qui achètent des perles afin de les échanger contre de l'or ne songent qu'à s'enrichir aux dépens des acheteurs, et non à les importuner de questions curieuses. Ainsi Rébecca ne pense qu'à recueillir le fruit de l'hospitalité, qu'à recevoir entière la récompense proposée. Elle n'ignorait pas que les étrangers pèchent moins que personne par excès d'audace ; ils ont besoin d'un accueil empressé qu'un excès de réserve ne vienne pas refroidir ; si nous nous avisons de les obséder de questions indiscrètes, ils s'effarouchent, ils se dérobent, ils ne viennent plus à nous qu'à regret. Aussi s'en garda-t-elle bien dans cette occurrence, et son beau-père de même, quand il recevait des hôtes ; il craignait trop d'effrayer le gibier ; il se contentait de donner ses soins au voyageur, et quand il avait tiré d'eux le profit désiré, alors il les congédiait.

C'est pour cela qu'il reçut un jour des anges dans sa maison : s'il les avait pressés de questions, sa récompense eût été diminuée d'autant. En effet, ce que nous admirons en lui, ce n'est pas qu'il ait reçu des anges, c'est qu'il les ait reçus sans les connaître. S'il leur avait donné ses soins à bon escient, il n'y aurait là rien de surprenant ; la dignité de tels hôtes aurait rendu courtois et humain l'homme le plus dur et le plus insensible. Ce qu'il faut admirer, c'est que, les prenant pour des voyageurs vulgaires, il leur ait prodigué des soins si empressés. Rébecca fut digne d'Abraham : elle ignorait le nom du serviteur, le but de son voyage, l'intention qu'il avait de la demander en mariage : elle ne voyait en lui qu'un voyageur et un étranger. Aussi la récompense de sa charité fut-elle d'autant plus grande, qu'elle avait accueilli avec une bienveillance parfaite un homme absolument inconnu, tout en restant fidèle aux lois de la chasteté. Ni effronterie, ni hardiesse, ni excès d'instances, ni mauvaise humeur : elle sut remplir son office sans se départir de la réserve convenable. C'est à quoi Moïse fait allusion en disant : « L'homme la considérait en, silence, afin de s'assurer si le Seigneur avait béni son voyage » (Gen. 24, 21). Que veut dire ceci : Il la considérait ? Cela veut dire qu'il observait son maintien, sa démarche, sa physionomie, son langage, tout enfin avec un grand soin, cherchant à lire dans ses gestes le secret de son âme. Ce n'est pas tout : il veut recourir encore à une autre épreuve. Lorsqu'elle l'eut désaltéré, il ne s'en tint pas là, et lui dit : Fais-moi savoir de qui tu es la fille : y a-t-il dans la maison de ton père un lieu où je puisse descendre ? (Gen. 24, 23) Quelle est sa réponse ? Avec beaucoup de patience et de douceur, elle dit le nom de son père. Elle aurait pu se fâcher et répondre. Mais toi, qui es-tu donc, indiscret, qui t'enquiers si curieusement de notre maison ? Au lieu de cela, elle répondit : Je suis fille de Bathuel, fils de Melcha, qui l'est de Nachor. Il y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance, et un endroit pour les hôtes. Encore cette fois, comme lorsqu'il s'agissait de l'eau, elle lui donne plus qu'il ne demandait. Alors il ne demandait qu'à boire : elle lui offrit de désaltérer ses chameaux et les désaltéra en effet. C'est la même chose ici : il lui demandait seulement s'il y avait de la place pour les hôtes, elle lui apprend qu'il y a « de la paille, du fourrage et le reste », le tout afin de l'engager, de l'attirer à la maison, et de recueillir ainsi le prix de l'hospitalité. N'écoutons pas ceci à la légère, ni par manière de distraction, mais songeons à nous-mêmes, mettons-nous à la place des personnages, c'est ainsi que nous apprécierons la vertu de Rébecca. Souvent, quand il nous faut héberger, des amis, des connaissances, nous nous y prêtons à regret, et si leur séjour se prolonge durant une ou deux journées, nous voilà de mauvaise humeur. Rébecca n'avait affaire qu'a, un étranger, un inconnu ; cependant elle met tout son empressement à l'attirer dans sa maison, et cela, sachant bien qu'elle sera obligée de donner ses soins, non-seulement à lui, mais encore à ses chameaux. Le serviteur entre : remarquez une nouvelle et plus forte preuve de son intelligence. Elle lui offre du pain : Je ne mangerai pas, répond-il, avant d’avoir dit ce que j'ai à dire.

Voyez-vous cette activité, cette tempérance ? On l'invite à parler : considérons le langage qu'il tient. Va-t-il leur dire qu'il a un maître de haut rang, universellement honoré, le premier personnage, sans contredit, de la contrée qu'il habite ; s'il eût voulu parler sur ce ton, il n'aurait pas été embarrassé. En effet, les gens du pays honoraient Abraham à l'égal d'un roi. Mais il ne dit rien de pareil ; il passe sur ces titres humains, et c'est de la faveur divine qu'il décore Abraham en disant : Je suis serviteur d'Abraham, le Seigneur a comblé mon maître de ses bénédictions ; et il a été exalté ; et il lui a donné des brebis et des bœufs, de l'or et de l'argent (Gen. 24, 34-35). S'il fait mention de ces richesses, ce n'est point pour montrer qu'Abraham est dans l'aisance, mais pour faire voir qu'il est aimé de Dieu ; ce n'est pas de les posséder qu'il le loue, mais de les avoir reçues de Dieu. Il arrive ensuite au jeune homme. Et Sara, femme de mon maître, lui a donné un fils alors qu'il était déjà vieux. Ici il veut appeler l'attention sur le miracle de cette naissance, en la représentant comme un bienfait de la faveur divine, en dehors des lois de la nature. Et pareillement, si quelqu'un de vous cherche une femme ou un mari, qu'il examine avant tout si la personne qu'il a en vue est aimée de Dieu, si la bonté céleste lui prodigue ses faveurs. Car si cela se trouve en elle, tout le reste s'ensuit : dans le cas contraire , possédât-elle la plus belle fortune et la mieux assurée, c'est comme si elle n'avait rien. Ensuite le serviteur, afin qu'on ne lui demande pas : Pourquoi n'a-t-il pas épousé une femme de son pays ? ajoute aussitôt après : Mon maître m'a fait prêter serment et il m'a dit : Tu ne donneras pas pour femme à mon fils une des filles des Chananéens ; mais tu te rendras dans la maison de mon père, et dans ma tribu, et tu choisiras là une épouse pour mon fils (Gen. 24, 37-38). Mais je ne veux pas vous rapporter ici toute l'histoire, de peur que vous ne me trouviez importun. Arrivons donc à la fin. Quand il eut raconté comment il s'était arrêté à la fontaine, comment il avait fait une prière à la jeune fille, comment elle lui avait donné plus qu'il ne demandait, comment Dieu avait été son médiateur ; enfin, quand il eut tout narré dans le plus grand détail, il finit alors de parler. Les autres, après avoir entendu ce récit, n'hésitèrent plus un instant, et sans faire attendre leur réponse, comme inspirés par Dieu lui-même, ils accordèrent leur fille sur-le-champ. Ceci est l'ordre de Dieu, répondirent Laban et Balhuel, nous ne pouvons donc disputer contre toi. Voici Rébecca, emmène-la et pars ; et qu'elle soit la femme de ton maître, suivant la parole du Seigneur (Gen. 24, 50-51). Qui ne s'étonnerait ? Qui ne resterait frappé de surprise, en songeant au nombre et à la gravité des obstacles levés ainsi dans un instant ? L'envoyé était un étranger, un serviteur ; la distance à parcourir était considérable ; ni le jeune homme, ni son père, ni aucun de ses parents n'était connu. C'était assez d'une de ces difficultés pour empêcher le mariage ; rien ne l'empêcha pourtant, et comme si Isaac était un voisin, une connaissance, un ami du premier jour, ils lui donnent leur fille avec une entière confiance : c'est que le médiateur était Dieu. En effet, essayons-nous de faire quelque chose sans son appui, ce qui semblait tout simple et tout aisé ne nous offre plus que précipices, qu'abîmes, que chances contraires. Au contraire quand il est avec nous et qu'il nous assiste, le projet le plus difficile à exécuter réussit comme de lui-même. En conséquence, n'entreprenons rien, ne disons rien, sans avoir d'abord invoqué Dieu, et l'avoir prié de mettre la main lui-même à ce qui nous occupe, ainsi qu'a fait le serviteur.

Voyons maintenant, la demande accordée, comment se firent les noces. Traîna-t-il derrière lui des joueurs de cymbales, de flûte, des danseurs, des tambours, et tout cet appareil que l'on connaît ? Rien de tout cela seule il avait reçu Rébecca, seule il l'emmena, sans autre compagnon que l'ange qui lui faisait escorte, en accomplissement de la prière qu'Abraham avait faite à Dieu, de protéger le voyage de son serviteur, quand il aurait quitté la maison. Et la jeune femme était conduite à son époux, sans qu'elle eût entendu ni flûte, ni lyre, ni autres instruments, mais la tête toute chargée de bénédictions célestes, couronne supérieure en éclat aux plus riches diadèmes. Elle était conduite à son époux, parée non de tissus d'or, mais de chasteté, de piété, de charité, de toutes les vertus enfin. Elle était conduite à son époux, non sur un char couvert, ni sur quelque autre siège d'apparat, mais sur le dos d'un chameau. C'est qu'alors, indépendamment de leurs vertus, les jeunes filles avaient un tempérament robuste. En effet, leurs mères ne les élevaient pas comme c'est la mode aujourd'hui, et ne compromettaient point leur santé à force de bains, de parfums, de fard, de vêtements moelleux, enfin par mille autres superfluités propres seulement à les amollir ; au contraire, elles les soumettaient aux plus rudes épreuves. Aussi avaient-elles une beauté florissante, et de bon aloi, attendu qu'elle devait tout à la nature et rien à l'artifice. Aussi jouissaient-elles d'une santé à l'abri de toute atteinte, et leurs grâces étaient-elles incomparables, parce que leur corps n'était jamais incommodé par la maladie et que la mollesse leur était inconnue. En effet, les peines, les fatigues, l'habitude de faire tout par soi-même, en chassant la mollesse, donnent une force, une santé inébranlable. Par là on les rendait plus capables d'inspirer aux hommes la tendresse et l’amour ; car ils trouvaient en elles, non-seulement plus de perfections corporelles, mais encore plus de qualités morales et plus de sagesse. Elle était donc sur un chameau ; arrivée dans le voisinage, avant qu'elle fût proche de la maison, elle leva les yeux, vit Isaac, et sauta à bas du chameau. Voyez-vous cette force ? Voyez-vous cette agilité ? Elle saute à bas d'un chameau. Telle était la vigueur qui se joignait à la sagesse, chez les filles de ce temps ! Et elle dit au serviteur : Quel est cet homme qui s'avance dans la plaine ? Le serviteur répondit : Mon maître. Alors, prenant son voile, elle s'en enveloppa (Gen. 24, 65). Reconnaissez partout sa chasteté, contemplez sa pudeur et sa modestie. Et Isaac la reçut pour femme, et il la chérit, et elle adoucit le chagrin qu'il avait eu de la mort de sa mère Sara (Gen. 24, 67). Ces mots, il la chérit, elle adoucit le chagrin qu'il avait eu au sujet de sa mère, ce n'est pas pour rien que je les cite ; j'ai voulu vous faire entendre quels charmes Rébecca avait apportés de chez elle, pour mériter tant de tendresse et d'amour. Et qui aurait pu ne pas chérir une femme si sage, si réservée, si humaine, si charitable et si douce, une femme si virile par le coeur, si robuste par le corps ? Ce que j'en ai dit n'est point pour me faire écouter, ni pour obtenir vos éloges, mais pour exciter votre émulation. Vous, pères, imitez la sollicitude que montra le patriarche, afin de faire épouser à son fils une femme vraiment vertueuse ; il ne rechercha ni la fortune, ni la noblesse, ni la beauté, ni aucun autre avantage que l'excellence de l'âme. Vous, mères, c'est dans cette pensée que vous devez élever vos filles. Quant aux jeunes gens qui voudront les prendre pour femmes, qu'ils célèbrent leurs noces avec la même décence ; loin d'eux les danses, les éclats de rire, les propos grossiers, les flûtes, et toute cette magnificence diabolique, et tout ce qui peut y ressembler : qu'ils prient seulement Dieu d'être leur médiateur dans toutes leurs démarches. Si nous menons toujours ainsi nos affaires, il n'y aura ni divorce, ni soupçon d'adultère, ni motif de jalousie, ni batailles, ni querelles, mais nous goûterons toutes les douceurs de la paix et de la concorde, auxquelles viendront nécessairement se joindre toutes les vertus. De même que, lorsque l'homme et la femme sont divisés, tout s'en ressent dans la maison, quand bien même toutes les autres affaires iraient à souhait : de même, lorsque la paix et la concorde règnent, tout prend du charme, quand bien même l'orage éclaterait cent fois par jour. Si l'on se marie comme je le demande, il sera bien facile d'amener les enfants à la pratique de la vertu. En admettant que la mère soit ce que j'ai dit : réservée, chaste, riche de toutes les vertus, certes elle sera bien en état de gagner son mari et de le maîtriser par la tendresse qu'elle lui inspirera ; et quand elle l'aura gagné, elle trouvera en lui un auxiliaire plein de zèle pour l'éducation de ses enfants. Elle amènera ainsi Dieu lui-même à partager sa sollicitude. Alors, Dieu lui-même prêtant son assistance à ce ménage si bien dirigé, cultivant lui-même les âmes des enfants, tous les ennuis auront disparu ; tout sera pour le mieux dans la maison, comme dans l'âme des maîtres, et chacun pourra de la sorte, avec sa maison, j'entends avec sa femme, ses enfants et ses serviteurs, parcourir sans danger jusqu'au bout sa carrière terrestre, et entrer ensuite dans le royaume des cieux, bonheur que je vous souhaite à tous d'obtenir, par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ , avec lequel gloire et puissance, au Père et à l'Esprit saint et vivifiant, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome du Soir
Voici la Prière « Ne vous endormez jamais, avant d'avoir examiné les fautes que vous avez commises pendant la journée » de Saint Jean Chrysostome (345-407) que le Saint Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique recommandait avec beaucoup d'instance aux Fidèles d’Antioche pour pratiquer son examen de conscience quotidien.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Ne vous endormez jamais, avant d'avoir examiné les fautes que vous avez commises pendant la journée » :

« Ne vous endormez jamais, avant d'avoir examiné les fautes que vous avez commises pendant la journée ; ne laissez pas passer deux jours sans demander compte à vos domestiques de l'emploi de votre argent, ne laissez jamais passer deux jours sans vous demander compte à vous-même de toutes vos actions : interrogez votre conscience : condamnez toutes vos fautes; faites promettre à votre âme de ne les plus commettre ».
Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome pour nos Ennemis
Voici une Prière d’exorcisme « Ô Dieu Tout-Puissant, éloignez et chassez au loin tout démon pervers et malsain » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de St Jean Chrysostome « Ô Dieu Tout-Puissant, éloignez et chassez au loin tout démon pervers et malsain » :

Prions le Seigneur : Dieu éternel, qui avez délivré le genre humain de la servitude du diable, délivrez Votre serviteur ………….. (Votre servante ………………) de toute influence des esprits malsains ; ordonnez aux démons, aux esprits impurs et pervers, de s’éloigner du corps et de l’âme de Votre serviteur ………….. (Votre servante ………………), de ne pas y demeurer, ni de s’y cacher ; mais par Votre Saint Nom, celui de votre Fils unique et par votre Vivifiant Esprit, qu’ils soient chassés de l’œuvre de Vos mains, afin que, purifié(e) de toute emprise diabolique, il (elle) puisse vivre avec piété, dans la justice et la sainteté, et soit digne de recevoir les Mystères immaculés de votre Fils unique et notre Dieu, avec lequel Vous êtes béni et glorifié, ainsi que votre Très-Saint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Vous qui avez rappelé à l’ordre tous les esprits impurs, et chassé, par la puissance de votre Parole, celui qui est légion, rendez-vous manifeste encore maintenant, par votre Fils unique, sur la créature que Vous avez formée à Votre image, et mettez fin à l’obsession (ou la possession) de l’adversaire, afin que, prise en pitié et purifiée, elle rejoigne Votre saint troupeau et soit gardée comme temple vivant de l'Esprit de Votre divine Sanctification. Par la Grâce, la Miséricorde et l’Amour pour les hommes de votre Fils unique, avec lequel Vous êtes béni , ainsi que votre Très-Saint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Nous Vous invoquons, ô Maître, Dieu Tout-Puissant, Très-Haut, Inaccessible, Roi pacifique ; nous Vous invoquons, Vous qui avez fait le ciel et la terre : de Vous, en effet, est issu l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. Seigneur, qui avez permis que les quadrupèdes et les animaux sans raison obéissent aux hommes, puisque Vous les leur avez soumis, étendez Votre main puissante, Votre bras élevé et saint, et, du haut du ciel, regardez cette créature qui Vous appartient. Envoyez-lui un ange de Paix, un ange fort, gardien de son âme et de son corps, qui éloigne et chasse au loin tout démon pervers et malsain. Car Vous êtes le seul Seigneur, Très-Haut, Tout-Puissant et béni , dans les siècles des siècles. Amen.

Exorcisme :
Voici la divine, la sainte, la grande adjuration, l’appel redoutable et solennel que nous lançons pour ton expulsion, apostat, ainsi que l’ordre, ô diable, de ta disparition :
Que le Dieu Saint, sans commencement, redoutable, invisible par nature, incomparable en Sa puissance, insaisissable en Sa divinité, le Roi de Gloire, le Maître Tout-Puissant te chasse, Lui qui, par sa Parole, a constitué avec succès l’univers, l’amenant du non-être à l’existence, Lui qui s’avance sur les ailes du vent.
Il te commande le Seigneur qui fait évaporer l’eau de la mer et la fait retomber en pluie sur la terre : Seigneur des Puissances, tel est son Nom.
Il te commande le Seigneur que servent avec crainte et que louent les innombrables et flamboyantes armées des cieux, qui est adoré avec tremblement et glorifié par les nombreux chœurs des anges et des archanges.
Il te commande le Seigneur que vénèrent les Puissances qui l’entourent, ainsi que les Chérubins aux multiples yeux et les Séraphins aux six ailes, qui des deux premières se couvrent le visage à cause de l’insoutenable vision de la Divinité, des deux dernières se couvrent les pieds pour ne pas être brûlés par l’ineffable gloire et l’insaisissable Majesté, et des deux autres volent, emplissant le ciel de leur chant : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur des Armées ; le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire. »
Il te commande le Seigneur Dieu et Verbe qui est descendu du ciel, du sein du Père et qui, par son Incarnation virginale, immaculée, sainte, adorable et ineffable, a paru de manière inexprimable dans le monde pour le sauver ; c’est Lui qui, par sa Toute-Puissance, t’a précipité du haut du ciel et fait de toi l’universel réprouvé.
Il te commande le Seigneur qui a dit à la mer : silence et calme ! si bien qu’à son ordre elle s’est tout de suite apaisée.
Il te commande le Seigneur qui, de Sa salive très pure, fit de la boue et rendit la lumière à l’aveugle.
Il te commande le Seigneur qui, par sa Parole, a ressuscité la fille du chef de synagogue et arraché le fils de la veuve au gosier de la mort pour le rendre à sa mère sain et sauf.
Il te commande le Seigneur qui, des morts, a fait surgir Lazare, le quatrième jour, intact et sans corruption, à la stupeur d’un grand nombre, comme s’il n’était pas mort.
Il te commande le Seigneur qui, souffleté, a mis fin à la malédiction et qui, le flanc percé par la lance, fit reculer le glaive flamboyant qui gardait le paradis.
Il te commande le Seigneur qui, par les crachats lancés contre sa Sainte Face, a essuyé toutes larmes de nos visages.
Il te commande le Seigneur qui a planté la Croix pour l’affermissement et le salut du monde, mais aussi pour ta chute et celle des anges qui te sont soumis.
Il te commande le Seigneur qui, par le cri poussé sur la Croix, fit que le voile du Temple s’est déchiré, que les rochers se sont fendus, que les sépulcres se sont ouverts et que sont ressuscités des morts ensevelis depuis des siècles.
Il te commande le Seigneur qui est descendu aux enfers et qui en a secoué les tombeaux, libérant les captifs qu’ils retenaient et les rappelant à Lui ; ce que voyant, les geôliers furent épouvantés et, se cachant, échappèrent à ce combat.
Il te commande le Seigneur qui est monté aux Cieux glorieusement vers son Père, et siège sur le Trône de gloire à la droite de la Majesté Divine.
Il te commande le Seigneur qui reviendra dans Sa gloire sur les nuées du ciel avec ses Saints Anges pour juger les vivants et les morts.
Il te commande le Seigneur qui a préparé le feu inextinguible, le ver qui ronge sans répit et les ténèbres extérieures pour le châtiment éternel.
Il te commande le Seigneur devant qui l’univers tremble et frémit face à Sa puissance, ne pouvant soutenir la colère qui te menace.

Le Seigneur Lui-même te commande de par son Nom redoutable : tremble, frémis, frisonne, retire-toi, disparais, prends la fuite, toi qui es tombé du ciel entraînant avec toi les esprits du mal : tout esprit mauvais, esprit d’insolence et de méchanceté, esprit nocturne, esprit diurne, paraissant à midi ou le soir, esprit de minuit, créateur d’illusion, esprit agressif, terrestre ou aquatique, hantant les bois, les roseaux, les ravins, les croisements, les carrefours, les étangs, les fleuves, les maisons, traversant les cours et les lieux publics, troublant et altérant l’esprit des hommes ; en bref, retire-toi de ce serviteur (cette servante) de Dieu, …………., de son esprit, de son âme, de son cœur, de ses reins, de ses sens, et de tous ses membres, afin que – rendu(e) à la santé, intact(e), libre, reconnaissant(e) envers son Maître et Créateur, le Dieu de tous qui a rassemblé les égarés et leur a donné la marque du salut par la régénération et le renouveau du saint Baptême, – il (elle) soit rendu(e) digne de ses Mystères saints, célestes et redoutables, uni(e) à son troupeau véritable, établi(e) en un lieu de fraîcheur, nourri(e) près des eaux du repos, guidé(e) sûrement par le Bon Pasteur sous la houlette de la Croix, pour la rémission de ses péchés et la vie éternelle. Car à Sa Majesté sont dus toute gloire, tout honneur et toute adoration, ainsi qu’à son Père éternel et à son Très-Saint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de St Jean Chrysostome à la Sainte Vierge
Voici la Prière « Ô Vierge, qui avez enfanté Dieu, demandez-Lui de sauver toutes nos âmes » de Saint Jean Chrysostome (345-407) né à Antioche (Turquie) et mort près de Comana (aujourd’hui en Roumanie), Archevêque de Constantinople (actuelle Turquie) et l'un des Pères de l'Église Grecque qui avait une profonde spiritualité Mariale.
La Prière de Jean Chrysostome « Ô Vierge, qui avez enfanté Dieu, demandez-Lui de sauver toutes nos âmes » :

« Ô Vierge, au moment même où Gabriel prononça ces mots : « Ave Maria, gratia plena », le Dieu de toute la création s'incarna en Vous comme en un Sanctuaire. Les Cieux sont grands; mais Vous fûtes alors bien plus Grande, Vous qui portiez le Créateur. Gloire à Celui qui a pris Sa demeure en Votre sein ; Gloire à Celui qui est né de Vous ; Gloire à Celui qui a délivré le monde par ce bienheureux enfantement. Et Vous, qui avez enfanté Dieu, demandez-Lui de sauver toutes nos âmes. ».

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome pour Pâques
Voici une Prière du Vendredi Saint « C’est ce Corps qui a été si durement frappé et cloué au gibet de la Croix » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Jean Chrysostome « C’est ce Corps qui a été si durement frappé et cloué au gibet de la Croix » :

« C'est ce Corps, ce même Corps de mon Dieu, ici présent, que les Mages ont adoré sur la crèche ; c'est ce Corps au pied duquel sont tombés ces barbares, avec crainte et tremblement ; et ils avaient fait un long chemin pour Le trouver. C'est à cause de ce Corps que je ne suis plus terre et boue. C'est à cause de ce Corps que je ne suis plus captif, mais libre. C'est à cause de ce Corps que je puis espérer le Ciel. C’est ce Corps qui a été si durement frappé et cloué au gibet de la Croix, c'est ce Corps que n'a point vaincu la Mort. C'est à cause de ce Corps que le soleil a éteint ses rayons ; c'est à cause de ce Corps que le voile du Temple s'est déchiré en deux, que les pierres se sont fendues, et que toute la terre a tremblé. C'est de ce Corps, de ce même Corps tout sanglant et percé d'une lance, qu'a jailli sur le monde entier une Source de Sang et d’Eau. Et ce Torrent a sauvé le monde. »

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome avant, pendant et après la Sainte Communion
Voici une Prière en référence aux Mages pour approcher les saints Autels dans de bonnes dispositions « Approchons-nous du Corps de Jésus-Christ » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Chrysostome « Approchons-nous du Corps de Jésus-Christ » :

« Approchons-nous du Corps de Jésus-Christ avec beaucoup de ferveur et avec beaucoup de charité. Autrefois les Mages ont témoigné de la révérence pour ce divin Corps, lors même qu'Il était couché sur une crèche et dans une étable. Ces hommes infidèles et barbares ayant quitté leur maison et leur pays, firent un grand voyage pour L'aller trouver, et étant arrivés où Il était, ils L'adorèrent avec une crainte respectueuse et une profonde révérence. Imitons au moins des barbares, nous qui sommes citoyens du Ciel. Ce n'est plus sur une crèche que vous Le voyez, c'est sur un autel ; ce n'est plus entre les bras d'une femme, c'est entre les mains du Prêtre, et sous les ailes du Saint-Esprit qui couvre les oblations sacrées avec une multitude infinie d'esprits bienheureux qui l'environnent. Or, vous ne voyez pas seulement ce même Corps que virent ces Mages, mais vous en connaissez la vertu ».

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)
Prière de Saint Jean Chrysostome pour les Époux
Voici la Prière « Ce que Dieu a joint, ce n’est pas à l’homme de le désunir » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence et Docteur de l'Église Catholique.
La Prière de Saint Jean Chrysostôme « Ce que Dieu a joint, ce n’est pas à l’homme de le désunir » :

« Ayez la confiance. Nul ne pourra nous séparer ; ce que Dieu a joint, ce n’est pas à l’homme de le désunir. Dieu l’a dit à propos de l’union de l’homme et de la femme : tu ne peux, ô homme, briser le lien d’un seul Mariage, comment pourrais-tu diviser l’Eglise de Dieu ? C’est donc Elle que tu attaques, parce que tu ne peux atteindre Celui que tu poursuis. Le moyen de rendre ma gloire plus éclatante, d’épuiser plus sûrement encore tes forces, c’est de me combattre ; car il te sera dur de regimber contre l’aiguillon. Tu n’en émousseras pas la pointe, et tes pieds en seront ensanglantés. Les flots n’entament pas le rocher, ils retombent sur eux-mêmes, écume impuissante ».

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407) - L’Année Liturgique « Le Temps de Noël » de Dom Prosper Guéranger, p. 469, chez Julien Lanier (1847)
« Prière pour défendre l’Église Catholique » de Saint Jean Chrysostôme pour l'Eglise Catholique
Voici une Prière pour affirmer notre foi dans l’Église Catholique face aux menaces de notre temps « Ne fais pas la guerre au Ciel, ô homme, car rien n’est comparable à la force de l'Église » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople, le Docteur de toutes les Eglises, le vainqueur du monde, le Pasteur inébranlable, le successeur des Martyrs, le prédicateur par excellence, l’admirateur de Paul, l’imitateur du Christ.
La Prière de Saint Jean Chrysostôme « Ne fais pas la guerre au Ciel, ô homme, car rien n’est comparable à la force de l'Église » :

« Ô homme, rien n’est comparable à la force de l'Église. Cesse la guerre, si tu ne veux pas sentir épuiser tes forces ; ne fais pas la guerre au Ciel. Si tu déclares la guerre à l'homme, tu peux vaincre, ou succomber ; mais quand tu attaques l'Eglise, l'espoir de vaincre t’est interdit ; car Dieu est plus fort que tout. Serions-nous donc jaloux du Seigneur ? Serions-nous plus puissants que Lui ? Dieu a fondé, Il a affermi ; qui essaiera d'ébranler ? Tu ne connais donc pas sa Force ? Il regarde la terre, et Il la fait trembler, Il commande, et ce qui était ébranlé devient solide. Si naguère Il a raffermi votre ville agitée par un tremblement de terre, combien plus pourra-t-Il rasseoir l'Eglise ? Mais Elle est plus solide que le Ciel même. Le ciel et la terre passeront, dit le Seigneur ; mais mes Paroles ne passeront point. Et quelles Paroles ? Tu es Pierre, et sur cette pierre, qui est à moi, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle. Si tu ne crois pas à cette Parole, crois aux faits. Combien de tyrans ont essayé d'écraser l’Église ? Que de bûchers, que de bêtes féroces, que de glaives ! Et tout cela, pour ne rien produire. Où sont maintenant ces redoutables ennemis ? Le silence et l’oubli en ont fait justice. Et l’Eglise, où est-Elle ? Sous nos yeux, plus resplendissante que le soleil. Mais si, lorsque les Chrétiens étaient en petit nombre, ils n'ont pas été vaincus ; aujourd'hui que l’univers entier est plein de cette Religion sainte, comment les pourrais-tu vaincre ? Le ciel et la terre passeront, dit le Christ, mais mes Paroles ne passeront pas. Et il en doit être ainsi ; car l'Eglise est plus aimée de Dieu que le ciel même. Ce n'est pas du ciel qu’Il a pris un corps ; la chair qu’Il a prise appartient à l'Eglise. Le ciel est pour l’Eglise, et non pas l'Eglise pour le ciel. Ne vous troublez pas de ce qui est arrivé. Faites-moi cette grâce, d'être immobiles dans la foi. N'avez-vous pas vu Pierre, lorsqu’il marchait sur les eaux, pour avoir douté un instant, courir le risque d'être submergé, non par l’impétuosité des flots, mais pour la faiblesse de sa foi. Sommes-nous donc montés sur ce Siège par les calculs humains ? L'homme nous a-t-il élevé, pour que l'homme nous puisse renverser ? Je ne le dis pas par arrogance ni par une vaine jactance : à Dieu ne plaise ! Je veux seulement affermir ce qui en vous serait flottant. La ville était rassise sur ses bases, le diable a voulu ébranler l'Église. Ô esprit de scélératesse et d'infamie ! Tu n'as pas su renverser des murailles, et tu espères ébranler l'Église ! Consiste-t-Elle donc dans des murailles, l'Eglise ? Non ; l‘Eglise, c’est la multitude des fidèles ; ils sont ses fermes colonnes, non liées avec le fer, mais serrées par la foi. Je ne dis pas seulement qu'une telle multitude a plus de force que le feu ; ta rage ne saurait triompher même d'un seul Chrétien. Rappelle-toi quelles blessures t'ont infligées les Martyrs. N’a-t-on pas vu souvent comparaître une jeune fille délicate, amenée devant le juge, avant l’âge nubile ; elle était plus tendre que la cire, et cependant plus ferme que la pierre. Tu déchirais ses flancs ; tu ne lui enlevais pas la foi. La chair cédait sous l'instrument de torture, la constance dans la foi ne cédait pas. Tu n’as pu vaincre même une femme, et tu espères surmonter tout un peuple ? Tu n'as donc pas entendu le Seigneur qui disait : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon Nom, j'y suis, au milieu d’eux » ? Et Il ne serait pas présent au milieu d'un peuple nombreux, enchaîné par les liens de la charité ? J'ai en mes mains le gage, je possède Sa promesse écrite ; c'est là le bâton sur lequel je m'appuie, c'est là ma sécurité, c'est là mon port tranquille. Que l’univers entier s’agite, je me contente de relire ces caractères sacrés ; c'est là mon mur, c'est là ma forteresse. Mais quels caractères ? Ceux-ci : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu‘à la consommation des siècles ». Le Christ est avec moi ! Qu’ai-je à craindre ? Quand les flots s'élèveraient contre moi, quand les mers, quand la fureur des Princes ; pour moi, tout cela est moins qu'une toile d’araignée. Si votre charité ne m’eût retenu, j’étais prêt à partir pour l’exil, dès aujourd'hui même. Voici ma prière : Seigneur, que votre Volonté se fasse ; non telle ou telle volonté, mais la Vôtre. Qu’il arrive ce que Dieu voudra ; s’Il veut que je reste ici, je L'en remercie ; en quelque lieu qu’Il veuille que je sois transporté, je Lui rends grâces ».

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407) - L’Année Liturgique « Le Temps de Noël » de Dom Prosper Guéranger, p. 470-472, chez Julien Lanier (1847)
Prière de Saint Jean Chrysostome avant, pendant et après la Sainte Communion
Voici une Prière qui se dit au moment de la réception du Précieux Sang « Daignez, ô Fils de Dieu, m'admettre aujourd'hui à Votre Sainte Cène ! » de Saint Jean Chrysostome (345-407), Évêque de Constantinople surnommé aussi « Jean Bouche d'or » pour son éloquence et Docteur de l'Église Catholique Romaine.
La Prière de Saint Jean Chrysostome « Daignez, ô Fils de Dieu, m'admettre aujourd'hui à Votre Sainte Cène ! » :

« Je crois Seigneur et je confesse que Vous êtes en vérité Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant venu dans le monde pour sauver les coupables, dont je suis le premier. Je crois encore que ceci est Votre Très Pur Corps et Votre Très Vénèré Sang, je Vous supplie donc, ayez pitié de moi et pardonnez mes péchés volontaires ou involontaires, que j'ai commis en parole et en action, avec réflexion ou sans réfléchir, et accordez-moi la Grâce de recevoir dignement Votre Saint-Sacrement, pour la rémission de mes péchés et pour la Vie éternelle. Daignez, ô Fils de Dieu, m'admettre aujourd'hui à Votre Sainte Cène ! Je ne vous trahirai pas devant Vos ennemis et ne vous donnerai pas le baiser de Judas, mais je vous dis comme le larron sur la croix : Seigneur, souvenez-Vous de moi dans votre Règne éternel ! »

Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome (345-407)